Dans la petite ville d'Aster Cove, des choses étranges se passent...

 
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 Event #4 - The Forest

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MessageSujet: Event #4 - The Forest    Mer 6 Juin - 19:32

Rappel du premier message :


Ce matin, toutes les boîtes aux lettres d'Aster Cove ont reçu un message. Petit papier glissé dans chacun des box de métal, ou même inséré entre des essuie-glaces, peut-être que vous l'avez même récupéré par terre, alors que le vent essayait de le porter, coincé entre deux graviers à vos pieds. En tout cas, une chose est sûre. Cette nuit, quelqu'un a traversé toute la ville pour délivrer l'information. Une information apparemment indigne de l'Aster Cover.

Citation :
Aster Cove,
Il est temps d'agir. Toute la ville nous ment. Les disparitions, la mort d'Amelia Pike, l'arrestation de Barrow, la fuite de gaz et la soi-disant normalité de la brume ? Vous n'y croyez pas non plus ? Alors ce message est pour vous.
Au dos de ce mot, vous verrez la chose qui a été prise en photo la nuit dernière. Celle de trop. Peut-être que vous l'avez vue avant de lire ces mots. Si vous vous demandez ce que c'est, voici votre réponse : la preuve que quelque chose de louche se passe en ville. Et ça commence par la forêt.

Rendez-vous demain à 23h à l'orée de la forêt côté ouest.

Je sais que la police sera au courant. Assistez-nous pour cette battue et prouvez nous que vous n'avez rien à cacher.

Le mot est écrit au dos d'un polaroïd photocopié et marqué :

Spoiler:
 

***

Que vous croyiez à tout cela ou non, que vous pensiez que ce coup n'est qu'un canular de mauvais goût, que vous ayez trouvé vingt explications rationnelles depuis, le fait est là : le jour est arrivé, et il est certain qu'une bonne partie de la ville sera au rendez-vous. Les premiers arrivants commencent à s'entasser discrètement, se demandant si c'est le bon endroit. C'est bien là. Certains se seront munis d'armes de fortune pour affronter une bonne fois pour toutes le mal d'Aster Cove. Vous regardant les uns les autres, vous vous demanderez sûrement qui a diffusé cette photo dans toute la ville. Qui a donné le rendez-vous. Piège ou bénédiction ? Qu'allez-vous trouver dans cette nuit du 6 juin à Lost Pine ?


Citation :
- Event guidé par maître de jeu qui interviendra tous les dix jours.
- Prochaine intervention du PNJ: le 16/06.
Event #4 - The Forest
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MessageSujet: Re: Event #4 - The Forest    Mar 3 Juil - 1:18



The Forest
Event #4
« Si tout le monde rentre en un seul morceau, je ne vois pas pourquoi je le dirai - et en plus ça me retomberait dessus de ne pas vous avoir empêché de venir. me répondit le professeur Caldwell en me gratifiant d'un clin d’œil complice.

Il n'avait pas tort... Je lui rendis un demi-sourire, effectivement soulagée de ne pas avoir à me préoccuper de ce détail. Néanmoins, il y avait un si. Et il faisait froid dans le dos.

- Reste avec Mackenzie et Scarlett, et ne vous éloignez pas de nous.

Ugh, ça par contre... J'avais pas forcément prévu de m'allier avec mes anciennes copines, à vrai dire. À ma gauche, Scarlett. À ma droite, Mack. Une Triade recomposée. Une rousse et deux blondes, mais une était devenue une pâlotte contrefaçon. J'imaginais que ce soir, j'allais devoir faire une exception... Jusqu'à ce que Stan arrive. Je levai les yeux au ciel. P'tain, j'avais pas non plus signé pour me ramener avec tout le lycée. Et visez le gratin. S'en était trop pour moi.

- Bon, désolé mais vous avez la mauvaise blonde de la Triade avec vous, annonçai-je sèchement avant de m'éloigner des représentants d'Aster Cove High, désobéissant à Mr. Caldwell seulement quelques minutes après son conseil.

Des mois plus tôt, on se serait foutu de ma gueule de m'aventurer dans cette forêt pour cette raison. Pourquoi cette fois tous ceux sur qui j'ai tiré un trait avaient décidé que c'était la mode, au final, la chasse au monstre ? Bullshit. Démerdez-vous.
C'est à ce moment que l'engueulade éclata, et j'étais juste à côté. Il y avait quelque chose ? Instinctivement, j'attrapai ma batte qui dépassait de mon sac et la prit à deux mains devant moi, prête à frapper quoi que ce soit de dangereux. Le qui-vive. Mes yeux scrutaient l'obscurité. Mais les voix des trouble-fêtes parasitaient mes sens, jusqu'à ce que je plisse les yeux dans l'espoir de faire partir ce brouhaha. J'allais exploser. C'était pas possible. Fermez vos gueules. Mais fermez la. FERMEZ...

- Je suis entourée de gamins de l'âge de mon fils ou d'adultes responsables ? Si vous ne la fermez pas, les animaux ne se sentiront plus jamais en sécurité et on ne pourra pas vérifier si le prédateur rôde toujours dans les environs, ou non. Alors maintenant, vous êtes sympas, et tout le monde écoute Mr. Burroughs. C'est clair ?

L'intervention de la jeune femme me fit me retourner, mais je la remerciai d'un sourire étonné. Merci, enfin quelqu'un qui s'occupe de crier les pensées de tout le monde. L'excursion était mal barrée... j'étais à deux doigts de me la jouer solo, mais c'était la pire idée du monde. Et comme le suggéra la justicière du soir, j'entrepris d'écouter ce Mr. Burroughs, qui avait l'air de maîtriser la situation.

- Vous voyez ? Ce qui nous a fait le rater c'est aussi ce qui a fait qu'on est un peu destabilisé en forêt. Notre cerveau enregistre le moindre changement comme une menace potentielle car il n'est pas habitué à l'environnement. Il se peut bien qu'on soit en train de se monter la tête pour des broutilles. Gardons l'esprit sur l'essentiel, inutile de s'éparpiller dans les bois en pleine nuit déjà. Sinon demain on aura une vraie raison de lancer une battue.

C'était vrai, il avait raison, et pourtant c'était si facile de se faire happer par l'envoûtement des bois. J'essayais de me raccrocher à ses mots, de me concentrer sur ce qu'il pouvait y avoir sur notre chemin, de me focaliser sans paranoïa. Mais au bout d'un moment, j'étais comme hypnotisée. Ma batte en protection, je sentais l'obscurité de la forêt m'appeler. Spirale invisible qui m'attirait vertigineusement. Je voulais avancer. En finir une bonne fois pour toutes. J'avais fait un pas en avant. Deux. Puis le vieux Gilles tira sur mon sweat.

- Hé gamine, doucement, où tu vas ?

- Il faut avancer... fis-je, à moitié absente, les yeux perdus dans la pénombre. On n'est pas là pour rien. Avancez... »

Je veux savoir... Je veux savoir... Je veux savoir. Ce que je chasse depuis le début.

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MessageSujet: Re: Event #4 - The Forest    Mar 3 Juil - 19:38

Je sais, on était pas venus ici pour sympathiser mais dans une forêt, et surtout quand on partait à la chasse il valait mieux connaître le groupe non ? S'apercevoir rapidement que l'un d'entre nous manquait à l'appel. Ce que je n'espérait pas. Pas que quelqu'un propose de se séparer comme dans tous les films d'horreurs et là, on était certains de se faire bouffer. Donc comme je ne connaissais pas le nouveau venu, je m'étais hâté de me présenter à lui. Cela faisait deux semaines qu'il avait débarqué à Aster Cove, normal donc que je n'ai pas pu encore le croiser souvent à la supérette.

- Ca fait 4 ans, quelque chose comme ça

Pendant qu'on papotait d'autres personnes s'étaient jointes au groupe et je notais que Victoria ne m'avait pas écouté. Ils étaient incapable de mettre la vie au lycée de côté. Resté en mode " je ne t'aime pas donc je ne peux pas rester avec toi plus de cinq secondes " et après ils osaient hurler qu'ils étaient matures.

- Ah la ville a surement du penser que personne ne viendrait...

Après tout, les autorités avaient essayé de noyer l'accident à l'Eglise. Mais leur plan avait pas vraiment marché vu le nombre d'habitants qui étaient tout de même présent ce soir.

- Aucune idée

J'étais honnête je n'avais aucune réponse à sa question. La notion du temps était d'ailleurs assez vague dans un tel endroit. Entre l'excitation de trouver le monstre et l'angoisse de la nuit. La peur n'avait pas tardé d’ailleurs à montrer dans le rang, et les premiers éclats à se faire entendre. Ah, voilà pourquoi les enfants devraient être dans leur lit à cette heure-ci.

- Taisez vous, comment voulez vous trouver quelque chose si vous faites du bruit ?

C'était ce que je venais de dire avant de voir tomber du ciel le petit Georges et quelques minutes après un cri qui venait de déchirer la nuit silencieuse. Ok. Bon. Je n'étais cependant pas le seul à le penser vu ce que venait de dire la jeune femme. Joshua avait suivi par des recommandations. En même temps c'était son domaine, un peu.

- Nous devons rester groupé, comme l'a dit Joshua. Si vous voyez que l'un veut se la jouer solo, retenez le

Déclarais je. Et qui sait qui faisait exactement le contraire de ce que je racontais ? Victoria, encore une fois. J'aurai dû venir avec une corde tiens. J'avais déjà failli perdre une élève la dernière fois lors d'une sortie sur la crique, je n'avais pas envie d'avoir des frayeurs à nouveaux.

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MessageSujet: Re: Event #4 - The Forest    Mar 3 Juil - 23:30

« EVIIIIE ! Ce soir, je vais dans les bois. Je vais chasser mes cauchemars. »

Les pas de la rouquine retentissent dans le couloir. On sent à leur rythme l'impatience de la jeune femme, qui débarque dans la pièce où se tient son fiancé en moins de temps qu'il ne lui en aurait fallu pour répondre. Son visage est pincé, ses sourcils froncés, et elle croise ses bras dans une expression de profond mécontentement. Son regard vaut toutes les explications du monde : elle est en colère.

« Walter Bishop, je peux savoir ce que tu me caches depuis plusieurs jours ? Puisque ça a un lien avec notre future escapade nocturne, tu me dois bien ça. »

Elle tend la main, impétueuse, sans appel. Si son flic de poche a cru pouvoir lui cacher tous ses petits secrets, il n'en est rien : Evie a bien remarqué que quelque chose clochait, a su entrevoir le bout de papier maintes fois replié sur lui-même. La patience légendaire de la jeune femme est la seule raison pour laquelle son futur époux n'est pas encore privé du péché de luxure. Une mesure qui sera revue en cas de refus de sa part, mais il ne le fera pas. Il ne le fait jamais.

C'est forte de son succès et d'une certitude renouvelée que la jeune femme pénètre dans sa voiture, quelques minutes plus tard. Ils sont en retard, mais ce n'est pas de sa faute : Walty n'avait qu'à la prévenir plus tôt. Elle referme donc sa portière grinçante avec panache, lançant un regard équivoque à l'homme qui semble peu convaincu de la fiabilité de son fidèle moyen de locomotion.

« Quoi ? Elle est vieille mais efficace. Je le serai un jour, et j'ose espérer que tu ne t'arrêteras pas de prendre soin de moi. »

Une moue s'empare des jolis traits de la rouquine qui, pour mieux marquer ses propos, s'empresse de démarrer la voiture. L'allure pour le moins lente de celle-ci les ralentit davantage, mais elle fait comme si un brin de culpabilité de s'était pas emparé d'elle. Elle sait que la soirée angoisse Walter autant qu'elle l'intrigue, sait aussi que la perspective de ne pas être attendus par le groupe le rendra plus nerveux encore. Pourtant, rien n'empêche le destin de se dérouler et celui-ci les fait débarquer seuls en bordure de forêt.

Comme tous deux le craignaient en secret, les aventuriers se sont avancés dans les bois sans les attendre. Evie serre davantage la main de son fiancée dans la sienne, désireuse de lui transmettre son énergie, sa confiance aussi. Il n'est pas seul. Il est peut-être blessé, traumatisé, effrayé, mais il n'est pas seul. Il ne le sera jamais plus. Elle s'en est fait la promesse. Lorsqu'elle le sent raffermir sa poigne à son tour, elle est prise d'un sourire doux. Tant pis pour le danger qu'elle sent poindre des ténèbres. Pour ce visage-là, elle est prête à tout.

« Il faut trouver le groupe. Tu as la lampe ? »

La jeune femme brandit l'instrument en question avec enthousiasme, éclairant immédiatement les alentours avec vigueur. Au loin, elle croit deviner une silhouette et sursaute avant de reconnaître ce qui doit être un jeune homme. Un éclat de rire s'empare d'elle.

« OK, je me crois dans un mauvais film d'horreur... On y va ? Apparemment, on n'est pas les seuls à être en retard ! »

Une part de son cerveau reste focalisée sur l'angoisse qui doit tirailler son futur époux. Elle ne peut s'en empêcher : ses pensées tournent autour de lui, des blessures ouvertes et fermées qui le torturent, qui doivent le torturer en cet instant même. Une frustration croissante grandit en elle, et c'est un regard perclus de doutes qu'elle adresse à l'homme qu'elle aime.

Finalement, et parce que l'humour est pour elle une échappatoire sans doute plus valable qu'une autre, elle se permet de lâcher :

« Quand Josh nous a proposé de chasser Big Foot, ce n'était pas exactement ce que j'avais en tête. »

Très vite, les tourtereaux parviennent à réduire l'espace qui les sépare du groupe. Leur lampe torche est efficace – qu'espérer d'autre de la part d'un flic prodige et consciencieux – et leurs pas suffisamment rapides pour gagner du terrain. Nervosité ou impatience, nul ne prend vraiment le temps d'y réfléchir. À vrai dire, Evie n'est même pas sûre de se sentir plus à l'aise que son compagnon. Depuis l'église et la... la Chose qu'ils y ont rencontré, la jeune femme a appris à toucher du doigt le cauchemar qu'a vécu Walter, et ce qu'elle a entrevu l'a glacée jusqu'au plus profond de son âme. Elle qui est d'ordinaire si audacieuse ne peut que prétendre qu'elle était enthousiaste, ce soir. La créature de la photo...

« Bref. »

Se rendant compte qu'elle a parlé à voix haute, Evie racle sa gorge et s'enfonce dans la pénombre avec un peu plus de vélocité. L'idéal serait d'arriver vite, le plus vite possible même. La foule leur donnera au moins un semblant d'impression de sécurité. Ce qui, certes, est bien peu, mais elle est prête à accepter n'importe quoi tant qu'il ne s'agit pas de la montagne de stress qui grandit dans ses entrailles.

Lorsqu'ils sont enfin exaucés et que leurs pas se posent dans la lueur créée par les autres lampes torches, la rouquine ne peut retenir un soupir de soulagement. Enfin...

« Bon, ce n'était pas si loin ! »
, s'exclame-t-elle d'une voix trop tremblante pour être crédible.

Elle éclate d'un rire plus nerveux qu'hilare et s'avance parmi les visages qu'elle reconnaît bien, prenant rapidement conscience que l'ambiance n'est pas au beau fixe. Déjà. Aster Cove se rassemble vite et se divise tout aussi rapidement. Un soupir lui échappe, et elle espère en vain qu'un adulte intervienne. Lorsqu'une demoiselle qu'elle croit identifier intervient – Karcy, trois enfants, divorcée, croule sous les rumeurs plus que sous l'argent – un sourire satisfait se dépeint sur ses lèvres. Josh aussi prend la parole, et l'idée que celui que tout le monde croyait naïf prenne les décisions les plus adultes ne manque pas de l'amuser. Elle l'écoute, attentivement, prête une oreille aux chamailleries des adolescents qui viennent de se rejoindre.

Sa main se serre doucement contre celle de Walty.

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MessageSujet: Re: Event #4 - The Forest    Mer 4 Juil - 0:37

Deux yeux dans la nuit qui te fixent comme s'ils allaient dévorer ton âme. C'est irrationnel, ça n'est pas réel, mais Jessica est muette d'horreur lorsqu'elle découvre un regard qu'elle n'attendait pas. La forêt n'est plus la même, et les craquements qui la terrifiaient précédemment lui manquent soudain terriblement. Il n'y a plus aucun bruit, rien d'autre que ce regard qui la surprend presque trop violemment.

Seul le bruit des respirations lui parvient, et savoir qu'elle n'est pas seule et ne l'a sans doute jamais été fait accélérer la sienne au point qu'elle finit par en avoir mal à la gorge. Mais avant même qu'elle ne parvienne à reprendre son souffle, la silhouette n'est déjà plus qu'un lointain souvenir.

