Dans la petite ville d'Aster Cove, des choses étranges se passent...

 
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 La nuit de nos premières fois, au D'Artagnan.

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MessageSujet: La nuit de nos premières fois, au D'Artagnan.   Lun 8 Oct - 20:09

La porte claque, ma mère vient de rentrer et à cause de l’odeur qui s’échappe de la cuisine, elle arrive jusqu’ici, elle s’arrête sous l’encadrement de la porte et elle penche la tête pour mieux me voir. Je sais qu’elle est là alors je tourne la tête pour voir par-dessus mon épaule, j’allais lui dire salut mais elle me coupe la parole en faisant un pas à l’intérieur de la cuisine.

- Qu’est-ce que tu fais ?

Demande-t-elle en s’arrêtant à côté de la table. Je me retourne pour jeter un coup d’œil à la poêle, ce que j’ai mis dedans c’est en train de coller dans le fond de la poêle, je crois que ça brûle.

- Des œufs.

Dis-je en coupant le feu, « mais ils sont cramés » ai-je rajouté et je laisse tomber la poêle dans le fond de l’évier.

Ma mère écrase gentiment sa main sur mon épaule, puis ses doigts remontent et vont dans mes cheveux, elle joue avec quelques boucles et elle embrasse le sommet de mon crâne, je tourne la tête et je lève le menton pour la regarder.

- Tu veux que je t’aide ?

Je secoue la tête de gauche à droite, je vais plutôt aller chercher un truc au mcdo. Je range quand même ce que j’ai étalé sur le plan de travail et je rince à peine la poêle, ça ira.
Je me pousse et je la laisse là, je ramasse mon sac à dos et je récupère les clés de ma mère que je garde dans la paume de ma main et quand j’ai un pied dehors, ma mère attrape la bretelle de mon sac à dos.

- Tu vas où ?

Je me suis retourné pour la regarder, « je reviens » mais elle ne lâche toujours pas mon sac, pourtant j’agite mon épaule pour qu’elle me laisse partir, ses doigts s’agrippent plus fermement.

- Tu ne vis pas à l’hôtel James, je veux dîner avec toi alors tu rentres et tu vas à table.
- Je vais revenir avant que tu te mettes au lit, alors laisse-moi y aller !
- Mais tu as quel âge pour sortir t’éclater un soir au milieu de la semaine ? Tu t’amuseras à ça quand tu seras majeur.

Je lui demande encore de me lâcher pour que je puisse m’en aller mais cette fois, je dis s’il te plaît. Elle cède, elle cède toujours, et son bras retombe mollement le long de son corps, cette fois j’y vais.

Pendant que je ramasse mon vélo, elle s’enferme dans son gilet parce qu’elle a froid et elle hausse le ton : « tu es là dans une heure » c’était un ordre mais je n’obéis plus beaucoup à ma mère.

J’ai roulé jusqu’au phare, l’air à décoiffé mes cheveux déjà en vrac et m’a collé du rose aux joues parce qu’il fait frais mais j’y suis. Je n’arrive pas à pédaler sur le sable alors je descend de mon vélo et je le laisse tomber là, j’ai toujours mon sac sur mon dos et j’ai un sac en carton dans les mains, j’ai acheté quelques trucs au fast food, là au moins je sais que ça va être bon.
Je laisse tomber mon poing sur la vieille porte en bois de la cabane, c’est idiot de frapper à la porte puisque personne ne vient là sauf nous trois, mais j’imagine qu’il se réveillera s’il dort ou qu’en tout cas il ne sursautera pas quand je vais rentrer. Je donne un petit coup d’épaule dans la porte pour m’aider et la pousser, elle est toujours un peu coincée, elle couine quand elle s’ouvre et j’entre enfin. Je lève la tête pour regarder à l’intérieur, peut-être qu’il aurait fallut que je ramène une lampe torche ? Je mordille l’intérieur de la joue en refermant la porte derrière moi, l’air s’engouffrait déjà à l’intérieur et ça m’arrache un frémissement désagréable sur la nuque.

- Est-ce que tu as faim ?

Je dépose le sac du mcdo à côté de @Georges E. McGalaan qui est vautré là et je retire mon sac de mon dos, j’ouvre la fermeture éclair et je sors une grosse couette que j’ai piqué dans le placard de ma mère, elle aime mettre cette couverture sur son lit quand c’est l’hiver, parce qu’elle est épaisse et en laine.
Puisque c’est dégueulasse par terre, ça, ça fera l’affaire, pensais-je en dépliant la couverture et en l’étalant par terre, je sais pas s’il va vouloir dormir là où chez moi mais sinon, il peut s’enrouler là-dedans.

Je remets ma capuche sur ma tête parce que j’ai un peu froid, le pull que je porte n’est pas assez chaud à cette période de l’année.
Je m’accroupis puis je laisse tomber mes fesses par terre pour m’asseoir sur un bout de la couette, à côté de mon meilleur ami. J’ai envie de lui demander si ça va aller mais je connais déjà sa réponse, je sais jamais quoi faire pour l’aider quand il s’agit de son père alors je me contente d’être là et j’ai dans l’espoir que ça puisse suffire en attendant d’avoir une vraie solution.
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MessageSujet: Re: La nuit de nos premières fois, au D'Artagnan.   Mer 10 Oct - 3:15


First Times -
James Romero

L'obscurité règne en maître dans la pièce et malgré ça, Georgie se sent un peu plus calme, un peu plus apaisé. Lui qui pourtant, après avoir été condamné à de nombreuses reprises à l'isolement en guise de punition, à développé une peur irrationnelle des espaces clos et restreints, lui qui a erré dans les ténèbres durant les deux dernières années ne ressent absolument aucune inquiétude à cet instant. Peut-être que dans son jeune esprit, cet endroit est protégé de tous les dangers du monde, peut-être qu'il imagine que rien ne pourrait lui arriver ici, parce que c'est leur endroit à eux, leur petit monde. Ce sont probablement des pensées enfantines mais elles suffisent pour l'instant.

L'adolescent n'avait pas vraiment fait attention à l'heure qu'il était mais en tout cas il faisait nuit, même la faible lueur de la lune avait du mal à se frayer un chemin à travers les fenêtres poussiéreuse du D'Artagnan. En tout cas l'air n'avait pas de mal à s'y infiltrer et Georgie pouvait déjà savoir qu'il finirait par crever de froid au milieu de la nuit mais c'était sûrement mieux que de rentrer chez soi pour crever tout court.

Merde. Faudrait vraiment qu'ils songent à faire quelques aménagements dans leur repère histoire de survivre à l'automne ou à l'hiver, heureusement pour l'instant son blouson et son vieux bonnet en laine le maintenait au chaud.

