Dans la petite ville d'Aster Cove, des choses étranges se passent...

 
AccueilAccueil  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Forgive and forget | Arleen

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
MessageSujet: Forgive and forget | Arleen   Lun 31 Déc - 10:40

Xander + Arleen

 Alexander Bloomingdale ⊹ PRÉNOM NOM PERSO2  


Tight like a rope, try to not reach for memories. Lover, lover, what have we done ? We made our heart leap, then it gave up. Lover, lover, let me in. You came in the door like thunder, then hit the floor like thunder. Laying me down you wonder. You came towards like thunder.
Putain mais qu'est-ce qui m'avait pris ? Normalement, je détestais les cimetières. Je ne m'en approchait pas à moins de 20 mètres. La religion et toutes ces conneries de biens pensants me mettaient les nerfs. C'était juste une façon de justifier toutes les conneries qu'on pouvait faire aux yeux d'un Dieu soit disant rédempteur qui nous mettrait une tape sur les doigts avant de nous dire de tracer notre route parce que ce n'était pas si grave. Je n'avais pas besoin d'une pseudo entité toute puissante pour ça. J'étais assez grand pour m'absoudre de mes péchés tout seul. De toute façon, le confessionnal aurait sans doute pris feu si j'y avais raconté la moitié de mes dépravations. J'enfreignais sur une base quasi quotidienne tous les commandements de l'Eglise. Mon seul Dieu, c'était moi même, je blasphémais et je jurais comme si c'était ma seconde langue. J'avais convoité et plus si affinités les femmes d'autres types et parfois même aussi leurs filles sans la moindre espèce de remord. J'aurai sans doute craché à la gueule de mon géniteur si j'avais eu le bonheur de le rencontrer un jour et je ne pouvais regarder l'épave qu'était devenue ma mère sans plisser le nez de dégoût. J'avais trompé mes copines de lycée avec leurs propres copines, j'avais volé et escroqué de l'argent à des familles qui voulaient juste donner un coup de main à un ado aux abois. Et, si je n'avais jamais tué personne, j'avais regarder sans rien faire des gens courir vers la mort. Sans réagir, sans chercher à aider juste pour sauver ma misérable petite peau.

J'avais toujours été un connard. Un mec de l'ombre sans espoir de rédemption. Elle avait apporté un peu de soleil à mon obscurité mais maintenant qu'elle n'était plus là je ne savais, je le sentais. Les ténèbres étaient de retour et je les laissais m'engloutir avec plus de joie que jamais. J'apprécierais qu'elles anesthésient de nouveau mon cœur. Qu'elles assassinent la peine et la culpabilité que je ressentais quand je revoyais en rêve le corps déchiqueté de Diana ou les véhicules tous cabossés qui me hantaient. Je ne voulais pas de remords, je voulais l'indifférence. Je ne voulais pas de peine de cœur mais retrouver le frisson du plaisir facile, les soupirs lancinants au milieu de draps froissés. Je voulais l'insouciance et les derniers adieux.

C'est pour ça que j'étais là, tâche sombre au milieu du gris de ce cimetière à observer sa tombe. Diana. La femme que j'avais laissé se faire bouffer parce que c'était elle ou moi. Je n'avais pas foutu les pieds à son enterrement. Je n'étais même jamais venu jusqu'ici avant. Ca m'avait paru un moins moyen de clôre ce chapitre, de dire merde aux cauchemars. Sauf que maintenant je me retrouvais comme un con et la seule chose à laquelle je pouvais penser c'était que c'était quand même bien barré de créer un lieu où tu te retrouves à marcher au dessus de centaines de cadavres en décomposition.

Je restais là, statufier, à repasser dans ma tête des excuses qui ne franchirait sans doute jamais mes lèvres. Parce qu'en général j'exigeais, je ne demandais pas. J'agissais, je n'attendais pas. Le pardon, pourtant, c'est quelque chose qui doit être donné et non pas ravis. Et plus personne n'était là pour m'absoudre.
code by lizzou — img/gifs by TUMBLR — 000 WORDS.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Messages : 42
Emploi : Médium, ça compte ? Non, parce que ça paye bien.
Sur ton walkman : The Clash - Should I stay or should I go ; Dire Straits - Sultans of Swing ; The Cure - Close to me ; Led Zeppelin - Stairway to heaven
MessageSujet: Re: Forgive and forget | Arleen   Mar 1 Jan - 21:56

