Dans la petite ville d'Aster Cove, des choses étranges se passent...

 
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 "You'd be the one I was meant to find." [Ever | Valentine's day]

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MessageSujet: "You'd be the one I was meant to find." [Ever | Valentine's day]   Mar 13 Fév - 19:41


❝ You'd be the one I was meant to find. ❞
- Ever. -
Baisers volés, amour rêvé, tendresse passée pour d'innombrables caresses, l'éternité à tout prix, ma vie pour elle. Evie.
Il était dix huit heures. Evie rentrait dans deux heures et Walter ne savait toujours pas s'il devait, ou non, l'emmener au restaurant. Il était dix-huit heures et Walter se sentait comme un adolescent qui se rend à son premier rendez-vous galant. Il était dix-huit heures et Walter mourait d'envie de trouver quelqu'un, quelque part, pour le conseiller. Cravate ou nœud pap' ? Costume noir ou de couleur ? Cheveux rabattus ou laissés en bataille ? C'était trop de questions et Walter regrettait de n'avoir pas pensé à consulter quelqu'un, un proche ou moins proche, pour régler ce genre de questions. Evie n'aimait pas le formel, mais lui-même ne se sentait vraiment à l'aise que dans une tenue qui lui semblait appropriée à la situation. Evie rêvait de simplicité, mais il voulait lui offrir un palais, un pays, un monde entier pour qu'elle en soit la reine. Evie n'était pas comme lui sur bien des points, et ce qui le séduisait d'ordinaire rendait soudain tout plus compliqué. Un soupir quitta pour la centième fois de la journée les lèvres du jeune homme. Il avait beau se torturer la tête, il n'arrivait à rien. Reposant les différents éléments d'une tenue qu'il ne parvenait pas à choisir, Walter se dirigea vers la fenêtre de leur appartement. La vue, malgré les mois qui s'étaient écoulés depuis son retour, ne cessait jamais de le surprendre. Les maisons n'étaient plus les mêmes, les immeubles non plus, les visages encore moins. Son propriétaire était désormais aimable et même souriant. Sa boulangère lui lançait des regards amourachés à chaque fois qu'elle le croisait et n'omettait jamais de lui offrir une mignardise supplémentaire lorsqu'il venait chercher son pain. Le voisin du dessus mettait la musique à fond, tous les mercredi soirs, un peu comme un rituel, et ce malgré les dizaines de conflits qu'ils avaient pu avoir. Même l'insigne n'avait rien pu faire contre la volonté de ce type. Walter n'avait d'ailleurs jamais compris -et ne comprendrait sans doute jamais- pourquoi il fallait que ce soit le mercredi. Il y avait six autres jours dans la semaine, et à chaque fois qu'il était monté, le gamin avait toujours été seul. Il serait sans doute seul aujourd'hui aussi.
Aujourd'hui... Attendez. Aujourd'hui on était... Mercredi. Poussant un soupir exaspéré, Walter s'empara du combiné téléphonique. Le soucis numéro un était réglé : ce serait restaurant. Après cinq appels infructueux, il dût même se résoudre à emmener Evie au dinner. Superbe. Ça ne dérangerait pas Evie, et peut être même qu'elle préférerait, mais quand même...
Il était désormais 18h30 et la neige, qui tombait depuis le début de la journée, ne semblait pas décidée à s'arrêter. Ça avait quelque chose de magique, et dans la rue, les gens s'activaient pour rentrer chez eux. Quelques enfants, çà-et-là, s'émerveillaient du manteau blanc qui recouvrait le monde en poussant des cris de joie. L'école était finie, les devoirs l'étaient sans doute aussi et ils pouvait s'adonner à leurs jeux après des heures d'impatience. Ce spectacle arracha un sourire à Walter qui se dérida un peu. Ce soir était censé être aussi magique que les flocons qui descendaient paisiblement des cieux, et il le serait. Faisant volte-face en direction des deux tenues qui trônaient sur son lit, il opta pour la seconde, qu'il agrémenta finalement d'un nœud papillon. Satisfait du reflet que lui renvoya son miroir, Walter récapitula pour la centième fois les choses qu'il lui restait à faire pour ce soir. Le restaurant ? C'était plus ou moins fait. La tenue ? Il se trouvait plutôt agréable à voir dans celle sur laquelle il avait jeté son dévolu. Le cadeau ? Prêt depuis deux semaines. Sa cousine l'avait aidé à choisir, d'ailleurs. Il faudrait qu'il la remercie dignement après ça. Le bouquet aussi, c'était b-... Le bouquet. Un peu d'une sueur aussi glacée que l'hiver coula le long de son échine. Le bouquet. Il avait oublié de récupérer son bouquet. Mais quel idiot... ! Et il était déjà 19h ! S'il ne se pressait, pas, la boutique serait fermée et-...  

« Plutôt que de réfléchir à toutes les catastrophes que tu pourrais engendrer, tu devrais plutôt te bouger, mon vieux. »

Sur ces mots, Walty quitta le domicile familial pour gagner les rues d'Aster Cove. L'avantage, à avoir déménagé de force, c'était qu'il vivait à deux rues de chez son fleuriste.

Heureusement pour lui, le fleuriste n'était pas fermé et il put réceptionner le bouquet à temps. Des hellébores blanches gagnèrent ses bras et un temps, Walter se demanda si Evie connaissait le langage des fleurs. Il se prit à espérer que non. Il voulait que son message soit un secret jusqu'au bout de leur vie. Ou au moins pendant les quelques heures qu'ils passeraient au dinner. Le trajet du retour lui prit plus de temps que l'aller. Soucieux de ne pas abîmer son bouquet, Walter prêta attention à chacun de ses pas et gagna la porte environ cinq minutes avant qu'Evie ne rentre du boulot. Un sourire mi-béat, mi-terrorisé à l'idée d'avoir raté quelque chose dans sa tenue, mangea ses lèvres tandis qu'il pénétrait dans l'appartement. Déposant élégamment le bouquet sur la table, il s'approcha du miroir et se racla la gorge.

« Hm-hm. Mademoiselle, si vous voulez bien vous donner la peine de me suivre... »

Un sourire, une révérence, un bras tendu. Tout ça pour l'emmener dans un dinner. Non, ça ne passerait pas, il en était quasi sûr. Il passa une main dans ses cheveux, puis reprit.

« Chaque jour à tes côtés m'émerveille un peu p-... »

Non. Evie allait penser qu'il était mièvre.

« Eviiie ! Tu as passé une bonne journée ? »

Faire plus banal, c'était risquer la mort.

« Evie, je te souhaite une joyeus-... »

Non, non et encore non ! Le sourire du jeune homme disparut à mesure que l'énervement se frayait un chemin jusqu'à ses jolis traits.

« Evie, viens. Je t'emmène au dinner. »

Ridicule. Absolument ridicule. Il avait envie de se terrer dans un coin et d'y passer la soirée. Enfin pas vraiment, mais...

« Evie, j'espère que tu as passé une bonne journée, parce que moi j'ai passé la mienne à t'attendre. Je t'aime. »

Toujours aussi mièvre. À l'étage du dessus, comme tous les mercredi soirs, la musique démarra. Il était désormais vingt heures et le stress reprit le dessus sur Walter. Ce fut presque en courant qu'il gagna le salon, mit ses chaussures et récupéra son bouquet. Il vérifia avec soin qu'il avait bien le cadeau sur lui, puis inspira longuement. Le bruit de pas trop aimés résonnèrent dans le couloir tandis qu'il se recoiffait une dernière fois. La clé pénétra la serrure presque trop rapidement, et en l'espace d'un instant, Evie le rejoignit dans le salon. Dieu, qu'elle était belle... Comme à chaque fois, il en perdit la voix. Quel demeuré il faisait...

« … Evie, je... »

Un soupir, une moue de mécontentement remplaçant l'extase, puis...

« Je te souhaite une joyeuse Saint Valentin. Ce soir, on mange au restaurant. »

Un sursaut.

« E-enfin au dinner, m-mais... »

Il savait qu'elle comprendrait.
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MessageSujet: Re: "You'd be the one I was meant to find." [Ever | Valentine's day]   Jeu 15 Fév - 22:31




You'd be the one I was meant to find.
Valentine's Day [ Ever. ]
Le début de soirée, clairement, avait été merdique. Pour une obscure raison, les clients de l'Aster Clover avaient été particulièrement pénibles, à croire que le célibat était une pathologie aussi répandue qu'agaçante le soir de la Saint Valentin. Evie avait beau n'y être pour rien, elle s'était retrouvée victime des avances les plus lourdes et les plus alcoolisées du coin, contrainte d'être l'oreille attentive des soûlards que l'amour avait déçu, oreille parfois malmenée par les rugissements de ceux qui criaient comme pour s'en persuader eux-mêmes que cette journée c'était n'importe quoi de toute façon, rien d'autre qu'une invention commerciale de plus à l'ère de la consommation de masse. Bref. Rien de réjouissant, donc.

