Dans la petite ville d'Aster Cove, des choses étranges se passent...

 
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 ghosts in your shadows (andy)

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Therese Wallis
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MessageSujet: ghosts in your shadows (andy)   ghosts in your shadows (andy) EmptyMer 7 Nov - 9:41

« Reese ! Entre, je t'en prie. » Julia lui offre un sourire chaleureux, de ceux dont elle a le secret, et s'efface pour la faire entrer chez Ferretti. De l'intérieur s'élèvent une douce odeur de gâteau, des notes chantantes en italien ; Reese a une esquisse de sourire, et entre à sa suite sans plus attendre. C'est bien parce qu'il s'agit des Ferretti, que Julia l'a prise sous son aile dès la première rencontre, sans poser de questions, que Reese se sent chez eux comme chez elle, si ce n'est encore mieux, qu'elle et Teo s'échangent comics, films, ouvrages de science-fiction et histoires horrifiques, et qu'Andy, épicentre de leurs rapports, est à la fois un grand frère, un meilleur ami, son plus grand complice. Ailleurs, elle aurait patienté à l'extérieur en attendant que le fils ne rentre et ne l'invite. Ailleurs, elle n'aurait pas filé répondre à l'invitation de Julia, sur laquelle elle est tombée au téléphone pour annoncer sa visite. « Andy est parti courir depuis un bout, il ne devrait pas tarder. » Julia referme la porte derrière elle. « Je viens de finir les cupcakes, tu tombes à pic. » Reese la suit jusque dans la cuisine. Véritable noyau de vie de la maison, elle déborde d'ingrédients divers, de plats encastrés les uns dans les autres, de cette voix de rossignol qui s'échappe de la platine. « C'est une nouvelle recette ? » « Un test pour Halloween, oui. » Reese avale sa salive devant la fournée de gâteaux fraîchement glacés, oranges et blancs, et Julia en brise la ligne parfaite pour en placer deux sur un plateau, où trône bientôt également une tasse de thé à l'odeur sucrée. « Là, de quoi tenir jusqu'à son arrivée. » « Merci, je sais pas si je mérite tout ça », fait Reese avec un sourire, un vrai, et Julia lui caresse gentiment le bras. « Ne dis pas de bêtises. J'exige juste d'avoir ton avis en retour, c'est un test très sérieux. »

Reese s'installe, sur le lit désert d'Andrea, sort une bande-dessinée de son sac et commence à lire, d'abord assise, pour profiter pleinement du festin qu'a préparé Julia. Sans surprise, le cupcake est un délice, et elle a, sans personne pour l'entendre, un « hm » appréciateur, où se glisse un peu de surprise. Le goût de la citrouille est immanquable, mais se mélange avec les épices, clou de girofle et gingembre, dans un nuage de volupté et de douceur qui lui frise les papilles. Rien à voir avec la cuisine de son père, dont les réussites sont toujours inattendues, irrégulières, fruits surprises de recettes innovatrices -même les classiques ne rendent jamais réellement comme il le faudrait, s'ornent d'un goût d'inédit, aussi décalé que la personnalité flamboyante de Stephen Wallis. Chaque dîner est un saut dans le vide, dont le palais de Reese, André et Dennis sont les crash tests involontaires.

Quand la porte s'ouvre, Reese a la tête à l'envers, les pieds contre le mur, juste à côté du poster de Queen. Sortant le nez de sa lecture, elle arque un peu plus la nuque pour voir le visage du propriétaire des lieux. Rouge et pâle, et bleu au-dessus des yeux. « Salut », fait-elle en se redressant, retrouvant l'ordre des choses et des couleurs ; Andy lui apparaît maintenant dans toute sa fatigue, l'épuisement du corps et de l'esprit. Elle prend le temps d'un très bref silence pour le détailler, croisant ses jambes sur le matelas. Elle a la confirmation de ce qu'elle a pu entrevoir avant, au Sweet Tea de loin, lors de ses brèves visites. Andy ne va pas très bien. « Tu t'entraînes pour les Jeux Olympiques, ou le record du pâtissier le plus endurant du monde ? C'est dur de te voir en ce moment... » Soit Andy travaille, soit Andy court ; Andy dernièrement n'a pas les pensées tranquilles. Il semble y avoir un fantôme sur ses lèvres, où Reese croit voir flotter le nom du disparu. Mama Dee mettrait son instinct sur le compte de sa clairvoyance (enfin!) révélée. La lycéenne pense seulement le connaître assez. « Comment ça va ? »
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Andrea Ferretti
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MessageSujet: Re: ghosts in your shadows (andy)   ghosts in your shadows (andy) EmptyJeu 8 Nov - 8:44

