Dans la petite ville d'Aster Cove, des choses étranges se passent...

 
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 We're Goners [Ft. Kenny]

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MessageSujet: We're Goners [Ft. Kenny]   Mer 11 Juil - 2:41


We're Goners
Kenny Holland

Tu t'étais posté devant lui, le regard insistant, confiant mais cachant une peur inhabituelle... Vous étiez seul, tu t'en étais assuré. Les cours étaient maintenant terminés, et ce depuis dix minutes... Ce fut d'une façon véritablement impertinente que tu t'étais interposé entre lui et sa marche... Sûrement n'apprécierait-il pas, et tu t'en doutais. Seulement là n'était pas l'important ! Aujourd'hui, tu étais passé au-delà de cette peur générale envers Kenny Holland, ce géant que tu n'osais généralement regarder dans les yeux... Peut-être était-il le seul élève à te faire cet effet. Tu n'étais pas tant effrayé par les harceleurs que cela. Après tout, la plupart te laissaient tranquille. Seulement, Kenny était particulier... Tu le savais bien plus étrange et profond que les autres. Lui était revenu... Ce garçon avait été happé par la chose que tu redoutais tant. Par ce monstre omniprésent qui avait changé ta vie, sans jamais pour autant avoir croisé ton chemin. C'était ainsi que le diable fonctionnait... Et Kenny lui avait fait face, comme Georgie... Probablement comme tes soeurs... Seulement lui était revenu !

Tu te tenais droit face à lui, du haut de ton pauvre mètre cinquante huit, te préparant mentalement à n'importe quelle situation désespérée face à lui. De toute évidence, tu étais désespéré... Se mettre en toute connaissance de cause devant le chemin de Kenny Holland signifiait généralement un suicide. Au mieux un masochisme poussé. Tu ne faisais pourtant partie d'aucun de ces deux cas. Tu t'y approchais certainement, mais ta requête était bien plus significative qu'un simple poing dans la gueule... Si tu devais en passer par là, tu l'accepterais sans broncher, mais tu souhaitais avant tout des réponses ! Des réponses que même ton meilleur ami n'avait pu t'offrir... Des réponses que tes soeurs ne pourraient probablement jamais te donner... Qui te disait que cette brute de Kenny Holland allait gentiment répondre à tes questions ? Absolument personnes. Tu espérais seulement qu'un autre personnage se cache derrière la carapace du harceleur... Chose qui pouvait te coûter bien cher.

Cela te hantait... Tu ne l'avais jamais vu, jamais entendu, et pourtant tu le sentais... Tu le sentais présent partout. Tes nuits étaient remplies de cette ombre omniprésente sur la ville. Peut-être ton imagination y était-elle pour beaucoup dans cette histoire, seulement ses fondations étaient extrêmement solides... Deux soeurs enlevées... Un meilleur ami traumatisé par une disparition de deux ans... Vraiment, ton esprit savait pertinemment où puiser afin de t'effrayer ! Tu avais quelques fois tenté d'aborder le sujet avec Georgie... Il ne se souvenait de rien... Tu ne souhaitais pas plus lui rappeler les horreurs qu'il avait pu voir... C'était ainsi inconsciemment, stupidement et désespérément que tu t'étais tourné vers Kenny Holland. Ces mystères te rongeaient. Tu n'avais jamais pu faire le deuil de tes soeurs, et tu t'étais parfois surpris à les imaginer encore vivantes...

« Royce... Royce Standall. Le frère des deux soeurs disparues. » Tes paroles étaient limitées, tu devais aller à l'essentiel ! Tu savais pertinemment que la patience de ce genre de personne était très réduite -ton pire cauchemar étant de voir cet interlocuteur te passer devant sans te calculer-.

Ton regard était implorant. Tu avais besoin de son aide... Tu souhaitais comprendre, et il était la personne la plus apte à t'offrir les réponses que tu cherchais... Oh, tu savais très bien qu'aucune piste ne te serait divulguée sur un plateau d'argent. Seulement, rien qu'une discussion en la compagnie d'un disparu suffirait à te soulager... L'histoire de quelques instants... Le temps de mieux comprendre ce que ta ville traversait... Ce que tes soeurs avaient traversé...

« Je sais que je n'ai vraiment aucun droit de te poser cette question. Qu'il n'y a rien de plus intrusif et d'indiscret. Seulement j'aimerais vraiment savoir... » Tu ne flanches pas, tu restes droit, sans crainte apparente et dégageant la plus grande compassion que tu avais à offrir.
« Que s'est-il passé ce jour là ? Le jour où tu as disparu ? »

La tension montait de plus en plus en toi. Tu avais réussi à poser la question... Kenny sentirait très certainement le stresse que tu contenais, ce genre de personne avait du flair pour ces choses-là.

« S'il te plaît, ne pars pas ! Je veux savoir ce qui est arrivé à mes ptites soeurs ! » Voilà les supplications... Tu étais grillé...
« Tu pourras me tabasser autant que tu veux ! Me racketter tous les jours si ça te chante, sans aucun souci... J'en parlerai à personne, j'cacherai n'importe quelles blessures et je nierai toute agression ! J'veux simplement qu'tu m'aides. »

C'était assez risible, et tu en avais conscience. Seulement tu étais si près de trouver des réponses. Tu ne pouvais te permettre de laisser ton ego voler cette chance... Il n'y avait plus d'amour-propre qui tienne. Plus de peur physique tolérée. La souffrance physique n'était rien. Quelques cris suffiraient à la masquer... La douleur psychologique étaient plus insidieuses, et tu la redoutais...
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MessageSujet: Re: We're Goners [Ft. Kenny]   Mar 24 Juil - 0:02

We're goners
Le souvenir commence avec la cicatrice.

Royce & Kenny ;
Putain de prof à la con. Quelle idée, de le convoquer dans son bureau juste pour ''prendre de ses nouvelles'' ? Qu'est-ce qu'il en avait à foutre, lui, de parler à un type pareil ? À quel moment avait-il pensé que c'était une bonne idée ?! Abruti. Connard. La rage au cœur, Kenny sortait du lycée avec dix minutes de retard et une nervosité plus imposante que jamais. Il devait se barrer. Il devait s'éloigner de cet endroit le plus vite possible. C'était son seul souhait, et il en voulait profondément à l'enseignant d'avoir retardé sa délivrance. Il ne l'avait pas aidé, bien au contraire : il l'avait condamné à s'attarder dans le lieu de tous ses cauchemars, à l'arpenter tandis que ses couloirs vides le hantaient. Le sentiment était ignoble. On eût dit que quelqu'un écrasait sa poitrine du bout du pied, que ses poumons se compressaient lentement sous la pression des souvenirs factices que son cerveau s'était imposé tout seul. Il n'y arrivait pas. Il n'arrivait pas à se sentir en sécurité ici. Chaque détour, chaque salle, pire, chaque corridor était une source d'angoisse dont il ne parvenait jamais vraiment à se défaire. Il avait besoin de sortir. De s'aérer. Une journée de sept heures était une torture bien assez longue.