« J'y vais ! »

Pour l'occasion, elle avait posé sa soirée. Puisqu'elle n'était pas célibataire, elle, autant en profiter. Et après des heures à fréquenter l'élite d'Aster Cove, l'urgence de revoir la douceur des traits de Walty était plus puissante que jamais. Elle voulait voir son sourire, entendre sa voix, caresser ses doigts... Au final, c'était comme si la disparition de son fiancé avait rendu son addiction à sa présence plus violente encore. Elle ne pouvait plus s'en passer. Elle ne parvenait même plus à supporter une journée complète sans lui, craignant sans doute que les heures s'écoulant lui déroberaient l'étreinte de son amant. La honte, sérieusement. Elle qui s'était jurée d'être une femme indépendante !


Les ennuis commencèrent lorsque Titine, la mamie voiture, refusa de démarrer. Evie avait essayé une première fois, puis une seconde – l'histoire ne contera pas ses vociférations dignes du plus mal élevé des matelots lors des troisième et quatrième échecs – avant de se résoudre à appeler le garage, lequel lui informa que la dépanneuse était déjà bien occupée à ramasser les épaves de véhicules qui étaient échoués sur le bord de la route pour cause de propriétaires mal préparés à la neige. La neige, ou plutôt le froid, qui était sans doute la cause de ses problèmes de démarrage. Dans tous les cas, cela devrait attendre le lendemain, personne ne l'aiderait d'ici là.

Evie lança un long regard courroucé vers le dehors, tout de blanc vêtu, dont la pureté semblait narguer sa frustration. C'était bien sa veine, de devoir rentrer à pieds le soir de la fête des amoureux. À cette idée, un profond soupir s'échappa de ses lèvres, la vapeur ainsi créée caressant son visage. Elle sortit de la voiture et claqua rageusement sa portière.

Il s'avéra rapidement que ses chaussures n'étaient pas plus adaptées à la neige que sa tenue. Quelques minutes à peine après le début de sa marche, elle était déjà congelée. Elle se résolut d'ailleurs rapidement à faire du stop, l'ignoble sensation de froid gagnant sur la sécurité avec laquelle Walty lui martelait les oreilles.

« Hey, Miss, t'es sacrément jolie pour être seule le soir de la St Valentin ! Je veux bien te tenir compagnie, tu sais...  Tu prends combien ? »

Ses cheveux roux plaqués contre son visage par l'humidité, les lèvres bleuies, grelotant à moitié, Evie n'hésita cependant pas à esquisser un regard assassin à l'homme rafiné, lui répondant à la hauteur de ses paroles par un doigt d'honneur bien placé. C'est d'un pas gorgé de haine qu'elle quitta la scène, manquant malheureusement pour sa crédibilité de choir lamentablement sur le sol à cause de ses talons, très peu adaptés à la situation. Les éclats de rire à gorge déployée de son charmant interlocuteur furent la dernière chose qu'elle entendit de lui. Sublime. L'humeur de la jeune femme se dégradait de seconde en seconde.

Le temps de parvenir à l'appartement, Evie eut l'occasion de se viander à deux reprises et d'être éclaboussée par une voiture. Elle était trempée, gelée, et vraiment très mécontente. Grimpant les escaliers qui menaient à son chez-elle et, enfin, à Walter, elle ne put s'empêcher de maugréer des jurons sous sa barbe – ou plutôt sous l'épatante quantité de cheveux qui s'était rabattue devant son visage. Ses chaussures avaient même le culot d'émettre un son d'éponge trop humide lorsqu'elle marchait. Floc, floc, floc.

Soirée de merde.

Lorsque la porte s'ouvrit, la jeune femme avait tout fait pour essayer de maîtriser la catastrophe, emmêlant donc davantage sa chevelure rebelle. Walty eut donc tout le loisir de la découvrir les doigts emberlificotés dans des mèches indisciplinées, une grimace à en faire rire les plus rigides collée au visage. Superbe.

« … Evie, je... »

Elle n'était pas étonnée de cette réaction, à vrai dire, et se sentait trop bête pour réfléchir au delà de sa prestence désormais inexistante.

« Je te souhaite une joyeuse Saint Valentin. Ce soir, on mange au restaurant. »

Oh. Oui. La Saint Valentin. Avec toutes ses émotions, Evie en avait presque oublié l'essentiel. Bien sûr que Walter l'avait invitée au restaurant. On parlait tout de même de l'homme le plus doux, le plus romantique que la Terre ait eu l'honneur de porter. Évidemment qu'ils allaient au restaurant... Si elle devait se l'admettre, elle, là, tout de suite, n'en avait plus très envie.

« E-enfin au dinner, m-mais... »

Cette fois-ci, ce fut un vrai beau sourire qui bourgeonna sur les traits de la jeune femme. Oui, la perspective d'un énorme burger avec supplément cheddar et sa toute aussi grandiose portion de frites, voilà ce qui pouvait lui redonner courage. Rien qu'à l'idée, son corps tout entier semblait se réveiller un peu, réclamant le gras que le froid avait fait fondre dans son organisme.

Elle s'approcha et colla un baiser chaste sur les lèvres de Walter, appréciant leur chaleur tandis qu'elle entrelaçait ses doigts gelés avec les siens.

« Walter, t'es le meilleur. C'est pour ça que ça rime. »

Un frisson la parcourut, et elle tenta de passer une main nonchalante dans ses cheveux pour cacher son inconfort, peu désireuse d'alarmer son fiancé. Déjà qu'en sentant sa température bien trop basse, la maman poule qu'il était allait se faire un sang d'encre... Oh, elle entendait déjà ses murmures inquiets !

« Je vais devoir prendre une douche par contre mon cœur... Je pue c'est juste atroce. »

Elle lui adressa un petit clin d'oeil, invitation fugace à un premier moment à deux, rapide mais tendre. Ils n'avaient pas le temps de passer sous les draps... tout de suite. Cela viendrait plus tard. Impossible de s'en empêcher, elle embrassa à nouveau son amant.

« Je t'aime tu sais ? »

Un nouveau frisson lui traversa l'échine, et elle laissa un éclat de rire lui échapper tandis qu'elle reculait.

« Tiens, prépare-moi une tenue au pire ! Je veux te plaire... »

Un clin d'oeil, et elle avait disparu.
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MessageSujet: Re: "You'd be the one I was meant to find." [Ever | Valentine's day]   Jeu 15 Fév - 23:45




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Baisers volés, amour rêvé, tendresse passée pour d'innombrables caresses, l'éternité à tout prix, ma vie pour elle. Evie.
Belle. Comme un soleil, une étoile tombée tout droit du ciel pour l'éblouir. Belle. Comme une fleur née au lendemain de l'hiver, encore fragile et pourtant tellement forte. Belle. Comme le papillon qui s'éveille à la vie après avoir vécu des jours durant dans son cocon. Une étincelle. Un éclair. Une évidence. Elle.   

« Tiens, prépare-moi une tenue au pire ! Je veux te plaire... »

Walter eut, à cet instant précis, l'irrésistible envie de lui révéler une vérité qu'Evie n'entendait jamais qu'à demi. Elle lui plaisait tout le temps, à chaque heure, chaque minute, chaque seconde que faisait Dieu, et même encore davantage. Chacune de ses respirations soupirait sa beauté, chacun des battements de son cœur hurlaient sa perfection, chacun des battements de ses cils imprimait à jamais le visage tant aimé.

« Tu me plais tout le temps, mon cœur... »

Souffla-t-il sans qu'elle ne puisse l'entendre. La flamboyante chevelure de sa compagne avait déjà passé la porte, se dirigeant vers une douche qui lui donnerait l'assurance dont elle manquait, faisant naître sur ses lèvres le sourire qui le hantait depuis toujours. Du moins en avait-il l'impression. Quelqu'un, quelque part, avait dit un jour qu'on naissait deux fois. Il était né Bishop et avait connu un second souffle dans le regard de cette femme. Il était né Bishop et avait appris à vivre dans ses bras. Une sorte de moue bien trop mièvre à son goût le fixa depuis le miroir de la chambre dans laquelle il entra et c'est avec une certaine satisfaction qu'il ouvrit la porte du dressing. Celui-ci, rempli des tenues d'Evie, avait ce quelque chose de magique qu'ont les pièces interdites de l'enfance. Les rares fois où Walter y pénétrait, c'était pour bien d'autres raisons que la contemplation attentive des tenues qui s'y trouvaient. Il échangea un regard gêné avec le chat de la maison, venu en courant dans ce lieu prohibé où Evie ne le laissait jamais entrer.

