Dans la petite ville d'Aster Cove, des choses étranges se passent...

 
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 Event #4 - The Forest

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MessageSujet: Event #4 - The Forest    Mer 6 Juin - 19:32


Ce matin, toutes les boîtes aux lettres d'Aster Cove ont reçu un message. Petit papier glissé dans chacun des box de métal, ou même inséré entre des essuie-glaces, peut-être que vous l'avez même récupéré par terre, alors que le vent essayait de le porter, coincé entre deux graviers à vos pieds. En tout cas, une chose est sûre. Cette nuit, quelqu'un a traversé toute la ville pour délivrer l'information. Une information apparemment indigne de l'Aster Cover.

Citation :
Aster Cove,
Il est temps d'agir. Toute la ville nous ment. Les disparitions, la mort d'Amelia Pike, l'arrestation de Barrow, la fuite de gaz et la soi-disant normalité de la brume ? Vous n'y croyez pas non plus ? Alors ce message est pour vous.
Au dos de ce mot, vous verrez la chose qui a été prise en photo la nuit dernière. Celle de trop. Peut-être que vous l'avez vue avant de lire ces mots. Si vous vous demandez ce que c'est, voici votre réponse : la preuve que quelque chose de louche se passe en ville. Et ça commence par la forêt.

Rendez-vous demain à 23h à l'orée de la forêt côté ouest.

Je sais que la police sera au courant. Assistez-nous pour cette battue et prouvez nous que vous n'avez rien à cacher.

Le mot est écrit au dos d'un polaroïd photocopié et marqué :

Spoiler:
 

***

Que vous croyiez à tout cela ou non, que vous pensiez que ce coup n'est qu'un canular de mauvais goût, que vous ayez trouvé vingt explications rationnelles depuis, le fait est là : le jour est arrivé, et il est certain qu'une bonne partie de la ville sera au rendez-vous. Les premiers arrivants commencent à s'entasser discrètement, se demandant si c'est le bon endroit. C'est bien là. Certains se seront munis d'armes de fortune pour affronter une bonne fois pour toutes le mal d'Aster Cove. Vous regardant les uns les autres, vous vous demanderez sûrement qui a diffusé cette photo dans toute la ville. Qui a donné le rendez-vous. Piège ou bénédiction ? Qu'allez-vous trouver dans cette nuit du 6 juin à Lost Pine ?


Citation :
- Event guidé par maître de jeu qui interviendra tous les dix jours.
- Prochaine intervention du PNJ: le 16/06.
Event #4 - The Forest
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MessageSujet: Re: Event #4 - The Forest    Jeu 7 Juin - 0:02



The Forest
Event #4
Enfin. Je commençais vraiment à désespérer. Je me doutais que pour la plupart des gens, ça allait vite devenir une grosse blague, mais pour moi c’était une main tendue. Des mots qui lisaient dans mes pensées et dans, je l’espérais, plusieurs personnes dans la ville. C’était le moment de savoir qui était de quel côté à Aster Cove. Et il était temps. J’étais contente d’avoir récupéré le mot dans la boîte aux lettres avant ma mère et mon frère. D’un côté, je n’avais pas envie de les impliquer dans des histoires comme ça… Maman en avait déjà assez vu le jour des funérailles, ça m’avait fait assez mal d’avoir compris qu’elle avait vécu la même chose que moi, à sa manière. Elle ne m’a jamais parlé de ce qu’elle avait vu jusque là. J’avais abandonné l’idée de le savoir un jour. Et Oliver… j’étais déjà bien assez soulagée qu’il ne soit pas venu avec nous ce jour là. Pas question de l’embarquer ce soir non plus.

Instinctivement, j’avais glissé le mot dans ma poche à la lecture des premières lignes pour aller le déchiffrer dans ma chambre. Toutes ces lettres reflétaient ce que je pensais vraiment depuis des mois. C’était pas arrivé souvent. Je m’étais sentie comprise. J’avais même souri sous la surprise. Comme un sentiment de… soulagement. De pas être seule dans cette psychose. Au final, je me rendais compte que c’était important. Comme quand je discutais avec Jay, comme quand j’ai été voir Miss Bloodshire qui était pas si bizarre finalement, et comme quand Mack s’était un peu plus ouverte depuis son retour. Mais tout ça, c’était pas sans danger. Si le mot réchauffait un peu mon âme, le dos du carré de papier me flanquait une frousse incroyable. La chose entourée par le rouge du feutre était aussi familière qu’étrangère, et la qualité n’aidait en rien. Une bête sauvage ? Mais ça ne ressemblait pas du tout à un quelconque animal connu… Et puis… je sais pas. Plus je regardais l’image, plus je me sentais… Je sais pas… inconfortable ? J’avais fini par la retourner, puis la ranger. Je n’avais pas bien dormi cette nuit là. Alors que je recommençais à avoir un sommeil à peu près normal depuis février…

C’était peut-être depuis que j’avais acheté la batte, à vrai dire. J’avais même commencé à dormir avec, ayant presque peur que quelque chose vienne vraiment me rendre visite la nuit. Tout ça m’était monté à la tête, mais le fait de pouvoir frapper n’importe qui ou n’importe quoi qui pouvait interrompre mon sommeil me rassurait grandement. Heureusement, je ne m’en étais jamais servie. Mais cette nuit, même elle n’arrivait pas à me calmer. Ni elle, ni mon nouveau job à la radio n’arrivaient à occuper mon esprit après ça. Il y avait qu’une solution : affronter ce qu’il y avait dans la forêt et faire virevolter cette batte une bonne fois pour toutes.

Alors j’étais venue. 23h, à l’heure, sur mon vélo, armée de ma batte qui dépassait de mon sac à dos. Je ne savais vraiment pas dans quoi je m’embarquais, mais j’étais persuadée qu’il fallait que je le fasse. Je m’arrêtai à l’endroit du rendez-vous sans partir tout de suite de mon vélo, prête à détaler si quelque chose sortait des bois. J’étais une des premières, et l’endroit était vraiment sombre à cette heure-ci… Seul un vieux lampadaire éclairait faiblement les alentours, mais la lumière de la lune allait devoir suffire une fois le chemin emprunté vers Lost Pine. Mon coeur battait la chamade. La peur et la curiosité s’entremêlaient dans ma tête.

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MessageSujet: Re: Event #4 - The Forest    Ven 8 Juin - 12:54



THE FOREST
Event #4
Le réveil sonne dans un bip désagréable lorsque mon poing s'écrase dessus. Une nouvelle journée commence dans cette petite ville étrange, une nouvelle journée où ma seule interaction sociale ce sera Oksana. Une journée comme les autres, en soi. Après m'être douché, avoir enfilé un sweat-shirt sombre et avoir pris un million de choses inutiles dans mon sac à dos, je referme la porte de chez moi pour y trouver un mot coincé. La note virevolte, n'attendant rien d'autre que sa liberté. Je me penche pour l'attraper délicatement et poser mes yeux dessus.

Depuis qu'on est ici, il s'en passe des choses étranges. Faut dire, c'est pour ça qu'on est ici, mais celle-ci, je ne m'y attendais pas. Je froisse le papier entre mes mains, le glisse dans ma poche et cours chez Oksana, soit quelques mètres plus loin. Pas le temps d'attendre au laboratoire pour lui montrer ça, pas le temps d'attendre ce soir pour avoir son avis. Je serre les dents, rentre chez elle, lui colle le mot à quelques centimètres de la figure. J'en suis persuadé, on nous a découvert. J'en suis persuadé, le monde est contre nous et les habitants de cette ville vont nous vider de nos entrailles pour en faire des offrandes à la brume, ou un truc du genre.

Ou alors je regarde trop de choses bizarres. Du moins c'est l'avis d'Oksana. D'un commun accord dans lequel elle est bien plus d'accord que moi, on décide de s'y rendre, tâter le terrain. Elle dit qu'il faut se fondre dans la masse, elle articule probablement que tout ira bien. Personnellement, je mise plus sur le piège. Celui qui fait que des tonnes de gens sont réunis et les extraterrestres les enlèvent. Ou alors, pire que ça, on se retrouve à s'entre-tuer parce que tout le monde est persuadé que celui d'en face est le problème. Statistiquement, il y a quatre vingt quatorze pour-cent de chances que ça tourne mal.

Après une journée passée ensemble, à débattre, à élaborer des plans et des non plans, nous voilà désormais à quelques minutes de l'heure convenue. Mon doigt s'écrase sur l'épaule d'Oksana, comme un gamin terrifié et je murmure, la voix qui déraille. « Faut y aller, on va être en retard. ». Quelques secondes et nous voilà partis. Rien de compromettant sur nous, du moins sur moi, et Oksana m'a promis qu'elle ferait pareil, mais c'est Oksana, alors on sait jamais trop.

Dans ma poche de veste, un simple trousseau de clefs que je serre violemment entre mes doigts, comme un poing américain de fortune. De quoi faussement me rassurer, faussement se sentir protéger. Lorsque l'on arrive, une silhouette se dessine peu à peu. Raclant ma gorge pour lui signifier notre présence – cherchant à éviter une réaction disproportionnée ou que sais-je, je finis par continuer de m'avancer vers la blonde qui a tout, sauf l'air rassuré.

Un sourire un peu maladroit qui s'affiche sur mes lèvres et toute mon énergie qui se regroupe pour ne pas faire n'importe quoi, rester cet humain normal, capable de sociabiliser correctement. Elle est jeune, la belle, trop jeune pour risquer sa vie ce soir. Je me mords la lèvre et maladroitement, je finis par dire. « Salut... J'suis Evans et elle, Oksana. T'attends quelqu'un ? »
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MessageSujet: Re: Event #4 - The Forest    Sam 9 Juin - 19:13

Assis sur mon fauteuil, je tournais dans tous les sens la photo que j'avais trouvé ce matin dans ma boîte au lettre. Au début je m'étais demandé pourquoi on m'avais donné une image prise dans la forêt. La lecture du mot inscrite au dos m'avais ensuite guidé et je m'étais retenu de m'asseoir sur le perron suite au choc, au souvenir que cela m'avais fait. J'allai un peu mieux depuis l'attaque à l'église, je n'avais parlé de ça à personne en dehors de Camelia et puis voilà que quelques mois plus tard, quelqu'un revenait à la charge. Blague ou non ? Peut être. Il y avait bien quelque chose d'étrange sur cette photo mais pas assez nette pour que je puisse dire qu'il s'agissait de cette créature. Celle qui avait partagé mes nuits sans mon consentement. Je pensais le pour et le contre, y aller ou non. L'idée de faire face à nouveau à ce monstre et à ses griffes, ne m'inspirais pas vraiment. Et si ils mangeait les habitants ? On était beaucoup ce jour là, mais il y avait de fortes chances que des étrangers aux funérailles y soient, en quête d'adrénaline. C'était mon rôle de professeur de les avertir du danger.
Le lendemain, après que la nuit était tombé sur Aster Cove, je foulais l'orée de la forêt. Je n'avais pas pris d'arme avec moi, me souvenant des coups de feu inutile de l'agent. A vrai dire, je ne savais plus trop comment elle était partie. Il n'y avait pas encore beaucoup de monde, je reconnaissais Victoria, qui était accompagné d'un jeune homme et d'une jeune femme que je ne connaissais pas. Visage familier dans cette nuit qui s'annonçait surement agitée, je m'approchais de mon élève.

- Victoria ! Bonsoir, je suis Bartholomew mais vous pouvez m'appeler Bart

Me présentais je aux deux autres adultes, après être arrivé au côté de l'adolescente. Est ce que ses parents étaient au courant qu'elle était ici ? Surement que non. Qui laisserait sa fille partir à la chasse au monstre en pleine nuit ?

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MessageSujet: Re: Event #4 - The Forest    Dim 10 Juin - 12:04

C’était complètement stupide, je le savais. Suivre les indications d’un polaroïd qui convenait d’un rendez-vous dans un endroit louche ? Est-ce que j’avais complètement perdu la tête ? Mais la personne qui avait rédigé ce mot m’avait eu au mot disparition. Parce que je voulais savoir. Je voulais connaître la raison qui m’avait privée de sa présence pendant si longtemps. Et comme bien souvent, penser à lui me donnait un courage que je n’avais pas. Je savais que le monde était peuplé de monstres tapis dans l’ombre. Jusqu’à ce cliché, je pensais simplement que tous les monstres avaient visage humain. J’avais beau ne pas y croire, ne pas vouloir y croire. J’étais quand même venue. Comme si au milieu de tous mes silences, de tous mes mensonges, une part de moi commençait enfin à exiger la vérité et commençait par quelque chose d’extérieur. Un jour, peut-être, cette graine de courage pourrait fleurir et j’arriverais à raconter mon histoire. Mais ce jour n’était pas arrivé.