Émergeant finalement dans la cour, le jeune homme s'apprêtait à pousser un soupir de soulagement lorsqu'un gosse se planta devant lui. Son air déterminé lui sembla ridicule tant leur écart de taille et de musculature était imposant, mais il paraissait prêt à tout pour dire ce qu'il avait à sortir. Kenny lui en laissa l'occasion, en partie pour être tranquille, en partie dans l'espoir de se trouver une excuse pour lui casser la gueule. La tension qui irradiait de sa poitrine allait le faire exploser s'il ne l'évacuait pas.

« Royce... Royce Standall. Le frère des deux soeurs disparues. »

Le garçon se crispa davantage face au mot fatidique. Disparues. Simple parole, sentiments mixtes. Angoisse. Frustration. Colère.

« Qu'est-ce que ça peut me foutre, Standall ? »

Rien. Ça ne pouvait rien lui foutre, pas vrai, parce que cette partie de sa vie était derrière lui et qu'il ne pouvait pas aborder ce sujet là. Partout mais pas là. Pas ici. Non. Fort de cette certitude, il adressa un regard glaçant de haine au gamin, dans l'espoir sans doute que celui-ci avorte ses projets. Il n'en fut rien. Désespéré à en devenir bête, Royce entreprit de mettre les pieds dans le plat comme on ne l'avait jamais fait auparavant.

« Je sais que je n'ai vraiment aucun droit de te poser cette question. Qu'il n'y a rien de plus intrusif et d'indiscret. Seulement j'aimerais vraiment savoir...
- La ferme.
- Que s'est-il passé ce jour là ? Le jour où tu as disparu ? »

Le ciel est nuageux, grouillant de nuages sombres qui dévorent progressivement les collines alentours. La tempête approche, noire, vorace. Kenny se rend compte qu'il n'a pas pris de parapluie. S'il n'en chope pas un, il va bousiller sa veste toute neuve, cadeau de son frère. Ça le ferait chier.


Kenny blêmit à l'extrême. Son corps se crispa tout entier, d'un coup, comme en un sursaut. Ses yeux s'écarquillèrent brièvement.

Il décide d'en voler un. C'est une habitude comme une autre, et là, c'est pratique. Son regard scrute le couloir avec confiance. Il cherche une proie. Sauf que la proie, là, c'est lui. Il s'en rend compte lorsque ses yeux croisent son propre portrait sur le faciès de chacun des élèves, déformé d'un sourire fou, habillé d'une étincelle de cruauté. La Peur se fraye un chemin jusqu'à son cœur.


Sa respiration se coinça dans ses poumons. Il déglutit sans parvenir à se détacher de cette impression de suffoquer. Des tremblements vinrent agiter ses doigts. En tentant de diriger son regard ailleurs, il tomba sur son reflet. Un dangereux frisson le parcourut.

Il entend les rires pour la première fois. Ça commence par un, un seul, puis ça se démultiplie comme un passage de flambeau et une vague d'hystérie touche la foule qui, soudain, est plus compacte. Ils se moquent. Ils se moquent et ça le rend fou. Alors il frappe.


Kenny recula d'un pas, hanté par des démons qui ne l'avaient jamais vraiment quitté. Sa main vint s'accrocher à un mur dans une emprise douloureusement intense. Il avait besoin de s'ancrer. Il ne voulait pas paniquer. Pas encore. Il savait ce qu'il se passait. Il devait surmonter la vague. Il devait se calmer. Les mots de Royce ne l'atteignirent même pas. Il était ailleurs, perdu dans un conflit intangible dont il ne parlait qu'à de rares élus.

Le coup n'atteint pas sa cible. Il n'atteint pas sa cible et engendre plus de rires encore. L'hilarité est totale. Kenny se sent comme une merde. Il le refuse. Il veut frapper à nouveau. Mais c'est lui qu'on frappe. Le choc est violent, brutal, douloureux. Son nez se brise. Premier jet de sang contre le sol.


Il se força à expirer, profondément, puis à inspirer tout l'air possible, fermant les paupières en espérant bloquer les images qui l'assaillaient. Peine perdue. C'était son esprit qui le torturait, pas la réalité. Il était coincé. Piégé par lui-même. L'ironie avait un goût d'amertume.

Les coups pleuvent, les os se brisent. Il hurle d'abord, supplie ensuite. Il demande merci, puis prie pour être achevé. On le lui refuse. On rie. On rie encore et encore, de plus en plus fort, jusqu'à couvrir les cris qui lui échappent. Le supplice est total. Interminable. Lorsque finalement les ténèbres l'engloutissent, il se sent déjà mort.


Ses mains tremblaient. Il serra les poings, de toutes ses forces, dans un effort pour le cacher. En vain. Sa respiration saccadée trahissait de toute façon son état de détresse. Rien ne servait de dissimuler ce qui était si péniblement évident. Le jeune homme serra les dents à se les briser, frustré, en colère. C'était débile. Ce souvenir n'était pas réel. Il ne pouvait pas l'être. Il était en vie. À moins d'être au Purgatoire, son cerveau se contentait de se foutre de sa gueule. C'était injuste. Il en avait assez vu, assez traversé. Il n'avait pas besoin de ça.

Quelques minutes furent nécessaire à ce qu'il reprenne plus ou moins le contrôle de ses mouvements, de son corps. Respiration. Concentration. Rien de plus. Imaginer une page de comics jusqu'à entendre le bruit singulier du crayon contre la page blanche, sentir les traits se dessiner sous ses doigts. Penser au refuge, aux chiens. Caresser leurs poils jusqu'à pouvoir les toucher, jusqu'à pouvoir en percevoir l'odeur. Se calmer, doucement. Péniblement. Progressivement.

Lorsque, fébrile, il se décida à lancer un regard vers Royce, une vague de honte vint lui prendre la gorge. Putain. Il avait l'air de quoi ? Il était qui, là ? Une merde. Rien que ça. Juste ça. Et il venait de le montrer à un gosse, à un inconnu. Il se sentait nu, laid, humilié. Tendu. Paniqué. Sa mâchoire se crispa davantage. Le regard qu'il adressa au môme était gorgé d'une haine viscérale. Contre lui. Contre lui-même.

« Dégage de là, petite merde. », persifla-t-il.