« A-Attends... ! »

Sa voix est vaine et quelque chose, au fond de son cœur, lui intime de se taire. Alors Jessica écoute, sondant les bois de toutes ses forces, craignant un assaut qu'elle n'attend pas. Elle n'a pas entendu l'enfant avant que celui-ci n'apparaisse, et depuis lors, elle cherche une explication rationnelle à sa présence ici.

Il n'y a pas d'explication rationnelle. Tout comme rien n'explique le silence de ces bois. Ni comment elle a pu louper le petit. Dès cet instant, l'esprit de Jessica lui joue des tours. Les ombres des arbres prennent des allures de mains griffues et elle a l'impression de voir bouger quelque chose, là, entre les fourrés. Sa respiration s'affole à nouveau. Elle craint de voir apparaître un monstre. Elle ne comprend pas l'atmosphère qui envahit peu à peu les bois. Ce n'est pourtant pas la première fois qu'elle y vient... !

Se lever. Il faut qu'elle se lève. L'envie irrépressible qui l'envahit brusquement la pousse à poser les mains sur le sol. C'est à ce moment qu'elle le sent. Là. Quelque chose. Derrière l'arbre. Une autre respiration.

Son sang ne fait qu'un tour et son cœur s'arrête de battre. Un craquement la convainc de ne plus respirer. Elle n'est pas seule, et l'enfant n'est pas parti par là. Quoique ce soit...

« Hé ! Est-ce que ça va ? »

Le sursaut qui la saisit est conséquent. Son regard se fixe sur la silhouette qui l'approche. La respiration venait de l'autre côté. Mais lorsqu'elle tend l'oreille, il n'y a plus rien. Son sang se glace un peu plus qu'il ne l'est déjà.... Si ce n'est pas ce type, de qui pouvait-il s'agir ? La lumière du nouveau venu l'aveugle et sa main vient instinctivement trouver ses yeux. Néanmoins, cela la rassure un peu.

« Tu devrais pas trop t'éloigner du groupe tu sais, on sait jamais...
- D-du groupe... ? »


Un groupe. Jessica ne sait pas ce qu'ils sont venus faire ici, mais un groupe se balade dans la forêt à une heure pas possible. Ses traits se crispent un peu, lorsque sa voix s'élève.

« A-ah oui, le groupe... »

Quoiqu'ils soient venus faire ici, il vaut peut-être mieux faire semblant qu'elle fait partie du lot.

« Tu t'es pas fait mal ? »

La question la prend de court, mais Jessica secoue la tête aussi fort qu'elle le peut. Si ce type venait à l'ausculter rien ne dit qu'il serait dupe. Au lieu de ça, elle se redresse doucement. Ses jambes ne lui font miraculeusement plus défaut.

« N-non, tout va bien. »

Son regard se tourne spontanément vers l'arbre, tandis qu'elle esquisse quelques pas vers l'homme qui l'a apostrophée. Alors, forte de toute la peur qu'elle a emmagasiné ces dernières minutes, elle ose demander.

« Quand vous êtes arrivés, vous... n'avez vu personne d'autre partir dans l'autre sens... ? »

Son ton est hasardeux. Elle espère qu'il lui dira que c'était l'un des membres du groupe. Quelque chose, cependant, lui dit qu'il n'en sera rien.
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MessageSujet: Re: Event #4 - The Forest    Mer 4 Juil - 12:48

La voiture se gare en retard et le cœur de Walter s'étouffe un peu plus dans sa poitrine. Le groupe ne les a pas attendus et au loin, les lumières vacillent comme autant d'appels manqués. Il est nerveux. Il est énervé. Si seulement ils avaient pris sa voiture à lui... ! Mais rien ne sert de ressasser un passé qui n'est déjà plus. Alors Walter se concentre sur le présent qui lui fait tant défaut. Ses doigts se resserrent sur ceux d'Evie et lorsque celle-ci sort la lampe qu'il utilise d'ordinaire lors de ses missions recherches, une part de Walter se sent rassurée. La lueur est forte, puissante, et appelle à rejoindre les autres. C'est dans cette démarche, particulièrement appuyée, qu'il avance, dévorant les mètres sans jamais perdre en vigilance, persuadé que c'est ainsi qu'il la protégera. La petite blague d'Evie va même jusqu'à lui arracher un sourire.

« Il faudrait qu'on reprenne ces expéditions, un jour... »


Secrètement, Walter espère la présence de son ami. Secrètement, il espère également son absence. Son cœur lui hurle des horizons contraires et ses désirs sont portés par l'égoïsme et l'altruisme en un même temps. Si Joshua est là, il se sentira plus fort. Et il y a de grandes chances qu'il soit là. Mais si Joshua n'est pas là, il sera certain que celui-ci se trouve en sécurité. Et cette simple idée l'apaise. Malheureusement -ou heureusement, il ne sait plus- pour lui, la silhouette de son ami est parmi les premières à surgir sous le halo de leur lampe. Evie resserre ses doigts autour des siens et Walter adresse un vague sourire à celui qui est pour lui presque un frère. Pourtant, son regard est happé ailleurs, appelé, peut-être même, vers quelqu'un d'autre. Doucement, il détache sa main de celle d'Evie et tout aussi doucement, il la guide aux côtés de Joshua.

« Je te la laisse... »

Sa voix n'est qu'un murmure tandis que l'adjoint du shérif traverse une foule qu'il sent nerveuse. Il capte vaguement une histoire d'ombre fugitive mais décide qu'il s'en souciera plus tard. Au lieu de ça, il pose une main rassurante sur l'épaule de la gamine qu'il sent partir vers autre chose. Victoria McNamara.

Ou celle qu'il a manqué de tuer lors de son retour ici. Une brève seconde, son cœur se serre à ce souvenir. Il s'en veut terriblement pour ce moment, plus que personne ne le comprendra jamais. C'est pourtant avec la voix la plus douce qu'il puisse adopter, la voix la plus posée qui soit qu'il s'adresse à la jeune femme.

« Victoria, ce n'est pas un soir à s'aventurer seule dans les bois. On avancera ensemble. C'est promis. D'accord... ? »

Il adresse un hochement de tête au vieux Gilles, qui le lui rend. Il a toujours bien aimé ce gamin, le vieux Gilles. Il se souvient de lui et de deux autres gosses qui couraient dans les champs en piaillant qu'ils étaient poursuivis par le Yéti. Un sourire attendri se glisse sur les lèvres du vieil homme qui se tourne vers l'assemblée hétéroclite réunie dans la nuit pour chasser leurs cauchemars.

« V'voyez bien qu'les poul- flics ont bougé leur cul, hein ?! »

Walter manque de rire, mais se contente de secouer la tête.

« Je suis là en tant que civil, Gilles. »


Tout en parlant, le jeune homme fouille l'assemblée à la recherche de visages connus. Il aperçoit le petit Georges, qui le hante violemment depuis leur réapparition commune, ainsi que Kenny Holland, un autre disparu. Il y a Mackenzie, aussi. Ils sont sans doute plus ou moins là pour la même raison que lui, parce que les réponses ne viennent pas et continuent de les hanter jours et nuits. Il reconnaît Diana et la gamine de l'une des amies de celle-ci, qu'il ne connaît que de vue. Il  a le plaisir d'apercevoir Penny et ne peut s'empêcher de penser que le trio est enfin réuni. Il repère la serveuse du dinner et deux scientifiques, nouvellement arrivés en ville, dont l'un lui a promis ce que tout le monde s'évertue à lui refuser. Un sourire, sincère, se glisse sur ses lèvres. Il déplore l'absence de ses collègues, mais le groupe n'est pas mauvais. Il suffit de le canaliser. Et ça, c'est ce pour quoi il est né.

« Bonsoir à tous et désolé du retard... »


Un murmure dans l'assemblée lui répond, et quelques remarques agressives fusent à son encontre.

« Vous foutiez quoi ?!
- On a failli se faire attaquer !
- On t'a déjà dit de fermer ta gueule ! »


Walter lance un regard à Jimmy, qui fixe lui-même Clara avec animosité.

« Vos querelles sont priées de ne pas empiéter sur l'harmonie du groupe. On ne sait pas ce qui se cache dans les bois, et je ne parle pas forcément de créatures mystérieuses. Je vous demande d'écouter ceux qui s'y connaissent le mieux ici, et de les laisser nous guider. Joshua, je pense que tu es le plus à même d'y parvenir. »


Doucement, sa main se resserre sur l'épaule de Victoria.

« Et toi, tu vas rester avec Evie et moi. Hors de question que tu te mettes en danger. »

Pas ce soir, en tout cas. Pas tant qu'il sera là pour surveiller l'expédition.
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MessageSujet: Re: Event #4 - The Forest    Mer 4 Juil - 13:42

Ses enfants étaient plus matures que certains des adultes présents ici. C'était dire. Sandra soupira une nouvelle fois tandis que le professeur de sa fille aînée répétait ce qu'elle venait de dire. Si en plus il fallait s'y mettre à plusieurs pour se faire entendre... ! C'était ridicule. Et s'il n'y avait pas eu quelques visages connus parmi les présents -connus et appréciés !- Sandra serait repartie chez elle aussi sec. Mais alors qu'elle ruminait dans son coin, quelqu'un s'écrasa sur le sol aux pieds de Joshua Burroughs.

Quelle ne fut pas sa stupeur lorsque le meilleur scientifique de la région releva le nouveau venu et qu'elle reconnut le futur petit ami de sa fille... !

« Georgie ?! Qu'est-ce que tu fais ici ? Quelqu'un sait que tu es là ? »

Décidément... Son père ne prenait pas suffisamment soin de lui. Le petit garçon qu'elle avait face à elle était trop jeune pour participer à une telle expédition. Mais il était déjà trop tard, alors Sandra fit ce qui lui semblait le plus logique. Elle se rapprocha de Georges -et de Joshua par la même occasion.

« Tu vas rester avec moi et si je te vois t'éloigner, je te ramène chez toi. Compris ? »

Elle n'eut pas le temps de jouer les mamans de substitution bien longtemps que Joshua Burroughs reprenait la parole.

« Vous voyez ? Ce qui nous a fait le rater c'est aussi ce qui a fait qu'on est un peu déstabilisé en forêt. Notre cerveau enregistre le moindre changement comme une menace potentielle car il n'est pas habitué à l'environnement. Il se peut bien qu'on soit en train de se monter la tête pour des broutilles. Gardons l'esprit sur l'essentiel, inutile de s'éparpiller dans les bois en pleine nuit déjà. Sinon demain on aura une vraie raison de lancer une battue. »

Les paroles de Joshua tombaient sous le sens et Sandra esquissa un sourire sans doute un peu trop ébloui pour la situation. Ce type était résolument intelligent et alliait ça à une bonne dose de sagesse. Il avait décidément de solides qualités et pour ne rien gâcher, était même sacrément mignon. Il lui fallait un autographe. Elle avait lu tous ses articles et depuis qu'elle s'était rendue compte de sa présence en ville, elle attendait le bon moment pour en discuter avec lui. Autour d'un verre, peut-être. Ou d'un café. Ou des deux, si la conversation s'éternisait. Malheureusement pour elle, ce n'était pas le soir, et Sandra rendit son attention à l'assemblée. C'est ainsi qu'elle reconnut Kenny, arrivé peu de temps après elle. Malheureusement, il ne la remarqua pas. Une moue au visage, elle fit signe à Scarlett, qu'elle approcha. Accompagnée de Georges, bien évidemment. Il la collerait ou rentrerait aussi sec chez lui.

« Hey Scarlett, comment vas-tu ? Je suis contente de te croiser ! »

Un grand sourire, puis un regard vers Georges.

« Je te présente le futur petit ami de ma fille, Georges. Mais tout le monde l'appelle Georgie ! »

Fière de son petit effet, elle décida que Georgie et elle resteraient avec Scarlett. Ah. Et ses... Un, deux, trois... amis. Dont Kenny. Sa présence ici ne la rassurait pas. Il faisait des cauchemars depuis pas mal de temps au sujet des monstres et était justement venu les confronter ce soir. Elle craignait pour ses traumatismes. Autant lui changer les idées.

« Eh, tête de nœud, tu viens me faire un bisou ? »

Elle en profita également pour saluer la jolie rouquine avec laquelle il discutait à son arrivée -une petite amie ?- et l'autre gamin qu'elle ne connaissait pas. Ils ne devaient pas traîner avec April. Sa fille ne lui en avait jamais parlé.

Le professeur de sa fille, justement, prit la parole à son tour. On le sentait nerveux et Sandra se félicita d'être intervenue pour calmer les nerfs, à son arrivée. Après ça, Walter, le fiancé de l'ancienne baby-sitter de ses filles, rattrapa une gamine blonde qui lui avait adressé un grand sourire et décida que Joshua était le plus à même de guider le groupe à travers des bois qu'il connaissait par cœur. Sandra hocha la tête, tout en surveillant Georgie du coin de l'oeil. Joshua avait toutes les qualités nécessaires pour prendre en charge le groupe, et Sandra était prête à le suivre à peu près n'importe où. Elle se tourna vers Scarlett, qu'elle sentait stressée sans vraiment le comprendre, et prit soin de poser une main rassurante sur l'un de ses bras.

« Eh, ça va aller, monsieur Burroughs connaît la forêt par cœur, et je te promets qu'il ne va rien t'arriver. D'accord ? »

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MessageSujet: Re: Event #4 - The Forest    Jeu 5 Juil - 0:04



The Forest
Event #4
La remarque humoristique de Bartholomew me provoqua un léger rictus, cependant je n'arrivais pas à m'esclaffer de concert. Ça ne fait pas partie du programme la chasse au monstre... Non, définitivement pas...
On the road we go... Même si je me doutais que la suite allait être pleine de rebondissements, j'étais vraiment pas venue pour rien, moi.

« Penelope c'est bien ça ? Vous vous inquiétez des disparitions ?

J'esquissai un sourire lorsque je vis une de mes deux cibles me parler de leur plein gré. Moi qui pensait que le couple d'inconnus allait rester terré dans son coin et que j'allais être obligée d'aller les chercher, je m'étais fourrée le doigt dans l’œil.

- On en a entendu parler Oksana et moi... il paraît qu'il y a eu des incidents graves dans le coin avant qu'on arrive.

Mon sourire se transforma en rire franc. Eh bien... s'ils étaient là depuis plus de deux ans, ils n'étaient pas beaucoup sortis. Ça renforçait mon désir d'en savoir plus sur eux, même s'ils étaient probablement des gens tout à fait normaux. Sauf que dans une petite ville comme Aster Cove, on ne pouvait pas se payer le luxe de jouer à l'ermite. Surtout pas quand des disparitions avaient lieu. Juste avant votre arrivée.

- Un peu que je m'y intéresse, je suis journaliste à l'Aster Cover ! Vous êtes ici depuis quand ? Oui, je commence déjà à poser des questions barbantes, j'ai pas choisi mon métier pour rien.

Néanmoins, je restais agréable. Pas de once de soupçon, juste une curiosité naturelle. Bien trop naturelle chez moi. Puis si je commençais à soupçonner toutes les personnes autour de moi, j'allais vite sombrer dans la paranoïa.
Puis c'est à ce moment là que le bordel s'enchaîna, et je ne comprenais plus grand chose. En bonne observatrice, j'essayais de retenir le moindre détail, mais il fallait avouer que cela relevait de l'exploit. Entre les insultes de machine, l'arrivée fracassante de deux gamins et les reproches qui fusaient à tout va, je ne savais plus où donner de la tête. J'étais à deux doigts de me retenir à mon nouveau camarade mystérieux sous ce vertige incongru qui me saisissait. Je pris quand même le temps de saluer Josh, dont la présence me rassurait quelque peu. Enfin un véritable visage familier à qui se raccrocher. Puis ce fut ceux de Walter et Evie, qui illuminèrent brièvement mes traits. La famille était là. C'était à la fois réconfortant et terriblement inquiétant. Pourvu qu'il n'arrive rien de grave ce soir...

Enfin, je ne pouvais pas rester dans cet état léthargique trop longtemps. Il fallait que je fasse un choix parmi toutes les conversations qui avaient lieu à ce moment là, et mon oreille capta une voix parmi toutes les autres.

- Quand vous êtes arrivés, vous... n'avez vu personne d'autre partir dans l'autre sens... ?