Arleen a toujours détesté les cimetières : avant même d’ouvrir son propre salon aux désespérés, elle ne pouvait mettre un pied dans l’un d’entre eux sans se mettre à pleurer. Peu à peu, les larmes se sont changés en cris, puis en terreurs et tremblements, avant de devenir silences. On a cessé de la mener aux enterrements, de l’habiller en noir, de la tenir par la main au milieu des grands - parce qu’il y en a eu, des morts, dans son entourage, beaucoup, trop peut-être, un taux anormal de maladies et d’accidents dont elle ne s’est vraiment rendue compte qu’à l’âge adulte, certainement trop tard. C’est difficile d’expliquer comment elle est venue à se promener dans les cimetières de Los Angeles, les mains dans les poches, la clope au bec. elle avait vingt-cinq ans, la première fois, et n’est pas encore sûre de ne pas avoir rêvé. Il ne lui reste aucune souvenir de cette première visite, encore moins de comment elle est arrivée là, sur la tombe d’un sinistre inconnu, parfaitement absent, parfaitement silencieux. Personne ne lui parla, ce jour-là. Pas une ombre, pas un murmure.

C’est pareil, dans le cimetière d’Aster Cove. Les morts sont absents de ces endroits : il n’y a rien pour les retenir, pas même leurs carcasses déjà pourries, décomposées, rendues à la poussière. Le silence la pousse à revenir, à chaque fois. Et, si Arleen a bu avant de partir, elle a encore l’esprit clair, beaucoup trop clair : elle a entendu, en passant ,des choses qu’elle ne voulait pas entendre et elle a vu ce qu’elle ne voulait pas voir. Ses pieds ont mené la danse, ont accéléré d’eux-mêmes, ont choisi le chemin avant même qu’elle n’y pense, mais elle n’est pas surprise. L’heure lui échappe et, un instant, Arleen se demande s’il s’agit du jour, de la nuit, ou de l’entre-deux. Il lui faut sortir la flasque qu’elle garde dans son sac, en tirer une longue gorgée, sentir la brûlure au fond de la gorge avant de se remettre en marche. Le froid du cimetière lui fait du bien, chasse la brume de son esprit et lui tire un soupire. Elle croit être seule et ne remarque pas tout de suite celui qui se tient un peu plus loin, grand, presque dégingandé, aux cheveux aussi blancs qu’un fantôme.

Arleen est venue pour être seule. Pour être seule et pour laisser filer quelques minutes, quelques heures, avant de se replonger dans sa réalité. Son échappatoire vient de lui être volée, dérobée, par un gamin arrivé plus tôt, par un type qui se recueille, peut-être, sur un tas d’os vides de sens et d’identité. Le voir là l’énerve, alors qu’elle ne le connaît pas, qu’il a peut-être besoin du silence, lui aussi, ou tout simplement de l’endroit, de son symbole, de quelque chose qu’elle est trop égoïste pour lui céder. Elle tire une cigarette de sa poche, la glisse entre ses lèvres et l’allume d’un geste agacé. Elle n’est qu’à quelques mètres et le claquement du vieux briquet brise le silence. « Il n’y a rien ici. » Sa voix est plus rauque qu’elle ne le voudrait, presque cassée, identique à celle qu’elle avait, enfant, après avoir pleuré ou crié. C’est ridicule et Arleen fronce les sourcils, fait quelques pas, approchant sans réellement s’approcher. Elle s’arrête entre les tombes et s’assoit sur la pierre tombale la plus solide, de peur de finir assise dans la terre. « Y a plus personne, ici. C’est pas pour les morts, les cimetières. C’est pour les vivants qui n’arrivent pas à tourner la page et ceux qui ont besoin de se donner bonne conscience. » C’est infect, comme elle peut l’être, souvent, trop souvent. Elle ne le regrette pas, pourtant. Peut-être cherche-t-elle la bagarre, à sa manière. Peut-être regrette-t-elle de ne pas être seule, de ne pas avoir le silence pour elle. Peut-être veut-elle blesser en disant la vérité - sa vérité. « Vous perdez votre temps. »

_________________
I am like a small creature swallowed whole by a monster, she thought, and the monster feels my tiny little movements inside. — •• SHIRLEY JACKSON

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: Forgive and forget | Arleen   Mer 2 Jan - 21:51

