Dans la petite ville d'Aster Cove, des choses étranges se passent...

 
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 Event #4 - The Forest

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MessageSujet: Event #4 - The Forest    Mer 6 Juin - 19:32

Rappel du premier message :


Ce matin, toutes les boîtes aux lettres d'Aster Cove ont reçu un message. Petit papier glissé dans chacun des box de métal, ou même inséré entre des essuie-glaces, peut-être que vous l'avez même récupéré par terre, alors que le vent essayait de le porter, coincé entre deux graviers à vos pieds. En tout cas, une chose est sûre. Cette nuit, quelqu'un a traversé toute la ville pour délivrer l'information. Une information apparemment indigne de l'Aster Cover.

Citation :
Aster Cove,
Il est temps d'agir. Toute la ville nous ment. Les disparitions, la mort d'Amelia Pike, l'arrestation de Barrow, la fuite de gaz et la soi-disant normalité de la brume ? Vous n'y croyez pas non plus ? Alors ce message est pour vous.
Au dos de ce mot, vous verrez la chose qui a été prise en photo la nuit dernière. Celle de trop. Peut-être que vous l'avez vue avant de lire ces mots. Si vous vous demandez ce que c'est, voici votre réponse : la preuve que quelque chose de louche se passe en ville. Et ça commence par la forêt.

Rendez-vous demain à 23h à l'orée de la forêt côté ouest.

Je sais que la police sera au courant. Assistez-nous pour cette battue et prouvez nous que vous n'avez rien à cacher.

Le mot est écrit au dos d'un polaroïd photocopié et marqué :

Spoiler:
 

***

Que vous croyiez à tout cela ou non, que vous pensiez que ce coup n'est qu'un canular de mauvais goût, que vous ayez trouvé vingt explications rationnelles depuis, le fait est là : le jour est arrivé, et il est certain qu'une bonne partie de la ville sera au rendez-vous. Les premiers arrivants commencent à s'entasser discrètement, se demandant si c'est le bon endroit. C'est bien là. Certains se seront munis d'armes de fortune pour affronter une bonne fois pour toutes le mal d'Aster Cove. Vous regardant les uns les autres, vous vous demanderez sûrement qui a diffusé cette photo dans toute la ville. Qui a donné le rendez-vous. Piège ou bénédiction ? Qu'allez-vous trouver dans cette nuit du 6 juin à Lost Pine ?


Citation :
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Event #4 - The Forest
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MessageSujet: Re: Event #4 - The Forest    Mar 10 Juil - 22:43

Le chaos est une notion subtile. Il glisse, s'installe sans que personne ne le remarque et brusquement, alors qu'on ne l'avait absolument pas prévu, il fond sur ses proies sans leur laisser le moindre répit.

Walter est là, au milieu d'une foule qui s'éparpille et il ne voit rien d'autre que l'horreur dans laquelle on le renvoie. Walter est là alors que tout autour de lui résonnent les cris. Mais comme s'il était encore plongé dans l'un de ces rêves glaçants qui dévorent toujours ses nuits après tant de mois, rien ne le blesse, rien ne l'attaque. Il n'est que spectateur de l'horrible tragédie qui se joue ici.

La peur grimpe en son cœur et la terreur, si vicieuse souveraine, s'impose à lui avec la violence d'un ouragan. Il ne retient pas Victoria, ni personne d'autre. Il les regarde disparaître dans l'obscurité et ne fait rien. Il est là, face à quelque chose qu'il refuse d'affronter, il est là face à la quintessence de ses mauvais rêves et ne peut rien faire d'autre qu'attendre. Les minutes passent et tout autour de lui,
les cris résonnent un peu plus fort.

Dans le cœur de Walter, les souvenirs s'imposent les uns après les autres. La peur au ventre, il se revoit courir de toutes ses forces pour éviter les morsures de ces créatures, presque chiens mais à l'appétit décuplé. La seconde suivante, il entend un cri trop connu qui n'a strictement rien d'humain. Il sent son âme se dissoudre à l'intérieur de lui et, aussi vite qu'il le peut, couvre les lèvres de quelqu'un qu'il n'identifie pas, lui intimant le silence. Ses yeux fouillent, fouillent et rencontrent une forme trop humaine, se terminant par une tête sans visage. Il écoute. Il écoute les pas qui résonnent, prie pour ne pas être pris et dissimule celui ou celle qui l'accompagne de toutes ses forces. Il se revoit, un monstre penché tout contre lui tandis qu'il bloque autant que possible sa respiration, à s'en faire mal. Il sent les secondes devenir des minutes, puis des heures alors que l'air vient à lui manquer. Le temps se disloque, perd son objectivité pour une subjectivité qu'il ne peut contenter. Puis soudain, un bruit, au loin, le cri de rage de quelqu'un qui se bat. La bête se redresse, semble apprécier la distance et s'élance, prête à arracher la vie de celui ou celle qui s'est senti pousser des ailes. Son cœur lui fait mal. Ce soir, il sent la mort planer sur l'Enfer. Il se revoit prendre quelqu'un dans ses bras et le serrer contre lui de toutes ses forces. Il s'entend murmurer des paroles de réconfort et espérer sans vraiment y croire. Et pourtant, il s'en est sorti. Tout comme Georges. Tout comme Kenny. Trois survivants revenus des Abysses pour témoigner de l'horreur. Mais ils n'en auront plus besoin, désormais. Car ils ont ramené les ténèbres avec eux.

C'est l'ombre d'un monstre se jetant sur sa proie qui sort Walter de l'étrange torpeur dans laquelle il s'est perdu. Son regard s'ancre à cette image et un sursaut imprévu secoue ses épaules.

« Pauvre con... »

Marmonne-t-il à son encontre. Ses doigts trouvent le confort de son arme et ses yeux cherchent, fouillent la nuit à la recherche de ceux qui sont restés ici. Il sait d'ores et déjà qu'il ne les sauvera pas tous. Sa seule chance, leur seule chance, réside en un hasard unique qu'il n'imagine pas se produire ce soir. Alors il se promet de protéger ceux qui restent et prie pour qu'Evie ne soit pas partie à l'assaut de l'obscurité. Il a besoin de se dire qu'il peut la sauver. Elle plus que tous les autres. Elle, plus que quiconque. Elle, plus que lui-même.

Walter vérifie son chargeur : plein. Il tâte ses poches où se trouvent plusieurs balles supplémentaires. Depuis qu'il est de retour, il n'arrive plus à ne pas prendre ces mesures drastiques. Souvent, il culpabilise de ne pas être capable de se sentir en sécurité, où que ce soit. Mais ce soir lui donne raison.

Un rapide état des lieux, perclus de hurlements, lui fait part de l'urgence la plus vitale du moment. Le gosse Holland et Georgie ont besoin d'aide. Comme si le destin s'était amusé à les réunir.

« HOLLAND ! »

Un cri pour avertir, un cri pour protéger. Le monstre tourne la tête en sa direction. Trop tard... La balle perfore sa gueule de part en part. Le hurlement de douleur de l'animal a quelque chose de satisfaisant, de presque rassurant.

Lorsqu'il arme son second tir, Walter comprend pourquoi. Il est de retour. Et ce n'est pas la balle qui se loge dans le second monstre qui va dire le contraire.
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MessageSujet: Re: Event #4 - The Forest    Mar 10 Juil - 23:28

Le monstre est là, savoure déjà la mort qu'il va lui imposer et Jessica sait. Elle sait qu'elle souffrira plus encore que sous les coups et qu'elle ne s'en relèvera pas. Désormais, il est seul à avancer. Il la regarde de ses yeux inexistants et fait un pas, puis un second. Il prend son temps, car il sait qu'il l'a tout entier. Il le savoure, et Jessica croirait presque le voir dessiner un sourire narquois, s'il n'était pas qu'une espèce de fleur montée sur un corps de chien. L'absurdité de son apparence le rend plus horrible encore, et lorsqu'il ouvre sa gueule béante, Jessica croit déjà se voir à l'intérieur. C'est la mort qu'elle regarde en face.

Jessica l'a souvent imaginée, sa mort. Elle s'est vue mourir sous les coups, prendre un cachet de trop ou sauter du bord d'une falaise. Elle s'est imaginée s'ouvrir dans sa baignoire ou attraper Dieu sait quelle maladie qui l'emporterait en deux mois maximum. Elle a tout inventé, dans son esprit, lorsque la douleur de vivre se faisait trop forte. Tout, sauf ça. Elle n'a jamais cru finir dans une bouche dont toutes les parois sont couvertes de crocs.

Et pourtant... Dans son dos, l'écorce de l'arbre est plus abrasive que jamais. Jessica essaye, elle essaye de toutes ses forces de s'enfoncer dans le tronc, de disparaître comme elle savait si bien le faire, lorsqu'elle était petite. Mais rien n'y fait, et lorsqu'elle tente de contourner l'arbre, l'animal, décidément trop rusé pour n'être qu'une sorte de chien, rugit plus fort encore. Il a compris. Il sait. Il sait et, plein de cette conviction, se prépare à bondir.

Mais le destin a ça d'impénétrable qu'il décide arbitrairement de qui il sauvera ou condamnera durablement. Pour une raison qu'elle ignore, ou peut-être parce qu'elle est vouée à souffrir encore, Jessica fait partie de ceux qui survivront. Avant que le chien n'ait le temps de bondir, un fantôme fait son apparition et lui porte un coup auquel il ne s'attendait pas. Sans doute était-il trop absorbé par le repas qu'il s'apprêtait à faire.

Son hurlement de douleur résonne comme un sentiment de victoire dans le cœur de Jessica, qui lance un regard abasourdi à sa sauveuse. Abasourdi, car celle qui lui fait face, voilée dans un courage tenace qui n'ose jamais sortir, habituellement, c'est Scarlett.

Jessica reconnaîtrait entre mille la chevelure de son ancienne amie, ses traits de poupées et ses formes harmonieuses. Elle l'observe pourtant comme si elle ne la connaissait pas. Les mots qui quittent finalement l'embrasure de ses lèvres valent tous les aveux du monde.

« T-tu m'as sauvé la vie... »


Elle ne croyait pas que Scarlett viendrait pour elle. Dans l'esprit confus de la brunette, les mots se sont mélangés, les traumatismes ont empiété sur sa capacité d'analyse et ont faussé tous ses jugements. Lorsque son amie a abandonné la cour des petits pour prendre des allures de princesse, Jessica a senti une part d'elle se remplir d'amertume au point d'imaginer qu'elle la laisserait mourir, si elle avait le choix. Mais Scarlett est là, son couteau en main, sûre d'elle et remplie de courage.

« Il faut se regrouper. Cours vers les autres. COURS. »

Les mots de Scarlett sont comme un électrochoc pour le corps figé de Jessica qui se met bientôt en branle. Ses pas s'emballent et se jettent vers les seuls adultes qu'elle connaît et qui parviennent plus ou moins à la rassurer. Sa main, elle, trouve le bras de Scarlett -à moins que ça ne soit l'inverse. Le monstre leur emboîte le pas.