Une bonne heure devait s'être écoulée depuis qu'il était là, si ce n'est deux, et après s'être permi de laisser couler quelques larmes pour évacuer le stress de la soirée, Georgie avait fait à peu près tout ce qu'il avait trouvé pour s'occuper. Il avait lu quelques pages d'une vielle BD que Jimmy avait abandonnée là, s'était amusé à tirer avec des cailloux sur les outils accrochés au mur, comptant ses points à chaque fois que l'un d'eux résonnait sur le métal rouillé, jouait avec son zippo, allumant et éteignant la flamme à plusieurs reprises et à la fin il avait même tenté de lire un des bouquins de Roy mais avait rapidement abandonné lorsqu'il avait commencé à buter sur certains mots dont il ne connaissait pas la définition. De toute façon c'était plus drôle quand Roy lui racontait les histoires, parfois il faisait même les voix pour le faire rire.

La nuit s'annonçait longue, si ça avait été quelques semaines plus tôt, Georgie serait probablement sorti que ce soit à la conquête de la ville ou en aventure dans les bois mais après ce qui était arrivé à Lost Pine.... Les souvenirs de cette nuit étaient encore bien trop effrayant et rien qu'en y repensant, le petit brun avait sentit son coeur s'accélérer et sa respiration se faire un peu plus profonde.

" J'suis en sécurité ... Y'a rien ici "


Un simple murmure voué à lui même mais ce fut à cet instant qu'il pu remarquer le bruit familier de pas à l'extérieur, contrastant avec le calme de la nuit malgré les petites bourrasque de vent.

Durant une fraction de seconde son corps s'était tendu, figé et il s'était mis à fixer l'obscurité face à lui, à l'endroit où il pouvait discerner la porte. Les quelques secondes avant que les coups ne virent interrompre ses pensées avaient paru interminables, des secondes à se demander ce qu'il devait faire, si il devait essayer de fuir ou se cacher mais aussi à espérer qu'il ne s'agisse que de Jimmy ou Roy parce qu'après tout c'était leur QG, leur point de rendez-vous...

Bingo. La silouhette qui s'était engouffrée dans la pièce était bien trop familière pour qu'il ne la manque et la voix qui s'élèva juste après ne fit que confirmer ce qu'il savait déjà, Jimmy.

" Putain ouais  !  "

La réponse fu immédiate mais étrangement la sensation de faim s'était réveillée presque au moment où son meilleur ami l'avait évoqué.
À vrai dire il n'avait pas mangé grand chose de la journée mais ce n'était pas vraiment rare, ce n'est pas comme ci son père prenait la peine de cuisiner pour lui alors il se débrouillait avec les restes ou ce qu'il pouvait trouver en fouinant dans les placards.

Sans plus attendre, l'adolescent se jette sur le sac de fast-food prenant tout de même soin de s'installer en tailleur sur la couverture apportée par Jimmy a qui il offre un petit sourire avant d'attraper une barquette de frites.

" J'pensais pas que t'allais t'ramener, avec la rentrée qui approche j'pensais que ta mère te laisserait plus sortir aussi tard "


Même si il lui parle, Georgie ne le regarde pas, bien trop occupé à enfourner plusieurs frites dans sa bouche avant de prendre l'un des petits pots de sauce pour en tremper dedans.

" Mh, t'en veux  ? "


Il parle à moitié la bouche pleine avant de tendre son paquet de frites vers le brun à ses côtés. C'est un peu ridicule comme question étant donné que théoriquement c'est à lui mais Geogie n'a jamais été très doué avec les bonnes manières.

" Tu m'as fais flipper tu sais. J'pense qu'on devrait se mettre d'accord avec Roy pour un toc toc secret. Comme ça j'aurai pas à me demander si c'est l'un de vous ou ces fils de putes de Jason et Freddy. "


Ouais théoriquement ils n'auraient pas pu aller voir ces films au cinéma quand ils étaient sortis mais franchement y a rien de plus facile que d'embrouiller un guichetier et de se faufiler dans une autre salle.

Le petit brun fouille de nouveau dans le sac pour en sortir l'un des goblets de soda et il le secoue légèrement, laissant un sourire étirer ses lèvres en entendant que les glaçons n'ont pas fondu et alors qu'il prend une première gorgée dans sa paille, il tourne légèrement la tête pour regarder son meilleur ami.

" Alors, qu'est-ce que tu fous ici  ? "



EXORDIUM.

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MessageSujet: Re: La nuit de nos premières fois, au D'Artagnan.   Mer 10 Oct - 23:34

Cette odeur d’humidité me serre le ventre, va-t-il sérieusement dormir ici ? J’ai pas demandé à ma mère si je pouvais ramener un copain à la maison, mais je peux le faire passer par la fenêtre et le cacher pendant que je dîne, elle ne vient jamais m’embrasser pour me dire bonne nuit parce que je lui ai dit de ne pas le faire, je disais « je ne suis pas un bébé », alors, dois-je lui demander ? Il pourrait grimper sur mon guidon pendant que je pédale jusqu’à mon quartier et sous la lumière de mon plafond, je pourrais regarder son visage.
Je le dévisage déjà, a-t-il des marques ? Son père a-t-il eut le temps de lever la main sur lui ? Il fait trop noir pour que je puisse remarquer des taches violacée sur sa figure et il garde tout le temps le visage baissé. Fait-il exprès ? C’est exactement à ce moment là qu’il lève le menton pour me jeter un coup d’œil, j’ai envie de sourire mais mon visage se fige, j’ai froid, je suis fatigué, c’est peut-être tout ça à la fois.

Je secoue la tête de gauche à droite et je me penche un peu en arrière pour appuyer mon refus, pourtant si, j’en veux. Mais chez moi mon frigo est plein et si j’ai faim, je peux demander à ma mère de me préparer quelque chose. Alors tout ça, c’est seulement pour lui.

Je me vautre à nouveau et mes coudes retombent sur mes genoux (je suis assis en tailleur), à ce moment-là je pense à notre meilleur ami parce que Georgie en parle, que fait-il pendant que nous sommes là ? Il est sûrement à table avec une serviette sur les cuisses pour ne pas tacher son jeans, j’envie pas le décor que je lui invente mais je suis heureux de l’imaginer là-dedans, si mes copains vont bien, j’ai l’impression de voler au-dessus du reste du monde. Il faudrait que j’emmène Georgie avec moi au-dessus des maisons, il aurait moins peur tout là-haut.

J’ai secoué la tête pour acquiescer, c’est ok, c’est une bonne idée, nous en parlerons avec notre meilleur ami quand nous reviendrons ici tous les trois.

J’adore ce bruit, celui que font les flacons qu’il secoue dans son gobelet. J’ai tourne la tête et je pose mes yeux sur ses doigts qui ramènent la paille près de sa bouche mais j’ai la tête ailleurs, je pense à lui, je pense à son père. Est-ce que je peux aborder le sujet ou va-t-il m’en vouloir de le faire ? Je lève encore un peu les yeux pour regarder dans ceux de Georgie, il est déjà en train de me fixer.

- Je crois... que j’essaye de retourner en arrière.