Xander + Arleen

 Alexander Bloomingdale ⊹ PRÉNOM NOM PERSO2  


Tight like a rope, try to not reach for memories. Lover, lover, what have we done ? We made our heart leap, then it gave up. Lover, lover, let me in. You came in the door like thunder, then hit the floor like thunder. Laying me down you wonder. You came towards like thunder.
Non mais c'était qui cette fille ? Enfin cette femme. Une femme agaçante qui se mêlait de ce qui ne la regardait pas avec une assurance qui aurait sans doute déstabilisé quelqu'un d'autre que moi. Je la fixe froidement de mon regard bleu glacier, la laissant poursuivre avec toute l'arrogance de ceux qui pensent que leur point de vue primera toujours. Elle est étrange cette femme, elle a le regard lourd de ceux qui en ont trop vu et je suis persuadée qu'en l'approchant, je pourrais détecter sur elle l'odeur du tabac et dans son haleine des relents d'alcool. Avec une mère alcoolique, on apprend vite à repérer ceux qui trouve refuge dans la boisson. Même si c'est fugitif. Et puis bon, en oubliant tout sixième sens de pauvre petit gamin à la vie mouvementée, la flasque et la cigarette étaient un assez bon indicateur. Cette nana était désabusée, cynique et en plus elle avait une grande gueule. Trois défauts qui m'aurait en temps normal incité à tourner les talons et à la laisser en plan, elle et ses jugements. Seulement voilà, au delà de tout cela, c'était aussi une belle femme. Des yeux perçants, une tignasse brune qu'on ne demandait qu'à toucher - et je m'étais depuis ma rupture découvert une forte envie de me tourner vers des brunes -, son corps est masqué par sa veste mais je ne peux m’empêcher de laisser mon regard s'égarer et tâcher de le deviner.

« J'en ai rien à foutre qu'il y ai quelqu'un là dessous ou pas. »

Me rapprochant de la femme, je m'adosse à une pierre tombale, repliant une jambe pour mieux appuyer mon pied contre cette dernière en un geste frôlant l'irrespect. A mon tour, je sortis une cigarette que j'allumais avec un briquet, regrettant mon zippo qui servait à présent de pièce à conviction pour l'assureur de l'Eglise. Expirant la fumée blanche, je me tourne vers la mystérieuse inconnue.

« Et toi alors, t'es là pour tourner une page ou la bonne conscience ? »

Je tire une nouvelle bouffée avant de souffler vers le ciel et de reprendre, réellement curieux. Vouvoyer les autres n'a jamais été dans mes habitudes. Pas quand je n'ai rien à gagner à faire semblant d'être poli en tout cas. Je vouvoies mes clientes, je vouvoyais les gens à qui je quémandais de l'argent quand j'étais enfant .

« Je me rappelle pas t'avoir déjà vue. Une telle bonne humeur ça ne s'oublie pas. Qu'est-ce qui peut bien t'avoir convaincue de t'enterrer ici... »

C'est plus une affirmation qu'une question. Moi aussi, j'étais versé dans le cynisme et l'humour au vitriol. Mais ce soir, l'aura vaguement sombre de cette femme m'intrigue et je veux en savoir plus. Cela a au moins le mérite de me tirer de mes remises en questions et de mes sombres pensées. C'est toujours une échappatoire bien plus simple, l'énigme d'un femme attirante.
code by lizzou — img/gifs by TUMBLR — 000 WORDS.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Messages : 42
Emploi : Médium, ça compte ? Non, parce que ça paye bien.
Sur ton walkman : The Clash - Should I stay or should I go ; Dire Straits - Sultans of Swing ; The Cure - Close to me ; Led Zeppelin - Stairway to heaven
MessageSujet: Re: Forgive and forget | Arleen   Lun 14 Jan - 12:57

C’est qu’un gamin. Un sale gosse, d’ailleurs, vu le regard qu’il lui lance. Il a un petit côté rebelle, certainement - non pas qu’elle le sente, ni qu’elle le devine, c’est toute son allure qui lui fait dire ça. La façon dont il se tient, la couleur de ses cheveux, l’air désagréable qu’il porte au visage et qui est si similaire au sien. Oui, un sale gosse, assez vieux pour tenter de voir ce qui se cache sous son manteau - Arleen le voit, son regard inquisiteur franchement pas discret. Il ne semble pas plus respectueux qu’elle, confirmant la première impression d’Arleen : le type bouge, léger, fluide, mais sec, grand et sec, et s’adosse à une pierre tombale, pose son pied contre. Elle reste assise sur la signe, ne bouge pas d’un poil même quand le type approche, désinvolte au possible - désagréable au possible. Peut-être vont-ils bien s’entendre ? L’idée la fait sourire derrière la fumée de sa cigarette. « Je vois pas ce que tu peux en avoir à foutre. » Le ton est sec, la phrase claque, mais il manque le mordant, l’agressivité qui voudrait dire « allez, casse-toi connard, je m’en fous de ta vie. » Non, bien que désagréablement surprise par la présence d’un autre être humain, Arleen n’est pas contre une discussion légèrement pimentée, voire ouvertement hostile. L’altercation ne l’effraie pas, jamais - au contraire, elle aime s’en prendre aux humains, sentir leur haine, leur agacement. C’est si différent de ce qu’elle sent, parfois, autour des gens, autour des lieux, dans cette ville pourrie et maudite.

