Dans la petite ville d'Aster Cove, des choses étranges se passent...

 
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 La nuit de nos premières fois, au D'Artagnan.

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MessageSujet: La nuit de nos premières fois, au D'Artagnan.   Lun 8 Oct - 20:09

La porte claque, ma mère vient de rentrer et à cause de l’odeur qui s’échappe de la cuisine, elle arrive jusqu’ici, elle s’arrête sous l’encadrement de la porte et elle penche la tête pour mieux me voir. Je sais qu’elle est là alors je tourne la tête pour voir par-dessus mon épaule, j’allais lui dire salut mais elle me coupe la parole en faisant un pas à l’intérieur de la cuisine.

- Qu’est-ce que tu fais ?

Demande-t-elle en s’arrêtant à côté de la table. Je me retourne pour jeter un coup d’œil à la poêle, ce que j’ai mis dedans c’est en train de coller dans le fond de la poêle, je crois que ça brûle.

- Des œufs.

Dis-je en coupant le feu, « mais ils sont cramés » ai-je rajouté et je laisse tomber la poêle dans le fond de l’évier.

Ma mère écrase gentiment sa main sur mon épaule, puis ses doigts remontent et vont dans mes cheveux, elle joue avec quelques boucles et elle embrasse le sommet de mon crâne, je tourne la tête et je lève le menton pour la regarder.

- Tu veux que je t’aide ?

Je secoue la tête de gauche à droite, je vais plutôt aller chercher un truc au mcdo. Je range quand même ce que j’ai étalé sur le plan de travail et je rince à peine la poêle, ça ira.
Je me pousse et je la laisse là, je ramasse mon sac à dos et je récupère les clés de ma mère que je garde dans la paume de ma main et quand j’ai un pied dehors, ma mère attrape la bretelle de mon sac à dos.

- Tu vas où ?

Je me suis retourné pour la regarder, « je reviens » mais elle ne lâche toujours pas mon sac, pourtant j’agite mon épaule pour qu’elle me laisse partir, ses doigts s’agrippent plus fermement.

- Tu ne vis pas à l’hôtel James, je veux dîner avec toi alors tu rentres et tu vas à table.
- Je vais revenir avant que tu te mettes au lit, alors laisse-moi y aller !
- Mais tu as quel âge pour sortir t’éclater un soir au milieu de la semaine ? Tu t’amuseras à ça quand tu seras majeur.

Je lui demande encore de me lâcher pour que je puisse m’en aller mais cette fois, je dis s’il te plaît. Elle cède, elle cède toujours, et son bras retombe mollement le long de son corps, cette fois j’y vais.

Pendant que je ramasse mon vélo, elle s’enferme dans son gilet parce qu’elle a froid et elle hausse le ton : « tu es là dans une heure » c’était un ordre mais je n’obéis plus beaucoup à ma mère.

J’ai roulé jusqu’au phare, l’air à décoiffé mes cheveux déjà en vrac et m’a collé du rose aux joues parce qu’il fait frais mais j’y suis. Je n’arrive pas à pédaler sur le sable alors je descend de mon vélo et je le laisse tomber là, j’ai toujours mon sac sur mon dos et j’ai un sac en carton dans les mains, j’ai acheté quelques trucs au fast food, là au moins je sais que ça va être bon.
Je laisse tomber mon poing sur la vieille porte en bois de la cabane, c’est idiot de frapper à la porte puisque personne ne vient là sauf nous trois, mais j’imagine qu’il se réveillera s’il dort ou qu’en tout cas il ne sursautera pas quand je vais rentrer. Je donne un petit coup d’épaule dans la porte pour m’aider et la pousser, elle est toujours un peu coincée, elle couine quand elle s’ouvre et j’entre enfin. Je lève la tête pour regarder à l’intérieur, peut-être qu’il aurait fallut que je ramène une lampe torche ? Je mordille l’intérieur de la joue en refermant la porte derrière moi, l’air s’engouffrait déjà à l’intérieur et ça m’arrache un frémissement désagréable sur la nuque.

- Est-ce que tu as faim ?