Dis-je en baissant les yeux, c’est sûrement pas clair mais ça ne l’est pas dans ma tête non plus. Cependant, je veux bien faire un effort alors j’insiste :

- Tous les jours dès que je me réveille, je m’imagine qu’on est le jour où tu as disparu mais cette fois t’es là alors nous ne perdons pas tout ce temps que nous avons perdu, t’es là quand je fête mes anniversaires, t’es là quand on quittent le collège, t’es là à chaque fois que je continue de rire.

Je relève la tête mais je ne le regarde toujours pas.

- Des fois j’ai l’impression de ne plus savoir en quelle année je vis. Et je n’ai pas envie d’aller au lycée parce que j’ai l’impression que je continue de vieillir pendant que toi t’es figé dans le temps, je vais vivre des trucs et tu seras pas là pour les vivre avec moi alors que t’es revenu, t’es là.

Je sais pas s’il comprend où je veux en venir, je ne suis pas certain d’avoir été clair et ça me frustre alors nerveusement je jette ma capuche derrière moi pour qu’elle retombe sur mes épaules, je passe mes doigts dans mes boucles brunes et j’ébouriffe tout ça.

- C’était quoi ta question ?

Ai-je finalement demandé en laissant retomber mes bras.

Et maintenant, je le regarde.
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MessageSujet: Re: La nuit de nos premières fois, au D'Artagnan.   Sam 13 Oct - 3:52

Son regard n'a pas quitté le visage de son meilleur ami tandi qu'il se met à aspirer le soda, frissonnant légèrement à cause de la fraîcheur de la boisson. Quand Jimmy prend la parole, le brun ne peut s'empêcher de froncer légèrement les sourcils mais quelque chose dans la voix du garçon aux cheveux bouclés l'empêche de l'interrompre. Pour une fois les masquent de l'insouciance et de la provocation tombent, ce n'est pas la première fois que Jimmy montre cette facette de lui, celle qui s'autorise à être blessé, à être triste, lorsqu'ils sont entre eux, à deux ou à trois, ils n'ont jamais vraiment peur d'être qui ils sont ni même d'exprimer ce qu'ils ressentent.

Les mots finissent par venir plus facilement et le petit brun detourne le regard en mordillant nerveusement sa paille. La tristesse, la peur de l'abandon, ce sont des sentiments qu'il ne connaît que trop bien mais quand ces sentiments sont pour lui, envers lui, c'est bien différent. Sa gorge semble presque nouée au fur et à mesure que les mots se déversent et il sent son ventre de tordre étrangement tout comme sa poitrine qui semble se compresser un peu plus. Il a envie de pleurer, à nouveau, et il imagine que c'est ça qu'aurait dû ressentir son père en le voyant revenir, tout ce que Jimmy décrit.

La suite ne lui fait pas vraiment plus de bien mais il suppose que Jimmy à simplement besoin de parler, de vider son sac, tout comme lui devrait le faire, et quand la voix de son meilleur ami s'élève de nouveau pour lui poser une question il remarque que depuis tout ce temps il s'est contenté de fixer un point imaginaire dans l'obscurité tout en machouillant le bord de sa paille.

" hm... Rien "

Ça n'a plus vraiment d'importance, de toute façon ce n'est pas comme ci ils avaient besoin d'une raison pour venir ici.

Georgie fini par pousser un petit soupir, fermant les yeux durant quelques secondes tout en reposant le gobelet à moitié vide sur la couverture. Un coup d'oeil furtif vers son meilleur ami, c'est tout ce dont il a besoin pour laisser exploser ce qui lui passe par la tête mais contrairement aux fois où c'est la colère qui parle, cette fois sa voix est calme, fatiguée.

" Moi aussi j'ai envie que tout soit comme avant ... J'essaie de me rappeler de savoir ce qui s'est passé parce que pour moi j'suis pas parti pendant aussi longtemps... Mais c'est comme ci j'essayai de me souvenir d'un cauchemars, je sais que c'était là, je sais que c'est arrivé mais j'ai aucune idée du reste "

C'est aussi confus pour lui. Par moment des souvenirs lui revenaient, de simples flash, une horrible sensation d'oppression, un frisson terrifiant, à glacer le sang, qui remonte le long de sa colonne vertébrale.

Le plus petit fronce légèrement les soucirls, tire nerveusement sur l'une des manches de son pull en reprenant la parole.

" Quand on m'a dit que ça faisait deux ans, j'ai pas vraiment compris ... J'avais l'impression de pas avoir changé mais je me suis rendu compte que c'était le cas et... tout était différent. "

Il avait changé, au moins physiquement, a cet âge il suffit d'un ou deux ans pour passer d'enfant à adolescent et c'est ce qui était arrivé, quelques centimètres en plus, une voix toujours pas assez grave mais bien moins fluette, des traits moins enfantins et malheureusement cette ville aussi avait changée, ses frères étaient parti, ses amis avaient grandit et lui il restait là comme pris au piège entre son passé et son présent, figé dans le temps comme l'avait si bien dit James.

" ... J'peux pas m'empêcher d'en vouloir à tout le monde ... Parce que mon père ... Il ... Il est en colère contre moi et Matt et Tom sont plus là... Et j'ai l'impression que j'vais vous perdre Roy et toi parce que vous allez aller à ce stupide lycée avec tous les autres et vous allez grandir sans moi ..."

Georgie ne s'était pas rendu compte que les larmes avaient de nouveau roulées sur ses joues et il renifla legerment avant de les essuyer d'un revers de manche, essayant de calmer sa respiration tremblante.

" ... Désolé... C'est pas ce que t'as envie d'entendre hm  ? "

Dans des moments comme ça il était plutôt facile d'oublier qu'après tout, ils n'étaient que des gamins. Elle semblait bien loin l'époque ou tout ce qu'ils faisaient était de courir à travers la ville, en forêt, n'importe où où leur imagination pouvait les porter, inconscient et insouciant du danger qui planait autour d'eux et cette foutu ville.

" Tu m'promet qu'on sera toujours potes ... Tous les trois ... Même si tu vas au lycée avec Roy ... Même si vous vous faites des supers copains et qu'ils veulent pas qu'on traîne ensemble parce que ... "

Parce que c'est le mome qui a disparu, parce que c'est le rejetton McGalaan, une espèce de chien des rues mordernes pas très bien élevé, parce qu'il a pas assez d'argent pour s'offrir des vêtements neufs, que son père s'occupe pas d'lui, parce que de toute façon il s'attire toujours des merdes et n'est ni poli ni gentil et qu'au final c'est pas étonnant qu'il soit comme ça quand on voit le géniteur. Pour toutes ces raisons, tous les murmures qu'il entendait des autres gamins, les regards qu'il recevait de certains parents. Alors oui, il refusait que ses amis traînent avec d'autres personnes, il rejettait les autres et se renfermait sur lui même, mais au fond c'était sa façon à lui de se protéger, ainsi rien ni personne ne pouvait l'atteindre.

