Dans la petite ville d'Aster Cove, des choses étranges se passent...

 
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 L'espoir est une denrée trop rare. Tôt ou tard, celui-ci disparaît. Alors ne reste que le noir. [LIBRE] [TW : Violence]

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MessageSujet: L'espoir est une denrée trop rare. Tôt ou tard, celui-ci disparaît. Alors ne reste que le noir. [LIBRE] [TW : Violence]   Mer 4 Juil - 23:30

I need a hero to save me nowNoir. Tout est noir. Où que se porte son regard, il n'y a rien d'autre qu'un vaste océan de ténèbres. Est-ce que c'est ça, la mort ? Est-ce que c'est une obscurité infinie, éternelle ? Elle n'a même plus mal. Tout autour d'elle est noir. Tout autour d'elle n'est que la cristallisation de toutes ses pensées, de toutes ses peurs, de toute la haine qu'elle porte envers un homme. Un seul. Son père. Ce simple titre lui arrache un frisson qu'elle connaît trop bien, qu'elle connaît par cœur. C'est de l'horreur qui la traverse. Et comme si sa mort ne pouvait être que le prolongement de ce cauchemar, l'obscurité s'éclaire de quelques réminiscences.

Un mouvement, sur sa droite. Le bruit d'une porte qui s'ouvre, lentement. Des mèches de cheveux la traversent discrètement.

Jessica fronce les sourcils. Tout est vague, et pourtant, son cœur s'emballe à mesure que les images défilent.

« ...-eux savoir où tu ét-... »

La voix est floue, mince filet d'horreur au sein de ses ténèbres. Jessica sursaute, et tout son corps se raidit. Elle ne saurait dire si c'est en souvenir ou en l'instant qu'elle se terre. C'est un réflexe qu'elle a fini par développer. Ce son trop connu n'est qu'un élan de frayeur pour la jeune fille. Peut-être l'a-t-il toujours été. Mais alors qu'elle se concentre, les images s'intensifient à mesure qu'elles s'effacent.

Un poing fracasse son joli visage. Depuis la porte, Jessica sourit, les cheveux en bataille et l'air plus terrorisé qu'autre chose.

« ...-tais à la bibliothèq-... »

Un pied s'abat entre ses côtes. Elle sait pourtant bien qu'il ne la croira pas. Il ne la croit jamais.

« …-ale traînée... »

Elle fait un pas vers l'intérieur, croisant les bras dans un piètre espoir de protection. Tout son être lui hurle de courir, et pourtant, elle ne bouge pas. Elle n'est coupable de rien, après tout.

« ...À cette heur-... »

Le poing revient et prend sa mâchoire. La douleur est terrible. Jessica hoche la tête. Oui, elle rentre tout juste de la bibliothèque. C'était une nocturne. Sur son auteur préféré.

« ...-enteuse ! Tu mérites une correction digne de ce nom !
- N-non, pitié, j-je-... »


Son père est sévère, et ses sourcils se froncent. Il ne la croit pas. Jessica sent une côte se briser sans voir la jambe qui la heurte. La douleur lui fait tourner la tête. Tout autour d'elle tombent les étoiles.

« Oui, j-je... »

Le tressautement dans sa voix l'avait perdue. À partir de là, il avait tenté de prouver qu'elle mentait. Puis s'était avancé d'un pas. Elle avait reculé de deux. Alors, la main avait cueilli sa joue. Et les cloches s'étaient mises à sonner.

« -ne honte ! Je ne t'ai pas élevée comme ça !
- Pitié, papa, pit-... »


Pas de pitié pour une pétasse. C'était ce qu'il lui avait répondu.

Du fond de ses ténèbres, Jessica serre son corps entre ses bras. L'horreur du souvenir la soulève à la manière des poings de son père, la fait poupée de chiffon sous la violence de ses coups et la renvoie sur un sol auquel elle appartient.

« Une ratée. »

Le poing s'abat sur son arcade sourcilière qui abandonne déjà la lutte.

« Une merde. »

Le pied gagne son ventre alors qu'elle porte ses mains à son front.

« Une pute. »

Le coup qui suit la jette au sol. Elle sent un poignet trop fragile l'abandonner.