J’avais trouvé le message sur mon pare-brise alors que je faisais des courses pour ma mère. Un rapide coup d’œil aux alentours m’avait fait réaliser que tous les autres véhicules avaient subi le même traitement. Quelqu’un s’était semble-t-il donné beaucoup de mal pour rassembler la population. Une fois de retour à la maison, j’en avais aperçu un exemplaire dans la poubelle. J’avais interrogé ma mère qui parlait d’un canular, d’une idiotie des gosses du quartier. Probablement nos nouveaux voisins. J’en doutais fort mais je gardais mes impressions pour moi. Maman n’aimait ni le désordre ni qu’on ne soit pas de son avis. Elle était bien trop têtue. J’avais lu et relu le message jusqu’à le froisser. Et puis, j’avais fini par prendre ma décision.

Rassemblant le peu de courage que j’avais, je m’étais faufilé hors de la maison, mes clés à la main. C’était la première fois que je faisais le mur. Ma vie sociale s’était largement améliorée depuis le début de l’année mais ma mère ne me refusait jamais une soirée, trop contente que je sois enfin sortie de ma coquille. Ce soit, c’était différent. Les battues ne faisaient pas vraiment partie de ce que ma mère trouvait convenable pour une jeune fille. Je me garais donc non loin du point de rendez-vous. J’avais enfilé une tenue moins sophistiquée que ce dont j’avais l’habitude sans pour autant paraitre négligée. J’étais maquillée pourtant, ne pouvant faire face au monde sans cette armure protectrice. Mes peintures de guerre comme disait mon petit frère. S’il savait seulement à quel point il avait raison.

D’un pas incertain, je me dirigeais vers les quelques voix que je pouvais entendre avant de me figer, effrayée. J’avais d’abord aperçu les deux hommes, ce qui provoqua chez moi un pic de terreur tandis que je me figeais, tremblante, à quelques mètres d’eux. Je connaissais bien l’un d’eux, professeur de mon lycée, mais la vie m’avait appris que ce n’était pas parce qu’on pensait connaître une figure d’autorité qu’elle ne pouvait pas nous faire du mal. Je serais donc très fort mon fidèle coupe papier, aiguisé comme jamais, qui ne quittait plus ma poche depuis des années.

Ces alors que je les aperçu, la femme d’abord, ce qui me permis de reprendre ma respiration que j’avais stoppée sans même m’en rendre compte, puis Victoria un peu plus loin. Mon regard se verrouilla sur le sien. Je restais néanmoins tendue, silencieuse. Pas vraiment sure de savoir ce que je faisais et pourquoi j’avais décidé de venir ici. Seigneur, venez moi en aide.

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MessageSujet: Re: Event #4 - The Forest    Mar 12 Juin - 23:13

Dix heures du matin et, déjà, Evans qui jacassait à lui en filer mal au crâne. Tentant de lorgner sur la note qu'il agitait au bout de son poing, Oksana finit par la lui arracher. Quelques mots, une photo. Rien de très probant, si ce n'était cette étrange silhouette qui se dessinait entre les arbres. La cryptozoologie, ce n'était pas franchement son domaine d'expertise, et pourtant. Pourtant son cœur avait fait un bond et elle avait répondu aux élucubrations insensées d'Evans avec un sourire plein de dents, parée à étudier la photo pour analyser toute trace de falsification.
Parce que si elle était vraie, elle était là, la première piste concrète qu'exigeait ACME. Après des mois entiers sans grand chose de particulièrement probant à se mettre sous la dent, le courrier anonyme avait de faux airs de providence. Alors peu importaient toutes les grandes théories de son partenaire. Il y avait quelque chose à creuser, et si la note disait vrai, ils avaient tout intérêt à attendre vingt-trois heures tapantes et rejoindre le point de rendez-vous.

Bien évidemment, elle n'avait rien écouté de ce que disait son compagnon. Parce qu'Oksana était déjà partie, dans sa tête comme dans son cœur. A mesure que la journée filait et que le petit blond blêmissait à vue d’œil, l'excitation montait en flèche. Jusqu'à ce que le gong finisse par sonner, qu'elle fourre une paire de gants, une paire de minuscules boites hermétiques en plastique, une pince à épiler et un scalpel enroulé dans son foulard au fond de ses poches. Son fort accent avait peut-être enrobé son injonction lorsqu'elle annonça qu'ils filaient. A moins qu'elle ne se soit tue et se soit contentée d'attraper Evans par le bras pour le tirer à sa suite, un sourire dément menaçant d'envahir son visage rond, comme à leur habitude.

La nuit était douce, malgré le climat. Dégagée, suffisamment pour parvenir à remarquer qu'ils n'étaient pas seuls en arrivant sur les lieux. Une blondinette plutôt mignonne attendait déjà à l'orée de la forêt, ses grands yeux balayant les alentours. La Russe retint un grognement, se tenant volontairement en retrait derrière son collègue. Fourrant ses mains au fond des poches de son blouson, elle laissa à Evans le plaisir de faire les présentations. Embrassa les lieux d'un regard circulaire avant que son attention ne soit captée par un nouvel arrivant. Nouveau grognement.
Plus on est de fous, plus on rit, il paraît. Sauf qu'en ce qui concernait leurs petites affaires, et, surtout, leurs recherches, plus ils étaient de fous et moins Evans et elle-même auraient de possibilités d'explorer tranquillement leur piste.
Quand l'homme s'annonça, elle dévisagea une seconde les grands yeux clairs et les longs cheveux bouclés avant de tenter un sourire tordu. Tendit une main prétendument civile vers le fameux Barry... Bartholo... Bart. Victoria. Il fallait retenir tous ces noms, chose ardue en sachant qu'il lui avait fallu plus de deux mois avant de se souvenir qu'Evans préférait s'appeler Evans et non pas Aristotle Johnovitch. Les Américains et leur incivilité crasse. Elle était toutefois reconnaissante au chevelu de vouloir se faire raccourcir son prénom. Avec son accent à couper au couteau, le prénom du gourgandin était imprononçable pour la Russe.

Une autre jeune femme finit par approcher, l'air incertain. Silencieuse, timide ? Oksana l'évalua posément à son tour, capta le regard qu'elle lançait à la jolie blondinette. Si elles semblaient se connaître, peut-être que la première arrivée finirait par faire gracieusement les présentations pour sa camarade méfiante. Ou peut-être que ce n'était pas à l'ordre du jour.

-Vous aussi vous avez eu le mot ?

Non, en vérité c'était tout sauf l'ordre du jour. La question était partie toute seule, lourde de sens. Après tout elle n'avait pas vérifié sa propre boite aux lettres, Evans ayant été suffisamment persuasif pour qu'elle prenne son courrier pour argent comptant. Avec toute cette population à l'orée de la forêt, à vingt-trois heures par une nuit fraîche, il ne pouvait pas y avoir d'autre explication. Mais dans le doute, autant savoir si sa théorie était exacte.

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MessageSujet: Re: Event #4 - The Forest    Ven 15 Juin - 17:37









Event #4



Merde.

C’était tout ce qui venait à l’esprit de Mackenzie depuis qu’elle avait lu ce fichu mot au dos d’un polaroid. Elle se répétait ce juron en boucle dans sa tête, ça et qu’elle n’irait pas. Elle avait déjà donné dans toutes ces conneries surnaturelles, c’est bon. Elle n’était pas prête de remettre les pieds dans un traquenard si évident. Elle s’était déjà retrouvé couverte de mucus une fois et gardait une marque sur son bras de ce fâcheux incident. Et puis au fond, elle était aussi terrifiée que si elle se mettait à reparler de tout ça, autrement que dans l’intimité d’un poolhouse avec sa meilleure amie, ses parents la renvoie en “ Italie”.

En réalité, elle n’avait même pas quitté l’état. Ses parents l’avaient fait enfermer, jusqu’à ce qu’elle arrête de raconter ses “ bêtises “ farfelues. Pourtant, des preuves concrètes, elles n’en manquaient pas. Elle n’arrivait pas à croire que les lacérations de son bras aient été faites par un Aster Covien en train d’halluciner. Et puis, il y avait son arc. Même si elle n’avait jamais pu récupérer celui qu’elle avait ramené de cet… Autre monde, perdu dans l’église, elle savait qu’il était réel. Et pourtant, une fois rentré chez elle, son arc l’attendait à sa place, et comme neuf, pas décrépit comme celui qu’elle avait prit pour se défendre. Et enfin, il y avait le mucus. Ca, ils ne s’étaient même pas dérangés à essayer d’y trouver une quelconque explication…

Alors au début, elle ne lâchait rien. Elle racontait son histoire en boucle, elle hurlait, se débattait. Mais rien n’y faisait. Personne ne voulait la croire, on lui expliquait en boucle qu’elle s’était cognée la tête et avait halluciné. Parfois gentiment, parfois en y mettant un peu plus de force quand elle insistait trop. Elle avait mit environs un mois, avant d’abonner totalement. Elle avait finit par comprendre que pour partir, il fallait qu’elle garde un profil bas et se taise. Qu’elle s’éloigne le plus possible de tout ça. Et une fois revenue chez elle, elle avait sagement écouté ses parents qui lui avaient conseillé de continuer comme ça. Et ils avaient raison après tout, tout ça, c’était mauvais pour la campagne de son père comme la sienne.

Alors elle avait repris ses petites habitudes et était revenue comme une fleur au lycée, après un sois disant voyage en Italie fait pour aller mieux après ces traumatisants événements. Elle faisait comme si de rien n’était, comme si elle n’était jamais partie. A la différence peut être qu’elle s’intéressait de moins en moins à faire des plus faibles ses martyrs. Oh, elle n’empêchait pas les autres de le faire pour autant, mais disons qu’elle en était moins l’instigatrice qu’avant. Elle avait bien mieux à faire de toute façon, il fallait qu’elle rattrape le temps perdu pour sa campagne. Tout ça n’allait pas l’empêcher de devenir Prom Queen après tout.

Alors elle n’allait certainement pas écouter ce fichu polaroid qui lui donnait rendez vous, ça non. Où peut être que… Non. Elle refusait. Mais il fallait bien l’admettre, ça titillait sa curiosité. Même si elle s’était elle-même plongé dans le déni, elle savait que ce qu’elle avait vu était vrai. Et même si elle avait peur d’empirer les choses, c’était peut-être sa chance de prouver à ses parents, et à elle-même, qu’elle n’était pas folle… Et de le voir une seconde fois par elle-même. Et merde. Elle allait sûrement le regretter, mais finalement, elle décida d’y aller. Avant de partir, elle attrapa son arc. Cette fois, elle n’aurait pas peur. Cette fois, elle n’hésiterait pas.

Lorsqu’elle arriva, elle aperçut un petit groupe de personne au loin. Son estomac se tordit légèrement, c’était peut-être un piège après tout. Mais son coeur se réchauffa en distinguant de petites tête blondes parmi les gens. Scarlet et Victoria. Il ne manquait plus que Claire et sa triade au complet serait là, à ses cotés. Enfin, maintenant qu’elles étaient quatre, triade n’était peut-être plus approprié, mais elle s’en fichait, ce n’était pas ce qui comptait. Sans un bruit et sans un mot, elle se glissa au côté de Victoria, faisant face à leur… Professeur d’anglais. Toute la ville avait elle reçut le même mot qu’elle ? Remarque, il était à l’église lui aussi, elle s’en souvenait… Elle décida tout de même de garder le silence, ne sachant pas trop quoi dire, de toute façon.






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MessageSujet: Re: Event #4 - The Forest    Ven 15 Juin - 23:16

"AH PUTAIN DE MERDE !" Grâce aux fenêtres grandes ouvertes, les voisins ont probablement pu entendre ce cri sorti du cœur. Michael vient de se cogner l'orteil sur le bord d'un meuble de la salle à manger en transportant un carton trop gros pour lui permettre une vue dégagée sur son chemin. Il n'est pas encore habitué aux murs de cette maison, et il ne s'y habituera jamais. Ça non, têtu comme une vieille mule, il mettra un point d'honneur à ne jamais se sentir chez lui ici. Il a détesté Aster Cove dès la première seconde et il la détestera jusqu'à la dernière. C'est décidé et écrit dans son destin, il le sait, il le sent.

Furieux dès le commencement de sa journée, il abandonne son carton en plein milieu de la pièce, bondit maladroitement quelques instants à cloche-pied en pressant son pied douloureux dans ses mains, et finit par s'échouer sur le canapé salvateur. Lui, il est à la bonne place. Le détective soupire comme un survivant affalé sur le sable chaud d'un îlot perdu après un terrible naufrage. Il est tellement désespéré que les larmes auraient pu lui monter aux yeux s'il n'était pas si fâché.