Andrea ne se doute pas que Reese doit passer, mais il n’est pas vraiment surpris quand il la voit là, assise sur son lit. Elle a la tête à l’envers, un comics à la main - certainement un qu’elle a amené ou qu’elle piqué dans la chambre de Teo, il ne saurait dire, c’est pas vraiment son truc, les bandes-dessinées. Elle est à l’aise, Reese, comme toujours chez eux, et cette vision familière a quelque chose de rassurant. Sa mère l’a prévenue, lorsqu’il est entré, lui a tendu un cupcake dans lequel il a mordu - son ventre crie famine depuis quelques minutes déjà - en montant les escaliers. « J’envisage de reprendre l’athlétisme et de devenir l’homme le plus rapide du monde. J’trouve que c’est un bon plan. » Elle le scrute et Andy sait ce qu’elle voit - sous ses yeux, les cernes semblent incrustées dans la peau, tantôt bleues, tantôt violacées. Teo lui a proposé d’y appliquer l’anti-cernes de Julia et, au moins, Andrea a pu en rire. Il n’a jamais eu cette tête-là, cet air épuisé et tendu à la fois. Alors ses épaules se haussent à la question de Reese. « Je peux me doucher avant qu’on en parle ? Je dégouline et sous peu je vais certainement puer. Son t-shirt, malgré l’air qui s’est refroidi, est trempé de sueur, et il sait que s’il s’asseoir avant de s’être lavé, ses jambes refuseront de bouger à nouveau.

Il adresse un geste à Therese et quitte la chambre - un bref instant, se dit-il. N’attendant pas d’être dans la salle de bain, Andrea retire son t-shirts avec un soupire. Il sait qu’il ne pourra pas éviter cette conversation - il la repousse depuis des jours déjà, et il sait Reese tenace, d’autant plus qu’elle est inquiète. Que va-t-il lui dire ? Tout ? Tout ce qu’il se passe ces derniers temps ? Ou ce qui ne se passe pas, plutôt… Mécaniquement, il ferme la porte de la salle de bain derrière lui, fait couler l’eau, brûlante, se glisse dessous et frotte, aussi vite qu’il le peut. Cinq à dix minutes s’écoulent à peine avant qu’il ne revienne dans la chambre, les cheveux mouillés, la serviette autour du coup. Therese est toujours là, sagement assise - le délai n’a servi à rien, elle n’a pas disparu, elle, elle est toujours là, à attendre, prête à le faire rire ou à l’écouter, il le sait. « Qu’est-ce que tu veux savoir ? » Un vague sourire étire ses lèvres alors qu’Andy se laisse tomber sur le fauteuil qu’il a installé près de la fenêtre. Il aurait pu s’étendre par-terre, ou le faire sur le lit, tant ses jambes sont fatiguées, mais il n’est pas sûr de pouvoir se relever pour aller dîner - il craint de s’endormir, là, tant qu’il ne fait pas trop noir.

« Je meurs de faim et je suis fatiguée, Reese, je sais pas si c’est le meilleur moment pour une discussion sérieuse. » Elle voit clair dans son jeu. Therese est jeune, plus jeune que lui, mais elle est brillante, et pleine d’empathie, malgré ses piques et ses remarques bien senties - jamais blessantes ni méchantes, mais qui l’obligent à rire, à rester sur ses gardes, à faire de son mieux. Ces derniers temps, pourtant, il ne peut plus suivre. « Je dors mal, en ce moment. Je dors pas beaucoup, en fait. Quand j’y arrive je fais des… Cauchemars et c’est… » Comment lui expliquer ? Comment lui dire qu’il a presque l’impression d’être hanté ? Que quelque chose tourne parfois dans a chambre, la nuit, et qu’il a rarement eu aussi peur ? Qu’il est aux aguets dès que le soleil se couche, attendant que la musique commence, que la mélodie s’élève, sans savoir vraiment de quoi il va s’agir ce soir-là ? Un soupire quitte ses lèvres et Andrea s’accoude à ses genoux, frottant de ses deux mains son cuir chevelu encore humide, presque glacé malgré la chaleur de la pièce. « J’ai l’impression de perdre la tête, Reese. »

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Therese Wallis
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MessageSujet: Re: ghosts in your shadows (andy)   ghosts in your shadows (andy) EmptySam 17 Nov - 12:15