Désormais, ils seront cinq contre deux. C'est toujours mieux qu'être seule face à l'une de ces créatures. Ça multiplie rien qu'un peu leur chance de s'en sortir. Malgré ça, Jessica n'est pas sûre de survivre à tout ça.
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MessageSujet: Re: Event #4 - The Forest    Mar 10 Juil - 23:41

EVENT - The Forest
Ça m'a tout de suite paru étrange de trouver cet énigmatique carré de papier dans notre boîte aux lettres ce matin. Inquiétant même, car cela confirmait mes craintes, autant à la lecture des quelques mots derrière qu'à la vue de l'image qui se trouvait au dos. Ce polaroid me criait que quelque chose d'inhabituel se passait dans cet endroit mais j'hésitais à être de la partie : D'un côté, j'étais déterminée à découvrir tout ce qui se passait autour de moi, et j'étais convaincue que ce bout de papier m'y aiderait. De l'autre, je savais pertinemment que je n'allais pas connaître grand monde à cette joyeuse rencontre entre habitants d'Aster Cove, et cette idée ne m’enchantait pas tant. Et après tout, quel moyen plus pitoyable pour rencontrer ses voisins qu'à une soirée "découverte de la forêt autour d'une photo flippante" .". Et mon esprit me disait déjà que ça allait mal tourner, au fond j'en étais déjà persuadée. Je le sentais. Alors j'avais passé le reste de ma journée indécise, à tourner la question dans tous les sens. Et à 23 h, l'heure du rendez-vous indiquée au dos du cliché, je n'avais toujours pas trouvé de réponse concrète. Pour m'éclipser de chez moi, il ne me fallait même pas sortir en douce par ma fenêtre ; J'aurais pu simplement prétexter une fête, ou bien même ne trouver aucune excuse que ma sortie aurait eu l'air tout au plus inattendue, mais pas dangereuse. Mes parents ne devaient pas être au courant de cette histoire j'imagine. De toute façon, on n'habitait pas vraiment loin de la forêt, alors s'il se passait quelque chose, je m'en serais voulu de ne pas être venue. Alors après réflexion, je commençais à me préparer un sac à dos ; il contenait une lampe torche, quelques gâteaux secs pour ne pas mourir de faim si jamais je me perdais ou si je me faisais kidnapper, et un petit couteau. On sait jamais ce qu'il se trouvera là-bas, et j'aimerai avoir au moins une chance, même infime de pouvoir me défendre. J'inspirais, sortais de ma chambre, annonça un "Je sors !" à mes parents qui se trouvaient dans le salon, et claqua la porte derrière moi sans attendre de réponse.

En seulement quelques minutes de marche rapide, où je me demandais si c'était bien raisonnable de rentrer dans tous ces problèmes, je me retrouvais déjà en face d'arbres. Forcément bien plus angoissant la nuit où le jour... Les lampadaires n'éclairaient pas plus loin qu'ici, ce qui signifiait que je pouvais déjà sortir ma lampe torche : une fois celle-ci dans ma main tremblante, je commençais à avancer dans la forêt qui semblait bien trop calme pour être vide. J’avançais pendant ce qui me parut une éternité, à la recherche d'un groupe inexistant. Si personne n'a osé venir, ça voudrait dire que je suis seule, pendant la nuit, et un peu perdue dans une forêt absolument inconnue. J'étais persuadée d'avoir entendu du bruit pourtant, mais cela me paraissait bien plus lointain. Je m'agrippais à ce maigre espoir pour continuer d'errer entre les arbres. Est-ce la paranoïa qui me fait entendre ces bruissements tout autour de moi ? Je m'arrête de marcher pour mieux écouter. les bruits sont aussi réels qu'ils peuvent l'être, bien que presque cachés par les battements sourds et rapides de mon coeur prêt à défaillir au moindre mouvement. C'est ce moment que choisit ce qui ressemble à un monstre démoniaque pour faire son apparition, droit devant moi. Mon hurlement de terreur me trahit, ma main vacille et lâche la faible lueur d'espoir qui me restait, ma lampe torche. Je n'ai plus le temps de réfléchir. Cours.

J'espérais secrètement découvrir des talents cachés d’athlétisme dans mes gènes, mais ma respiration semble déjà saccadée alors que je fuis dans le sens inverse à la chose qui s'était montré devant moi. Je sens des branches plus basses agripper mes bras, m'arrachant encore des pleurs de terreur. Je ne devais surtout pas me retourner. Pas question d'abandonner ma vie.
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MessageSujet: Re: Event #4 - The Forest    Mer 11 Juil - 0:03

La naïveté tue. Elle tue en s'écorchant sur les écueils de la réalité, sur les récifs aiguisés des espoirs brisés. Elle tue brusquement, frappant sans prévenir, dans un attentat suicide dont on ne se relève pas. Elle tue parce qu'elle fait mal, la naïveté, surtout quand elle meurt. Elle tue parce que, emportée dans son propre sillage sanguinolent, elle laisse place à un désespoir viscéral, profond, assassin. Elle tue parce qu'elle ne daigne jamais accorder plus d'une phrase à son ancien possesseur : tu n'aurais pas dû.

Tu n'aurais pas dû, Kenny.

Le monstre s'était relevé trop vite. Sa gigantesque gueule en quête d'une proie facile sur laquelle se venger, il s'était avancé vers Sandra, toujours prête à se sacrifier pour le gosse. Toujours prête à jouer ce rôle de mère qui lui collait si bien. Le monstre s'était relevé trop vite et, bloqué par son comparse, le jeune homme n'avait pu qu'observer, impuissant, la catastrophe arriver.

Un échec, Kenny. Un de plus.

C'était de ces instants que l'horreur fait ralentir, comme prenant le temps de se distiller, afin que chaque petit détail morbide puisse s'ancrer dans la mémoire de ses témoins. Il se souviendrait de la bouche béante du monstre se refermant sur le bras de la jeune mère. Il se souviendrait des mouvements spasmodiques de sa tête, s'agitant pour mieux détruire, pour mieux déchirer les chairs de sa victime. Il se souviendrait du cri de douleur, suivi du sien.

« SANDRA !!! »

Détresse. Colère. Panique. Désespoir. Le jeune homme se demanda un instant si son amie allait mourir devant ses yeux. La simple idée fit enfler un sanglot dans sa voix. Il ne put quitter ses yeux de la scène, laissant la culpabilité lui bouffer les tripes tandis que son cœur s'arrêtait de battre.

Tu foires tout Kenny. Même quand t'essaies de bien faire.

Ce manque d'attention, il allait le payer très cher. Pour l'heure, toutefois, il ne put que regarder. Il n'y avait rien à faire d'autre. Quelques micro secondes à peine s'était écoulées. On eut cru une éternité. Son monde s'effondrait. Il n'avait servi à rien. Sandra allait se retrouver à l'hôpital au mieux, et au pire...

Une force le tirant en arrière l'arracha à ses pensées. D'un coup. Le geste fut d'une violence telle qu'il manqua de tomber. D'abord, il ne comprit pas. Ses yeux coulèrent d'eux-même le long de sa jambe droite à la recherche de la source de son inconfort.

Puis la douleur.

Ignoble. Atroce. Un brasier infernal s'emparant de son corps pour mieux le déchirer de l'intérieur. La mâchoire du monstre s'était refermée sur son mollet, et tirait, et déchiquetait, et broyait le corps vulnérable de sa victime. Kenny sentit ses chairs céder sous les dents acérées de la créature, son corps s'abandonner sous ses muscles saillants. La souffrance était absolue. Lorsque la bête recula, la gueule pleine de son propre sang, il hurla. Il hurla plus fort que jamais, hurla à s'en faire mal aux tympans, hurla la torture qu'on lui imposait à nouveau. Des larmes dévalèrent ses joues pour rencontrer l'herbe assombrie, son regard écarquillé de peine, ses côtes valsant sous la géhenne.

Son corps prit le relais avant son esprit. Sans y réfléchir, il s'empara de son dernier rempart contre la mort, désespéré d'y échapper. Haletant, il dressa la côte en travers du chemin du prédateur, espérant le voir s'empaler dessus lorsqu'il reviendrait à la charge. Il n'en eut toutefois pas le temps.

Le coup d'un pistolet retentit dans le chaos ambiant. Kenny regarda la bête s'effondrer alors même qu'elle allait se jeter sur lui, son crâne transpercé d'une balle. Douce ironie que celle du sang des deux adversaires se mêlant tendrement dans l'herbe. Le jeune homme n'eut pas le temps, toutefois, de la savourer. L'adrénaline d'une mort imminente évaporée, la douleur le frappa de plein fouet et un hoquet le traversa. Il se laissa tomber par terre en un grognement de souffrance, serrant fort dans son poing les lambeaux de son pantalon.

Il passait vraiment une soirée de merde.

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MessageSujet: Re: Event #4 - The Forest    Mer 11 Juil - 0:21



Le monde n'est qu'un vaste cratère de souffrance. Le sang coule, les larmes suivent de près et les hurlements de terreur ont remplacé depuis longtemps les murmures de la nuit. La mort est partout, agressive et si sévère qu'elle n'accepte aucune chance, n'admet aucun répit. L'obscurité n'est que violence, et la forêt ne s'en remettra jamais vraiment. Ses arbres seront éternellement imprégnés de toute la douleur, de toute l'horreur de cette nuit et seront peut-être bien les seuls témoins de ce qui se joue actuellement. Demain, peut-être n'y aura-t-il plus que des corps pour raconter cette histoire.

Mais tout ce que je vous raconte, pauvres fous, ne vous intéresse pas vraiment, ou tout du moins, vous êtes à des lieues de vous imaginer l'ampleur des dégâts. Vous roucoulez, l'un d'entre vous arrache un baiser à l'autre et le noir n'a rien d'effrayant sur le destrier de métal que vous chevauchez. Pourtant, vous êtes venus jusqu'aux bois trop hantés. Vous vous êtes égarés, ou peut-être avez-vous cru être plus malins de passer par les chemins plutôt que par les routes. Ici, tout est calme, presque trop apaisant. C'est comme si le monde avait laissé un peu de répit à cette partie de lui, comme s'il avait voulu créer une sphère protégée du danger.

Un oiseau, intimidé, se prête au jeu et susurre un chant nocturne. Le vent s'engouffre entre les feuilles et l'atmosphère se veut douce, absolument. Elle ne laisse rien présager de ce qui va suivre, et sans doute ne vous attendez-vous pas à voir ce que vos yeux verront.

« A- A L'AIIIIDE ! »

Le hurlement déchire la nuit et pousse le rescapé ailé à fuir son perchoir. Une femme apparaît soudainement, en sueur, les vêtements arrachés et ses talons depuis longtemps oubliés. On n'a pas idée, me direz-vous, de venir en forêt pareillement chaussée. Certainement, mais Diana ne sort jamais autrement que vêtue comme la Dame qu'elle se trouve être. En été comme en hiver, elle se glisse dans une robe venue tout droit d'Europe et met du daim contre ses pieds. Ce soir n'avait pas de raison de faire exception. Diana le regrette absolument, désormais, et tout son corps pue la terreur à pleine odeur. Sa coiffure même est négligée. Son regard est rendu fou, fou de peur, fou d'horreur et elle ne cesse de courir qu'en gagnant votre chemin. Elle n'a plus de souffle, la pauvre.

« D-Des monstres, ils-... »

Elle n'en retrouvera pas ce soir, du souffle. Comme s'il n'avait attendu que cette déclaration-là pour faire son entrée, l'une des créatures à peine évoquées par Diana bondit sur la pauvre dame, qui s'écroule en hurlant. Le bruit des os qui craquent et des mâchoires qui se referment sur la chair efface le bruissement apaisant du vent. Il prend des allures de cris, à moins qu'il ne s'agisse de ceux poussés par les victimes de cette nuit d'horreur.

Le sang, très vite, vient à couler et Diana porte sur les jeunes gens un regard perclus de douleur. Dans un dernier murmure, alors qu'elle se débat sous le monstre qui l'écrase de tout son poids, Diana trouve la force de demander l'impossible. Ou peut-être pas...

« S-Sauvez-moi... »

Désormais, c'est à vous de jouer.


Citation :

→ Il y a en tout une quinzaine de demodogs. Pour rappel, les cinq présents à l'endroit de départ sont tous occupés. Deux sont avec le groupe Sandra/Georges/Kenny, un est toujours face à Joshua et Bartholomew, un autre est aux prises avec Victoria et Stan et le dernier est face à Jessica et Scarlett. En parallèle, trois autres sont avec Penelope, Aristotle et Gilles. Un autre fait face à Topaz. Claire et Alexander rentrent dans l'aventure avec cette réponse. Ils rencontre un demodog et Diana. Il vous reste donc cinq demodogs à utiliser à loisir.

- Vous pouvez faire agir les demodogs tant qu'ils ne vous blessent pas. Ils peuvent vous désarmer, vous poursuivre, vous renverser sur le sol, la seule condition est qu'ils ne vous blessent pas.

- Vous ne pouvez PAS tuer de demodog. Si un demodog doit mourir, NOUS le préciserons dans une intervention admin.


