Dans la petite ville d'Aster Cove, des choses étranges se passent...

 
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 A butterfly in the crowd. {Ange}

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MessageSujet: A butterfly in the crowd. {Ange}   Ven 20 Oct - 21:30


   


A butterfly in the crowd.
Perfect butterfly

Aster Cove, voilà un petit moment que tu en fais le tour, que tu découvres la ville ou ton père s'est réfugié pour se dissimuler. Cette ville est étrange et peu rassurante, comme un coin sombre du monde, seulement, tu t'as fait à cette idée. Alors tu marches dans ces ruelles, chaque jour, tu découvres des nouveaux visages en recherchant celui de ton père. Seulement lui n'apparaît pas. 

Cependant, dans la foule, un visage te revient régulièrement, une jeune femme, une jeunette au maquillage prononcé et au style inhabituel le genre de visage qui ne passe pas inaperçu, le genre qui se grave quelque part dans la tête et qui ne disparaît jamais parce que trop particulier. Alors tu regardes rentrer le papillon dans le magasin de vinyle. Guidé par ton instinct de chasseuse, de dragueuse à temps perdu, tu la suis, t'essaye d'être discrète, mais ce n'est pas ta spécialité. 

Tu regardes les vinyles pour ne pas te faire cramer directement, puis tu détailles parfois son corps et observe les choix qu'elle fait. Elle attrape la BO de Starmania, une des seules comédies musicales que je connais... Ouais, les gens ont tendance à me dire "oh, Haya, j'ai pensé à toi en regardent Starmania". Une comédie musicale Française, qu'ils sont doués ces Français. 

- "Quand je marche dans la rue, j'entends les hommes qui murmurent, regardez cette femme quelle allure !"

Tu fredonnes le début de cette chanson que tu connais, tant bien que mal, la chanson "le travesti". Tu ne fais pas une bonne Française, déjà, tu as eu du mal à te faire à l'anglais... D'ailleurs, ton accent japonais ressort, ta voix androgyne n'en démord pas. Tu as attiré son intérêt, c'était le plus simple à faire, maintenant le garder sera plus compliqué. Tu tentes le tout pour le tout, de toute façon, tu n'as rien à perdre, tout à gagner. Tu as ta fierté, ta grande gueule et ton manque conséquent de tact. Tu n'es pas le genre que tout le monde supporte et pourtant, tu supportes bien les gens... De loin. En vrai, non, même de loin, il t'arrive d'avoir du mal, mais il faut que tu connaisses un minimum ces gens avant de ne plus les supporter. Quelques secondes au moins.

- Tu comprends toutes leurs chansons ?


Il est effectivement dur de savoir de quelle origine est la personne en face de nous, du moins parfois. C'est son cas à elle, rien qu'avec le maquillage, ces grands yeux, rien ne te prouve concrètement que cette femme soit anglaise, française, Italienne... Peut-être même un mélange de plusieurs cultures.Toi, la Japonaise aux airs androgynes, la femme qui ne se sent pas de ce genre, ni d'aucuns. Toi, ça se voit que tu es asiatique, puis ton accent ne trompe pas non plus. 

- Un verre ça te dit ?

Tu lances cette phrase, tu la balances sans attendre à une réponse positive, tu penses d'ailleurs honnêtement que ce sera négatif, mais tu es têtue, puis tant qu'elle ne te donne aucune raison de laisser tomber, tu seras le genre à tout faire pour atteindre ton objectif, soit découvrir cette créature magnifique. Il y a des êtres ordinaires, puis d'autres qui ressemblent à des papillons, éphémères, magnifique, presque magique. Le genre qu'on ne doit ne pas toucher au risque de le voir s'effacer, se briser. Après, tu te méfies, tu es comme ça. Le papillon, peut-être, n'en est pas un. Que ce cache t'il sous ces robes, son maquillage, ces jolis yeux ? On ne connaît jamais les personnes autour de nous, on les découvre continuellement. Alors une inconnue dans la foule n'échappera pas à la règle.
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MessageSujet: Re: A butterfly in the crowd. {Ange}   Sam 21 Oct - 16:19

Starmania. Cette comédie musicale aux faux airs d'une version gay de Grease. Ange, elle l'avait regardé, encore et encore, en chantant toutes les chansons. Le premier vrai cadeau que lui a offert sa mère était une vhs de Starmania qu'elle avait eut grâce à son père qui habitait au sud de la France et qui bossait dans le milieu de la production. Bien que la demoiselle n'ait jamais eut le plaisir de le rencontrer, cette petite cassette plaça le vieil homme dans sa liste de personnes respectables.

En arrivant à Aster Cove, Ange eut une longue période de nostalgie. Alors qu'elle avait vécu huit ans à Tokyo, c'était Paris qui lui manquait le plus. Sa ville lumière, là où elle grandit et où Nous sommes nés. Elle et moi. Ange avait donc eut un terrible mal du pays et elle cherchait désespéramment à trouver un refuge, une sorte de substitut. C'est là qu'elle tombe sur le New Order. Ce fameux disquaire tenu par cet espèce de paillasson humain plutôt sympathique et qui avait tout un rayon sur la chanson française - rayon plutôt réduit mais Ange considéra ceci comme une victoire en soit.

Ce jour-là, Ange n'avait rien à faire. Un après-midi de libre, pas d'amis à voir -pas d'amis tout court même- et la séance du drive-in ne commençait que le soir. Le moment était donc bien choisi pour aller guetter les nouveautés de la petite boutique de vinyles. Elle franchit la porte grinçante de l'établissement en balançant ses cheveux noirs par dessus sa frêle épaule. La douce voix de Madonna chantait Like A Virgin en fond et Phil roupillait à moitié au comptoir. Un bref bonjour, elle va directement dans le rayon qui l'intéresse.