Les échos de sa plaisanterie sonnent creux et secs aux tympans de Reese, habitués au pétillement de sa voix chaleureuse. Elle ne dit rien, observe ces cernes immenses ; elle n'a pas eu l'air aussi fatiguée même après deux nuits passées à un marathon de films d'épouvante, le jour où sa mère est partie. C'est du sérieux, sans aucun doute. Enfin, la lycéenne se laisse retomber sur le matelas avec nonchalance, reprenant sa bande-dessinée dans les mains. « Prends ton temps, Flash Gordon », annonce-t-elle de sa voix basse et tranquille sans plus le regarder. Elle tourne les pages à la recherche du dernier chapitre lu, écoute plutôt les pas d'Andy qui s'éloignent jusqu'à la salle de bain. Même sa démarche semble plus pesante. Ferretti traînerait presque des pieds, à l'entendre. Elle attend le bruit de l'eau pour quitter se plonger dans les bulles de DC, son inquiétude flottant encore dans ses sourcils légèrement froncés.

Des bruissements de vêtements et de serviettes, des portes qui s'ouvrent, et de nouveau la voix rauque d'Andy : « Qu'est-ce que tu veux savoir ? » Reese relève la tête, suit Andy des yeux. Il a l'air épuisé maintenant, au-delà de la fatigue, comme si l'eau venait de lui retirer les derniers restes d'adrénaline, révélant le pâtissier dans toute sa lassitude -sa déprime. Elle aurait dû venir plus tôt, oui, elle a été bête de croire qu'Andy pouvait attendre. Reese se redresse, d'abord sur un coude. « Si ça va », répond-elle en refermant le livre. Pas le meilleur moment, fait-il. Andrea qui cherche à se défiler, ce n'est pas bon signe non plus ; mais Reese s'abstient de commenter, et attend. Elle sent qu'il n'a pas fini de parler, et sa voix repart, plus bas, bute sur des hésitations.

Reese s'assoit finalement de nouveau sur le matelas, la mine sérieuse. « Quel genre de cauchemars ? » Les rumeurs courent, au lycée, gonflées par l'imagination débordantes des adolescents, rapportant et déformant les propos des parents. Cette fois encore les langues n'ont pas manqué de se délier : on entend régulièrement le nom de Monsieur Caldwell dans les couloirs, on ressort les anciens racontars, on remue les événements troublants de Lost Pine. Reese elle-même n'a pas manqué de penser à l'ombre prise sur l'une de ses vidéos. « Est-ce que ça a un rapport avec, tu sais... » Elle hésite, se passe une main dans ses cheveux frisés comme pour faire de l'ordre et dans ses cheveux, et dans ses mots sortis sûrement trop vite. Elle s'en veut de ne pas être aussi délicate qu'elle le voudrait, parfois. Peut-être devrait-elle vraiment prendre des cours d'éloquence auprès d'Annalee King, comme l'a suggéré en riant Sasha l'autre jour devant une autre de ses répliques. « Un rapport avec les dernières disparitions ? » Sachant qu'elle ne trouvera pas mieux, surtout pas sur son crâne qu'elle a oublié de peigner avant de venir, elle abandonne et reporte son regard jusqu'à Andy.
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Andrea Ferretti
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MessageSujet: Re: ghosts in your shadows (andy)   ghosts in your shadows (andy) EmptySam 1 Déc - 20:42


 « Pas franchement, non, mais j’imagine que ça se voit. » Le sourire est ridicule et Andrea se demande un instant s’il pourrait lui mentir. Il n’aime pas faire ça et il n’a jamais vraiment été très doué pour imaginer, organiser un mensonge comme il se doit. Il n’arrivait même pas à mentir à sa mère, adolescente, pour assister à une soirée ou pour traîner avec ses amis quand il n’en avait pas le droit. En général, il abandonnait simplement l’idée et passait le reste de la journée à la maison, optant pour une jeu de société avec Teo au lieu d’une soirée animée avec ses camarades de classe… Alors essayer de mentir à Reese est hors de question : il n’y arriverait certainement pas et, il en est sûre, elle n’y croirait pas plus. « C’est compliqué à expliquer. » Et, pour le moment, Andrea n’entre pas plus dans les détails - parce qu’il ne sait pas comment dire les choses et parce que sa question, son hésitation, le laisse là, suspendu à l’instant. Il se rend compte que Reese ne sait pas. Qu’il ne lui a jamais parlé de Camden, qu’il n’en a jamais parlé à personne, vraiment. Sa mère et Teo soupçonnent bien quelque chose, Taylor aussi, mais rien de plus. Ils n’ont eu le temps de rien, de toute façon. Ni de se revoir, ni d’organiser leur rendez-vous, rien. C’est pire qu’un manqué - c’est un trou, un vide, une absence qui n’aurait pas dû le marquer autant, être si poignante.