" ... Enfin tu sais. "


Georgie avait marqué une pause d'à peine quelques secondes, songeant à tout ça avant de se tourner vers son meilleur ami, tendant finalement son petit doigt vers lui en plongeant son regard dans le sien.

" Vous m'oubliez pas Roy et toi ... Tu me laisse pas... Promis  ?  "

C'était ridicule, peut être enfantin, même quelque part il avait besoin d'entendre ces mots, de sceller cette promesse même avec un geste aussi futile.

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MessageSujet: Re: La nuit de nos premières fois, au D'Artagnan.   Sam 13 Oct - 10:50

Rien, vraiment ? Rien, dit-il. Mais ce que je vois dans ses yeux ça ne ressemble pas à « rien », je baisse la tête et je baisse les yeux pour regarder par terre, non pas que je sois curieux mais je me sens plutôt honteux, ai-je été imprudent en lui avouant tout ça ? Je tourne la tête dès qu’il pose le gobelet à côté de lui, entre nous. Je relève le menton et je jette un coup d’œil à mon meilleur copain, va-t-il me demander de me taire en ricanant ? Ses lèvres s’entrouvrent et il me parle de sa vérité, il a peur, sûrement plus que moi. Alors de quoi suis-je en train de me plaindre ? Georgie a besoin de nous et Roy ne se laisse sûrement pas submerger par l’émotion, alors à quoi je joue ? Mais si j’avais l’impression de m’en vouloir déjà trop, maintenant c’est pire parce que des larmes dévalent sur ses joues et meurt sur son menton, quelques-unes tombent sur son t-shirt, je suis désolé Georgie, pensais-je en allant près de lui. Je me hisse sur mes genoux et je vais m’asseoir à côté de mon meilleur ami, j’allais lui demander vraiment pardon, à voix haute cette fois mais il continue de parler, alors je ne l’interrompt pas, même si les mots qu’il laisse tomber de sa bouche me crèvent le cœur à chaque syllabes. J’ai envie de lui dire que ça ira, mais qu’est-ce que j’en sais ? Va-t-on finir par s’éloigner ? Les adultes disent tous qu’on ne gardent pas nos amis en vieillissant... « tu sais le temps passent et nous prenons inévitablement des chemins différents » disent-ils comme si c’était vraiment inévitable. L’est-ce ? Je n’ai pas envie de m’imaginer en train de croiser Roy ou Georgie et seulement sourire en guise de bonjour, ne pas m’arrêter et m’en aller. On finira pas comme ça, pas nous. N’est-ce pas ? Pas nous.

Il lève la main et il lève son petit doigt, il me demande de promettre. J’ai regardé son doigts, je regarde à nouveau ses yeux, quelques secondes, je baisse encore la tête en détournant le regard et j’attrape son petit doigt avec le mien.

- Je te le jure Georgie.

Dis-je en remontant une deuxième fois mes yeux jusqu’aux siens et je les laissent dedans cette fois pendant que je promet.

Je plonge ma deuxième main dans son sachet mcdo et je récupère une poignée de serviettes que je froisse dans ma main, je lui agite sous le nez pour qu’il sèche les larmes qui dessinent sur ses joues, a-t-il honte de pleurer devant moi ? Il ne le doit surtout pas, j’aime le voir monstrueusement humain comme ça parce que ça me rappelle tout le temps à quel point il est fragile quand il a mal.

Je lâche sa main et la mienne retombe sur ma cuisse, je dépose mon dos contre le mur derrière nous, je reste à côté de lui et mon épaule se pose contre la sienne.

Georgie a laissé traîner une BD là, elle est ouverte au milieu et les dialogues attirent mon regard, j’ai déjà lu cette histoire un paquet de fois, était-il en train de lire avant que j’arrive ?
Je ramasse la BD et je le pose sur mes cuisses, « tu veux que je te lise l’histoire ? » ai-je demandé pour plaisanter, mais s’il dit oui je vais vraiment le faire. Je n’ai sûrement pas le talent de Roy pour lire les histoires, lui il met l’intonation dans la voix de chaque personnage, nous avons l’impression de mettre les pieds dans le livre à chaque fois qu’il lit.
J’effleure les pages, j’en tourne quelques-unes en caressant lentement les feuilles du bout des doigts, j’adore les illustrations de cette BD.

Le vent souffle plus fort à cet instant et ça fait ferme notre cachette, je lève la tête et je regarde la porte, même si le ciel soupire elle ne s’ouvre pas, tant mieux.

Je tourne la tête et je regarde Georgie, a-t-il peur ? Je suis là, il ne lui arrivera rien.

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MessageSujet: Re: La nuit de nos premières fois, au D'Artagnan.   Jeu 25 Oct - 8:24

L'adolescent avait fini par se calmer ou au moins arrêter de renifler et de se frotter les yeux, il n'était peut-être pas encore tout à fait détendu mais la présence de son meilleur ami l'aidait énormément et avant que Jimmy ne se remette à bouger il avait posé sa tête contre l'épaule de se dernier en fermant les yeux.

Georgie s'était redressé lorsque le garçon au cheveux bouclés avait commencé à remuer et il avait ramené ses jambes contre lui, suivant son meilleur ami des yeux lorsque celui-ci avait ramassé la BD traînant sur le sol.

Le petit ton amusé dans la voix de Jimmy lorsqu'il s'adressa à lui lui arracha un sourire tandis qu'il se penchait vers lui pour le pousser.

" T'es con. "

Rien de bien méchant, des petites chamailleries sans grande importance entre eux, ils avaient toujours été comme ça, deux caractères prêt à faire des étincelles des je t'aime cachés derrière des va te faire foutre.

" Y' a des images, j'peux m'en sortir " avait-il ajouté avec un petit sourire en coin. Évidemment il savait lire mais il n'aimait pas réellement ça et parfois il lui arrivait encore de buter sur certain mots dont il ne connaissait pas la signification, merci à son père pour employer un langague aussi poli et diversifié chez eux.

Le vent qui s'était brusquement engouffré dans leur repère avait arraché un sursaut à Georgie qui avait immédiatement braqué son regard sur la porte. Quelque part au fond de lui la peur que ces monstres surgissent à nouveau lui broyait les tripes. Est-ce que Jimmy était au courant  ?  ... Probablement, ou il finirait par le savoir, ce n'est pas comme ci ils se cachaient des choses au sein de leur trio. Quelques secondes s'étaient écoulées dans un silence de plomb et finalement le plus petit avait poussé un soupir en essayant de se détendre, lançant un nouveau regard à l'adolescent a ses côtés.

" Hé tu sais quoi  ?  On devrait demander à Roy si il peut pas avoir des talki-walki pour noël, ça serait grave cool.

Ça lui avait traversé l'esprit comme ça, il n'était même pas certain que ça serve à grand chose au final ne sachant pas réellement quelle portée pouvaient avoir ces appareils mais ça serait toujours sympa d'en avoir et ils pourraient essayer de rester en contact, juste au cas où.