« Une menteuse. »

La jambe cherche son ventre, le loupe et remonte le long des côtes. L'une d'entre elles se brise. D'autres la suivront bientôt, elle le sait.

« Une honte. »

Le pied revient, plus fort, plus énervé, plus haineux peut être. Il cogne son crâne, et tout se met à tourner. Jessica se recroqueville un peu plus sur elle-même.

« Ta mère pleurerait en te voyant. »

L'assaut final. Les coups pleuvent tout comme les larmes, les suppliques s'éteignent et tandis que sa bouche s'emplit de trop de sang, tandis que la douleur dévore tout son corps, Jessica gagne les ténèbres. L'espoir meurt en même temps que la lumière. La mort vient la cueillir dans toute la profondeur de sa souffrance et elle emporte tout. La colère, la détresse, le malheur, la douleur, la tristesse, le désespoir, le cauchemar, rien. Il ne reste plus rien. Plus rien d'autre que la curieuse étreinte tant désirée, tant souhaitée, tant appelée, et finalement donnée en un ultime recours, une ultime insulte aux rêves que Jessica portait.

« C'était la dernière fois que tu me décevais. »

Avec ces derniers mots, le monde de Jessica disparaît.

Lorsqu'elle reviendra à elle, il n'y aura plus rien.


Un soupir quitte ses lèvres, broyé par l'effroi de la mémoire, l'effroi de la conscience, l'effroi du savoir. Elle a peur, craint une ombre qui n'est plus là, séparée de lui à tout jamais par le voile rassurant du décès. Il ne peut plus rien contre elle, ici. C'est sans doute mieux ainsi, et pour la première fois de sa vie, Jessica se sent en sécurité. Il n'y a plus de peur à avoir, il n'y a plus non plus de lendemain, de soir à prévoir, de bleus à dissimuler, plus rien d'autre qu'une éternité pleine d'obscurité, bienveillante, tendre caresse sur une joue jamais satisfaite.

Pour la première fois, Jessica comprend. Elle comprend le choix de sa mère, la sensation de se sentir enfin sereine après avoir trop souffert, le contact rompu avec un monde d'horreur pour un repos bien mérité, où plus rien ne fait peur. Où plus rien ne fait mal.

Cette fois, c'est un sanglot qui s'envole depuis les lèvres de Jessica. Soulagement ou regret, elle ne saurait le qualifier, et peu importe. Il est trop tard. Il a toujours été trop tard. Trop tard pour être une enfant, trop tard pour sauver sa mère, trop tard pour être aimée de son père, trop tard pour vivre, trop tard pour exister, trop tard pour pleurer. Et désormais, il est trop tard pour tout. Cette sensation a quelque chose de double, de troublant, d'intensément douloureux et de terriblement salvateur. Mais à mesure que la lumière se fait dans l'esprit de Jessica, à mesure que les sentiments reviennent et que les regrets s'annoncent tout bas, la douleur taquine son échine. C'est d'abord une sensation bien vague, qui s'intensifie brusquement lorsque la jeune femme met le doigt dessus. Alors, son inconscience vole en éclats, terrible et superbe à la fois, se teintant soudainement de trop de rouge.

L'odeur est métallique. Ça sent le sang, les compresses et les médicaments.

Les sons sont réguliers. Ça résonne distinctement, ça sonne un cœur mort de trop de malheurs, ça murmure une vie que Jessica n'est plus sûre de vouloir.

Les couleurs sont faussement chaleureuses. Sur le blanc des murs se trouvent des posters, des dessins, créant une joie illusoire que Jessica ne ressent pas.

Et puis il y a la douleur. Son esprit se vrille, se déchire, son corps veut se recroqueviller mais ne peut rien, rien faire d'autre que de laisser couler la souffrance qui vomit ses chairs. Son bras droit est plâtré. Sa jambe gauche pend en l'air. Sa cage thoracique est bandée et son front l'est également. Jessica souffre, et elle souffre doublement à mesure qu'elle réalise.