« Ça a à voir avec Camden McKinnon. » Le dire n’allège pas la pression, bien au contraire. Andrea se laisser aller dans sa chaise et ses épaules semblent s’affaisser un peu plus. N’ayant pas envie de parler, de tout raconter, il repousse le moment en frottant ses yeux de ses paumes une fois, deux fois, avant de laisse retomber ses mains sur ses jambes. Il ne sait pas comment se tenir - il est épuisé. Il n’y a pas d’histoires comme ça, chez lui - de coups de folie, de dépression, de maladies mentales. Ou du moins, il n’en sait rien. Julia a été marquée, évidemment, par le départ de son mari, mais en a été plus énervée qu’attristée - parfois enragée, honnêtement. Teo est… particulière, mais c’est Teo, et Andy n’est pas un spécialiste. « Ça a commencé un peu après sa disparition. Je t’ai jamais dit qu’on se connaissait, mais on s’est rencontré un peu après notre arrivée. Une histoire de skateboard et de chute. J’ai passé un moment chez eux. » Andy se lève, s’étire, sent - et entend - son dos craqué, avant de se rasseoir à même le sol cette fois, les jambes croisées. Il n’y tient plus et s’allonge, rassuré par la dureté du sol, la présence de Reese, la lumière qui envahit encore sa chambre. « C’est marrant, je connaissais Monsieur Caldwell, aussi, mais moins bien, et c’est pas vraiment la même histoire… »

Il va bien devoir lui raconter, à un moment. Comment va-t-elle réagir ? C’est Reese, alors il se dit que, certainement, elle ne le jugera pas - elle ne juge pas les gens, sauf Jack, parce que Jack est un imbécile et qu’ils passent leur temps à se tourner autour sans jamais se sauter dessus et que ça en devient certainement frustrant pour l’un comme pour l’autre. « Je sais pas bien comment expliquer ça. Cam et moi, on a commencé à se voir de temps en temps. Il passait au Sweet Tea, on discutait, je passais chez eux leur apporter des gâteaux, on écoutait de la musique… Ça a pas durer longtemps au final, quelques semaines, le temps que l’été se termine. Mais je l’appréciais - ou l’apprécie, je ne sais pas quel temps je dois utiliser, j’arrête pas de me mélanger. » L’idée, à peine formulée, le perturbe, et il sent quelque chose dans sa gorge qui, tout à coup, l’empêche de parler. Andrea inspire, profondément, inspire, inspire, bloque sa respiration avant de soupirer. Il peut, alors, reprendre son histoire. « On avait prévu de sortir, tous les deux… Un ciné, un dîner, un rendez-vous, quoi. On avait organisé ça et quelques jours après il a disparu. » Il n’ose pas mettre plus de mot sur une relation qui n’a pas vraiment commencée et qui ne s’est jamais vraiment terminée. Il n’ose pas en dire plus, n’ose pas rentrer dans les détails ni croiser le regard de Reese de peur d’y trouver quelque chose qu’il ne saurait supporter. Andy sait qu’il doit lui faire confiance : ce n’est pas un secret, mais elle, ne sait pas. « Et depuis, toutes les nuits, c’est cauchemar sur cauchemar sur cauchemar. »

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Therese Wallis
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MessageSujet: Re: ghosts in your shadows (andy)   ghosts in your shadows (andy) EmptyLun 31 Déc - 15:58

Camden McKinnon.

Le nom résonne aux oreilles de Reese pour la centième fois. Entre le journal télévisé, les discours officiels, et officieux à l'école, les lettres étalées sur les gros titres, les boîtes de céréales, les affiches en ville, Reese associe ce nom jusqu'alors méconnu au visage en noir et blanc du disparu. Maintenant, le lien remonte jusqu'à Andy, Andy qui s'affale, flanche dans son siège, son corps immense abattu par les syllabes.

Therese écoute en silence, recueille contre elle la confidence. Andy perd son souffle en vidant son sac. Il s'agite, différemment de ses gestes vifs qu'il a d'ordinaire : ceux-ci retombent aussitôt qu'ils sont esquissés, comme s'il n'avait pas l'énergie nécessaire pour les mener jusqu'au bout. Il évite maintenant son regard. La lycéenne se rend compte qu'elle a les sourcils froncés, quand la voix retombe ; le silence est comme une chape de plomb soudaine, après le fil du ton bas de Ferretti.

