Dans la petite ville d'Aster Cove, des choses étranges se passent...

 
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 Weird glows gleam where the spirits dwell ► feat. Camelia Bloodshire

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MessageSujet: Weird glows gleam where the spirits dwell ► feat. Camelia Bloodshire   Mar 20 Mar - 19:50





WEIRD GLOWS GLEAM WHERE THE SPIRITS DWELL

« A carriage approaches to carry you into the boundless realm of the supernatural. »


Les rêves ne s'arrêtaient pas. Parfois c'était le clown. Parfois c'était le canon. Parfois c'était le monstre. Parfois c'étaient les trois en même temps. Ca faisait presque une semaine et maintenant j'avais peur de m'endormir. Pire que quand j'avais vu Les Griffes de la Nuit. Et encore il y avait... Non, c'est pas grave.
Mon cerveau n'avait pas terminé de déverser le traumatisme qui se cachait dans mon inconscient la nuit, et je commençais à avoir des cernes presque aussi bleues que les vêtements que je portais. Moi qui pensait naïvement que j'allais m'en sortir après quelques jours, j'étais plutôt servie. Et le pire, c'était peut-être le réveil. Il fallait toujours que j'arrive au bord du supportable pour que je balance mon corps en un sursaut moite vers les trois heures du matin. J'en venais même à croire que c'était possible de boire la tasse avec de l'air. C'était insoutenable.

J'avais besoin d'une sieste. Une énorme sieste. Mais ça n'allait pas régler le problème et j'en venais à rejetter immédiatement l'idée qui m'était venue à l'esprit. Néanmoins il fallait que je rentre. C'était ça ou être à la merci du lycée dans cette dernière année d'enfer. Même si depuis que Mackenzie était revenue sidérée et couverte de bave à l'enterrement, les choses étaient plutôt calmes ces derniers temps. De toute manière, même s'il se passait quelque chose, j'étais bien trop absente pour m'en rendre compte. Je voulais simplement sortir de cette nouvelle spirale endiablée.
Avec des mouvements machinaux dignes d'un robot de Disneyland, je rejoignis mon vélo après l'ultime sonnerie et commençai à pédaler. Si mes roues pouvaient m'emmener loin de tout ça rien qu'un instant... C'était la chose la plus agréable qui m'avait été donnée de faire en ce moment. Sentir l'air froid sur mon visage me donnait l'illusion d'être réveillée. Si je n'avais pas été aussi épuisée, j'aurais volontiers opté pour une balade dans les bois. Mais ma tête et mon dos réclamaient mon lit. Ou au moins le canapé, si Dumpster ne l'avait pas totalement envahi.

Les pieds ancrés dans les pédales, je fus lancée sur la route en moins de quelques secondes. La sensation était exactement comme je l'espérais. Même les picotis glacés de la fin d'hiver étaient bienvenus contre mes joues. En ligne droite, je me risquai à fermer les yeux quelques instants. J'aurais aimé que cela dure des mois. Juste du silence, du vent dans les cheveux, de la sérénité. Juste ça. J'en demandais pas plus.
Je réitérai le processus après chaque tournant. Fermer les yeux était devenu une drogue dont je profitais le plus possible. Je n'arrivais pas à m'arrêter. Le vide de l'obscurité m'appelait d'en bas et j'étais sur le point de plonger, pensant que j'allais pouvoir flotter. Mais mes paupières étaient bien trop lourdes pour ne pas couler. Je ne me rendis même pas compte que cela faisait un peu trop longtemps que je visitais les ténèbres. Mais j'étais légère. Je pouvais voler. Voler dans le néant. Les ombres me sussuraient des mélodies irrésitibles et je m'y abandonnais. Je tombais. Des mèches de cheveux orange. Non, littéralement, je tombais. Mes yeux se rouvrirent d'un seul coup et j'eus le temps de retenir ma chute en plantant mon pied dans le gravier. Le poids du vélo me fit tituber un instant, mais je réussis à ne pas succomber à la gravité. Merde...