Je dépose le sac du mcdo à côté de @Georges E. McGalaan qui est vautré là et je retire mon sac de mon dos, j’ouvre la fermeture éclair et je sors une grosse couette que j’ai piqué dans le placard de ma mère, elle aime mettre cette couverture sur son lit quand c’est l’hiver, parce qu’elle est épaisse et en laine.
Puisque c’est dégueulasse par terre, ça, ça fera l’affaire, pensais-je en dépliant la couverture et en l’étalant par terre, je sais pas s’il va vouloir dormir là où chez moi mais sinon, il peut s’enrouler là-dedans.

Je remets ma capuche sur ma tête parce que j’ai un peu froid, le pull que je porte n’est pas assez chaud à cette période de l’année.
Je m’accroupis puis je laisse tomber mes fesses par terre pour m’asseoir sur un bout de la couette, à côté de mon meilleur ami. J’ai envie de lui demander si ça va aller mais je connais déjà sa réponse, je sais jamais quoi faire pour l’aider quand il s’agit de son père alors je me contente d’être là et j’ai dans l’espoir que ça puisse suffire en attendant d’avoir une vraie solution.
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MessageSujet: Re: La nuit de nos premières fois, au D'Artagnan.   Mer 10 Oct - 3:15


First Times -
James Romero

L'obscurité règne en maître dans la pièce et malgré ça, Georgie se sent un peu plus calme, un peu plus apaisé. Lui qui pourtant, après avoir été condamné à de nombreuses reprises à l'isolement en guise de punition, à développé une peur irrationnelle des espaces clos et restreints, lui qui a erré dans les ténèbres durant les deux dernières années ne ressent absolument aucune inquiétude à cet instant. Peut-être que dans son jeune esprit, cet endroit est protégé de tous les dangers du monde, peut-être qu'il imagine que rien ne pourrait lui arriver ici, parce que c'est leur endroit à eux, leur petit monde. Ce sont probablement des pensées enfantines mais elles suffisent pour l'instant.

L'adolescent n'avait pas vraiment fait attention à l'heure qu'il était mais en tout cas il faisait nuit, même la faible lueur de la lune avait du mal à se frayer un chemin à travers les fenêtres poussiéreuse du D'Artagnan. En tout cas l'air n'avait pas de mal à s'y infiltrer et Georgie pouvait déjà savoir qu'il finirait par crever de froid au milieu de la nuit mais c'était sûrement mieux que de rentrer chez soi pour crever tout court.

Merde. Faudrait vraiment qu'ils songent à faire quelques aménagements dans leur repère histoire de survivre à l'automne ou à l'hiver, heureusement pour l'instant son blouson et son vieux bonnet en laine le maintenait au chaud.

Une bonne heure devait s'être écoulée depuis qu'il était là, si ce n'est deux, et après s'être permi de laisser couler quelques larmes pour évacuer le stress de la soirée, Georgie avait fait à peu près tout ce qu'il avait trouvé pour s'occuper. Il avait lu quelques pages d'une vielle BD que Jimmy avait abandonnée là, s'était amusé à tirer avec des cailloux sur les outils accrochés au mur, comptant ses points à chaque fois que l'un d'eux résonnait sur le métal rouillé, jouait avec son zippo, allumant et éteignant la flamme à plusieurs reprises et à la fin il avait même tenté de lire un des bouquins de Roy mais avait rapidement abandonné lorsqu'il avait commencé à buter sur certains mots dont il ne connaissait pas la définition. De toute façon c'était plus drôle quand Roy lui racontait les histoires, parfois il faisait même les voix pour le faire rire.

La nuit s'annonçait longue, si ça avait été quelques semaines plus tôt, Georgie serait probablement sorti que ce soit à la conquête de la ville ou en aventure dans les bois mais après ce qui était arrivé à Lost Pine.... Les souvenirs de cette nuit étaient encore bien trop effrayant et rien qu'en y repensant, le petit brun avait sentit son coeur s'accélérer et sa respiration se faire un peu plus profonde.

" J'suis en sécurité ... Y'a rien ici "


Un simple murmure voué à lui même mais ce fut à cet instant qu'il pu remarquer le bruit familier de pas à l'extérieur, contrastant avec le calme de la nuit malgré les petites bourrasque de vent.