En laissant sa tête reposer un instant sur l'accoudoir du canapé, il finit cependant par retrouver la paix. Il prête un peu attention aux bruits extérieurs et s'amuse à essayer de les identifier. Il n'est pas là depuis longtemps, il ne distingue pas encore les voix du quartier de celles des gens de passage. Finalement, son petit jeu prend fin lorsque l'estomac crie famine. Alors il quitte son refuge confortable et va chercher son courrier. C'est un rituel qui ne prendra pas fin, même ici : le petit-déjeuner s'accompagne de la lecture du journal du jour. Alors la première chose qu'il a fait en arrivant dans ce trou perdu, c'est s'abonner au journal du coin. Inintéressant la plupart du temps, à l'image de la ville.

Mais aujourd'hui, il y a plus dans son courrier. Il y a cette drôle de photo, qu'il manque de jeter avant de remarquer un mot inscrit au dos. Un drôle de mot. Le genre qui fait froid dans le dos mais qui reste assez excitant pour vous rendre curieux. Il l'observe un long moment, le lit et le relit. Il analyse chaque phrase en mangeant ses biscottes. En quelques minutes, il est convaincu : il ira. De toute façon, il n'y a rien de mieux à faire dans ce bled. Avec un peu de chance, il y rencontrera les tarés et les paumés du coin. C'est toujours bien de se familiariser rapidement avec eux quand on bosse pour la police.

Le soir, il prend soin de verrouiller sa porte à double-tour, au cas où ce mot soit une astuce pour le faire sortir de chez lui un moment - le temps de choper ses cartons de valeur par exemple. Faut croire que ce foutu métier l'a rendu parano. D'ailleurs, il n'a pas pu se résoudre à venir les mains dans les poches. Il a fallu qu'il prenne son arme, bien que cachée sous son sweater. Il ne veut pas se montrer désagréable, mais préfère tout de même se prémunir contre le gang de dealers d'organes du coin - on sait jamais, c'est plus courant qu'on ne le croit !

D'ailleurs, lorsqu'il arrive à l'orée de la forêt, il se félicite vraiment d'avoir été méfiant. C'est flippant comme endroit, et pas du tout aménagé de manière légale pour une réunion du soir. Où sont les lumières et les encadrants ? La musique et le buffet ? Bon, ok le mot ne faisait pas vraiment mention de buffet. Mais tout de même, les gens semblaient arriver de manière spontanée et peu joyeuse. Putain Mike tu es tombé dans une ville de tarés. Si ça se trouve, c'est un rite d'initiation pour les nouveaux arrivants, on va te forcer à livrer ton âme à Satan ou une connerie du genre... ! Pas vraiment à son aise, le détective continue tout de même à avancer d'un pas lent vers ces habitants peu chaleureux. La plupart parlent entre eux à voix-basse, mais ne semblent pas s'inquiéter particulièrement de sa présence. Bon...

"Euh... Excusez-moi, ça arrive souvent à Aster Cove ce genre de...truc ?" Il est hésitant sur le dernier mot, mais c'est tout ce qui lui vient. En espérant que la personne qu'il a choisi au pif pour poser sa question ne se sentira pas offensé par son manque d’enthousiasme pour leur soirée cheloue.
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MessageSujet: Re: Event #4 - The Forest    Sam 16 Juin - 16:24



The Forest
Event #4
Pour une fois que j’étais en avance, c’était quelque chose à marquer sur le calendrier. J’avais même garé ma voiture à quelques mètres du point de rendez-vous, histoire de pas être trop loin ni trop près non plus. Question de prudence anormale. J’imaginais déjà Walter se moquer gentiment de moi en disant que ça ne me ressemblait pas. Effectivement, mon cousin aurait tapé dans le mille. Mais je n’ai pas eu de conversation avec lui sur ce polaroïd qui mentionnait même la police. Le connaissant, je m’attendais même à ce qu’il soit le premier sur place. Est-ce que le contraire allait m’inquiéter ? Peut-être bien.

Posée dans ma vieille voiture, la fenêtre ouverte pour finir ma cigarette, je regardai une dernière fois la photo pulvérisée dans tout Aster Cove. Évidemment, ma curiosité avait été piquée, il en fallait bien moins que ça pour que Penelope Bishop aille investiguer les lieux. Néanmoins, je n’arrivais pas à croire à cette photo. N’importe qui pouvait truquer ça, d’autant plus que ce n’étaient que des photocopies. Pratique à diffuser, facile à arnaquer. C’était mon réflexe de journaliste de vérifier ma source, que voulez-vous. Non, ce qui m’intriguait le plus, c’était la personne derrière cette photo. Qui avait fait ça ? Est-ce que c’était un vieux fou à la Barrow ? Un malchanceux à la Josh ? Ou encore… carrément celui, celle ou ceux qui étaient derrière ces foutues disparitions ? Cette pensée me mettait un coup de fouet rien que d’imaginer toucher le mystère du doigt et coincer les maléfiques fils de p*te responsables de tout le bordel de la ville. Surtout que quelque chose sur la photo m’avait interpellée à force de la regarder. J’y voyais une silhouette et deux yeux. Au départ je me disais que c’était juste mon imagination qui comblait la répétition machinale des arbres. Mais au bout d’un moment, j’étais en train de me confirmer que quelqu’un était derrière tout ça. Et je rêvais de pouvoir le livrer dès demain matin à l’Aster Cover.

Relevant les yeux, je m’étais aperçue que les premiers arrivants étaient là. Enfin ! Mon visage s’illumina un peu. Je fourrai la photo dans mon sac à dos (j’avais aussi amené une lampe torche et un appareil bizarre que je voulais tester depuis longtemps) sur le siège passager et ouvrit la portière. Fermant la voiture et gardant les clés dans la poche de mon jean, j’entrepris de rejoindre le groupe tout en terminant ma clope. Le temps que je me rapproche, plusieurs personnes rejoignaient la troupe au compte-goutte, et une partie de moi était plutôt satisfaite de voir les personnes qui se souciaient du sort de la ville. Parfois bien trop jeunes, cependant. Mais il y avait Barth, mon cher voisin et d’autres gens qui m’intéressaient particulièrement…

« Euh... Excusez-moi, ça arrive souvent à Aster Cove ce genre de… truc ? demanda Mike à quelqu’un au moment où je rejoignis le groupe.

- Seulement quand la moitié de la ville disparaît, j’imagine, répondis-je sans y être invitée en lui tapant amicalement l’épaule. Penelope Bishop, enchantée.

Bien évidemment, je m’étais présentée aux deux seules personnes que je ne connaissais pas en ville. Ma main s’était tendue vers le jeune homme qui était plus proche à ce moment, mais mon salut valait également pour sa comparse. C’étaient eux qui m’avaient poussée à sortir si tôt de mon abri à quatre roues. Pour une fois, ils ne pouvaient pas m’éviter. Cette promenade nocturne s’avérait encore plus intéressante que jamais !
Cependant, je n’arrivais pas à me concentrer seulement sur eux. Les trois plus jeunes filles qui nous accompagnaient n’étaient qu’au lycée, et ça me dérangeait pas mal. J’arquai un sourcil en m’adressant à Barth.

- Je ne savais pas que vous aviez prévu d’en faire une sortie scolaire… »

Rien d’amer dans ma voix, j’étais tout simplement inquiète pour elles. Je ne savais pas ce qu’il y aurait à l’intérieur de cette forêt, et être responsable de gamines curieuses me mettait mal à l’aise. Moi, j’avais pas grand chose à perdre, au final… Mais elles...

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MessageSujet: Re: Event #4 - The Forest    Sam 16 Juin - 23:32


Très vite, le groupe plutôt conséquent des premiers arrivés se forme et les yeux scrutent les visages de chacun. Êtes-vous ici pour la même raison que votre voisin ? Est-ce que parmi ce petit échantillon des habitants d'Aster Cove, l'un d'entre vous est la source-même du polaroïd qui vous a guidé jusqu'ici ?

Une chose est sûre : vous ne le saurez pas en restant ici indéfiniment. Après l'arrivée du dernier protagoniste, ceux ayant eu la jugeotte d'amener une lampe torche l'allument, et c'est le signal que l'expédition peut commencer. Votre groupe est assez grand pour vous donner du courage et avancer, ou pour tout simplement suivre la masse et ne pas rester à la traîne. Même à l'orée de la forêt, qui sait ce qui peut vous arriver la nuit tombée ?
Votre groupe s'enfonce alors dans Lost Pine, l'entrée des bois formant une bouche noire béante vous attend et accueille vos pas crépitants de feuilles mortes et branchages perdus. Les lampes torches deviennent vos seuls moyens de vision au bout de quelques mètres seulement, et il faut dire que ce n'est pas le meilleur moyen de se rassurer. Les faisceaux lumineux projettent des ombres çà et là, et il va falloir commencer à rassembler son sang-froid pour ne pas tomber dans la psychose nocturne. Peut-être que la présence du groupe rassurera certains d'entre vous.

À mesure que vos pas unis vous enfoncent plus loin dans la forêt, vous pourrez vous rendre compte à quel point les bois sont vivants la nuit. Les chouettes se réveillent, gémissant des hululements sordides. Les bruissements qu'émettent quelques lapins tout proches vous indiquent un faux danger. Parfois, une silhouette de biche pourra même vous attirer l’œil avant d'avoir peur de votre escadron. Rien n'est rassurant, mais rien ne se passe de dangereux pour l'instant. Aucun signe véritable de la créature de la photo. Même si ce n'est que le début... Profitez-en pour habituer vos yeux à la lumière de la lune qui transperce les feuilles d'arbres, et à mieux connaître les membres de votre troupe. Peut-être que cela s'avérera utile, n'est-ce pas ?

Pour les retardataires, il est toujours temps de rejoindre la battue organisée. Si vous vous dépêchez, vous pourrez toujours apercevoir les lumières à quelques mètres, un pas de course suffira à ne pas vous perdre. Néanmoins, prenez garde pour la suite.

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Event #4 - The Forest
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MessageSujet: Re: Event #4 - The Forest    Lun 18 Juin - 22:28



The Forest
Event #4
Je m'attendais pas vraiment à pas connaître les deux premières personnes qui allaient me rejoindre. Depuis le temps que je vivais ici, je pensais avoir déjà rencontré tout le monde. Mais bon, les gens déménagent tout le temps, pas vrai ? Ça voulait pas dire que je tombais dans un piège, moi, toute seule la nuit à l'orée des bois... hein ? Un homme et une femme. Ce fut le premier qui se présenta.

« Salut... J'suis Evans et elle, Oksana. T'attends quelqu'un ?

Ils avaient pas l'air hostiles. Mais justement... il fallait peut-être s'en inquiéter ? Instinctivement, j'hochai la tête à la question de l'inconnu. Pas question d'avouer à qui que ce soit que j'étais venue seule ici, surtout pas à quelqu'un que je connaissais pas, à 23 heures.
Par contre, si je devais pédaler jusqu'à mourir sur mon vélo pour leur échapper, mon nom leur servirait probablement à pas grand chose.

- Victoria. Enchantée... j'imagine...

Pas le temps de poursuivre ma phrase maladroite, car une voix me coupa pour le pire ou peut-être le meilleur. Faisant écho à ma décision réduite à néant, il s'avérait que le prof d'anglais avait décidé de dévoiler mon identité de toute manière.

- Victoria ! Bonsoir, je suis Bartholomew mais vous pouvez m'appeler Bart.

Je ne cachai pas ma surprise de le voir ici, levant des sourcils inquiets. Merde, il m'avait décemment reconnue et c'était jamais bon de se retrouver après un prof après les cours... quoi ? J'avais mes principes. Mais ce qui m'étonnait le plus, c'est qu'il agissait comme si tout ça était normal. Bart ? Mais jamais j'aurais les balls de l'appeler Bart...
Ni moi, ni peut-être Scarlett et Mackenzie qui venaient également de se rejoindre au groupe. Ma mâchoire manqua de se décrocher. Voir mon... est-ce que je pouvais l'appeler encore meilleure amie ? ... ici, me paraissait plutôt logique, mais... Scarlett. Est-ce qu'elle l'avait emmenée ici pour s'en servir de bouclier ? Non, je rigole, je suis méchante là, mais... Damn. Le pire, c'est qu'elle s'était glissée là, sans un bruit. Pas d'entrée fracassante, Mackenzie style. C'est à ce moment là que j'abandonnai mon vélo une bonne fois pour toutes sur l'herbe en pagaille. Ici, personne ne volait un vélo en pleine nuit. Pas le temps de s'adonner à des retrouvailles, le groupe s'agrandissait à vue d’œil et le commencement sentait à plein nez. L'appréhension aussi.

- Vous aussi vous avez eu le mot ? demanda l'inconnue avec un fort accent russe qui me fit plisser le nez.

J'hochai lentement, naturellement la tête. Bon Dieu, et quel groupe on était... Rien de tout ça n'arrivait à me rassurer, mis à part la présence de Mack, qui avait même réussi à coordonner nos vêtements sans le savoir. Sacrée Mack...