« Tu sais que tu n'as pas le droit d'être là, toi... ? Si maman te voit, elle va te dévorer tout cru. »

Un miaulement plaintif lui répondit et l'espace d'un instant, Walter eut l'impression que le fieffé coquin l'avait compris. Il éclata d'un rire discret, bien qu'amusé, et se concentra sur la tâche qu'il avait à accomplir. Une tenue. Il lui fallait une tenue pour Evie. Walter avait envie de quelque chose de très classe et de sans doute bien trop guindé pour un burger. Evie aurait envie de quelque chose de plus détendu, mais qui lui irait si bien qu'elle incarnerait à elle-seule le mot magnifique. Il se tourna donc vers les robes de droite, qui semblaient être un parfait compromis entre leurs deux avis. Les heureuses élues qui trônaient là portaient en elles une classe que seul le noir était capable de fournir aux vêtements. Toutes étaient élégamment taillées, mais certaines bénéficiaient de quelques paillettes qui contrastaient avec leur prestance naturelle. Il y en avait une, parmi toutes, qui plaisait tout particulièrement à Walter. Non contente de donner à Evie des lettres de noblesse, elle accompagnait les formes de sa compagne et la rendait indubitablement... sexy. Le mot lui valut un regard incendiaire du félin trop heureux de se trouver là et Walter se sentit discrètement rougir. C'était idiot. Poussant un soupir mécontent, il décida définitivement que ce serait cette robe et pas une autre. Il se dirigea donc vers les collants et les bas, qui devinrent soudain un terrible dilemme. Evie portait les bas comme personne. Ils l'habillaient et lui donnaient la magnificence d'une reine. Du plus loin qu'il s'en souvienne, Walter n'avait jamais connu de femme à qui les bas allaient mieux qu'à la sienne. La sienne. Un sourire un peu trop heureux mangea ses lèvres tandis qu'il repensait à la chance qu'il avait d'être fiancé à elle. Elle, qui était si belle, même lorsque le froid bleuissait ses lèvres et faisait rougir ses pommettes. Elle, qui était si belle lorsqu'elle rentrait en aventurière, les cheveux en bataille et la peau rendue glacée par l'hiver. Une peau de porcelaine, qu'on caressait du bout des doigts, de peur d'en altérer la douceur, ou pire d'en briser la propriétaire. Elle, qui était si belle dans cette ingérence qu'elle avait à prendre soin d'elle-même. Ce serait donc des collants. Il était hors de question qu'elle attrape froid et tant pis pour le coup de chaud qu'il prenait à chaque fois qu'elle portait des bas. Et si elle n'était pas contente, elle n'aurait qu'à s'en prendre à elle-même. Après ça, Walter se rendit au rayon chaussures et choisit pour elle une paire d'un noir intense, ni trop haute, ni trop basse, sertie d'une boucle en or. L'or allait terriblement bien à Evie. Il était sa couronne, montrant au monde entier ce que lui-même voyait tous les jours. Elle était une reine. Elle était sa reine. Ses pas le conduisirent ensuite vers les différentes vestes de la jeune femme. Là, Walter n'eut aucune hésitation. De toutes, il prit la plus chaude. Evie n'aurait pas froid. Un foulard rayé d'or accompagna l'ensemble. La tenue était fin prête.

« Eviiiie ? J'ai fini ! »

Un frôlement contre son mollet lui rappela cependant un léger détail.

« E-enfin presque... ! »

Cria-t-il.

« Viens par-là, toi... ! »

Murmura-t-il.

« Allez... ! »

Mais le chat ne l'entendait clairement pas de cette oreille, ni de l'autre, d'ailleurs. Alors que Walter se lançait à sa poursuite, celui-ci se jeta sur le placard à chaussures et en fit tomber la plupart sur le sol. Une moue catastrophée dévora les lèvres du jeune adjoint tandis qu'il tentait une diversion.

« A-ATCHOUM ! »

Tout le monde ne pouvait pas être acteur, hein... ? Cela eut au moins le mérite de faire fuir le chat dans une gerbe de poils qui volèrent un peu partout dans la pièce. Superbe. À défaut d'être une performance scénique réussie, ça avait tout d'une scène comique. Walter disparut dans le placard à balais -littéralement- et y récupéra l'aspirateur de la maison, qui fit un bruit épouvantable lorsqu'il le passa sur le lieu du délit. Si Evie ne comprenait pas qu'il avait fait une bêtise, avec tout ça... Depuis le lit, ou plutôt son trône, le chat observait son larbin faire le ménage sans ressentir la moindre once de culpabilité. Ou du moins le cachait-il avec énormément de talent, si culpabilité il y avait. Une moue agacée mangea le visage de Walter qui s'empressa de ranger son allié ménager. Lorsqu'Evie pénétrerait, un temps plus tard, dans le dressing, il serait à quatre pattes en train de ranger les paires de chaussures évadées.

« E-Evie... Ta tenue est sur... le lit. »

Pourvu que le chat ne se soit pas allongé dessus pendant qu'il ne regardait plus...
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MessageSujet: Re: "You'd be the one I was meant to find." [Ever | Valentine's day]   Ven 16 Fév - 16:53




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Les mots de Walter, tels un cocon, doux, tendres, lui apportèrent peut-être plus de chaleur que la douche ne le ferait jamais. C'était fou, après tout ce temps, après tout... tout ça, comme ils continuaient de s'aimer, comme elle se trouvait incapable de se détacher, incapable surtout de ne pas rougir à la manière d'une fillette flattée par son amoureux épistolaire. C'était l'Amour, sans doute, l'Amour coiffé d'une majuscule, l'Amour comme on n'en croise qu'une fois peut-être, l'Amour qu'on ne remplace pas et qui insuffle sa beauté dans tout ce qui vit et meurt sur cette Terre. Oui, Evie était amoureuse. Des fois qu'elle ne s'en soit pas encore rendue compte.

Dissimulant le sourire niais qui lui bouffait le visage, la jeune femme fila dans la salle de bain, désireuse d'enlacer un filet d'eau bien chaud pour apaiser les frissons qui parcouraient son corps. Tandis qu'elle se laisser bercer par la caresse salvatrice du liquide contre sa peau rougie de froid, elle s'amusa à imaginer Walter, tout seul dans son dressing, à se demander quel vêtement lui choisir, à paniquer un peu peut-être lorsque le doute envahirait ses pensées. C'était méchant, sans doute, absolument, mais c'était surtout très drôle et elle avait hâte de voir ce que les pensées nerveuses de son fiancé lui réservaient. Obtiendrait-elle une robe très guindée ? C'était peu probable, mais possible, considérant la tenue pour le moins inappropriée que Walty comptait visiblement bien arborer pour une soirée au dinner. À cette idée, un éclat de rire amusé lui échappa. Non, vraiment, il n'y avait que lui pour faire ce genre de chose, à la fois incongrues et désespérément romantiques, follement douces, incroyablement tendres. À croire que l'adjoint du shériff, loin d'un comportement de cow-boy, aspirait à la tranquillité la plus absolue par tout son être.

Dire qu'elle en était dingue était encore un euphémisme. C'était devenu particulièrement vrai depuis qu'elle l'avait retrouvé, deux ans après, deux ans comme un trou noir dont elle peinait presque à se souvenir désormais. Elle avait été un zombie, un automate, plus vraiment elle-même en tout cas, sans cette autre moitié d'elle qu'on avait osé lui arracher. Le simple souvenir de l'appartement trop grand et trop vite lui tira une grimace d'inconfort, tirant son humeur joviale vers la monotonie.

Stop. On rembobine, on recommence.

Elle préféra se souvenir de Walty, ouvrant son tiroir à cannabis – parce qu'elle en avait confectionné un, pour les petits moments de tristesse ou de solitude, rien de bien extravagant. La tête qu'il avait affichée alors lui tira un nouvel éclat de rire. Oh, Evie se souvenait, ne pouvait oublier la longue leçon de morale qui avait suivi cette découverte macabre, le visage absolument scandalisé de son fiancé pourtant encore bien peu à l'aise parmi les vivants. Et son rire, aussi, son rire lorsqu'elle-même n'avait pu retenir le sien, leurs rires se joignant et s'enlaçant comme eux avaient fini par le faire. Un sourire attendri étira ses lèvres, et elle caressa doucement la paroi de douche du bout des doigts, cherchant peut-être une synesthésie à cette mémoire chérie.

Un grand fracas la tira de ses pensées en un sursaut. Qu'est-ce que...