Pour rappel :

- Event guidé par maître de jeu qui interviendra tous les dix jours.
- Prochaine intervention du PNJ: le 16/07.
- Désormais, des interventions aléatoires sont possibles durant les tours si le besoin s'en fait sentir.
- Liste des PNJs de l'event, que vous êtes libres de jouer et d'étoffer en respectant ce qui a déjà été dit à leur sujet :
Clara : Jeune femme blonde qui n'est visiblement pas rassurée par l'escapade nocturne et qui ne s'entend pas avec Jim.
Jim : N'aime pas Clara.
Gilles : Vieil homme qui tient l'une des fermes d'Aster Cove et qui semble avoir un avis éclairé. Il connaissait Walter, Penny et Joshua lorsqu'ils étaient petits. Il aime prendre soin des autres.
Diana : Connue pour être une véritable langue de vipère, elle est la femme du gérant de la supérette d'Aster Cove, Ed'. Il s'agit aussi de l'une des amies de la mère de Scarlett. 
Event #4 - The Forest
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MessageSujet: Re: Event #4 - The Forest    Mer 11 Juil - 1:14

Et ce jour-là, j’ai regardé la mort droit dans les yeux et je lui ai craché au visage. Je me souviendrai toujours de ces paroles. Je m’étais levée pour me servir un verre d’eau et j’avais surpris un bout de conversation entre mon père et ma mère. Sans entrer dans les détails, il racontait un épisode de sa vie de soldat à ma mère. J’avais senti les petits cheveux à l’arrière de ma nuque se hérisser en pensant à ce qu’il devait vivre, là-bas, au combat. Maintenant, je savais. Quand la peur se disputais à la soif de vivre. Quand il ne s’agissait plus juste de te sauver toi mais de sauver quelqu’un d’autre. On pouvait être faible quand on était la seule personne en danger. Si quelqu’un d’autre devait en souffrir, alors, on y laissait une plus grosse partie de nous. J’avais déjà semé tellement de morceaux de mon âme au fil du temps. Alors pas ce soir, pas comme ça.

Sauver Jessica n’a même pas posé question. Elle avait beau avoir coupé les points avec moi un beau jour, elle n’en restait pas moins importante. Si je n’avais pas cherché à renouer, c’est qu’une petite partie de moi c’était toujours dit que je ne méritais pas d’amies. Qu’à un moment où a un autre je finirai par décevoir et elle disparaitrait de ma vie. Ça c’était déjà passé avant et ça avait eu lieu de nouveau. Voilà pourquoi je ne m’ouvrais jamais totalement, préférant au maximum offrir aux gens ce qu’ils attendaient de moi. On souffrait moins comme ça.

Mais là, il n’était pas question que je la laisse alors j’avais agi d’instinct. Et là, tout de suite, il semblerait que Scarlett la timide puisse se dépasser pour peu qu’il s’agisse de protéger quelqu’un d’autre tout en étant incapable de se protéger elle-même. Car cette fois, j’avais regardé la mort en face alors que je m’attaquais à la créature de cauchemar. J’avais peu de chance de m’en tirer et pourtant… le sort semblait nous être favorable. Avec Jessica, nos regards se rencontrent et quelques secondes suffisent pour que le message passe. Regret, douleur et de l’amour aussi. Son amitié me manquait. J’avais beau avoir relégué tout cela dans la boite des choses douloureuses auxquelles je ferais face plus tard, le fait était là. Elle avait été importante. Elle était importante.

Alors il fallait qu’elle courre, très loin, pour sauver sa vie. Alors nos bras se rejoignent, le droit dans mon cas, celui qui ne tient pas mon arme de fortune. J’étais gauchère et, si ma mère avait tenté de gommer cette imperfection pour les concours en forçant une ambidextrie, en situation de crise, je restais gauchère. De ma main, je repousse les cheveux qui se collent à la sueur ayant perlé sur mon visage. Mon poing toujours serré sur le coupe papier laisse une énorme trainée poisseuse sur ma joue et je cours tout en tentant vaguement d’essuyer mon arme contre mon haut. Car, si le monstre nous rattrape et qu’il s’émousse, je ne donne pas cher de notre peau.

Et puis il y a le cri. Le cri de cette voix que je reconnaitrais entre milles prononçant un autre nom que je ne connais que trop bien. Il y a tant de désespoir dans ce cri que je sens la bile me monter à la gorge et la tête me tourner. Mais ce n’est pas le moment et mes jambes continuent malgré moi, tractés aussi par le pas de Jessica. Mais les hurlements qui suivirent furent pire que tout. Je me sentais trembler et devait faire appel à tout mon courage pour ne pas hurler à mon tour. Mais je savais que me laisser aller ne servirait à rien. Ca n’avait pas aidé dans mon enfance et ça n’aiderait pas plus maintenant. Alors je priais le Seigneur pour qu’il survive. Pour qu’ils survivent tous. Je priais pour que mon incapacité à être suffisamment forte pour les sauver tous ne nous condamne pas. Je priais pour un signe, une voie, une issue, n’importe quoi pour que ce cauchemar prenne fin.

Avec Jessica, nous avons fini par retrouver des visages connus. Notre professeur d’anglais bien sûr, la fiancée de l’adjoint du shérif, Evie et un autre homme dont le visage m’étais familier sans que je puisse réussir à le replacer. L’essentiel n’étais pas là. Nous étions à présent cinq et notre monstre nous avait suivi. Cinq personnes, deux monstres. La bataille pouvait commencer. Je pouvais sentir le regard mauvais de la créature que j’avais blessé peser sur moi. Elle avait beau être à présent moins leste, elle n’en restait pas moins dangereuse surtout avec un compte à régler. Et le silence des bois se retrouva de nouveau perturbé par un coup de feu puis, dans une autre direction d’autres cris et un vague croassement affolé. Mais c'est bien difficile de se concentrer sur ce qui arrive alentour lorsque deux bêtes tout droit sortie de l'Enfer semble prêtes à tout pour vous dévorer.

L’horreur était bien tombée sur Aster Cove. C’était donc cela le Jugement Dernier que craignais tant le Père O’Leary ?
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MessageSujet: Re: Event #4 - The Forest    Mer 11 Juil - 17:32

The ForestEvent
And you'll fear what you found when weather comes tearing down.
( → Oats in the water )
•••

La réplique de Bart le ramena brutalement à la réalité. Qu'avait-il cru pouvoir accomplir avec son inconscience ? Joshua réalisa subitement l'étendue de sa bêtise et ne pu qu'adresser un regard qui se voulait penaud à Evie et celui qui venait probablement de lui sauver la vie. Mais où aurait-il pu aller de toute façon ? Le chaos venait de s'abattre sur Lost Pine et son sanctuaire s'était transformé en petit théâtre d'horreur. Et comme pour lui signifier que son pauvre sacrifice ne servirait à rien, l'une des bêtes s'était détournée de lui pour projeter son attention ailleurs. Comme si l'enjeu d'une victime consentante ne l'intéressait guère.

Hurlement au fond des bois, quelque chose d'atroce venait de fendre l'air, le son du désespoir et de la souffrance. Il tressaillit, osant à peine lever le regard. Ce n'est que l'arrivée de la petite blonde qui lui arracha un coup d'oeil. La petit Scarlett était passée dans son champ de vision accompagnée d'une petite tête brune familière. Sur leurs trousses, un autre de ces terribles prédateurs ne devait pas être bien loin, l'adolescente est parvenu à le blesser.

« Aucun manuel en vue non. On étudie pas ce genre de truc à l'université. Dites moi que vous avez une idée. »
souffle-t-il à Bart et Evie avec du désespoir dans la voix

Il n'avait que peut de choses dans sa besace. Sa lampe torche, quelques bricoles inutiles, un matériel de premier secours qui ne leur sera pas d'une grande aide, un peu d'eau, une balise de détresse pour randonneur et une paire de feux de détresse que le vieux Page au port lui avait fourré dans le sac quelques heures plus tôt. Il n'avait pas beaucoup d'option et pourtant pas le choix. La fusée s'embrasa dans une détonation qui fendit l'air en direction de sa monstrueuse cible. Le sang lui battant au tempe, Joshua n'osa même pas regarder le résultat de trop près, de peur que le peu de détermination qui lui restait ne lui échappe. D'un signe de la tête, il alerta le groupe. Il fallait en profiter pour les semer.

Filer. Rejoindre le couvert des arbres pour tenter d'échapper à ces choses.Tenter de survivre à l'horreur. Une pensée pleine d'espoir lui effleura l'esprit et Joshua qui pourtant n'était pas croyant se surpris à laisser échapper une petite prière. Que quelqu'un les voie. Que quelqu'un tourne le regard vers Lost Pine et aperçoive la lueur orangée des feux de détresse, entende le bruit du chaos et la rumeur des hurlements. Quelque chose. N'importe quoi.

Mais à présent tourner le dos au massacre et fuir.
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MessageSujet: Re: Event #4 - The Forest    Mer 11 Juil - 20:54

C'était bien la première fois qu'on me disait que j'étais une personne raisonné mais soit, ca faisait du bien à entendre et je souriais à Evie. Joshua avait repris ses esprits et me demandait si j'avais une idée. Bah pas vraiment, j'avais pas un couteau suisse sur moi. Seulement ce qui ne quittait jamais mes poches : un paquet de chewing-gum et une barre de céréales. Pas sur que ces chiens à tête de fleur apprécient cette nourriture. D'habitude j'appréciais pas être ignoré mais étrangement, le fait que ces créatures - sauf une - nous soient passés devant sans nous sauter dessus. M'arrangeait. Il y avait eu ensuite des cris, des hurlements terrifiants. De quoi donner des sueurs froides et il était temps de prendre la poudre d'escampette. La brume à côté de ça c'était du pipi de chat. Même si on était trois, j'ignorais si le chien démon était aussi résistant que la plante carnivore.
Des coups s'étaient mêlés aux cris, et Scarlett et Jessica étaient de retour parmi nous. Un peu en sang pour la première mais à première vue ce n'était pas le sien. J'étais soulagé de les voir en un seul morceau.

- A part garder notre sang froid et courir je ne vois pas

Finissais je par répondre. Ou bien de grimper aux arbres mais encore une fois, peut être que ces monstres avaient aussi la compétence grimpette ? Allez savoir. Joshua avait donc sortie l'artillerie lourde - et je parlais d'une fusée détresse - pour l'envoyer directement sur l'un de nos adversaires. Parce que évidemment, les deux adolescentes avaient été suivis. Cinq contre deux. Dommage que l'on ne soit pas dans un jeu et possibilité d'analyser les compétences de l'adversaire. Avec de la chance peut être que la lumière aura alerter quelqu'un, qui surveillait la forêt et les secours arriveront. Ca c'était si on avait du pot. Autrement, il allait falloir se dépatouiller tout seul. Il fallait profiter de la diversion de Joshua cela dit.

- Filons mais restons groupé, pour se défendre les uns les autres

Chuchotais je, comme si parler à voix haute risquerait de faire apparaître d'autres bêtes. J'allai poser ma main sur Scarlett et me souvenait de ses réactions étranges. Je ne l'avait jamais questionné à ce sujet, mais malgré la situation actuelle je ne désirai pas la faire paniquer encore plus. Ma main finissait donc sur l'épaule de Jessica et doucement, je l'encourageais à courir avec la blondinette.

- Ne vous arrêtez surtout pas. Quoique vous entendiez, courrez toujours

J'avais l'impression de me répéter mais c'était peut être l'âge qui faisait cela. En tout les cas les trois adultes que nous étions allions être juste derrière les lycéennes. Enfin, si j'arrivais à tenir la cadence. Est ce que ces créatures s'occupaient des évanouis ?

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MessageSujet: Re: Event #4 - The Forest    Ven 13 Juil - 19:24



The Forest
Event #4
J'avais réussi. Je l'avais mis K.O. J'en étais presque surprise, mais je n'avais pas le luxe de me réjouir de mes exploits ce soir. Derrière la bête que j'avais propulsé au sol avec ma batte, quelqu'un se tenait là, visiblement abasourdi.

« Vic... souffla-t-il.

Ma bouche s'entrouvrit. Je venais de sauver Stan. Lui qui, dans ma sorte de... on va dire irritabilité... m'avait fait quitter le groupe des lycéens tout à l'heure. Démerdez-vous. Eh bien finalement... Le chaos aimait probablement l'ironie. Mais finalement, j'étais plutôt contente de recroiser le chemin d'Alessandro. Dommage que cette fois, ce ne soit pas après le lycée avec un peu d'aide à rouler. Quoique, après ça, j'en aurais plus que besoin.
Un bref coup d’œil vers lui et je remarquai vite qu'il n'avait rien emmené pour se défendre. Merde... Après cette nuit, je pense qu'il arrêtera de sous-estimer le pouvoir d'une photo paranormale à Aster Cove. Et tout le reste. En attendant, il fallait qu'on survive à cette nuit d'enfer.