- Je ne savais pas que vous aviez prévu d’en faire une sortie scolaire…

La voix de la journaliste ranima très vite mon anxiété. Néanmoins, il était temps d'avancer et les lampes torches s'allumèrent à l'entrée des bois. La bouche de la forêt... elle était vraiment effrayante la nuit. Mais il n'y avait pas que Lost Pine qui me faisait peur ce soir. Effectivement, elle n'avait pas encore commencé à me montrer ce qu'elle avait dans le ventre, mon esprit avait toujours le loisir de se balader ailleurs. Alors que l'expédition entrait tout juste dans les bois, je me rapprochai du professeur Caldwell en marchant.

- Dites... vous n'allez pas dire à mes... je portai un regard sur Scarlett et Mackenzie... nos parents... qu'on était là, hein ? Ma mère ferait une crise cardiaque ! »


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MessageSujet: Re: Event #4 - The Forest    Sam 23 Juin - 13:19

Je n’étais pas dans mon élément. Vraiment pas. Me faufiler au milieu de la nuit pour suivre des indications sibyllines, pénétrer seule dans une forêt… Ce n’était pas vraiment moi. Je n’étais pas courageuse. J’étais une trouillarde. Une lâche. En règle générale je n’affrontais pas les problèmes. Je les enterrais dans une petite boite jusqu’à nier leur existence. C’est ce qui m’avait permis de survivre jusque là. C’était aussi ce qui m’étouffait lentement comme si j’étais coincée sous une chappe de plomb. Alors, ajouter un peu de vérité dans mon monde. Une vérité qui n’était pas directement liée à mes traumatismes… C’était déjà un début.

Je me demandais bien ce que Victoria venait faire là. Etait-elle intriguée par tous ces phénomènes étranges ? J’avais entendu qu’elle était présente à l’enterrement d’Amelia. Comme Claire et Mack. De mon côté, j’avais un concours à l’autre bout de l’état ce jour là, je n’avais donc pas pu être présente mais je sentais bien que tout le monde en avait été traumatisé. Une autre des raisons qui aurait du me faire fuir loin de cet endroit. Au son de la voix de la jeune femme, je tournais brusquement la tête vers elle. Dans la poche gauche de mon gilet, en plus de mon coupe papier, je sentais le papier froissé qui avait été déposé sur mon parebrise et décidait de le sortir. Je répondais donc d’une petite voix.

« Oui… Je l’ai trouvé sur mon parebrise. »

Aucun autre son ne franchit mes lèvres car c’est cet instant que Mackenzie choisi pour faire son entrée. Tout en discrétion. Ces derniers mois, elle avait su s’imposer comme une figure que je suivais sans hésitation. Un pilier auquel se raccrocher. Elle d’apparence si forte et si confiante. Tout ce que je n’étais pas en somme. L’arrivée d’un nouvel inconnu, un homme encore, me fit légèrement pâlir. Les inconnus me mettaient mal à l’aise. Mais Mackenzie était là maintenant alors je me contentais d’inspirer et d’expirer calmement. On était bien loin des scènes de concours où je me sentais dans mon élément.

Encore une nouvelle arrivée. Féminine cette fois. Journaliste de l’Aster Cover. Sa remarque me fit tiquer. Sortie scolaire… Nous étions pratiquement des adultes. Et puis il n’y avait pas d’âge pour se sentir concerné par toutes ces disparitions. Mais il n’est plus temps de se regarder en chien de faïence. Il est temps de se mettre en route. Fouillant dans ma poche droite, je sors la lampe torche que j’ai emprunté à mon scout de petit frère. J’ai également apporté une boussole mais pas sur que cela serve à grand-chose. Lampe, boussole et coupe papier. Tu parles d’un attirail de chasse. Machinalement je suivais le groupe. J’étais douée pour ça. Suivre le mouvement, aller avec le courant. Ne pas faire de vagues. Les craquements et les bruits animaux alentours ne m’inquiètent pas autant que les autres membres de notre expédition. Et si le ou la responsable de toutes ses disparitions était là, parmi nous ? On dit toujours que les psychopathes aiment participer à ce genre de choses non ? Les monstres n’avaient souvent pas vraiment l’air de monstres.

Victoria s’inquiétait de savoir ce qu’allait penser nos parents si Monsieur Caldwell les prévenait. De mon côté, je m’en fichais un peu. Ma mère n’aimerait pas savoir que je battais la forêt à la recherche de Dieu sait quoi bien sûr, mais elle se calmerait à la minute où la présence de Mackenzie serait divulguée. Elle l’adorait depuis qu’elle s’était rendu compte que Mack m’offrait enfin la vie sociale qu’elle voulait pour moi.

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MessageSujet: Re: Event #4 - The Forest    Dim 24 Juin - 19:07



THE FOREST
Event #4
Les présentations se font, la demoiselle nous répond d'un air incertain avant qu'un homme ne se mêle au tableau. Il connaît la jeune fille, de toutes façons, il est fort probable qu'à part ma russe et moi, tout le monde se connaisse ce soir. Je commence à serrer un peu les dents, des pas qui s'ajoutent aux nôtres, Oksana qui commence déjà à poser des questions qui me donnent envie de lui donner un coup dans les côtes.

Rester discrets, ne pas se faire remarquer. Si c'était limite écrit noir sur blanc dans notre contrat, ce n'était pas écrit dans l'esprit d'Oksana et venir ce soir me semblait déjà être la pire idée que nous avions eu depuis notre arrivée ici. Mais c'est trop tard, à moins de me mettre à vomir mes tripes, aucune raison de partir valable qui ne nous feraient pas paraître encore plus louches. Et puis Oksana ne me suivrait probablement pas, la connaissant. Alors tant pis, on serre les dents, on laisse les gens s’agglutiner, poser des questions, s'ignorer parfois maladroitement. Tout le monde semble tendu et la présence des deux inconnus que nous sommes n'aide sans doute pas vraiment à poser un tableau sûr.

J'ai déjà zappé la moitié des visages, ne fait plus attention à la moitié des mots prononcés lorsqu'une brune s'impose non loin, prenant la peine de se présenter. Je hausse un sourcil, décidément, on fait vraiment tâche ici. J'attrape sa main poliment, comme si de rien n'était. La couverture parfaite, le mec paumé qui ne connait personne. Et puis, la voilà qui commente l'âge de la moitié de notre groupe d'infortune. C'est vrai qu'elles étaient jeunes. Ça n'empêcherait pas Oksana de vouloir vider leur cerveau si une bestiole nous attaquait bel et bien ce soir. La pensée me laissa un frisson avant que je ne me concentre et que les tac des lampes torches s'enchaînent pour finalement nous voir avancer dans cette fameuse forêt.

La forêt que l'on traverse trop souvent la nuit, la russe et moi. Celle qu'il est plus prudent de prétendre ne pas connaître. J'attrape le bras de ma camarade, profitant de notre première rencontre, Victoria, qui attire l'attention d'un homme. Profitant de l'ombre et de la noirceur dans laquelle on s'enfonce, pour lui murmurer. « Ne nous fais pas remarquer. » Je laisse mon bras glisser le long du sien, mes doigts effleurant les siens avant de détourner le regard. Forcément, ne pas sociabiliser du tout n'était pas la chose à faire non plus. Alors je racle ma gorge pour trouver la présence de la brune, la dernière. Penelope ? Quelque chose comme ça. Un sourire bancal, et ma main qui rattrape Oksana avant qu'elle ne tente de se faufiler n'importe où pour récupérer des échantillons. C'est trop tôt. On va se faire remarquer. « Penelope c'est bien ça ? Vous vous inquiétez des disparitions ? » Question très con, clairement tout le monde s'en inquiète ici. Je hausse les épaules, tente de me rattraper moi-même. « On en a entendu parler Oksana et moi... il paraît qu'il y a eu des incidents graves dans le coin avant qu'on arrive. »

Prétendre ne rien savoir. Jouer au con. Marcher dans le noir. Moitié trébucher sur une racine dans l'inattention du moment. Râler et ne pas lâcher Oksana. Si toute l'expédition se passe comme ça, alors ça ira, n'est-ce pas ?
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MessageSujet: Re: Event #4 - The Forest    Dim 24 Juin - 20:40

De nouvelles personnes se joignaient à notre petite groupe. Certaines que je connaissais d'autres qui ne me disaient absolument rien. Bien évidemment, je ne pouvais pas ignorer la présence de mes élèves à cette petite balade nocturne. Il n'y avait pas seulement Victoria mais aussi Scarlett et Mackenzie qui étaient venu. La présence de cette dernière était un peu rassurante, dans le sens que elle aussi ne croyait apparemment pas aux délires des autorités. J'étais quand même inquiet de son état ou de sa réaction si on tombait sur cette "chose".

- Je l'ai eu dans ma boîte au lettre

Tout simplement. Mais c'était encore mieux que de recevoir le journal de la ville.  Un autre adulte était arrivé, demandant si ça arrivait souvent ce genre de sortie. Pas vraiment. Du moins de ce que je me souvenais c'était la première fois qu'on partait à la chasse. Des battues pour retrouver un gamin, ça, oui il y'en avait eu et j'en avais même fait quelques unes quand mon état me le permettait. Pénélope qui était aussi là, avait répondu à la question qui m'avait arraché un sourire avant d'éclater de rire lorsque la journaliste avait rajouter qu'elle ignorait que c'était une sortie scolaire. Il était vrai que j'étais connu pour faire respirer le grand air à mes élèves, mais pas en dehors des heures de cours.

- Hahaha hélas, ça ne fait pas partie du programme la chasse au monstre

Dommage d'ailleurs. Vu qu'on ignorait ce que c'était, au moins apprendre un minimum se genre de compétence serait utile. Enfin peut être que les personnes origines d'Aster Cove savaient chasser. Moi, j'avais grandis dans une grande ville et les seules arbres c'étaient ceux des parcs.
Il était à présent temps de partir à l'aventure et de s'enfoncer dans cette forêt. En espérant que ce n'était pas une blague ou un piège. Victoria s'était rapproché de moi pendant qu'on marchait, me demandant si j'allai parler à leurs parents de leurs présence ici. J'étais quand même déçu qu'elle pense que je pouvais balancer.

- Si tout le monde rentrer en un seul morceau, je ne vois pas pourquoi je le dirai - et en plus ça me retomberait dessus de ne pas vous avoir empêché de venir

Je lui faisais un petit clin d'oeil. Elle n'avait aucune raison de s'inquiéter à ce sujet. Pour l'instant à part les bruits normaux de la forêt il n'y avait rien de suspect. Par contre Aristotle & son amie étaient un peu étrange. Surement parce que je ne les avaient jamais vu. Même si en y pensant c'était aussi le cas de l'autre adulte qui avait demandé si ça nous arrivait souvent de faire ces sorties.

- Reste avec Mackenzie et Scarlett, et ne vous éloignez pas de nous

Rajoutais je en direction de Victoria avant de m'envoler vers Michael.

- Salut ! Tu es nouveau non ? En ville je veux dire ? On peut se tutoyer ? Vu qu'on est dans la même galère ça sera plus facile ! Moi c'est Bart

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MessageSujet: Re: Event #4 - The Forest    Mar 26 Juin - 19:29


Les pas se suivent pour mieux se perdre et très vite, vous ne savez plus dire s'ils se ressemblent ou sont plus différents à mesure que vous vous éloignez de votre point de départ. Il faut l'avouer, la forêt n'a soudainement plus rien d'accueillant, et ceux qui ont eu la bonne idée d'emporter une lampe torche avec eux s'en félicitent. Un craquement sur la droite fait bondir une petite blonde mal assurée, qui lâche un glapissement de terreur. Ses yeux, écarquillés, avouent une vérité commune à la plupart des présents : personne ne sait ce qui se cache vraiment dans les bois.

Ce qui n'était encore qu'un amas de branches prend soudain des allures de bras décharnés, brisés et tournés vers une lune égoïste qui ne rayonne que pour elle-même. Ses lueurs heurtent les feuilles, caressent ironiquement les gigantesques troncs des conifères et s'arrêtent sur le sol, minces repères dans la nuit. Une nuit qui dévore, qui attaque et qui reprend le peu qu'elle donne. À mesure que vous vous avancez dans les ténèbres, celles-ci se referment sur vous. Sortirez-vous seulement vivants de cet endroit ? Certains savent. D'autres doutent encore. Peut-être que ce qui va suivre changera leur vision du monde à tout jamais.