Elle n'est pas morte. Elle vit. Elle est à l'hôpital. Et quelque chose lui dit que cette fois, la pluie s'est transformée en orage.
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MessageSujet: Re: L'espoir est une denrée trop rare. Tôt ou tard, celui-ci disparaît. Alors ne reste que le noir. [LIBRE] [TW : Violence]   Sam 7 Juil - 23:02

« Alors Kenny, comment ça va ? »

Silence d'une seconde. Sourire. Le regard qui s'égare sur les murs trop blancs du petit bureau avant de rencontrer celui de la locutrice. Les mots qui tombent des lèvres. Toujours les mêmes. Toujours sur le même ton. Cela fait plusieurs mois déjà que se déroule le petit manège monocorde.

« Je pense que ça va mieux. »

Le goût du mensonge est amer contre sa langue, pourtant il le déguste sans se priver. Et si l'hypocrisie qui émane de lui le dégoûte, le lycéen la préfère aux risques à prendre pour dire la vérité. Son visage est calme, apaisé, presque trop. C'est un manège tristement aisé à reproduire ; il faut dire qu'il a un modèle à suivre. Une liste de symptômes et un parfait exemple grandeur nature. Il fait l'endormi. Il incarne un calme aussi faux que salvateur.

« Les médicaments me font du bien.
- Tu les prends bien, hein ?
- Évidemment. Mon frère me les ferait avaler de force de toute façon, vous le savez bien. »

Le sourire se mue en grimace tandis qu'il passe une main dans ses cheveux sombres. Ce à quoi il fait référence ne s'est produit qu'une fois et ne se répétera jamais plus, Kenny se l'est juré. Le simple souvenir de cette soirée-là lui tire un frisson inconfortable, et il baisse un instant les yeux, honteux. Il s'agit là d'une part de sa mémoire qu'il préférerait effacer de son esprit comme de celui des autres. Il veut changer de sujet. Il veut passer à autre chose. Inconsciemment, il gratte le plâtre qui maintient sa jambe droite avec le stylo qu'il emmène partout avec lui, voyant là un splendide moyen de diversion.

« Oui, mais tu as compris n'est-ce pas ?
- Tout à fait. »

Il répond court pour ne pas se trahir, pour ne pas montrer le trou béant qui se creuse en ses entrailles à mesure qu'il embobine le personnel médical de l'hôpital. Il en aurait besoin, de cette aide. Il le sait. Il en voudrait même, si elle ne venait sous la forme de petites boîtes orangées débordant de pilules. Si seulement on l'avait écouté au lieu de le faire taire, peut-être irait-il mieux. Peut-être aurait-il cessé de se réveiller en hurlant, peut-être aurait-il cessé de se sentir nerveux en arrivant au lycée. Peut-être n'aurait-il pas à cacher ses moments de doutes, ses moments de honte, ceux au cours desquels il va se cacher dans les toilettes pour se passer la tête sous un filet d'eau froide, ceux qui le voient courir, vite, toujours plus vite, pour se décharger comme pour espérer fuir les démons qui le hantent. Peut-être n'aurait-il pas à leur faire croire qu'il a confiance en leur version de tout, même de l'inexplicable. Mais une thérapie basée sur le mensonge ne fonctionne pas, et Kenny est condamné à regarder ceux qui ont le pouvoir de l'aider sans rien leur demander.

La séance se déroule comme elle le fait toujours : longue, pénible, douloureuse. Elle pose des questions, il répond. Elle sourit, il l'imite. Elle essaie de le pousser à s'ouvrir, il se renferme. Colère et tristesse noient son cœur. Il lui en veut. Il lui en veut de ne rien voir, de ne rien dire, de faire comme s'il s'en sortait vraiment. Mais la fausseté règne sur un empire de faux-semblants, et eux sont condamnés à jouer cette pièce absurde, encore et encore. L'instant paraît interminable. Perdu dans ses pensées, n'écoutant que d'une oreille l'analyse de sa psy, le jeune homme songe à Andrew. Le pauvre doit s'ennuyer à mourir, seul dans les couloirs mornes de l'hôpital. Il n'aurait pas dû le faire venir. Ça ne servira à rien, de toute manière. Ce sera toujours la même chose. Il ne recommencera pas : il n'a pas à faire subir ça à son meilleur ami.

C'est fort de cette certitude qu'il émerge de la petite salle, quelques minutes plus tard, une prescription en main et une excuse au bord des lèvres. Avec l'énorme plâtre qu'il se trimballe et son incapacité à se servir de ses foutues béquilles, s'extirper de l'Enfer a pris encore plus de temps que prévu, constatation qui l'agace prodigieusement. Son frère de cœur est là où il l'a laissé, assis, et une moue mécontente caresse ses traits. Vraiment, plus jamais ça.