Elle s'arrête un instant sur le dernier album d'Indochine, Le Péril Jaune, et fait une petite moue en pensant à la tournée qu'ils faisaient en France cette année. Comme par automatisme, elle finit par se retrouver devant le vinyle de la Bande-Son de Starmania. Elle caresse légèrement la couverture avant qu'une voix étrange se mette à chanter les paroles de "Travestie". Elle se redresse et plante ses yeux sur cette ... femme ? Ange n'aimait pas les tomboy. Non pas qu'elle les trouvait repoussantes ou quoi mais pour une jeune fille comme elle qui faisait tant d'effort pour faire briller sa féminité, les femmes qui ne faisaient que l'écraser avaient le don de l'agacer. Elle esquisse cependant un rictus en reposant le disque à sa place.


- C'est drôle, parce que c'est le personnage que je déteste le plus qui chante cette chanson. Sadia, la méchante de l'histoire. "Je suis le sexe démystifié. Je suis la violence personnifiée".


Dit-elle, dans son français parfait. L'androgyne la questionne. Tu n'as pas l'habitude, pas vrai ? Après tout, les gens te connaissent. Tu n'as plus besoin de te présenter. Mais à voir l'allure de cette demoiselle et sa façon de parler, elle ne doit pas être d'ici. Remarque, toi non plus, tu n'es pas d'ici, Ange. Elle repose ses yeux sur la couverture avant de pousser un soupire.


- Je pensais que ma réputation me précédait. A croire qu'il y a encore des ignorants dans cette ville. Et vu ta dégaine, ça ne m'étonne même pas que tu ne saches pas qui je suis. Une vraie Sadia.


Elle pousse un petit rire moqueur en terminant sa phrase en français. Ange, elle s'est déjà faite draguer par ce genre de femmes. Bien sûre, avec tous les ragots qui courraient sur elle, certaines lesbiennes avaient crut bon de tenter leurs chances. Mais Ange aimait les hommes. Sauf moi. Et alors qu'elle s'apprête à s'envoler, le culot de l'androgyne retient son attention, au point qu'elle en hausse un sourcil.


- Avant de m'inviter à boire à verre, tu pourrais peut être vérifier si je ne suis pas mineur, non ?


La carte de la mineur, ça en faisait fuir plus d'une. Et tant mieux parce que, au final, même si Ange aimait bien jouer les méchantes, il y avait des moments où elle voulait souffler un peu.

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MessageSujet: Re: A butterfly in the crowd. {Ange}   Sam 21 Oct - 18:42


   


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Peut-être que vous ne vous trouverez pas énormément de point commun, mais il y en a un et pas des moindres. Vous n'avez pas d'amis ou presque pas. Cela dit e toute façon vous avez apparemment l'une et l'autre un caractère de merde. Cordialement.

Elle repose le disque à sa place, puis elle entend ton chant improvisé, elle rit. Elle se fout de toi ? Non. Si ? Tu ignores ces moqueries comme une enfant le ferait. 《 C'est drôle, parce que c'est le personnage que je déteste le plus qui chante cette chanson. Sadia, la méchante de l'histoire. 》Elle semble parler un français parfait. Elle semble même surprise d'être questionné. Cette surprise qui se lit sur son visage te fait hausser un sourcil, puis ta lèvre s’étire pour laisser apparaître un sourire, pas le genre de sourire poli ou courtois, non. Le genre provocant. Elle se prend pour qui au juste le papillon ? 《 Je pensais que ma réputation me précédait. A croire qu'il y a encore des ignorants dans cette ville. Et vu ta dégaine, ça ne m'étonne même pas que tu ne saches pas qui je suis. 》

- J'l'aime bien moi.

Après un certain temps de pose, un calme et la deuxième réplique de la demoiselle brune tu rappliques.

- Tu l'aimes pas ? Du coup tu lui as piqué son caractère ? Puis non, je te connais pas papillon. Apparemment, je devrais.

Oh oh, actuellement le papillon ressemble davantage à  une guêpe. Un papillon vénéneux ça existe ? Sûrement est-elle une espèce rare, quoique les beautés fatale, froide, inaccessible et aux chevilles plus grosses que leurs cuisses... ça court les rues. Elle se fout de ta gueule et ça te fait doucement sourire, si tu ne sais pas qui elle est, elle ne te connaît pas non plus. Tu joues dans son jeu, tu joues le mec-nana calme, sage, le genre qui se laisse marcher sur les pieds, mais tu n'es pas très bonne joueuse, tu finiras par céder.

Elle s'est déjà faite dragué par ce genre de 《 femme 》?  Tu n'es pas une femme, pas un homme, tu n'as pas de genre. Elle hausse un sourcil sous ton culot et une nouvelle fois ça te fait sourire, on n'arrête pas les ouragans en leur disant simplement 《 Avant de m'inviter à boire à verre, tu pourrais peut être vérifier si je ne suis pas mineur, non ? 》 Tu ne fuiras pas, tu ne sais pas faire ça, abandonner.

- Justement j'aime bien les jeux dangereux.

Elle semble penser te faire fuir en te disant qu'elle est mineure. Seulement tu as tout juste la majorité. 22 ans. D'ailleurs elle devient un challenge, un défi de haut niveau, comme un truc inaccessible et putain, ça devient excitant.  Le papillon semble virevolter autour des limites, elle te provoque et tu lui rends bien.