Les pièces du puzzle sont alignées, désormais, et Reese en distingue le motif principal. Les sourires fades d'Andy, leur saveur dérobée par la disparition soudaine de McKinnon -elle n'aurait jamais pensé, elle le trouvait peut-être un peu distrait à son retour de Louisiane, souriant d'un air innocent au vide, mais elle pensait qu'Andy lui aurait parlé de Camden. Peut-être n'était-il pas sûr ; de lui, ou d'elle, d'être prêt à franchir le pas et d'affronter son jugement. Une idée saugrenue. L'image de Kane en miroir lui fait froncer les sourcils un peu plus. « Je suis désolée... Je savais pas », commence-t-elle, se pinçant les lèvres en une mine illustrant son désarroi. Elle commence à se dire qu'elle aurait pu lui demander, au lieu de le regarder en silence de l'autre côté de la pelouse. « Qu'est-ce que t'as Andy ? Tu te sens bien ? » est tout ce qu'elle lui a dit, avant de lui envoyer la balle dans le ventre -pour s'assurer vraiment, qu'il était dans son état normal. Elle se dit qu'elle aurait pu même être plus fine et deviner -et venir plus tôt vraiment, quelle idiote... « Tu en as parlé à quelqu'un ? Est-ce que ta mère est au courant ? Ou Teo ? » Reese se force à ralentir le tempo de ses questions, et inspire doucement à la fin de la dernière : « Désolée... J'aurais dû comprendre plus tôt. Désolée Andy je... » Penaude, elle s'interrompt. Il doit connaître le script classique qu'on donne aux proches des disparus, qui lui effleure les lèvres et lui paraît surfait, maintenant qu'ils ont les pieds dedans : « il y a toujours de l'espoir, plusieurs sont revenus, regarde Bishop ou Holland ». Ce sont des faits, qu'elle a bien du mal à exposer à sa mine grise. « J'ai peut-être un truc, contre les cauchemars, euh, semble-t-elle soudain se rappeler, et elle attrape son sac pour le hisser sur le matelas. Tu vois quoi, dedans ? » Elle farfouille dans la poche intérieure, et en sort un petit objet. « Tiens », elle déplie ses jambes de sauterelle et se lève, et tend à Andy le gri-gri que lui a donné sa grand-mère. Elle se promène peu avec, c'est son père quelques jours plus tôt qui lui a glissé dans son sac, par simple précaution. « C'est un truc de ma grand-mère. Pour ne pas t'égarer hors du chemin, quelque chose comme ça... » Reese hausse les épaules, avec une nonchalance qui indique qu'elle n'y croit qu'à moitié, à ces histoires de sorcière. Mais tout est bon à prendre, quand il s'agit de chasser les mauvais esprits de celui trop occupé d'Andy. « Peut-être que ça l'aiderait à retrouver le sien, Camden. »
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Andrea Ferretti
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MessageSujet: Re: ghosts in your shadows (andy)   ghosts in your shadows (andy) EmptyVen 18 Jan - 20:54

Andy peut voir une partie de ce qui se passe dans l’esprit de Reese directement sur son visage. Elle n’a jamais été très douée en poker face bien qu’il n’ait jamais osé lui dire. Elle essaie, fait même des progrès parfois et, si elle n’est pas encore un livre ouvert, il peut deviner le chemin que suivent ses pensées. Il lui faut d’abord réfléchir, tirer le fil, comprendre ce qui lie Camden et Andrea, ce qu’il a dit et ce qu’il ne dit pas - pas tout à fait, ce qu’il a caché ces derniers mois, ce qu’il ne lui a jamais avoué. Un pointe de culpabilité se mêle au reste, dans le ventre d’Andy : il aurait dû être honnête, certainement que Reese ne l’aurait pas jugé. Après tout, elle n’est pas en train de le faire. Il le voit bien : elle est inquiète, étonnée, concernée, préoccupée, mais pas du genre à abattre son jugement comme ça, sur lui, brutalement. « T’as pas à t’excuser Reese, t’y es pour rien. C’est moi qui ai décidé de rien dire. » Et pourquoi lui en voudrait-il ? Pour avoir vécu sa vie de lycéenne, pour avoir flirté avec Kane - dans une tentative ratée de discrétion désintéressée -, pour avoir tenté de faire face, à sa manière, à toutes ces étranges histoires ? Andy esquisse un sourire, malgré tout, secouant légèrement la tête. « Non, c’est compliqué à expliquer. Enfin elles savent qui est Cam et ce qu’il se passait. Ma mère l’aime bien, elle aussi, et elles se sont vues avec Taylor - la mère de Camden. Elle lui apporte à manger, parfois, et elles discutent. Mais elles savent pas pour le reste, les cauchemars. Même si je pense que Teo se doute de quelque chose. Elle m’a vue me lever plusieurs fois la nuit. » Teo, dont la chambre jouxte la sienne et qui doit entendre lorsqu’il se lève, lorsqu’il parle dans le noir - plus rarement -, lorsqu’il vire et tourne et vire et tourne jusqu’à finalement trouver un peu de calme, quelques heures de sommeil.