- Stan. Mets-toi derrière moi. Tu m'aideras si je suis en difficulté.

Sa force pouvait être un atout sur ma batte si jamais j'y arrivais plus. J'étais seulement animée par ma rage de vaincre, mais mes petits bras faisaient pas le poids contre les siens. C'était pas plus mal comme ça.
Néanmoins, j'avais quelque chose à régler avant de repartir à la chasse. La bête que j'avais assommée. Je voulais être sûre. Pas question de se retrouver avec un monstre enragé à nos trousses parce que je lui avais seulement donné un petit coup malencontreux. Non. Il fallait qu'il ne se relève jamais.

Prenant mes appuis sur la terre, juste devant l'infernal animal inerte, je lui assénai un coup à la tête. Violent. Pour qu'il ne plante plus jamais ses crocs. Un deuxième. Au même endroit. Pour qu'il ne griffe plus jamais la chair. Un troisième. Le sang giclait. Pour qu'il ne voie plus jamais la lumière. Si cette pourriture pouvait au moins voir quelque chose. Je ne savais pas si la bouillie de peau grise, de chair rouge et de méli-mélo dentaire était dûe à ma batte ou à son physique disgracieux. En tout cas, il y avait déjà moins de chances que celui-ci nous saute dessus. J'avais bien fait de mettre un sweat rouge... Ayant terminé ma session défouloir, je me tournai vers Stan.

- Ça va commencer à devenir sale, lui dis-je en essuyant ma joue d'un revers de manche.

Je ne pouvais pas mieux dire, car à peine retournée, le monstre que je pensais mort se releva d'un bon. Cette saloperie faisait semblant d'être morte malgré la rouée que je lui avais mise... Je ne sais pas comment j'avais eu le réflexe. Mais ça aurait été moins pire si je ne l'avais pas sous-estimée. Malgré tout, la débandade ambiante, les cris, les hurlement désarticulés des bêtes, les gémissements de douleur... toute cette vrille d'horreur intense me poussait à réagir davantage, fiévreusement, pour en terminer avec cette maladie qui pourrissait la ville. Ma ville.
Prenant de l'élan avec la batte, je m'apprêtais à assommer l'immondice une nouvelle fois, mais cette fois je n'avais pas l'avantage de la surprise. Voyant l'arme valdinguer vers elle, la bête s'agrippa au bout de la batte avec sa mâchoire tentaculaire, enroulant ses pétales de chair autour du bois laqué dans un horrible bruit de succion féroce. Je sentis une vague de panique traverser tout mon organisme. Il tirait pour me faire lâcher l'arme, mais je tenais bon. Pour l'instant. Je n'arrivais pas à la lui arracher pour autant. Même en essayant de le repousser en tapant sur sa tête avec la semelle épaisse de ma chaussure, je n'arrivais pas à en venir à bout.

- Stan ! » alertais-je pour qu'il vienne m'aider.

Il ne fallait pas que je lâche... Je tirais de toutes mes forces, grognant, sentant une goutte de sueur couler sur ma tempe à la veine saillante. Lâche... ça !!
Même le bruit des balles ne m'avait pas arrêtée dans l'effort. Question de survie, probablement... Mais je les entendait résonner dans ma tête. Il ne fallait pas que ça me déconcentre. Si je lâchais cette batte, j'étais morte. Fichue. Les larmes avaient brouillé ma vision sans que je me rende compte, et mes oreilles sifflaient. Non... Je finis par fermer les yeux pour de bon, rien que pour me concentrer sur l'extraction de mon arme. J'allais y arriver... J'allais y arriver !

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MessageSujet: Re: Event #4 - The Forest    Ven 13 Juil - 23:30

La fille que Michael vient d'éblouir a l'air choquée, probablement effrayée par la montée en pression qui vient de saisir le groupe. Elle le questionne en Mike fait volte-face en balayant les bois derrière lui. Visiblement elle cherche quelqu'un, mais il n'a vu personne. Sa mâchoire se crispe dans l'inquiétude.

"Non... J'ai vu personne. Rejoins les autres, je vais chercher dans le coin."

Le détective désigne le groupe qu'on entend un peu plus loin. Visiblement, les engueulades vont bon train. Mike ne perd pas son temps à rétablir le sang-froid, il y a un gosse à retrouver. Immédiatement, il a le cerveau qui bouillonne. C'était certain qu'un gosse allait finir par se perdre avec une organisation pareille ! Ces abrutis vont se donner une bonne raison d'organiser une battue, à force ! Mais Mike n'a pas le temps de pester davantage ni d'insulter l'administration de la ville, il est surpris par un cri inhumain alors même qu'il commence à fouiller les bois. Le hurlement lui glace le sang, alors il décide de rejoindre le groupe à son tour, mais au moment où il tourne les talons, sa lampe éclaire un tas de carcasses. Il ne trouve même pas le réflexe de crier face à la surprise et se contente d'un sursaut en arrière. L'horreur de la découverte l'a rendu silencieux, d'autant plus qu'il en trouve un autre en contournant soigneusement le premier.

Il décide de ne surtout pas prêter attention aux animaux sans vie qui tapissent le bois pour rester concentré sur son chemin jusqu'aux autres. Il les a à peine rejoint que c'est déjà le chaos. Les lumières s'agitent dans tous les sens et on distingue des espèces de chiens enragés dans la panique. C'est une putain de meute qui attaque le groupe ! Mike n'y croit pas ses yeux. L'administration a laissé un tel événement avoir lieu dans une forêt remplie de prédateurs ?! MAIS QUE FAIT LA POLICE DANS CETTE PUTAIN DE VILLE ??!!!

Avec la drôle d'impression d'avoir été projeté sur le plateau de tournage d'un mauvais film d'horreur, le nouvel arrivant de la ville soulève finalement son sweat pour s'emparer de son arme. Les premiers cris d'humains attaqués retentissent, alors il se jette dans la bataille sans hésiter. Pas le temps d'organiser un plan d'intervention, tant pis. Ça se fera à l'ancienne, digne des plus grands films de far-west : la vie à celui qui attaque le premier ! Et puisque le hasard veut que sa lampe se pose sur le vilain toutou qui vient d'agresser sa chère voisine, Mike n'hésite pas : il tire en pleine tête sans réaliser qu'elle est bizarroïde. L'adrénaline ne le laisse plus se concentrer que sur une chose : sauver tout le monde.
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MessageSujet: Re: Event #4 - The Forest    Sam 14 Juil - 16:48

« SANDRAAAAAAAA ! »

Hurlement dans la nuit se mêlant au sien. Le sang brille, coule et glisse entre les crocs du monstre qui dévore la chair de son bras. La douleur est absolue, infinie. Sandra s'y perd, s'y désespère et pleure en son nom plus qu'elle ne l'a jamais fait. Elle souffre, souffre encore et encore et ne peut rien y faire. Le monstre ne lâche rien, ne veut rien d'autre que la dévorer toute entière. Son regard, affolé, croise celui de Kenny à l'instant fatidique.

Elle aurait tout donné pour que ça s'arrête. Tout... sauf ça. Le second monstre se jette sur la jambe de Kenny dans le mouvement le plus haineux qui soit alors qu'il ne s'y attend pas.

« KENNYYYY ! »

C'est au tour de Sandra de hurler un nom trop aimé, et c'est en secouant la tête de toutes ses forces qu'elle trouve celle de repousser la chose qui en a après elle. Elle aurait tout donné, mais pas ça. Le monstre s'écroule contre un arbre, et Sandra se relève, cherche à rejoindre Kenny tombé à terre, les yeux pleins de larmes qu'elle lui dédie. Son bras en lambeaux n'a pas de valeur, aux yeux de l'adrénaline qui la parcourt. Il faut qu'elle le sauve. Il faut qu'elle sauve Kenny. Il a déjà trop souffert et ne mérite pas ce qui lui arrive encore. Mais avant même qu'elle ne puisse l'atteindre, avant même qu'elle ne puisse arracher la chose à la jambe trop meurtrie, une voix s'élève en direction du jeune homme qu'elle a appris à trop aimer.

Sandra n'entend pas. Elle ne comprend pas ce qui se dit. Tout ce qu'elle voit, tout ce qu'elle parvient à percevoir, c'est la douleur qui arrache à Kenny des râles, c'est le sang qui coule de sa jambe d'une façon bien trop abondante. Elle en oublie tout. Le bruit des hurlements autour d'eux, celui des os qui se brisent, la douleur de la nuit et la folie de la conscience. Il n'y a que Kenny, qu'elle doit protéger à tout prix. Des larmes plein les yeux et le cœur en émoi, elle atteint celui qu'elle voudrait protéger de tout au moment même où une balle transperce le monstre qui s'en prend à lui. Celui-ci s'écroule dans un couinement de douleur et, le temps d'un instant, Sandra a le vain espoir qu'il soit mort. Un tressaillement de l'une des pattes de la bête lui apprendra le contraire.

« K-Kenny, ça va aller, ça va aller... J-je vais bander ça, et on va aller à l'hôpital. D-demain tout ira bien, c'est promis, promis, promis, promis... »

Cette fois-ci, Sandra sait qu'elle ne raconte que des mensonges, elle sait qu'ils ne s'en sortiront pas. Pire encore, elle sait ne pas pouvoir conduire. Elle sait qu'elle est vaincue et ne pourra plus mettre en sécurité qui que ce soit. Dans son dos, le grognement de l'autre monstre la rappelle à l'ordre. Elle se retourne juste à temps pour voir la balle transpercer son thorax et pour tirer Georgie en arrière.

Autour d'eux, le monde n'est que folie. Le sang coule, abreuve une terre qui s'engorge déjà et rougit le monde de sa douleur. Les hurlements de douleur résonnent plus fort, plus fort encore et Sandra pleure, pleure de cette peur qui lui serre soudain le ventre. Dans un geste précipité qui lui arrache un grognement de douleur, elle fait tomber le sac qu'elle porte sur le dos. De sa seule main disponible, elle tire comme une forcenée sur la fermeture éclair, pleurant de plus belle face aux quelques échecs qui sont alors les siens.

« Putain... PUTAIN ! »

Lorsqu'enfin, le sac cède, elle en extirpe une trousse de secours. Ça ne suffira pas. Cette réalité la tue plus violemment que le sang qu'elle continue de perdre. Ça ne suffira pas. L'idée que Kenny ne se relève jamais la torture plus intensément que son bras. Ça ne suffira pas. Mais ça lui donnera rien que l'ombre d'une chance.

« J-je vais régler ça, Kenny. Ça va aller. Ça va aller. D'accord ? R-reste avec moi. Je t'en supplie, reste avec nous. »

Elle sait que tout est perdu, que tout est fini. Elle sait qu'il a besoin des secours, mais elle sait aussi qu'ils ne viendront pas. Doucement, elle extirpe de la trousse de quoi panser la plaie. Il faut stopper l'hémorragie et prier pour que les choses ne reviennent pas. Il faut stopper l'hémorragie ou alors il mourra. De toutes ses forces, usant même d'un bras qui n'a plus de bras que le nom, elle crée un garrot au dessus du mollet inexistant. De toutes ses forces, elle prie un Dieu en lequel elle ne croit qu'à peine de sauver Kenny. De toutes ses forces, elle éponge le sang comme pour le faire disparaître, s'oubliant même un peu dans l'espoir que lui, au moins, survive. C'est idiot. Elle le sait. C'est stupide. Elle assume. C'est inconscient. Elle se souvient.

Chez elle l'attendent trois enfants qui ne savent pas que leur mère n'est pas là. Chez elle l'attendent trois amours qui n'ont plus qu'elle pour grandir. Alors, Sandra crée un garrot auprès de son propre bras.

« Georges... ? »

Sa voix est un murmure désespéré qu'elle tente en vain d'apaiser.