Tu te demandes comment est-ce qu'elle est ? Serais ce le genre de gamine qui te faisait pleurer étant gamine ? Si c'est le cas comment ça se poursuivra ? Tu ne sais pas. De toute façon, tu te rapproches toujours de tes potentiels victimes, pendant un jour ou deux ans. Puis tu brises ce qu'il y a entre tes mains, contre ton cœur, parfois tu te brises avec. Seulement elle, elle ne semble pas être du genre fragile, du moins pas moralement. Lentement tu replaces tes cheveux courts et noirs sur ta tête, si mademoiselle n'apprécie pas ton peu de féminisme, toi tu ne te sens bien qu'entre la limite du féminin et du masculin. La juste balance entre le rouge à lèvres et les pantalons trop larges. La limite entre les cheveux courts et l'aperçu de la naissance de tes seins lorsque tu mets des chemises ouvertes.

- En plus un verre, c'est pas grand chose, mais ça peut-être autre chose qu'un verre.

Insistance, sans être trop lourde. Tu ne l'empêches pas de partir, mais tu ne lui laisses pas non plus le temps de s'en aller s'en rajouter quelque provocation. Elle se la joue princesse, toi rebelle. Une princesse arrogante, un papillon intouchable, une guêpe qui pique. Tu ne sais plus ce qui lui convient le mieux, mais le papillon va rester, pour le moment.
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MessageSujet: Re: A butterfly in the crowd. {Ange}   Lun 23 Oct - 19:04




Les femmes. T'avais jamais eut de bonnes relations avec elle. Sauf une. Mais cette société ne la considérait pas comme telle. T'avais grandit avec Camille, cette Lady aux tenues élégantes et à la démarche gracieuse. L'exception, la femme à qui tu tenais le plus au Monde était un homme.

La première femme qui t'avait blessé, c'était Aoki. Ses cheveux courts d'un noir de jais. Des yeux clairs si étranges, en amande. Son teint clair. La douceur de son sourire. Ma mère. Ma mère à qui tu ressembles tant. Un abandon auquel je me suis habitué, des retrouvailles qui sonnaient faux, une culpabilité nauséabonde. Elle faisait partie de ces femmes qui ne pouvaient pas survivre sans avoir un homme dans sa vie. Il fallait qu'elle se raccroche à une présence masculine, protectrice. Et quand son mari l'a quitté, elle est revenu vers Papa. Mais Ange, t'aurais fait pareil. Parce qu'après tout, tu lui ressembles beaucoup.

Elle s'appelait Hiyori-San. Minami Hiyori. Elle avait quatorze ans, comme moi. A l'époque, Papa m'avait obligé à te cacher. Parce que là-bas, tu ne pouvais pas déployé tes ailes comme avant. Il y avait des règles. Et j'étais obligé de les suivre. Sauf que Hiyori-San n'a pas écouté les adultes. Elle a fait l'imbécile. Elle a joué celle qui voulait montrer sa personnalité ouverte. Elle t'as fait croire que tu pouvais te montrer aux yeux des autres. Et moi, je me suis fait viré du collège à cause de ça. Je déteste les femmes comme Hiyori-San. Et cette fille, qui se tenait en face de toi, elle était pareil.

A Aster Cove, les demoiselles qui ne recherchent pas la compagnie des hommes se font discrètes. Ange, elle s'est déjà faite abordé par certaines d'entre elles. "Parce que t'es un peu des deux.". "Parce que si t'es juste habillé en femme, j'irais peut être pas en enfer.". Bande de connes.

Cette nana, elle savait pas qui t'étais. "Le petit gars qui porte des jupes". "Le neveu de Théodore Mathieu". "L'erreur de la nature". "Le péché incarné". Tous ces petits surnoms que te donnaient les mères aux foyers à la sortie de l'église. Mais au final, ça t'étonnait pas qu'elle ait pas entendu parlé de toi. Elle avait l'air d'être le genre de nanas qui en avaient rien à foutre des racontars. Le genre de nanas marchait sur un tapis de remarques chuchotées au creux de l'oreille de la voisine. Quelque part, ça t'arrangeait que ta réputation ne te précède pas. En y pensant, tu te mets à sourire et tu t'éloignes un peu, sans vraiment quitter la conversation pour autant.


- Je suis un peu jalouse, de ne pas être le seul phénomène de foire de cette ville. Être obligée de partager la scène avec une femme comme toi. J'en serais presque vexée.


Elle insiste. Un verre. Ou autre chose. Tu regardes ta montre. Aaron ne devait pas être au dinner à cette heure-ci. Il n'aura pas le plaisir d'être ton serveur personnel si vous y alliez maintenant. Tu hésites à dire Oui, Ange ? Ça ne te ressemble pas, pourtant. Tu te rapproches un peu.


- Tu ne lâches pas l'affaire. D'ordinaire, je ne me serais même pas donner la peine de te répondre mais là ...


Tu doutes. Tu mordilles ta lèves inférieur en laissant planer le mystère quelques minutes. Et si tu la plantais là ? Ça serait drôle. Histoire de voir si elle te courait après. Mais ce serait trop facile. Et t'avais du temps à perdre.


- Je veux un milkshake à la fraise. Celui du Dinner.


Tu t'éloignes du rayon, fais un dernier signe à Phil le disquaire qui roupille à moitié et t'ouvres la porte. Un regard par dessus ton épaule, la prunelle scintillante.


- Tu te dépêches ou pas ?





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MessageSujet: Re: A butterfly in the crowd. {Ange}   Mar 24 Oct - 17:09


   


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Tu ne sais ce qui se cache, sous les jupes du papillon, tu ne comprendras donc pas tout ce qu'elle te dit, tout ce qu'elle tente de t'expliquer. Si tu savais qu'elle n'était pas née femme, si tu savais qu'elle n'est pas si différente de toi, sûrement que ce serait exactement pareil, parce qu'au fond, pour toi, ce qui est écrit sur la carte d'identité ne compte pas réellement. S'il veut-être elle, alors elle le sera à tes yeux, avec ou sans queue. Te rends-tu compte que c'est mal vue ? Bien sûr, tu en as vécu les frais pendant des années. La sexualité est taboue et les genres sont une normalité qu'on ne devrait pas changer. Le vrai problème est qu'ont nous attributs des genres qui ne nous correspondent pas forcément. Le tien est spécial, tu ne te sens dans aucun des deux noté, aucunes des deux cases. 