« Walter ?! Ça va ?! »

L'irrationalité remplaça un instant son esprit cartésien, hurlant au kidnapping. Et comme Evie avait un instinct de survie particulièrement affuté, elle décida que quiconque tentait de lui ôter son fiancé aurait affaire à elle. Éteignant la douche, elle se rua hors de la baignoire, glissant contre le carrelage par la même occasion et manquant de peu une chute aussi impressionnante que ridicule.

« A-ATCHOUM ! »

Atchoum ?

Atchoum. Atchoum, c'était le réflexe stupide de Walty qui revenait quand il faisait une connerie. Ce pouvait être Atchoum comme un rire tonitruant ou une toux carabinée. Le résultat était le même : la crédibilité crucifiée sur l'autel de l'absurde. Elle n'avait toutefois, en l'occurence, trop rien à dire pour se moquer de son amant, sa propre réaction disproportionnée et tout de même bien bête.

« T'es complètement con, ma pauvre fille. », marmonna-t-elle pour elle.

Se redressant tant bien que mal, elle s'arma d'une brosse afin de défaire l'amas de nœuds qu'arborait sa fière chevelure. Le combat s'annonçait difficile. Se mordant la lèvre sous l'effort, elle s'attela à sa tâche, sagement, désireuse de plaire à son mari autant que possible. Elle était entrée gueuse, elle sortirait princesse. Ou quelque chose du genre.

Le bruit de l'aspirateur lui fit hausser un sourcil. Qu'avait donc bien pu faire son fiancé pour devoir le passer ? Renverser quelque chose, au vu du bruit. C'était évident jusque là. Mais quoi... ? Les mathématiques de ces interrogations l'occupèrent le temps de terminer sa mise en beauté et elle sortit comme à son habitude : nue mais bien maquillée.

La scène qui l'attendait dans sa chambre était aussi inattendue que risible : Walter, à quatre pattes par terre, rangeant péniblement la dernière paire de chaussure au mauvais endroit dans son étagère visiblement renversée, et un Bibou très mal placé mais très satisfait trônant sur la tenue placée sur son lit par son maître.

« E-Evie... Ta tenue est sur... le lit. »
« Oui, je sais... »

Un sourire très amusé se placarda sur son visage, faisant briller les prunelles noisettes qu'elle posa sur Walty tandis qu'elle s'avançait vers ses affaires afin de les sauver de l'assaut des poils félins.

« Allez, zou Bibou, zou ! »

Le chat, trop intelligent pour lui désobéir, s'exécuta, lui laissant l'occasion de soulever la robe que lui avait réservé son homme.Ah, elle aurait dû s'en douter... Classe – trop pour un dinner, mais elle voyait qu'il avait déjà fait un bel effort de maîtrise – et surtout sexy. Son expression se teinta de malice tandis qu'elle lui lançait un regard.

« Du coup, je me mets toute nue en dessous ? »

C'était chou, au fond, d'oublier ses sous-vêtements, mais Evie n'allait pas manquer une belle occasion de taquiner son cher et tendre. D'ailleurs...

« Au fait, si tu voulais me cacher le fait que le chat était allé dans le dressing, le mieux, c'était de fermer le dressing derrière toi mon cœur. Ah, et les chaussures... On est l'hiver, c'est les bottes en haut. »

Son ton était volontairement provocateur et son visage frippon. Elle rêvait de voir la bouille de son amant, tout gêné et tout penaud devant son échec total en matière de discrétion. Méchant, ça l'était peut-être, mais elle assumait pleinement. Après tout, on l'avait privée de ce genre de moments pendant deux ans, il fallait bien qu'elle rattrape, non ?

S'avançant vers son tiroir à sous-vêtements, elle fit bien attention à se pencher pour séduire son compagnon tandis qu'elle choisissait un ensemble – érotique sinon rien.

« Je rigole mon cœur, évidemment. »

Lentement, elle enfila ceux-ci, par derrière, adressant par dessus son épaule un regard coquin à son fiancé. C'était ce genre de petit moment qui boostait toujours son ego, ce genre de moment où elle voyait son image dans le regard de Walter et où elle se sentait curieusement parfaite. Dire qu'elle ne l'appréciait pas serait mentir. Elle prit tout autant d'application à endosser chaque partie de la tenue confectionnée, ne commentant pas sur le choix des collants à la place des bas, et tentant de rendre leur port tout aussi sexy. Si ce fut une réussite, elle n'était que très mitigée.

« Alors, ça me va ? », finit-elle tout de même par demander.

Elle s'avança pour aller goûter les lèvres de Walter, souriante, glissant ses bras autour de son cou avant de murmurer.

« On y va ? »
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MessageSujet: Re: "You'd be the one I was meant to find." [Ever | Valentine's day]   Dim 18 Fév - 0:37



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- Ever. -
Baisers volés, amour rêvé, tendresse passée pour d'innombrables caresses, l'éternité à tout prix, ma vie pour elle. Evie.
Buzz avait toujours été un chat intelligent, aussi fila-t-il à l'instant même où Evie le lui demanda. Tout comme Walter, il savait à quel point la colère de sa maîtresse avait des allures d'apocalypse, même si celle-ci la rendait immensément belle. Si apocalypse il y avait bel et bien, elle en était l'ange. Un sourire se glissa sur les lèvres de Walter tandis qu'il faisait volte-face pour découvrir le corps dénudé de sa belle. Ses yeux caressèrent des courbes dont il connaissait tous les détails pour venir rencontrer le regard brun d'Evie. Celui-ci, plein d'une malice qu'il ne comprenait pas, le happa comme à chaque fois qu'il avait le bonheur de le croiser. Dans ces iris-là, il voyait le monde. Dans ces iris-là, il voyait la magnificence de toute chose. Dans ces iris-là, il voyait l'avenir. Son avenir. Evie était son futur et c'était toute une vie qu'il souhaitait écrire à ses côtés. Un sourire un peu trop grand mangea ses lèvres tandis que la plus belle femme du monde le regardait, hilare.  

« Hein... ? »

Ne put-il s'empêcher de murmurer, sans vraiment comprendre. Comme souvent, trop souvent, il s'était perdu dans la contemplation des traits, des sourires, des mimiques de sa belle, au point de perdre le fil de leur discussion. C'est en se concentrant qu'il rattrapa leur conversation, et son air interrogateur laissa place à une moue désolée.

« O-oh, j-je... C'est à dire que... »

Mais celle qui avait tout d'une reine ne le laissa pas finir et enchaîna sur son échec absolument cuisant. Elle souleva d'ailleurs un point très intéressant qui rendit définitivement maîtresse la moue désolée qui dévorait ses traits.

« C'est que... Je n'arrive jamais à te mentir, Evie... »

Et c'était vrai. Quoiqu'il fasse, quoiqu'il tente, la vérité quittait ses lèvres à la moindre des demandes d'Evie. Ou alors, ce qu'il inventait n'avait aucune conviction et la demoiselle devinait immédiatement qu'il était en train de mentir. C'était presque devenu difficile de lui faire des surprises et l'idée qu'elle puisse, ce soir aussi, réclamer de savoir, le stressait chaque seconde un peu plus. Ce faisant, il attrapa les bottes réclamées par sa belle et les lui tendit. La suite... Le mit dans un émoi difficilement maîtrisable.
Evie était belle. Evie était désirable, et elle le savait. Chacun de ses gestes, chacun de ses regards, avait cette force de conviction, ce désir de séduire qui lui avait volé son âme neuf ans plus tôt. Walter observait, sans trop savoir quoi faire, quoi dire, perdu entre deux mondes dont l'un portait le nom de volupté. Mais l'autre, plus sérieux, moins jovial sans doute, le ramena à lui en murmurant le sourire qu'Evie aurait en découvrant sa surprise. Elle était belle, Evie, lorsqu'elle souriait. C'était ainsi qu'il la préférait, ainsi qu'il s'était promis de la découvrir, chaque jour, chaque instant, même, heureuse. Elle était belle, Evie, lorsque tout son être hurlait au bonheur, lorsque tous ses gestes étaient guidés par cette certitude d'être heureuse qu'il souhaitait lui offrir. Elle était belle, Evie, et Walter s'était promis de toujours la garder ainsi. Il avait failli à sa tâche pendant deux années. Et ces deux années ne seraient jamais rattrapées. Lorsqu'il fermait les yeux, il se rappelait les larmes de sa belle, lorsqu'elle l'avait revu. Il avait découvert une fleur proche d'être fanée, de ces roses éternelles dont on aurait volé l'essence même. Il avait senti ses bras se resserrer autour de ce corps trop brisé, et s'était senti responsable de cet état de fragilité dans lequel il l'avait plongée. Deux ans. Deux ans perdus, deux ans gâchés, deux ans vendus, deux ans bloqués dans une autre temporalité, que lui-même n'avait pas eu à subir. Deux ans qu'il se devait de rattraper, de toutes ses forces, de toute son âme. Deux ans qu'il offrirait plus beaux encore à cette femme dont le sourire était la plus belle de toutes les armes. Walter regarda, apprécia, aima, dévora, ce corps chéri, cette présence adorée,  ce contact essentiel, puis lui décocha un sourire, de ceux qui hurlent tout l'amour qu'on éprouve et prouvent mille fois les sentiments. La question qui suivit ne suffit pas à le désarçonner, ce sourire presque trop fort, presque trop niais pour lui, pour eux. Il hocha la tête, ses yeux suppliant Evie de voir à travers eux, de comprendre à quel point elle était belle, belle de trop de bonheur, de tant de sensualité, belle tout court, belle absolument.