Durant une fraction de seconde son corps s'était tendu, figé et il s'était mis à fixer l'obscurité face à lui, à l'endroit où il pouvait discerner la porte. Les quelques secondes avant que les coups ne virent interrompre ses pensées avaient paru interminables, des secondes à se demander ce qu'il devait faire, si il devait essayer de fuir ou se cacher mais aussi à espérer qu'il ne s'agisse que de Jimmy ou Roy parce qu'après tout c'était leur QG, leur point de rendez-vous...

Bingo. La silouhette qui s'était engouffrée dans la pièce était bien trop familière pour qu'il ne la manque et la voix qui s'élèva juste après ne fit que confirmer ce qu'il savait déjà, Jimmy.

" Putain ouais  !  "

La réponse fu immédiate mais étrangement la sensation de faim s'était réveillée presque au moment où son meilleur ami l'avait évoqué.
À vrai dire il n'avait pas mangé grand chose de la journée mais ce n'était pas vraiment rare, ce n'est pas comme ci son père prenait la peine de cuisiner pour lui alors il se débrouillait avec les restes ou ce qu'il pouvait trouver en fouinant dans les placards.

Sans plus attendre, l'adolescent se jette sur le sac de fast-food prenant tout de même soin de s'installer en tailleur sur la couverture apportée par Jimmy a qui il offre un petit sourire avant d'attraper une barquette de frites.

" J'pensais pas que t'allais t'ramener, avec la rentrée qui approche j'pensais que ta mère te laisserait plus sortir aussi tard "


Même si il lui parle, Georgie ne le regarde pas, bien trop occupé à enfourner plusieurs frites dans sa bouche avant de prendre l'un des petits pots de sauce pour en tremper dedans.

" Mh, t'en veux  ? "


Il parle à moitié la bouche pleine avant de tendre son paquet de frites vers le brun à ses côtés. C'est un peu ridicule comme question étant donné que théoriquement c'est à lui mais Geogie n'a jamais été très doué avec les bonnes manières.

" Tu m'as fais flipper tu sais. J'pense qu'on devrait se mettre d'accord avec Roy pour un toc toc secret. Comme ça j'aurai pas à me demander si c'est l'un de vous ou ces fils de putes de Jason et Freddy. "


Ouais théoriquement ils n'auraient pas pu aller voir ces films au cinéma quand ils étaient sortis mais franchement y a rien de plus facile que d'embrouiller un guichetier et de se faufiler dans une autre salle.

Le petit brun fouille de nouveau dans le sac pour en sortir l'un des goblets de soda et il le secoue légèrement, laissant un sourire étirer ses lèvres en entendant que les glaçons n'ont pas fondu et alors qu'il prend une première gorgée dans sa paille, il tourne légèrement la tête pour regarder son meilleur ami.

" Alors, qu'est-ce que tu fous ici  ? "



EXORDIUM.

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MessageSujet: Re: La nuit de nos premières fois, au D'Artagnan.   Mer 10 Oct - 23:34

Cette odeur d’humidité me serre le ventre, va-t-il sérieusement dormir ici ? J’ai pas demandé à ma mère si je pouvais ramener un copain à la maison, mais je peux le faire passer par la fenêtre et le cacher pendant que je dîne, elle ne vient jamais m’embrasser pour me dire bonne nuit parce que je lui ai dit de ne pas le faire, je disais « je ne suis pas un bébé », alors, dois-je lui demander ? Il pourrait grimper sur mon guidon pendant que je pédale jusqu’à mon quartier et sous la lumière de mon plafond, je pourrais regarder son visage.
Je le dévisage déjà, a-t-il des marques ? Son père a-t-il eut le temps de lever la main sur lui ? Il fait trop noir pour que je puisse remarquer des taches violacée sur sa figure et il garde tout le temps le visage baissé. Fait-il exprès ? C’est exactement à ce moment là qu’il lève le menton pour me jeter un coup d’œil, j’ai envie de sourire mais mon visage se fige, j’ai froid, je suis fatigué, c’est peut-être tout ça à la fois.

Je secoue la tête de gauche à droite et je me penche un peu en arrière pour appuyer mon refus, pourtant si, j’en veux. Mais chez moi mon frigo est plein et si j’ai faim, je peux demander à ma mère de me préparer quelque chose. Alors tout ça, c’est seulement pour lui.