Lui dirais-tu de s'affirmer si son secret ne t'était pas dissimulé ? Non. Pourquoi ? Tout simplement, car tu n'en verrais pas l’intérêt, les gens n'ont pas besoin de s'affirmer, c'est seulement le monde autours qui ne devraient pas s'arrêter à un sexe, une orientation, une origine, un chiffre sur la balance. La liberté, tu l'acquis en ignorant les autres, en oubliant que leur existante t'importait.

Dans les rues d'Aster Cove, comme presque partout les habitants dévisagent les femmes qui s'aiment, les hommes amoureux du même genre et chaque personne qui ne rentre pas dans une norme établie, seulement en te voyant, en la voyant, ils ne sont pas sur du genre où ils se trompent. Lorsque tu marches dans la rue, lorsque tu passes en coup de vent, tu es plus souvent un homme qu'une femme, ce n'est seulement que lorsque l'on te détaille, lorsque l'on te parle, qu'on s'assure de ce que tu as, de ce que tu n'as pas. Parfois, le doute persiste, parfois non.


Cette fille en face de toi, elle utilise le mot femme en te décrivant. Alors elle prête suffisamment attention à toi, à ton corps pour mettre un nom sur ce qu'elle voit. Elle se trompe. Tu ne ressembles pas à une femme, pas à un homme. Le même refrain qui secoue tes idées, le même discours pour te protéger de ces préjugés. Si certaine se protège des dieux, toi ce n'est pas ton cas, tu n'y crois pas. Pas que tu ne voudrais pas y croire, mais tu ne le peux pas. Bien sûr, tu ne le dis pas, tu n'exprimes pas cette opinion personnelle. 

Tu ne vois rien en elle d'un homme, alors tu ne comprends pas « Je suis un peu jalouse, de ne pas être le seul phénomène de foire de cette ville. Être obligée de partager la scène avec une femme comme toi. J'en serais presque vexée. » Elle est jalouse ? Il n'y a pas de quoi. Puis pourquoi serait-elle un phénomène ? Au fond, tu t'en fous un peu, tu la découvres du regard, puis rapidement, tu passes à autre chose. 

- Je te laisse le rôle de femme, le rôle de phénomène. Je n'y tiens pas spécialement. 

« Tu ne lâches pas l'affaire. D'ordinaire, je ne me serais même pas donné la peine de te répondre, mais là ... » Mais là, quoi ? Tes yeux bridés scrutent les siens un peu trop maquillé, camouflé. Le papillon hésite et elle ne le dissimule pas ou pas bien. Tu ne comprends pas ce qui peut la faire tant hésiter. Un verre, un rendez-vous, une Barbapapa, tout ça ne mène à rien, pas de contrainte, pas de lien, juste une pause avec un.e Inconnu.e. Elle s'acharne sur sa lèvre, un tic qu'il t'arrive d'avoir, plus ou moins souvent. Et si elle avait décidé de te planter là, si elle était partie. Comment aurais-tu réagi ? Tu aurais sûrement sorti des choses très peu agréable, puis tu l'aurais tout bonnement ignoré. L'ignorance, le pire des mépris.

« Je veux un milk-shake à la fraise. Celui de Dinner. » Elle s'éloigne, puis se retourne. Pas le temps de réagir que tes jambes t'entraînent rejoindre le papillon, comme un chaton qui a envie de jouer, tu la rattrapes alors qu'elle s'impatiente. « Tu te dépêches ou pas ? » D'un hochement de tête, tu retournes à son niveau. Tu ne connais a encore bien la ville, même pas du tout. Alors tu décides de la laisser t'entraîner. 

« Dinner » le nom du café devant lequel tu te retrouves avec la demoiselle sans ailes. Sans elle. Un papillon qui sous la beauté d'une femme cache un pronom masculin. Un papillon. Si tu savais, si tu te doutais que ce surnom, lui aille comme un gant. En réalité ça ne changerait pas grand-chose, ta vie n'en serait pas bouleversée, tu es une femme sans seins, un homme sans membre. Finalement, tu es Hayate, elle est Ange. Son prénom lui correspond-il ? Il semblerait que son caractère soit plus apocalyptique qu'angélique, mais ce n'est qu'une opinion personnelle.

Mademoiselle prend place et tu en fais de même, tu demandes un milk-shake fraise et tu commandes le même, à vrai dire, tu n'as jamais goûté. Il faut bien une première fois à tout. Lorsque les boissons arrivent, tu glisses entre tes mains le verre, lentement, tu rapportes à tes lèvres le verre et trempes le bout de tes lèvres pour en goûter le contenu. Ton nez exprime ce que tu ne diras pas « Je n'aime pas ».Tes yeux bridés se reposent sur la magnifique créature qui se trouve en face de toi, tu te demandes vraiment quel genre de fille elle est, quel genre de personne se cache sous ces vêtements magnifiques, ce maquillage. Est telle capricieuse ? Chieuse ? Mauvaise ? Gentille ? Tu ne sais pas vraiment quoi penser du papillon.

- Tu es du genre à préserver le mystère ? 


Les personnes normales demandent le prénom, les personnes normales ne sont pas toi.