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MessageSujet: Re: We're Goners [Ft. Kenny]   Ven 27 Juil - 16:34


We're Goners
Kenny Holland

Kenny Holland n'avait pas le temps pour cette discussion. Il n'avait tout simplement pas envie de cette discussion... Tu l'avais très bien senti, et ce dès tes premiers mots. Évidemment, tu ne t'attendais pas à un comportement chaleureux et sympathique de la part de ton interlocuteur, seulement tu ne te serais jamais attendu au spectacle que Kenny t'offrit... Tu n'aimais pas faire du mal aux autres, c'était un fait avéré. Trop de remords rongeaient déjà tes pensées en ce qui concernait tes deux petites soeurs. Tu ne pouvais naturellement pas heurter la sensibilité d'autrui ! Si traiter tes meilleurs amis d'idiots dans un simple esprit de plaisanterie était déjà difficile pour toi, qu'en était-il lorsque tu en arrivais à cet instant... Cet instant où, par mégarde... Par horrible mégarde... Tu faisais du mal aux autres . Du plus loin que tu te souvenais, tu n'avais jamais fait pleurer quiconque, du moins, pas de tristesse... Tu n'avais jamais frappé, jamais méchamment insulté, jamais blessé n'importe lequel de tes interlocuteurs. Même en ce qui concernait les véritables connards, tu avais toujours été poli, régi par les bonnes manières de tes parents -et probablement par leur hypocrisie-.

Aujourd'hui, tu goûtas finalement à l'amertume de cette expérience... Tu goûtas à la souffrance d'autrui, dont tu étais l'origine. Oui, tes paroles avaient fait du mal à ton interlocuteur... À Kenny Holland... Et tu ne pus t'empêcher de sursauter à la vue de ses premiers signes de douleur. Plus encore que lui avoir rappelé des évènements probablement traumatisant, c'était comme si tes simples mots avaient projeté ton interlocuteur dans ses cauchemars. Tu observais horrifier, ne sachant que faire, le tourment atroce du garçon, grimaçant à chacun de ses sursauts de terreur... Si Kenny Holland voyageait en cet instant dans les limbes, tu l'avait rapidement rejoint, faisant désormais face à un cauchemar insupportable... Tu n'avais jamais pu imaginer faire autant de mal par de simples mots ! Tu n'avais souhaité que des réponses ! Des réponses difficiles à obtenir, certes, mais ô grand jamais tu n'aurais désiré mettre ton interlocuteur dans cet état pour écouter sa précieuse parole...

Pire encore que faire face à l'agonie d'une personne, tu faisais en cet instant face à la souffrance de tes soeurs... À la souffrance de Georgie... Tu étais témoin direct du traumatisme que causait la créature omniprésente avec laquelle tu te battais chaque jour. Dans les yeux horrifiés de Kenny Holland, tu pouvais y lire la mort et le tourment de toutes ces personnes en qui tu tenais. Toutes ces personnes que tu avais cherchées vainement, que tu avais tenté de sortir de l'enfer par tes bonnes actions...

Lorsque le garçon terrifié se remit finalement des émotions immondes que tu lui avais transmises, son regard haineux te transperça... Ta mâchoire était tremblotante, et tu gardais difficilement les larmes que tes paupières peinaient à dissimuler... Tu avais été simplement pétrifié par le spectacle écoeurant que tu avais mis en place par ta stupidité, et Kenny se chargea de t'offrir un clou digne de cette scène ! Ses mots t'avaient comme arraché le coeur. Comme transpercé la poitrine, laissant une vague nauséeuse dans ton estomac... Tu n'avais qu'une envie : fuir... Courir le plus vite possible de ce théâtre macabre et ne plus jamais voir ces images... Pourtant, tu étais resté là.

Tu regardas une nouvelle fois Kenny Holland dans les yeux. Ne sachant pas même prononcer un pardon... Les excuses étaient bien trop stupides et veines pour cette situation. Ta gorge était nouée et les mots étaient difficiles. Tu réussis pourtant à en lâcher, et non des plus pertinents...

« Non, non je n'dégagerai pas... »

Tes mots étaient durs, presque trop adultes pour le petit corps que tu représentais... Ils cachaient sûrement là une grande peur. Non pas la peur de Kenny Holland... La peur de ce que tu avais fait. Ce que tes simples mots avaient engendré.

« Frappe-moi plutôt, mais je n'partirai pas comme ça ! »

Oh non, il était hors de question de laisser place à tes pensées couardes. À ce petit ange te suppliant de déguerpir et d'oublier ce qui venait de se produire... Tu t'en voulais énormément, tu en voulais à cette ville, et ton esprit s'accommoda comme naturellement à recevoir les coups que tu recevrais de toute manière... D'une façon, ou d'une autre.

« Fra-peuh, moi ! J'oublierai tout ce que j'ai vu. »

Tu t'étais approché rapidement de ton interlocuteur, levant le visage afin de la regarder droit dans les yeux. Tu serras tes dents comme tes poings et retins tes larmes.

« C'est à cause de moi tout ça, alors défoule-toi... Y'a personne. »

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MessageSujet: Re: We're Goners [Ft. Kenny]   Dim 29 Juil - 23:18

We're goners
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Royce & Kenny ;

« Non, non je n'dégagerai pas... »

Mais putain, il était con ou quoi ? Il se croyait discret, le môme, dans les tremblements qui l'agitaient, dans les brisures de sa voix ? Il ne l'était pas, putain ! Quitte à considérer Kenny comme un monstre, il aurait au moins pu se barrer !

Une agitation grandissante s'emparait à nouveau des membres du jeune homme. Il se sentait semblable à un lion en cage, désespéré de s'évader, tournant en rond avec une boule au ventre et les nerfs en pelote. Il avait besoin de partir. Ce putain de lycée était un lieu trop chargé de désespoir et de colère, trop horrible. Ce bahut était une torture dans laquelle il refusait de se complaire. Il avait déjà assez mal comme ça, bordel. Sa poitrine lui faisait mal, physiquement, ses mains souffraient à force d'être serrées, il n'en pouvait déjà plus et l'échange n'avait pas duré plus de quelques minutes.

« Frappe-moi plutôt, mais je n'partirai pas comme ça ! »

Putain, c'était affligeant. Kenny lança un regard meurtrier au gamin. Qu'est-ce qu'il cherchait, au juste ? À se faire matraquer pour pouvoir jouer la victime ? À le faire passer pour une sous-merde, définitivement, auprès de tout le monde ? Il venait trop tard pour ça. Son rôle de roi du lycée était révolu depuis longtemps et, dénudé de son titre, affublé d'un traumatisme débile qui le faisait paniquer pour de la merde, il n'était plus rien d'autre que cela. La seule chose qui le gardait populaire était le souvenir d'un temps révolu où il avait été une autre personne.