Andy tend sa jambe et, du bout de son pied, bouscule celui de son amie. « Te prend pas la tête, Reese, vraiment. Tu pouvais pas deviner. Je voulais t’en parler après le premier rendez-vous : le truc un peu bête, j’avais peur que ça marche pas. Et puis après… » Le reste de la phrase reste suspendu entre eux et Andy hausse les épaules. Après il y a eu les bruits la nuit, les battues, les rêves, tout le reste. Une sorte de chaos sans nom qu’Andrea n’avait pas su exprimer, pas su mettre en mot : comment expliquer qu’on perd la tête ? Il n’était pas même certain, à cet instant précis, de pouvoir expliquer correctement à Therese ce qu’il se passe quand il éteint la lumière. Quand il tente de fermer les yeux et que les lumières, de leur plein gré, se rallument. « C’est un peu compliqué… » Alors il réfléchit, parce qu’il lui doit bien ça, la vérité. Avant qu’il n’ait formulé une phrase correcte, complète, Reese se lève et lui tend une petite chose qu’il n’arrive pas exactement à identifier. « On dirait une amulette… » Un instant, Andrea observe l’objet au creux de sa main sans vraiment en voir ni la couleur ni les formes. Il imagine une sorte de bonne intention, une volonté propre à l’objet, qui éloignera les cauchemars et fera réapparaître, comme par magie, Camden disparu. La glissant finalement dans la poche de son pantalon, Andy lève les yeux vers Therese et passe ses bras autour de ses longues jambes, comme un enfant, étrangement allégé. « Merci p’tite tête. » Lui pinçant légèrement le mollet, il la relâche, finit par la laisser s’asseoir à nouveau, où elle le veut, lui laissant la chambre qu’elle connaître par coeur.

Il y a un moment de flottement. Un bref instant où il ne sait que dire, s’il doit continuer ou non, s’il doit avancer à petits pas ou se taire, simplement. Mais peut-être que l’aveu est nécessaire, pour avancer - pour passer à autre chose. Andrea ne peut s’enlever de la tête tout ce qu’il a entendu, et vu, ces derniers temps. Il reste toutefois l’idée que Camden est peut-être… Mort. Ni disparu, ni manquant, mais mort, pour de bon, sans possibilité de retour. Cette vérité lui donne la nausée et, même s’il veut garder espoir, même s’il veut croire aux rumeurs, une partie de lui ne peut cesser d’y penser. Alors il soupire et s’étire, s’appuie sur ses mains, en referme une autour du talisman que Reese vient de lui confier. « Mais c’est un peu plus que des cauchemars… Quand je dors, j’y vois un tas de trucs. Une brume bizarre, je suis coincée quelque part et je sais que Cam n’est pas loin mais j’arrive pas à le trouver. C’est le rêve récurrent, celui-là. » Et sa mère lui dirait qu’il s’agit de l’anxiété, de l’angoisse qui parle, de l’attente et de la crainte. « Et puis… Il se passent des trucs étranges. C’est pour ça que j’ai pas voulu en parler, je crois. Des trucs vraiment… étranges. » Par où commencer? Quoi lui dire ? Faut-il tout balancer, comme ça, d’un coup ? « Le soir j’entends des bruits… Des pas, parfois une mélodie, et comme si quelqu’un venait de parler, tu sais, tu es certain que quelqu’un vient de parler mais tu n’as pas vraiment entendu quoi que ce soit…Et puis il y a les lumières, qui s’allument toutes seules et qui s’éteignent au beau milieu de la nuit. J’ai tout vérifié, crois-moi. Les fusibles, tout. J’ai l’impression de perdre la tête, parfois. »

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