Alors que vos pas résonnent dans une forêt qui bruisse de toute la vie qu'elle habite, l'angoisse se fait plus saisissante. La blonde de tout à l'heure vient de hurler, et brusquement, tous les sons se sont éteints, comme brisés par la voix de crécerelle qui s'est élevée dans la pénombre. Lorsque vous vous tournez vers elle, vous remarquez l'horreur qui drape ses traits. Elle pointe quelque chose, à plusieurs centaines de mètres de vous et un instant, la pensée de comprendre comment elle a pu apercevoir quoique ce soit dans l'obscurité crasse qui vous entoure se saisit de vous. Mais l'heure n'est pas aux hésitations, et une voix, au fond de vous, le murmure consciencieusement. Vous ne savez plus vraiment qui pose la question en premier, et peut-être était-ce vous, mais toujours est-il qu'il lui est demandé ce qui lui a causé tant de peur. Les yeux pleins d'effroi, la jolie blonde prend la peine d'entrouvrir les lèvres. Les mots qui coulent d'entre celles-ci glaceront certainement le sang des plus impressionnables d'entre vous.

« J-j'ai vu une ombre, qu-quelque chose qu-qui venait de là-bas ! »

Son doigt n'en démord pas et fixe précisément le même point que précédemment. Un soupir s'élève dans l'assemblée. C'est celui de Tim, qui a toujours été sceptique. Il est d'ailleurs là pour prouver ce qui, pour lui, ne peut être qu'un canular. Un monstre ? Vraiment ?

« Tu as dû rêver, vous voyez bien qu'il n'y a rien ! »

La blonde fronce les sourcils et laisse la colère remplacer la terreur sur l'ombre de son visage.

« Tu penses vraiment que ça a attendu que tu le regardes pour disparaître ?! Je vous dis que j'ai vu quelque chose ! »


Une autre voix prend part au débat. Seules de plus amples précisions permettront de déterminer la vérité.

« Mais ça ressemblait à quoi ?
- J-je ne sais pas...
- C'était grand comment ?
- C'était poilu ?
- Ça avait des crocs ?
- J-je...
- C'était un oiseau, non ?
- N-non, ça j'en suis sûre !
- Bon, ce devait être un lièvre.
- C-c'était bien plus gros que ça !
- Oh, arrête, tu affabules pour faire ton intéressante !
- Je ne te permets pas, j-... »


Le ton monte entre Tim et la jeune femme, Clara, qui refuse d'admettre une potentielle erreur.

« C'était peut-être un chien, non ?
- Non ! Je vous dis que ce n'était rien de tout ça !
- Après, tu ne connais pas vraiment les animaux de la forêt, hein... »


Les esprits s'échauffent et cherchent à rationaliser quelque chose qu'ils ne veulent pas prendre le risque d'imaginer. Ils ont besoin de savoir qu'ils ont rêvé. Ils ont besoin de se prouver qu'il n'y avait rien d'autre qu'un sanglier, ou tout autre animal nocturne et bien connu des hommes. Puis soudain, la question qui brûle les lèvres de tous les présents tombe de la bouche du vieux Gilles.

« Ton machin, là, Y r'ssemblait au truc de la photo ou pas ? »

Le silence tombe brusquement, tandis que tous les regards se tournent vers le vieil homme et sa canne. Faites-vous partie de ceux qui prient pour que la réponse de la blonde soit négative ou plutôt de ceux qui rêvent d'entendre un oui sortir d'entre ses lèvres ?

« Alors ?
- J-je... Je crois que-...
- Chut. Écoutez ! »


Le murmure qui coupe court à tous vos espoirs, c'est celui de Diana, la femme du type qui tient la supérette de la ville. Elle est connue pour n'être qu'une langue de vipère dans Aster Cove et pour critiquer chacun des clients qui franchissent le seuil du magasin. D'ailleurs, depuis que le pauvre Ed' l'a épousée, l'affluence a fortement diminué dans son échoppe. Les sourcils se froncent et les esprits, déjà rendus brûlants par l'angoisse, goûtent un peu plus aux braises qui menacent de les consumer.

« Quoi ?! »

Glapit une voix qu'on ne reconnaîtra pas ce soir. Diana rend son regard à l'assemblée, l'air un peu trop contrariée. C'est la première fois, que vous la voyez comme ça.

« J'entends foutrement rien. »

Cette fois, c'est à nouveau le vieux Gilles, qui semble décidé à représenter la voix de la sagesse, ce soir. Diana tourne ses yeux bleu-verts si particuliers dans sa direction et patiente quelques secondes.

« Justement. On n'entend plus rien de rien. »

Et elle dit vrai. La forêt s'est soudain tue. Autour de vous, il n'y a que le sifflement du vent dans les feuilles et la lueur de la lune pour refléter vos peurs. Autour de vous, les chouettes n'ont plus rien à raconter et les lapins ne font plus craquer la moindre branche. Autour de vous, la forêt semble éteinte. D'aucuns diraient même qu'elle semble morte. Et peut-être n'auraient-ils pas tort.

Citation :
- Event guidé par maître de jeu qui interviendra tous les dix jours.
- Prochaine intervention du PNJ: le 06/07.
- Liste des PNJs de l'event, que vous êtes libres de jouer et d'étoffer en respectant ce qui a déjà été dit à leur sujet :
Clara : Jeune femme blonde qui n'est visiblement pas rassurée par l'escapade nocturne et qui ne s'entend pas avec Jim.
Jim : N'aime pas Clara.
Gilles : Vieil homme qui tient l'une des fermes d'Aster Cove et qui semble avoir un avis éclairé.
Diana : Connue pour être une véritable langue de vipère, elle est la femme du gérant de la supérette d'Aster Cove, Ed'.
Event #4 - The Forest
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MessageSujet: Re: Event #4 - The Forest    Mar 26 Juin - 23:41


The Forest
Everybody

C'était sur le pare-brise de la voiture de tes parents que tu avais trouvé le message. Un large rictus s'était alors comme instinctivement glissé sur tes lèvres... Il fallait dire que ces histoires t'étaient passées plutôt au-dessus de la tête ! Du moins, toutes exceptée la disparition de ton ami Kenny. Jusqu'alors, ton appréhension des événements avait toujours été très neutre. Tu avais autre chose à faire que fomenter des rumeurs glauques et sans réels fondements... Lorsque ce bout de papier se retrouva entre tes mains, ce fut pour toi comme un rappel à l'ordre. "N'oublie pas que quelque chose cloche". Tu n'osais pas vraiment réfléchir au problème, préférant continuer ta calme vie de petit roi... Pourtant, une petite voix au fond de toi savait. Peut-être cette même voix fut-elle celle qui conclut ta décision de rejoindre le lieu de rendez-vous ? Tu ne savais pas vraiment... Ta mauvaise foi cependant reporta la faute sur le dos d'une curiosité malsaine. "Allons voir ce que ces illuminés ont à dire sur les problèmes de cette ville", voilà ce que ta grande gueule préférant vociférer ! Tu n'avouerais probablement jamais avoir peur toi aussi. C'était bien trop risible...

Ainsi te préparas-tu le lendemain même. Après tout, si aucune de tes questions ne pourrait probablement trouver de réponses, c'était là un bon moment pour rire de ces fous... Tu n'avais même pas besoin de mentir à tes parents sur tes agissements nocturnes. Eux aussi avaient reçu le message, et l'avaient appréhendé plus ou moins de la même façon que toi... Les Alessandro faisaient indéniablement partie des sceptiques. Peut-être pourrait-on reprocher cela à leur laxisme maladif -il fallait dire que ton éducation n'avait pas été une grande réussite-. En sommes, tes parents ne souhaitaient pas se prendre la tête ! S'ils avaient pu rester en Italie en se prélassant au soleil, probablement l'auraient-ils fait... Ainsi leur annonças-tu dans le plus grand des calmes rejoindre le lieu de rendez-vous à l'heure voulue. Tes parents te faisaient toujours confiance -trop certainement-. Aussi fut-il aisé pour eux de te laisser partir sans aucune protestation... Un simple "fait attention à toi" suffit à leur donner bonne conscience sur ton cas. Tu te mis ainsi rapidement en route, paquet de cigarettes à la main.

Tu n'avais pris aucune arme... Rien si ce n'était tes cigarettes. Ty n'y avait pas réellement pensé, mais il était probable que fumer te permettrait de mieux appréhender le stress que tu étais sur le point d'endurer. Tu n'osais évidemment pas te faire la réflexion, mais la petite voix dans ta tête elle, était légèrement inquiète. Au volant de la voiture de tes parents, tu te dirigeas donc à l'ouest de la forêt d'Aster Cove. Tu ne connaissais que très peu ces lieux, aussi était-il important pour toi de te familiariser rapidement avec les personnes déjà présentes sur place... Ta mauvaise foi dirait certainement qu'il s'agissait là de mieux se moquer d'eux, ta conscience cependant assurait ta survie.

Tu arrivas finalement sur le lieu de rendez-vous en une dizaine de minutes. Une fois sortie de ta voiture, tu tâchas de garder un air confiant et arrogant. Il n'était en effet pas question de montrer une quelconque faiblesse aux illuminés qui avaient eu le "courage" de se joindre à la petite fête... De loin, tu pus immédiatement reconnaître quelques élèves de ton lycée. Des anciens aussi... Parfait ! Tu ne serais pas seul. C'était là un premier soulagement -il n'était pas question de jouer trop longtemps avec des inconnus un peu cinglés-. Deux membres de la Triade du lycée étaient là. Tu fus légèrement étonné de leur présence... Ta marche se tourna pourtant instinctivement vers elles, évitant au passage quelques regards de personnes que tu jugeais bizarres. Un seul sourire avait suffi à tes yeux afin de te présenter à la foule. Loin de toi toute forme de timidité... Il n'était seulement pas question d'attirer l'attention ici. Ce n'était pas le lieu, ni le moment.

« Putain d'ambiance d'enterrement... » lâchas-tu doucement, une fois arrivé près de Mackenzie.

Il fallait dire que la mort était au rendez-vous... Du moins, d'après la majorité des convives. Quand l'un parlait de danger, l'autre commençait à évoquer des monstres. Oh, tu étais sûr de ne pas t'ennuyer avec eux ! leur imagination était sans failles. Tu hésitas une ou deux fois à fomenter d'autant plus la peur générale, mais te retenu cependant... En effet, la tension semblait monter rapidement, et ce sans ton aide ! Tu entendis des cries... Vraisemblablement, les gens se faisaient flipper tout seul. Tu soupiras bruyamment lorsque le véritable sujet de "bête" devint le centre de la conversation générale... Tu levas les yeux au ciel, t'amusant intérieurement des engueulades auxquelles tu assistais, lorsque l'atmosphère changea radicalement. Tout s'était soudainement tu. Le vent, les oiseaux, les animaux en général... La forêt s'était comme pétrifié. Tu n'étais pas le genre de hippie à avoir réellement quelque chose à faire des mouvements de la nature, cependant, tu pus véritablement sentir le poids de la situation... Instinctivement, tu sortis une cigarette et la portas à ta bouche. Il était là question de faire évacuer un stress que tu n'osais assumer.

« On pourrait d'abord commencer par arrêter de faire monter la pression générale... » lâchas-tu, légèrement saoulé, et anxieux...
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MessageSujet: Re: Event #4 - The Forest    Jeu 28 Juin - 10:50

The ForestEvent
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•••

Il était en retard. Le message était tombé dans sa boite aux lettres et pour ne rien changer, Joshua était arrivé en lisière du bois bien après que l'heure du rendez-vous soit passée. Peut-être avait-il sciemment repoussé l'échéance, dans une sorte d'acte manqué visant à lui faire rater l'événement, peut-être avait-il tout simplement eut peur. Toujours est-il que lorsqu'il s'enfonça dans les profondeurs de la forêt, le groupe était partie depuis bien longtemps. Un autre aurait probablement renoncé mais Lost Pine était son terrain de jeu depuis trop longtemps pour qu'il se laisse impressionner par les ténèbres nocturnes. Armé de sa lampe torche, les sens aux aguets, il n'avait pas mis trop de temps à repérer les faisceaux lumineux brisant l'obscurité au loin et le chuchotement des voix.

Les silhouettes parfois familières, parfois pas, des habitants du coin brisaient la quiétude spectrale des lieux, comme s'ils n'avaient eut rien à faire là. Et c'est en se grattant l'arrière du crâne, penaud, qu'il s'était approché de Penelope.

« Désolé du retard. » souffla-t-il

Une ombre dans les bois ça pouvait être absolument n'importe quoi. Il avait croisé suffisamment de biches pour savoir que  la silhouette des animaux de Lost Pine pouvait prendre un tour tout autre sitôt le soleil coucher. L'ombre furtive d'une ramure sur l'écorce d'un arbre et votre esprit se mettait immédiatement à échafauder tout un tas de théories plus affolantes les unes que les autres.