« Evie, tu es... magnifique. Grandiose. Je t'aime. »

Et c'était vrai. Le temps s'écoulait à mesure que son amour pour elle grandissait. Chaque seconde voyait grandir une graine rapidement devenue forêt, passant par les étapes et les crucifiant toutes tant elle allait vite. Les lèvres d'Evie avaient la saveur de la vie et Walter les dévora sans jamais en être rassasié. Il aurait pu y passer des heures, des années, même, mais la voix d'Evie le rappela à l'ordre et c'est en hochant la tête qu'il lui tendit sa veste.

« Tiens, mon cœur... »

Il l'aida à l'enfiler, d'un geste si plein de tendresse que quiconque l'eut vu faire aurait trouvé ça presque trop amoureux. Mais pouvait-on vraiment être trop amoureux d'une femme aussi extraordinaire ? Walter pensait que non. Walter était persuadé du contraire. On n'était jamais assez amoureux de la femme de sa vie, et l'aimer durant toute l'éternité ne suffirait jamais vraiment. On aimait donc de toutes ses forces dans l'espoir que ça puisse suffire. Walter rêvait de têtes blondes portant le nom de Bishop et issus des Knott. Walter rêvait d'une famille, d'un ventre rond et d'un bonheur tranquille, rempli de trop d'amour. Jamais assez.
Après ça, il guida sa belle jusqu'à leur voiture et tous deux sortirent dans les rues d'une Aster Cove déserte. Tous les couples, sans doute, se préparaient ou bien mangeaient déjà. C'était sans doute ceux qui l'avaient privé d'une réservation dans l'un de ces grands restaurants prestigieux où Evie ne se serait pas plu. Au final, ce n'était pas plus mal. Le trajet se passa sans heurt. La voiture affronta vaillamment la neige qui recouvrait un peu plus le sol à chaque instant, rendant tout plus magique. Lorsqu'ils arrivèrent au dinner, Walter eut le plaisir de constater que le parking était vide. Les gens avaient dû préférer venir à pied, mais lui-même avait peur qu'Evie ne prenne froid.

« Si madame veut bien se donner la peine... »

Murmura-t-il alors qu'il ouvrait la porte de sa belle. Le repas les attendait et la surprise aussi. Un temps, le cœur de Walter se serra d'angoisse. Mais tout irait bien. Tout allait toujours bien, pourvu qu'Evie soit là. Ce soir, c'était bel et bien le cas.
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MessageSujet: Re: "You'd be the one I was meant to find." [Ever | Valentine's day]   Lun 19 Fév - 14:27




You'd be the one I was meant to find.
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« C'est que... Je n'arrive jamais à te mentir, Evie... »

Et c'était vrai. D'aussi loin qu'elle le connaissait, la jeune femme ne l'avait jamais vu proférer un mensonge jusqu'au bout. S'il devait tenter, son fiancé finissait toujours, irrémédiablement, par se saborder. C'était adorable. Un sourire tendre se dressa sur ses lèvres tandis qu'elle allait déposer un baiser sur celles, chéries, d'un homme dont elle ne savait plus se passer.

« Je sais, mon cœur. C'est mignon. »

Une taquinerie, un clin d’œil. La seconde d'après, elle se baissait à la recherche de sous-vêtements dignes de l'émoustiller, dans un jeu de séduction qui n'avait jamais cessé de lui plaire. Elle sentit son regard sur son corps dénudé, sentit la rougeur grimper sur ses joues sans même la voir, l'émerveillement avec lequel il la détaillait. Une chaleur familière se répandit en sa poitrine tandis qu'un sourire bourgeonnait sur ses traits. Ces yeux-là étaient son monde. Ces yeux-là étaient les seuls par lesquels elle souhaitait exister. Ces yeux-là étaient les seuls dans lesquels elle voulait se savoir belle. Et c'était le cas. Evie, dans le regard de Walter, était la plus belle femme du monde. Evie, dans le regard de Walter, était une déesse, une apparition chimérique de grandeur. Pour toute l'illusion que cela représentait, pour toute la subjectivité que cela comprenait, elle ne pouvait nier la sensation grisante que cela lui apportait, la confiance absolue que cela lui donnait. Alors elle joua, joua de ses formes, joua de sa nudité, joua des vêtements qu'elle prit le temps d'enfiler, chercha plus encore l'approbation d'un homme qui lui était déjà tout acquis, s'accrocha à la splendeur de son sourire et ne put que répondre de l'un des siens.

« Evie, tu es... magnifique. Grandiose. Je t'aime. »

Elle s'approcha doucement de lui et prit ses mains dans les siennes, amoureuse. Son regard pétillait d'une affection qui la dévorait toute entière, son cœur débordant d'une adoration qu'elle ne porterait jamais qu'à lui. Toujours. Éternellement. Mais c'était de ces choses qu'elle ne pouvait ou ne voulait dire, de ces paroles trop mielleuses pour plaire à sa langue, de ces mots trop imparfait pour décrire l'infini de son attachement. Elle caressa sa joue, tendrement, un air bien trop amoureux à son goût au visage.

« Tu n'es pas mal non plus, Walty... Je t'aime aussi. »

Il était parfait, ce con. Bien trop pour qu'elle ne l'égale un jour. Mais ce n'était pas grave, pas avec lui. Elle n'avait besoin de rien. Elle n'avait pas à se mettre la pression. Elle n'avait pas à souffrir. Exister était suffisant à le combler, apparemment, et elle s'efforçait donc de le faire du mieux possible. Parce qu'elle l'aimait, ce con.


Evie haussa doucement les yeux au ciel lorsque son fiancé fit mine de l'aider à enfiler sa veste, murmurant à quel point il était un incorrigible romantique tout en se laissant faire. Rien ne lui coûtait de ne pas râler, après tout. Et puis ça lui faisait plaisir, à son idiot de futur mari. À cette idée, un sourire trop bête vint caresser ses traits. Elle avait hâte. Elle qui ne s'était jamais tant pressée pour conclure la cérémonie ressentait désormais une urgence presque vitale à cette idée. Elle ne voulait plus attendre. La disparition de Walter lui avait fait prendre conscience que les regrets pesaient plus lourd que tous les remords, et c'était de ceux-ci dont elle voulait se débarrasser. Se marier, vite, devenir madame Bishop et promettre de chérir son abruti de compagnon pour toujours, voilà ce qu'elle désirait plus que tout au monde désormais. C'était stupide, sans doute, mais le souhait était là, partout, dans tout ce qu'elle entreprenait et dans chacune de ses pensées. Elle en crevait d'envie, silencieusement, dans son coin, sans trop en parler. Walty avait besoin de temps. Walty avait besoin de guérir. Walty avait traversé quelque chose d'horrible qui hantait encore ses nuits et, parfois, le perturbait jusqu'en plein jour. Evie le sentait, le savait, comprenait surtout. Elle ne s'était pas attendue à retrouver le même homme. Et même si ça faisait mal, parfois, trop souvent si elle était franche, la douleur de voir son fiancé souffrir était bien moindre à celle de l'avoir perdu. Égoïste, peut-être. Honnête surtout. Le mariage patienterait.

Maintenant, ils avaient le temps.

Pendant le voyage en voiture, elle saisit l'occasion d'allumer la radio et de chanter, l'entraînant avec elle, sur les titres du moment et quelques-uns, moins récents pour elle, plus présents pour lui. Elle voulait le détendre, ne pas se prendre la tête, lui offrir surtout une tranquillité qui lui était trop souvent arrachée.

« It's the eye of the tiger, it's the thrill of the fight !
Risin' uuuuup to the challenge of our riiiiival
And the last known survivor stalks his prey in the night
And he's watchin' us all with the eeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeye of the tiger ! »

Exagérant ses mouvements et surjouant le rôle de la chanteuse de rock, Evie éclata de rire en chantant et adressa des regards, pétillants de malice, à son fiancé. Elle fit même mine, en référence au film qu'elle était allée voir en sa compagnie, de donner des coups de poing dans le par-brise, se jouant des codes de la demoiselle de bonne famille au profit de la rigolade qu'ils partagèrent sur le chemin.