Je me vautre à nouveau et mes coudes retombent sur mes genoux (je suis assis en tailleur), à ce moment-là je pense à notre meilleur ami parce que Georgie en parle, que fait-il pendant que nous sommes là ? Il est sûrement à table avec une serviette sur les cuisses pour ne pas tacher son jeans, j’envie pas le décor que je lui invente mais je suis heureux de l’imaginer là-dedans, si mes copains vont bien, j’ai l’impression de voler au-dessus du reste du monde. Il faudrait que j’emmène Georgie avec moi au-dessus des maisons, il aurait moins peur tout là-haut.

J’ai secoué la tête pour acquiescer, c’est ok, c’est une bonne idée, nous en parlerons avec notre meilleur ami quand nous reviendrons ici tous les trois.

J’adore ce bruit, celui que font les flacons qu’il secoue dans son gobelet. J’ai tourne la tête et je pose mes yeux sur ses doigts qui ramènent la paille près de sa bouche mais j’ai la tête ailleurs, je pense à lui, je pense à son père. Est-ce que je peux aborder le sujet ou va-t-il m’en vouloir de le faire ? Je lève encore un peu les yeux pour regarder dans ceux de Georgie, il est déjà en train de me fixer.

- Je crois... que j’essaye de retourner en arrière.

Dis-je en baissant les yeux, c’est sûrement pas clair mais ça ne l’est pas dans ma tête non plus. Cependant, je veux bien faire un effort alors j’insiste :

- Tous les jours dès que je me réveille, je m’imagine qu’on est le jour où tu as disparu mais cette fois t’es là alors nous ne perdons pas tout ce temps que nous avons perdu, t’es là quand je fête mes anniversaires, t’es là quand on quittent le collège, t’es là à chaque fois que je continue de rire.

Je relève la tête mais je ne le regarde toujours pas.

- Des fois j’ai l’impression de ne plus savoir en quelle année je vis. Et je n’ai pas envie d’aller au lycée parce que j’ai l’impression que je continue de vieillir pendant que toi t’es figé dans le temps, je vais vivre des trucs et tu seras pas là pour les vivre avec moi alors que t’es revenu, t’es là.

Je sais pas s’il comprend où je veux en venir, je ne suis pas certain d’avoir été clair et ça me frustre alors nerveusement je jette ma capuche derrière moi pour qu’elle retombe sur mes épaules, je passe mes doigts dans mes boucles brunes et j’ébouriffe tout ça.

- C’était quoi ta question ?

Ai-je finalement demandé en laissant retomber mes bras.

Et maintenant, je le regarde.
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MessageSujet: Re: La nuit de nos premières fois, au D'Artagnan.   Sam 13 Oct - 3:52

Son regard n'a pas quitté le visage de son meilleur ami tandi qu'il se met à aspirer le soda, frissonnant légèrement à cause de la fraîcheur de la boisson. Quand Jimmy prend la parole, le brun ne peut s'empêcher de froncer légèrement les sourcils mais quelque chose dans la voix du garçon aux cheveux bouclés l'empêche de l'interrompre. Pour une fois les masquent de l'insouciance et de la provocation tombent, ce n'est pas la première fois que Jimmy montre cette facette de lui, celle qui s'autorise à être blessé, à être triste, lorsqu'ils sont entre eux, à deux ou à trois, ils n'ont jamais vraiment peur d'être qui ils sont ni même d'exprimer ce qu'ils ressentent.

Les mots finissent par venir plus facilement et le petit brun detourne le regard en mordillant nerveusement sa paille. La tristesse, la peur de l'abandon, ce sont des sentiments qu'il ne connaît que trop bien mais quand ces sentiments sont pour lui, envers lui, c'est bien différent. Sa gorge semble presque nouée au fur et à mesure que les mots se déversent et il sent son ventre de tordre étrangement tout comme sa poitrine qui semble se compresser un peu plus. Il a envie de pleurer, à nouveau, et il imagine que c'est ça qu'aurait dû ressentir son père en le voyant revenir, tout ce que Jimmy décrit.

La suite ne lui fait pas vraiment plus de bien mais il suppose que Jimmy à simplement besoin de parler, de vider son sac, tout comme lui devrait le faire, et quand la voix de son meilleur ami s'élève de nouveau pour lui poser une question il remarque que depuis tout ce temps il s'est contenté de fixer un point imaginaire dans l'obscurité tout en machouillant le bord de sa paille.