« C'est probablement un prédateur qui a effrayé la faune, se voulut-il rassurant, on a vite fait de se laisser impressionner dans l'obscurité. »


Mais croyait-il lui-même à cette justification ?
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MessageSujet: Re: Event #4 - The Forest    Jeu 28 Juin - 14:34

Enfants ? Ok. Maddie était arrivée cinq minutes auparavant pour garder tout son petit monde, déjà au lit depuis longtemps, d'ailleurs.
Boulot ? Ok. Elle avait fait en sorte de poser un jour de congé depuis l'instant où elle avait reçu le prospectus dans sa boîte aux lettres, qu'elle avait pris soin de dissimuler avant qu'une certaine paire d'yeux trop curieux ne s'y penche avec avidité. Hors de question que son aînée, si téméraire, se mette en danger.
Nécessaire de survie ? Ok. La lampe torche avait été « empruntée à sa seconde » tandis que la trousse de premiers secours avait mystérieusement quitté la voiture deux jours auparavant. Elle avait également pris des piles de rechange pour éviter une situation idiote, ainsi qu'une boussole fraîchement achetée auprès de la droguerie de la ville. Enfin, elle avait subtilisé quelques biscuits et une bouteille d'eau dans le placard de la cuisine, en cas de fringale nocturne. Elle était parée. En retard, certes, mais parée. Il était donc temps pour elle de quitter les lieux, aussi discrètement que lorsqu'elle avait seize ans et faisait le mur.
Quelques instants plus tard, Sandra disparaissait dans la nuit, le vrombissement rassurant de sa voiture pour seul compagnon.

L'arrivée au point de rendez-vous -déserté depuis trois éternités et demi- se fit sans encombre et Sandra immobilisa son véhicule auprès de tous les autres. Visiblement, la rencontre avait fait quelques émules et elle ne serait pas toute seule à arpenter les bois. Enfin pas une fois qu'elle aurait réussi à rejoindre le groupe. Un soupir quitta la commissure de ses lèvres tandis qu'elle quittait le confort de sa voiture. Attrapant son sac et allumant sa lampe, Sandra se dirigea vers l'orée de la forêt. C'était vrai que c'était bien plus impressionnant de nuit que de jour, une forêt. Elle s'y était bien évidemment déjà rendue à la nuit tombée, quelques fois, mais rarement seule et jamais pour une occasion aussi particulière. Sandra ne croyait pas aux monstres, mais la photo qu'ils avaient tous reçu par courrier lui avait fait froid dans le dos et entrait tout particulièrement en résonance avec les rumeurs qui circulaient en ville depuis quelques temps. Sa petite famille était arrivée après la bataille -et elle s'en félicitait tous les jours- mais on lui avait plus ou moins raconté l'épisode d'hystérie collective qui avait eu lieu à l'église, récemment. Et puis il y avait aussi ces disparitions, suivies par quelques réapparitions, qui lui faisaient froid dans le dos. Elle était venue chercher une petite ville tranquille où refaire sa vie loin des problèmes et se rendait progressivement compte qu'elle s'était peut-être trompée. Bien entendu, il ne s'agissait-là que d'une série de faits, dont certains sans rapport avéré, mais la jeune mère ne pouvait s'empêcher de craindre une quelconque catastrophe. Non pas pour elle, mais pour l'un de ses trois enfants. Et à chaque fois qu'elle voyait April quitter le domicile familial, elle sentait secrètement son cœur louper un battement.

« … Bon ! »

Rehaussant le sac sur ses épaules et affichant un air aussi bravache que possible, Sandra s'avança enfin dans la forêt. Plus elle tardait, plus elle se séparait du groupe et moins elle avait de chances de le retrouver. Une petite voix lui susurrait que pour son bien, il était nécessaire qu'elle les retrouve. Une autre lui murmurait de faire demi-tour. La dernière, enfin, lui criait de dédiaboliser le mythe afin de ne plus penser au pire pour ses enfants. C'est celle-ci que Sandra choisit d'écouter, et c'est d'un pas aussi rapide que mal-assuré qu'elle s'enfonça dans la nuit.

« … -ntend plus rien de rien.
- On pourrait d'abord commencer par arrêter de faire monter la pression générale...
- C'est probablement un prédateur qui a effrayé la faune, se voulut-il rassurant, on a vite fait de se laisser impressionner dans l'obscurité. »


La proximité d'un échange, ainsi qu'un nombre incertain de silhouettes indiqua à Sandra qu'elle venait de rejoindre le groupe, peut être un poil moins conséquent qu'elle l'eut pensé. Visiblement, le temps était à l'orage, et celui-ci grondait avant de frapper, ne laissant que quelques secondes de répit à ses potentielles victimes pour s'abriter. Si elle réunissait le peu qu'elle avait entendu avant d'apparaître, il était question d'un silence troublant, -il était vrai qu'elle n'entendait plus rien d'animal, alors qu'elle avait sursauté quelques fois durant sa marche- et d'une dispute ayant éclaté juste avant son arrivée. Super ambiance, donc.

« Un prédateur ?! On entend même plus les oiseaux ! C'est vide ! »

La nana qui venait de prendre la parole était une petite blonde, qui semblait tout sauf contente d'être là. Sandra se demanda un instant ce qu'elle était venue faire ici, mais n'eut guère le temps de vraiment se concentrer sur la question qu'une autre voix éclatait dans l'obscurité environnante. Moins aimable, celle-ci.

« Laisse faire les grandes personnes, Clara et écoute l'expert. Ça peut être qu'un prédateur, lâche tes délires de monstres sanguinaires, tu veux ?
- Mes délires de monstres sanguinaires ?! Sérieusement Tim ?! »


Le précepte du garçon -qu'elle ne connaissait pas, comme les trois quarts des présents- n'avait visiblement apporté aucune amélioration, malheureusement pour eux. Sandra soupira.

« Salut ?
- Ouais, tes délires.
- Je t'emmerde, connard ! »


Superbe. Sandra se gratta la gorge.

« Bonsoir ? »

Mais personne ne fit réellement attention à elle. Visiblement, Clara et Tim avaient beaucoup de comptes à régler, comptes qui allaient bien au delà de cette nuit, et avaient décidé qu'il s'agissait du meilleur moment pour le faire.
Sandra avait toujours été quelqu'un de relativement patient. Elle avait toujours été compréhensive et ne se fâchait que lorsque la situation dépassait les bornes. La querelle stupide qui se déroulait sous les yeux des présents faisait partie de ce genre de cas. Aussi haussa-t-elle immédiatement le ton, et tant pis pour son image.

« Je suis entourée de gamins de l'âge de mon fils ou d'adultes responsables ? Si vous ne la fermez pas, les animaux ne se sentiront plus jamais en sécurité et on ne pourra pas vérifier si le prédateur rôde toujours dans les environs, ou non. Alors maintenant, vous êtes sympas, et tout le monde écoute Mr. Burroughs. C'est clair ? »


Au moins dix paires d'yeux stupéfaites se tournèrent vers la jeune mère, qui n'en perdit pas son aplomb. Sa réputation était déjà catastrophique et elle tenait à cette expédition nocturne.
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MessageSujet: Re: Event #4 - The Forest    Jeu 28 Juin - 14:36

Les larmes coulent sur les joues fatiguées de Jessica tandis qu'elle franchit les buissons et éloigne les racines. Cette soirée a été infernale, horrible, mauvaise et elle voudrait parvenir à l'oublier, l'effacer à jamais de son esprit. C'est pour ça qu'elle avance avec toute la force de son désespoir entre les ronces et contre les arbres, décidée à mettre le plus de distance possible entre elle et l'humanité. Ce soir, elle n'a envie de voir personne. Ce soir, elle est décidée à éviter toute âme qui vive, ou du moins, toute âme Aster Covienne. Elle ne veut croiser personne d'autre que son reflet dans les rares flaques d'eau qui ont subsisté à la température des derniers jours. Elle veut oublier, et cracher sur le monde pour ne plus jamais rentrer chez elle. Alors ses pas s'accélèrent et elle laisse la colère donner le rythme de sa marche.

Son père est un connard. Le chauffeur de bus est un connard. Ce type, qui lui a tenu la jambe à la librairie, est lui aussi un connard. Jessica les déteste tous et l'idée des bleus qui parsèmeront son corps suite à sa rébellion inconsidérée de ce soir lui font déjà peur. Ce n'est pas juste. Ça ne l'est jamais. Ça ne le sera sans doute jamais. Son pied heurte un rocher, et cogne de toute l'étendue de ses forces dedans. Celui-ci s'envole et va se perdre dans un tronc, d'où s'élève brusquement une chouette dérangée dans ses projets.

Jessica sursaute sous le regard de la lune et au son des hululements moqueurs de l'animal. La colère s'accentue encore, et les larmes qui continuent de dévaler ses joues sont nées de la rage la plus pure qui soit.

« PUTAIN ! »

Son cri fend les airs, accroche l'écho et se répand à travers les bois. C'est un hurlement du cœur, né de trop de frustration, qui déforme le monde et le modèle à sa façon. C'est une perle de haine au milieu de trop de peine, et c'est une perle acérée, dont toutes les courbes font mal. Mais c'est avant tout un geste de vie, comme Jessica n'en fait jamais assez.

Elle-même abasourdie par la force de sa colère, elle se laisse tomber contre un arbre, haletant presque. C'est alors qu'elle le remarque. D'ordinaire, la forêt ne porte pas ses témoignages avec tant de puissance. D'ordinaire, elle entend craquer les branches et marcher les animaux. Mais pas ce soir. Ce soir, le monde est silence. Ce soir, le monde est silence et elle est seule, perdue au milieu des bois. Ce soir, le monde est silence, et soudain, Jessica a peur. Car elle sent la lourdeur des lieux, comme si quelque chose de dramatique était ou allait arriver. Et elle ne met pas le doigt dessus.
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MessageSujet: Re: Event #4 - The Forest    Ven 29 Juin - 15:25



The Forest
Event#4

Ses pas avaient fini par l'entraîner loin de chez lui, loin de son père, de cet enfer qui porte le nom de foyer. Ce n'est pas comme ci il remarquerait sa disparition, au fond Georgie savait très bien que son géniteur se porterait bien mieux si il disparaissait à nouveau, si il n'était jamais revenu, il peut le comprendre dans les regards porté à son égard, dans les coups qui marquent de nouveau sa peau, dans les silences pesant à chaque fois qu'ils se trouvent dans la même pièce. Échapper à ses frères avait été plus compliqué, ils avaient toujours veillé sur lui mais c'était devenu encore pire depuis son retour si bien que ses escapades nocturnes se faisaient de plus en plus rares. Evidemment il était en colère contre eux, il n'avait pas la moindre envie qu'on le traite différemment ou qu'on le protège comme si il n'était qu'un enfant fragile... mais il n'avait pas réellement son mot à dire.

Jetant un dernier coup d’œil au polaroid, l'adolescent poussa un petit soupir avant de l'enfoncer sans grande délicatesse dans la poche de son pantalon. C'était une chance qu'il ai pu l'intercepter avant son père mais maintenant qu'il avait pris la décision de suivre cette piste, il hésitait, se demandant si il était réellement prêt à connaître la vérité. Ses souvenirs de ces deux dernières années étaient toujours presque inexistants si ce n'est quelques vagues cauchemars ou cette sensation de peur qui le prenait parfois aux tripes sans qu'il ne puisse l'expliquer, ce soir c'était peut-être sa chance de savoir, de comprendre ce qui lui était arrivé... Pourtant cette idée le terrifiait plus qu'elle ne le soulageait.

Malgré l'obscurité, Georgie trouvait presque un peu de réconfort dans cette forêt, elle avait été son échappatoire durant de si nombreuses années, presque la moitié de sa vie et c'était loin d'être la première fois qu'il s'y aventurait seul en peine nuit mais ce soir, il restait attentif, observait les alentours et écoutait. Se rendre au point de rendez-vous avait très vite été balayé de son esprit, il ignorait qui s'y trouverait mais prendre le risque que l'une des personne présente le ramène chez lui était hors de question, son père lui ferait sans aucun doute regretter, pas d'avoir filé en douce mais d'avoir de nouveau attiré l'attention sur lui et de risquer de laisser des rumeurs s'ébruiter au sujet de leur famille, alors il avait suivit sa propre route, s'enfonçant un peu plus dans les bois sans aucun équipement, pas même une lampe de poche.

La fatigue fini par se faire ressentir et avec elle la frustration de n'avoir aucun foutue idée de ce qu'il faisait ici et d'où il devait se diriger. L'adolescent regrettait également de n'avoir mis qu'un vieux pull en laine dont les mailles laissaient passer sans problème l'air frai de la nuit, il aurait probablement pu faire demi-tour et cette idée lui traversa l'esprit mais le craquement d'une branche attira son attention et son esprit s'égara l'espace de quelques instants. Il était de retour deux ans auparavant, cette fameuse nuit où sa vie avait basculée. Sa respiration devint plus prononcée, plus chaotique et avant de prendre le temps de réfléchir ou d'analyser la situation, il s'était mis à courir, aussi vite qu'il le pouvait se fichant des branches lui fouettant le visage.