Je tournai immédiatement la tête. Personne d'autre ? Personne d'autre comme qui ? Je regardai notre groupe avec attention. Quelqu'un était-il parti entre temps ? Une petite blonde essayait de prendre de l'avance, mais déjà plusieurs personnes, dont Walter, l'avaient arrêtée. Je ne voyais pas qui aurait pu disparaître. M'approchant de la jeune fille qui avait déboulé avec fracas en compagnie du petit garçon, mon instinct me disait qu'il y avait quelque chose à creuser par là.

- Tout le monde est là... Tu as vu quelqu'un ? Une personne qui s'est perdue en venant nous rejoindre, peut-être. Ou bien...

Mon visage s'assombrit. Je ne savais pas si mon esprit me jouait des tours, mais j'avais cru entendre du bruit dans les buissons. Ca pouvait être n'importe quoi. Un lapin, une souris. Ou ce qui rôdait dans les bois. Quelqu'un. L'auteur des drames. L'auteur de la photo ? Ma lampe torche alla directement fouiller l'endroit, mais je ne vis pas grand chose de particulier. Les ombres ne m'aidaient pas beaucoup.

- ... C'était par là ? »

J'avais un mauvais pressentiment. Ou, si trouver ce qu'on cherchait était quelque chose de bien, un bon.

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MessageSujet: Re: Event #4 - The Forest    Jeu 5 Juil - 2:59


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Les invités se multipliaient rapidement... Tu n'aurais jamais cru que cette affaire de monstres ait pu intéresser tant de monde. Au final, peut-être la majorité était-elle comme toi, observant le reste de la communauté afin de juger leur agissement. Seulement, tu doutais fortement que toutes ces personnes soient venues là pour s'amuser... L'une d'elles te fendit d'ailleurs rapidement le coeur. D'un geste de main sur ton épaule, Kenny s'était approché du groupe dans ton dos. Tu observas son sourire forcé, digne d'un épouvantail, qui ne put t'empêcher de répondre par une pauvre grimace... Oh, Kenny était mal en point et tu le savais. Tu n'avais aucune idée des cauchemars qu'il avait dû affronter durant son absence, et n'osais pas aborder le sujet en sa compagnie. Ce n'était pas ton genre... Après tout, tu n'étais pas connu comme le soutient moral de service. Tu n'avais jamais été bon dans ce rôle, et tu doutais pouvoir empêcher une quelconque gaffe à son encontre. Son allusion à ghostbuster te fit doucement rire... Probablement aurais-tu véritablement ri si sa situation avait été différente.

« Oui ! C'est pour t... » ton souffle fut soudainement coupé, comme afin de t'empêcher de lâcher une connerie.

Il était impossible pour toi d'avouer que tu t'étais rendu à ce stupide rendez-vous pour lui ! Toi, Stan Alessandro n'avait mis les pieds en ces lieux que pour te moquer allègrement de la stupidité de tes voisins, rien de plus. Tu ne continuas pas plus loin dans tes mots, te contentant désormais d'un simple sourire... Tes faux-semblants s'estompèrent juste à temps afin d'accueillir l'arrivée de deux nouveaux compagnons ! Georges s'était pointé comme un lutin en compagnie d'une jeune femme, vraisemblablement pas inconnu de tes camarades. Tu tiras une nouvelle fois sur ta cigarette afin d'oublier peu à peu l'atmosphère oppressante dans laquelle la forêt vous plongez... Certains avaient le don d'adoucir l'ambiance. La jeune femme au côté de Georgie semblait en faire partie ! Une chance, car d'autres inconnus te paraissaient bien plus épuisants et stupides que le groupe dont tu faisais partie.

« Je vois, tout le monde a répondu présent pour la soirée film d'horreur... » lâchas-tu au petit groupe, sans aucune ironie dans le ton.

Une nouvelle bouchée de fumée, et te voilà à nouveau en pleine observation des alentours... Victoria McNamara semblait l'une des plus sérieuses de la soirée. Tu te doutais que sa joie ne pouvait qu'être emportée avec ses retrouvailles en compagnie de la Triade... Tu ne te permis aucun jugement -du moins pas maintenant- et te contenterais de suivre la foule. Victoria elle, semblait vouloir faire bouger les choses. La jeune fille était venue ici dans un but précis, et ne comptait vraisemblablement pas partir avoir de l'avoir atteint. D'une certaine façon, tu admirais la détermination avec laquelle elle tentait de convaincre la foule... D'un autre côté cependant, tu n'appréciais guère les enjeux de ce petit jeu que tu t'efforçais de ne pas croire.
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MessageSujet: Re: Event #4 - The Forest    Jeu 5 Juil - 23:11

Il ne fallait pas se leurrer, personne n’était venu affronter l’obscurité et les dangers de la forêt pour rien ce soir. Pour certains comme moi, c’était pour une autre personne, pour d’autres, c’était pour avoir des réponses et pour les restants, surement pour se faire leurs propres opinions sur les évènements étranges qui semblaient poursuivre Aster Cove. A entendre la phrase à peine assumée de Stan, je me rendais compte qu’au fond, malgré toutes nos différences, nous étions là pour la même chose. Ou, devrais-je dire, pour la même personne. Une personne qui se trouvait à présent si proche, bien trop proche pour ma santé mentale et l’éclat de mes joues qui virait de plus en plus au carmin. La situation était si loufoque que j’avais presque envie d’arracher la cigarette de Stan afin d’en tirer une bouffée bien méritée. Je n’étais pas fumeuse, ou alors très occasionnellement en soirée, mais mon état de stress m’en donnait étonnamment envie. Je choisis néanmoins d’étouffer cette pulsion alors que ma voisine s’approchait de nous, le jeune Georgie accroché à son bras. Alors qu’elle s’adressait à moi, je ne pus empêcher un sourire sincère de fleurir sur mon visage. Un sourire sincère qui illuminait mon visage. Parce que j’aimais beaucoup Madame Karcy, malgré tout ce que ma mère pouvait trouver à redire à son sujet et surtout à celui de sa maison. Malgré ses demandes, je restais néanmoins totalement incapable de la tutoyer.

« Ca va bien et vous ? Enchantée Georgie. Moi c’est Scarlett. »

J’adressai un autre sourire au jeune garçon. Forcément, je savais qui il était mais lui rappeler son statut de célébrité locale n’était surement pas la bonne approche. Un nouveau sourire effleura mes lèvres tandis que je reprenais, amusée :

« Petit ami ? April est au courant ? »

C’est ce moment que Sandra choisi pour s’adresser à quelqu’un d’autre. Alors que je suivais son regard pour savoir de qui il pouvait bien s’agir, mon regard se braqua sur Kenny. Alors que je montais encore un peu plus dans les nuances de rouges. Je ne pus m’empêcher de manquer de m’étouffer avec ma propre salive. Embarrassant, si embarrassant.

Et pourtant, notre petite assemblée continuait de vivre et de se disputer, jetant une aura sombre sur le groupe. Seule la main rassurante de Sandra sur mon avant bras m’aidait à garder mon calme. Je lâchais donc dans un murmure.

« Ce n’est pas tellement la forêt qui m’inquiète que ceux qui profitent de son ombre. »

On ne savait jamais quel prédateur pouvait nous tomber dessus dans l’obscurité. Ma lampe torche et mon coupe papier n’étaient que de faibles boucliers mais ce soir, j’avais décidé d’être courageuse. Ou au moins de l’être le plus que je pouvais.

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MessageSujet: Re: Event #4 - The Forest    Ven 6 Juil - 0:13


Oh, vous craignez les chimères ? Vous sentez monter la tension dans votre petit cœur tout fragile, à mesure que s'échauffent les esprits ? Vous êtes venus pleins de courage, armés de vos lampes torches, comme si la lumière pouvait vous protéger des démons qui rôdent en ces bois. Vous avez peur ? Vous devriez. Car ce qui vous attend ne saurait être vaincu par la lumière.

Très peu d'entre vous ont su entendre le danger qui se profilait. Tandis que vous étiez occupés à vous prendre la tête, celui-ci s'est rapproché. Vous auriez dû les écouter, ces sages qui vous ont demandé un silence que vous n'avez su leur octroyer. Vous auriez dû voir que celui qui arpente ces bois et les connaît mieux que personne vous demandait de garder votre calme. Vous auriez dû vous arrêter quand le professeur avisé a esquissé un mouvement de paix, ou lorsque la mère de famille vous a comparés à des enfants. Oui, c'est ça. Vous n'êtes que des enfants incapables de laisser de côtés vos querelles. Vous allez le payer cher, très, très cher.

Et vous, rares protagonistes à avoir su vous complaire dans le mutisme, ne prétendez pas l'avoir fait pour les bonnes raisons. Si les beaux yeux d'un certain disparu ne s'étaient pas posés sur vous, vous auriez fait comme tous les autres. Allons bon, vous ne connaissez pas ce fabuleux proverbe ? Le silence est d'or, la parole est d'argent. Vous l'avez tous oublié. Il est désormais temps d'en payer le prix fort.

Vous qui êtes arrivés en retard, peut-être n'auriez-vous jamais dû franchir l'orée des bois. Désormais, il est trop tard.

Disparus fraîchement revenus, prenez garde aux souvenirs, ils pourraient s'avérer plus tangibles que vous ne le croyez.


Mais revenons-en à votre histoire et laissez-moi vous raconter ce que vous auriez dû apprendre à écouter. Laissez-moi vous montrer ce que vous auriez dû pouvoir entendre. Laissez-moi vous expliquer ce qui causera votre perte.


« Quand vous êtes arrivés, vous... n'avez vu personne d'autre partir dans l'autre sens... ? »

La voix de la jeune femme s'élève dans la nuit, simple murmure au milieu du vacarme alentours. C'est une question informelle, qui n'attend d'autre réponse qu'un refus.

Mais c'est sans compter sur la présence de Penelope Bishop, journaliste d'investigation qui porte davantage qu'un nom. Elle a le nez, pour ça. Vous n'avez rien su voir, vous n'avez su vous concentrer que sur des querelles adolescentes et des peurs d'enfants. L'essentiel de l'information était là, et sans faillir à sa réputation, Penelope Bishop a su le repérer.

« Tout le monde est là... Tu as vu quelqu'un ? Une personne qui s'est perdue en venant nous rejoindre, peut-être. Ou bien... »

C'est ce « ou bien » qui scellera votre destin. Penelope dirige le faisceau de sa lampe en direction des broussailles, celles-là même qui, à l'instant, semblent avoir remué. Le prédateur que Joshua évoquait plus tôt s'y cache peut-être. Mais la voilà qui revient bredouille, ou tout du moins semble-t-elle le penser.

« Attends Penny, fais voir ta lampe. »

Encore une fois, c'est le vieux Gilles qui s'exprime, celui-là même qui n'a pour vous que sagesse, ce soir. C'est qu'il y vit depuis longtemps, à Aster Cove, Gilles. C'est qu'il la connaît, sa forêt. Une fois en possession de l'objet de ses convoitises, c'est tout naturellement qu'il le dirige vers une sorte de monticule de terre, là-bas, près de l'arbre aux souhaits d'Aster Cove.

L'arbre aux souhaits d'Aster Cove ? Allons, bien sûr que vous le connaissez. Vous avez grandi ici, pas vrai ? C'est ce vieil arbre centenaire qui porte les vœux des gens depuis qu'il est tout juste sorti de son gland. Vous savez bien ? L'arbre qui a prétendument rendu riche Scotty Turner après qu'il s'y soit endormi durant toute une après-midi.

Maintenant que vous le remettez, concentrez-vous. La dernière fois que vous y êtes passés... Êtes-vous sûrs qu'on y trouvait ce monticule de terre... ?

« Nom de Dieu. Qu'on m'pende maint'nant si j'vois c'que j'vois. »

Les visages se retournent à l'unisson en direction de ce qu'éclaire le vieux Gilles. Pas de terre dans ce tas qu'il indique. Loin de là. Quelque part derrière vous, Clara hurle de peur. Diana, les yeux ébahis, prend soin de se signer. Si le père O'Leary s'était trouvé parmi vous, sans doute aurait-il tenté d'exorciser le lieu. Malheureusement il n'est pas là. Mais y a-t-il vraiment un Dieu pour veiller sur vous ? La question est légitime, lorsqu'on est devant pareil spectacle.

« C-ce sont d-des... »

Des animaux. Par dizaines. Réunis en une masse informe de proies et de prédateurs. Il n'y a plus d'ours, dans les bois, Joshua. Il a été massacré par quelque chose de plus agressif, de plus dangereux, sans doute. Il n'y a plus d'autre biche que toi, Scarlett, ici bas. Les autres sont toutes mortes. Tu te demandais si tu allais croiser un lapin, Penelope ? Mais ma chère, tous les lapins sont déjà là. Quoi, tu espérais vraiment pouvoir apercevoir une chouette, Stan ? Manque de chance, celles de la zone ne voleront plus jamais. Et vous, Mackenzie et Evie, dont les longs cheveux couleur de feu font tant penser aux renards, sachez bien qu'il n'y en a plus aucun par ici. En tout cas, pas en vie.

Cependant, alors que l'horreur vous saisit, alors que certains d'entre vous vomiront peut-être, vos yeux auront l'honneur de remarquer qu'il n'y a pas qu'un seul tas. Ils sont des dizaines. Maintenant que vous savez, vous pouvez les voir. C'est un véritable massacre. Et ce qui a causé toutes ces morts rôde peut-être encore.

« I-il faut fuir ! J-je peux pas rester là ! »

C'est Jim, qui faisait tant le fier précédemment, qui profère ces mots. Il jette Aristotle au sol et s'élance dans la nuit. Mais voilà qu'il n'a pas fait trois pas qu'il s'arrête déjà.

Dans la nuit, un hurlement.
Dans la nuit, rugit le monstre.
Dans la nuit lui en répondent d'autres.

Ils viennent pour vous.


Citation :
- Event guidé par maître de jeu qui interviendra tous les dix jours.
- Prochaine intervention du PNJ: le 16/07.
- Désormais, des interventions aléatoires sont possibles durant les tours si le besoin s'en fait sentir.
- Liste des PNJs de l'event, que vous êtes libres de jouer et d'étoffer en respectant ce qui a déjà été dit à leur sujet :
Clara : Jeune femme blonde qui n'est visiblement pas rassurée par l'escapade nocturne et qui ne s'entend pas avec Jim.
Jim : N'aime pas Clara.
Gilles : Vieil homme qui tient l'une des fermes d'Aster Cove et qui semble avoir un avis éclairé. Il connaissait Walter, Penny et Joshua lorsqu'ils étaient petits. Il aime prendre soin des autres.
Diana : Connue pour être une véritable langue de vipère, elle est la femme du gérant de la supérette d'Aster Cove, Ed'. Il s'agit aussi de l'une des amies de la mère de Scarlett. 
Event #4 - The Forest
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MessageSujet: Re: Event #4 - The Forest    Ven 6 Juil - 16:34



THE FOREST
Event #4
Le monde s'agite rapidement autour de nous, beaucoup trop pour moi. Il y a des murmures, des bruits, des craquements, des respirations et puis la brune qui pose des questions. Elle me fout mal à l'aise, me fait répéter mille fois n'importe quoi dans ma tête et ne me laisse sortir aucun mot. Trop peur de dire une connerie, d'en faire une. Ma prise sur le bras d'Oksana oubliée et le monde qui lui, choisit pile ce moment pour partir encore plus en vrille.

Tout s'enchaîne et je me retrouve encore plus perdu que quelques minutes auparavant. Cette fois ci, ce n'est pas une jolie brune qui me pousse dans ms retranchements, mais bel et bien tout le monde et la nature autour de nous. Concentré sur ma respiration, je reste dans un silence impossible à briser, mes yeux scindant le monde autour de nous. Entre les nouveaux arrivants et la forêt qui fait des siennes, je ne sais plus où regarder jusqu'à finalement ne plus quitter Penelope du regard. Elle bouge, parle, s'active là où je reste immobile. Je profite de cet instant de répit pour tourner l’œil et découvrir qu'évidemment, Oksana a profité de ces secondes de brouhaha pour filer loin de mes doigts. Et merde.

Alors j'oublie les autres, cherche ma brune des yeux, en vain. Je serre un peu les poings jusqu'à ce que la voix d'un homme prenne place sur celle de la journaliste. Je relève la tête, observe ce qu'il fait et dans ma tête, je prie je ne sais qui pour que ce ne soit pas Oksana que sa lampe éclaire, en train d'attraper des échantillons l'air de rien. Mon cœur bat jusque dans mes tempes quand finalement, le spectacle face à nous n'a rien à voir avec ma Russe. Pourtant, le soulagement n'est que de courte durée. Le temps que le cerveau réalise que ne pas voir Oksana pour voir ce qui se dessine devant nous n'était pas vraiment une bonne nouvelle.