L'adolescent s'était de nouveau installé en tailleur, grattant une vielle tache incrustée dans le tissus de la couverture et quand la voix de Jimmy s'élevait à nouveau, probablement pour lui répondre, il se pencha pour ramasser le bord de la couverture. Georgie avait à peine attendu le début de la phrase de son meilleur ami avant de tirer un grand coup sur la couette, envoyant valser le sachet de fast-food posé dessus avant de rouler sur le côté pour s'enrouler dans le tissus et emporter Jimmy dans sa chute.

Un nouveau rire franchit ses lèvres tandis qu'il plongeait de nouveau son regard dans celui de Jimmy.

" Bah alors  ? Il est passé où le "leader" des mousquetaires. Si tu te casse la gueule sous moi on est mal barrés ! "

Le petit brun avait bien insisté sur le mot "Leader" simplement pour le faire chier un peu plus et son petit sourire arrogant trônait toujours sur son visage. Dans ces moments là il appréciait être un "enfant" pourvoir oublier l'espace d'un instant ses problèmes et tout ce qui pouvait le tracasser rien qu'en s'amusant simplement. Étrangement les plus jeunes semblaient se remettre plus facilement des choses, peut-être parce que justement ils évitaient de se pendre trop la tête et laissaient parfois simplement couler.

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MessageSujet: Re: La nuit de nos premières fois, au D'Artagnan.   Jeu 25 Oct - 17:13

Je tourne une page, puis une autre. Je tourne finalement chacune d’elle en jetant que des brefs coups d’œil aux planches, mes yeux s’attardent surtout sur les dernières cases à chaque fois, parce que les bédéistes disent qu’une bonne bd laisse son lecteur en suspens à la fin de chaque page, pour lui donner envie de lire celle d’après.

Je détourne le regard mais je ne lève pas la tête quand mon meilleur ami me parle de l’idée qu’il vient d’avoir, je secoue la tête pendant que mes doigts retournent sur la quatrième de couverture et je ferme lentement la bd, j’ai pas vraiment regardé les dernières cases parce que je suis en train de réfléchir à ce qu’il vient de dire.

J’allais lui dire que, j’ai beau réfléchir, je crois qu’ils sont vendus seulement par deux, mais il tire tellement fort sur la couverture que le sac dégage de là, j’ai le réflexe de tendre la main pour le récupérer parce que je crois qu’il y a encore son soda à moitié plein à l’intérieur, je me penche, il me tombe dessus et le soda de Georgie roule par terre, l’eau déborde par le trou où est la paille, ça coule entre les planches du vieux parquet et le morceau de la couette qui traîne là boit l’eau.

C’est la voix de Georgie qui me fait tourner la tête, j’ai le dos par terre mais j’ai redressé la tête pour que mon crâne ne tape pas sur le sol en tombant, je me suis crispé alors je me suis un peu fait mal au coude mais rien de grave. Et lui, ça va ? J’allais lui demander mais quand je le regarde il est en train de sourire bêtement parce qu’il est content de sa connerie. Mes lèvres s’étirent dans un sourire que j’ai essayé de réprimé et je laisse finalement aller l’arrière de ma tête par terre, il y a ma capuche en dessous et tant pis pour ma touffe pleine de boucles. J’ai levé les yeux au ciel mais le plafond est tellement haut que la lumière des lampes torches ne va pas jusque là-haut, et nos deux ombres se reflètent jusqu’au plafond, ça assombrit le reste de notre cabane.
Je tourne à nouveau la tête et je le regarde, il était encore en train de me regarder mais il ne sourit plus maintenant. Mes yeux tombent sur ses lèvres, y restent quelques instants et remontent jusqu’à ses yeux, mon rythme cardiaque est en train de grimper, mon cœur s’emballe alors je serre les dents pour ne pas respirer trop fort, mais l’a-t-il remarqué ?

- Il y a des gars qui disent que tu as embrassé Louy. C’est vrai ?

D’aussi près, je vois mieux les différentes couleurs autour de son œil. Il a aussi quelques taches de rousseurs sur le nez, une ou peut-être deux qui se perdent sur ses pommettes. J’avais déjà remarqué ça il y a quelques semaines mais elles sont discrètes, surtout quand le soleil tape sur sa peau. Les miennes tachent plus distinctement ma figure, mais personne ne m’en parle jamais. Les gens trouvent globalement ça plus beau que les cheveux roux, pourtant ils sont de paire tous les deux et, j’adore les rousses.
Alors pourquoi c’est en train de me mettre dans cet état ? J’ai mal au ventre, il se tord et maintenant mes mains sont moites, putain c’est quoi ce bordel.

Je le pousse un peu pour pouvoir me redresser et je m’assois, c’est quoi mon putain de problème ?

- Tu voudrais sérieusement embrasser un mec comme lui ?

Ai-je finalement demandé en haussant un peu le ton.
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MessageSujet: Re: La nuit de nos premières fois, au D'Artagnan.   Mer 31 Oct - 1:01

Le petit sourire qui a étiré les lèvres de son meilleur ami est comme une victoire pour l'adolescent qui s'affale un peu plus sur lui. Le silence règne de nouveau mais ce n'est pas vraiment important ni même dérangeant, pas quand il est avec Jimmy. C'est bizarre cette sensation, celle d'être si bien avec quelqu'un que les mots sont inutiles, la simple présence de l'autre suffit et quelque part c'est rassurant de ressentir ça. C'est probablement à ça qu'on reconnaît des meilleurs amis à de simples amis pourtant si Georgie était un peu honnête avec lui même il saurait qu'il y a plus que ça lorsqu'il s'agit du garçon aux cheveux bouclés.

Inconsciemment, le petit brun à commencé à jouer avec le cordon de la capuche du sweat de son meilleur ami et il le fixe toujours, perdu dans ses propres pensées. Il n'était pas vraiment certain de savoir si c'est lui qui avait changé ou non mais depuis son retour il était devenu extrêmement possessif et jaloux envers des deux meilleurs amis, mais Jimmy... Jimmy c'était pire que tout. Chaque fois qu'il le retrouver à se chamailler avec April, à laisser son regard s'attarder un peu trop longtemps sur n'importe quelle fille, c'était insupportable et Georgie avait fini par développer ce besoin de se faire remarquer, d'attirer l'attention de son meilleur ami.

Sa psy lui aurait probablement dit quelque chose à propos du besoin d'attention ou du manque d'affection qui pouvait venir de son foyer, de sa famille mais cette sensation qui semblait lui broyer la poitrine et lui tordre l'estomac n'avait rien à voir avec ce qu'il ressentait habituellement.

Finalement leur regards se croisent à nouveau mais avant qu'il ne puisse remarquer quoi que ce soit, la voix de James brise le silence et lui fait froncer les sourcils. Merde. Son coeur semble avoir manqué un battement et bientôt il bat fort, bien trop fort tandi que l'adolescent ouvre plusieurs fois la bouche comme pour essayer de parler tout en détournant le regard.