{ On continus dans la section Dinner ? }

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MessageSujet: Re: A butterfly in the crowd. {Ange}   Ven 3 Nov - 0:05

T'avais l'habitude, maintenant. On te bouscule dans les couloirs du lycée, on t'enferme dans les toilettes, on te crache dessus parfois, on te regarde mal, on t'ignore les jours de beau temps. Mais tu gardes la tête haute, tu serres les dents et tu passes ton chemin en écrasant les insultes avec tes hauts talons. Quand les gens ne te connaissaient pas, ils étaient attirés par cette aura étrange et mystérieuse. Certains papillons se brûlent les ailes en s'approchant trop près de ta lumière. Ils sont déçus. Ils sont dégoûtés. Ils sont peut être fascinés, quelque part ? Toi, tu t'en fiches, qu'on t'aime ou qu'on te déteste. Tant qu'on te regarde.

Arrêtes de faire la fière, Ange. Moi, je sais que tu souffres, parfois. Tu souffres quand le garçon qui te plaît te traîne dans la boue. Tu souffres quand les filles te balancent des seaux d'eau sale en te bloquant dans la cabine des toilettes. Tu souffres quand on essaie de te déshabiller dans les couloirs. Tu souffres de cette différence qui est pourtant censée être ta force. Mais tu préfères tellement ce traitement à l'ignorance. Oh oui, tu pourrais mourir pour un regard.

Les habitants d'Aster Cove sont si simples. Un homme, ça travaille, ça joue au football, ça épouse la fille du quartier, pas trop laide, ça fait des enfants. Un homme, ça ne se maquille pas. Un homme, ça ne porte pas de jupe. Un homme, ça reste un homme, de sa naissance à sa mort. C'est comme ça. Ange, elle dérange. Ange, elle trouble, avec son corps chétif, avec sa démarche, avec ses yeux. Ange, elle sait qu'elle sème le doute et ça lui plait. Ange, elle sait qu'Hayate est pareille qu'elle. Hayate, elle veut troubler, Hayate, elle veut tromper, Hayate, elle veut s'effacer entre deux genres. Hayate, elle t'intrigue, pas vrai ?

Je te laisse le rôle de femme, le rôle de phénomène. Je n'y tiens pas spécialement
. Le rôle de la femme. Ce n'était pas un rôle. C'était ta vraie nature. Peut être qu'un jour, tu me tueras définitivement, comme Candy Darling l'a fait avec James Slattery. Un jour, peut être, je cesserais d'être un garçon et tu pourras enfin devenir la femme que j'ai rêvé d'être.

Elle marche sans vraiment l'attendre, l'androgyne la rattrape rapidement. Le Dinner, c'est ton repère, ton petit coin du Vendredi soir. Un coup d'oeil sur sa montre. Aaron n'est pas là, normalement. Dommage, tu avais envie de lui montrer que parfois, tu pouvais avoir quelqu'un à ta table. Tant pis. La clochette de la porte annonce votre entrée. Toujours la même banquette, la même place, la même commande. Ange croise les bras, les yeux fixés sur Hayate. Elle bats des cils, elle laisse ses prunelles cyan se balader sur ce visage lisse, elle esquisse un sourire. Tu es du genre à préserver le mystère ? Ça te ressemble bien, après tout.


- Je ne connais même pas ton prénom. Et tu ne connais pas le mien non plus, vraisemblablement. Je me demande qui de nous deux est la plus mystérieuse, finalement.


Comme une habitude, Ange commence par la cerise. Plaisir sensuel qu'elle ne partage qu'avec sa propre personne, d'ordinaire, elle laisse la confiserie fondre sur sa langue, la tige bien vite arrachée. Ange, elle était du genre à commencer par le dessert. Ange, elle était du genre à choisir les bonbons rouges. Ange, elle était du genre à préférer les jolies poupées aux ballons de foot. Ange, elle vivait dans un monde de couleurs et d'esthétisme. Il fallait que tout soit beau. Sinon, ça n'en valait pas le coup.

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MessageSujet: Re: A butterfly in the crowd. {Ange}   Mar 21 Nov - 21:24


   


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Être une femme pour toi est peut-être un rôle, mais pour elle ce n'en est vraisemblablement pas un, elle est elle. Tu n'en doutes pas une seconde, puis de toute façon tu ne te doutes pas, tu ne sais pas que finalement vous vous ressemblez plus qu'il n'y paraît et vous êtes pourtant si différente. Si opposé. Elle est peut-être tout ce que tu haïs, comme tout ce que tu aimes. Un magnifique contraste, le yin et le yang à elle seule. Un camaïeu de couleur qui t'est  encore dissimulé.

Toi, tu n'es pas femme, tu n'es pas homme, tu es la case entre les deux. Celle que pas grand monde rajoute, celle que pas grand monde ne comprend. « Autre » puis entre celle que l'ont ta assigné, celle à laquelle tu ressembles et la tienne il y a trop de contrainte, trop de compromis. Tu aimes danser, déteste le foot, tu n'aimes pas les robes et aimes tes cheveux courts, tu ne te vois pas mère, ni père. Tu n'es pas dans une de ces cases. Tu es un violent mélange des deux.

Lorsque le papillon est installé elle regarde sa montre, serait elle du genre impatiente ? Il semblerait. Tu regardes, ses lèvres, sa nuque, ses épaules. Tu la détailles et c'est son regard que tu retrouves sur toi, son regard qui examine ce qui se trouve devant lui. «  Je ne connais même pas ton prénom. Et tu ne connais pas le mien non plus, vraisemblablement. Je me demande qui de nous deux est la plus mystérieuse, finalement. » Un sourire naquit sur tes lèvres, le genre de sourire qui exprime cette satisfaction, cette fierté.