Un cri ou plutôt une injure, c'est ce qui l'avait forcé à s'arrêter pour se pencher et prendre appuis sur ses cuisses, cherchant le souffle qui semblait coincé dans sa gorge. Son corps tremblait, pas uniquement à cause du froid, mais son esprit affolé l'empêchait de résonner convenablement. Plus par instinct qu'autre chose, Georgie avait poussé un peu plus, s'enfonçant à travers les arbres pour finalement apercevoir une silhouette adossée à un arbre. Si il avait été un peu plus calme ou peut-être plus âgé, avec un peu plus de self-contrôle et moins de peur enfantine, il aurait certainement pu s'approcher pour rencontrer cette fille qui semblait presque aussi mal en point que lui, mais une fois encore la peur avait repris le dessus et lorsqu'elle avait relevé la tête dans sa direction, l'adolescent avait rebroussé chemin pour s'enfuir une fois encore.

Sa course n'avait pas duré aussi longtemps que la première et Georgie avait pu entendre quelques éclats de voix avant que ses pieds ne se prennent dans les épaisses racines et la végétation dense couvrant le sol. Un petit cri lui avait échappé et son corps fut entraîner dans une belle chute, dévalant une petite pente avant d'atterrir à plat ventre en gémissant de douleur. Ce n'était probablement rien de grave juste quelques égratignures au niveau des mains, des genoux et sous son menton mais c'était assez pour qu'il sente des larmes lui brûler les yeux tandis qu'il se redressait, remarquant simplement plusieurs paires de chaussures  autour de lui sans pour autant faire attention au groupe de personne dont il venait probablement d'interrompre la "discussion", bien trop occuper à grogner entre ses dents.

" ... Putain ... merde ! "

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MessageSujet: Re: Event #4 - The Forest    Sam 30 Juin - 10:20

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L'arrivée inopinée du môme McGalaan avait fait taire tout le monde et les regards avaient convergé dans sa direction, stupéfaits. Joshua avait réprimé un soupire de soulagement, à la fois car la dispute venait de tourner court mais aussi parce que le vacarme qui les avait fait taire n'était dû à rien de plus grave qu'un gamin un peu maladroit. Puis il s'était baissé pour lui tendre la main, vérifiant au passage qu'il ne s'était pas fait plus mal que ça.

« Ca va ? » Demanda-t-il plus pour la forme

Le groupe était resté silencieux. Comme si ces événements incongrus avaient suffit à faire légèrement retomber la tension. Ce n'était pas magique, chacun était encore sur le qui-vive, l'oreille tendue au moindre changement. Tout du moins le croyaient-ils.

« Vous voyez ? Lança-t-il au reste du groupe, ce qui nous a fait le rater c'est aussi ce qui a fait qu'on est un peu destabilisé en forêt. Notre cerveau enregistre le moindre changement comme une menace potentielle car il n'est pas habitué à l'environnement. Il se peut bien qu'on soit en train de se monter la tête pour des broutilles. Gardons l'esprit sur l'essentiel, inutile de s'éparpiller dans les bois en pleine nuit déjà. Sinon demain on aura une vraie raison de lancer une battue. »


Et ils auraient l'air fin en expliquant aux autorités qu'ils avaient perdu un des leurs dans Lost Pine. Il y avait des adolescents ici. Joshua se sentait vaguement inquiet que sa responsabilité d'adulte le pousse à devoir garder un œil sur tous ces jeunes gens. Il se rapprocha de Clara, n'oubliant pas l'incident du phare ainsi que des plus jeunes, comme pour s'assurer qu'ils restaient bien dans les parages. Puis il avisa les adultes.

« Il y a des gens qui connaissent bien les bois ici, je pense qu'on devrait leur demander leur avis sur la topographie des lieux. »


Il avisa les deux météorologues récemment arrivés dont il savait parfaitement qu'ils menaient des recherches dans le coin. Et le vieux Gilles qui après une vie passée à Aster Cove et un pragmatisme à toute épreuve, était une épaule de confiance sur laquelle se reposer.
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MessageSujet: Re: Event #4 - The Forest    Dim 1 Juil - 22:43

Le monde a cela d'ironique qu'il vous remet toujours le nez dans ce que vous cherchez à fuir. Peu importe quand, peu importe comment, la vie revient, attaque et écrase, vainc toutes les tentatives et fait de tous les efforts quelque chose d'infiniment vain. Walter regarde pour la énième fois le papier qu'il tient dans sa main, chiffonné puis cent fois défroissé, perdu qu'il est dans les affres du peu de souvenirs qu'il collectionne. Depuis l'église, quelque chose a changé. Depuis l'église, ses rêves ont une autre saveur, et certaines choses sont sujettes à des flashs, jusqu'aux plus dérisoires, jusqu'au simple fait de boire de l'eau. Walter est fatigué, et Walter n'en peut plus. C'est bien difficile d'oser vivre lorsqu'on a la sensation que le moindre mouvement conduira à la mort. Alors, Walter fait des efforts. Il écoute en vain les spécialistes qui lui expliquent dix fois la même chose, tous d'une manière différente. Il devient parano, est persuadé qu'ils lui cachent des choses et finit par annuler ses rendez-vous pour mieux les reporter le lendemain. Il ne parvient plus à les croire, et pourtant, il essaye, de toutes ses forces, pour renouer avec la vie qu'il menait avant ces deux années, bientôt trois, pour retrouver la sérénité, pour Evie. Evie, qu'il doit épouser, qu'il veut voir heureuse et crève d'imaginer en danger. Evie, qui représente son passé mieux que personne, son présent absolument et son avenir, définitivement. Evie, un sourire, une cascade de cheveux roux, quelques jurons, juste assez de tatouages et une étincelle, dans le regard, dont il ne peut résolument pas se passer.
Walter soupire et un instant, pense à déchirer le papier qu'il tient en main et qui remue trop de choses en lui. S'il le fait, les avantages sont multiples. Il la protège. Il les protège. Il ne prend pas de risque et tout le monde est content. Mais s'il n'y va pas, à ce rendez-vous empoisonné, Walter sait qu'il le regrettera. Walter le sent du plus profond de son cœur, de son âme, même, et cette réalité le tue, va jusqu'à le crucifier sur l'autel du regret. Il a peur de causer la perte d'une personne trop aimée, qui voudra forcément l'accompagner. Mais il refuse de perdre l'opportunité de comprendre, de savoir comment et pourquoi il a disparu. Depuis l'église... Tout est différent.

Un soupir quitte les lèvres de Walter, qui passe sa langue sur les gerçures qui les parsèment à force de tirer dessus avec trop de hargne. Il ne sait pas quoi faire. Et cette impossibilité à agir, à prendre une décision, le met profondément en retard. Il se déteste de ne pas savoir, il se déteste de ne pas se décider et cherche, cherche à concilier l'impossible, protéger tout en découvrant, découvrir tout en protégeant. C'est impossible. Evie voudra venir. Elle n'a jamais été du genre à passer une soirée au calme autrement que parce qu'il la passait avec elle. On ne laisse pas Evie de côté, et il le sait.

« Evie Knott, tu me saoules. »

Un murmure, voué à mourir loin de tous et né d'une frustration presque palpable. Le polaroïd souffre encore un peu, puis se déplie. Walter en observe les contours, en dessine les formes et imprime les couleurs dans son esprit. Il a besoin de savoir. Il ne peut pas mentir à Evie. Elle lui en voudra, et pire encore, elle le suivra en douce. Il est plus dangereux qu'il lui cache l'expédition plutôt qu'il l'emmène avec lui. Sa décision est prise.

« EVIIIIE ! Ce soir, je vais dans les bois. Je vais chasser mes cauchemars. »


*


La forêt est un monde à part, lorsque vient le soir. Les nuages, noirs, font taire les rares rayons de lune et Walter se sent heureux d'avoir emporté son arme, avec lui. Depuis son retour, il ne parvient plus à s'en départir. C'est presque plus fort que lui, presque un besoin vital, comme si le monde allait changer et tenter de le tuer, aussi brusquement que possible. Alors il serre les dents, et fait taire le sentiment de crainte qui se dessine en lui lorsqu'il approche des premiers arbres. Il y a quelque chose d'étrange, dans la relation qu'il a désormais avec les bois de son enfance, et son cœur s'emballe, comme si la chose de la dernière fois allait bondir sur Evie. Evie, qu'il garde près de lui et invective sans doute un peu trop, décidé qu'il est à la préserver du monde. Un craquement sur sa gauche le fait sursauter. Un grognement sur sa droite, le pousse à s'éloigner. C'est irrationnel, c'est même stupide, mais malgré sa détermination à vaincre la terreur, quelque chose lui susurre à l'oreille que le danger est imminent. Inconsciemment, sa main se resserre sur celle d'Evie. Il ne veut pas la perdre. Jamais. Il s'y refuse.

« Il faut trouver le groupe. Tu as la lampe ? »


Alors il revient à son rôle, ce métier de protecteur qui le rassure, qui lui permet de se croire plus fort que ses terreurs, plus fort que ses cauchemars, plus fort que ses souvenirs. Oui. Il n'a qu'à continuer ainsi. Lorsque viendront les monstres, car ils viendront, il sera prêt.
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MessageSujet: Re: Event #4 - The Forest    Dim 1 Juil - 23:29

Mère de merde. Frère de merde. Famille foutue, comme ses godasses, comme son cœur rongé d'angoisse, comme son esprit broyé par des souvenirs supposément impossibles. Impossibles. Ouais, il le sait. Il sait qu'il ne va pas bien, qu'il ne va plus jamais bien. Il n'a pas besoin qu'on le lui dise. Il n'a pas besoin qu'on essaie de le convaincre qu'il faut prendre les médicaments qu'il s'évertue à jeter au lavabo, ou à donner à sa daronne. Il le sait. Il le vit tous les jours. Personne ne peut mieux en avoir conscience que lui-même. Personne ne comprend ce que ça fait. Personne n'imagine ce que ça fait, ce que ça engendre, d'aller tous les jours dans un lycée où il est persuadé d'avoir été battu à mort, de scruter le visage de chacun de ses camarades de classe avec une boule au ventre, craignant d'y voir le sourire fou d'un bourreau. D'avoir peur, peur, tout le temps, jour et nuit, à chaque putain de seconde. Kenny est hanté. Kenny est hanté, et son fantôme l'élude pourtant lorsqu'il essaie de le rencontrer.

Son seul lien avec tout ça, c'est la photo déchirée qu'il tient fermement entre ses doigts crispés. Son seul espoir d'en apprendre ne serait-ce qu'un tout petit peu plus sur ce qui lui est arrivé trône là, dans sa main tendue de haine. Il ne lâchera pas le polaroid. Plutôt crever. Et si son frère veut le séquestrer plutôt que de prendre le risque de le voir trouver ce qu'il cherche, il peut aller se faire voir.

Un soupir de rage lui échappe, dangereusement proche d'un sanglot, tandis que ses pieds l'amènent enfin à l'orée de la forêt. Il en a marre. Il est fatigué, il n'a déjà plus envie d'être là, bouillonne d'une douleur mêlée de rage. Ses émotions l'étouffent.

La pénombre qu'il discerne au lieu de rendez-vous est le témoin impitoyable d'une réalité qui l'angoisse encore davantage. Le groupe est déjà parti. Il peut discerner les lumières de leurs lampes à travers les silhouettes longilignes des troncs d'arbre.

« Putain... »

Si seulement son frère n'avait pas tenté de l'arrêter, si seulement ils ne s'étaient pas encore engueulés, si seulement il n'avait pas eu à venir à pieds, il n'en serait pas là. Ses doigts viennent malaxer sa joue endolorie tandis qu'il redresse son sac sur son épaule, reprenant sa marche d'un pas furieux. Ce soir, des coups sont partis des deux côtés et, si la gifle de son aîné a eu son petit effet, Kenny peut se vanter d'avoir percé sa lèvre d'un joli crochet du droit. L'honneur est sauf, à défaut de son âme.

Lançant un regard peu assuré à l'immensité des bois, le jeune homme ne peut s'empêcher de déglutir. Une angoisse croissante emplit ses entrailles, envahissant son estomac pour mieux le retourner, faisant frémir ses membres tandis qu'il se force à avancer. Il ne veut pas céder à cette panique mais, plus que tout le reste, il ne veut pas laisser la distance entre le groupe et lui s'étendre. Malgré ses efforts, malgré son rejet de l'idée, une terreur viscérale le ronge déjà de l'intérieur, et il ne peut prendre le risque de se faire dévorer. Que ce soit par elle ou...

Un frisson inexplicable le traverse tandis qu'il jette un dernier coup d’œil à la photo entre ses doigts. Depuis qu'il l'a reçue, Kenny est devenu paranoïaque. Il ne dort plus la nuit, a l'impression d'être observé, la sensation d'être suivi. Il ne sait pas s'expliquer ce qu'est cette chose, ne sait pas même à quoi elle ressemble, et pourtant ses terreurs nocturnes s'accentuent à mesure que passent les jours. Ce truc, là, cette bestiole est une clef qu'il a terriblement peur de trouver. Pourtant il en a besoin.