" Depuis quand t'écoute c'qu'on raconte sur moi. "

Ce n'est peut être pas la meilleure réponse, essayer d'esquiver pour ne pas avoir à avouer la vérité, mais la vérité elle fait peur et elle risque de tout foutre en l'air.

Georgie fronce un peu plus les sourcils lorsque son meilleur ami le pousse mais il se redresse pour s'assoir lui aussi. Ça y est, il va le repousser ? Lui dire qu'il est dégoûtant, que c'est pas normal ? Avant même que Jimmy ne reprenne la parole la colère semble déjà monter en lui et lorsqu'il parle à nouveau, Georgie ne peut s'empêcher de le dévisager.

" ça veut dire quoi ça."

Étrangement le petit brun se sent presque soulagé par le fait que son meilleur ami ne se focalise pas réellement sur le fait qu'ils parlent d'avoir embrassé un autre mec mais semble plutôt dérangé par l'identité de celui-ci.

" J'croyais que c'était ton pote Louy. Et puis qu'est ce que ça peut foutre "

Une fois encore son regard cherche à fuir tout comme son coeur qui tambourine contre sa poitrine et cette fois il peut sentir le sang lui monter au joues.

" Et puis tu peux parler toi ! "

Cette fois c'est à son tour d'attaquer, il le sait il doit prendre l'avantage dans cette conversation, ne pas laisser à Jimmy le temps de réagir et de rebondir sur le sujtet mais presque au moment où il commence à parler, il se sent dépassé, bien trop frustré et en colère.

" Tu crois qu'on a pas remarqué comme t'es depuis le départ d'April. Alors viens pas me faire chier. Oh et aux dernières nouvelles c'est pas non plus moi qui ai été inviter l'autre conne à danser au bal cet été. "

Son regard n'a pas quitté celui de son meilleur ami, il le sait April est un sujet délicat, elle l'a toujours été et maintenant qu'il y pense il n'était même pas certain que Roy et Jimmy savaient qu'il avait été lui aussi au bal surtout qu'il avait lui même fini par danser avec Jessica Banner alors il n'avait pas vraiment son mot à dire à ce sujet.

" Et si j'te dis que ouais, c'est vrai, tu vas faire quoi ? Tu vas m'en foutre une ? "

Voilà, la provocation, comme toujours, de toute façon ce n'était pas comme si il connaissait un autre moyen de régler ses problèmes lorsqu'il se sentait dépassé par les événements.

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MessageSujet: Re: La nuit de nos premières fois, au D'Artagnan.   Mer 31 Oct - 18:35

L’expression sur mon visage change précipitamment quand il me parle de la rouquine, je détourne le regard alors qu’il aboie encore, je regarde devant moi mais je perds rapidement mes yeux entre les plis du drap dans lequel on est, je ne fronce plus les sourcils mais je suis encore en colère, pourquoi il me parle d’elle ? Je sais très bien pourquoi il le fait mais, je veux dire, qu’est-ce qu’il espère avoir maintenant ? Des excuses ? Sincères, qui plus est ? Je relève le menton et je tourne la tête pour jeter mes yeux dans les siens, il est toujours en train de me regarder et son visage est froissé parce qu’il est énervé mais sa lèvre inférieure tremble un peu, je baisse les yeux, je regarde sa bouche, il se tait, attend-t-il les conséquences ?

Je secoue lentement la tête de gauche à droite et mes yeux remontent jusqu’aux siens, mon cœur est déjà en train de se calmer, parce que j’en suis certain maintenant, il ne l’a pas embrassé.

- Tu ne l’as pas embrassé.

Dis-je à voix haute, ma main se lève, ma paume se décolle de la couverture et je courbe mon index, je l’approche de sa peau et il effleure sa pommette, d’une tache de rousseur à l’autre, le bout de mon doigt va.
Je sais qu’il ne l’a pas embrassé parce qu’il continue de me regarder pendant qu’il le dit, quand je ne lui laisse pas le choix de me dire la vérité et que ça le gêne, ses yeux m’échappent toujours, parce que Georgie est incapable de me parler de ça en m’agrippant le regard.

Mon doigt tombe de sa joue et ma main retourne par terre, je la pose à plat entre nous deux et je me hisse sur mes paumes et je décolle mes fesses de par terre, je m’assois un peu plus près de lui, mon épaule touche la sienne.

- Tu devrais seulement donner ton premier baiser à quelqu’un qui tient vraiment à toi.

Et au moment où je dis ça, mon cœur se lève si haut qu’il s’arrête au bord de mes lèvres, je retire ma main du sol et je frotte ma paume sur mon pantalon, mes doigts s’y agrippent ensuite, je serre mon genou dans ma main, « qu’est-ce que je suis en train de foutre ? » demanderait ma tête à mon cœur et il répondrait quelque chose comme... « ça me boufferait trop si c’était pas moi » mais il ne comprendrait pas.

- Je peux te donner une bonne raison d’arrêter d’être jaloux à cause de cette fille et d’être énervé à cause de ce bal.

Je regrette déjà ce que je viens de dire alors s’il m’en reparle après je lui dirait de fermer sa gueule.

Ma main s’écarte de mon genou, j’hésite mais mes doigts vont autour du cou de Georgie, je ne le serre pas, j’effleure seulement sa pomme d’Adam avec mon pouce, sa peau est douce, sa peau est chaude. Je baisse les yeux et je regarde une dernière fois de quoi à l’air sa bouche maintenant que j’en suis si proche puis, mes paupières tombent devant mes yeux et mes lèvres s’écrasent doucement sur les siennes.
Je pourrais me suffire du premier bisou mais j’en pose un deuxième (plus long) sur sa bouche avant qu’il n’ait l’idée de reculer la tête.

Des papillons s’éclatent dans mon ventre.

Je m’écarte le premier, j’ai déjà rouvert les yeux et je ne le regarde pas. Je tourne la tête, ma main retourne par terre, instinctivement ma langue se glisse discrètement entre mes lèvres et je les humidifies pendant que je me décale un peu de mon meilleur ami.
Ma mère m’attend, je devrais rentrer mais il va certainement m’en vouloir si je pars maintenant.
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MessageSujet: Re: La nuit de nos premières fois, au D'Artagnan.   Ven 2 Nov - 8:39

L'affirmation de Jimmy lui fait froncer les sourcils et il plisse légèrement le nez. Ce n'est même pas une question, l'adolescent aux cheveux bouclés est sûr de ce qu'il affirme et Georgie s'en veut d'être aussi facile à déchiffrer, en tout cas pour ces deux meilleurs amis.

Le doigt du plus grand effleure sa peau et son coeur manque un battement. Les pensées dans sa tête deviennent confuses et son respiration semble un peu plus profonde tandis que ses paumettes se teintent de rouge et que son regard fuit. Merde, pourquoi est-ce qu'il réagit de cette façon à un geste si anodin. Le contact disparaît presque aussi rapidement qu'il a commencé et laisse derrière lui cette sensation de vide mais bien vite, Jimmy se décalle, colle presque son corps au sien, alors Georgie lui met un petit coup d'épaule, le bouscule légèrement, juste par principe.