Tu n'as pas besoin d'un prénom, pas besoin d'étiquette, elle est un papillon. On ne s'attache pas autant aux choses qu'on ne connaît pas. Tu regardes ton milk-shake, tu y goûtes, tu laisses la fraise pour la fin et commences par ce qui t'es inconnues. D'une grimace tu relèves ton visage pour regarder en direction du papillon. Tu n'es de toute évidence pas très « fraises ». Tu prends le fruit entre tes doigts et le loges entre tes lèvres. La couleur est belle, mais ce n'est pas ton fruit favoris.

- Pourquoi j'aurais b'soin de ton prénom ? Et en quoi savoir le miens changerait les choses ? Au fond, nous finirons par nous oublier.

Elle est un papillon, hors de portée et pourtant souvent si près, elle est un papillon qui pique comme une abeille. Tu as beau la regarder, encore et encore. La détailler comme un objet sous chacun de ces traits, l'examiné comme si ta vie en dépendait tu ne lui trouve aucune fissure, aucune faille. Sont elles si bien dissimulé ? Comme les tiennes, Hayate. Le papillon serait magnifique à dessiner, comme Forrest. Elle collerait à merveille sur tes peintures, d'un détail à l'ensemble de ce qui fait d'elle, une personne unique. Tu ne peux t'empêcher de regarder ce que tu n'as pas touché, ce que tu n'as pas encore interprété.  

- Tu ne t'ennuies pas à être aussi irréprochablement belle ?

Les mots se basculent devant tes lèvres, tu pousses discrètement ton milk-shake vers le centre de la table, sans pour autant quitter le papillon du regard. On ne sait jamais, elle pourrait s'envoler, se tirer très loin de la tarée, que tu es. Ce n'est même pas de la drague, quoiqu'un petit peu. Tes mains décorées de bagues diverses et variées se posent sur la table, tu prends appui sur tes avant-bras et tapotes du bout des doigts la table du Dinner.

Tu ne sais pas vraiment quel genre de personne tu as en face de toi, quel genre de femme est le papillon. Le maquillage semble être son art préféré, après elle-même. Elle est de toute évidence un chef-d'oeuvre vivant, le genre qui ne laisse pas beaucoup de regard perdu au hasard. Le genre qui attire l'attention, le genre que tu n'étais pas. Le genre contre qui tu as eu tendance à te battre. Peut-être ne là t'elle pas toujours était. Peut-être est telle un doux mélange d'avant et maintenant. Peut-être est-elle le fruit de la vie. Comme toi.

- Tu dois avoir l'habitudes qu'on te regarde.

Et toi tu insistes, tu es encore là.
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MessageSujet: Re: A butterfly in the crowd. {Ange}   Ven 24 Nov - 17:02






Un jour, j'arrêterais d'exister. Un jour, je finirais par disparaître totalement et tu pourras être Ange en entier. Les gens n'auront plus d'excuse. Tu ne seras plus "Le garçon qui porte une jupe". On n'osera plus te poser toutes sortes de questions dans le but de te mettre mal à l'aise, de te ridiculiser. On ne portera plus plaintes contre toi. On ne te donnera plus de coups "parce que tu es un homme". Au fond, tu sais qu'on ne te laissera jamais vraiment tranquille, dans cette ville. Mais parfois, ça me fait du bien de rêver à un Monde sans moi. Ça me fait du bien de savoir que tu seras heureuse au moins une fois dans ta vie, même si ce n'est qu'un rêve.

"Au fond, nous finirons par nous oublier". L'oubli. Ta plus grande peur après moi. Que feras-tu si les gens finissent par détourner le regard de ta personne ? Si les gens ne font plus attention à toi, en bien ou en mal ? Tu te fiches de recevoir des coups, des menaces, des insultes, si c'est au prix de l'attention. Tu prends une gorgée de ta boisson avant de répondre simplement.


- Les gens ne m'oublient jamais.


Et pourtant, tu es née dans l'oubli, Ange. Souviens toi quand je cherchais des réponses à mes questions. Quand je cherchais une mère qui n'avait jamais donné signe de vie. Quand la seule chose dont je rêvais était de m'affirmer, de me dévoiler, c'est à ce moment que tu es apparu. Avec cette jupe trop grande, cette vieille perruque et ce rouge à lèvres tartiné tout autour de la bouche. Tu avais fait rire Papa. Et Camille avait même mis son châle autour de tes épaules. Je n'avais que six ans, à peine. Et m'habiller en fille était devenu addictif. Je regrette tellement d'avoir dut t'enfermer dans mon placard pendant ses longues années passées à Tokyo. Mais aujourd'hui, cette époque est bien révolue. La regrettes-tu ?

Alors que le liquide rosé et crémeux de ton verre se réduit petit à petit, l'asiatique te regarde à son tour. Elle finit par reprendre la parole pour te complimenter. " Tu ne t'ennuies pas à être aussi irréprochablement belle ? ". Une approche plutôt direct, un peu cliché mais tu t'en contentais. Tu hausses un sourcil, esquisse un sourire espiègle.


- Je le vis plutôt bien, je pense.


L'ange se redresse, le verre à présent vide. Elle croise les jambes tandis que l'androgyne poursuit son enchaînement d'approche. Elle trouvait cela amusant, la petite Ange. Cette façon de se tenir. De lui parler. De la regarder. Elle voulait semer le doute et toi, tu étais un peu jalouse. Tu faisais disparaître le peu de pilosité que tu avais. Tu faisais toujours attention aux déformations de ta voix. Tu cachais ta gorge  sous des cols et des colliers. Tu rembourrais tes soutiens-gorges, ajustais tes jupes. Alors que pour les filles comme elle, c'était si simple de jouer les garçons. Tu pousses un soupire.