« And he's watching us all with the eeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeye of the tiger !»

Ils parvinrent rapidement au dinner, le sourire aux lèvres et main dans la main, heureux surtout d'être ensemble. Comme à son habitude, Walter fit le romantique invétéré et ouvrit sa portière. Evie décida donc d'en profiter et tendit les bras, faisant mine de vouloir être portée hors de la voiture. Quitte à être traitée comme une princesse, autant l'être jusqu'au bout après tout...

Puis elle eut une révélation, soudaine, folle. Le parking était vide. Ils étaient seuls. Un grand sourire vint manger ses lèvres.

« Attends, attends ! »

Elle alla rallumer la radio et remit la chanson... à fond cette fois. Sortant cette fois de la voiture, la jeune femme attrapa la main de son compagnon et lui offrit une expression malicieuse avant de se mettre à danser. En talons, dans la neige, habillée assez chaudement pour ne pas avoir trop froid et l'amour de son mari comme garantie d'un bon moment, elle entreprit donc de sautiller, s'égosillant sur les paroles tout en entraînant Walter, son Walter, dans sa bêtise. Et peu importe les regards que lanceraient les badauds, peu importe les dérangements pour le voisinage, elle était heureuse. Le moment s'étira, arrêta le temps pour mieux répandre son bonheur, illumina sa journée pour mieux éclairer son cœur. Là, elle était bien.

Heureuse, oui. Avec lui. Toujours lui.
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MessageSujet: Re: "You'd be the one I was meant to find." [Ever | Valentine's day]   Mar 20 Fév - 1:14


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Baisers volés, amour rêvé, tendresse passée pour d'innombrables caresses, l'éternité à tout prix, ma vie pour elle. Evie.
Il y a quelque chose de magnétique, chez Evie. C'est ce quelque chose qui attire les papillons, qui révolutionne la perception du monde et lui donne une indéniable beauté. C'est l'espoir, le pouvoir, le bonheur, la joie, le désir de liberté, et la liberté toute entière, aussi. C'est le passé, mais aussi l'avenir, et puis le présent, tant qu'à faire. Il y a quelque chose chez cette femme qui attire le cœur à jamais et capture l'âme pour l'éternité toute entière. Evie est un trésor qu'il faut chérir, aimer, désirer, obtenir. Chaque jour est un combat pour ne pas déborder de trop d'amour. Chaque jour est un plaisir dans lequel il faut se perdre sans pour autant oublier d'où l'on vient. C'est en sachant la chance qu'on a que l'on est vraiment heureux. Pas autrement. Walter sait. Walter n'oublie pas. Et le sourire qui dévore présentement ses lèvres aurait de quoi illuminer les cieux à la manière d'un soleil.

« Rising up, back on the streeeet ! »

La mélodie s'envole, et avec elle, les doutes et les peurs de Walter. Ces instants sont précieux. Ces instants sont autant d'étoiles qui brilleront à jamais dans les cieux de leur vie. Ces instants forment les constellations qu'ils montreront un jour à une flopée de mini Bishop. Il les espère roux. Il espère aussi qu'ils prendront cette fossette qu'il aime tant. Il en voudrait trois.

« Don't lose your grip on the dreams of the past
- You must fight just to keep them alive... !
»


Leurs deux voix n'en sont bientôt plus qu'une seule, et un peu plus d'allégresse gagne le cœur éperdu de l'homme qui ne voit qu'elle. Il n'y a qu'Evie dans ces yeux-là. Il n'y a que ce sourire, que ce regard brun rempli d'amour, que cette malice inhérente à tout son être. Il n'y a rien d'autre que leur avenir en commun, et les rêves du passé sont aussi ceux du présent. Ils vivent. Et ils vivront aussi longtemps qu'il lui sera donné de respirer.

« It's the eye of the tiger, it's the thrill of the fight !
Risin' UP to the challenge of our riiiiival
And the last known survivor stalks his prey in the night
And he's watchin' us all with the eeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeye of the tiger !
»


Puis le refrain les emporte, les enveloppe de cette ambiance qui n'appartient qu'à eux, magnifie leur bonheur pour le rendre plus précieux, encore. Il l'est déjà tant, pourtant, et Walter s'émerveille de pouvoir se sentir un peu plus heureux jour après jour. Ça fait plus de neuf ans, maintenant, elle et lui. Ça fait plus de neuf ans, et il l'aime comme au départ. Non, bien plus qu'au départ. Un peu plus à chaque seconde. Il ne sait pas jusqu'où l'amour le portera, et si Evie lisait en lui, sans doute le trouverait-elle mièvre. Lui-même se sent mièvre, mais il s'en moque. C'est l'impression d'un amour infini, dont les limites ne se dessineront jamais, qui le porte. C'est une impression grisante, absolue, comme ce que fait ressentir un air de musique voué à devenir mythique.

« Risin' up, straight to the tooooop !
Had the guts, got the gloooory
Went the distance, now I'm NOT gonna stop
Just a man and his will to surviiiive !
»


C'est gorgé d'espoir et de courage, plein de ce bien-être qu'Elle lui apporte par sa simple présence qu'il arrive au dinner. Ni une, ni deux, la rockstar laisse place au gentleman et c'est avec un sourire trop aimant qu'il lui ouvre la porte. Elle est sa reine, et à ce titre, elle mérite d'être traitée comme telle. Alors qu'Evie lui tend les bras, Walter s'apprête à la porter comme le font les princes dans les romans de l'enfance. Mais sa belle n'est ni ensommeillée, ni prisonnière, et c'est dans un élan de liberté absolue qu'elle s'extrait de la voiture, seule. Il est 20h30, on est mercredi soir. Le vent emporte de tendres flocons qui s'attachent aux vêtements et tapissent un sol déjà blanc depuis longtemps. Le froid est saisissant, presque mordant, et c'est peut être aussi pour ça qu'Evie agit ainsi. Mordue, elle l'est depuis longtemps, depuis toujours peut être. Mordue d'espoir, mordue de liberté, mordue de ce sentiment révolutionnaire qu'il lui a toujours connu et, il espère, un peu mordue de lui, aussi. Le regard qu'il lui lance, lui, est éperdu d'amour. Un sourire se glisse sur les lèvres qui déjà bleuissent, et c'est avec plaisir qu'il reprend la musique. Il espère un slow, après, mais celui-ci ne vient pas, et quand meurt la voix du chanteur, c'est le son de leurs souffles essoufflés qui perdure. Walter n'a plus d'air, il s'est égosillé et croit même avoir vu des passants le dévisager avec un air désapprobateur. Pour autant, il éclate de rire, et offre un regard plein d'amour à sa belle. Ne résistant pas à la tentation, il claque un baiser sur ses lèvres, et caresse son oreille d'un ton trop amoureux pour elle, peut être.

« Je t'aime... »

Éperdument. Absolument. Indubitablement. C'est plus fort que lui, bien trop intense, bien trop saisissant, pour qu'un jour il puisse le nier. Sa main vient prendre celle de la demoiselle, qu'il entreprend de guider vers les portes du dinner, après qu'il ait fermé la voiture. À l'intérieur, une serveuse sourit, visiblement amusée lorsqu'elle les voit arriver. Sans doute a-t-elle tout vu. Mais Brenda aime les jeunes et plus encore, elle aime le bonheur. Si les rides dévorent un peu plus ses traits que dans son souvenir, elle reste pleine de cette étincelle de jouvence qui ne quitte jamais son regard.

« Salut Walty', salut Evie ! Une table pour deux, j'présume ?
- Bonsoir Brenda. Une table pour deux, effectivement.
»


La serveuse n'a pas de mal à les conduire vers une table. Elles sont pratiquement toutes libres, ce soir. Prévenante, comme à son habitude, elle leur choisit un coin intime, où les regards indiscrets se font rares. Walter n'a que faire des regards. Le seul qui compte frôle le sien, et s'y arrête. Le seul qui compte est plein de cette flamme qu'il s'évertue à maintenir, de toutes ses forces. Le seul qui compte appartient à celle qui sera la mère de ses enfants. Plein de petits Bishop à fossettes.