« Serre. S'il te plaît, serre... Il faut empêcher le sang de couler. D'accord... ? »

Au loin, elle entend de nouveaux coups de feu. Cette nuit est un désastre. Et c'est peut être leur dernière.

« Q-Quand... il n'y aura plus de balles, cours, Georgie. D'accord ? Cours te mettre à l'abri, cherche un adulte et protège toi. »


Sont les derniers mots sensés qu'elle énoncera ce soir.
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MessageSujet: Re: Event #4 - The Forest    Sam 14 Juil - 19:30

Dans les yeux de Jessica défilent les émotions. Elle ne comprend pas, et tout son petit monde si bien ficelé s'écroule. Scarlett lui a sauvé la vie, alors qu'elle sait très bien qu'elle n'obtiendra rien en retour. Dans les yeux de Jessica défilent les émotions. Le doute est violent, l'incompréhension est certaine, la peur est absolue. Dans les yeux de Jessica défilent des centaines de questions sans réponse.

Pourquoi ? Comment as-tu pu ? Qu'est-ce qui t'a pris ? Qui es-tu, Scarlett ?

Mais les mots ne viennent pas, et seuls les regards se croisent. Il n'y a pas le temps pour les explications. Peut-être ne pourront-elles jamais venir. Peut-être qu'il est déjà trop tard. Les destins s'enchaînent tout autour d'elles et ne se croisent pas. Les cris de douleur retentissent, les pleurs les rejoignent et le monde entier semble plongé dans un vaste chaos.

Leur vie ne tient plus qu'à un fil, ici bas. Déjà, le monstre qui l'attaquait se relève et les deux jeunes femmes n'ont le temps que de fuir. Heureusement, le coup de Scarlett l'a ralenti et c'est sans grande difficulté qu'elles rejoignent un groupe plus conséquent, parmi lequel se trouve l'un des seuls adultes en qui Jessica parvient à avoir véritablement confiance.

Celui-ci les prend en charge à la seconde même où il les aperçoit. La suite se déroule trop vite pour qu'elle puisse réellement la visualiser. Une grande lumière éblouit toute la scène et s'envole vers les cieux après que Joshua l'ait lancée. Jessica l'identifie bien vite comme des feux de détresse, ce qui n'est pas le cas des monstres.

« Filons mais restons groupés pour se défendre les uns les autres. »


Le murmure devient rapidement ordre et Jessica s'élance sans lâcher Scarlett. Elles auront tout le temps de s'ignorer de nouveau après ce moment. Au lieu de ça, les voici qui s'enfoncent dans la nuit, à la recherche d'un peu d'une sécurité qui ne viendra certainement plus. Jessica ne l'a de toute manière jamais connue.
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MessageSujet: Re: Event #4 - The Forest    Sam 14 Juil - 21:25


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Te faire sauver par Victoria McNamara semblait définitivement être la dernière chose à laquelle tu aurais pensé en te pointant à cette putain de soirée... Tu ne souhaitais véritablement pas être dans ta situation actuelle. À vrai dire, tu l'avais évité depuis longtemps ! Toutes les horreurs de la ville t'étaient passées bien au-dessus de la tête, et cela afin de pouvoir t'amuser du mieux possible... Aujourd'hui, les cauchemars d'Aster Cove semblaient vouloir te faire ouvrir les yeux. Tu étais terriblement buté, et affronter ces créatures serait pour toi une preuve de leur existence. Existence que tu ne souhaitais pas reconnaître. Victoria elle, dévoilait bien plus de courage que tu n'en montrais... Sa batte fracassant sans aucune crainte le crâne de la bête, la jeune fille affrontait la peur ambiante avec brio. Elle t'ordonna même de rester derrière, voyant à quel point tu étais susceptible d'être blessé. Tu avais vraiment mal joué en pensant pour te ramener en pleine forêt sans aucun moyen de défense...

C'est ainsi avec une légère honte, masquée par la peur que tu restas derrière ta sauveuse. Tu regretterais très certainement plus tard de n'avoir pas réagi... De n'avoir rien fait afin d'aider Victoria, même contre sa volonté... Était-ce là un véritable semblant d'altruisme ou s'agissait-il plus ici d'une certaine misogynie... Te voir sauver par une femme pouvait après tout irriter une grosse brute comme toi ! Seulement, en cette situation si délicate et dangereuse, tu ne pensais pas vraiment à ce genre de chose. Tu n'avais en réalité même pas cherché à observer les monstres auxquels vous faisiez fasse, utilisant la nuit pour ne repérer que leur ombre sans tenter de discerner quoi que ce soit d'autre !

« Vic... Laisse-les on part... » chuchotas-tu comme dans un souffle...

Tu n'avais vraiment pas envie de faire face à ce danger particulièrement. Ce danger dont ton hypocrisie t'avait gardé depuis si longtemps. Tu n'avais qu'une envie, c'était de déguerpir, emportant Victoria avec toi... Seulement ta camarade semblait bien décidée à les affronter. Elle était animée par une rage que tu ne comprenais pas, et souhaitait à tout prix leur faire payer leur venue... Son combat contre la créature avait été sanglant. Tu n'avais pas réellement tout observé, te tenant derrière elle afin de ne pas voir son adversaire. Seulement tu repéras sans grandes difficultés le sang qu'elle avait expulsé... Tu étais véritablement perdu. Observant les alentours afin d'alerter une éventuelle attaque sur vos flancs, tu tentais de te défaire de la situation. Tu te demandais réellement pourquoi tu t'étais retrouvé dans cette situation... Pourquoi tu étais venu finalement ? Tu tentais ainsi de t'évader de cette situation dans tes pensées, lorsque la voix de Victoria t'extirpa de ta peur... Elle avait crié ton nom, t'ordonnant d'enfin lui venir en aide !

Il fallait dire que sa situation était assez désespérée, et tu le remarquas dès lors que tes yeux se posèrent sur la scène... Il était temps pour toi d'intervenir ! Sans même penser à un quelconque altruisme, tu ne pouvais pas cracher sur ton image en laissant cette fille se faire bouffer par une créature dégueulasse ! C'est alors à mains nues que tu intervins dans le combat... Tu avais comme instinctivement fermé les yeux, histoire de n'avoir aucun contact visuel avec la créature que tu étais sur le point d'attaquer. Ce fut alors très rapide... Tu avais attrapé de toute ta force la bête, sentant sa peau rugueuse et reptilienne afin de l'extraire de votre unique arme... Une fois la batte de Victoria hors des mâchoires du monstre, vous pourriez vous sauver. Ta peur laissait peu à peu place à une dose insoupçonnée d'adrénaline ! Tu étais désormais prêt à agripper la créature entre tes bras, ajoutant plus de force à ta constriction... Ton dégoût était actuellement assez élevé. Tu sentais la nausée arriver rapidement, alors que l'abomination se débattait entre tes bras, se frottant contre ta peau... En quelques secondes, tu avais enfin réussi à éjecter votre adversaire de la batte de baseball, la jetant sur le sol avec horreur.

« On joue pas aux héros Vic... Faut sauver notre vie avant tout... » ta voix était cette fois-ci bien plus compréhensible. Malgré ton essoufflement, tu avais fait en sorte de bien articuler afin de faire passer le message à ta partenaire...
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MessageSujet: Re: Event #4 - The Forest    Sam 14 Juil - 23:03



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C'est la fin, il est trop tard, ils vont m'avoir... Ce sont les seules pensées cohérentes qui parvenaient à traverser l'esprit du jeune McGalaan tandis que son corps refusait toujours de bouger, n'étant secoué que par ses sanglots. Malgré ses mains plaquées contre ses oreilles il était impossible de couvrir le chaos qui régnait dans la forêt, les hurlements monstrueux déchirant l'atmosphère, les cris affolés qui résonnaient entre les arbres et il pouvait distinguer le bruit des griffes tranchantes lécher les sols sous leur pas, il les entendaient se rapprocher, prêtes à se jeter sur lui. Puis un cri, humain cette fois, ce fut ce qui secoua Georgie l'obligeant à ouvrir les yeux pour affronter l'horreur qu'il étaient en train de vivre et peut être lui donner une chance de s'en sortir. Il n'était pas certain de s'être remis lui même debout, peut-être que Sandra l'avait tiré contre elle et avant qu'il ne puisse réagir Kenny et elle se tenait devant lui prêt à sacrifier leur vie pour la sienne.

Agissant uniquement par instinct, Georgie avait reculé de quelques pas ne pouvait détacher ses yeux des créatures prêtent à bondir sur eux, ces créatures qui soudain lui semblèrent tant familières. Ces deux dernières années, ces années des noirs complets passées dans l'oublie ne gardant d'elles que des cauchemars qui le tenaient éveillé nuits après nuits, tout semblait enfin s'éclaircir, comme-ci il découvrait pour la première fois des morceaux du puzzle incomplet qu'était sa mémoire. Ce sentiment lui glaça le sang presque autant que les bêtes qui dévoilaient leurs horribles gueules striées de dents acérées.

Un cri parvint enfin à quitter sa gorge, un cri brisé par un nouveau sanglot tandis qu'il reculait, tombant presque en arrière quand le premier carnivore c'était jeté sur Sandra. La peur le paralysait de nouveau et tout comme l'autre garçon il ne pouvait détacher les yeux de ce spectacle horrifique, inutile, faible, fragile, ces mots résonnaient dans son esprit des mots bien trop souvent prononcés par son père, comme toujours il était un fardeau, une plaie pour les autres et cette fois il ne pouvait qu'affronter cette horrible vérité parce que quelqu'un allait perde la vie, à cause de lui. Son regard désespéré passe sur le visage de Kenny à la recherche d'une petite lueur d'espoir, peut-être que lui pouvait faire quelque chose, peut-être qu'il allait agir au lieu de rester planter comme lui le faisait mais l'expression brisée, d'angoisse et de désespoir déformant ses traits lui fit comprendre qu'en cet instant, il était exactement comme lui.

" NON ! "

Son cri s'était mêlé à celui de Sandra et cette fois, Georgie avait eu un mouvement vers l'avant comme-ci il avait tenté de se jeter vers Kenny avant que la seconde créature de ne lui saute dessus. Il ne sait même pas si il pleure encore, peut-être que les larmes roulent sur ses joues sans qu'il ne puisse le contrôler mais quand la jeune femme repousse le charognard et se précipite aux côtés de Kenny, il ne réfléchi pas un instant de plus de ramasse la première chose qui lui passe sous la main pour l'envoyer contre la bête qui semble prête à arracher la jambe du brun. L'espace d'un instant, en voyant la créature s'effondrer, il pensa presque que c'était à cause de cette pierre jusqu'à ce que son esprit parvienne à remettre les choses en place. Un coup de feu, Walter ? Il n'en était pas réellement certain mais ça avait suffit pour que Sandra puisse s'approcher et essayer de remettre Kenny sur pieds.

Georgie se dépêche de les rejoindre sans pour autant les regarder, il sait ce qui l'attend, ce qu'il risque de voir si jamais il tourne les yeux dans leur direction. La chair à vif, le sang ... Cette idée lui retourne l'estomac et il pourrait presque vomir si celui-ci n'était pas tordu par la peur alors il regarde ailleurs, surveille les deux bêtes étendues sur le sols, frissonne au moindre petit mouvement de leur part. Les plaintes et sanglot de Sandra ne sont qu'un murmure lointain à ses oreilles et il réagit à peine quand elle le tire à nouveau derrière lui mais à ce moment il baisse enfin les yeux vers Kenny et elle et rapidement des larmes brûlantes lui brouillent de nouveau la vue.

" S-Sandra .... Sandra..."

Il sait qu'elle ne l'écoute pas, de toute façon sa voix n'est pas plus audible qu'un chuchotement, elle tente de garder le jeune homme conscient mais lui veut simplement lui dire qu'ils doivent partir, qu'ils ne peuvent pas rester là. Sa main tire désespéramment la manche de la jeune femme tandis que son regard scrute les alentours, tressaillant à la moindre ombre.
Il entend son prénom et baisse de nouveau les yeux sur la mère, sa voix n'est plus aussi douce qu'avant, ni même rassurante, elle traduit sa propre angoisse, le même désespoir qui les animent tous et c'est peut-être pour ça qu'il parvient à hocher la tête, et lui obéit, serrant la bande autant qu'il le peu, autant que ses mains tremblantes ne lui permettent mais quand elle s'adresse de nouveau à lui, il réprime un petit sanglot en secouant négativement la tête.