« Désolé, elle m'a soul-
- La pauvre quand même...
- Oui, hein ? Qui eut cru... »


Deux infirmières murmurent, inconscientes de la présence des deux intrus, trop occupées sans doute à ranger les bandages qui remplissent leur chariot. Les regards qu'elles échangent sont chargés d'une étonnante tristesse. Ce ne sont toutefois pas tant leurs expressions lourdes de compassion que leurs mots qui arrachent Kenny à ses excuses.

« Entre nous, tu as vu l'état de la pauvre gosse ? Elle doit pas avoir plus de 18 ans...
- C'est dramatique... Tu crois que c'est... ?
- J'en sais rien Cathy, j'en sais rien... J'espère que non. »


L'âge l'interpelle. Si la jeune femme dont elle parle est en senior, il doit au moins la connaître de vue.  C'est une sensation toute particulière qui l'envahit. Il se sent touché du doigt par le danger, frôlé par la douleur d'un autre. Est-ce ainsi que tous les autres ont ressenti sa disparition ? Son retour ? Kenny l'ignore, mais son regard se tourne vers Andrew par réflexe.

- Comment elle s'appelle déjà ? C'est peut-être une amie de ma fille...
- Jessica je crois, il faudra vérifier. Tu ne le dis pas trop fort, hein ? Et puis si tu veux être sûre, tu n'as qu'à aller dans sa chambre.

Le discours s'éloigne, lui reste figé. Les mots ont eu leur effet dévastateur. Le jeune homme ne sait pas comment réagir, quoi penser. Quoi faire.

Jessica.

Il n'y a qu'une seule Jessica qui puisse avoir fini à l'hôpital en cette belle journée d'été. Cette Jessica, c'est celle dont il ne peut s'empêcher de se méfier, celle qu'il déteste et qui le méprise. Cette Jessica, c'est aussi celle avec qui Andrew s'entendait bien avant son retour. Celle qu'il en était venu à apprécier. Celle qu'il a perdu il y a quelques jours et qui a froissé ses traits dans une expression ternie.

La décision est aisée à prendre. Kenny lance un regard à son comparse.

« On va voir ? »

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MessageSujet: Re: L'espoir est une denrée trop rare. Tôt ou tard, celui-ci disparaît. Alors ne reste que le noir. [LIBRE] [TW : Violence]   Sam 14 Juil - 1:06

Assis au milieu du couloir, Andrew s’est ratatiné sur lui-même. Il n’aime définitivement pas cet environnement macabre qui sent la mort et la maladie. Il évite de se faire remarquer et fait courir son regard sur le sol dès qu’un membre du personnel de l’hôpital passe devant lui d’un pas plus ou moins pressé, comme s’il y avait un risque qu’on l’emmène lui aussi passer des tests obscurs. Il ne sait pas vraiment combien de temps va durer le rendez-vous de Kenny, mais il ne se sent pas à l’aise loin de lui. Depuis qu’il est reparu, Andrew a du mal à lui lâcher les baskets, comme s’il pouvait redisparaître d’un instant à l’autre. Il n’y a pourtant qu’une porte entre eux, mais le grand blond la fixe avec une instance furieuse. Plus le temps passe et plus le jeune Dean s’agite nerveusement. Il trouve une activité salvatrice dans la lecture des affiches sans intérêt qui habillent les murs blancs de l’hôpital. Il a le temps de les lire et les relire. Il détaille chaque dessin et déchiffre même les petits caractères. Il pourrait presque réciter les slogans médicaux par cœur lorsqu’enfin la porte s’ouvre.

Immédiatement le regard d’Andrew se porte sur Kenny et il l’interroge du regard, inquiet. L’adolescent blessé a l’air mécontent, mais bien vivant. Le grand blond a bien conscience du niveau de seum que les visites médicales régulières imposent à Kenny. Pourtant, son frère de cœur ne peut pas y échapper, alors il lui offre tout le soutien possible en l’accompagnant au cœur même de cet enfer blanc. Andrew n’est pas mécontent de le voir reparaître cependant, et il lui tarde de filer d’ici en vitesse. Mais alors même que Kenny tente de lui dire quelque chose, il est interrompu par deux infirmières qui passent entre eux. Le regard interloqué qu’il lui lance ensuite pousse Andrew à écouter la conversation à son tour.