Les mots du plus vieux résonnent au creux de ses oreilles et le brun lève les yeux au ciel en secouant légèrement la tête.

" ok tu sais que c'est des conneries  ?  Le grand amour tout ça, on est pas dans un putain d'film "

Ils ne s'écoutent pas vraiment, parlent presque en même temps mais la dernière phrase de son meilleur ami attire son attention. Georgie tourne légèrement la tête pour croiser ses prunelles foncées, attendant une explication tout en songeant que si il a le malheur de lui sortir un truc du style "On sera toujours meilleurs amis" "J'vous laisserez jamais Roy et toi" "Aucune fille ne nous séparera " il va vraiment lui en coller une.

" Et je suis pas jal- "

Ses mots meurent au bout de ses lèvres, les doigts de son meilleur ami son de nouveau sur sa peau, la caresse doucement et laissent derrière eux un sentiment bien trop étrange, quelque chose qui lui broie les tripes et lui bousille le coeur.

" Jim..."

Ce n'est même pas un murmure, juste un souffle mais les lèvres de son meilleur ami le font taire, s'écrasent sur les siennes et le font couiner légèrement sous la surprise. C'est rapide, sûrement un peu trop maladroit, leur nez se frôlent et le plus petit se laisse finalement aller lorsque le second baiser arrive. Il ferme les yeux, se penche un peu plus contre le corps du plus grand jusqu'à ce que celui-ci ne s'écarte, emporte avec lui cet instant presque irréel.

Georgie met un peu plus de temps à ouvrir les yeux, quelques secondes supplémentaires pour qu'il puisse essayer de comprendre ce qui vient de se passer mais son coeur semble prêt à s'échapper de sa poitrine. Le silence plane entre eux, le regard du plus petit reste rivé sur le vieux parquet tandis que ses doigts effleurent ses lèvres avant qu'il ne les mordille légèrement. Il lui faut quelques instants pour oser relever les yeux en direction de Jimmy, comment est-il censé réagir après ça  ?  

Le plus grand garçon semble aussi perturbé ou gêné, peut être qu'il doit simplement faire comme ci de rien n'était, une autre blague, un autre stupide jeu entre eux, alors il le bouscule doucement, fronce les sourcils mais son regard le trahis probablement parce qu'il ne peux pas le regarder en face.

" Mais t'es con putain. "

C'est sûrement la meilleure façon de réagir à tout ça, c'était rien, c'était pas important, c'est ce qu'il essaie de se dire malgré que son coeur semble lui hurler tout autre chose. Une petite pensée envahi son esprit, il se demande si c'est la première fois que Jimmy embrasse quelqu'un, ce serait pas juste sinon, parce qu'il vient de lui voler son premier baiser juste comme ça même si il prétendait juste avant que ce n'était pas important, maintenant c'est différent, maintenant ça semble important.

Les paumes du plus petit sont crispées sur son jean, serrent le tissus peut être un peu trop fort mais il n'arrive pas à se calmer.

" ... Pourquoi t'as fait ça "

Il n'est pas certain de vouloir une réponse et ne serait pas étonné si Jimmy répondait simplement d'un haussement d'épaule alors il fronce légèrement les sourcils et se sent obligé d'ajouter.

" J'suis pas une fille. "

C'est con comme réaction il en est conscient mais il sait comment sont traités les garçons qui s'intéressent à d'autres garçons et il a déjà une cible assez grosse sur la gueule pour en rajouter d'avantage.

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MessageSujet: Re: La nuit de nos premières fois, au D'Artagnan.   Ven 2 Nov - 18:23

Georgie avait murmuré du bout des lèvres mon prénom, son souffle s’était abattu sur ma bouche pendant que des frissons étaient nés sous mes doigts, sur son cou. Son corps avait frémit très discrètement et, étouffé au fond de sa gorge, ce couinement quand ma bouche baisait la sienne avec tendresse, j’aurai voulu agripper ses cheveux dans mes doigts pour qu’il couine un peu plus fort, tirer sur le col de son t-shirt pour l’approcher encore un peu de mon corps, ça aurait été facile de lui tenir les cuisses pour le soulever et l’asseoir sur les miennes, il est tellement frêle, il est tellement petit.

Et puis mon cœur qui avait tapé plus fort dans ma poitrine dès que j’avais senti Georgie se pencher sur moi, il voulait certainement que je ne laisse jamais plus ses lèvres. J’aurai bien voulu mourir sur sa bouche pendant que je respirais l’odeur de sa peau et que je sentais son corps trembler sous ma paume, il n’avait plus peur de son père à ce moment-là, il n’avait plus mal à cause de ses hématomes à ce moment-là, mais n’ai-je pas fait pire ? Faire naître à l’intérieur de lui le mal de moi, cette maladie d’amour. Parce que moi j’avais mal, maintenant.

Quand il me bouscule, il m’arrache à mes premiers émois. Je tourne la tête et je le regarde à nouveau.

J’ai laissé sur cette bouche mon premier baiser, sûrement quelques sentiments aussi, ceux qui m’arrachaient le cœur lui arrache le sien maintenant.

« Mais t’es con putain » A-t-il dit, l’air agacé et le regard baissé... Est-ce qu’il m’en veux ? « Pourquoi t’as fait ça ? » dit-il un peu plus sèchement pendant que je continue de me taire. Est-ce qu’il me déteste ? Mon cœur tressaute vulgairement entre mes chairs, mon torse se soulève plus vite mais sous l’épaisseur de mon gros pull, ça ne se remarque pas. Tant mieux ?
Georgie bougonne encore en marmonnant qu’il n’est pas une fille et ses doigts froissent son pantalon.

- Ta gueule !

J’ai pratiquement sursauté moi-même parce que j’ai crié fort, mais je voulais qu’il se taise parce que je ne veux pas qu’il me donne des raisons de regretter ce baiser, il n’en n’aura jamais une de bonne car j’ai aimé que ce soit lui, j’ai aimé le temps que ça a duré, j’ai aimé avec toute mes tripes alors je susurre « s’il te plaît » en tournant la tête et je me lève en m’aidant des murs, j’y écrase ma main pour m’y tenir et je me hisse sur mes jambes. Le morceau du drap que j’avais sur moi glisse et tombe à mes pieds, je lève les jambes, je marche dessus et je m’éloigne de Georgie.

Je ramasse mon sac et je jette l’une des bretelles sur mon épaule, l’autre pendouille derrière mon dos pendant que j’écrase mes doigts sur la poignée de la porte, je donne encore des coups dedans avec mon épaule pour qu’elle s’ouvre, je veux sortir de là avant qu’il me dise qu’il m’en veut ou que je n’aurais jamais dû. Dès que la porte s’entrouvre à cause de moi, le vent s’engouffre à l’intérieur, mes boucles brunes virevoltent au-dessus de mon front et passent devant mes yeux, quelques mèches chatouillent ma nuque, je pousse la porte dans l’autre sens pour la refermer quand je suis dehors, mes chaussures s’enfoncent gentiment dans le sable pendant que je balance mon corps contre la porte en bois pour qu’elle se ferme mieux. Quelques échardes griffes mon épaule a travers mes fringues, je m’écarte puis je marche à reculons en regardant la poignée, je ne veux pas qu’il vienne, je ne veux pas qu’il me suive.