 Ah ouais, quand même... Heureusement que j'allais pas au lycée en voiture. Je soufflai, le coeur battant la chamade, les doigts serrés autour du guidon comme pour mieux me raccrocher à la réalité. Allez Vicky, ressaisis-toi. Il te reste pas grand chose à faire comme chemin. Je reposai mon regard sur la route... avant de gémir en laissant tomber ma tête en arrière. Je m'étais trompée de route ! Bien évidemment ! Il allait me falloir un peu de temps avant de retrouver comment repartir... Et merde, Vicky, putain, t'es chiante !
Je balayai les alentours en faisant un lent tour d'horizon jusqu'à ce que je me rende compte que j'étais devant une maison bien particulière. C'était pas celle de la M'am Bloodshire ? Mon dos reçu un frisson de tout son long. C'était con, elle avait sûrement rien de bien méchant, cette dame. Les rumeurs ravageaient plus que les maladies dans ce patelin. Mais les à-prioris, c'était difficile à oublier.

Mon regard passait de la route à la porte d'entrée. L'idée me venait doucement à l'esprit. Après tout... à qui d'autre je pouvais parler de ce qui m'arrivait en ce moment ? Ma mère s'inquiétait bien trop et ne pouvait pas faire grand chose. Mon frère non plus. Et le reste... le reste je leur avait dit ciao, même si c'était un peu compliqué. De toute manière, personne ne m'aurait écoutée. Ni avant ni maintenant.
Je fronçai mes sourcils. Qu'est-ce que j'avais à perdre ? Dans le pire des cas, elle me claquerait la porte au nez et puis voilà... Ca faisait jamais du bien à l'amour propre mais c'était mieux que de rester avec ce poison dans ma tête. Très vite, j'eus besoin de savoir si elle pouvait m'aider, alors que c'était plutôt absurde. Mais j'étais fatiguée et mon esprit, engourdi. Les connexions se faisaient trop rapidement. Toujours un peu haletante, je finis par balancer mon vélo sur le trottoir - plus violemment que je ne le voulus - et avançai d'un pas déterminé vers le porche. Dans le pire des cas elle me claque la porte au nez, dans le pire des cas elle me claque la porte au nez...

Mon élan de spontanéité s'arrêta juste après que j'eus toqué à sa porte. Merde... bon, fallait que j'assume, maintenant. Je venais de réaliser que je ne lui avais jamais vraiment adressé la parole. C'était encore pire. Mais je m'efforçai de paraître sûre de moi. Pas évident. Dans le pire des cas elle me claque la porte au nez, dans le pire des cas elle me claque la porte au nez...


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MessageSujet: Re: Weird glows gleam where the spirits dwell ► feat. Camelia Bloodshire   Mer 21 Mar - 10:22





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« A carriage approaches to carry you into the boundless realm of the supernatural. »




Il y a des jours où je me demande ce qu’il m’a pris de revenir ici. Quitte à tout rebâtir, j’aurais pu le faire dans une autre ville, une où je ne connais personne et où personne ne me connait. Il faut croire que je suis un peu maso. Enfin ça, c’est sûr. Ça c’est prouvé avec mon ex quand on y pense. Je me console en me disant que c’est au moins une chose dont les bouseux ne sont pas au courant. J’avais pas l’intention d’apporter de l’eau à leur moulin, mon retour à lui seul leur a bien suffit pour le faire tourner. C’est fou comme les choses changent tout en restant les mêmes. Les années sont passées et pourtant la plupart des gens ne semblent vouloir se souvenir que de ce qui est arrivé il y a des lustres. Encore, s’ils s’en souvenaient et qu’ils avaient pris du recul… Mais non ! C’est certainement trop demander à leur cerveau. Bref. C’est comme ça. Je fais avec, comme toujours. En même temps c’est pas comme si j’avais envie de devenir Miss quadra Aster Cove. Je suis pas si mal dans mon coin. J’ai de comptes à rendre à personne, je fais ce que je veux, quand je veux.
C’est pourquoi ce matin, je traine. Je n’ai pas de soins à faire, la morgue n’a pas de corps en attente. Oui sur mes deux postes je côtoie la mort. Ça en fait flipper mais perso, ça m’a surtout permis de ne plus avoir peur de mourir. Sans compter que je suis persuadée qu’il y a un après. Même si je dois avouer qu’en ce moment ma vision de l’après a complètement été bouleversée. Il se passe des choses étranges ici. Pas de l’ordre d’une simple entité qui veut s’amuser, non, ça va bien plus loin. Le problème c’est que je n’arrive pas à mettre le doigt dessus. J’entends des choses, j’ai vu le corps – je rectifie : cette moitié de corps d’une gamine qui avait disparu, et surtout je ressens. Et ce que je ressens j’ai du mal à le décrire mais même après tout ce que j’ai vécu et vu, je peux vous assurer que ça me fait froid dans le dos. Toute personne normalement constituée quitterait cette ville fissa. Je reste. Je suis pas nette, c’est plus un scoop. Je veux comprendre, savoir. Et la curiosité tua le chat… Je prends le risque.