" N-Non ... "

Ses yeux passent sur le corps de Kenny, observent sa jambe meurtrie avant de faire la même chose avec le bras de Sandra et il secoue une nouvelle fois la tête.

" J'y arriverai pas ... J-je peux pas ... Et je veux pas vous laisser ..."

Pourquoi, après tout ce n'est pas comme ci il les connaissaient réellement, il ne savait rien de leur vie et eux ne savait rien de la sienne pourtant ils n'avaient pas hésité un instant à se sacrifier et c'était surement plus que ne le ferait jamais son propre père.

" Ils vont revenir ... Sandra ils vont revenir... "

Parce qu'ils finissent toujours par revenir, parce qu'il se souvient maintenant ou plutôt il se rappelle de ce sentiment qu'il avait ressentit presque tous les jours de sa vie au cours de ces deux dernières années, se cacher, fuir, survivre.
Sans grand espoir, Georgie s'était redressé, attrapant la main de Kenny pour essayer de tirer son bras sans parvenir à le faire bouger.

" O-on doit partir ! ... Allez lève-toi ! "

L'adolescent avait tiré une fois encore, s'acharnant presque sur le pauvre bras du plus vieux dans l'espoir qu'il parviendrait à le déplacer et son regard s'arrêta finalement sur le sac de la jeune femme.

" ... T'as quelque chose ? U-une arme ? ... O-on peut essayer de lui faire une béquille avec une branche, n'importe quoi ! "

Dans son esprit d'enfant les choses pouvaient parfois être simples, bien plus qu'elles ne l'étaient dans la vie réelle, mais c'est tout ce qu'ils avaient pour l'instant et c'était surement la seule chance qu'ils avaient alors ils devaient tenter le coup.

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MessageSujet: Re: Event #4 - The Forest    Hier à 1:24



Crocs. Morsures. Douleur. Sang.

Ils courent, ces imbéciles. Ils fuient, sans même savoir que leurs chances sont épuisées depuis longtemps. Ils hurlent, ces ignares. Il cherchent à répliquer mais ne créent qu'un peu plus de danger. La mort est à leur trousse mais aucun d'entre eux ne le saisit vraiment, jusqu'à ce que le sang ne se mette à gicler. Abondamment. Absolument. Alors, la détresse s'installe, irrésistible maîtresse du cœur des hommes. Elle s'installe, et peu à peu, gangrène tout. Elle terrifie, désespère, horrifie et les demodogs avancent, sûrs de leurs pas, sûrs de leurs gestes. Ce soir, ils ont faim. Ce soir, ils mangeront. Peu importe le prix. Ça fait bien trop longtemps qu'ils attendent.

Motivés. Assoiffés. Déterminés. Prêts à tuer.

Ils ne sont que deux mais ne failliront pas. Leur ventre résonne dans le noir, appelle, supplie la chair qu'ils convoitent et les rend plus désireux encore d'attendre leur but. L'odeur du sang les nargue, elle les réveille encore davantage et leur donne la force d'accélérer, d'atteindre la proie qui viendra et dont la course, déjà, faiblit. Il est faible. Ils le sentent. Son pas ralentit. Ils accélèrent. Il les craint et ils ont faim. Ils lisent la terreur dans son âme et celui qui, tout à l'heure, leur faisait face, bondit d'enthousiasme.

L'entendre mordre la poussière. Sentir les os qui craquent sous l'effort. L'écouter souffrir. Hurler à la mort une faim gargantuesque.

L'homme s'écrase au sol, ses longs cheveux volants tout autour de lui. Le monstre voudrait les lui arracher un à un, mais il sait que cela n'aura pas de saveur. Non, lui, ce qu'il lui faut, c'est sentir la douleur s'inscrire dans une chair qu'il dévore. La gueule s'ouvre, béante. Les crocs se découvrent, tranchants comme des rasoirs. L'épaule est là, disponible. Il sait que s'il la mord, sa proie ne s'en relèvera pas. Il sait que s'il la mord, le reste sera à lui.

Craaaac.

Le monstre sent l'articulation qui cède sous ses crocs. Le sang se répand dans sa gueule. Le goût est irrésistible.

Plus... Il lui en faut plus.

Le monstre fouille. Il arrache, il creuse, creuse à la recherche de cette saveur dont il a la nécessité absolue. Il dévore. Le bruit de sa mastication emplit bientôt l'air. Le trou qu'il dessine dans l'épaule de sa victime grossit à vue d’œil. Le plus effrayant, c'est sans aucun doute le temps qu'il prend pour savourer. Le plus effrayant, c'est qu'il se sent invincible. Le plus effrayant, c'est qu'il a la sensation que rien ni personne ne pourra l'arrêter.

Le bruit de pas dans la nuit. Le murmure des grognements. La mort qui gronde et gémit sous les ombres...

Un second demodog, sorti tout droit des ténèbres environnantes, se jette sur son frère, envieux de lui et du repas qu'il s'autorise. Il hurle de haine et de jalousie. Il a faim. Il veut lui aussi se repaître. Et s'il doit gagner ce droit par la force, il le fera. Le premier n'est pas prêt à lâcher sa proie. Les coups partent. Le son des griffes qui s'entrechoquent emplit l'obscurité. Bartholomew est un trophée qu'ils se disputent. L'épaule disloquée, il peut espérer fuir pendant qu'il le peut encore...


Plus loin dans l'horreur. Plus loin dans la terreur. Plus loin dans l'erreur.

Vous n'êtes désormais plus que quatre, courant pour vos vies sans comprendre que la mort a ses desseins précis. L'un d'entre vous saigne. Rien qu'une goutte, imprégnée du sang de l'un des leurs. L'un d'entre vous est un radar dans la nuit. C'est elle qui causera votre perte.

Le jugement dernier qu'elle craignait tant se glisse dans ses pas. Ralenti par la plaie qu'elle lui a causé, il fonce pourtant de toutes ses forces. Il veut se venger. Il est affolé. Il veut la dévorer. Il veut la torturer. Mais l'odeur est un phare dans les ténèbres et à mesure qu'ils s'éloignent de leur point de départ, le bruit de pattes se rajoute à celles qui les poursuivent déjà. Scarlett esquisse un virage. C'est le moment. Le monstre bondit aussi loin qu'il le peut. Ses griffes s'enfoncent dans une cuisse, éraflent sans pénétrer suffisamment pour arrêter. Un couinement de dépit résonne dans la nuit. Alors qu'il tente d'accélérer de nouveau, il est dépassé par deux horribles silhouettes. Les égarés nocturnes sont revenus. Ils ont répondu à l'appel du sang qui goûte depuis la main de Scarlett. Ils ont répondu au murmure de la vengeance.

Deux monstres. Deux victimes. Deux destins. Le hurlement qu'ils partagent sera le seul point commun de leur réussite. Les pas s'emballent en même temps que les cœurs. On ne sait plus discerner la course des proies de celle des tueurs. La douleur vient en même temps. L'une n'est qu'une caresse. L'autre est déchirante.

Deux regards se croisent et s'affrontent alors que le sang coule de deux flancs différents. Le t-shirt qu'arborait Joshua ne s'en sortira pas. Une longue balafre mange ses côtes. Peu profonde, mais douloureuse.

Un autre t-shirt périra dans la nuit. Celui qui était blanc se teinte de rouge. Il se déchire, et la peau se déchire avec lui.

Un cri de presque agonie déchire lui aussi la nuit.

La jeune femme s'écroule, tombe à genoux tandis que le monstre se recule. Il sait déjà qu'il a gagné. Il sent le sang qui teinte tout, très vite. Ses crocs, ses griffes, se sont enfoncés dans le flanc gauche et ont tracé le destin de sa proie en lettres rouges. Elle tombe, et lui attend. Il saura se montrer patient. Désormais, il le sait. Ce soir, il mangera à sa faim.

Autre lieu, autre destin. Les monstres sont sous l'assaut des balles. L'un d'entre eux sent la perforation de la balle en plein dans la gueule et son hurlement de souffrance résonne dans le lointain. La bête tombe au sol, inerte. Son frère se tourne en sa direction et gémit de peine. Lorsqu'il offre à nouveau sa mâchoire aux proies qui les défie, son objectif est clair. Il est ici pour tuer. Le grognement qui sort d'entre ses crocs est guttural. La folie anime ses gestes. Il veut se venger. Il veut détruire comme on a détruit son alter-ego. Il veut faire souffrir comme son frère souffre encore. Celui-ci ce relève péniblement, couinant toujours de trop de douleur. Il s'éloigne, se dissimule dans les ombres et disparaît. C'est cet instant que choisit enfin le second pour attaquer. Mais ce n'est pas sur le tireur, qu'il se jette. Dans un geste d'une profonde intelligence, il se rue sur celle que l'humain a voulu protéger. Le sang qui macule sa poitrine l'appelle et il sait. Il sait que c'est elle. Ses mouvements sont précis, mesurés. Elle ne le regarde pas. Elle n'a d'yeux que pour l'ombre qu'est devenu son frère. Elle ne comprend pas. Personne ne mesurera avant qu'il ne soit trop tard. Elle lui tourne le dos et il sait. Il sait que le moment est idéal. Alors, il se jette de toutes ses forces sur le crâne de sa victime. Les crocs perforent la chair comme s'il s'était agi de beurre. Il savoure. Il sent la peur, la douleur, le sang. Il voudrait arracher. Il s'apprête à tirer, à détruire, à tuer. Il veut entendre craquer toute sa tête. Il veut la sentir mourir.

Pan.

Il ne comprend le bruit que trop tard. La balle qui vient le cueillir le transperce. La souffrance est telle qu'il lâche prise en un long gémissement. Le sang coule, et savoir à qui il appartient devient très compliqué. Trop compliqué.


La nuit se referme lentement sur ses victimes. Monstres ou humains, la barrière est ténue. Dans l'ombre de la lune, un vieillard recule de plusieurs pas tandis qu'une jeune femme, journaliste prometteuse, s'écroule au sol. Dans l'ombre de la lune, les destins se jouent et ne se ressemblent pas.

Citation :

→ Le premier blessé (blessure moyenne) est Bartholomew. Il s'est écroulé au sol et a l'épaule disloquée. Son groupe a été attaqué et les demodogs alentours ont été alertés par l'odeur du sang de Scarlett qui s'en sort pourtant avec une simple plaie dans la cuisse (blessure légère), pas assez profonde pour être considérée dangereuse. Jessica n'a pas autant de chance puisqu'elle écope d'une morsure (blessure grave), profonde, dans le flanc gauche. Joshua n'est victime que d'un coup de griffes acéré sur les côtes (blessure légère). Penelope n'a malheureusement pas cette chance, puisqu'un demodog vengeur la frappe pour la seconde fois et lui perfore le crâne (blessure grave). Les conséquences de chaque blessure sont au choix des joueurs concernés.
→ Les personnes non mentionnées dans ce communiqué ne sont PAS blessées. Merci de le respecter.
→ Évidemment, les personnes blessées lors du post précédent le sont toujours.
→ C'est aux valides de s'impliquer, désormais, pour essayer d'empêcher les victimes. À vous de jouer !

- Vous pouvez faire agir les demodogs tant qu'ils ne vous blessent pas. Ils peuvent vous désarmer, vous poursuivre, vous renverser sur le sol, la seule condition est qu'ils ne vous blessent pas.

- Vous ne pouvez PAS tuer de demodog. Si un demodog doit mourir, NOUS le préciserons dans une intervention admin.