- Les gens ont du mal à me lâcher des yeux, pas souvent pour les bonnes raisons. J'imagine que les gens d'ici ne doivent pas vraiment te porter dans leurs coeurs, non ? Ils ont dut mal avec les étrangers, en particulier quand leurs différences sont flagrantes.


Des personnes comme elle, comme toi, il y en avait peu. Si ce n'est pas du tout. Vous pouviez vous compter sur les doigts d'une main. Et c'est ce qui vous rendait si spéciaux aux yeux de tous. Dans les grandes villes, dans des quartiers en particulier, vous auriez put passez inaperçus. Mais pas à Aster Cove.


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MessageSujet: Re: A butterfly in the crowd. {Ange}   Mer 29 Nov - 18:02


   


A butterfly in the crowd.
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Nous finissons tous par arrêter d'exister, par disparaître, par nous paumer entre la réalité, le rêve, la mort et bien d'endroit dont on n'oublie pas l'existence. Toi, Hayate tu t'es perdue depuis un moment, tu as été entraîné loin de ce que tu attendais de toi-même, loin de celle que tu aurais réellement dû être. Tu ne serais même pas celle que tu voulais être, tu es un triste compromis entre les deux. Elle, cette fille en face de toi voudrait faire disparaître ce qu'elle n'est pas, ce qu'elle ne se sent pas. Qui pourrait réellement la blâmer ? Pas toi. Tu ne le pourras jamais, puisque tu sais, tu connais cette sensation dérangeante, celle de ne pas te sentir soi-même. D'ailleurs tu ne sais même pas qu'elle n'est pas elle. Pour toi le genre qu'elle affiche est le sien. Pourquoi chercher à aller plus loin ?

Lorsque tu rêves, lorsque tu cesses de garder tes yeux ouverts, tu cherches parfois à comprendre qu'est que tu es, mais même dans tes rêves la réponse n'est pas là. Elle ne sera jamais là, la réponse que tu attends. Tu joueras toujours sur la ficelle, tu ne cesseras jamais de jouer à la voltigeuse, au voltigeur. Parce que la corde sur laquelle tu te trouves, elle est mince, fragile, elle n'est pas stable et le monde cherche à t'en faire tomber. « Rentre dans une case », « choisis ». Tu ne choisiras pas. Être une femme n'est pas suffisant, être-homme non plus. Les deux c'est mieux.

« Les gens ne m'oublient jamais. » Tu la regardes dans les yeux, tu la découvres à chacune de ces phrases, chacune de ses craintes, de ses peurs. Cette phrase tu ne la jamais entendis de manière si sûre, si vraie. Elle en est sur, ou elle l'espère ? C'est sûrement l'une des questions de sa vie. « Si je n'étais pas là, qui se souviendrais de moi ? »

- C'est toi qu'ils n'oublient pas ou ton image ? Parce que l'on oublie les images. Pour te dire, je ne me souviens même pas de celui que je suis venue trouver. On oublie, l'image.

Tes pensées sont brouillonnes, ta tête est en bordel et ça se ressens. Pourtant tu essaies d'être clair, on oublie les gens, on les efface de nos têtes s'ils n'ont pas été présents ou importants. On en a un souvenir vague, flou. Comme si vous vous trouviez d'un côté d'une vitre embuée, trop embuée.

- Graves-toi, si tu ne veux pas être oubliable, grave toi en moi.
Petit clin d'oeil qui va bien. Impose-toi. On s'oublie nous-mêmes parfois.

Hayate, reprend ta façon bien à toi de gérer les situations gênante, angoissante ou sérieuse. Ne te laisse pas submerger par ce qui s'installe là. Si aujourd'hui, maintenant tu partais tu oublierais sûrement les traits de ce visage, tu oublierais sûrement l'endroit où vous vous trouvez. Pas de suite, pas dans un coup de vent, mais par étapes, puis un jour en passant, tu la reverrais, tu aurais cette impression de déjà vue, se rappelle inconscient, tu chercherais un nom, un chiffre, une date que tu ne connais pas, que tu ne connais plus, que peut-être tu n'as jamais connu.

On choisit souvent la facilité, se dissimuler, disparaître dans la foule pour ne pas attirer le regard. On se cache de nous-mêmes pour ne pas apparaître au monde. Elle, les papillons, elle ne fait pas ça, elle ne se cache pas dans la foule, ne se dissimule pas réellement ou plutôt d'un point de vue objectif. Elle est belle et elle le sait, elle se rend belle et elle a le mérite d'essayer, de jouer de ce qui attire l'oeil. Physiquement visible, mentalement sûrement aussi. Gravons-nous, ne nous oublions pas.

- Tu as sans doute du courage, c'est dur d'être belle ?

C'est dur d'être belle, c'est dur d'être moche, c'est dur de ne pas être dans la norme. Tout est dur, pour des raisons différentes. Tu ne t'es jamais considéré comme belle, ni beau. Tu étais ronde, tu étais femme. Tu es plate, tu n'as pourtant rien entre les jambes, tu n'as pas une voix féminine, ni masculine, tu n'es pas magnifique, tu es aguichante et joueuse avec en cadeaux un caractère volcanique.

Comme la plupart des gens, elle pense sûrement que tu joues l'homme, d'ailleurs tu le fais sûrement, parce que c'est dur la barrière entre les deux, c'est dur de ne pas être trop l'un, trop l'autre. Elle, elle se doit d'être parfaite, vigilante. Comme toutes les femmes, comme toutes celles qui ne veulent pas être vue comme « belle ». Pourtant c'est si subjectif la beauté. Vous devrez mettre du 38, avoir les cheveux longs ou pas trop court et toujours parfaitement coiffé, maquillé sans trop, bien habillé, bien élevé, toujours polie et gentille, toujours irréprochablement femme.