 La radio diffuse du Laura Branigan, j’aime bien. Clope au bec, une tasse de café fumant dans la main, je me balance sur mon rock’in’chair. Je porte encore un vieux bas de pyjama à carreaux, un T-shirt trop grand de l’équipe de football locale et un grand gilet qui a plus des airs de pucier que de fringue à la mode. Je l’ai depuis des années, je l’adore. Et il tient chaud ! Mon chauffage a encore sauté, j’ai dû faire un feu dans la cheminée. Ça va encore coûter une blinde. Ça frappe. Le plombier ? Ce serait pas trop tôt. Je me lève d’un bond, pose le mug et ouvre la porte en recrachant la fumée de ma cancéreuse.

« Toi, t’es pas plombier. »

Une gamine avec des cernes qui feraient pâlir un mort et… Je frissonne en croisant son regard. On s’observe un instant, je ne saurais pas dire combien de temps mais assez pour que je percute qu’elle dégage quelque chose de déroutant. Quelque chose d’indéfinissable… Je me décale.

« Entre, il caille. »

Je la laisse passer pour pouvoir refermer en vitesse avant que la baraque se transforme en igloo. Quoiqu’il parait qu’il y fait chaud. Jamais vérifié et on s’en fou en fait. Je regarde l’adolescente maigrichonne, jolie si on oublie le violet sous ses yeux. Je vais éviter de lui proposer un café. Je l’invite à me suivre dans le salon et lui montre canapé et fauteuil près de la cheminée, elle a le choix. Je retire sur ma clope et baisse la radio. Je pose mes fesses sur un fauteuil en face d'elle. Ce qu'elle veut je m'en doute mais je vais attendre qu'elle se décide à m'en parler.



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MessageSujet: Re: Weird glows gleam where the spirits dwell ► feat. Camelia Bloodshire   Lun 26 Mar - 21:08





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La porte s'ouvre. Pas moyen de faire demi tour et de prétendre m'être trompée de maison parce que, évidemment, ce n'était pas le cas. Privé de sommeil ou pas, c'était quand même assez rare de se tromper de porte à Aster Cove. La fumée de cigarette révéla bien vite le visage auquel je m'attendais, entouré de boucles châtaines un peu ébouriffées. Je pressentais à tout moment de la voir disparaître derrière le bois qui protégeait sa maison dans un claquement malvenu.

« Toi, t’es pas plombier.

Hein, de... quoi ? Je clignai plusieurs fois des yeux, traduisant mon trouble, n'arrivant même pas à balbutier quoi que ce soit. Non, euh... effectivement. Je m'attendais à tout sauf à cette remarque. Miss Bloodshire m'avait parlé il y a deux secondes, et elle m'avait déjà déstabilisée. Qu'est-ce que je faisais là ?
Cependant, son air soucieux à la simple observation de mon visage me fit froncer les sourcils. Quoi, j'étais si atteinte que ça ? Je savais que je ressemblais à un zombie ces jours-ci, mais ça avait pas le don de me consoler de mon état... Cependant, elle trouve un autre moyen de me déconcerter.