Ma respiration est lente alors que je tente de compter les bêtes amorphes face à nous. Mon cerveau s'agite, s'ils bougent quoique ce soit, nos échantillons seront bons à jeter. Putain. Il faut qu'on aille là bas, au milieu de ce tas d'animaux. Il faut savoir, récupérer des infos, des morceaux de peau. Il nous faut ça. Je me retourne, déterminé à retrouver ma collègue et établir un plan. Me focalise sur l'aspect scientifique pour ne surtout pas mesurer l'ampleur de la catastrophe quand soudain, un homme crie, me bouscule et me laisse m'étaler au sol dans une grimace douloureuse. « Putain de merde. » Qui m'échappe, alors que l'homme concerné n'est déjà plus qu'une ombre pour moi. Mes mains sont égratignées et d'un coup, quelque chose qui me vient en tête, accentué par le bruit que nous offre la forêt. Ou plutôt les bruits. Les hurlements, qui glacent le sang. Forcément. « Est-ce que quelqu'un a quelque chose qui peut servir de bande ? Je saigne et je... Est-ce que c'est vraiment la meilleure chose à faire, continuer cette phrase ? Inquiéter tout le monde pour qu'ils se foutent dans ma jolie psychose ? Je me mords la lèvre, prends cette seconde d'hésitation pour décider qu'en vérité, vaut mieux les inquiéter que tous mourir. Pas vrai ? Je voudrais pas que l'odeur de sang attire quelque chose. » Ma voix s'est éteinte sur la fin de ma phrase.

Et mon cerveau, qui laisse la science de côté et qui peu à peu nous condamne tous. Du sang frais, des humains bruyants, bien trop. Impossible de se défendre, y a des gamins parmi nous et personne n'est organisé. Quelle idée de merde, vraiment.  
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MessageSujet: Re: Event #4 - The Forest    Sam 7 Juil - 0:58

La révélation qui frôla les lèvres de Stan arracha un sourire presque trop touché à son destinataire. Kenny ne s'y attendait pas. Kenny voyait trop peu de valeur en lui-même pour imaginer qu'il puisse en avoir aux yeux des autres. L'admiration qu'il avait toujours lue dans ceux de son cadet le déstabilisait systématiquement, le soulageait surtout, si bien qu'il était et demeurerait désespéré de la conserver. Peu importe ce que son ami ignorait. Peu importe qu'il ne sût rien des larmes qui berçaient son sommeil, peu importe qu'il n'eût pas conscience des tremblements qui agitaient ses mains dès qu'il s'approchait du lycée, peu importe qu'il n'imaginât pas combien la honte grandissait en lui chaque jour. Malgré les années, Stan le considérait toujours comme un ami. Comme une sorte de mentor. Cela n'avait pas de prix, et il ferait tout pour le préserver. La tape, devenue simple emprise, lui permit de serrer doucement l'épaule de ce compagnon du soir, ancre dans l'océan chaotique où il craignait de se perdre.

L'harmonie fut toutefois bien vite brisée, jetée sur les écueils des disputes qu'il peinait encore à comprendre. Andrew avait eu beau lui raconter, les événements de la veille et ceux du jour semblaient si éloignés à ses yeux qu'ils le surprenaient encore. Trois ans s'étaient écoulés depuis sa disparition, trois ans qui s'apparentaient selon sa mémoire lacunaire à quelques heures éparses dont il n'avait même pas souvenir. Kenny eût tout aussi bien pu s'évaporer quelques secondes, et l'éloignement soudain de Vicky l'étonna autant qu'il sembla logique. Le monde avait changé, les gens aussi. Sauf lui. Lui, il avait pris un bon wagon de retard, ou peut-être avait-il simplement loupé le train.

L'arrivée de Sandra l'interrompit dans ses pensées, et il la salua d'un sourire enthousiaste. La présence de la maman geek sembla dénouer un peu plus de la tension de son corps. Il s'ancrait peu à peu dans un monde plus réel, plus doux, perclus des ombres de moins de monstres. Ça, c'était la vérité, celle que lui vendaient les médecins et son frère, celle à laquelle il ne parvenait plus totalement à croire mais qui le rassurait profondément. La jeune femme en était comme un rayon de soleil, donnant à tous ses doutes un éclat moins douloureux. Elle était une échappatoire. Un cocon. Il secoua la tête mais n'hésita pas un instant à venir claquer une bise contre sa joue.

« J'suis pas ton gosse, Sand'. Mais t'as trouvé un substitut apparemment. »

Un gamin. Georgie. Lui aussi avait disparu. Lui aussi était revenu. Ils étaient deux étrangers du monde, deux égarés de la réalité. Il lui lança un regard, simple, muet, symbole silencieux d'une reconnaissance qu'il ne pouvait verbaliser. Cet échange donna toutefois à Sandra le temps de saluer une autre personne, une jeune femme dont Kenny avait à peine remarqué la présence. La demoiselle lui lança quelques furtifs regards, les joues rosies d'une gêne qu'il peina à analyser. Avaient-ils couché ensemble ? Non, non, il s'en serait souvenu... Et puis elle semblait plus jeune. Trop jeune pour que cela remonte à avant. Quoi, alors ?

Il fronça les sourcils, le doute exaltant la part de lui qui ne savait rien résoudre, et s'apprêtait à demander d'un ton acerbe ce qui clochait quand le vieux Gilles prit la parole. Le garçon n'avait alors rien suivi des conversations qui secouaient le camp des adultes, trop occupé à se changer les idées. Il aurait dû, pourtant. Il aurait dû prêter attention aux doutes qui jalonnaient les paroles, aux allusions, à cette question suintante de peur qu'avait adressée Banner au reste du groupe. Il aurait dû voir les feuilles silencieuses des arbres se mouvoir toutes seules, comme caressées par une masse invisible. Invisible ? Pourtant Clara en avait vu les contours. Mais ça non plus, il ne l'avait pas entendu.

« Nom de Dieu. Qu'on m'pende maint'nant si j'vois c'que j'vois. »

Il y avait quelque chose dans l'intonation. Quelque chose dans les tremblements choqués de la voix du sage, quelque chose de viscéral, quelque chose de grouillant, comme lorsque la terreur se bloque et pousse contre la gorge, lorsque la panique frôle l'esprit jusqu'à en tétaniser les cordes vocales. À cet instant, Kenny comprit qu'il y avait un problème. À cet instant, il sut qu'il n'aurait jamais dû venir.

Les secondes se muèrent en éternité à mesure que le silence s'étirait. Puis les exclamations retentirent, hoquets outrés et jurons murmurés. Dans de plus rares occasions, le mutisme se fit plus profond. Absolu. Le néant s'emparait des êtres, pareil à un gigantesque gouffre dans lequel ils se laissaient plonger. Horreur. Le jeune homme lança un regard atterré aux monticules de carcasses qui parsemaient l'endroit. Comment... ? Comment avait-il pu ne pas voir ? Comment avait-il pu passer à côté ? À mesure que les questions défilaient, grandissait en lui une émotion presque familière, comme un souvenir, une impression de déjà vu. Une angoisse saisissante, gonflée des certitudes d'être poursuivi, pleine de confusion. Un sentiment de fin du monde. Le savoir, la conscience, la résignation d'être la proie. Lorsqu'il mit enfin le doigt dessus, son visage déjà blême se teinta d'une pâleur teintée de désespoir. Ce sentiment... Ce sentiment, c'était...

C'était précisément, exactement celui qu'il avait ressenti cette fameuse nuit. Son tout premier souvenir après être revenu, sa toute première sensation : c'était elle. Celle-là même qui hérissait tous ses poils et faisait déjà trembloter ses mains. Kenny leva la tête, lentement, cherchant de ses yeux abasourdis ceux des deux autres rescapés. Bishop. Georgie. Il y avait une lueur sur leurs visages, une crainte toute particulière, de celles qu'ont ceux qui savent trop bien. La prise de conscience fit naître en lui une angoisse plus profonde encore. Son estomac se noua. Sa respiration sembla se bloquer. Son corps ne répondait plus. Un désespoir croissant rongeait ses entrailles. C'était trop tard. L'engrenage s'était mis en marche. La dernière fois qu'il l'avait fait, on avait retrouvé le corps sans vie d'Amelia Pike. Elle aussi disparue. Morte. Une croix sur un visage souriant. Elle n'avait pas eu la chance des trois survivants. Dans un élan de terreur, il se demanda ce qu'il adviendrait d'eux s'ils y passaient ce soir. L'injustice le frappa de plein fouet et des larmes rageuses eurent brûlé son regard, n'eut-il été interrompu dans sa transe par les hurlements de Jim. Celui-ci tenta de fuir, eut-on pu qualifier ainsi l'acte ô combien stupide qu'il avait commis. Jeter un homme innocent par terre pour mieux s'éloigner, comme si cela pouvait l'aider... C'est là qu'il entendit. C'est là qu'ils entendirent tous.

Ça venait. Kenny ne savait plus ce que c'était. Il n'en avait pas besoin. Son corps se souvenait à sa place. Son corps se rappelait. Son corps était perclus des cicatrices de ce temps oublié, de ces monstres sans visage, de ces ombres dévorantes. Son cœur s'arrêta. Sa panique aussi. Vint soudain la conscience qu'il n'avait pas le temps. Ils n'avaient plus le temps. Les animaux qui jonchaient le sol n'avaient été ni moins puissants ni moins désespérés qu'eux, et ils étaient morts. Décimés. Dévorés.

Le mot « sang » attira son attention, et il s'arracha au groupe pour se précipiter vers Aristotle. Chacun de ses muscles était tendu, sa mâchoire crispée à en trembler. Ses gestes étaient vifs, rapides, presque hystériques. Il saisit le bras de l'homme et le redressa avec une force née de sa terreur. Il n'entendit même pas la flopée de jurons qui s'échappa de ses lèvres fébriles, trop occupé à déchirer un vêtement pour l'enrouler bien fort – trop fort – autour de la plaie. Peu importait. Son esprit, lui, était focalisé sur tout autre chose. Sur ce qui l'avait indubitablement fait survivre toutes ces années. Sur la raison pour laquelle il savait courir si vite désormais. Si vite, et si longtemps. Le regard qu'il échangea avec l'homme dont il avait pris la main était gorgé d'un désespoir mordant et d'une détermination sans faille. Ses poings se serrèrent à en percer la peau. Il se retourna, lança un regard à Stan, puis à Sandra.

« Courez. »

Une seconde s'écoula. C'était une seconde de trop. Tous ne survivraient pas. Seuls les plus rapides et ceux qui partiraient le plus tôt auraient une chance. Il n'était pas prêt à les sacrifier. Il ne voulait pas de mort. Il détestait cette foutue ville mais... Pas comme ça.

« Courez ! »

Sa voix tremblait. Dans l'hystérie générale, elle mourut. Il s'agita. Ils n'avaient pas le temps, putain ! Ils ne pouvaient pas, pas comme ça ! Ils ne comprenaient pas ! Il fallait... Il fallait...

« COUREZ, BORDEL DE MERDE !!! COUREZ !!! »

Et puisque ce n'était pas suffisant, il poussa les personnes qui étaient à ses côtés vers l'avant, à l'opposé de là où les premiers hurlements avaient retenti, répétant qu'il fallait fuir, adressant un regard affolé à l'adjoint du shérif dans l'espoir d'obtenir de l'aide.

S'ils ne fuyaient pas, ils étaient morts. En réalité, ils l'étaient sans doute déjà. Ils avaient pris trop de temps.

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MessageSujet: Re: Event #4 - The Forest    Sam 7 Juil - 10:47

The ForestEvent
And you'll fear what you found when weather comes tearing down.
( → Oats in the water )
•••

Quelques secondes. Un calme avant la tempête qui lui paru durer une éternité. Joshua les fixa sans trop y croire, toute trace des disputes précédentes oubliées. Il venait de se trouver victime d'un obscur bond dans le temps. Il avait de nouveau dix ans et la bête était de retour. Elles étaient toutes là. Les hurlements du groupe lui parvinrent comme noyés à travers le brouillard, tétanisé qu'il était, incapable d'esquisser un geste. Puis le cri de Holland le sorti de sa transe et l'homme se secoua presque pour se débarrasser physiquement de la torpeur qui s'était emparée de lui. Trop tard. Elles étaient prêtes à leur fondre dessus comme des visions de cauchemar issues d'un passé qu'il croyait avoir laissé derrière lui. Un ours hein, maman ? Il aurait tellement voulu.

A la demande du météorologue, sa main se glissa dans la besace qu'il portait toujours en bandoulière. Les plis du tissus lui effleurèrent les doigts et il lui tendit une écharpe. Ca devrait faire l'affaire, il n'avait rien d'autre. A mouvement précautionneux, comme si le moindre geste brusque eut pu exciter les monstres et accélérer leur attaque. Il était trop tard. Fuir ou périr. Certains ne rentreraient pas ce soir. Il en était certain. Jim les regardait, à quelque pas de là, en première ligne face à l'ennemi.

« Reviens là, souffla-t-il dans sa direction la voix chevrotante, reviens là toute de suite. Les plus jeunes à l'arrière. Protégez les enfants. »

De bien pauvres précautions face à l'ampleur de la menace. Que pourraient-il ? Kenny décida pour lui et sa fuite en avant acheva d'éparpiller la foule tout en envoyant valser quelques malheureux droit sur ces créatures sorties tout droit de l'enfer. Des proies faciles pour lui permettre de sauver sa peau. Bientôt d'autres suivraient et ils deviendraient tous des cibles vivantes. Il se rapprocha de la mère d'April et du môme McGalaan, tentant de retrouver les siens dans cette marée humaine. Sa main attrapa une manche à l'aveuglette. Jessica ? Victoria ou Scarlett ? Impossible à dire.

« Partez, partez tous ! Courrez ! » lança-t-il dans la direction de la mère de famille

Des ombres filèrent entre les arbres. Qui l'avait écouté ? Impossible de le déterminer.

Lui campa sur ses positions, tentant de retrouver un visage familier dans les derniers retardataires. Pauvre fou, comme s'il allait pouvoir ralentir la progression de ces choses, comme s'il allait pouvoir leur faire gagner un peu de temps. Il avait un vieux compte à régler. Un combat qui attendait de pouvoir se jouer depuis plus de quinze ans. Et ce soir, le moment était venu.

Elle est là Joshua. Il est temps de fuir.
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MessageSujet: Re: Event #4 - The Forest    Sam 7 Juil - 13:34

Tout avait bien commencé. Kenny avait claqué une bise sur sa joue, Scarlett s'était déridée, elle avait pris Georgie en charge et avait même pu s'extasier discrètement sur son idole. Petit à petit, Sandra en avait presque oublié ce pour quoi elle était venue. Petit à petit, son cœur avait battu moins fort dans sa poitrine et le silence, savamment comblé par les interventions des gens alentours, avait rendu l'atmosphère des lieux moins... anxiogène.

Puis il y avait eu la question de la gamine. La journaliste avait agité sa lampe dans les broussailles et un vieux fermier s'était emparé de l'affaire pour illuminer un obscur tas de terre. C'était là, que tout avait foiré. Il ne s'était jamais agi de terre, ni même d'une fourmilière. Il s'agissait d'un monticule de cadavres d'animaux. Il y avait de tout. Des lapins, des chouettes, des renards et même un ours. Un énorme ours éventré, d'où coulait toujours du sang. Sandra était prête à le parier. Si quelqu'un avait touché son énorme poitrail, celui-ci aurait été encore tiède. C'était bien ce qui lui posait problème, dans cette affaire, à bien y réfléchir. Un cadavre vieilli ne faisait plus couler la moindre goutte de sang. Il n'y avait pas de mouches, non plus.

« Il y a un problème... »

Murmura-t-elle tout bas, alors que personne ne lui prêtait vraiment attention. Il y avait eu des hurlements, quelques uns avaient vomi, puis il y avait eu ce. Au moment précis où elle avait eu un éclair de génie.

« Att-...
- I-il faut fuir ! J-je peux pas rester là ! »


Ils étaient en plein milieu du territoire de la chose qui avait été capable de tuer un ours. Ils étaient en danger. L'idée glaçante qu'ils allaient tous mourir lui fit tourner les yeux vers Kenny au moment précis où un hurlement s'éleva dans la nuit.

Le frisson qui s'empara d'elle alors n'avait jamais eu d'écho par le passé. Il la prit de bas en haut, lentement, presque de façon insidieuse, et Sandra sut. Sandra sut qu'elle avait vu juste et qu'ils allaient mourir.

« Est-ce que quelqu'un a quelque chose qui peut servir de bande ? Je saigne et je... »

Sandra tourna un regard glacé d'horreur en direction d'Evans, qui venait de leur annoncer que, désormais, il n'y avait plus aucune chance.