" hm... Rien "

Ça n'a plus vraiment d'importance, de toute façon ce n'est pas comme ci ils avaient besoin d'une raison pour venir ici.

Georgie fini par pousser un petit soupir, fermant les yeux durant quelques secondes tout en reposant le gobelet à moitié vide sur la couverture. Un coup d'oeil furtif vers son meilleur ami, c'est tout ce dont il a besoin pour laisser exploser ce qui lui passe par la tête mais contrairement aux fois où c'est la colère qui parle, cette fois sa voix est calme, fatiguée.

" Moi aussi j'ai envie que tout soit comme avant ... J'essaie de me rappeler de savoir ce qui s'est passé parce que pour moi j'suis pas parti pendant aussi longtemps... Mais c'est comme ci j'essayai de me souvenir d'un cauchemars, je sais que c'était là, je sais que c'est arrivé mais j'ai aucune idée du reste "

C'est aussi confus pour lui. Par moment des souvenirs lui revenaient, de simples flash, une horrible sensation d'oppression, un frisson terrifiant, à glacer le sang, qui remonte le long de sa colonne vertébrale.

Le plus petit fronce légèrement les soucirls, tire nerveusement sur l'une des manches de son pull en reprenant la parole.

" Quand on m'a dit que ça faisait deux ans, j'ai pas vraiment compris ... J'avais l'impression de pas avoir changé mais je me suis rendu compte que c'était le cas et... tout était différent. "

Il avait changé, au moins physiquement, a cet âge il suffit d'un ou deux ans pour passer d'enfant à adolescent et c'est ce qui était arrivé, quelques centimètres en plus, une voix toujours pas assez grave mais bien moins fluette, des traits moins enfantins et malheureusement cette ville aussi avait changée, ses frères étaient parti, ses amis avaient grandit et lui il restait là comme pris au piège entre son passé et son présent, figé dans le temps comme l'avait si bien dit James.

" ... J'peux pas m'empêcher d'en vouloir à tout le monde ... Parce que mon père ... Il ... Il est en colère contre moi et Matt et Tom sont plus là... Et j'ai l'impression que j'vais vous perdre Roy et toi parce que vous allez aller à ce stupide lycée avec tous les autres et vous allez grandir sans moi ..."

Georgie ne s'était pas rendu compte que les larmes avaient de nouveau roulées sur ses joues et il renifla legerment avant de les essuyer d'un revers de manche, essayant de calmer sa respiration tremblante.

" ... Désolé... C'est pas ce que t'as envie d'entendre hm  ? "

Dans des moments comme ça il était plutôt facile d'oublier qu'après tout, ils n'étaient que des gamins. Elle semblait bien loin l'époque ou tout ce qu'ils faisaient était de courir à travers la ville, en forêt, n'importe où où leur imagination pouvait les porter, inconscient et insouciant du danger qui planait autour d'eux et cette foutu ville.

" Tu m'promet qu'on sera toujours potes ... Tous les trois ... Même si tu vas au lycée avec Roy ... Même si vous vous faites des supers copains et qu'ils veulent pas qu'on traîne ensemble parce que ... "

Parce que c'est le mome qui a disparu, parce que c'est le rejetton McGalaan, une espèce de chien des rues mordernes pas très bien élevé, parce qu'il a pas assez d'argent pour s'offrir des vêtements neufs, que son père s'occupe pas d'lui, parce que de toute façon il s'attire toujours des merdes et n'est ni poli ni gentil et qu'au final c'est pas étonnant qu'il soit comme ça quand on voit le géniteur. Pour toutes ces raisons, tous les murmures qu'il entendait des autres gamins, les regards qu'il recevait de certains parents. Alors oui, il refusait que ses amis traînent avec d'autres personnes, il rejettait les autres et se renfermait sur lui même, mais au fond c'était sa façon à lui de se protéger, ainsi rien ni personne ne pouvait l'atteindre.

" ... Enfin tu sais. "


Georgie avait marqué une pause d'à peine quelques secondes, songeant à tout ça avant de se tourner vers son meilleur ami, tendant finalement son petit doigt vers lui en plongeant son regard dans le sien.

" Vous m'oubliez pas Roy et toi ... Tu me laisse pas... Promis  ?  "

C'était ridicule, peut être enfantin, même quelque part il avait besoin d'entendre ces mots, de sceller cette promesse même avec un geste aussi futile.