- Entre, il caille.

Euh, bah... Ma bouche s'entrouvrit à plusieurs reprises sans que je ne dise mot. C'était... si facile que ça ? Je finis par hocher la tête histoire de ne pas être vue comme une gourde plantée sur le pas de la porte et abdiquai, m'enfonçant sans trop savoir dans la demeure Bloodshire. Bon. Bah ça n'avait rien à voir avec la maison hantée et pleine de breloques de sorcières que racontaient les gens. Qu'est-ce qu'ils pouvaient être stupides, c'est dingue. Si vous avez autant d'imagination à revendre, écrivez un livre ou je sais pas.

Je suivis la mystérieuse femme dans son salon et me posai timidement sur le canapé, comme pour ne pas prendre trop de place. Mes yeux scrutaient machinalement l'endroit, mais j'arrêtai au bout d'un moment, me rendant compte que c'était tout sauf poli. Miss Bloodshire fumait tranquillement en face de moi, limite comme si je n'étais pas là. Elle avait l'air vraiment... confiante. Je ne savais pas trop quoi en penser. Puis je reconnus la musique. Ma préférée. You take my self, you take my self control... Inconsciemment, je souris légèrement.

- J'adore cette chanson, notai-je avant de faire évanouir mon rictus, consciente que ce n'était pas vraiment le moment d'échanger ses goûts musicaux.

Mes doigts joints se tordaient nerveusement, ne sachant trop où me mettre dans ce silence brisé par la mélodie, assez faible pour être douce. Je n'osais pas vraiment regarder mon hôte de fortune dans les yeux. Je ne savais toujours pas si ça avait été une bonne idée de poser mes fesses dans ce salon. Au bout d'un moment, je dus me résigner à commencer la conversation. Après tout, c'était moi qui avait quelque chose à dire.

- Vous ne me demandez pas pourquoi je suis là ? j'attendis un peu. Au vu de sa posture décontractée, il était évident qu'elle contrôlait la situation. Question stupide... désolée...

Moi par contre, c'était tout l'inverse. J'avais même encore mon sac sur l'épaule. Je m'empressai de le faire glisser à mes pieds. Assurément, je ne m'y prenais pas de la meilleure des manières pour attiser la curiosité de celle que j'avais sollicité. Normal, en même temps... Après un soupir, je finis par cracher le morceau, cessant enfin de tourner autour du pot. Trop fatiguée pour avoir le tournis.

- Je sais plus trop ce qui m'arrive, tout est bizarre depuis... la mort d'Amelia. Je posai enfin mon regard sur elle. Amelia Pike. »

Bien évidemment, Amelia Pike. Quelle autre Amelia était morte et de qui tout Aster Cove parlait depuis des mois ? Peut-être même qu'elle avait fini par évincer les rumeurs qui couraient sur mon interlocutrice pendant un moment. Mais même elle n'avait pas pu passer à côté de la tragédie.


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MessageSujet: Re: Weird glows gleam where the spirits dwell ► feat. Camelia Bloodshire   Dim 1 Avr - 18:06





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C'est souvent que je surprend les gens. Soit parce que j'ai des réactions auxquelles ils ne s'attendent pas, soit parce que je suis tout simplement spontanée, je laisse mes pensées s'échapper sans filtre. ça ne plait pas toujours mais ça fait belle lurette que je ne cherche plus l'approbation des autres. C'est inutile.
L'ado me suit et prend place timidement, ce qui me fait sourire doucement. Elle n'a sans doute pas finit sa croissance mais me dépasse déjà et pourtant on dirait que je lui fais un peu peur. Je la laisse jeter un oeil autour d'elle, je n'ai rien à cacher de toute façon. Les photos sont rares chez moi, il y en a une de granny et moi - en noir et blanc, pour le reste ce ne sont que des lieux. J'en ai une avec celui qui fut mon meilleur ami, mais elle n'est pas dans cette pièce. Je la garde jalousement dans ma chambre.
Mon invitée surprise finit par ouvrir la bouche. Elle aime la musique qui passe, comme moi. Je lui souris mais elle détourne les yeux. Pas encore prête alors je patiente en fumant ma clope. Ah, ça y'est ! Elle se décide. Curieuse que je ne lui demande pas l'objet de sa visite. Sa question n'a rien d'idiot, je fronce légèrement les sourcils et chasse un truc invisible avec la main.