« Et voilà pour les amoureux. Je vous laisse choisir tranquille, je r'passe dans cinq minutes. »

Un clin d’œil, et déjà Brenda s'éloigne. Elle se rend à la table, anomalie absolue pour le jour des amoureux, d'une famille dont le bambin rit aux éclats. Un dinosaure en plastique mauve dans une main, son burger dans l'autre, il propose à l'animal disparu une bouchée qu'il ne prend jamais. À la manière de sa mère qui roule des yeux, il interpelle la créature en la menaçant de lui reprendre son repas s'il ne se dépêche pas de l'avaler. Un sourire, un peu bête, sans doute, se trouve une place sur les traits de Walter. Il ne peut s'empêcher de s'imaginer assis à cette même table, dans plusieurs années, accompagné d'une Evie radieuse et d'un bambin rouquin. Sera-t-il aussi tranquille que son père ou aura-t-il le tempérament de feu de sa mère ? Walter ne sait pas, mais il se fait la promesse de l'aimer dans tous les cas.

« Joyeuse Saint-Valentin, mon amour... »

Murmure-t-il en prenant la main de sa belle au creux de la sienne. Nul besoin de menu. Celui-ci est déjà imprimé dans l'esprit de Walter depuis longtemps. Evie a toujours adoré les burgers.
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MessageSujet: Re: "You'd be the one I was meant to find." [Ever | Valentine's day]   Mer 21 Fév - 0:22




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Walter était grandiose quand il était heureux. Evie eut pu se perdre dans la beauté de son sourire, dans la profondeur de son regard, se perdre ou bien passer des heures à parcourir les traits illuminés du bout des doigts, des lèvres, du nez... Walter était magnifique quand il était heureux, et Evie voulait imprimer cette expression sur ses traits à jamais. On ne chérissait jamais assez le bonheur des êtres aimés. On ne le prenait jamais à sa juste valeur, on ne le savourait jamais suffisamment, puis un jour il partait en fumée et on regrettait soudain tous ces moments touchés par la grâce qui jalonnaient le passé. La jeune femme avait peur, parfois. Parfois, la fugace pensée lui venait que l'homme perpétuellement joyeux dont elle s'était amourachée ne reviendrait jamais vraiment. Elle la chassait toujours, évidemment. Walty était fort, bien trop fort pour laisser son cœur se noircir au profit du traumatisme qui brisait ses nuits et hantait ses journées. Il se relèverait. Il se relèverait, peu importe le temps, peu importe les épreuves. Elle serait là pour l'y aider. Toutefois, le voir ainsi enlacé de liesse était... rassurant. Beau, infiniment beau et rassurant.

« Je t'aime...
- Moi aussi, andouille... »

Elle laissa son fiancé prendre sa main, un joyeux sourire aux lèvres, son regard détaillant le profil de l'homme dont elle avait appris à aimer chaque facette. Un air béat lui vint brièvement au visage, incapable qu'elle était de refréner l'amour dévorant qu'elle ressentait pour lui. C'était une occurrence bien trop régulière depuis son retour. Elle était en train de devenir mièvre et, sincèrement, ce n'était pas pour lui plaire.

Brenda était déjà à l'entrée lorsqu'ils pénétrèrent l'enceinte du dinner, et une expression amusée marqua cette fois les traits de la jeune femme. Elle avait dû les surprendre, dansant comme des ados sous le froid de Février. Un petit éclat de rire la saisit.

« Salut Brenda, ça va depuis le temps ? Et oui, évidemment, pour deux. »

Son regard glissa vers le plus bel homme du monde, et c'est un fin sourire amoureux qui lui mangea les lèvres. La serveuse leur offrit un sourire attendri puis, toute enjouée par la présence d'un si joli couple, les guida à table. Prévenante, Brenda l'était, et l'endroit choisi poussa Evie à la remercier discrètement, frôlant son bras pour mieux appuyer ses mots. Mais déjà elle s'éloignait, et la jeune femme laissa à nouveau ses yeux s'entremêler avec ceux de Walter. Lorsque ces derniers coulèrent vers une petite famille, un sourire doux vint caresser ses lèvres.

« Tu voudrais un petit à dinosaure, toi aussi ? »

Le ton, taquin, cachait derrière lui une vérité qu'Evie elle-même avait du mal à s'avouer. Une famille... Elle qui avait toujours craint de s'imaginer mère s'était prise à rêvasser, ou peut-être plutôt à réfléchir. Deux ans seule avec elle-même lui avaient laissé le temps de relativiser. D'apprendre. De réviser ses positions, peut-être. Et depuis le retour de Walter, elle... Elle voulait construire quelque chose. Arrêter d'attendre.

Avancer.

« Joyeuse Saint-Valentin, mon amour... »

Il prit sa main, tendrement, comme toujours, et elle se laissa sourire vraiment. C'était de ces expressions sincèrement émues qu'elle ne dévoilait que rarement, qu'à lui ou presque du moins, de ces regards amoureux qu'elle n'avait jamais offerts qu'à lui. Même Stefan, c'était... différent. Jamais vraiment pareil. Il n'avait été qu'un laisser-aller de plus, qu'une illusion qu'elle s'était créée pour mieux tenter de se remettre de l'irréparable. À la mention de se nom, son bonheur se ternit un peu, et elle entreprit de parcourir du bout des doigts la main offerte.

« Je t'aime, Walter. Tu le sais, ça ? »

Rare moment de vulnérabilité, once de nervosité. Evie se pinça la lèvre un instant puis embrassa ce petit bout de lui qu'elle adorait par dessus tout. Bon sang, qu'elle l'aimait... C'était fou comme on pouvait s'attacher à un homme, un seul parmi les milliards d'autres, s'y accrocher pour ne jamais en démordre et crever du sentiment qui la consumait. Un petit sourire s'incrusta à nouveau sur son visage.

« Joyeuses Saint-Valentin, tête de nœud... »

Un petit éclat de rire, puis un regard, amoureux comme tous les autres.

« Je te donnerai ton cadeau après. Je veux qu'on soit tous les deux. Toujours. »

Elle entrelaça leurs doigts, fixant ce visage taillé par les dieux avec toute l'affection du monde. Et tant pis, si elle était mièvre ce soir. Elle avait le droit. Plus que la fête des amoureux, c'était pour elle un moment entre deux âmes sœurs trop longtemps séparées. Un moment ensemble. Pleinement. Pour s'aimer, pour rire, pour s'amuser, pour manger, pour faire l'amour et le refaire, le redessiner, le modeler à leur image.

« T'es en train de me transformer en ménagère, Walter, t'en as conscience ? Ça craint. Je vais avoir besoin d'un autre tatouage pour cacher ça. »

Comme pour prouver ses dires, la serveuse parvint à leur table, et Evie fut contrainte de constater qu'elle avait passé trop de temps à explorer visuellement les traits de son vis-à-vis pour choisir son menu. Un éclat d'hilarité la saisit, et elle tendit sa main libre à son fiancé. Il était temps de faire diversion.

« Mais je t'en prie Walter, pour une fois, honneur aux messieurs. »

Une moue amusée.

« Non pas que je n'ai pas choisi, évidemment... »

Elle fouilla le menu du regard à la recherche du burger le plus gras proposé, puis en décida autrement. Se mordant la lèvre sous l'excitation soudaine qui palpitait en son cœur, elle se redressa et se pencha sur la table, malicieuse.

« En fait non, c'est mon cher et tendre qui va décider de mon plat. Et de ma boisson. Je me bouche les oreilles, je ferme les yeux ! »
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MessageSujet: Re: "You'd be the one I was meant to find." [Ever | Valentine's day]   Sam 24 Fév - 23:00







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« Tu voudrais un petit à dinosaure, toi aussi ? »

Le regard amoureux qu'il lança à sa fiancée valait tous les aveux du monde. Oui, il en voulait, et même trois. Deux filles et un garçon, sans doute, même s'il n'aurait pas le choix. Il imaginait sa bande de petits rouquins jouant ensemble, la plus jeune restant dans les bras de sa mère tandis qu'il portait l'aînée ou le benjamin sur ses épaules. Il imaginait des sorties à la mer, où il serait de retour en enfance, à construire des châteaux de sable à ne plus savoir qu'en faire, à créer des douves directement alimentées par la mer et à décorer le tout de trop de coquillages. Il se voyait déjà, de corvée shopping parce qu'Evie travaillerait ce jour-là, ou bien jouant les taxis pour emmener et reprendre ses petits. Il se sentait déjà les épaules pour être père, depuis plusieurs années désormais, et attendait le jour où Evie serait prête, le jour où elle le lui demanderait. Un sourire doux, presque trop tendre se glissa sur ses lèvres tandis qu'il distraitement la tête, perdu qu'il était dans ses impressions d'avenir.

« Oui, ou même une petite à poupée. Même si je t'avoue être plus calé en combat de dinosaures qu'en coiffage de poupées... »

Son sourire prit quelques teintes d'amusement tandis qu'il s'imaginait réaliser un gigantesque chignon pour une petite fille aux grands yeux noisettes.