«  J'imagine que les gens d'ici ne doivent pas vraiment te porter dans leurs coeurs, non ? » Sûrement que oui, c'est même sûr. Tu hoches la tête, puis les épaules. C'est la vie, c'est de cette façon que tu as décidé de la vivre, avec le critique pour te sentir toi-même.

- Je n'ai pas besoin d'être dans le cœur des gens. Ils ne sont pas dans le mien. La différence effraie ou plaît. Parfois elle laisse indifférente, mais je préfère ne pas faire attention à ce que pensent les autres. Il y a déjà assez de bordel dans ma tête. Ils me trouvent différent, mais je les trouve ennuyant.


Puis tu cohabites avec quelqu'un comme toi, ce n'est pas rien en soit. C'est agréable de ne pas se sentir seul.

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MessageSujet: Re: A butterfly in the crowd. {Ange}   Lun 11 Déc - 21:58





Les compliments, tu en avais tellement, lors de tes premiers jours à Aster Cove. Les gens souriaient en te voyant, les garçons t'accostaient quand tu étais seule au dinner, les filles te complimentaient sur tes vêtements. La vie était tellement plus facile quand personne ne savait qui j'étais, n'est-ce pas ? Mais tu ne pouvais pas me cacher éternellement. Tu ne pouvais pas faire comme si je n'existais pas, j'étais toi. Tu étais moi. Nous étions ce que nous sommes. Alors arrêtes de te rendre malade. Arrêtes de toujours t'en vouloir pour quelque chose que tu ne peux pas contrôler. Arrêtes et soies juste toi-même.

Le verre est vide, l'androgyne parle beaucoup plus que tu ne l'aurais crut. Elle dit des choses vraies, mais tu as cette impression qu'elle cherche surtout à t'impressionner. "Imposes-toi". T'imposer ? N'étais-tu pas déjà le genre dominant, de nous deux ? Tu étais bien trop sage, aujourd'hui. Cette androgyne te prenait pour une gentille fille, peut être ? Nous savons tous les deux que, bien que tu soies souvent la victime, tu n'as rien à envier aux bourreaux.

Tu regardes une fois de plus ta montre, sans grande discrétion. Après tout, vexer ou agacer les autres n'avaient jamais été tes principales inquiétudes. Tu n'avais pas vu le temps passé et ce rendez-vous ne faisait pas parti de ton planning du jour. Les "populaires" de ton lycée risquaient de ne pas tarder et tu préférais toujours venir au dinner quand il n'y avait personne. Tu n'avais pas peur de la confrontation ou des coups. Jamais. Mais tu avais juste envie de prendre ton milkshake tranquillement, de temps en temps. Sans emmerdes, sans présences parasites, juste ta boisson, ta cerise et toi.

Cette femme en face de toi, dont tu ne connaissais pas le nom. Elle n'avait pas à subir les humiliations des lycéens fermés. Les coups des garçons qui voulaient affirmer leur pseudo virilité. Les rumeurs que colportaient les filles en manque d'attention. Les erreurs presque intentionnelles des professeurs qui ne supportaient pas ta présence. Toutes ces petites choses, parfois trop lourdes pour tes frêles épaules, qui gâchent ton quotidien de simple lycéenne. Alors qu'elle, elle ne devait plus avoir ce genre de problèmes. Elle en avait, c'était certain, mais cette liberté que procurait l'âge adulte devait beaucoup aider à supporter les coups.


- Je ne dirais pas que les gens d'ici sont chiants mais juste ignorants. C'est une petite ville, ils n'ont pas conscience de toutes les différences que l'on peut trouver partout. Puis, parfois, on peut tomber sur de petites perles, alors il ne vaut mieux pas sous-estimer Aster Cove.


Qu'est-ce qui te prenait de défendre ce trou perdu ? Ce n'était pas dans tes habitudes. Probablement parce que, quand bien même ton quotidien n'était pas toujours rose, tu avais de bons souvenirs de cette ville. Tu commences à fouiller dans ton sac, pour sortir de l'argent et le poser sur la table, de quoi payer les deux milkshakes. Tu en sors ensuite un bout de papier et un stylo avant de noter le nom du lycée d'Aster Cove puis de dessiner un petit ange au lieu de marquer son prénom. Elle se redresse en souriant puis tends le bout de papier à Hayate.


- Je dois me sauver. Si jamais tu me cherches, voilà où me trouver.


Tes yeux mystérieux vinrent se poser sur le visage de l'asiatique alors qu'elle récupère tes informations écrites. Tu aurais bien donner le numéro du fixe, mais imaginer Théodore aboyant sur cette demoiselle qui cherchait simplement à te parler, ça avait beau te faire rire, ça n'en restait pas moins honteux. D'ordinaire, tu te serais contenté d'un dernier regard avant de partir sans un mot. Mais aller à l'encontre de tes habitudes était plutôt amusant. Et alors que tu t'apprêtais à partir, tu te retournas une dernière fois en te rappelant d'une chose.


- Oh, autre chose. Pour le moment, j'ai un "P" à la place du "V" donc, si tu veux avoir la tête entre mes cuisses, il faudra attendre encore quelques années !


Dit-elle, avec un dernier clin d'oeil. Et l'ange avait déjà disparut. Décidément, tu avais beau être aussi belle qu'une poupée, les mots qui sortaient de ta bouche étaient plus sales les uns que les autres. En général, révéler que tu étais un garçon n'était jamais, ou très peu, envisageable. Mais quand il s'agissait des femmes qui recherchaient la compagnie du même sexe, c'était toujours amusant d'écraser leurs espoirs. C'était ton petit côté démoniaque !



HORS RP:
 



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