La suite se déroula presque trop vite pour qu'il comprenne où il voulait en venir. Le gamin Standall s'approcha de lui, le suppliant presque de le frapper, encore et encore, à deux reprises. Ça faisait quatre fois, putain. Quatre fois qu'il le regardait comme un monstre venu le massacrer pour son bon plaisir. Kenny fut si surpris des soudaines exclamations du gosse qu'il ne sut pas lire entre les lignes de ses mots. C'était quoi son délire ? C'était quoi, son but ? Pour qui le prenait-il ?

Un rire le prit. Éclat presque hystérique de son cœur broyé, il le renvoya à des pensées d'une ironie suppliciée. Ainsi donc tel était l'héritage du roi du lycée. La peur. Rien de plus. À quoi bon ? C'était tout ce qu'il valait. Qu'espérait-il obtenir d'autre, en rackettant les élèves ? C'était ce qu'il était. C'était ce qu'il avait toujours été. Rien de plus, rien de moins.

Autant assumer, alors, pas vrai ?

Saisissant d'un coup le gamin par le col, il le plaqua violemment contre le mur adjacent. Tout son poids fut employé pour le maintenir ainsi, les orteils flottant au dessus du sol. Son regard se planta alors dans celui de son interlocuteur. Il était terrifié, le môme. Il ne savait même pas ce que ça faisait, d'être frappé.

Quelques secondes comme ça, et il le laissait tomber à terre, ses yeux dégoulinant d'un mépris blessé.

« Je sais même pas ce que tu cherches, Standall... », déclara-t-il d'un ton fatigué.

Il était las de cette journée. Il voulait juste rentrer. Il avait envie de se barrer, besoin de quitter sa prison. Pourquoi venait-il le faire chier, juste pour être frappé ?

« Si ton délire est de jouer la victime, va voir Stan, tu lui feras de l'argent de poche et il te cognera avec grand plaisir. »

Sur ces mots, il commença à s'éloigner, décidé. De l'air. Il lui fallait de l'air.


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MessageSujet: Re: We're Goners [Ft. Kenny]   Lun 30 Juil - 1:02


We're Goners
Kenny Holland

Tu ne comprenais rien... Tout ce que tu avais toujours entrepris était dans l'optique de faire plaisir. De propager la bonne humeur et le bien. Toutes tes actions n'avaient pour unique but que la satisfaction d'avoir été bon. C'est ainsi que tu vivais depuis la disparition de tes soeurs... Plus encore que la peur de te faire attraper toi aussi par l'enfer, une certaine lueur d'espoir avait vu le jour en toi, quant à leur possible retour. Georgie était revenu, lui... Pourquoi pas elle ? Tu espérais réellement que tes bonnes actions puissent leurs êtres favorables, là où elles étaient... Aujourd'hui seulement, tu semblais tout foutre en l'air ! Évidemment, c'était certainement la première fois que tu engageais un sujet si difficile avec un inconnu... Généralement, tu étais plutôt doué pour consoler les petits chagrins d'amours, les amitiés perdues... Seulement il s'agissait là de bien plus profond, et tu ne savais aucunement gérer ce genre de traumatisme. Tu avais déjà du mal avec ton meilleur ami, qu'en était-il avec un inconnu ?

Eh bien c'était assez facile à observer : tu étais aussi maladroit qu'une huitre... Tu avais tout raté du début à la fin. Il fallait dire que cet échec si conséquent te poignardait fortement dans ton ego. Mais pire encore qu'attaquer ta petite fierté d'assistant social, tu ratais là ta plus grande chance d'obtenir des réponses à tes questions ! Kenny te détestait désormais, chose que tu n'avais jusqu'alors que peu expérimentée -ou du moins, pas d'aussi près- et gagner sa confiance semblait impossible... Oh, tu reçus bien les coups que tu avais si fièrement demandés ! Pour cela, il n'y avait pas de soucis ! Ton crâne était venu frapper violemment le mur le plus proche... Kenny Holland t'avait complètement plaqué contre la pierre, te surrelevant de toute sa force. Tu n'avais pas eu le temps de crier, et c'était une bonne chose : tu n'en avais pas envie... Seulement cette prise par surprise si violente t'avait laissé complètement abasourdi. Peut-être n'étais-tu pas si prêt que tu semblais le laisser croire par ta fausse confiance en toi...

Finalement, ton lynchage si attendu se termina par terre. Kenny te lâcha nonchalamment sur le sol, laissant ton cul s'écraser lourdement contre le bitume. Tes yeux s'étaient instinctivement fermés : tu attendais le coup final, la mâchoire encore crispée... Pourtant, rien ne vint. Tu restas à terre, le visage légèrement griffé par la pierre, mais rien de plus...

« Je sais même pas ce que tu cherches, Standall... » lâcha-t-il, vraisemblablement las de la situation.

En effet, ton plan si intelligent n'avait pas eu l'effet escompté. T'attendais-tu à recevoir une certaine reconnaissance de la part de ton interlocuteur ? Reconnaissance qui mériterait les réponses que tu attendais si désespérément... T'attendais-tu à relaxer Kenny Holland en te laissant frapper sans rien dire ? T'attendais-tu à lui faire comprendre que tu étais prêt à tout afin d'avoir accès à sa précieuse parole ? Oui, tout à fait... Tu t'attendais à tout cela. Seulement rien n'avait marché, et tu étais littéralement sur le cul. Tu ne tentas même pas de répliquer, bien trop concentré à respirer calmement afin de ne pas laisser tes larmes couler...

« Si ton délire est de jouer la victime, va voir Stan, tu lui feras de l'argent de poche et il te cognera avec grand plaisir. »

Bravo à toi... Tu n'avais rien compris au personnage qu'était Kenny Holland, et tu l'avais encore plus froissé. Oui, tu te rappèlerais très certainement de ce jour comme étant ton pire échec... Toute ta maladresse, tes mots, tes gestes allaient désormais te faire passer à côté de l'opportunité que tu avais su attraper.

Ton interlocuteur te quitta finalement. Depuis le début de cette conversation, cela avait été son souhait. Il aurait été étonnant qu'il ne profite pas de ce moment pour s'éloigner et te laisser en plan... Dans ton état, encore légèrement déboussolé par ton choc au crâne, tu n'avais pas vraiment fait attention à sa fuite. Tu t'étais jusqu'alors contenter de chasser les étoiles qui traversaient tes yeux, secouant ta petite tête énergiquement... Seulement, c'est lorsque tu repéras l'importante distance qui te séparait désormais de ta lueur d'espoir que tu te décidas à agir. Tu t'étais levé d'un bon, maladroit et rapide... Il n'était pas question de laisser cette occasion s'échapper. Oh, tu n'en avais rien à faire après tout de te faire détester. Si Kenny pouvait simplement de gueuler dessus, te crier qu'il avait vu l'enfer, t'expliquer que tout le monde était mort là-bas... Rien que cela... Peut-être pourrais-tu enfin faire ton deuil ? Seulement, tu étais trop optimiste. Tu ne pouvais simplement pas croire en la mort de tes soeurs !