Alors, doucement, elle se souvint qu'elle tenait le bras d'un enfant tout contre elle.

« Georgie ? J-...
- Courez. »


Kenny. Le regard fou, l'âme au bord des lèvres, la terreur pour visage.

« Courez ! »


Sandra tenta de lui transmettre un peu de son calme, en vain. L'envie de fuir lui noua le ventre.

« COUREZ, BORDEL DE MERDE !!! COUREZ !!! »

Kenny se mit à pousser des gens au hasard vers l'opposé d'où venaient les cris. Sandra fit la grimace. Elle ne pouvait hélas en retenir aucun. Elle devait choisir qui sauver et son instinct de mère la rappela presque violemment à l'ordre. Elle se mit donc à la hauteur de Georgie. Tout autour d'eux hurlaient les gens. Mêlés à eux, les cris des monstres se rapprochaient.

« Georgie, Georgie regarde-moi. Ecoute-moi. Tout va bien se passer si tu m'écoutes. Ce qui arrive ne sont que des prédateurs. Si tu cours, tu excites leur instinct de tueur. Ils ont quatre pattes. Ils iront plus vite que toi et tu risques de te mettre en danger. On va doucement s'éloigner en direction des voitures, tous les deux. D'accord ? Tu vas me suivre, et surtout, ne pas crier. Tu vas rester avec moi, et je te promets que tout va bien se passer. Je te promets qu'il ne t'arrivera rien. D'accord ? »

Une main trouva la chevelure hirsute de l'enfant, qu'elle caressa doucement. Il ne lui arriverait rien. En tout cas, tant qu'elle serait en vie. Alors, doucement, elle initia le premier pas. Georgie survivrait, dût-elle en mourir. Il n'était qu'un enfant qui avait trop vécu. Quelque part, un énième hurlement inhumain s'éleva. Les monstres s'étaient éparpillés, et ceux qui avaient pris soin de fuir étaient devenu autant de cibles. Mais Sandra savait. Elle savait qu'il en resterait certainement un pour eux. Alors sa main trouva le bras de Kenny, et c'est avec douceur qu'elle le tira vers eux. Si elle ne devait en sauver que deux, il s'agirait d'eux. Si elle était capable de ralentir leur triste destinée, elle le ferait pour eux.

« Un pas après l'autre, Georgie. Il ne faut pas les exciter. Doucement. Comme ça. Voilà... Les voitures ne sont pas si loin, tout va bien se passer. »

Du moins l'espérait-elle. Un dernier regard pour Joshua. Le signe qu'elle lui adressa pour qu'il les suive était inutile. Il avait décidé qu'il se sacrifierait. Elle ne pouvait changer ça.
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MessageSujet: Re: Event #4 - The Forest    Sam 7 Juil - 16:58



The Forest
Event#4

Avant même qu'il ne puisse se relever, une main apparaît dans son champ de vision et si il avait d'abord hésité à la prendre sa décision changea rapidement quand il avait relevé la tête pour croiser le regard de Joshua.

- ...m-merci

C'était plus un murmure qu'autre chose et le petit avait presque immédiatement baissé les yeux suite à ça. Il devrait probablement remercier son père pour l'avoir rendu si nerveux en présence d'hommes adultes mais l'éclat de voix qui intervint à la suite de ce bref échange lui permit de s'échapper de cette situation bien qu'il ai presque sursauté en entendant son prénom. Le cadet McGalaan avait reculé d'un petit pas, levant les yeux en direction de Sandra, évidemment il l'appréciait, elle lui rappelait parfois sa mère quand son père n'était pas dans les environs, douce, drôle...attentionnée.

- J-je...non mais...

Le petit garçon n'avait rien réussi à bafouiller d'autre suite à sa question. Qui aurait pu être au courant de sa présence ici, les rares fois où son père prêtait attention à lui étaient pour évacuer tout ce dont il avait besoin et le punir pour des choses insensées et il était devenu plus distant face à ses frères et leur cachait presque tout de sa vie depuis qu'il avait été retrouvé. L'avertissement de la brune lui fit toute fois ouvrir grand les yeux.

- Non ! ... S'il-vous-plaît... Je m'éloigne pas...

Georgie regrettait presque d'avoir eu l'air si paniqué et d'avoir répondu de cette façon mais il savait très bien ce que signifierait "être ramené chez lui" encore plus en compagnie d'une adulte. Son père faisait de son mieux pour protéger leur "petit secret" et il serait fou de rage si il apprenait que son dernier rejeton avait encore attiré l'attention sur lui ou leur famille.

La voix de Josh lui fit détourner le regard dans sa direction et le plus jeune du groupe se rapprocha tout de même de Sandra, écoutant attentivement le zoologiste. La peur, la paranoïa... C'était surement ça qui les forçaient à agir de la sorte et autant dire que dans son esprit d'enfant il ne fallait rien de plus qu'une forêt sombre et des bruits inquiétants pour réveiller les monstres qui sommeillent en lui. Malgré la présence de tout ce monde, Georgie ne prêtait pas vraiment attention à ce qui se passait bien trop occupé par cette angoisse qui commençait à lui tordre les tripes. Ses yeux ne pouvaient s'empêcher de scruter les alentours, cherchant à discerner quelque chose dans l'obscurité, malheureusement les ombres que projetait la nature étaient loin d'être rassurantes.

Ce fut un nouvelle fois la voix de Madame Karcy comme il l'appelait, qui le ramena au moment présent et le jeune garçon fronça simplement les sourcils en répétant mentalement ce qu'elle avait dit à son sujet...Futur petit quoi... ? La blonde lui demanda également si il allait bien et le brun prit un quelques secondes pour baisser les yeux, regardant son jean déjà abîmé par le temps mais qui désormais était troué au niveau de son genou suite à sa chute, il sentait encore les paumes de ses mains brûler à cause des égratignures présentes lorsqu'il avait essayé d'amortir sa chute et la légère entaille sur sa joue le démangeait mais il hocha la tête malgré tout pour assurer qu'il allait bien.

Quand finalement la question sur son "statut" fut répétée et que le nom d'une rouquine qu'il connaissait suivit celle ci, le cadet McGalaan émit un petit sifflement de protestation en fronçant les sourcils et secouant négativement la tête.

- Ewww gross ! ... C'est pas vrai elle est tellement...tellement énervante ! Et c'est ...

Lançant un regard en direction de Sandra, le plus jeune interrompit sa phrase, se rendant compte qu'il était en train de dire du "mal" d'une personne qu'elle aimait et il croisa simplement les bras contre son torse en détournant les yeux et marmonnant.

- ... Je l'aime pas et elle m'aime pas non plus

C'est vrai, April et lui n'avaient pas les meilleures relations du monde mais ce n'était rien en comparaison du lien qu'elle entretenait avec son meilleur ami, et Jimmy ne pouvait que lui confirmer que la rousse était une emmerdeuse alors pourquoi lui l'aimerait. Au moins cet aparté pu lui faire penser à autre chose l'espace de quelques instant, Jimmy, Royce ... en cet instant il donnerait sûrement n'importe quoi pour que ces meilleurs amis soient là avec lui, Jimmy parviendrait certainement à le faire rire avec des conneries et à détendre l'atmosphère ou ils se chamailleraient sur n'importe qu'elle débilité et Royce trouverait les mots qu'il faut pour le rassurer, lui donner le courage dont il avait besoin en cet instant. Un petit soupir franchit les lèvres de l'adolescent qui avait laissé s'éloigner les deux filles bien qu'il pouvait voir que Sandra gardait un oeil sur lui juste au cas où et pendant qu'il parcourait le groupe des yeux, son regard croisa celui de Walter et l'espace d'un instant il se sentit presque soulagé.

Georgie n'était pas encore en pleine confiance avec le jeune policier mais c'était sans doute l'homme dont il était le plus proche pour le moment et le voir ici sembla le débarrasser d'un petit poids. Le brun avait presque hésité à aller vers cet homme mais après avoir lancé un regard aux personnes présentes autour de lui il avait renoncé, faisant quelques pas pour revenir se cacher dans l'ombre de Sandra. Evidemment son attention fut attirée par l'adolescent face à la brune et Georgie fronça les sourcils à sa petite remarque à son sujet. Il le connaissait, au moins de nom, mais malgré ça il était conscient qu'ils partageait tous les deux quelques chose de bien plus important. Le regard que lui lança Kenny lui fit baisser les yeux, il savait, évidemment et lui aussi devait être pas mal secoué par cette nuit mais Georgie préféra rester silencieux, tirant nerveusement sur les manches de son vieux pull en laine. Il n'avait pas envie de se souvenir de tout ça, pas maintenant, pas ce soir mais les choses dérapèrent une fois encore, des éclats de voix, une angoisse grandissante et soudain l'odeur nauséabonde qui parvint jusqu'à ses narines.

Cette odeur il ne la connaissait que trop bien, c'était la même que lorsque son père et son frère rentraient de la pêche ou de la chasse, celle qui empestait dans leur vielle baraque tandis qu'ils vidaient leurs prises et qui forçait Georgie à quitter leur domicile, comme-ci il était incapable de respirer jusqu'à ce qu'il s'enfonce dans les bois loin de tout ça.

Sans vraiment s'en rendre compte, il avait marché, dépassant quelques adultes présent ici avant que son regard ne se pose sur l'horreur que tout le monde semblait fixer. Un haut le coeur lui souleva presque immédiatement les tripes tandis qu'il se détourner pour se pencher et essayer de respirer correctement. Sa respiration devint plus haletante, des larmes amères commencèrent à lui brouiller la vue et il fut obliger de cracher à plusieurs reprise la bile qui s'accumulait dans le fond de la gorge et lui rappelait qu'il allait probablement vomir bientôt. Une main s'accrocha à son bras, celui de Sandra sans aucun doute, mais le plus jeune n'y prêtait pas vraiment attention bien trop perdu dans sa propre angoisse tandis qu'un tas de souvenirs ou plutôt ce dont il pensait se souvenir, commençait à émerger dans son esprit... sa fugue le soir de sa disparition, la forêt qui semblait l'engloutir un peu plus tandis qu'il essayait de fuir son foyer puis la voix de son père déchirant le silence de lui, il se rappelait avoir tenté de courir mais il n'était pas assez rapide et il l'avait rattrapé, il pouvait encore se souvenir du sang, tout ce sang et l'expression presque folle peinte sur le visage de son père...

Le hurlement qui résonna dans la nuit le fit se redresser presque instinctivement et il avait tiré sur son bras pour se défaire de l'emprise de la femme à ses côtés. Fuir, c'était tout ce qui importait. Les voix des personnes n'étaient qu'un simple boucan sans aucun sens à ses oreilles et tout ce qu'il parvenait à entendre distinctement était son coeur battant à tout rompre tandis que son regard affolé cherchait un endroit où déguerpir rapidement. C'est probablement ce qui alerta la brune parce que l'instant d'après ses yeux étaient obligés de se concentrer sur le visage à sa hauteur. Il lui fallut quelques seconde pour revenir à lui malgré les appels qu'il avait reçu mais il tenta de se concentrer, d'écouter Sandra bien que son corps se soit mit à trembler comme une feuille. Il hocha la tête malgré lui parce que même si son instinct lui hurlait de courir le plus vite possible il préféra écouter la brune et ses jambes suivirent le mouvement sans qu'il ne réfléchisse vraiment à marcher.

Un zombie, c'est probablement à ça qu'il ressemblait actuellement, avançant sans réfléchir, traînant son corps tremblant en fixant un point à l'horizon, mais chaque nouvel hurlement, chaque cri, chaque bruit dans cette foutue forêt lui glaçait le sang et avant même qu'il ne s'en rende compte, les larmes avaient rouler sur ses joues. Il essayait de contenir ses sanglots ce qui ne faisait qu'accentuer le tremblement de son corps et laissait simplement quelques reniflements lui échapper.

Georgie avait essayé d'écouter Sandra, de la croire quand elle lui disait que tout se passerait bien mais il avait suivit son regard sans le vouloir et avait tourné la tête en direction de Josh resté en retrait. Ce fut tout ce dont il avait besoin pour que ses pas ne deviennent moins précis et l'instant d'après il sentit son pied heurter quelque chose, une racine probablement, ce qui le fit une nouvelle fois basculer tandis qu'il poussait un petit cri à la fois de peur et de surprise. Quand son corps vint heurter le sol Georgie ne parvint plus à retenir ses sanglots et explosa presque immédiatement. Il était foutu, il le savait, son corps refusait de bouger, il restait là paralyser par la peur, gémissant et pleurant sur le sol sale et frai de la forêt.

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MessageSujet: Re: Event #4 - The Forest    Sam 7 Juil - 19:12

Comment cette nuit avait pu virer en film d'horreur ? Je ne m'étais pas non plus attendu à ce qu'il y ait un feu d'artifice mais pas non plus de tomber sur un amas de cadavres d'animaux. Les créatures n'avaient laissés aucun peuple de la forêt en vie et le spectacle était assez...horrifiant. Je cachais les yeux de l'enfant qui s'approchait, pour ne pas qu'il voit cet enfer. Sans aucune explication, je le faisais tourner dans l'autre sens. Et puis des hurlements se faisaient entendre, le monstre n'était pas seul. Si bien sur il s'agissait de lui car je ne me souvenais pas l'avoir entendu ainsi le jour de l'enterrement de la lycéenne.
Ce fut ensuite la cohue, tout le monde disait à tout le monde de courir. De fuir. Le souvenir de la bête était gravé dans mon esprit et je doutais sérieusement que de courir dans tous les sens permettrait de lui échapper. De leur échapper. On ignorait leur nombre, ce que c'était. Pas assez d'informations. Malgré la panique générale, j'étais incapable de bouger, scrutant les arbres. Comme si d'un coup j'allai avoir la capacité de voir dans le noir. J'avais aussi envie de savoir. Savoir comment il m'avait mit ce gamin dans ma tête. Je décidai cependant enfin à bouger,  poussant gentiment d'une main dans le dos les curieux qui restaient à la traine.

- Courrez tout droit, ne vous arrêtez pas

Je comptais aussi en fait de même, bien que je doutais vu ma santé de pouvoir faire un marathon. Je voyais la silhouette de Joshua, rester planté comme un arbre. Qu'est ce qu'il fichait ? Il pensait vraiment que j'allai le laisser là ? Je rejoignais mon ami, attrapant son poignet pour le tirer vers le chemin que les autres avaient pris.

- T'a cru que c'était l'heure de jouer les héros ? Crois moi ton sacrifice sera inutile vu tout le tas de mammifère qu'il y a pas loin !

De l'autre côté j'entendais les pleurs. Un enfant était allongé sur le sol. Damn, je pouvais pas être à deux endroits à la fois. J'espérais que la mère d'April était encore dans le coin.

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MessageSujet: Re: Event #4 - The Forest    Sam 7 Juil - 20:42


Tap.

Doucement. Tapi dans les fourrés, pendant que ces imbéciles se disputent.

Tap.

Lentement. Dissimulé dans l'ombre d'un arbre tandis qu'une gamine s'y adosse.

Tap.

Subtilement. Rien qu'une impression fugace. Source de leurs hurlements.

Tap.

Brusquement. Cri qui se perd dans la nuit.

Tap. Tap.

Unanimement. Repris pas des dizaines d'autres.

Tap.

Ils sont partout. Calmement, ils ont encerclé leurs proies. Patiemment, ils ont attendu d'être suffisamment nombreux pour lancer l'attaque. Mais lorsque l'odeur du sang s'est répandue, cela les a rendu fous. Voici le premier qui bondit. Il n'a rien d'humain, ni rien de connu. Tout juste a-t-il vaguement la taille d'un chien. C'est un monstre sans visage, sans yeux, sans oreilles et sans nez. Mais pourtant, il sent. Il sent mieux que personne.

Il est suivi par un autre, puis un autre, et encore un autre, jusqu'à ce qu'une dizaine de créatures se retrouve face à la première proie. Il s'agit d'un homme, qui sera bien vite rejoint par un second. Plutôt grand, un peu trop musclé, peut être. Ça risque de rendre sa chair un peu noueuse. Le second, en revanche, a l'air plus tendre... Mais peu importe si l'un d'entre eux est moins appétissant que l'autre. C'est un repas attendu depuis trop longtemps. Les ventres gargouillent et les monstres expriment une frustration qui ne tient qu'à un fil. Ils sont prêts à bondir, observent leur repas et attendent.