« Allez... »

Rassemblant son courage, il s'enfonce dans les ténèbres tentaculaires, cherchant par tous les moyens à ne penser à rien. Rien. Le vide. Le néant. La lumière des lampes torches. Les gens.

Et si ce n'était pas eux ?

Un flash le cueille en plein vol. Des masques de lui-même. Des sourires. Fous. Des rires. Des coups. Kenny secoue la tête et avance plus vite, ses yeux rivés sur la source de luminosité. C'est stupide. Rien de tout cela n'est jamais arrivé. Il est en vie. Tout va bien.

Et si c'était un piège ?

Là, il s'arrête un instant, son visage affolé tourné vers l'éclat des voix et des torches. Il a peur. C'est un sentiment vorace, immuable, qui le prend tout entier pour mieux l'engloutir. Il est terrorisé. Il se souvient de chimères, se souvient d'un lycée où il trônait, se souvient d'une mort atroce sous l'hilarité cruelle d'une foule anonyme. Les phrases qu'il entend ne le rassurent pas. Il ne comprend pas vraiment ce qu'il fait là. Il regrette sa décision.

Et si Ça revient pour toi ?

La respiration de Kenny se coince dans sa gorge. Il se fige. De ses trois années d'absence, seule reste l'Angoisse, impératrice d'un univers de chaos. Il ne sait plus comment réagir, ne sait plus quoi faire. Il a envie de se recroqueviller au sol et de fuir, de courir et de se cacher. Ses mains tremblotent, témoins silencieuses d'un désespoir souverain.

Et si tu es déjà poursuivi ?

Un craquement retentit derrière lui, et c'est un horrible sursaut qui arrache le jeune homme à son mutisme. Il en tombe presque par terre, se rattrapant tout juste à un arbre qui siège à côté de lui. Son regard apeuré se fixe sur l'origine du bruit.

Un écureuil, aussi surpris que lui, le fixe un instant avant de partir se réfugier au sommet d'un tronc. Kenny, lui, se sent très con. C'est stupide. Il est stupide. Rien ne lui arrivera ici, il le sait. Il ne doit pas être faible. Il ne l'est pas, ne l'a jamais été. Il n'est pas une victime. Borné, il se remet en marche.

Lorsqu'il parvient finalement à s'immiscer dans le groupe, il ne se rend pas immédiatement compte du problème. Pour sa part, il est soulagé de ne pas trouver là une foule à son image, un sourire déformant son propre visage, des coups pleuvant sur... bref. Il ne veut pas penser à davantage. Il n'est plus seul et c'est tout ce qui compte. Du moins est-ce là ce qu'il veut prétendre. La pâleur de sa peau moite, les tremblements dans ses mains et l'irrégularité de son souffle, eux, trahissent sans peine la terreur qui règne encore sur lui. Il a besoin d'une distraction.

Son regard scrute la foule sans qu'il ne prenne garde aux paroles énoncées. Kenny est soucieux de tout autre chose, pour le moment. Kenny se sent suivi, observé, épié, comme une proie qu'on encercle lentement avant de tuer. Lorsqu'il repère Stan, son vieux pote, il n'hésite pas une seconde. Une tape à l'arrière de l'épaule, un sourire d'une fausseté accablante, un enthousiasme trop plastique pour être crédible.

« Hey, ça va ? On est venu jouer à GhostBuster aussi, ce soir ? »

Il sait que ça se voit, il sait que tout le monde va s’apercevoir qu'il est arrivé, sait que les regards vont converger vers lui et remarquer la détresse qui suinte des pores de sa peau comme une fumée épaisse. Il détourne rapidement le regard et fixe l'assemblée.

« Bon, vas-y, j'ai loupé qu- »

Une longue tignasse rousse attire son attention. Il regarde la nana. Toujours aussi belle. Toujours aussi royale. Il lui adresse un sourire crispé.

« Mack', j't'avais pas vue. Bien ? »

De son côté, la réponse est toute vue, mais il préfère ne pas y penser, fixant son attention sur la forêt qui, décidément, est devenue bien silencieuse...

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MessageSujet: Re: Event #4 - The Forest    Lun 2 Juil - 1:20

Il a à peine posé sa question qu'une voix féminine lui répond avec sarcasme dans son dos. Il se retourne aussitôt pour identifier celle qui vient de poser la main sur son épaule, surpris parce qu'il ne connait vraiment pas grand monde en ville pour le moment. Ah ! Surprise, c'est la voisine. "Mh..." Il ne relève pas sa remarque qu'il pourrait prendre personnellement et se contente de hocher pensivement la tête. Ça lui arrache un soupir, parce que c'est précisément la raison de sa présence dans ce coin paumé du Maine - les disparitions. Mais tout de même, en venir à organiser des battues illégales dans la forêt en plein milieu de la nuit, c'est le signe que les choses prennent des proportions trop grandes pour être gérées avec rationalité. De fait, Michael observe autour de lui chaque visage et se demande : mais que fait la police ?? Aucun uniforme n'est présent ici.

Il plonge les mains dans les poches de son sweater, déjà mal à l'aise alors que la désagréable impression que ça ne fait que commencer le saisit. Il est occupé à essayer de se rappeler les bons côtés d'une nuit passée dans les bois avec de villageois tarés lorsqu'un des leurs se présente à lui. Aussitôt le visage de Michael s'éclaire. Dieu merci ! Quelqu'un qui a l'air normal ! Et même sympa ! Chouette combo au milieu de cette drôle d'ambiance.

"Hey, Mike, enchanté Bart." Il s'empresse de se présenter en lui serrant la main avant d'expliquer : "ouais, je suis arrivé il y a à peine deux semaines. Et toi, tu habites là depuis longtemps ?" Tout en le questionnant, il lui adresse un sourire sympa pour mieux fraterniser. Et pendant qu'ils discutent tranquillement, les gens continuent d'affluer et Michael ne peut plus s'empêcher de ne pas faire une remarque. "Le petit papier m'a rendu curieux, mais je pensais que la ville encadrerait mieux ce genre d’événement..." Le regret s'analyse facilement dans sa voix alors qu'il s'imagine glandouiller tranquillement sur son canapé favori. Comme il lui semble loin ! "Tu sais si ça va durer longtemps ?" Il questionne à nouveau Bart un peu plus discrètement - pour ne pas frustrer un éventuel organisateur qui passerait près d'eux.

Et puis finalement la chose commence. Les gens s'enfoncent petit à petit dans la forêt sans que Michael ne puisse identifier de leader clair. Rapidement, ça sent les embrouilles. Les esprits faibles s'inquiètent de la moindre branche qui craque. Les lumières se reflètent dans les yeux brillants des animaux surpris. Une petite blonde fait un sketch et s'engueule avec un pauvre mec. Michael soupire plus bruyamment cette fois. Ce sont eux qui le rendent nerveux, pas les bruits de la forêt. Il écoute avec attention chaque personnalité qui se décide à prendre la parole. Peut-être après tout que le psychopathe qui terrorise cette ville prend un malin plaisir à se cacher dans la foule et à attiser les craintes. Ça ne serait pas prudent de sa part, mais c'est du déjà vu. Personne ne semble cependant jubiler au milieu de cette atmosphère oppressante qui pèse sur tout le monde. Dommage, le boulot ne sera donc pas prémâché.

Finalement, ennuyé par ces engueulades de bas niveau et convaincu qu'il ne s'agissait que d'une bestiole de la forêt, Mike trouve refuge pour ses nerfs en s'éloignant un peu du groupe principal. C'est là qu'il entend le cri sorti du cœur. Il sursaute même et cherche un instant au milieu des arbres où se cache la fille qui vient d'exprimer une telle frustration en un mot. Le silence qui tombe sur la forêt l'aide à lui mettre la main dessus, et dès qu'il repère sa silhouette contre un arbre il s'approche en l'interpellant pour ne pas l'effrayer. "Hé ! Est-ce que ça va ?" Il lui met sa lumière dans la tête sans vraiment faire exprès, mais la détaille rapidement pour s'assurer qu'elle n'est pas blessée. C'est une adolescente. "Tu devrais pas trop t'éloigner du groupe tu sais, on sait jamais..." Il ne termine pas sa phrase pour éviter d'attiser les inquiétudes - surtout les siennes en fait - et fait signe à la jeune fille de le rejoindre en s'inquiétant gentiment pour briser la glace : "Tu t'es pas fait mal ?"
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MessageSujet: Re: Event #4 - The Forest    Lun 2 Juil - 23:31

Apparemment, Monsieur Caldwell ne comptait pas cafarder. C’était sans doute une bonne chose. En tout cas cela devrait surement rassurer Victoria. De mon côté, tout cela me donnait des sueurs froides. Un adulte qui vous promettait de garder vos secrets, qui créait une relation de confiance avec vous… Ca me faisait peur. Les gens trop gentils pouvaient cacher une part d’ombre qui venait vous dévorer quand vous vous y attendiez le moins. Au final je préférais des gens moins doucereux qui assumaient et mettaient en avant leur part sombre que ceux qui apparaissaient trop gentil. C’était eux qui m’effrayaient le plus. Je fus donc soulagée de le voir s’éloigner en direction d’un autre des participants.

De mon côté, je restais dans le sillage de Mackenzie guettant le moindre signe qu’elle ai besoin de moi. On m’avait raconté ce qui s’était passé à l’Eglise et j’étais plutôt inquiète pour elle. Je la surveillais donc de près. C’était ma place après tout et elle me convenait très bien. Alors que l’on continue d’avancer au cœur de la nuit, je sens mes vêtements s’accrocher aux branches. Je me demande ce que Maman dira en voyant les accros. Rien de bon sans doute. Elle qui déteste tellement que j’ai l’air négligée. C’est angoissant cette ambiance mais j’ai déjà connu la vraie terreur alors pour le moment je trouve tout cela supportable. Il n’empêche que le cri qui résonne soudain me donne la chair de poule. Qu’est ce qui a bien pu causer pareille manifestation d’angoisse ? S’en suit la dispute que je suis d’une oreille distraite, le regard rivé vers la direction indiquée. Mais je ne vois rien. Quoi qu’est vu Clara, ce n’est plus là et je ne sais pas si c’est rassurant ou au contraire inquiétant.

C’est la remarque d’une amie de ma mère, Diana, qui attire de nouveau mon attention vers le groupe. C’est vrai que c’est bien trop silencieux. Le silence, c’est la porte ouverte vers les cauchemars, je le sais trop bien. Le silence, c’est l’ennemi.

Stan s’était rapproché de nous entre temps. Bizarrement, il ne me faisait pas autant peur qu’une bonne partie de la gente masculine. Peut être parce qu’il ne faisait pas semblant d’être quelqu’un de bien. Je le saluais donc d’un simple « Stan » un peu surpris. Ce n’était pas vraiment le genre d’activité que je l’imaginais avoir en dehors du lycée.

Je fus rassurée de voir arriver Madame Karcy. Enfin Sandra. Une voisine et une des rares adultes en qui j’avais confiance fit son apparition. Je lui adressais un discret signe de la main sans être vraiment sûre qu’elle m’ai vu tandis qu’elle essayait d’attirer l’attention d’une partie de l’assistance. Je ne pus retenir un petit rire face à son coup d’éclat. La tête des autres était impayable et puis, j’étais plutôt d’accord avec elle en plus.

Un cri dans le lointain, un gamin qui déboule en plein milieu de la battue. Comme si tout prenait peu à peu des dimensions de film d’horreur. Pourtant, j’écoute à peine les grandes théories de Burroughs parce que ce n’est pas ce qui m’intéresse pour le moment. Une voix a fait court-circuité mon cerveau. Kenny. Il est là. Et je bénis la pénombre qui cache le rose de mes joues et ma bouche entrouverte alors que je me suis un peu trop brusquement tournée dans sa direction. Misère je n’avais déjà pas parlé beaucoup mais maintenant je n’oserais plus décoincer un mot. Je n’avais jamais réussi. Sa confiance en lui absorbait la mienne. Pourtant il y a quelque chose de bizarre dans son attitude ce soir. Derrière l’humour. Après tout, aucun de nous n’est là par hasard. Lui et le petit Georgie sans doute moins que quiconque. Comme d’habitude, il ne m’avait pas remarqué et c’était sans doute mieux comme ça. Me cacher derrière le rayonnement de Mack. Ca avait toujours été le plan. C’est pour ça que j’étais arrivée vêtue de bleu à cette fameuse fête il y a plusieurs mois, pour mon intronisation dans la fameuse Triade. Mais, si danger il y avait, j’espérais être en mesure de défendre notre petit groupe dans le mesure de mes moyens.

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