Tu essuyas une goutte de sang qui perlait déjà le long de ton front avant d'accourir vers Kenny. Tu avais mis toute ton énergie dans cette course, pourtant cela n'avait pas suffi. Tu étais indubitablement faible, et ton corps ne pouvait le nier. Tes jambes t'avaient soudainement lâché -ou peut-être était-ce ton crâne ?-. La tête la première, ton corps s'écrasa une fois de plus sur le béton... Tu pestas, évidemment. Juras même ! Seulement, ce n'était pas important. L'adrénaline que Kenny avait éveillée en toi était largement suffisante afin d'encaisser cette violente caresse... Tu t'étais relevé en un instant, prêt à te relancer dans cette course effrénée vers ton interlocuteur d'or...

« Non, Kenny, attend ! » lui lanças-tu difficilement.

Tes paroles saccadées étaient marquées par ton souffle court... Oui, tu lui montrais encore là explicitement tes faiblesses, mais peu importait. Tu n'étais plus à ça près, vraisemblablement... Tu avais déjà essuyé ta plus déchirante défaite. Tu avais fait souffrir affreusement une personne -et ce pour la première fois de ta vie-. Rien ne pouvait arriver de pire...

« Écoute, je te connais pas... Je ne connais pas non plus le prix de la parole d'un traumatisme aussi important. Elle a sûrement aucun prix... » Tu étais essoufflé. Autant par la course que tu avais entreprise afin de doubler ton interlocuteur que par la raclée qu'il t'avait collé... Désormais, tu étais une fois de plus face à lui. La différence de taille était d'autant plus notable maintenant que ta fierté et ta confiance t'avaient quitté...

« J'ai cru bon de donner à la fameuse "brute du lycée" une façon de se défouler, mais oui, comme tu dis... J'suis une ptite merde. Je ne connais rien de toi, rien de ce qui t'est arrivé, et tu n'as aucune raison de me faire confiance... » Tu pris une grande respiration. Il fallait dire que ta parole était rapide... Tu étais bien plus stressé encore qu'il y a quelques minutes. Ton coeur frappait ta poitrine à t'en rompre la cage thoracique, et tes oreilles sifflaient dangereusement.

« Mais je t'en prie. Je sais plus quoi faire ! Je sais pas c'que sont devenus mes petites soeurs, je sais même pas réellement où elles sont. Imagine toi... Je sais pas si tu as des frères ou soeurs, mais comprends moi... Qu'est-ce que tu ferais si tes meilleurs amis disparaissaient du jour au lendemain ? Que tu n'avais pas une seule tombe sur laquelle poser des fleurs, pas une seule idée concrète de ce qu'ils avaient traversé . »

Cette fois tu avais craqué... Une scène réellement vomitive... Oh, tu étais habitué à voir les autres pleurer, mais alors toi ? Tu étais dégoûté. Tu avais honte, et ton corps s'était comme instinctivement retourné, dos à ton interlocuteur afin de ne rien lui montrer du spectacle minable que tes yeux offraient...
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MessageSujet: Re: We're Goners [Ft. Kenny]   Mer 8 Aoû - 0:18

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Le souvenir commence avec la cicatrice.

Royce & Kenny ;


Le portail du lycée, oasis au cœur du désert, miracle inespéré de l'errant. Kenny ne jurait que par lui et ses pas s'accélérèrent à mesure qu'il s'en approchait. En son cœur battait une urgence folle, animée par les craintes qui hantaient encore son esprit, nées des propos d'un simple enfant inconscient de ce dont il parlait. Conneries. La vie était vraiment une salope. Empli de rage, le jeune homme se pressa encore afin d'atteindre la sortie. C'était débile, il le savait, mais le simple fait de ne plus être dans le lycée lui ferait du bien, il le savait. Soulagement. Apaisement. Il en crevait. Avec un peu de chance, il avait suffisamment effrayé Standall pour que celui-ci n'insiste pas des heures. Avec un peu de chance, il pourrait rentrer tranquillement, en marchant, et aller squatter chez sa mère pour la nuit. Elle le laisserait sécher les cours. Elle le laisserait tout faire, de toute manière, pourvu qu'elle obtienne sa came. Un éclat d'amertume pinça son cœur tandis qu'on l'interpellait.

« Non, Kenny, attend ! »

Putain.
Courroucé, Kenny se retourna pour mieux fusiller du regard l'importun. N'avait-il donc pas compris, qu'il ne voulait rien avoir à faire avec lui ?! C'était quoi, ce harcèlement ?! Une rage folle bouillonnait soudain en sa poitrine, gonflant ses veines d'une rage qu'il ne faisait pas bon d'attiser. Ses poings se fermèrent sur eux-mêmes. Il remarqua tout juste le sang qui dévalait la tempe de Royce, et cela ne le calma pas le moins du monde. Au contraire, il se sentit plus en colère encore. Était-ce là tout ce qu'il fallait pour venir à bout du rejeton Standall ? Pathétique. Les gosses de riches et leurs caprices. C'était tout ce que c'était ?

Kenny s'apprêtait à répondre avec toute la violence qui faisait vibrer son cœur lorsque son interlocuteur le coupa. Tremblant, ému, celui-ci parlait avec trop de force pour qu'il le coupe. Une part de lui n'en avait pas le cœur.

« Écoute, je te connais pas... Je ne connais pas non plus le prix de la parole d'un traumatisme aussi important. Elle a sûrement aucun prix... »

Déballage d'émotions. Mise à nu. Le jeune homme regarda son interlocuteur se départir de sa confiance prétendue, de sa force déguisée pour se montrer tel qu'il était réellement, sans apparat ni mensonge. Ce jeu là, soudain, lui sembla moins faux. Moins douloureux. Et lorsqu'enfin il comprit les raisons – sincères – des questions de Royce, un long soupir lui échappa. Il passa une main lasse sur son visage, son cœur broyé de stress à la seule idée d'évoquer ce sujet en ces lieux. Impossible. La question du gosse le taraudait pourtant. À sa place, si Andrew avait disparu...

Il aurait fait n'importe quoi. Tout. Y compris se planter face à un type de deux fois sa taille pour l'interroger sur les circonstances de son traumatisme.