Le premier humain s'enfuit. C'est le signal, tant pour eux que pour ceux qui s'apprêtent à les tuer. Le groupe se détache, se sépare. Chacun sa proie. Chacun son repas. Parfois se forment des groupes de deux. Mais sur place, très vite, il n'en reste que quatre ou cinq. À l'affût, ils avancent vers ceux qui n'ont pas fui, vers ceux qui ne se sont pas éparpillés mais l'ont tout de même été. À l'affût, ils sont venus pour tuer. Et comme si le destin lui-même avait décidé de les récompenser de leur patience, un humain plus jeune que les autres tombe au sol. Il est accompagné d'une femme, d'un homme dont l'odeur lui dit curieusement quelque chose et du blessé. De celui qui dégage ce tendre fumet les affolant si fortement. Rien qui ne puisse vraiment leur faire peur. Alors, deux des monstres restants se détachent de leurs frères. Sagement, ils passent entre Bartholomew et Joshua, sans même leur accorder le moindre regard. Ils ont choisi. Ce soir, au menu, la viande aura la fraîcheur de l'enfance.

Citation :
Il s'agit de la première intervention spontanée du maître du jeu !
Celui qui est appelé "La première proie" est Joshua, le "second" est Bartholomew mais vous êtes tous poursuivis ! Que vous ayez choisi de fuir ou que vous soyez restés sur place, le danger est partout.
Bien évidemment "l'humain plus jeune" n'est autre que Georges, tandis que "la femme qui l'accompagne" se trouve être Sandra. Celui dont "l'odeur dit curieusement quelque chose" au demodog, c'est Kenny. Le blessé, vous l'aurez compris, c'est Aristotle.

C'est à vous de décider ce que votre personnage aura fait, mais sachez bien que personne n'est à l'abri. Plus vous réagirez à l'event plus vous serez susceptible de déclencher une intervention spontanée.

Pour rappel :

- Event guidé par maître de jeu qui interviendra tous les dix jours.
- Prochaine intervention du PNJ: le 16/07.
- Désormais, des interventions aléatoires sont possibles durant les tours si le besoin s'en fait sentir.
- Liste des PNJs de l'event, que vous êtes libres de jouer et d'étoffer en respectant ce qui a déjà été dit à leur sujet :
Clara : Jeune femme blonde qui n'est visiblement pas rassurée par l'escapade nocturne et qui ne s'entend pas avec Jim.
Jim : N'aime pas Clara.
Gilles : Vieil homme qui tient l'une des fermes d'Aster Cove et qui semble avoir un avis éclairé. Il connaissait Walter, Penny et Joshua lorsqu'ils étaient petits. Il aime prendre soin des autres.
Diana : Connue pour être une véritable langue de vipère, elle est la femme du gérant de la supérette d'Aster Cove, Ed'. Il s'agit aussi de l'une des amies de la mère de Scarlett. 
Event #4 - The Forest
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MessageSujet: Re: Event #4 - The Forest    Dim 8 Juil - 1:21



The Forest
Event #4
« Victoria, ce n'est pas un soir à s'aventurer seule dans les bois. On avancera ensemble. C'est promis. D'accord... ?

Cette voix... Je me retournai lentement vers elle. Et c'était bien Walter. Un instant, j'eus un bref flash de cette maudite nuit d'Halloween. Le rond parfait du canon. *Pan*
J'aurais dû lui parler avant. Ça faisait longtemps. Trop longtemps pour avoir une autre conversation. Autre que celle qu'on devrait avoir. J'avais des choses à lui dire. Et à cet instant, faire un tour au commissariat était devenue une des choses les plus urgentes à faire. Parce qu'en parler, là maintenant... Et pourtant. Ça me démangeait. Ça me démangeait tellement. Parfois j'ouvrais même la bouche et mon cerveau commençait à former les premières phrases pour. Bien sûr, aucun son ne sortait réellement. J'avais les balls pour braver le danger, mais avoir une conversation normale, c'était autre chose. Quoique... la conversation était pas si normale que ça. Mais je dansais sur un pied et sur l'autre dans ma tête, même quand les gens se mettaient à reprocher des choses à la police, même avant et après la réplique remarquable de Walter. Même...

- Et toi, tu vas rester avec Evie et moi. Hors de question que tu te mettes en danger.

Huh ? Ah non, là c'était autre chose. Je me laissai entraîner contre mon gré, tressaillant lorsque la main de Walter se posa sur mon épaule. Non, non, non, c'était le contraire de ce que je voulais, en fait. Le danger, je voulais l'affronter. Enfin. C'était ma dernière chance de me débarrasser de ce qui me rongeais depuis des mois.

- Non, mais... je tentais tant bien que mal de me défendre. Je voulais pas y aller toute seule, hein...

Mensonge. Je l'aurais fait si personne ne m'avait suivie. Et je l'aurais regretté.
Néanmoins, je n'eus pas le temps de finir ma plaidoirie en carton. Quelque chose était en train de se passer alors que les disputes fusaient. Le vieux Gilles à côté de nous interpella la journaliste et sa torche nous éclaira... d'une certaine... manière...
Les tas. Il y en avait plein. Des tas de rien à premier abord, mais quand votre œil captait ce qu'étaient réellement ces formes démembrées dans la nuit... Vous ne voyiez que ça. Des animaux. Écorchés, décortiqués, éventrés, évidés... morts. Je resserrai mon emprise sur ma batte qui avait manqué de glisser au sol. Je n'eus pas vraiment d'autre réaction physique. Même si l'odeur commençait à m'empêcher de respirer. Même si, intérieurement, j'avais l'impression que la spirale me happait de nouveau, en bien plus fort cette fois-ci. Le sol tournait autour de moi, et l'angoisse montait à mesure que je réalisais combien de tas il y avait en tout. Combien de tas je pouvais voir. À ce moment là, j'avais deux choix. Basculer dans la panique. Ou me reprendre. Ce furent les hurlements qui me décidèrent. Et ma main se resserra toujours plus sur la batte, jusqu'à blanchir mes extrémités.

C'est aussi à ce moment que Kenny commença à crier qu'il fallait courir. Non. Non ! J'étais pas venue ici exprès avec ma batte pour fuir dès qu'ils s'annonçaient. Non ! Jamais, jamais je laisserais passer ce moment. J'en avais assez de ne plus dormir la nuit. J'en avais assez de foutre ma vie en parenthèses à cause de ces putains de choses. Je voulais les affronter, maintenant. Tant pis si c'était dangereux ou inconscient. Qu'est-ce que j'en avais à foutre. J'étais déjà que la moitié de moi-même.
Et pourtant, quelqu'un avait encore l'idée de m'amener là où je voulais pas. Joshua, que je connaissais pas vraiment mis à part de nom, m'avait agrippé la manche et m'emmenait Dieu-sait-où.

- NON !! » lâchai-je au passage, un "non" que je retenais depuis un moment.

Mes pieds suivaient le rythme tant bien que mal, sans trop quoi faire de la situation. Je m'éloignai déjà de Walter et Evie sans que ce soit de mon ressort, pour une fois. Ce fut Mr. Caldwell qui nous arrêta.

- T'a cru que c'était l'heure de jouer les héros ? Crois moi ton sacrifice sera inutile vu tout le tas de mammifère qu'il y a pas loin !

Les mammifères n'avaient pas une batte et une rage au ventre, même si leur instinct de survie avait été réduit à néant. Mais tant pis, c'est pas ça qui allait m'arrêter. J'avais pas écouté trop de conseils aujourd'hui, et la situation avait viré à un chaos assez total pour que je continue sur ma lancée. Les bêtes s'approchaient de plus en plus, et je profitai de cet arrêt brutal par le professeur d'anglais pour reprendre ma batte à deux mains et m'attendre au pire. Littéralement. Je l'attendais. Mes yeux scrutaient les ténèbres grésillantes des pas des choses, et cette fois ce ne fut pas un monstre de plusieurs mètres qui se fraya un chemin jusqu'à notre chair, mais des créatures à quatre pattes qui y ressemblaient pourtant comme deux gouttes d'eau. Mon sang ne fit qu'un tour lorsque je compris qu'ils étaient la même chose. À quelques détails près. Mais il y avait fort à parier que d'où venait le monstre de l'église, venaient également ces bestioles bouffeuses de forêt.

M'éloignant d'un pas des deux hommes, je fis face à l'une d'elles qui nous encerclait progressivement. Aveuglée par ma haine, je ne pensais pas aux conséquences. Mais celui là allait payer. Pour le basculement de ma vie. Pour les putain de disparitions. Pour Amelia. Pour l'église. Pour Mackenzie recouverte de bave. Pour mes terreurs nocturnes. Pour la perte d'Andrew. Pour ce putain de clown qui hantait mes nuits. Pour cette connerie de canon pointé sur ma tempe quoi que je fasse. Prend ça, espèce de merde !
J'émis un cri de rage avant de porter le coup. Le cri qui contenait tout ce que je venais de penser. Je ne pouvais pas l'exprimer autrement. Balançant la batte au-dessus de mon épaule pour prendre mon élan, j'effectuai un arc de cercle en direction de la bête pour lui porter un coup que j'espérais critique voire fatal. Un arc de cercle, comme une horloge. De qui comptait-elle les minutes, cependant ?

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MessageSujet: Re: Event #4 - The Forest    Dim 8 Juil - 4:12


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Tu ne les avais pas cru. Ils étaient tous fous, à prétendre ouvertement l'existence de monstres sanguinaires et mangeurs d'enfants. Ces gens avaient fomenté tant de peur dans toute la ville. Tant de peur que tu détestais, qui pesait lourdement sur ta belle vie de connard... Tu les haïssais ! Ces abrutis capables de croire en tout et n'importe quoi... Ce soir, tu apprendrais à fermer pour une fois ta gueule... Ce soir, tu comprendrais la place de cette petite voix si perspicace que tu ne déniais pas écouter par peur de souffrir. Ce soir... Tu allais assister au déclin d'Aster Cove ! Au chapitre final de cette histoire morbide qui hantait les lieux depuis plusieurs années... Du moins, "final" tu allais l'espérer, car rien au monde ne pourrait te procurer plus de peur que tu éprouvas ce soir-là, dans cette forêt...

Au départ, ce n'était que de minces bruits. Quelques brindilles brisées, des feuilles froissées et des branches grinçantes... Tu n'avais même pas écouté la première mise en garde de ton ami... Kenny était paniqué. À vrai dire, tu ne l'avais jamais vu ainsi. Tu avais froncé les sourcils et observé horrifié la folie prenant place dans l'esprit de ton partenaire. Tu n'avais rien compris lors de ces premières secondes de carnage. Ce n'était là que le commencement d'une nuit sanglante qui laisserait de larges griffures sur l'histoire de la ville...

« Mec, t'as pété un c... »

L'angoisse et la peur générale s'étaient très rapidement propagées en toi. Ta carapace de gros dur était finalement bien fragile ! Il fallait dire que cette histoire était restée cachée dans un coin de ta tête depuis longtemps. Tu avais toujours espéré au fond de toi ne pas avoir à affronter ce moment... Cet instant où tu apprendrais la vérité. Où tu apprendrais l'existence d'aberrations telles que tu étais sur le point de voir... Oui, tes mots avaient été coupé net par un ultime avertissement de Kenny. Cette fois-ci c'était réel ! Tu ne savais pas quoi éviter... Tu ne savais pas à quoi échapper, seulement tu pris la fuite, comme la plupart des personnes présentes... Tu courrais, simplement, effrayé par un ennemi que tu ne connaissais pas encore. D'un regard rapide, tu jettes un coup d'oeil à ta droite... Le petit Georgie est attrapé par une femme dont le visage te semble familier. Tu ne sauras finalement pas ce qu'il adviendra d'eux ce soir. À ta droite, d'autres âmes à faucher remuent leur pauvre carcasse afin d'échapper à la menace grandissante...

Ce n'est que quelques secondes -peut-être trois... Le temps t'aura paru extrêmement long- plus tard que le danger montre son visage. Tu entends de véritables cris de douleur ! Des personnes ont été attaqué, c'est indéniable... Tu n'oses même pas te retourner, te rappelant encore de la peur dans les yeux de Kenny. Ce n'était pas le moment des curiosités. Il était temps de fuir ! Tu continuais inlassablement ta course lorsqu'une soudaine vague de honte et de culpabilité t'assaillit... Les cris se faisaient de plus en plus stridents et tes frissons sentaient déjà la mort. Tu avais peu à peu arrêté ta course, repensant aux personnes encore présentes dans ce carnage... La honte se propageait rapidement dans ton esprit, tandis que tu avais laissé toutes ces personnes -et particulièrement tes amis- dans le massacre. Tu ne compris pas vraiment quel genre de démon te poussa en cet instant à revenir sur tes pas, mais voilà que ta course reprit de plus belle vers la position initiale du groupe !

Ton parcours te conduisit tout droit vers la vision que tu souhaitais éviter... Tu étais revenu afin de venir en aide aux personnes en qui tu tenais... Peut-être souhaitais-tu y trouver là une forme de réconfort : tu aurais été un stupide héros l'histoire de quelques instant... Cette pensée chevaleresque t'avait presque fait oublier le danger. Ce danger que tu te cachais depuis si longtemps, qui aujourd'hui t'arrivait en pleine face... Face à toi, une horreur innommable t'avait coincé... Tu grimaças, n'apercevant qu'une affreuse ombre monstrueuse dans la nuit. Observant rapidement les alentours, tu ne reconnus que de vagues ombres humaines, faisant pour la plupart face tout comme toi à ces monstres... Tes membres étaient paralysés. Tu n'aurais jamais cru te retrouver dans la situation de Bambi, faisant stupidement face au chasseur sans pouvoir bouger ne serait-ce qu'un bras... Tu voyais déjà ta souffrance approcher lorsqu'une ombre humaine vint asséner un coup brutal à la bête ! Tu distinguas une batte de baseball, te rappelant rapidement avoir été assez con pour ne prendre aucune arme...

Tu tentas difficilement de distinguer cette forme salvatrice à qui tu devais peut-être la vie... Tes membres étaient toujours raides, mais tu t'étais approché doucement de ce que tu pris pour une jeune fille... Une jeune fille étonnamment reconnaissable...

« Vic... » lâchas-tu faiblement, n'ayant même pas la capacité de prononcer son prénom entièrement...
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MessageSujet: Re: Event #4 - The Forest    Dim 8 Juil - 12:46

Elle est là, figée dans l'horreur de ce qui se déroule autour d'elle. Elle est là, et tout près d'elle, elle entend la terreur. Elle voit Joshua se jeter en avant. Elle voit Kenny invectiver les gens à fuir. Elle en voit l'écouter. Elle en voit d'autres rester sur place. Elle entend pleurer l'enfant du groupe et se blottit dans ses propres bras, s'offre un réconfort qui n'est qu'une maigre consolation vis à vis de ce qui se joue sous ses yeux. Elle ne sait pas quoi dire. Elle ne sait pas quoi faire. Elle se sent petite fille face à l'horreur. Elle se sent sans défenses face aux créatures qui hurlent dans la nuit.

Un instant, elle est de retour dans ce placard, à réciter des comptines tout en pleurant silencieusement, tout en suppliant tout bas un Dieu qui n'existe pas de venir la sauver. De venir les sauver. Elle se rappelle le bruit des coups, malgré ses mains sur les oreilles, et le visage souriant de sa mère, pourtant couverte de bleus, qui la serre contre son cœur et lui murmure que ça ne durera pas éternellement. Elle se souvient des paysages qu'elles inventaient ensemble, de ces instants de bonheur, trop fugaces, qui lui reviennent en mémoire au milieu de la peur. Et puis un jour, ce Dieu en lequel elle ne croyait pas lui a volé sa mère. Il l'a ensuite plongée en enfer et depuis, ne l'en a plus jamais sortie. Ce soir encore, Jessica pense à ce placard, à sa mère, à ces jeux d'enfants qui rendaient le quotidien moins difficile. Ce soir encore, elle revoit le Dieu qui lui a tout volé et qui désormais lui présente les pires créatures de son royaume.

Soudain, un monstre apparaît face à elle. S'il a la taille d'un chien, son visage, lui, n'est qu'une énorme bouche ressemblant vaguement à une fleur. Une rafflesia, si sa mémoire est bonne. Il s'avance d'un pas, elle recule de deux. Il s'avance à nouveau, et leur manège dure, comme ça, durant de longues secondes. Jessica est terrifiée, et elle a la sensation inquiétante qu'il prend son temps, qu'il y trouve un certain plaisir et qu'il savoure la crainte qu'il sent violemment émaner d'elle. Une seconde, elle a l'impression de ressentir une personnalité psychopathe dans l'attitude de la chose qui l'hypnotise pour mieux la dévorer. C'est encore pire de se dire qu'il y a une forme d'intelligence dans ce gouffre-là. Ça signifie que quoiqu'ils fassent, l'être face à elle aura la capacité de réagir.