Jessica. Kenny blêmit aussitôt. Andrew s’est levé mais la force avec laquelle l’angoisse le percute le fait vaciller imperceptiblement. Il est arrivé quelque chose à Jessica. Immédiatement, il s’est imaginé le pire. Le jeune Holland propose immédiatement à son ami d’aller voir de plus près pour se renseigner, et les trois mots résonnent lourdement dans la tête de l’héritier Dean. On va voir ? Mais qu’est-ce qu’on va faire ? Qu’est-ce qu’on va dire ? Lâchement, Andrew hésite un instant. Il a l’impression d’enchaîner les échecs avec Jessica. Aurait-elle fini par le convaincre qu’elle serait mieux sans lui ? Il ne veut pas empirer les choses, lui faire plus de mal qu’il n’en a déjà fait. D’un autre côté, les choses peuvent-elles encore s’aggraver ? Si Jess est à l’hôpital, c’est probablement important… « Si tu veux. » Andrew hausse les épaules, mimant l’indifférence pour mieux remballer ses inquiétudes. Tout va bien.

Ils n’ont pas besoin de s’attarder. Ils passeront juste une tête. Il suffira de reconnaître Jessica et de juger son état d’un coup d’œil. Ce n’est peut-être que l’appendicite. Avec un peu de chance, elle dormira pour se remettre de son opération. Les infirmières ont dit que c’est dramatique, Andrew. La petite voix qui le ramène à la réalité casse rapidement son délire qu’il invente en quelques secondes pour se rassurer. Par chance, Kenny ne progresse pas très vite et le grand blond à le temps de chercher à se calmer en accompagnant son frère de cœur jusqu’à la porte. Décidément, cette journée a décidé d’être pénible, et il lui tarde de rentrer chez lui. La paix. C’est tout ce qu’il demande. Andrew est fatigué du malheur des autres qu’il finit par absorber comme si c’était le sien.

Mais lorsqu’ils poussent discrètement la porte de la chambre dont les infirmières viennent, Andrew est cloué sur place à l’entrée de la pièce. C’est pire que ce qu’il imaginait. Cette fois l’angoisse se transforme en horreur et c’est à son tour de blêmir. Il devient dangereusement blanc et ose à peine s’approcher. « Jess… ? » Il appelle pour voir si la pauvre fille est consciente. Cette fois, il ne s’est pas contenté de la frapper. Il l’a massacré. Le trouble des infirmières était justifié. Plongé dans le silence, le grand blond est partagé entre l’horreur et la colère. Il finit par débloquer ses muscles tendus et s’approche en contournant les machines reliées à elle. « Jess qu’est-ce qu’il s’est passé ? » Il demande avec plus de difficulté qu’il ne l’aurait pensé. Sa voix a manqué de se briser au dernier moment. Il devine sans hésitation la réponse à sa question. Il la devine et la subit de plein fouet. Il se sent responsable et ne trouve pas de mots pour excuser ce qu’il a provoqué. Alors il pose sur elle un regard chargé de tout ce qu’il voudrait lui dire.

Le remord qui l’étouffe. Le désespoir d’obtenir son pardon. La volonté féroce de l’aider. La rage de l’impuissance qui s’impose à lui. La détermination de la protéger. La douceur avec laquelle il aimerait la rassurer. Tout se mélange et tout se raconte en une attention. Mais comment dire les choses ? Bouleversé, Andrew ne sait pas par où commencer. Alors il se contente de jeter un coup d’œil désemparé à Kenny. Son frère de cœur, sauveteur de toutes les situations périlleuses. Lui, saura quoi faire.
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MessageSujet: Re: L'espoir est une denrée trop rare. Tôt ou tard, celui-ci disparaît. Alors ne reste que le noir. [LIBRE] [TW : Violence]   

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L'espoir est une denrée trop rare. Tôt ou tard, celui-ci disparaît. Alors ne reste que le noir. [LIBRE] [TW : Violence]
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