Je ramasse mon vélo en tirant sur le guidon pour le relever, je cale la selle contre ma hanche pendant que j’enfile la deuxième bretelle de mon sac à dos et mes doigts retournent empoigner le guidon, je traîne mon vélo à côté de moi, les roues patinent dans le sable et le vent me souffle dans le dos.

- Allez putain !

Dis-je en tirant un peu plus fort mon vélo pour sortir les roues des tas de sable, je marche plus vite dès que j’atteins les cailloux, l’herbe et la boue, je grimpe sur ma selle en jetant ma jambe de l’autre côté et je pédale fort pour rouler plus vite.

Pourquoi il fait aussi froid ce soir ? Pensais-je en avalant péniblement ma salive, mais j’ai la gorge tellement nouée que je tousse parce que j’avale de travers, je racle ma gorge en fronçant les sourcils et je grimpe sur un trottoir pour éviter une voiture qui arrive derrière moi mais je prends le virage trop vite, ma roue cogne dans le caniveau et je tombe de mon vélo, je me rattrape avant de me cogner par terre, je me retourne et je regarde mon vélo par terre, le guidon de travers et la roue avant qui tourne encore dans le vide, ça suffit. J’y vais et je donne des coups de pied dans la roue avant jusqu’à me faire mal, je me baisse et j’attrape le guidon, je redresse un peu mon vélo et je le balance plus loin, ça érafle la moitié contre le bord du trottoir. La voiture qui était derrière moi tout à l’heure s’arrête, le conducteur baisse sa vitre et s’y penche pour me parler, il hausse le ton pour que je l’entende avec le vent qui siffle et le moteur de sa bagnole qui ronronne.

- Ça va aller gamin ?
- Je t’emmerde !

Ai-je hurlé en tournant la tête pour le regarder, « casse toi connard ! » ai-je continué de hurler en regardant sa voiture s’en aller et quand elle disparaît dans l’autre pâté de maisons, mes épaules s’affaissent et je me retourne pour regarder la carcasse de mon vélo par terre.
Un sanglot tombe de mes lèvres, je plaque le dos de ma main contre ma bouche en fermant les yeux, je veux me convaincre si fort de me calmer qu’un bourdonnement tape contre mes tympans.

Quand j’arrive devant la maison, je descend de mon vélo et je le laisse tomber par terre, encore.
Ma mère sursaute quand j’ouvre la porte, j’ai poussé celle-ci brutalement et je la referme aussi fort, elle sort de la cuisine en essuyant ses mains dans un torchon et elle me regarde, je suis en train de retirer mon sac de mes épaules, je lève la tête quand elle me demande ce qu’il se passe. Elle fronce les sourcils dès qu’elle remarque l’état dans lequel je suis et elle s’approche précipitamment pour venir me tenir dans ses bras, elle me serre contre sa poitrine.
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MessageSujet: Re: La nuit de nos premières fois, au D'Artagnan.   Dim 4 Nov - 16:06

Le cri de Jimmy résonne dans leur repère, fait tressailllir son coeur tandis qu'il tourne brusquement le regard dans sa direction. Un mélange de pensées et de sentiments confus se bousculent en lui, martèlent son esprit et lui serrent la poitrine pourtant lorsque son meilleur ami se lève pour s'éloigner il est incapable de réagir que ce soit pour bouger ou parler. Son regard suit le plus grand pendant qu'il rassemble ses affaires et ce n'est que lorsqu'il s'approche de la porte que Georgie parvient à réagir.

" Hé  ! "

Presque immédiatement il bondit sur ses jambes, balance ce qui trainait encore sur la couette pour enjamber leur tas de merde. Il ignore encore ce qu'il va dire si il le rattrape, ne sait même pas si il pourra le regarder dans les yeux mais il a besoin de l'avoir à ses côtés ne serait-ce que pour affronter cette douleur qui lui comprime le coeur.

" Jim  ! "

La porte s'ouvre difficilement, laisse s'engouffrer un peu de lumière à l'intérieur du d'Artagnan mais permet surtout à la brise glaciale de se frayer un chemin dans leur repère, balayant un peu de sable et faisant frissonner les deux adolescents. La silhouette de son meilleur ami disparaît presque immédiatement derrière cette porte qui claque presque au moment où le plus petit arrive devant, sa main glisse sur la poignée, serre le métal froid dans sa paume pendant qu'il essaye de l'ouvrir en grognant et en donnant de petits coups d'épaule contre le vieux bois. Elle coince toujours cette fichue porte.

" Putain  ! Jimmy ouvre  ! "

Ses sourcils sont froncés et il jure encore entre des dents avant de donner un coup de pied dans la porte en sentant des larmes amères lui brûler les yeux. Son coeur bat fort, bien trop fort pendant qu'il fixe cette porte dans l'obscurité. A présent le silence semble bien trop pesant, presque insupportable et sa respiration s'emballe comme ci il allait bientôt se mettre à pleurer.

" Ouais bah c'est ça  !  Va t'faire foutre  ! "

Il sait qu'il n'y plus personne pour l'entendre mais il a besoin de le dire, d'évacuer tout ça alors en se retournant il balance son pied dans tout ce qui traîne au sol, dégomme tout ce qui se trouve sur son passage avant de ramasser la B.D pour la balancer contre le mur. C'est peut être exagéré mais ce n'est que le fruit de toute cette violence qui constitue son foyer, la seule forme de communication qu'il connaît chez lui alors parfois quand il n'arrive pas à gérer ses émotions, quand c'est trop et qu'il sent qu'il va craquer, c'est la seule solution, le seule exemple qu'il a eu pour évacuer tout ça.

Quand la colère est passée, quand les battements de son coeur finissent par résonner aux creux de ses oreilles et que son torse se lève brusquement sous sa respiration, il fini par se calmer, sent les larmes qu'il ne parvient plus à retenir rouler sur ses joues mais pour une fois il se refuse de pleurer, essuie ses yeux d'un revers de manche et recommence à chaque fois que de nouvelles larmes parviennent à s'échapper.

Il n'a plus envie de penser à tout ça, ne veut même pas essayer de comprendre ce qui les a emmené là, tout ce qu'il souhaite à présent c'est s'allonger et dormir pour oublier tout ça, laisser le jour effacer les souvenirs de cette nuit comme-ci elle n'avait été qu'un rêve, alors il s'allonge, rassemble quelques affaires, son sac à dos pour se faire un oreiller et ramène sur son corps la couverture de Jimmy, pour serrer un mieceau du tissus entre ses doigts.

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