« Aucune raison d'être désolée . »

Je n'en dis pas plus car je sens que ça vient. Elle va ouvrir un peu les vannes. Je le sens. Amelia Pike, nous y voilà. Sa mort avait secoué la ville. Il faut bien avouer qu'on ne retrouvait pas la moitié d'un corps tous les jours. Je n'avais pu m'en occuper mais je savais qu'elle n'avait pas simplement été coupée en deux. Même si cela aurait suffit à rendre sa mort atroce. Je pense souvent à ses prents. Ils seront hantés par toutes sortes de cauchemars jusqu'à la  fin de leurs jours. Mais cette gamine devant moi ? Je veux dire, normal que ça la perturbe mais il y avait plus. Tout son être me le criait.

 « Seulement depuis sa mort ? »

Pour moi ça avait commencé bien avant. Mais peut-être n'y avait-elle pas prêté attention car ce n'était pas assez proche d'elle. Après tout, elle était encore jeune pour s'intéresser à tout ce qui se passait en ville.
Je me lève et me dirige vers un guéridon ancien. Il est un peu particulier, niellé d'étranges écritures aux yeux du profane. Je l'effleure comme un homme qu'on caresse et en ouvre le petit tiroir. Mon jeu de cartes s'y trouve. Pas un jeu ordinaire évidemment. Avec celui-ci on ne joue pas au poker. Je reviens avec vers l'adolescente. Je ne sais toujours pas son prénom mais pour l'instant ça n'a pas d'importance. Je sors les cartes de leur boîte, elles sont vieilles mais pas abîmées. J'en prends soin, héritage de Granny. Un jeu de tarots. Je tire aussi les cartes avec l'Oracle de Belline, mais aujourd'hui je sens qu'il vaut mieux utiliser le set de celle qui m'a tout appris. Je ferme les yeux un instant, laissant mon énergie imprégner les cartes puis pose le petit tas sur la table devant la jolie blonde avant de les étaler d'une main. Elles forment un éventail.

« Tu es venue parce que tu veux comprendre ce qui t'arrive. Ce n'est pas la mort d'Amelia en elle-même qui te travaille, mais cette chose qui s'est accrochée à toi. Comment ? Je ne sais pas mais je peux la sentir. Je n'ai pas la science infuse sinon j'aurais pu résoudre l'enquête sur ce crime et ce n'est pas un innocent qui croupirait en prison pour délit de bienséance. Mais je peux t'aider. »

Les cartes sont entre ses mains, sans mauvais jeu de mots. A elle de voir. On ne doit pas poser de questions si on n'a pas envie d'entendre la réponse. Parfois on croit vouloir, mais on n'est pas prêt.

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MessageSujet: Re: Weird glows gleam where the spirits dwell ► feat. Camelia Bloodshire   Mar 15 Mai - 19:17





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« Aucune raison d'être désolée.

Oh… J’avoue, je ne pensais pas qu’elle soit… comment dire… comme ça ? Je sais pas, je rentrais chez elle à l’improviste parce que j’étais au bout de ma vie, je ne la connaissais absolument pas et c’est comme si elle savait exactement pourquoi j’étais là, sans se poser de questions ? Sans me remettre en doute. Peut-être qu’elle avait l’habitude que les gens n’aillent la voir que pour ça… Sur le coup, ça me rendait un peu triste…

- Seulement depuis sa mort ?

Je commençais à me tortiller un peu sur le canapé. Je baissais la tête une nouvelle fois, les sourcils légèrement froncés.