« Ni l’un ni l’autre. Déjà, j’ai pas de conscience. Je viens parce que c’est calme. Du moins, en temps normal. » De son perchoir, elle adresse au gamin un regard pointu, le désignant clairement comme source de son agacement actuel. Tirant sur sa cigarette, elle observe le type et se demande un instant pourquoi il est encore là. Il n’a pas l’air plus sociable qu’elle - peut-être se trompe-t-elle, peut-peut-être est-ce un amour, en temps normal, et ce n’est qu’elle, sa faute à elle. Elle qui agace son monde, qui instille cette animosité que l’on peut sentir là, crépiter dans l’air. D’un geste lent, Arleen tire la flasque qu’elle a dissimulé dans sa poche, en dévisse le bouchon et en avale une longue gorgée. Avant de la fermer et de la fair eà nouveau disparaître, elle la tend malgré tout à l’inconnu, indiquant d’une petite secousse qu’il peut se servir. « Whisky. » En temps normal, elle aurait opté pour de la vodka, mais le ciel est lourd et les nuages si gris qu’elle a trouvé le whisky plus adapté. C’est un alcool des mauvais jours, un alcool pour les heures trop longues et les esprits occupés.

« C’est parce que tu m’as jamais vue. C’est pas compliqué, hein. » Que doit-elle lui dire ? Que doit-elle avouer ? Rien du tout, lui souffle la petite voix habituelle, celle de l’instinct de protection, celle du bouclier. Elle en a déjà trop dit au jeune Holland, la dernière fois, et ne compte pas réitérer l’expérience. Et puis, d’une certaine manière, Arleen lui faisait - et lui fait - confiance, sans pouvoir vraiment s’expliquer pourquoi. Peut-être est-ce le caractère franc, brutalement honnête du gamin, qui lui ont fait cet effet. Elle ne veut pas trop y penser, de peur de se souvenir de ce qui a été dit, de ce qu’elle a appris - de ce qui a été révélé, confirmé. « Je pense que c’est le charme et l’amabilité des habitants de cette magnifique ville qui m’a poussée à rester. Vous êtes tous tellement accueillants, je ne me voyais pas repartir et retrouver la chaleur de la côte Ouest. » Le ton est celui de la comédie, de la presque blague, du cynisme rarement dissimulé. Pourquoi lui dire la vérité ? Elle est toujours moins drôle, n’est-ce pas ? « Arleen. » Sur une impulsion, elle lui tend la main comme elle lui a tendu la flasque. Un geste presque formel, surtout étrange, dans un lieu comme celui-ci. « Et tu peux dire ce que tu veux, t’es là pour elle. Plus ou moins. » Elle indique, d’un geste vague de la tête, la tombe devant laquelle il était planté un instant plus tôt. Elle ne voit que les trois premières lettres - D, i, a - et se doute qu’il s’agit d’un Diane, ou d’un Diana. Comme pour le reste, Arleen sait sans savoir et n’a pas besoin de confirmation ou de dénégation. Écrasant sa clope sous son talon, elle n’attend pas pour en rallumer une autre, calmement.

_________________
I am like a small creature swallowed whole by a monster, she thought, and the monster feels my tiny little movements inside. — •• SHIRLEY JACKSON

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé
MessageSujet: Re: Forgive and forget | Arleen   

Revenir en haut Aller en bas
 
Forgive and forget | Arleen
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Why Haiti Can't Forget Its Past
» Damon Moon - "It's time to forget about the past"
» ENEYA • « never forget where you came from »
» || Come save me, unbreak me, cause I just can't forget you ;
» Thorin Écu de Chêne || Some folk we never forget, Some kind we never forgive

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Aster Cove :: Quartier Nord :: Rues :: Eglise St Peter-
Sauter vers: