Dans la petite ville d'Aster Cove, des choses étranges se passent...

 
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 Les heures passent, l'inquiétude monte.

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MessageSujet: Les heures passent, l'inquiétude monte.   Jeu 11 Oct - 17:41

Ça fait déjà une trentaine de minutes que River est partie s’éclater, je suis encore à table, il y a son assiette vide à côté de la mienne, mais j’ai presque rien avalé. Mes yeux regardent encore le couloir, au bout de celui-ci il y a la porte qui reste fermée, elle ne reviendra pas, je le sais pourtant mais j’espère quand elle qu’elle change d’avis et qu’elle se jette sur la poignée de la porte pour revenir, « restons ensemble cette nuit » dirait-elle en me proposant de regarder un film.
Le tic tac de l’horloge me murmure que le temps est en train de passer et je ne pense qu’à elle, qu’est-elle en train de faire ? Avec qui, ça j’ai une idée. C’est sûrement pour ça que j’ai mal au ventre.

Je me lève quand une voiture klaxonne dans le rue, c’est la curiosité qui m’attire, je vais jusqu’à la fenêtre et je regarde en poussant le rideau, c’est pas @River O'Leary. Est-ce que ça m’étonne vraiment ? Mon bras retombe lentement le long de mon corps et je fais demi tour, j’ai de la vaisselle à faire.

Je lève les yeux pour regarder l’heure sur l’horloge au-dessus de ma tête. Il était minuit il y a deux minutes, je ne sais pas à quelle heure elle rentre mais je lui donne encore une heure à partir de maintenant, sait-elle que je n’irai pas dormir avant qu’elle rentre ? L’arrière de mon crâne retombe mollement sur le dossier du canapé, je tourne la tête et je regarde de l’autre côté de la pièce, les volets sont encore ouverts mais il y a les rideaux devant les carreaux, je ne peux pas regarder de quoi ça a l’air dehors mais tout ce qui m’intéresse honnêtement là-bas c’est de la voir revenir.

Ça fait déjà dix minutes qu’il est une heure du matin, je laisse tomber le livre que j’avais dans les mains, il glisse du rebord de la table basse et il tombe par terre. J’adore ce bouquin mais je n’arrive pas à me concentrer, j’ai relu deux fois la même page, j’ai l’impression de ne rien comprendre au trois premiers paragraphes mais c’est inutile, j’ai pas envie de lire. J’ai seulement espéré que le temps puisse filer plus vite, je suis simplement en train de perdre le mien.

La porte s’ouvre enfin, je regarde l’heure à ce moment-là, il est deux heure du matin. C’est une blague ? Je sors de là où je suis et je lui tombe dessus dans le couloir, elle est en train de retirer ses chaussures quand j’arrive.

- Il fallait vraiment que tu rentres si tard ? Qu’est-ce que vous faisiez ?

Ai-je demandé en penchant un peu la tête pour l’inciter à me regarder aussi, elle a la tête baissée et les cheveux devant les yeux, « regarde-moi » lui dis-je plus sèchement. C’est peut-être un peu excessif mais je sais où et avec qui elle vient de passer la moitié de la nuit, je veux savoir (et je veux voir) si elle va bien. Ça sera évidemment pas marqué sur son visage mais si elle se laisse influencer bêtement, je vais le remarquer, a-t-elle les yeux rouges par exemple ? Ou, l’haleine chargée d’alcool ? Il faut qu’elle me parle, il faut qu’elle me regarde.

Ma main s’approche de la sienne, j’effleure son poignet mais je ne le touche pas.
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MessageSujet: Re: Les heures passent, l'inquiétude monte.   Ven 12 Oct - 10:52

Après mon tour de chant hebdomadaire à l'Aster and Clover, j'avais été invitée à passer la soirée avec des étudiants. La plupart étaient des anciens d'Aster Cove. Ils avaient été en classe avec Evan et Liam voir même d'autres de mes cousins plus âgés. Ils se souvenaient de moi comme d'une petite fille à queue de cheval alors, selon leurs dires, quand on m'avait annoncée et que j'étais arrivée sur scène, ils n'en étaient pas revenus. Ils étaient nombreux, filles et garçons. J'en avais beaucoup appris sur la vie après le lycée et ce que ça faisait d'aller à la fac. Je ne regrettais pas pour autant de ne pas en avoir la possibilité. Je n'avais pas envie de m'enfermer dans de longues études. Cela me barbait déjà suffisamment de devoir jouer les petites assistantes dociles pour mon Oncle. Ce n'était pas vraiment comme si on m'avait laissé le choix. Un travail stable et bien payé était la contrepartie pour que je puisse m'installer seule. J'avais embarqué Braden dans cette aventure car lui aussi semblait avoir besoin de changement. Seulement voilà, si avant sa blessure il était plutôt occupé, maintenant, il était en permanence sur mon dos à critiquer ma façon de mener ma vie. Je l'adorais, n'allez surtout pas en douter, mais, parfois, j'aimerais qu'on arrête de me traiter en enfant capricieuse et qu'on me laisse faire mes propres expériences. Je n'étais pas en porcelaine, pas un bibelot qu'on pose dans un coin parce qu'il fait joli et qui fini par tellement bien s'intégrer au décor qu'on l'oublie.

Je m'étais donc retrouvée dans la version banlieusarde d'une frat party, à quelques patés de maison de chez moi. J'avais bu quelques bières au cour de la soirée mais je n'étais pas venue pour perdre la tête mais plutôt pour profiter de l'ambiance. J'avais chanté et dansé. Mes cheveux s'étaient imprégnés d'une odeur de tabac froid (entre autres choses).

Vers une heure et demi du matin, alors qu'ils commençaient tous à être bien allumés, ma quasi sobriété ne me permettait plus de les suivre dans leurs délires. Du coin de l'oeil, je repérais rapidement un de nos voisins qui, lui non plus, ne semblait plus profiter de la soirée et lui proposait de faire le chemin ensemble. Depuis toute ses histoires avec Lost Pine, je n'aimais pas circuler seule la nuit. Une fois déposé mon camarade de route, j'appercevais de la lumière au rez-de-chaussée de ma maison familiale. Oh, oh... Si Braden était toujours debout, c'est que j'allais passer un sale quart d'heure.
Je soupirais afin de m'armer de courage et d'ouvrir la porte. Je sentais la crise pseudo-parentale arriver et j'en avais déjà mal au crâne. Dans mon bon droit et sans me démonter, je délaçais lentement mes bottines en cuir avant de les laisser dans l'entrée et d'ôter ma veste, elle aussi en cuir.

A peine mon cousin face à moi, la litanie de reproche commence. J'essaie de ne pas le regarder dans les yeux pour ne pas exploser. Je déteste quand il se prend pour mon père. J'en avais déjà un même si celui ci avait choisi la voix des lâches pour me laisser affronter seule la cruauté du monde. Alors franchement, les conseils parentaux et les règles de bonne conduite, ils pouvaient tous se les enfoncer bien profonds. Moins en colère, j'aurais sans doute admis que Braden, auréolé de perfection, était sans doute le plus légitime, mais là, je ne voulais pas être raisonnable. Son ton sec me fait relever les yeux et achève d'attiser ma fureur. Je plante donc mes prunelles furieuses dans les siennes avant d'écarter sa main en un rejet surement un peu trop brutal. Je n'avais vraiment pas envie de me prendre la tête à deux heures du matin et là, c'était la goutte d'eau. Il me prenait pour qui sérieusement ? J'aurais cru qu'au moins Braden avait un peu plus foi en moi. Il croyait quoi que je me bourrais la gueule sur une base quotidienne et que je fréquentais les squats de junkie ? On en était rendu là ? Magnifique. Du grand art. Autant lui en donner pour son argent et le lancer dans une nouvelle direction. En plus de ses doutes sur l'alcool et la drogue (c'était bien pour ça qu'il fixait mes pupilles non?), autant lui en donner aussi sur le cul non ? Allez, allons y pour le tiercé gagnant. Haut les cœurs !

« Tu veux vraiment le descriptif de la façon dont il me saute ou c'était une question rhétorique ? »

Les mots étaient crus, mon regard plein de défi et une part de moi regrettait déjà de les avoir prononcé. Je savais que c'était l'inquiétude qui rendait Braden autoritaire mais je ne supportais plus qu'on eme dicte m conduite. Mon père l'avait fait toute ma vie avant de décider que je ne valais même pas la peine qu'on se batte. Alors, les mâles dominants, j'en avait ma claque. Ils n'étaient amusants que si on pouvait les mettre au pas.

Braden ne se doutait pas que toute cette histoire avec Stan n'était qu'une vaste fumisterie. Une revanche qui, à certains moments, dépassait mon contrôle. Je ne l'avouerais à voix haute pour rien au monde cela dit. Je fixe quelques instants Braden de mon regard furieux avant de reprendre, lasse.

« Pourquoi tu fais ça, Braden ? »

Je l'aimais, cette tête de mule pleine de bonne attention mais comme il m’insupportai quand il jouait les Père la Vertu. J'avais déjà Oncle Patrick sur le dos pour ça.

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MessageSujet: Re: Les heures passent, l'inquiétude monte.   Ven 12 Oct - 12:31

Je baisse la tête pour regarder ma main, elle vient de la repousser avec brutalité, c’est quoi le problème ? Elle est en colère ? Ça tombe bien, moi aussi. Je relève le menton et je la regarde, elle se dandine sous mon nez en m’ignorant pour m’énerver encore un peu, trouve-t-elle que je ne le suis pas suffisamment ? Mon torse se soulève plus vite, mon rythme cardiaque grimpe et mon bras retombe bêtement le long de mon corps. Mes sourcils se froncent et assombrissent mon regard d’un bleu pâle, elle vient de relever la tête et quelques mèches sont sur son front, je voudrais lui enlever pour dégager son visage mais je ne la touche plus.

Un frisson me traverse le dos quand mon cœur rate un battement, que vient-elle de dire ? J’allais lui demander de répéter même si j’ai parfaitement entendu, je veux seulement revoir ces mots sortir de la bouche de ma cousine, c’est vraiment elle qui parle comme ça ?
Nous nous taisons tous les deux, il n’y a plus que ce son saccadé de nos respirations haletantes, j’ai serré les poings pour que mes mains ne tremblent plus.

« Pourquoi ? » ai-je répété à voix basse en reculant d’un pas ou deux.

- Pourquoi ?

Dis-je une deuxième fois en haussant le ton, et ma voix grave porte dans le couloir, elle lézarde les murs.

- Parce que je me réveille tous les matins en me répétant que ton père m’en voudrait si je te laissais dans cet état ! Tu n’as pas le droit de me demander d’être là seulement quand tu pleures parce que je t’aime complètement alors ça veut dire que j’ai peur quand tu rentres tard, que j’ai mal quand t’es malheureuse, et tu crois quoi ? Que ça m’amuse d’avoir l’impression de te pourrir la vie ? Je passe la mienne à me demander ce que je dois faire maintenant pour que tu ailles mieux et qu’est-ce que je suis supposé dire pour te faire à nouveau rire ! Mais rire pourquoi ? J’ai mal aussi, j’ai perdu mon oncle !

Ma voix continue de cogner brusquement dans les murs.

- Tu peux faire tout ce que tu veux, parce que c’est ta vie et si tu arrives à la rendre plus heureuse, vas-y River ! Mais ne me reproche pas de vivre tous les jours dans l’inquiétude de me demander « va-t-elle venir me voir un jour et me regarder droit dans les yeux en me demandant pourquoi je l’ai pas empêché de faire tout ça ? » mais tout ça, si c’est tout ce qui te fait encore du bien, vas-y, qu’est-ce que tu veux que je fasse ?

Dis-je, et je répète « qu’est-ce que tu veux que je fasse ? » encore plus fort, parce que ça a l’air d’une question rhétorique mais j’ai vraiment besoin de savoir ce qu’elle veut que je fasse, je suis perdu.

- Vas-y ! Putain, vas-y ! Mais je ne vais jamais m’arrêter d’être inquiet pour toi, je ne sais plus de quoi ça à l’air de vivre sans penser à toi et à ce que tu fais, parce que t’aimer comme je t’aime ça veut dire bats-toi pour qu’elle ne regrette jamais rien, et c’est tout ce qu’on me demande mais tu me donnes l’impression que je ne sais pas le faire !

Est-ce que je peux enfin reprendre mon souffle ? Je détourne le regard seulement une seconde, le sang continue de me monter trop vite jusqu’à la tête.

- Je ne veux pas t’empêcher de vivre, je veux t’empêcher d’avoir des regrets.

Je le dis d’un ton sec mais je ne cris plus.

- Parce que je t’aime, alors je t’aime peut-être maladroitement, mais je le fais de toutes mes forces. Apprends-moi au lieu de m’en vouloir.
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MessageSujet: Re: Les heures passent, l'inquiétude monte.   Ven 12 Oct - 13:58

Faire sortir le très policé Braden O'Leary de ses gonds n'est pas chose aisée et pourtant, il semblerait bien que j'ai réussi. Si son premier pourquoi m'avait transpercé le cœur car il sonnait comme le cri d'un animal blessé, le second, lui, ne masquait absolument pas sa colère. Alors, je relevais le menton, prête à me défendre et encaisser vaillamment la suite. Je le laisse parler sans l'interrompre pâlissant face à ses paroles lorsqu'elles touchaient un point sensible, rougissant de colère parfois quand je les trouvais injuste. A la fin de sa tirade, des larmes perlent au coin de mes yeux. La tristesse ayant à cet instant pris le pas sur ma colère. Parce qu'il est temps. Il est temps qu'enfin je m'exprime. Sans chercher à me masquer derrière une attitude provocante qui n'est, je le sais bien, qu'une fuite en avant.

« Tu peux rien y faire Braden. C'est pas ton rôle. Ça l'a jamais été. Ni toi, ni personne ne peut m'obliger à aller mieux. Je ne sais même pas comment je dois le faire moi même ! Ce n'est pas en étant en permanence sur mon dos que ça va aider. Tout ce que vous faites c'est me mettre encore plus en colère. »

Ma voix était faible au début mais je retrouve ma combativité au fur et à mesure de mon discours.

« Mon père ne t'en voudra pas. Il a choisi de me laisser après avoir fait en sorte que mon univers tourne autour de son approbation. Tu peux pas comprendre ça, tu es naturellement parfait mais c'était pas mon cas ! J'ai travaillé si dur et j'ai tellement pris sur moi pour devenir la fille parfaite qu'il voulait que je sois ! Que toute la famille voulait que je sois. Pour qu'il soit fier de moi et qu'il ne parte pas sans un regard en arrière comme l'avait fait Maman. Tout ce que je faisais, je le faisais pour lui et tout ça pour quoi ? Pour qu'il me préfère la damnation éternelle ? »

J'éclate en sanglot mêlé à un rire hystérique. Ca fait trop longtemps que tout ça me ronge.

« Je suis orpheline Braden. Orpheline ! Et pas à cause d'un putain d'accident ou quelque chose du genre. Mes deux parents ont décidés que je n'étais pas assez bien pour eux. Tu crois que ça m'a fait quoi ? Tu crois qu'aujourd'hui encore ça me fait quoi ? J'ai perdu mon père, ma foi et mon âme ce jour là, vous vous en êtes bien rendu compte ? Comment tu crois que j'ai encaissé qu'on lui refuse un enterrement religieux ? J'étais devenu un fantôme invisible pour vous ! J'ai entendu. J'ai entendu chaque détail horrible que nos Oncles ont raconté sur la façon dont mon père était mort. J'étais en haut des marches quand ils ont raconté comment et dans quel état ils l'ont trouvé. »

Je montre du doigt la porte du bureau de mon père, verrouillée et dans laquelle je n'ai plus jamais mis les pieds.

« Tu crois que je ne sais pas exactement ce qu'il s'est passé là dedans ? »

Je fais les cents pas parce que c'est le seul moyen pour calmer le tourbillon d'émotions qui se déferle en moi.

« Il a choisi de me laisser, Braden. Comme si je n'étais pas importante et que je ne valais pas la peine de reconsidérer sa décision. Je me suis sentie invisible, inutile. Et ensuite j'ai voulu qu'on me voit. Les vêtements, l'attitude, ça m'a permis de retrouver un peu de la confiance qu'on m'a volé. Alors, peut être que ça ne te plaît pas, mais j'en ai besoin. Si on me retire tout ça, je disparais. »

Je me laisse brutalement tomber sur un fauteuil, siphonnée de toute mon énergie. C'était dur de dire tout ça à haute voix.

« Je t'aime Braden. Tu as toujours été plus mon frère que mon cousin. Toujours là pour mener mes batailles à ma place mais là... Je dois me battre seule. Et avoir des regrets, ça veut juste dire qu'on a vécu et pas simplement survécu. Je veux vivre. »

J'hésite à lui dire que ma vacherie précédente est un tissu de mensonge mais je n'en ai pas encore la force. De toute façon, une partie de moi ne veut pas encore mettre un terme à mon duel avec Stan Alessandro. Cette querelle stupide occupe mon énergie et m'empêche de me jeter tête la première dans mes souvenirs. Quand je pars en campagne contre l'ennemi, mon esprit se vide de toute pensée parasites et, dans ces moments là, j'oublie.

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MessageSujet: Re: Les heures passent, l'inquiétude monte.   Lun 22 Oct - 15:39

Les lèvres de ma cousine s’entrouvrent et quelques larmes tombent de ses yeux et roulent sur ses joues, cœur se soulève tellement haut dans ma poitrine qu’il rate son battement d’après.

C’est plus facile de tourner la tête pour détourner le regard, parce que je ne supporte pas la regarder pleurer, elle déchire les morceaux de moi qu’elle peut atteindre du bout des doigts. Mais je relève le menton et je jette précipitamment mes yeux sur elle quand elle rigole, dans quel état est-elle en train de se mettre ? C’est à cause de moi, suis-je en train de me répéter pour creuser un peu plus le trou que je me suis entaillé dans l’estomac. Je penche la tête pour la suivre des yeux, elle me passe devant mais elle ne s’arrête pas. C’était évident, n’est-ce pas ? Je marche derrière elle, n’en restons pas là.
Ma cousine tombe délibérément sur le fauteuil à côté d’elle, est-il plus confortable que mon torse ? Est-ce qu’elle y trouve plus de réconfort ? Lui, ne l’emmerde sûrement pas autant que moi, ai-je pensé en me mettant accroupis (très mauvaise idée, les muscles de ma jambe se crispent) devant elle, je pose mes mains sur les genoux de celle que j’appelle parfois « ma sœur » et je lève le nez pour regarder son visage mais, quelques mèches de sa tignasse tombent devant et ça m’embête un peu alors je lève la main et je coince une mèche derrière son oreille. Je repousse les autres en arrière, maintenant c’est mieux mais je lis encore trop de chagrin sur le visage de River alors je me relève et je me penche au-dessus d’elle, mes mains lui tiennent le visage, j’embrasse longuement son front. Quand je me redresse, je décide qu’il est plus judicieux de rester debout ou de m’asseoir vraiment alors, je vais poser mes fesses sur le canapé à côté d’elle, je tend ma jambe qui me fait mal devant moi, je plie l’autre normalement.

- Je ne pouvais pas t’empêcher de faire des conneries avant, je suppose que je ne t’en empêcherai toujours pas maintenant.

Ai-je avoué en regardant mes doigts qui massent mon genou, quand mes phalanges effleurent ou pressent quelques points, j’ai un frisson qui m’électrise le dos.

- Mais je ne vais jamais arrêter d’être inquiet, parce qu’il faudrait que j’arrête aussi de t’aimer.

J’ai relevé la tête pour jeter un coup d’œil vers elle, alors m’en voudra-t-elle encore ? Mes doigts s’écartent de mon genou, je me fais plus de mal que de bien, alors à quoi ça sert ? Je vautre le reste de mon dos contre le dossier.

- Je ne suis pas parfait. Tout à l’heure tu as dit que je l’étais et même des gens que je ne connaissais pas m’appelait monsieur parfait, dans les couloirs du lycée. Mais je ne suis pas parfait.

Dois-je vraiment lui dire ? Cela sera certainement plus équitable si je suis complètement honnête avec elle.

- Je me suis déjà confessé pour ce que je suis en train de te dire, alors ne me jette pas la pierre.

Je me redresse, aucune position n’a l’air confortable, sûrement parce que je suis mal à l’aise à cet instant.

- C’était seulement quelques minutes mais pendant ces quelques minutes, je m’en fichais de perdre ma virginité.

Je porte un anneau de pureté au doigt depuis des années, je crois que River ne m’a certainement jamais vu sans ce « bijou » a l’annulaire.
Et maintenant mes doigts viennent nerveusement le tenir et le faire tourner autour de ma phalange, il est là depuis tellement longtemps qu’il laisse une légère trace sur ma peau, mon doigt est habitué à être habillé de cet anneau.

- Je regrette tout le temps ce que j’ai fait et je déteste vivre avec ça et je crois que j’ai jeté rétrospectivement ce que je ressens sur toi, dans ta situation.

Je lève à nouveau les yeux pour pouvoir regarder ma cousine, même si je me sens honteux.

- « Que celui qui n’a jamais péché me jette la première pierre » qu’elle ironie quand je sais ce que j’ai fait. Alors je te demande pardon River.
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MessageSujet: Re: Les heures passent, l'inquiétude monte.   Ven 26 Oct - 1:14

Mon cœur saigne de trop de mois d'absence. D'une colère qui me ronge comme un poison. J'en veux à mon père, j'en veux au monde entier mais surtout je m'en veux à moi même. Si j'avais su ouvrir les yeux et voir les signes. Si j'avais fait attention à son mal être, à ses silences. Si seulement j'avais été plus attentive... Mais non, je n'avais rien vu. Je n'avais pas vu qu'il s'apprêtait à partir. Je n'avais pas vu qu'il s’éloignait de moi jusqu'à être hors d'atteinte. Et j'avais beau faire le compte des « et si ? », j'avais beau espérer de toutes mes forces, jamais rien ne changerait. Parce qu'il était parti, loin, sans moi. Vers des rivages où je ne pouvais le retrouver. Ou peut être que si ? Mais il me faudrait alors couper avec tout ce qui avait fait celle que j'étais et flirter avec l'Enfer. J'avais déjà commencer, mais étais-je prête à continuer plus avant dans cette voix ? Et par la même à perdre Braden ? Non. Sans doute que non. Son baiser sur le front m'a apaisé. Il a toujours eu cet effet sur moi. Mon sauveur, mon prince et mon frère. Il était tout cela il y a quelques années. Je me reposait tellement sur lui. Trop sans doute.

Reprenant mes esprits, je lève la tête vers Braden, fronçant les sourcils en le voyant masser son genoux. Je ne suis pas aveugle. Je vois bien qu'il ne ménage pas sa jambe. N'a-t-il pas compris quand les médecins lui ont dit qu'il avait besoin de repos ? C'était bien un O'Leary. Une vraie tête de pioche comme tous les membres de la famille.

« Tu ne devrais pas autant forcer sur ta jambe. »

C'est un constat plus qu'un reproche. Je ne veux pas me disputer avec lui. Il pense être le seul à s'inquiéter mais, moi aussi je m'en fais pour lui. Je vois bien que les événements récents le rongent. La perte de sa bourse, sa jambe. Je voudrais tellement pouvoir faire quelque chose. Pourtant, comme d'habitude, je suis impuissante à aider les gens que j'aime. J'aimerai pouvoir faire quelque chose, partir en croisade et trouver une cause pour laquelle me mettre en danger. Être utile, ne plus me sentir perdue.

« Moi aussi je m'inquiète pour toi, tu sais. »

Qui prenait soin de lui, qui était si présent pour les autres ? Qui ? Oh bien sur il s'imagine n'avoir besoin de personne mais c'est faux. On a toujours besoin de quelqu'un. J'aime toute ma famille mais Braden a toujours eu une place particulière dans mon cœur. Le faire souffrir est la dernière chose que je veux. Il dit ne pas être parfait ? Si quelqu'un peut prétendre au titre, c'est pourtant bien lui. Sa modestie ne fait que le confirmer. Et pourtant, voilà qu'il m'ouvre son cœur et sans même m'en apercevoir, je me lève pour m'installer sur l’accoudoir du canapé dans lequel il s'est installé. Celui depuis lequel Papa me racontait des histoires avant de m'envoyer au lit. Ce que raconte Braden est d'un tout autre genre. Il m'avoue ses faiblesses et ses blessures secrètes. Cela pourrait sembler ridicule mais je sais que pour lui, c'est une source de souffrance. Alors je le prend dans mes bras, comme il le fait si souvent avec moi, ma tête venant se placer sur son épaule. Je ne suis pas sûre de saisir l'étendue de sa révélation, aussi, c'est d'une voix un peu hésitante que je l'interroge.

« Tu veux dire que tu y as pensé ou que tu l'as fait ? Dans les deux cas, tu ne dois pas avoir honte. Pas avec moi. Je suis bien la dernière personne qui viendrait te juger. Et puis, Dieu est miséricorde. Alors, j'aime à croire qu'il ne nous tient pas rigueur d'avoir aimé. »

Je ne regrettais pas les instants que j'avais passé avec Aaron et, si je ne comptais pas donner raison à la réputation dont m'avait affublé Stan, je savais néanmoins que je n'attendrais pas le mariage. Alors oui, j'espérais que cela ne me vaudrait pas les flammes de l'Enfer. Ce serait bien hypocrite. J'hésitais à faire part à Braden du fait que nos cousins, mon propre père, une bonne partie de nos oncles et sans doute son propre père n'avait sans doute pas attendu le mariage. Ce serait peut être un peu trop d'information pour lui ceci dit.
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MessageSujet: Re: Les heures passent, l'inquiétude monte.   Jeu 1 Nov - 19:52

Le canapé s’affaisse à peine quand elle s’assoit à côté de moi, j’allais tourner la tête pour la regarder mais elle dépose la sienne sur mon épaule, je l’écoute respirer pendant qu’elle promène ses doigts sur mon dos, son bras passe derrière mes épaules et elle me serre gentiment contre elle, à ce moment-là, l’odeur de son parfum remonte jusqu’à mon visage, je baisse les yeux et je secoue lentement mon visage de la gauche vers la droite, je lui répète à voix basse que je suis encore vierge, et heureusement pensais-je mais, j’estime quand même avoir été trop loin dans le peu que j’ai fait et ce qui me culpabilise le plus c’est d’avoir désiré cette fille à cet instant-là et cette sensation d’avoir été complet avec tout le reste de mon corps. Est-ce que c’est ce que tout le monde ressens à chaque fois ? Jamais rien ne m’avait déjà donner des sensations comme celles-là avant, maintenant je sais qu’elles existent ces sensations, j’y ai goûté du bout des lèvres et je me souviens de chaque saveur, c’est déroutant.

Sa main tombe mollement sur le genou de sa cousine, je l’empoigne gentiment et je dépose ma tempe contre le haut de son crâne, « j’ai l’impression que je suis en train de te perdre » dis-je a voix basse, c’est à peine audible mais puisqu’elle est juste à côté de moi, elle le perçoit comme un murmure.

Je vais certainement aller à l’université, je l’envisage de plus en plus et ça voudrait dire que je vais m’en aller d’ici ? Je peux évidemment choisir de revenir tous les soirs à la maison pour être avec elle mais un jour nous aurons quand même nos vies à vivre et nous ne pourrons pas toujours être ensemble et j’ai l’impression que je ne suis pas encore prêt.
Et elle ? L’est-elle ? Je tourne la tête et je la regarde, j’espère peut-être trouver du réconfort au fond des yeux de River mais je ne veux pas lui poser la question, je ne suis pas certain d’avoir envie d’entendre la réponse pour l’instant, alors c’est plus facile de continuer à me taire. Ça fait de moi un lâche ?

- Et ça fait encore plus mal, parce que ton père je n’ai pas d’autre choix que d’oublier pour panser mes plaies. Mais toi t’es là, j’ai quand même l’impression que tu es si loin de moi.

Sa « relation » avec Stan (qu’est-ce donc au juste, d’ailleurs ?) joue certainement beaucoup sur ce sentiment de la regarder s’échapper sans être capable de l’en empêcher.
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