Leur petit manège dure encore un moment, et Jessica ne quitte pas des yeux la bouche de l'animal, grande ouverte pour l'y accueillir prochainement, sans doute. Mais alors que Jessica recule à nouveau, son dos heurte un tronc d'arbre. La créature semble jubiler, car elle pousse un cri à l'instant exact où cela se produit. Alors, Jessica sait. Le monstre s'apprête à bondir.
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MessageSujet: Re: Event #4 - The Forest    Dim 8 Juil - 19:45

L'engrenage infernal s'était enclenché et, déjà, l'étau se resserrait. Déjà, les ombres devenaient plus tangibles, les cris plus forts. Il était trop tard. La panique avait beau avoir propulsé la plupart des présents en avant, tous ne survivraient pas. Kenny ne l'avait compris que trop tard, forcé d'assister au chaos qui se déroulait devant ses yeux en spectateur impuissant. Les créatures n'étaient pas derrière eux. Ils n'avaient pas une seconde d'avance sur elles. Elles étaient partout autour d'eux depuis bien longtemps, tapies dans l'ombre en attendant que leurs proies se jettent dans leurs gueules. Et c'était ce qu'il avait fait.

La gorge du garçon se serra, se tordit presque sous la culpabilité qui le percuta de plein fouet. Sa faute. Des gens allaient mourir, d'autres seraient blessés. Tout ça parce qu'il n'avait pas su voir. Tout ça parce qu'il n'avait pas su entendre. Un sanglot mortifère vint se loger au creux de sa poitrine tandis qu'il lançait un regard désespéré à la catastrophe. Les gens couraient, au moins. Peut-être certains s'échapperaient-ils. Peut-être qu'il n'y aurait pas de morts. Peut-être les monstres n'étaient-ils pas si effrayants. Peut-être rêvait-il à nouveau.

Kenny fut tiré de ses pensées par un bruissement sur sa droite. Là, précisément là où venait de s'effondrer Georges, là où Sandra se tenait et où elle resterait. Elle n'abandonnerait jamais un enfant. Il le savait. Il le savait et cette certitude le tuait autant qu'elle risquait de la tuer, elle. Car deux bêtes venaient d'apparaître. Leurs corps, si similaires à ceux des chiens, ondulaient sous la puissance de leurs muscles. Elles avançaient en dodelinant de leurs têtes couvertes de dents, ouvertes à la manière de pétales. L'une d'elles portait sur le haut du crâne une cicatrice en forme d'étoile. La marque attira immédiatement son regard.

Il court. Il court toujours plus vite, toujours plus loin. Cette fois, ce ne sera pas suffisant. Il le sait. Lorsque le poids de la chose contre ses jambes lui fait perdre l'équilibre, une horrible résignation s'empare de ses entrailles.

Des tremblements agitèrent ses mains. Il écarquilla les yeux, blêmit davantage.

La mâchoire vorace se referme sur sa jambe. Hurlement de douleur.

C-c'était... C'était...

Le monstre s'apprête à attaquer à nouveau. Une main fébrile s'empare d'un tournevis, sa seule arme valable. Kenny est persuadé qu'il va mourir.

C'était Elle. La cicatrice sur sa cuisse, celle-la même qui avait manqué de le tuer à son retour parmi les vivants. Le jeune homme réalisa soudain qu'il faisait face aux créatures de ses cauchemars, à celles qui transformaient ses nuits en hurlements sans jamais l'autoriser à se rappeler d'elle. La vérité éclatait entre ses doigts.

Il frappe de toutes ses forces sur le haut de la tête. L'impact envoie une giclée de sang éclabousser son visage. Des larmes de terreur et de douleur dévalent ses joues crasseuses. Le monstre, lui, est inerte.

Un instant, l'étrange chien se posta en sa direction, reconnaissant peut-être à son tour son ancienne victime. Un instant, le cœur de Kenny s'arrêta de battre. Tout son corps lui hurlait de courir, de fuir, de partir loin de cette promesse de mort. En d'autres circonstances, sans doute l'aurait-il fait. En d'autres circonstances, sans doute aurait-il lui aussi tenté sa chance dans l'espoir vain de ne pas périr sous les griffes acérées des êtres de cauchemar. Ce soir était différent. Ce soir, Sandra était là, prête à protéger Georges avec son corps s'il le fallait. Il en était persuadé. Elle était une bonne personne, une bonne mère surtout. Elle se sacrifierait cent fois pour un enfant. Mille fois peut-être.

Hors de question.

Kenny se rua sur la carcasse la plus proche. Son instinct de survie réveillé tout entier par l'urgence, il plongea sans grimacer les mains dans le cadavre en putréfaction, cherchant à en détacher les côtes. C'était un animal massif, dont il eut sans doute pris les bois n'eussent-ils été trop difficiles à extraire. Au lieu de cela, il s'empara de deux os de la cage thoracique, priant pour que leurs pointes soient à même de se planter dans les corps étranges de leurs prédateurs. La suite se déroula en une seconde.

Ne laissant pas le temps à la jeune maman de se jeter en pâture, il s'interposa entre elle et les monstres, un cri de rage échappant à ses lèvres. Il n'avait pas le temps. S'il voulait espérer survivre, il lui fallait attaquer le premier, avant que les créatures n'aient l'opportunité de les encercler.

« AAAAAAAAAAAAAAAAAH ! »

Attirant leur attention de son hurlement, il se jeta sur la première, frappant de toute la force de sa colère. Il refusait de perdre, refusait de se laisser dévorer, refusait de crever alors qu'il venait à peine de recommencer à vivre. Il fallait qu'il gagne ce combat. Au moins en partie. La côte qui lui faisait office d'arme se brisa sous l'impact, mais pas avant d'avoir perforé la peau de l'animal. Celui-ci poussa un cri de détresse, suraigu, douloureux surtout. Kenny savait qu'il venait de se transformer en proie. Kenny savait qu'il risquait de mourir.

« Prends-le et cours ! », ordonna-t-il à Sandra.

Pars. Éloigne-toi pendant que tu le peux, je vous rejoindrai. Pars. Pas le temps. Personne n'a le temps. Je peux les semer, pas toi. Pas vous.

Il n'eut pas le temps de s'expliquer davantage. Le second prédateur, lui, était encore en parfait état de fonctionner. Sa cicatrice si particulière bougeant avec sa mâchoire, il s'avança. L'heure était venue. Kenny allait devoir affronter ses cauchemars.

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MessageSujet: Re: Event #4 - The Forest    Dim 8 Juil - 21:56

J’aurais du m’inquiéter plus. Beaucoup plus. A croire que je n’avais rien appris. Les signes n’étaient jamais dans ce qu’on pouvait voir ou entendre. Les signes, c’était les impressions, ces petits cheveux qui se hérissent sur votre nuque et cette sensation de malaise persistant. Je la côtoyais depuis si longtemps, j’avais peur depuis si longtemps que je n’avais pas distingué instinct animal de cette peur permanente. Pourtant, je savais bien, au fond, que venir ici était une mauvaise idée. Pourtant, en voyant le visage de Kenny et celui de Georgie, mais aussi celui de l’adjoint du Shérif un peu plus loin, j’avais la certitude qu’on leur devait de chercher à connaître la vérité. Car il y avait dans leur yeux cette lueur d’incertitude, de ceux qui en ont trop vu sans forcément en avoir même conscience. Un peu comme dans ceux de Jessica même si je n’avais jamais réellement sur en décrypter la raison. Surtout maintenant qu’elle m’évitait.

Comme beaucoup d’autres, j’avais fait l’erreur de me concentrer uniquement sur les membres de notre petite équipée. J’avais raté tout signe avant-coureur de ce qui allait surement causer notre perte à tous. Là, près de l’arbre auprès duquel j’avais fait le vœu de conserver ma meilleure amie d’enfance pour toujours, un monticule s’élève. A mesure que mon cerveau peine à décrypter la scène, je sens celui-ci s’éloigner de moi. Je ne connais que trop bien cette sensation. Aurevoir Scarlett, tu as voulu venir jusqu’ici, maintenant prends tes aises et débrouille toi. Aucun cri ne franchi mes lèvres. Pas la moindre plainte ou supplique envers un Dieu que le père Patrick a mis tant de temps à me faire aimer de nouveau. Je fixe les cadavres d’animaux sans cligner des yeux, aussi rigide qu’une statue, comme pétrifiée. Mon regard se met à errer à droite et à gauche, repérant les différents tas. Tant d’animaux morts… Cela entre en contradiction avec tout ce que mon chasseur de père m’a appris. Ces animaux n’ont pas rendu l’âme pour en nourrir d’autres. Aucun animal connu ne supprimerait d’un seul coup toute source de nourriture de son territoire. Non, tant de cruauté n’était pas normale. Ces animaux avaient été chassés. Et les seules proies mouvantes et alléchantes qu’il restait en ces lieux, c’était nous. Et les hurlements retentirent. Nombreux, bien trop nombreux. Alors ce serait ça la fin ? Si j’avais longtemps cru mourir tant ma douleur intérieure était forte, je n’aurais jamais cru que finalement la chose se passerait ainsi. Dans une forêt, traquée par je ne sais quoi. Est-ce que cela valait vraiment la peine de fuir ? Ou valait-il mieux se battre et mourir dignement ? J’avais toujours choisi de fuir et pourtant… Enfin, mes jambes décidèrent pour moi, refusant de se mouvoir malgré les ordres de Kenny. Ceux-ci parvinrent néanmoins à me faire quitter du regard les cadavres. Tout le monde court, mais pas moi. Un monstre, ça finit toujours par te retrouver quoi que tu fasses. Ça te traque, ça te piste. Qu’il soit humain ou autre chose. Se battre ou mourir. Le choix était là. Si je devais rejoindre la mort ce soir, ce serait en la regardant droit dans les yeux. Dernier acte de courage d’une couarde. Mise en avant au moment le plus impromptu de celle qui se complaisait dans l’ombre.

Alors je me concentre afin de faire appel à une autre Scarlett. Celle des concours, confiante, combative. Seulement il y avait un monde entre jouer les poupées en public et se battre pour sa vie. Je sortais néanmoins mon coupe papier, aiguisé comme un rasoir. Une fois déjà, il m’avait permis d’échapper à un prédateur alors je comptais sur sa magie pour m’aider à nouveau. Oh Papa, j’aurais tellement voulu te revoir une dernière fois. Mais tu pourras être fier de moi, j’étais prête à faire tout ce qu’il fallait pour que le maximum d’entre nous puisse s’en sortir.

Et déjà l’horreur des choix se profilait à l’horizon. A gauche Sandra, le petit George et Kenny qui se ruait vers une créature de cauchemar. Mi plante-mi bête, véritable enfant du chaos. En vrai chevalier pourfendeur de dragon, il s’est déjà lancé à l’assaut de la bête. Prêt à protéger et, je l’espère de tout mon cœur, à vaincre. Et à droite, la silhouette menue de Jessica acculée face à la créature démoniaque. Un instant le besoin de fuir se fait à nouveau sentir mais je le rejette en raffermissant ma prise sur mon arme. Le choix est fait. Je ne peux pas la laisser se faire dévorer sans rien faire. Personne d’autre ne semble prendre conscience de sa situation précaire ou vouloir l’aider à s’en sortir. Alors, sans réfléchir, je fonce droit devant avant de m’accroupir et de mettre toute ma force dans un puissant coup à l’arrière du genou (mais peut-on seulement parler de genou pour ce montre au corps humanoïde ?) je sens céder un tendon alors que le coupe papier s’enfonce et je le retire en un mouvement diagonal avant de renouveler l’opération sur l’autre jambe. Le tout n’aura duré que quelques secondes. Je sens les douleurs d’effort dans mes poignets, le poisseux du sang qui a giclé jusqu’à en une pluie rougeâtre sur mon visage alors que je retirais mon arme de fortune et mes doigts poisseux glisser sur le manche. Je crois même m’être un peu coupée mais sans le réaliser sur l’instant.

« Il faut se regrouper. Cours vers les autres. COURS. »

Assurer mutuellement nos arrières face à ses monstres qui chassaient en meute serait peut être notre unique chance de salut. Rien n'était plus facile que de fondre sur l'agneau qui s'est éloigné du troupeau.

Je me redressais en espérant avoir le temps d’attraper Jessica par le bras et de la tirer avec moi loin de cet être maléfique. Sainte Marie venez nous en aide et permettez au plus possible d’entre nous de s’en tirer.

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MessageSujet: Re: Event #4 - The Forest    Dim 8 Juil - 23:25



The Forest
Event #4
« Attends Penny, fais voir ta lampe, fit le vieux Gilles.

Je la lui laissai sans broncher et suivit ses pas. C'était un peu comme si la gamine en moi laissait faire les choses importantes aux grandes personnes. Gilles, c'était un bon vieux papy d'Aster Cove, et il n'était pas encore du genre à délirer. Au contraire... Et ce dernier avait encore une bonne vue, visiblement...

- Nom de Dieu. Qu'on m'pende maint'nant si j'vois c'que j'vois.

Je voyais ce qu'il voyait. Tout le monde le voyait. Le cri de Clara me vrilla les oreilles, faisant écho au sentiment de danger imminent qui explosait dans ma poitrine. Aspirant l'air sous la surprise, je plaquai ma main contre ma bouche par réflexe. Qu'est-ce que c'était que ça ?! Quelle chose pouvait retourner la forêt d'une telle manière ? Si brutal et pourtant... bien organisé ? Le souvenir de la bête de l'église me provoqua un sale frisson. C'était une hallucination collective, encore, ça ?! Non, mais il y avait bien quelqu'un derrière tout ça, c'était pas possible. J'en étais sûre.
Le vieux Gilles ne semblait pas bien du tout... Voir une quantité aussi folle de bêtes tuées avec une telle gratuité, pour un agriculteur, ça devait lui faire un sacré choc... Je le pris par les épaules et récupérai ma lampe au passage.

- Ça va aller, m'sieur Gilles... On va trouver qui a fait ça.

Le premier hurlement avait retenti. Je ressentais ce qu'on pouvait appeler "avoir les cheveux qui se dressent sur la tête". Je trouvais toujours cette expression drôle, en imaginant quelqu'un avoir des cheveux tout droits d'un coup. Là, je ne rigolais pas du tout.

- En attendant, on va s'en aller, hein ? articulais-je sur un ton nerveusement humoristique que je maîtrisais à la perfection dans ce genre de situation.

J'emmenais le petit père avec moi tout en fouillant les bois avec ma lampe. Allez, montre-toi, saleté. Celui qui a fait tout ça. Qui a emmené des bêtes avec lui, ou quoi que ce soit d'autre. Prouve moi que j'ai raison.
Mais tout ce que je voyais, c'était le groupe, la débandade, le chaos qui ressemblait à celui de l'enterrement d'Amelia. Jamais tranquille dans cette ville. Pourquoi j'avais voulu aller à New York ? C'était ici la vrai fête, visiblement... Enfin... Peut-être qu'ailleurs, ça sentait meilleur... J'eus un haut le cœur à force de respirer la pourriture des cadavres. Pourquoi on ne les avait pas sentis avant ?
Je finis très vite par retomber sur Aristotle, avec un bandage de fortune cette fois. C'est vrai, je me souvenais. C'est lui qui s'était fait pousser et qui saignait. Misère de misère... Mon cœur battait la chamade, mais bizarrement le rythme m'aidait un peu à me concentrer. Si on n'y réfléchissait pas trop, cependant. Ma lampe cherchait encore ses preuves, mais le faisceau tomba nez à nez avec trois créatures de l'enfer. Les mêmes têtes que le monstre... mais sur des corps de... chiens ? Il y avait un Dr Frankenstein en mousse dans cette ville ou quoi ?! Je sursautai à leur vue, avant de rapprocher Gilles et Aristotle avec mes deux bras. Réflexe, probablement. Je sentais la première goutte de sueur perler sur ma tempe. Pas bon, pas bon, pas bon du tout ! Je ne sais pas si la lumière dans leur face les excitait ou leur faisait peur, mais ils ouvraient et fermaient leurs gueules de fleurs dentées dans un festival de bave et de cris désincarnés. Jamais mes cauchemars ne me faisaient subir un tel spectacle.

- Faites comme si vous étiez pas blessé... fis-je à l'intention d'Aristotle, les dents serrées.

Je savais pas si c'était possible, mais dans le doute. Ne paniquons pas, ne paniquons...