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MessageSujet: Re: La nuit de nos premières fois, au D'Artagnan.   Sam 13 Oct - 10:50

Rien, vraiment ? Rien, dit-il. Mais ce que je vois dans ses yeux ça ne ressemble pas à « rien », je baisse la tête et je baisse les yeux pour regarder par terre, non pas que je sois curieux mais je me sens plutôt honteux, ai-je été imprudent en lui avouant tout ça ? Je tourne la tête dès qu’il pose le gobelet à côté de lui, entre nous. Je relève le menton et je jette un coup d’œil à mon meilleur copain, va-t-il me demander de me taire en ricanant ? Ses lèvres s’entrouvrent et il me parle de sa vérité, il a peur, sûrement plus que moi. Alors de quoi suis-je en train de me plaindre ? Georgie a besoin de nous et Roy ne se laisse sûrement pas submerger par l’émotion, alors à quoi je joue ? Mais si j’avais l’impression de m’en vouloir déjà trop, maintenant c’est pire parce que des larmes dévalent sur ses joues et meurt sur son menton, quelques-unes tombent sur son t-shirt, je suis désolé Georgie, pensais-je en allant près de lui. Je me hisse sur mes genoux et je vais m’asseoir à côté de mon meilleur ami, j’allais lui demander vraiment pardon, à voix haute cette fois mais il continue de parler, alors je ne l’interrompt pas, même si les mots qu’il laisse tomber de sa bouche me crèvent le cœur à chaque syllabes. J’ai envie de lui dire que ça ira, mais qu’est-ce que j’en sais ? Va-t-on finir par s’éloigner ? Les adultes disent tous qu’on ne gardent pas nos amis en vieillissant... « tu sais le temps passent et nous prenons inévitablement des chemins différents » disent-ils comme si c’était vraiment inévitable. L’est-ce ? Je n’ai pas envie de m’imaginer en train de croiser Roy ou Georgie et seulement sourire en guise de bonjour, ne pas m’arrêter et m’en aller. On finira pas comme ça, pas nous. N’est-ce pas ? Pas nous.

Il lève la main et il lève son petit doigt, il me demande de promettre. J’ai regardé son doigts, je regarde à nouveau ses yeux, quelques secondes, je baisse encore la tête en détournant le regard et j’attrape son petit doigt avec le mien.

- Je te le jure Georgie.

Dis-je en remontant une deuxième fois mes yeux jusqu’aux siens et je les laissent dedans cette fois pendant que je promet.

Je plonge ma deuxième main dans son sachet mcdo et je récupère une poignée de serviettes que je froisse dans ma main, je lui agite sous le nez pour qu’il sèche les larmes qui dessinent sur ses joues, a-t-il honte de pleurer devant moi ? Il ne le doit surtout pas, j’aime le voir monstrueusement humain comme ça parce que ça me rappelle tout le temps à quel point il est fragile quand il a mal.

Je lâche sa main et la mienne retombe sur ma cuisse, je dépose mon dos contre le mur derrière nous, je reste à côté de lui et mon épaule se pose contre la sienne.

Georgie a laissé traîner une BD là, elle est ouverte au milieu et les dialogues attirent mon regard, j’ai déjà lu cette histoire un paquet de fois, était-il en train de lire avant que j’arrive ?
Je ramasse la BD et je le pose sur mes cuisses, « tu veux que je te lise l’histoire ? » ai-je demandé pour plaisanter, mais s’il dit oui je vais vraiment le faire. Je n’ai sûrement pas le talent de Roy pour lire les histoires, lui il met l’intonation dans la voix de chaque personnage, nous avons l’impression de mettre les pieds dans le livre à chaque fois qu’il lit.
J’effleure les pages, j’en tourne quelques-unes en caressant lentement les feuilles du bout des doigts, j’adore les illustrations de cette BD.

Le vent souffle plus fort à cet instant et ça fait ferme notre cachette, je lève la tête et je regarde la porte, même si le ciel soupire elle ne s’ouvre pas, tant mieux.

Je tourne la tête et je regarde Georgie, a-t-il peur ? Je suis là, il ne lui arrivera rien.
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MessageSujet: Re: La nuit de nos premières fois, au D'Artagnan.   

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