Pour rappel :

- Event guidé par maître de jeu qui interviendra tous les dix jours.
- Prochaine intervention du PNJ: le 16/07.
- Désormais, des interventions aléatoires sont possibles durant les tours si le besoin s'en fait sentir.
- Liste des PNJs de l'event, que vous êtes libres de jouer et d'étoffer en respectant ce qui a déjà été dit à leur sujet :
Clara : Jeune femme blonde qui n'est visiblement pas rassurée par l'escapade nocturne et qui ne s'entend pas avec Jim.
Jim : N'aime pas Clara.
Gilles : Vieil homme qui tient l'une des fermes d'Aster Cove et qui semble avoir un avis éclairé. Il connaissait Walter, Penny et Joshua lorsqu'ils étaient petits. Il aime prendre soin des autres.
Diana : Connue pour être une véritable langue de vipère, elle est la femme du gérant de la supérette d'Aster Cove, Ed'. Il s'agit aussi de l'une des amies de la mère de Scarlett. [/b]

Event #4 - The Forest
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MessageSujet: Re: Event #4 - The Forest    Hier à 14:01

De la folie, c’était de la folie. Ce genre de monstres n’auraient pas dû exister et surtout ce genre de choses n’arrivait pas ici, pas à Aster Cove. Mais de qui te moques-tu Scarlett ? Tu le sais bien pourtant que l’horreur peut arriver partout. Qu’on n’est en sécurité nulle part. Mais déjà, je rejette cette petite voix. Il y a trop de vérité dans ce qu’elle pourrait dire. Et, la vérité, c’est dangereux. Bien trop dangereux pour le frêle équilibre que j’avais réussi à créer.

J’ai toujours mon coupe papier à la main et je le serre comme s’il était ma bouée de sauvetage. C’est mon seul moyen de défense, le seul bouclier entre la vie et la mort. Ce coupe papier et la chance. Mais cette dernière est capricieuse et compter sur elle était un risque que je n’étais pas prête à prendre. C’était à ce moment que Joshua – son prénom m’était revenu entre temps – lança un feu de détresse dans la direction d’un des monstres. Je ne pu m’empêcher de suivre la courbe lumineuse des yeux, ce qui imprima des taches colorées sur ma rétine. Je clignais plusieurs dois des yeux pour tenter d’en masquer les effets. Il était temps de fuir, mais une partie de moi aurait préféré courir en direction de Kenny Howland pour voir s’il allait bien. J’avais eu bien du mal à supporter sa disparition, ce n’était pas pour l’abandonner en pleine forêt quand même ! Et Madame Karcy ? Elle qui était si gentille. La partie rationnelle de mon esprit me hurlait de courir pour sauver ma vie, mon corps déjà prêt à courir à l’opposé des monstres mais c’était mon cœur qui voulait me pousser dans une toute autre direction, contre toute logique. Je n’avais donc pas bougé de moi-même. Mon sang bourdonne à mes oreilles, m’anesthésiant totalement. Je n’entends plus rien, n’enregistre plus rien. Je remarque simplement que Jessica n’a pas lâché mon bras et que, sans que je m’en sois rendue compte, nous étions en train de courir. A quel moment mes jambes avaient-elles pris d’elle-même la décision de fuir ? J’étais tout bonnement incapable de le dire. Tout était allé tellement vite et il n’était plus temps de faire demi-tour, les bruits de pattes heurtant violemment le sol ne pouvait que nous en dissuader. Sauvez les mon Dieu, par pitié sauvez les. Je deviendrais plus forte, je ferais tout ce qu’il y a à faire mais je vous en supplie ne les laissez pas mourir.

J’entends le pas de l’un des monstres se rapprocher dans notre sillage et, cette fois, je ne sais plus qui de Jessica ou de moi traine l’autre. Je ne lâche en tout cas pas sa main, ce lien, c’est comme une balise dans la nuit, un rappel que je ne suis pas seule, cette fois, à faire face à l’horreur. Je ne m’étais pas rendu compte que nous avions perdu Monsieur Caldwell en route. Les bruits de lutte résonnaient pourtant dans la forêt mais j’étais bien trop terrorisée pour me retourner. Car je l’entends, sur nos talons, le monstre. Et j’ai peur, si peur. C’était comme si mon cœur était prêt à exploser. Et bientôt, je les entends, ces autres pas. Comme une cavalcade. Oh Seigneur… J’engage un virage serré et c’est là que je l’entends, le grandement de haine de la bête si proche de moi. Ma main lâche celle de Jessica, espérant ainsi lui donner plus de chances de fuite. La bête, mon adversaire de tout à l’heure se rue sur moi et j’écarquille les yeux en voyant sa patte aux griffes acérées foncer vers moi. Je ne dois ma survie qu’à mes réflexes de gymnaste. Un bon en arrière et la patte qui visait pour tuer ne rencontre que la chair tendre de ma cuisse, réduisant ma jupe en lambeaux. La douleur est cuisante mais l’artère fémorale est sauve. Quelques centimètres plus profonds et je me serais vidée de tout mon sang en quelques minutes. Je pouvais encore courir, je pouvais encore fuir et je ne m’en privais pas. Alors que je resserrais ma main contre mon couteau de fortune, c’est là que je les vois. Trois gouttes carmins qui tombent sur le sol et attirent l’attention de la bête. Je comprends alors que j’avais été un immense drapeau rouge luminescent dans la nuit, un phare dans la tempête pour ces monstres.

Je fuyais pour ma vie, le sang suintant sur ma jambe. Je sentais vaguement les branches fouetter mes jambes et meurtrir ma peau mais c’était bien la dernière de mes préoccupations. L’enfer s’abattait sur nous en la forme de deux nouveaux chiens démoniaques. A quelques mètres en retrait, j’observais impuissante Joshua se prendre à son tour un coup de griffe mais, ce qui me fit monter la bile à la gorge, c’était lorsque le faisceau de ma lampe torche se posa du côté de Jessica alors que le monstre plantait ses crocs sans sa chair. Et le bruit mon dieu, le bruit… Il allait hanter mes nuits à jamais. La voir à genou, de nouveau face à une bête me déchire à l’intérieur. Mes jambes flageolent, la folie et la violence ambiante auront bientôt raison de moi. Cette fois, je ne pourrais pas bénéficier de l’effet de surprise. Le monstre sait que je suis là. Je suis couverte de sang, le mien, celui de l’autre et trop loin pour que mon arme de fortune soit efficace. Alors j’attrape le premier objet contondant venu. Une pierre à l’arrête qui semble suffisamment tranchante. Pas trop lourde pour que je puisse viser mais, je l’espère, suffisamment pour blesser. Et je la jette de toute mes forces contre la bête, forçant sur ma jambe, visant la tête et appelant de toutes mes forces un miracle.
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MessageSujet: Re: Event #4 - The Forest    Hier à 17:01



The Forest
Event #4
J'avais eu un espoir. Quand la créature suivit le capteur bourdonnant, se jetant dessus comme un lion affamé. Les deux autres le regardaient faire. Non... Il l'avait déchiqueté. Super, j'allais jamais la récupérer la caution, maintenant... Pourquoi ils n'y avaient pas été tous les trois ? Ça nous aurait laissé le temps de courir avec Aristotle et le vieux Gilles... Je commençais à être témoin de l'intelligence dont pouvaient faire preuve ces bêtes. Et de leur force... C'était effrayant. Effrayant. Qu'est-ce que c'étaient que ces choses ? Elles avaient avalé toute une forêt. Et maintenant elles avaient pris en embuscade un groupe conséquent d'adultes, la plupart armés. D'où pouvait venir ce genre d'espèce ? Qui avait pu les importer ou les créer ? J'étais venue pour trouver des réponses, j'avais encore plus de questions qu'avant. Néanmoins, j'allais bien vite les oublier.

Les deux autres monstres se tournèrent vers moi. J'avalai douloureusement ma salive. Oups... Est-ce que ces créatures possédaient le sentiment de rancune ? La dernière chose que je voulais, c'était qu'ils comprennent que je les avais bernés... Mais bon... c'était bien parti pour.
En quelque secondes à peine, un des deux ouvrit sa gueule cisaillée, et l'empreinte des centaines de dents plantées dans sa chair rougeâtre me provoqua une sensation qui me prit à la gorge. C'était... c'était pas naturel. Mon esprit semblait vouloir lutter contre leur apparence. Et cette image s’imprégna dans mon esprit plus que je ne l'aurais voulu. Heureusement pour moi, j'avais quelque peur sur-estimé leur supposée intelligence. Le deuxième se jeta sur le premier avant qu'il ne puisse m'atteindre. À l'exception près que le premier avait lacéré ma poitrine en long avant de s'étaler au sol avec son frère.

J'avais entendu mon cri, et franchement je ne savais pas que j'étais capable d'un tel son. C'était comme s'il était venu de mes entrailles, brûlant presque mes cordes vocales. La douleur avait été comme un éclair aveuglant. Je finis par tomber sur mes genoux, portant une main désespérée à mon t-shirt ruiné. J'avais l'impression qu'un milliard de seringues s'étaient plantées entre mes seins. La putain de cicatrice que j'aurais après ça... Mais il fallait que ça passe, c'était sur le coup. Merde... Serrant mes dents, j'émis un râle impatient, dans l'espoir de faire passer la souffrance plus vite. Peut-être que ma main n'aidait pas. Je la ramenai devant moi, tremblante. Tout ce sang...
Les monstres se relevaient... Et se jetèrent sur Aristotle. Je voulus crier et me jeter sur lui pour le repousser, mais la douleur m'envoya une nouvelle décharge et je ne réussis qu'à m'étaler sur un de mes avant-bras. Non... Putain... Je commençais à comprendre les animaux qui s'étaient fait sauvagement dépecer. Est-ce qu'on allait rejoindre les tas, nous aussi ? Un tas d'humains au milieu de tas d'animaux ? À quel putain d'enfer ça correspondait, ça ?

Puis il y eut un coup de feu. Un des deux monstres se retrouva gravement blessé. Une lueur d'espoir passa enfin dans mes yeux. En tournant ma tête, je pus voir mon voisin.

« Mike ! me réjouissais-je dans un souffle.

Parler me faisait mal. Je sentais ma cage thoracique s'enflammer au moindre mouvement. Il fallait que je prenne sur moi. J'avais encore une chance de sortir d'ici vivante et de tout mettre sur le papier. Cette fois, ils n'allaient pas laisser d'autres abrutis mettre ça sur le dos d'une fuite de gaz. Mais j'aurais aimé avoir plus de preuves... plus de réponses... c'était ce que j'étais en train de penser lorsque la bête que Mike avait shooté se reculait dans les bois, vaincue. Pendant quelques secondes, j'avais pensé être sauvée. Hélas.
C'était sans compter son jumeau maléfique qui ne m'avais pas oubliée, lui. La surprise rendait le tout plus horrible. Il y a des fois où votre vie bascule du tout au tout en quelques fractions de secondes. C'était une de ces fois. Une fois dont je ne me souviendrais pas. Mais qui aura des conséquences sur tout le reste de ma vie. Comme quoi.
La bouche de la bête rencontra mon crâne. Lorsqu'on voyait cette multitude de crocs, instinctivement on se demande ce que ça ferait s'ils nous rencontraient. S'ils se mettaient à nous les enfoncer. À quel point ça ferait mal. Maintenant, je le savais. J'étais en train de connaître cette putain de souffrance. Mais la peur était encore plus forte. Je n'allais quand même pas survivre... à ça !

Il s'accrochait à ma tête comme à une bouée, ou plutôt comme à un os à ronger. Est-ce que j'aurais encore des cheveux, au moins ?! Pensée évanouie en une seconde lorsque sa prise se resserra et me fit hurler une nouvelle fois. Je commençais à paniquer, à désespérer, ne pouvant retirer la bête de mon crâne, ni en l'agrippant, ni en me débattant. L'impuissance fit couler des larmes sur mes joues, qui allaient bientôt se mélanger au sang dans un tragique cocktail organique. Mes suffocations réveillaient ma plaie au thorax, mais comparé à ce qui me pompait le cerveau, j'en avais plus grand chose à faire à présent. Que quelqu'un... que quelqu'un m'enlève cette chose... par pitié... jamais je ne m'étais sentie autant en détresse... sur le point de... Ses crocs. Est-ce qu'ils étaient enfoncés dans mon cerveau à ce niveau ?! J'avais peur que mon crâne s'arrache en même temps que lui. Combien de plaies allais-je avoir ? Combien de temps...