*Biip bibippbiiipb biiiiliibibioppbii biiiiiiip*


Oh génial, c'était vraiment, vraiment le moment ! Ma machine bizarre ! Bizarre en tous points, vraisemblablement. Avec des gestes rendus maladroits par la précipitation, j'extirpai mon engin à antenne de mon sac à dos et le prit à deux mains, laissant ma lampe au vieux Gilles une nouvelle fois.

- C'est maintenant que tu captes tes ondes magnétiques à la noix, toi ?!! lui criai-je comme à un enfant, avec une certaine dose de panique dans ma voix.

En plus, j'étais quasiment sûre que c'était un dérèglement. Vieille camelote ! En tout cas, le bruit continu avait le don d'énerver les chiens-monstres davantage. Et pouvait potentiellement en attirer d'autres. Super, supeeeeer !
Alors j'eus une idée. Con, mais une idée quand même. Mon regard passa un instant du bidule aux bestioles, des bestioles au bidule. Puis je lançai mon capteur insupportable au loin.

- Va chercher ! »

Je mordis ma lèvre inférieure. Si ça marchait, j'offrais un verre au vieux Gilles. À Aristotle, aussi. Tout le monde ! Pourvu qu'on sorte de cette fichue forêt.

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MessageSujet: Re: Event #4 - The Forest    Lun 9 Juil - 20:21

L'air est lourd, ce soir. Les cris résonnent, animaux ou humains, nés de l'horreur la plus pure et du vice le plus noir qui soit. L'air est lourd, ce soir. Le bruit des pas affolés rythme la nuit, donnant peu à peu à Aster Cove des allures de cauchemar. L'air est lourd, ce soir. Et l'odeur du sang sature déjà tout.

Parmi vous, certains connaissent déjà bien ce climat démoniaque qui dévore jusqu'à votre âme. Parmi vous, certains n'en ferment plus les yeux de la nuit depuis longtemps déjà. Parmi vous, personne n'est à l'abri. Pas même l'âge tendre de l'enfance. Georges tombe au sol et attire à lui les monstres qui le hantent encore après tant de mois. Deux d'entre eux se détachent du groupe principal et se ruent vers la proie nouvelle qui leur est servie sur un plateau d'argent. Ils sentent. Ils sentent le sang et l'odeur crasse de la peur mal contenue. Ils sentent le fumet des larmes et écoutent les sanglots qui heurtent les tympans. Ils s'excitent à l'idée de faire le mal et leur patience est mise à rude épreuve. Ils ne se méfient pas, n'y parviennent tout simplement pas, n'ont d'yeux que pour l'enfant et pour la femme qui s'est jetée tout contre lui pour le protéger. Naïve...

Tu ne peux rien contre ces êtres, Sandra. Ni toi, ni personne.

« AAAAAAAAAAAAAAAAAH ! 

Mais alors que l'un d'entre eux s'apprête à bondir à la gorge de son repas du soir, un hurlement résonne derrière eux. C'est un homme. Grand, musclé, et le temps d'un instant, l'un des monstres a l'impression de le reconnaître. Sa cicatrice le lance brusquement et soudain, il se souvient. Oui... Oui, celui qui vient pour les défaire est déjà venu chez eux. Celui qui vient pour les combattre a survécu.

Avant même qu'ils ne puissent réagir, l'humain perfore le flanc de l'un d'entre eux de toutes ses forces. Le hurlement de douleur de celui-ci alerte son frère qui n'a prévu aucun répit pour cet être misérable qui croit s'être échappé. Fort de sa haine et de sa rage, il s'avance. Derrière lui, le blessé se relève et sent sa blessure. La seconde d'après, il se jette sur la femme. Œil pour œil...

… Dent pour dent. Les crocs du monstre s'enfoncent dans la chair si tendre de Sandra et arrachent, attaquent et déchirent la peau pour atteindre le sang. Le sang. Celui-ci coule à flots. Il est accompagné d'un cri de souffrance. Cette fois-ci, c'est celui de l'humaine. L'animal s'acharne, puis soudain, est rejeté en arrière. La douleur de l'affront se payera plus tard. L'arbre qu'il heurte de plein fouet l'arrêtera pour un temps. Le bras de Sandra est en sang.

Un bref regard pour son frère écroulé met davantage en rage le demodog à la cicatrice. Le souvenir du tournevis est trop frais et ce que l'humain face à lui vient de faire le met profondément en colère. Il s'avance, lentement, d'un pas unique. Sa gueule s'ouvre, dévoilant des rangées de dents plus aiguisées les unes que les autres. L'arme est dans la main droite de sa proie. Il esquisse un pas de côté, puis se jette sur Kenny, qui n'aura pas le temps de réagir avant que les crocs ne se referment sur son molet. Arracher. Dévorer. Détruire. Il veut déchirer, emporter la jambe, peut-être, et l'entraîner dans l'enfer dont elle s'est échappée. Il veut voir couler le sang, s'en délecter jusqu'à plus soif et se venger. Se venger de la douleur ressentie, absolue, éternelle, à jamais gravée sur son corps.
La chaire s'arrache, et le muscle cède puis se perce. La sensation est grisante, affolante, étourdissante. Lorsqu'il retire les crocs, une partie de la peau disparaît dans sa gueule. La prochaine fois sera la bonne. Kenny peut dire au revoir à sa jambe.

Plus loin dans la forêt se joue un autre drame. Une femme, un vieillard et un blessé font face à trois demodogs à la forme olympienne. Le premier d'entre eux hurle sa faim, réclame un repas qui arrivera incessamment sous peu et montre ses crocs. Les deux autres reprennent l'appel. Ils ont le ventre vide depuis bien trop longtemps...

La sonnerie qui soudain se déclenche excite plus encore les créatures qu'elles ne le sont déjà. Elles se campent sur leurs pattes, observent avec avidité les trois humains sans savoir vers lequel elles se dirigeront. Elles sont prêtes à bondir, lorsque soudain, la seule des trois à avoir ne serait-ce qu'une chance jette un objet en avant. Le plus jeune des demodogs se sent pris de folie et bondit immédiatement, trop affamé, sans doute, pour réfléchir dignement. Il se rue sur l'appareil et l'écrase d'un coup de crocs. Il s'acharne, pourtant. Il cherche un sang qu'il ne trouvera pas. Les deux autres, dans un mouvement à la symétrie parfaite, reviennent à leur première cible après avoir noté l'inutilité de l'action de leur frère. L'un d'entre eux grogne. Il n'a d'yeux que pour Penelope, qu'il sent pleine d'une inquiétude alléchante. Il rêve de ses crocs sur sa gorge, il rêve de ses griffes perforant son estomac, il sent déjà le goût de sa chair et s'extasie d'avance sur le repas qu'il prépare.

Fort de son impatience, le demodog affamé prend de l'élan et se jette sur Penelope. Ce qu'il n'avait pas prévu, en revanche, c'est que son frère ferait de même. Chacun percute l'autre dans une violente secousse sans parvenir à mordre leur victime toute désignée. Les griffes du premier raclent le poitrail de Penelope sans toutefois parvenir à s'y raccrocher. Il tombe à terre et peine à se relever sous la violence du choc.

Ce n'est pas le cas du second. Si celui-ci échoue aussi dans sa convoitise initiale, le hasard le fait atterrir sur Aristotle. C'est alors qu'il le sent. Le sang. Le blessé saigne encore, et l'odeur rend folle la créature qui ouvre la gueule et se jette sur le pauvre homme qui n'était pourtant pas sa cible initiale. Les crocs arrachent la chair et brisent la main qu'ils attachent, cherchent à dévorer toute entière et qu'ils font saigner davantage. Le goût affole un peu plus le monstre qu'il ne l'est déjà. La violence de l'assaut est cependant rompue avant qu'il ne puisse s'emparer de ce précieux repas qu'il voyait déjà sien. Son frère, celui-là même contre lequel il s'est cogné à l'instant, se jette sur lui pour lui voler son dû. Projeté plus loin, le demodog affamé décide qu'il n'en restera pas là. C'est sur son frère qu'il s'élance ensuite. Ce repas sera le sien, et les hurlements qui résonnent autour de lui ne seront dédiés qu'à lui.

Au loin, un monstre flaire un festin inattendu. Dans la folie des bois, au milieu des hurlements de terreur, il sent. C'est l'odeur de la peur naissante. C'est la saveur de l'incompréhension. Il est temps de s'y rendre, il est temps de voler la vie de celle qui ne sait rien de ce qui se trame ici. Alors lentement, le demodog gagne les fourrés, se perd dans les fougères et émerge à l'arrière d'une gamine dont la chair sera tendre, il le sait d'avance. Dans sa précipitation, c'est face à elle qu'il se présente. Le hurlement qui résonne alors le délecte un peu plus. Il pénètre toutes les oreilles, animales ou humaines. Alors qu'il ne l'a pas même touchée, il a la sensation qu'il s'agit là d'un hurlement d'agonie. C'est ce qu'il en fera, tout du moins. Topaz, il ne te reste plus qu'à courir. Bonne chance.




Citation :
Les personnages mentionnés ici ont été tirés au sort. J'explique rapidement comment je procède pour ce faire :

→ Chaque personne ayant posté une fois dans l'événement, peu importe le moment, reçoit une fois son nom dans la liste.
→ Exception faite des anciens disparus, qui bénéficient du bonus « déjà vu » et qui n'ont donc leur nom dans la liste que s'ils répondent aux critères suivants.
→ Chaque personne ayant posté au moins une fois dans la phase actuelle de l'événement reçoit une fois son nom dans la liste. (+1 s'il a posté une fois dans cette phase, +2 s'il a posté deux fois dans cette phase, etc.)
→ Le reste des fois est basé sur vos actions. Si vous vous êtes mis en danger, c'est +1. Si vous avez été secourus, la mise en danger (et donc le +1) est annulée, sauf cas particulier. Si la différence joueurs/nombre de demodogs est au profit des joueurs, la mise en danger est annulée. Si la différence joueurs/nombre de demodogs est au profit des monstres, c'est +1. Etc.

→ Il y a en tout une quinzaine de demodogs. Pour rappel, les cinq présents à l'endroit de départ sont tous occupés. Deux sont avec le groupe Sandra/Georges/Kenny, un est toujours face à Joshua et Bartholomew, un autre est aux prises avec Victoria et Stan et le dernier est face à Jessica et Scarlett. En parallèle, trois autres sont avec Penelope, Aristotle et Gilles. Un autre fait face à Topaz qui entre dans l'event avec cette intervention admin. Il vous en reste six à utiliser à loisir.

- Vous pouvez faire agir les demodogs tant qu'ils ne vous blessent pas. Ils peuvent vous désarmer, vous poursuivre, vous renverser sur le sol, la seule condition est qu'ils ne vous blessent pas.


Pour rappel :

- Event guidé par maître de jeu qui interviendra tous les dix jours.
- Prochaine intervention du PNJ: le 16/07.
- Désormais, des interventions aléatoires sont possibles durant les tours si le besoin s'en fait sentir.
- Liste des PNJs de l'event, que vous êtes libres de jouer et d'étoffer en respectant ce qui a déjà été dit à leur sujet :
Clara : Jeune femme blonde qui n'est visiblement pas rassurée par l'escapade nocturne et qui ne s'entend pas avec Jim.
Jim : N'aime pas Clara.
Gilles : Vieil homme qui tient l'une des fermes d'Aster Cove et qui semble avoir un avis éclairé. Il connaissait Walter, Penny et Joshua lorsqu'ils étaient petits. Il aime prendre soin des autres.
Diana : Connue pour être une véritable langue de vipère, elle est la femme du gérant de la supérette d'Aster Cove, Ed'. Il s'agit aussi de l'une des amies de la mère de Scarlett. 
Event #4 - The Forest
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MessageSujet: Re: Event #4 - The Forest    Mar 10 Juil - 20:57

La vie avait le don de partir en vrille en un quart de seconde. Telle était l'incroyable leçon qu'Evie tirait de son existence, celle-là même qui s'était trouvée menacée de venir à son terme quelques instants auparavant. On était passé des disputes puériles d'un groupe d'adultes à un combat à mort, d'un coup, comme ça, le temps d'un faisceau de lampe posé au mauvais endroit et d'un hurlement bestial au creux de la nuit.Le reste était flou et le demeurerait sans doute. Un vague tableau de terreur, une symphonie de cris paniqués, et l'apparition soudaine de créatures. Créatures ? Non, des monstres. Des monstres semblable à celui de l'église, par leur gueule du moins, des monstres venus tout droit d'un monde dont Walter cauchemardait toutes les nuits.

Un vague tableau de terreur, une symphonie de cris paniqués, et l'apparition soudaine de créatures. Créatures ? Non, des monstres. Des monstres semblables à celui de l'église, par leur gueule du moins, des monstres venus tout droit d'un monde dont Walter cauchemardait toutes les nuits. L'Enfer de son fiancé était venu les retrouver, les dévorer, impitoyable et vorace. Evie s'autorisa une bouffée de panique en suivant Joshua à travers le chaos qui s'était créé, cherchant désespérément du regard l'homme qu'elle aimait. Mais alors qu'elle s'apprêtait à informer son compagnon de sa détresse, celui-ci entreprit d'être stupide. Totalement, profondément stupide. Envie lui lança un regard incisif et allait le remettre bien à sa place lorsque Bartholomew s'en chargea. Au cœur de la panique, elle sourit.

« Merci Bartholomew, ça fait plaisir de voir quelqu'un de raisonné ici. »

D'autant qu'elle s'apprêtait à être l'inverse de cela. Walter était parti en direction de la petite à qui il avait fait si peur lors de sa réapparition. Walter était seul face à ses démons. Walter était loin d'elle surtout et cette réalité la terrorisait. Elle ne pouvait pas prendre le risque de le perdre. C'était hors de question. Tout bonnement hors de question. Elle allait prendre des précautions, éviter les prédateurs qui sévissaient et retrouver son fiancé. Vite. C'était du moins son intention. Car au moment même où elle s'apprêtait à s'élancer, l'un des étranges chiens infernaux apparut devant elle.

« Et merde. »

Ce n'était même pas assez vulgaire pour représenter son état d'esprit.

« Merde merde merde merde merde. »

À mesure que ses jurons s'échappaient de ses lèvres en autant de murmures paniqués, les monstres s'ajoutaient les uns aux autres, se regroupant autour des trois compagnons comme des loups autour d'un sanglier blessé. Evie sentit une angoisse profond lui saisir les entrailles. C'était de ces instants qui inspirent la mort, de ceux qui forment une pause dans le temps et qui posent calmement la question : est-ce la fin ?

La gorge de la jeune femme se resserra tandis qu'elle reculait d'un pas, vaine tentative d'échapper à un destin tragique. C'était injuste. Elle allait enfin se marier, enfin reconstruire ce que la vie lui avait si cruellement arraché et, quoi, elle était censée mourir sous le joug des mêmes monstres qui lui avaient sans doute pris son fiancé ? Non. Quitte à crever, elle le ferait comme Walter : en se battant. Son regard devint déterminé, sa respiration plus contrôlée. Elle se saisit de son couteau suisse d'une main tremblante. Clic. La lame luit dans la pénombre. Elle était prête. Au même instant, à quelques pas d'elle, des pas venaient pourtant de se dérober sous des jambes juvéniles. Comme un coup du sort, une facétie du destin qui, décidément, était ce soir d'humeur joueuse. Deux créatures tournèrent la tête vers une proie qu'ils croyaient facile. L'instant suivant, elles n'étaient plus là. Une autre tourna la tête en direction de... En direction de la petite que voulait aider Walter. Un vent de panique souffla sur la jeune femme, dont le cri d'avertissement fut avalé par celui, guttural, glaçant, d'un garçon qui venait d'être blessé.
Le temps de faire volte-face, il ne restait plus qu'un seul prédateur devant eux. Le dernier s'était évaporé lui aussi à la recherche de proies plus faciles. Celui qui se tenait devant le trio devait avoir quelque chose en plus. Un objectif, un désir, une soif de sang vigoureux et fort. La saveur d'un combat à mort. Un frisson glacé parcourut l'échine de la rouquine.

« Bon les gars... On est trois contre un c'est ça...? »

Un sourire bien pâle bourgeonna sur ses lèvres.

« On a nos chances, hein ? »

Après tout, peut être le chien des enfers était-il davantage stupide que féroce. Il s'en prenait seul à trois adultes musclés et en pleine possession de leurs moyens. Ils allaient s'en sortir. Et puis Joshua avait l'occasion parfaite de de s'illustrer dans sa connaissance des mondes occultes.

« Josh, mon chou, si tu as un manuel de dressage des chiens démons, c'est le moment de l'appliquer... »

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