- Non…

Non,  sa mort, ça avait plutôt été le déclencheur de tout un tas de choses dans ma vie. Mais ça allait mal depuis bien avant. Je m’en rendais à peine compte. Avec tout un tas d’autres choses, Amelia avait crevé la bulle dans laquelle j’étouffais en pensant respirer encore. Et tous les autres qui voulaient pas m’entendre brailler sur le sujet… Tu perds la tête depuis Amélia, résonnait la voix d’Andrew dans ma tête, à mesure que mon visage s’assombrissait en ressassant le récent passé.
Mais mon attention fut vite reconquise lorsque Miss Bloodshire se leva, allant chercher un paquet de cartes. Mes yeux suivaient ses moindres mouvements sans trop le vouloir, mais la curiosité commençait sérieusement à me piquer. Elle pouvait vraiment voir des trucs avec ses cartes ? Après tout, pourquoi pas, je n’y connaissais rien. Et c’est avec une attention totale que j’écoutais ce qu’elle avait à me dire, comme si chaque mot pouvait contenir une information vitale.

- Tu es venue parce que tu veux comprendre ce qui t'arrive. Ce n'est pas la mort d'Amelia en elle-même qui te travaille, mais cette chose qui s'est accrochée à toi. Comment ? Je ne sais pas mais je peux la sentir. Je n'ai pas la science infuse sinon j'aurais pu résoudre l'enquête sur ce crime et ce n'est pas un innocent qui croupirait en prison pour délit de bienséance. Mais je peux t'aider.

Mon visage s’illumina enfin à ces dernières paroles. Finalement, j’avais bien fait de franchir le pas de cette porte. Mis à part Jay, je n’avais personne avec qui spéculer sur ce qui se passait ici. Et effectivement, l’inculpation de M’sieur Barrow était loin de ravir mes pensées la nuit.

- Alors vous y croyez ? Je veux dire, après ce qui s’est passé à l’enterrement, on nous sort la fuite de gaz ? C’est louche. C’est louche comme toute la ville est louche, c’est ce que je commence à penser de plus en plus… Je vous ai pas vue au funérarium, je sais pas si vous y étiez mais… moi oui.

Ma langue se déliait enfin. Il avait fallu quelques bons mots qui tombaient à pic et c’était gagné. Elle était forte. Mais alors que je repassais rapidement tout ce qu’elle m’avait dit, je me souvenais de quelque chose qui n’avait pas accaparé ma conscience tout de suite. Mon expression retomba net.

- Attendez… Vous dites que quelque chose s’est accroché à moi ?

Mes yeux commençaient à s’ouvrir grand, quelques spasmes de pupille involontaires me faisant parfois regarder sur le côté. Comme si quelque chose allait apparaître au coin. Comme si. Il n’y avait rien, évidemment. Alors que Miss Bloodshire avait étalé les cartes avec un soin naturel, je compris qu’il était à mon tour de participer. La main légèrement tremblante, j’allai chercher une carte.

- Quelque chose… comme quoi ? » murmurais-je.

Je ne savais pas si ça relevait plus du hasard ou du destin, ou si rien ou tout avait de l’importance. Mais je savais qu’il fallait que je me lance. Je retournai la carte d’un coup, en la jetant presque, presque effrayée de ce que j’allais y voir. Si ç’avait été un clown… j’aurais hurlé. Mais non. Juste un homme. Je respirais alors un peu mieux. Cet homme là avait un pied par terre et se tenait bizarrement. Mais en penchant ma tête, je me rendis compte qu’il était à l’envers. Le Pendu. Effectivement, il pendait par un pied, l’autre étant replié derrière sa jambe. Moi, je le voyais à l’endroit, contrairement à mon hôte de fortune vers qui je lançai un regard interrogateur. Qu’est-ce que c’était censé vouloir dire, ça ?


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MessageSujet: Re: Weird glows gleam where the spirits dwell ► feat. Camelia Bloodshire   Lun 21 Mai - 21:43





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La plupart des gens qui viennent me voir le font un peu en douce, voir carrément. Ils n’assument pas. A ça vous ajoutez ceux qui ont des questions mais qui ne sont pas prêts, ou n’ont pas envie de les entendre. Au final, je n’ai pas que des ravis à la fin de mon service. Je ne sais pas si la gamine est prête mais est-ce qu’elle a le choix ? Il y a un truc qui lui colle à la peau, ou à l’âme, un truc malsain. Ça la bouffe, il n’y a qu’à voir sa tête et ça n’ira pas en s’arrangeant. Alors je lui parle cash. De ce que je ressens, de ce que je suis capable de faire même si c’est pas évident à expliquer. Je ne veux pas non plus lui donner de faux espoirs. Mais pour la première fois son regard s’illumine. Elle réalise qu’elle vient de trouver une oreille attentive. J’hoche la tête.

« Je n’étais pas là. J’en ai eu vent, et oui, je ne crois pas à cette histoire de fuite. »

Et soudain elle percute ce que je lui ai dit un peu plus tôt. Evidemment c’est le genre de choses qui ferait flipper n’importe qui. J’ai étalé mes cartes sur la table basse. C’est à elle de voir si elle veut aller plus loin. Elle choisit ce moment pour tirer une des cartes. Je ne crois pas avoir besoin de plus. En général je fais un tirage avec quatre, en croix, classique. Mais dans des cas comme celui-ci, une seule carte peut révéler tout ce qu’on cherche à savoir. Qu’est-ce qui s’accroche à elle ?

« Je ne sais pas encore… »


Elle tire une carte, je sens l’angoisse en elle. Elle la jette presque sur la table et je la fixe sans mot dire. Putain. Le pendu. Dans toute autre situation, je ne me serais pas inquiétée. Ça veut surtout dire que la personne est dans une phase compliquée, qu’elle est comme pieds et poings liés, qu’elle doit renoncer ou lâcher prise pour avancer. Ce n’est pas une carte réellement négative. Mais je sens autre chose. Je l’effleure et un frisson désagréable me parcourt. A l’envers. Voilà ce qui me frappe. La tête à l’envers. L’autre monde est bien lié à elle, comme si elle avait vécu une expérience de mort imminente ou un truc du genre et ne serait pas revenue seule. Comme dans ce film pas si mal : Poltergeist.


 « Seulement depuis sa mort ? »

« Une autre réalité… Pendu-le… »

Je prends une grande inspiration puis relève les yeux vers l’adolescente. Je ne cherche pas à lire en elle pour orienter mon tirage. On n'est pas dans un de ces bouibouis où les faux medium se servent de votre psyché pour tirer les cartes. Je fais dans le concret. Mais j'ai besoin de capter son regard pour en savoir plus. Pour mieux comprendre ce que je lis dans les cartes justement. Il ne faut pas croire, elles ne donnent pas des réponses bien faites comme un livre le ferait.

« Quand est-ce que tu as commencé à être… poursuivie ? As-tu joué au oui-ja ? As-tu été dans le coma ? Il faut que je sache comment… comment ça s’est accroché à toi. Ça je ne peux pas le deviner mais je sais que cette chose est réelle sans l’être. Disons qu’elle n’appartient pas à notre monde, celui que l’on voit avec nos yeux. Mais ça ne veut pas dire qu’il ne peut pas t’atteindre. D’ailleurs il a commencé en t’isolant peu à peu. Depuis quand ne dors-tu plus de peur qu’il apparaisse ? »

Oui je suis passée de chose à Il car c’est ce que je ressens. C’est comme si on me le soufflait. Comme si on me le soufflait avec crainte.

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MessageSujet: Re: Weird glows gleam where the spirits dwell ► feat. Camelia Bloodshire   Dim 3 Juin - 20:35



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Vicky | Camelia
« Une autre réalité… Pendu-le…

Je scrutai le moindre mot que Miss Bloodshire allait pouvoir me prononcer. Une autre réalité ? Qu’est-ce que c’était censé vouloir dire ? Il en existait d’autres ? Au bout d’un moment j’étais prête à croire à tout et n’importe quoi, alors bon. Mon hôte me regardait elle aussi, comme si nos regards se passaient la balle… qui allait délivrer la réponse ? Est-ce que je cherchais une explication chez elle ou était-ce le contraire ? En tout cas, à partir de ce moment là, les choses commencèrent à devenir beaucoup plus intenses.

- Quand est-ce que tu as commencé à être… poursuivie ? As-tu joué au oui-ja ? As-tu été dans le coma ? Il faut que je sache comment… comment ça s’est accroché à toi. Ça je ne peux pas le deviner mais je sais que cette chose est réelle sans l’être. Disons qu’elle n’appartient pas à notre monde, celui que l’on voit avec nos yeux. Mais ça ne veut pas dire qu’il ne peut pas t’atteindre. D’ailleurs il a commencé en t’isolant peu à peu. Depuis quand ne dors-tu plus de peur qu’il apparaisse ?

Je plissai brièvement les yeux sous le flot de questions qui me parvenait. Ouh là, comment j’allais répondre à tout ça, moi ? Concentre-toi Vicky.

- N...non, je n’ai rien fait de particulier. Il y a des gens en ville qui ont vécu beaucoup plus de choses étranges que moi. C’est pour ça, c’est bizarre que ce soit moi…

Ou peut-être que je n’étais pas la seule. Que toutes les personnes qui avaient disparu étaient revenues avec… “quelque chose”. Que toutes les personnes les ayant côtoyées soient contaminées. Toute… la ville ? J’avalai ma salive avec difficulté. Bon, rien de nouveau, après tout je savais déjà que quelque chose se tramait ici. C’était une étape obligatoire à passer. Mais l’emploi du “il” de Miss Bloodshire ne m’avait pas laissée indifférente non plus. Dès qu’elle se mit à parler de la chose au masculin, le rire du clown se diffusa en sourdine à l’arrière de ma tête. Cet enfoiré était toujours là. Faisant une pause de quelques secondes, je finis par prendre une inspiration et continuer mon récit. C’était pas facile, mais j’avais de plus en plus l’impression que la “dame bizarre” d’Aster Cove pouvait m’aider plus que n’importe qui ne l’avait fait jusque là.

- Je sais pas si ça a rapport, mais je rêve d’un clown depuis quelques temps. Quelques mois, je sais pas. Je le voyais en rêve quand j’étais petite, aussi. Quand je suis arrivée ici, à vrai dire. Je devais avoir, quoi, onze ans… Bref. J’en rêvais plus depuis des années mais ça a recommencé. Je pensais que c’était le stress, tout ça, parce que quand je le voyais petite, c’était au moment où mon père a quitté ma mère. Enfin bon. Là ça a vrillé totalement depuis les funérailles. ‘Fin si on peut appeler ça des funérailles… Vous vous souvenez dans le journal, ils ont parlé d’hallucinations liées à la soi-disante fuite de gaz ? Eh ben à ce moment là j’ai vu le clown devant moi. Et depuis… ma voix se brisa, puis repartit quelques secondes plus tard. Depuis j’en rêve encore plus.

C’était peut-être rien, au final. J’y croyais à moitié, mais bon. J’avais toujours un côté qui voulait se rassurer en se disant que mon inconscient évacuait toute la folie de ma vie ces derniers temps. Parce que savoir que je dormais avec un clown démon tous les soirs dans ma tête, c’était pas franchement rassurant, et mon cerveau acceptait carrément pas.

- Vous dites qu’il m’isole ? … Mh… c’est vrai que j’ai arrêté de parler à la plupart de mes amis. Mais ça a rien à voir, c’est moi qui l’ai décidé, ça. J’avais personne pour m’écouter sur la situation, ils faisaient tous comme si de rien n’était pour Amelia... »

J’aurais voulu continuer la phrase, mais je ne savais plus trop comment poursuivre. Le regard dans le vague, j’essayais de démêler un mystère dont je ne possédais aucune clé, mordillant nerveusement l’ongle de mon pouce.

_________________

    And I'm head over heels
    First time in years to drench your skin in lover's rosy stain. A chance to find the phoenix for the flame. A chance to die, but can we dance into the fire ? That fatal kiss is all we need. Dance into the fire to fatal sounds of broken dreams.+ buckaroo.

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