Le feu de la colère s'était éteint, laissant place à un mélange de compassion et de culpabilité. Un soupir lui échappa, et il croisa fermement les bras autour de son corps pour masquer la tension qui l'animait. Inspirer. Expirer. C'est au travers d'une mâchoire serrée à se la briser qu'il glissa :

« Pas ici. »

Il ne pouvait plus le voir en peinture, ce lycée. Il voulait juste se barrer. Prendre le temps de se mettre ailleurs, n'importe où, juste pour ne pas réveiller ses fantômes lorsqu'il en parlerait. Royce avait tapé au bon endroit dans son argumentaire. Kenny ne pouvait nier son exemple. Kenny ne pouvait aller contre son bon sens. Et même s'il n'avait aucun moyen réel de l'aider, il allait au moins essayer. Le gamin avait été bien puni de son arrogance déjà.

Finalement, il passa par le portail, sans lancer un regard en arrière. Pas pressé, gorge serrée. En une seconde, il était parti. Son corps entier avait comme fui le lieu de ses pires souvenirs, de ces cauchemars, de ses craintes. C'était un instinct contre lequel il ne pouvait ni ne voulait lutter. Le bahut était derrière lui. Enfin. Un souffle tendu lui échappa, puis il se dirigea vers un banc, où il se laissa choir avant de relever un regard intense vers Standall.

Silence. Il ouvrit la bouche une première fois, puis la referma. Les mots étaient comme coincés dans sa gorge. Bloqués. Physiquement. La réalisation le rendit plus nerveux encore. Ses mains s'agitèrent.

Une inspiration nouvelle. Kenny ferma les yeux en se frottant l'arrière du crâne. Se forcer. Parler. Être sincère, parce que c'est ce qu'il aurait voulu aussi.

« Je... Je ne me souviens de rien. Je ne sais pas ce qu'il s'est passé. Je sais juste... »

Les coups. Les rires. Douleur.

« Je sais juste que j'ai halluciné une fois. À part ça, rien. Je sais que je fuyais quelqu'un ou quelqu- »

Ou quelque chose. C'était là les mots qui avaient failli lui échapper et qu'il avait tout juste retenu au bord de ses lèvres. N'importe quoi. Il était en train de devenir dingue. Le stress, l'angoisse avaient fait leur travail et il ne parvenait plus à écouter la voix de la raison. Cela laissait bien trop de place à celle, plus vicieuse, qui lui soufflait chaque jour qu'il se mentait à lui-même. Que les rêves dont il se réveillait en hurlant avaient plus de réalité qu'il craignait de le croire.

Le silence, à nouveau, s'installa. Kenny laissa son regard s'évader vers un arbre. La source des mots s'était tarie d'un coup.

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MessageSujet: Re: We're Goners [Ft. Kenny]   Mar 28 Aoû - 3:59


We're Goners
Kenny Holland

« Pas ici. »

La phrase était froide, presque lasse. Évidemment, cela faisait maintenant dix minutes que tu soulais ce pauvre Kenny avec tes questions à la con. Et pourtant, ces simples mots venaient d'ensoleiller ton visage. Dos à ton interlocuteur, tu tâchas rapidement de sécher tes larmes. Il n'était pas question de montrer ça ! Quelle honte incommensurable éprouvais-tu déjà pour avoir versé ces quelques pleurs... Nul besoin de les faire durer plus longtemps. Kenny était prêt à parler. Prêt à raconter, ne serait-ce qu'une partie minime de l'histoire qu'il avait vécue. Que Georgie et tes soeurs avaient vécu... Tu n'avais pas vraiment su quel élément de ton discours avait finalement fait flancher le mur de pierre qu'était Kenny Holland. Avais-tu touché un bon point en associant ton histoire à ses potentiels amis ? Peut-être s'agissait-il de cela... Tu avais toujours été bon avec les mots. C'était là l'un de tes dons... Il s'agissait cependant de la première fois que tu l'utilisais de la sorte. Supplier un individu de te divulguer des informations personnelles pour ta propre personne n'était définitivement pas quelque chose que tu faisais généralement... Bien au contraire, il était au-delà de tes capacités d'importuner un interlocuteur à ce point. Oui, tu avais dépassé grandement tes limites avec Kenny Holland...

Ainsi t'étais-tu calmement retourné vers ton interlocuteur, lui offrant un regard plus que reconnaissant. Tu savais pertinemment qu'il ne serait pas aisé pour quiconque ayant traversé une telle épreuve de la raconter à un inconnu. C'était là une véritable chance que tu avais su attraper -avec quelques mauvaises expériences toutefois...-. Ainsi suivis-tu docilement le précieux Kenny Holland. Vraisemblablement, le jeune homme n'avait aucune envie de rester dans l'enceinte du lycée afin de te dévoiler ses cauchemars... C'était quelque chose que tu tâchais de comprendre, toi l'élève sérieux et épris de connaissance. Tu aimais beaucoup le lycée, mais cette passion scolaire était loin d'être partagée de tous... Ce fut donc sur un banc, en retraite de l'établissement que ton interlocuteur se décida finalement à se poser. Dans ton cas, le stresse était encore bien trop élevé pour te permettre de t'asseoir. Tes tympans sifflaient encore... Ton sang frappait sans répit tes tempes et ton souffle était court. Tu te permis de relâcher un temps soi peu la pression par un faible soupir, et ce lorsque ton interlocuteur se décida enfin à parler.

« Je... Je ne me souviens de rien. Je ne sais pas ce qu'il s'est passé. Je sais juste... Je sais juste que j'ai halluciné une fois. À part ça, rien. Je sais que je fuyais quelqu'un ou quelqu- »

Son cas te semblait bien trop familier... Oh, bien que ces quelques mots fussent assez pauvres, ils avaient suffi à mouiller une fois de plus tes yeux. Ce discours, tu l'avais déjà entendu... Cette expérience... Georgie l'avait vécu... Les seules paroles qu'il avait pu t'offrir à ce sujet concernaient sa course folle afin d'échapper à son père. Ton ami ne se rappelait de rien, lui non plus. Qu'en était-il de tes petites soeurs ? Vraiment, peu importait leur potentielle absence de mémoire. Tu espérais seulement pouvoir les revoir vivantes...

« Georges... Georges McGalaan, mon meilleur ami... Lui aussi est revenu après deux ans de disparition sans se rappeler de rien... Je sais pas si c'est très judicieux de te dire ça, mais lui aussi fuyait quelqu'un, avant de perdre la mémoire. C'est ce qu'il m'a dit en tout cas... »

Tu soupiras une énième fois, tâchant de garder ton sang-froid face à l'impressionnant personnage qu'était Kenny Holland pour toi. Il n'était pas question de lâcher une nouvelle fois des paroles aussi maladroites que tu t'étais permis quelques minutes plus tôt.