*PAN*


Mes oreilles sifflèrent. Je n'entendais plus rien. Je sentais seulement un liquide chaud couler sur moi pendant que la prise de la bête semblait lentement disparaître. Mais alors que mes blessures étaient libérées, à l'air libre, je sentais ma conscience doucement partir. Je ne sentais plus rien. Je n'entendais plus rien. L'odeur des cadavres ne parvenait plus jusqu'à moi. Je commençais à être déjà loin. Je ne pouvais pas écouter le vieux Gilles paniquer en répétant mon nom. Tout comme la bête qui venait de manger ma boîte crânienne, je finis par m'étaler doucement sur les feuilles et la terre. Doucement, c'est ce qui me semblait. Tout tournait, et l'obscurité s'épaississait. Parfois, des pointes de rouge teintaient les arbres. J'étais couverte de sang. Tout ce que je pouvais percevoir, c'était le pantalon de Mike. Dans un dernier effort, je tirai faiblement dessus à deux doigts, puis finit par lâcher assez vite.

- Walter... » murmurais-je.

Mon cousin... mon frère. Il était là aussi, je l'avais vu... ma dernière pensée fut pour lui. Qu'il s'en aille. Que le vieux Gilles s'en aille. Que Mike s'en aille. Qu'Aristotle s'en aille. Allez-vous en. Moi je fermais mes yeux. Je savais qu'il ne fallait pas. Mais c'était au-dessus de mes forces. Bientôt, plus aucun arbre n'apparut dans mon champ de vision. Plus rien. Mon bras heurta la chaussure de Mike. Ce soir n'existait plus.

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MessageSujet: Re: Event #4 - The Forest    Hier à 17:09

Le cataclysme s'était abattu sur eux comme le Jugement Dernier promis par le prêtre O'Leary quelques mois auparavant. Rien ne semblait arrêter les monstres : ni les coups, ni les balles, ni même la fusée éclairante lancée par Josh au cœur de la débandade. Rien. Ils étaient partout, animés d'une rage de vivre qui la terrifiait. Comment s'échappait-on de ces griffes ? Comment Walter était-il revenu de ça ? Comment allaient-ils faire, ce soir ?

Ces pensées furent interrompues par l'arrivée en scène de deux gamines dont elle reconnaissait tout juste les traits – trop sages pour traîner au pub, sans doute. Effarées, tremblantes, mais vivantes. Le constat rassura Evie plus que de raison, et elle s'approcha d'elles sans lâcher les bêtes des yeux, remarquant ainsi le coupe-papier dégoulinant de sang que tenait la petite blonde dans sa main gauche. Elle lui adressa un regard plein d'admiration, sans pour autant prononcer un mot. Le temps des félicitations viendrait plus tard. Pour l'heure, il leur fallait survivre. Tandis que Bartholomew proposait son plan d'action, elle offrit un sourire réconfortant aux deux lycéennes.

« Allez-y. Ça va aller. »

Mais le destin avait décidément beaucoup d'humour ce soir, et les promesses seraient bientôt brisées sur les écueils d'une réalité qui avait viré au cauchemar. Leur course commença pourtant avec une étonnante simplicité. Les adultes derrière, les adolescentes devant. Une sécurité maximisée pour les plus jeunes. Evie sentit son cœur se serrer à l'idée d'être séparée de Walty, mais elle se raisonna bien vite. Chercher à le retrouver causerait plus de tort qu'autre chose, le mettrait plus en danger encore et ne serait d'aucune utilité autre que la rassurer. Il avait déjà survécu à ça. Il survivrait ce soir aussi. Elle devait lui faire confiance.

Le gosse Holland aussi a survécu, regarde où il en est.

Son cœur se serra, et elle lança un regard en arrière, irrémédiablement attirée par la moitié d'elle-même qui se battait elle aussi pour sa vie et celles des autres. C'est là que survint la catastrophe. La jeune femme les vit et sut. Elle sut que leur plan avait échoué sans pouvoir réagir. Elle remarqua l'élan furieux de la bête qui allait se ruer sur Bart d'un instant à l'autre.

« ATTENTION !!! »

Mais rien ne servait de crier. Rien ne servait de courir. L'échec fut total. Le monstre se jeta sur le professeur, gueule béante et folie meurtrière. Craquement. Les os se brisèrent, se disloquèrent. Hurlement de douleur. Ce souvenir la hanterait sans doute à jamais. Pourtant, en dépit de sa terreur, en dépit de son impuissance, Evie se jura de réagir. Et elle le fit.

Prenant son couteau en main, elle courut vers son compagnon d'infortune, jeté au sol par la puissance dévastatrice de son prédateur, prête à en découdre. Un coup dans la nuque. C'était tout ce qu'il lui fallait. Une ouverture. Gagner ne serait-ce qu'une minute. Elle n'en eut toutefois pas l'occasion. Le sauveur de Bartholomew fut en réalité un autre de ses bourreaux, combattant son frère pour le trophée final. Les coups pleuvaient entre les chiens infernaux, grognements furieux et dents acérées, griffures sauvages et morsures profondes. C'était l'occasion ou jamais.

Elle se précipita vers le professeur et s'accroupit devant lui, glissant une main sous son aisselle valide pour l'aider à se redresser, poussant de toutes ses forces contre la terre baignée d'hémoglobine afin de le soulever au moins en partie.

« Allez, allez.... »

Ce n'était pas avec ses cinquante kilos toute mouillée qu'elle allait réussir, pourtant. Elle ne faisait pas assez de sport pour ça et, quand bien même, elle ne pouvait pas porter l'homme sur toute la longueur de la forêt. Elle allait avoir besoin d'aide.

« Jo- »

Elle écarquilla les yeux en voyant son ami être attaqué. Non. Non non non. Elle refusait de perdre quiconque dans cet Enfer. Elle refusait de voir les gens qu'elle aimait mourir. Impossible. Elle passa à deux doigts de se ruer vers lui, se retenant tout juste en songeant qu'on n'abandonnait pas un blessé ainsi.

« JOSH ! CA VA ?! »

Oh, Josh s'en remettrait. Il avait mal, il était blessé, mais il guérirait. Tant que le monstre ne l'attaquait pas de nouveau, tout irait bien... Enfin plus ou moins. Elle l'espérait. Pourvu qu'il ait une arme, pourvu qu'il puisse se défendre...

« Allez, Bartholomew, ça va aller, viens, vite ! JOSH, VIENS M'AIDER ! TU PEUX MARCHER ? »

C'était le bordel. Elle ne voyait pas comment le formuler différemment. Rien ne se passait comme prévu, rien n'allait dans leur sens. Au contraire. Evie se demanda s'ils n'auraient pas mieux fait de rester sagement à leur place. La suite des événements allaient lui donner raison. Le hurlement d'une gamine lui fit relever les yeux. Son sang était glacé, son cœur bloqué. La situation venait de prendre une tournure plus ténébreuse encore. Ce qu'elle venait de voir lui arracha un hoquet d'horreur.

La gosse brune était à genoux, le flanc gauche en sang et un chien infernal prêt à l'achever. Evie était trop loin d'elle pour la sauver. Elle allait assister à la mort d'une enfant. Des larmes grimpèrent à ses yeux sans qu'elle ne puisse se détacher de la scène. Non. Non non non... Mais c'était sans compter sur le courage de la petite blonde. Une pierre serait d'une triste inefficacité, pourtant elle aurait le mérite de détourner l'attention du monstre. Sur elle.

Quelqu'un devait réagir. Maintenant. Stopper le massacre. Renverser la cadence. Ils étaient cinq contre cinq. Seuls deux d'entre eux – peut-être trois – étaient armés.

« Josh, occupe-toi de Bart ! »

Evie pesait cinquante kilos toute mouillée et mesurait moins d'un mètre soixante-dix. Evie était d'une stature frêle depuis toujours et cela ne l'avait jamais dérangée. Ce soir pourtant, elle aurait tout donné pour être plus forte, plus puissante.

Joshua était blessé, mais il restait plus fort qu'elle. Il pourrait faire reculer Bart... à condition que cela n'attire pas leur attention. Alors elle se décida. Saisissant la lame, elle déchira sans douceur la chemise dégoulinante du professeur, des excuses au bord des lèvres. Pas le temps pour la délicatesse. Elle enroula le vêtement souillé sur lui-même pour en former une boule suintante de sang. Pour plus de crédibilité, elle s'autorisa même à appuyer avec sur la plaie béante du blessé, épongeant l'hémoglobine pour l'aider en même temps qu'elle peaufinait son plan.

Qui avait intérêt de fonctionner, cette fois...

La balle improvisée, dégoulinante, fut saisie entre ses doigts. Evie regarda le troisième monstre, celui qui avait si vilainement touché son ami, et tenta de se rappeler de ses techniques de volley-ball au lycée. Elle déglutit. Lentement. Puis lança.

Le tissus atterrit à quelques centimètres à peine du monstre, teinté de l'odeur de Bartholomew, source l'espérait-elle de la convoitise des deux autres. Pour la première fois, Evie s'autorisa à prier.

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Freedom
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MessageSujet: Re: Event #4 - The Forest    Aujourd'hui à 1:54

Il n’y avait que Claire pour m’embarquer dans ce genre de plan foireux. Si n’importe qui m’avait exposé une théorie aussi fumeuse aux relents conspirationnistes, j’aurais levé les voiles à la moitié de l’exposé. Seulement voilà, cette petite tête blonde m’avait hypnotisé et, encore maintenant, je ne savais pas vraiment comment s’était arrivé. Je l’avais donc écouté jusqu’au bout, moyennement convaincu. Mais bien sûr, il était hors de question que je la laisse partir à la chasse au monstre imaginaire en pleine forêt toute seule. Cette histoire de photo déposée ne me disait rien qui vaille. Qui faisait ce genre de mise en scène sérieusement ? Un des trop nombreux illuminés de la ville qui cherchait à effrayer son monde ?

Je m’étais donc équipé du matériel de base de l’expédition nocturne quand on est un habitué des bas fonds d’Aster Cove et villes environnantes. J’avais accroché une lampe torche à ma ceinture et ajouté mon zippo et mon couteau à cran d’arrêt dans la poche de ma veste en cuir. J’avais ensuite tendu mon casque à Claire. Je n’en avais qu’un mais il était hors de question qu’elle prenne le moindre risque. Il allait vraiment falloir que je pense à lui en acheter un si ces balades devaient devenir une récurrence.

Suivant les indications de Claire, je ne prenais pas la route principale qui nous aurait permis d’atteindre directement le point de rendez-vous mais je lui préfère de petits chemins forestiers. Une chance pour elle que je connaisse plutôt bien les environs à l’époque où je travaillais l’été pour un bucheron d’Aster Cove. Le chemin était difficilement praticable aussi devions nous rouler au pas. Je peux sentir les bras de mon adorable blonde enroulés autour de ma taille et son souffle sur mon cou.

Déconcentré de ma conduite, j’arrêtais l’engin avant de le stabiliser en posant un pied à terre puis je me tourne vers la demoiselle Shepard pour lui voler un baiser avant de l’accentuer. Le silence se fait autour de nous à peine perturbé par le chant d’un oiseau. Mais la quiétude est rapidement compromise et un cri terrible me fait me détacher de ma belle. Une femme apparait, je la connais, c’est une cliente. Uniquement de l’importation pour elle. Et de première facture. Les vêtements qu’elle a sur le dos valent à eux seuls un mois de mon salaire de vendeur et leur état me fend le cœur un instant. Quel gâchis. Elle est à bout de souffle et les monstres dont elle nous avertit de la présence ont tôt fait de la rattraper. Très vite elle se fait happer et le bruit d’os et de chair broyée me fait prendre une décision radicale. Elle serait un poids mort à trainer et n’était sans doute pas loin de rendre son dernier soupir. Entre sa survie et la nôtre, le choix est déjà fait. Il y a trop de sang, trop de chair broyée pour que je prenne le risque. Alors je sécurise les  bras de Claire autour de moi et remets le contact pour nous éloigner le plus possible du monstre. Il faut croire cependant que le rugissement du moteur l’a détourné de son festin car quelques dizaines de mètre plus loin et le voilà qui donne un coup de griffe dans le pneu arrière de ma moto qui continue malgré tout sa course folle nous éloignant encore un peu de lui avant de rendre l’âme. Il n’est pas loin et rien ne garantit qu’il se contentera de retourner vers sa victime initiale. Qu'est ce que c'était encore que ce bordel, PUTAIN!
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MessageSujet: Re: Event #4 - The Forest    

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