« Tu as déjà tenté de parler à quelqu'un qui a vécu la même chose que toi ? Je sais pas, ce serait peut-être utile... » continuas-tu, baissant les yeux afin de ne pas imposer une proposition à ton interlocuteur...
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MessageSujet: Re: We're Goners [Ft. Kenny]   Lun 10 Sep - 11:02

Georges aussi.

Les mots pénétraient son crâne et, avec eux, la vérité qu'ils portaient et que la police refusait obstinément d'accepter, que les médecins persistaient à considérer comme une chimère due au seul traumatisme. Pourtant ils étaient désormais quatre. Quatre revenants pour une même histoire. Eux, et tous les témoins de Lost Pine.

La seule pensée lui arracha un frisson et il baissa rapidement les yeux, désireux de s'ancrer dans une réalité plus rationnelle. Depuis les évènements de ce soir là, tout s'était aggravé. Tension, peur, paranoïa, cauchemars... Kenny ne se sentait plus en sécurité nulle part et l'Angoisse ne le quittait plus jamais. Elle était toujours là, tapie dans l'ombre de chaque chose, prête à ouvrir sa boîte de Pandore pour la déchaîner sur lui. La vérité l'avait rattrapé de la plus cruelle des manières.

Relevant vers son interlocuteur un regard sombre, il se contenta de hausser les épaules.

"J'parle déjà à Bishop. On a tous la même version. Juste pas la même... Pas la même hallucination."

Les mots s'écorchaient contre sa langue, brûlaient ses cordes vocales. Il ne parvenait pas à en parler sans trembler. Pathétique. Ses yeux se dirigèrent instinctivement vers la silhouette grossière du lycée, dont les formes cubiques ne parvenaient plus à lui inspirer que de la crainte. Nouveau frisson. Le jeune homme se redressa d'un coup, oubliant ses béquilles dans son désir d'évacuer toute la tension qui pulsait dans ses veines. C'était insupportable. Sa cage thoracique ne parvenait pas à se détendre. Et s'il avait pleine conscience que la teneur de son hallucination venait d'être révélée par son attitude, il ne parvenait pas à s'en soucier.

Après quelques secondes d'agitation, toutefois, son corps le rappela à l'ordre. Ses blessures physiques non plus n'avaient pas encore guéri et il était hors de question de les ignorer. Elles ne lui laissèrent d'ailleurs d'autre choix que celui de s'asseoir à nouveau, un profond soupir aux lèvres.

Changement de méthode.

Kenny fouilla le sac qu'il avait pris soin d'emmener en cours et en sortit son paquet de Marlboro. La couleur rouge, flamboyante de l'emballage suffit à elle seule à l'apaiser un peu. Les avantages de l'addiction, supposait-il. D'un geste un peu trop rapide, il coiffa ses lèvres d'une cigarette et laissa sa fumée danser dans l'air tiède de la soirée. L'amertume du tabac se répandit dans sa gorge, dans ses poumons, caresse familière d'une habitude bien ancrée, calmant ses nerfs à vif par la douceur de la nicotine. Il soupira.

Finalement, après quelques minutes passées à savourer le silence et sa clope, le jeune homme releva les yeux pour mieux les planter dans ceux de son interlocuteur. Il restait une chose à dire au final. Une chose qu'il n'avait pas le droit de taire.

"Autre chose."

Un sourire amer couronna sa bouche. Satisfaction de l'interdit, soulagement de l'exutoire. Dire la vérité qui étouffe, formuler les cauchemars devenus réalité. Se laisser le prononcer, oser enfin se dire qu'on est peut-être pas fou.

"Les loups de Lost Pine. C'était pas des loups."

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MessageSujet: Re: We're Goners [Ft. Kenny]   Mar 9 Oct - 18:41


We're Goners
Kenny Holland

Monsieur Bishop lui aussi avait du vivre ce genre de cauchemar. Il était vrai que tu n'avais jamais pris son cas en considération... Peut-être aurais-tu pu te tourner vers lui avant de t'attaquer directement au difficile personnage qu'était Kenny Holland. Tes maladresses auraient sûrement été bien moins conséquentes en la présence de cet homme à première vue plus stable que ton actuel interlocuteur... Pourtant, tu étais fier d'avoir fait face à la bête d'Aster High. "La tortue d'Aster High", si un esprit taquin souhaitait lui offrir un surnom... Le bouclier que portait constamment Kenny Holland semblait en effet dur à percer. Toi-même n'en aurait certainement jamais la totale capacité, ni même le courage. Pourtant, c'est avec des griffes, des larmes et de la volonté que tu enclenchas les rouages d'un dialogue sommaire avec lui... Une première certainement, pour un élève de 10th grade... Ce genre d'enfant finissait généralement face contre-terre -comme tu avais d'ailleurs pu expérimenter-. Du moins, c'était là l'image du roi déchu d'Aster High.

Tu évitais de regarder ton interlocuteur dans les yeux. Fuyant son regard en te mordant quelques fois les lèvres, tu souhaitais paraître le moins intimidant possible... Le plus petit... Ainsi affalé sur son banc, Kenny se devait de lever le regard afin de te regarder, chose que le jeune homme n'avait que rarement l'occasion d'expérimenter. Tu n'irais certainement pas jusqu'à t'asseoir par terre afin de ne pas froisser ton interlocuteur, seulement un certain respect probablement trop poussé cultivé par ta peur- te guidait dans tes façons de faire avec lui. Tu observas avec approbation la cigarette que Kenny porta à sa bouche, cachant rapidement ton envie de grimacer. Il était question de laisser au maître de la conversation le temps de reprendre son calme... Si l'épave du roi d'Aster High que tu avais en face de toi dégênait s'adresser à toi, tu lui laisserais sans rechigner le loisir d'allumer son rouleau de cancer.

C'est après quelques bouffées que Kenny reprit la parole. Ses yeux vinrent percer ton regard, animé par une certaine excitation que tu n'avais tout d'abord pas comprise. Les mots qu'ils avaient prononcés t'avaient laissé tout aussi dubitatif... Pourquoi te parler des loups de Lost Pine ? Maintenant... Ton cerveau devait probablement avoir enclenché une procédure assez lente depuis la raclée que tu t'étais pris quelques minutes plus tôt. Il était vrai que cette histoire avait fait parler d'elle dans les journaux... Toi-même en avait eu un maigre aperçu en faisant face à un Georgie en panique, le soir de l'attaque. Il était vrai que ton ami t'avait fait part de son expérience comme un véritable traumatisme. Il y avait de quoi, certainement ! Le terme de "monstre" s'était même échappé de sa bouche... Tu n'aurais cependant jamais pensé pouvoir rattacher cet évènement avec les enlèvements... Du moins, c'est ce que Kenny insinuait en te faisant part de cette information sortie à première vue de nulle part.

« Tu.. Tu étais là-bas ? » lâchas-tu légèrement gêné, espérant ne pas dévier de votre conversation initiale...
« On m'a parlé de monstres... ça devait vraiment pas être une partie de plaisir. » Tu quittes le regard de ton interlocteur afin de te perdre aux alentours. Le stress d'empêchait de réellement te concentrer sur Kenny, et tes douleurs au crâne n'arrangeaient pas les choses.
« De... De toute façon... J'ai jamais entendu dire qu'il y avait des loups à Aster Cove... Alors... C.. C'était quoi ? Et ça venait d'où ? »
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MessageSujet: Re: We're Goners [Ft. Kenny]   Jeu 11 Oct - 11:26

Comment annonce-t-on à quelqu'un qu'il ne reverra sans doute jamais ses sœurs ? Comment imposer à quelqu'un la douleur indicible de la perte alors qu'on n'en est même pas sûr ? Comment enfin lui dire que ses recherches sont sans doute vouées à une fin tragique, que l'ignorance est parfois un paradis sous-estimé ?

Comment dire à Standall que les personnes pour lesquelles il avait été prêt à sacrifier jusqu'à son intégrité physique étaient sans doute mortes ?

Kenny regarda le sang qui coagulait lentement sur la tempe du garçon. Aucune empathie ne trouva sa place en son cœur, aucun culpabilité ne s'imposa à son esprit. Royce avait fait ses choix. Cette violence, il l'avait demandée. Réclamée, même. Au final, il n'avait fait que s'exécuter, et de manière bien douce encore. Non, ce qu'il redoutait, c'était le coup qu'il s'apprêtait à asséner. La bombe qu'il risquait de faire exploser au visage de ce gosse à qui la vie avait trop souri. Il n'était pas prêt. À peine un coup et il le craignait déjà de toute son âme, le regardant comme on observe un lion en cage, pas tout à fait certain d'être sain et sauf. On n'avait jamais préparé le rejeton Standall pour la violence de la vérité. On ne lui avait jamais révélé l'horreur sous-jacente dans ce monde de merde. Ce qu'il voulait lui révéler risquait de le briser. Et Kenny était bien des choses, ne prétendait certainement pas être quelqu'un de bien, mais détruire une personne ne faisait en aucun cas partie de ses hobbies.

Un soupir enfumé lui échappa et il tira de nouveau sur sa cigarette, comme espérant trouver des réponses dans l'amertume du tabac. Son regard se perdit sur les branches de l'arbre sous lequel ils s'étaient arrêtés.

"Tu crois qu'ils viennent d'où, mes bandages ?", demanda-t-il sèchement.

S'énerver parce que c'est plus simple. Respirer. Fumer. S'interroger. Kenny ne savait pas comment en venir là où il le souhaitait, comment adoucir la violence de ce qu'il avait à lui dire, et il se trouvait soudain à regretter de s'être jamais avancé dans un sujet aussi épineux. Aider, ça n'avait jamais été son domaine. Il n'était pas doué pour ça. L'idée que ce gamin se soit tourné vers lui dans cette optique avait quelque chose de risible. C'était ridicule. On n'obtenait pas de soutien de Kenny Holland. On obtenait des poings, des coups, des rires parfois, on obtenait de la violence et de la rage. Il n'était que ça. Rien de plus. Peut-être était-ce pour cela qu'il était venu, avec le recul. Peut-être Standall avait-il besoin de quelqu'un qui ose dire le moche, qui le conçoive et qui n'ait pas la gentillesse de le lui camoufler.

Il lui envoya un long regard inquisiteur, cherchant dans sa posture craintive les signes d'une quelconque résistance, une puissance véritable. Royce avait du cran, mais on n'en avait jamais assez pour accepter la mort d'un proche. C'était de ces événements qui brisent, qui broient, qui abiment l'âme à jamais et qui changent même les meilleurs. Il avait vu ce que ça avait donné sur sa mère, il avait vu l'impact que ça avait eu sur Andrew. Se résoudre à livrer un tel coup lui semblait soudain impossible, et les réponses aux interrogations du gosses se coincèrent dans sa gorge. Son regard, lui, demeura obstinément planté dans celui de son interlocuteur.

Où est-ce qu'il allait en venir, bon sang ? Pourquoi promettre un dialogue si c'était pour le contourner ? Kenny n'aimait pas se sentir lâche, et le combat intérieur qu'il livrait s'imposa en une grimace sur son visage encore blême. Les images de Lost Pine se mêlaient, cauchemardesques, à celles de ses souvenirs. La fuite. La course , infernale. Pas assez rapide. Sandra désirant se sacrifier pour George. La mâchoire vorace, féroce, impitoyable se refermant sur sa jambe. Les dizaines de dents déchirant la chaire. Douleur.

Un frisson le parcourut et, finalement, il laissa les mots s'échapper. Tant pis pour les conséquences, tant pis pour le reste. Royce voulait des réponses. Royce ne voulait pas être ménagé. Il allait obtenir ce qu'il cherchait.

"Des monstres. Des créatures. Assez puissantes, je suppose, pour couper quelqu'un en deux."

La référence à Amélia Pike lui laissa un goût sanguinolent sur la langue. Il tira une nouvelle fois sur sa cigarette.

"J'sais pas c'qu'il s'est passé pendant les deux ans et quelques où j'étais plus là. J'sais pas où j'étais non plus. Ce que je sais, c'est que la blessure infectée que j'avais à la jambe..."

La gueule en forme de fleur se refermant sur sa cuisse comme une plante carnivore dévore une mouche. La sensation que des couteaux arrachent sa chaire. Douleur. Une main tremblante se saisissant d'un bien maigre tournevis. Peur. Profiter de l'inattention du prédateur. L'arme de fortune s'abattant sur le crâne de la Bête.

"C'était eux. L'un d'entre eux."

Quelques secondes de silence vinrent épouser sa révélation. Il ne se sentait pas soulagé. Au contraire. Son regard se fit presque désolé tandis que sa bouche s'ouvrait une dernière fois.

"J'sais pas où sont tes sœurs Standall, et je sais pas c'qui a pu leur arriver ou non. Mais si elles étaient au même endroit que moi..."

Les mots refusaient de se former comme il le souhaitait, et il finit par les laisser sortir tels quels.

"N'aie pas trop d'espoir."

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