« Mais j'apprendrai. Volontiers. »

Alors même que la petite n'existait qu'en rêve, Walter était déjà prêt à tout pour elle, soulevant des montagnes et séparant volontiers des mers pour le moindre de ses sourires. C'était certainement ridicule, mais l'idée même qu'il avait d'un enfant avec Evie était déjà aimée au même titre que le seraient ces bambins le jour où ils pointeraient le bout de leur nez. Si elle avait su, sa fiancée se serait certainement moquée. Peu lui importait.

« J'apprendrai n'importe quoi pour les enfants que nous aurons un jour, Evie. Et pour leur mère aussi... »

Le sourire qui mangeait toujours ses lèvres se teinta d'un peu plus d'amour qu'il ne l'était déjà. Après ça, leurs deux mains se lièrent, comme elles l'avaient fait des centaines de fois, comme elles le feraient des centaines d'autres fois. Il l'aimait, cette femme, et les mots qui quittèrent les lèvres de celle-ci peu de temps après ses vœux de Saint-Valentin ravirent son cœur sans doute plus qu'ils ne l'auraient dû. Elle était son étoile, son soleil, son oxygène et son énergie vitale. Sans elle, il n'était rien. Sans son sourire en guise d'avenir, celui-ci s'ombrageait terriblement. En fait, il n'était pas certain que celui-ci existe, si elle n'en faisait pas partie. Evie était entrée dans sa vie à la manière d'un courant d'air. Elle avait caressé chaque aspect de son existence, puis le courant d'air était devenu tornade et avait bouleversé jusqu'à la moindre de ses habitudes. Depuis, elle était une part de lui-même qu'il se refusait un jour à perdre.

« Je sais que tu m'aimes. Moi aussi, Evie. Si fort que tu n'en as pas idée.  »

Et tant pis s'il était mièvre, tant pis si on les entendait, tant pis si on les jugeait, tant pis si on les enviait. Non, tant mieux, même. Tant mieux si on enviait leur bonheur aux allures d'idéal. Walter s'en moquait. Walter ne rêvait que d'elle à ses côtés pour toute l'éternité. Et rien ni personne ne l'empêcherait de faire d'Evie la femme la plus heureuse du monde durant toute une vie. Il hocha simplement la tête aux mots qui suivirent les siens, se perdant dans les yeux de cette femme qu'il aimait sans doute trop pour les bonnes mœurs. Peu importait l'avis des autres. Seul le sien comptait.

« T'es en train de me transformer en ménagère, Walter, t'en as conscience ? Ça craint. Je vais avoir besoin d'un autre tatouage pour cacher ça.
- Tu seras parfaite, tatouée, ménagère ou les deux à la fois.
»


Encore une fois, la réplique était mièvre, mais il s'en moquait. Il rêvait d'une vie tranquille, où Evie et lui s'occuperaient de leurs bambins qui riraient aux éclats et courraient dans toute la maisonnée pour éviter le bain. Ils sauteraient par dessus le chat qui fuirait en feulant de crainte et seraient poursuivis par un gros chien plein de poils qui japperait de bonheur. C'était simple, c'était heureux, c'était tout ce que Walter souhaitait, tout ce à quoi il aspirait et tout ce à quoi Evie semblait désormais aspirer. Ce furent sans doute ces mots qui donnèrent envie à Walter d'offrir plus rapidement son cadeau que sa belle, plus tôt qu'il ne l'avait prévu, aussi. Mais alors qu'il ouvrait la bouche pour lui demander de clore son joli regard, Brenda revint, un plateau recouvert d'assiettes sales à la main.

« Z'avez choisi les jeunes ? »

Non. Enfin lui savait ce qu'il voudrait, mais Evie semblait n'en avoir aucune idée. Un sourire amusé mangea rapidement ses traits lorsque la belle trouva une excuse à leur offrir. Brenda, pas dupe, se teinta du même amusement et se tourna donc un peu plus vers Walter.

« Que veut monsieur Bishop... ?
- L'habituel, Brenda, s'il te plaît. Double bacon cheeseburger et frites au cheddar. Avec supplément cornichons.
»


Brenda nota scrupuleusement la commande et il sembla même à Walter qu'elle souligna son supplément cornichons. Il l'aimait bien, Brenda. Elle était toujours aux petits soins, et cette femme qui n'avait jamais eu d'enfants avait la fibre maternelle pour toutes celles qui ne l'avaient pas. Evie, face à lui, consultait frénétiquement son menu pour se donner une excuse, et lorsqu'il vit son regard s'illuminer, Walter sut. Il sut qu'elle avait trouvé non pas son repas mais une de ces merveilleuses idées dont elle avait le secret. Avec Evie, la routine n'existait pas. Avec Evie, chaque instant était une nouvelle expérience, une aventure qu'elle lui offrait et qu'il aimait comme la plus douce de toutes les ivresses.

« En fait non, c'est mon cher et tendre qui va décider de mon plat. Et de ma boisson. Je me bouche les oreilles, je ferme les yeux ! »

Ce fut comme une évidence. Au moment où Evie prononça ces mots, Walter hocha la tête. Ce fut comme un signe divin, comme une impression, absolue de providence, que le moment était venu.

« Ça marche Evie. »

Il vérifia qu'elle n'entendait ni ne voyait rien, puis fit signe à Brenda de se taire en posant un doigt sur ses propres lèvres. Alors, doucement, il fouilla dans sa poche et en extirpa un écrin d'une rare beauté. Alors, doucement, il quitta le confort de sa banquette pour venir poser genou à terre aux côtés d'Evie. Alors, doucement, il ouvrit la petite boîte pleine de promesses qu'il tenait en sa main.

Le cœur au bord des lèvres tant celui-ci battait fort, l'émotion au coin des yeux tant ces mots comptaient pour lui, il se permit de caresser la jambe d'Evie pour que celle-ci lui dévoile son regard. Lorsque ce fut fait, il prit une inspiration et relâcha ces mots qu'il contenait en lui depuis des semaines.

« Evie Knott, ce soir, je voudrais que tu acceptes à nouveau de devenir ma femme. Ça fait neuf ans que tu l'attends, ça fait neuf ans que je te l'ai demandé pour la première fois et deux ans que cela aurait dû être mené à bien. Ça fait depuis toujours que je t'attends, et j'ai la certitude de vouloir vivre à jamais à tes côtés. J-je... Je veux que tu portes mon nom, Evie. Je veux que tu soies la mère de mes enfants, et si je te fais à nouveau cette demande ce soir, c'est parce que je voudrais t'épouser cette année, dès que renaîtra le printemps. Je t'aime, Evie Knott. Épouse-moi. »
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MessageSujet: Re: "You'd be the one I was meant to find." [Ever | Valentine's day]   Mar 27 Fév - 1:21




You'd be the one I was meant to find.
Valentine's Day [ Ever. ]
« J'apprendrai n'importe quoi pour les enfants que nous aurons un jour, Evie. Et pour leur mère aussi... »

Un sourire doux s'éprit des lèvres rougies de la jeune femme. Ses doigts entrelacés avec ceux de son futur mari, elle se prit à s'imaginer les contours d'un futur comblé par des petites têtes brunes. Prendre ses enfants dans ses bras lorsque ceux-ci courraient vers elle, le soir venu, lorsqu'après des heures d'attente elle pourrait rentrer dans son foyer chéri ; danser bêtement avec sa fille, lui enseignant la manière de hurler les meilleurs tubes de rock des dernières années ; apprendre à son garçon, son tout petit, comment se faire une moustache de lait parfaitement homogène avec son chocolat... Oui, elle pouvait vivre comme ça. Elle le pourrait. Peut-être.

« Je sais que tu m'aimes. Moi aussi, Evie. Si fort que tu n'en as pas idée.  »

Ce qu'il pouvait être mièvre, ce garçon. C'était sur ce côté mignon qu'elle le taquinait souvent, sur cet aspect tendre qu'elle le charriait la plupart du temps, mais en vérité elle était accroc à ces petites attentions quotidiennes, à ce sourire gorgé d'amour et à ces mots chargés de la plus pure affection.

Et bon sang, elle devenait mièvre aussi. Mauvaise influence.

«  Tu seras parfaite, tatouée, ménagère ou les deux à la fois. »

Un éclat de rire, tendre, amoureux s'échappa de ses lèvres tandis qu'elle secouait la tête, une insulte soufflée dans un murmure. Abruti... Il ne se rendait pas compte des énormités qu'il proférait, si ? Il ne se rendait pas compte de l'adoration totale qui dégoulinait par chacun de ses mots. Il était Beau, ainsi, coiffé d'une majuscule qu'il méritait comme un roi mérite sa couronne, Beau dans tous ses aspects et dans toutes ses imperfections, dans ses souffrances et dans ses rires, dans ses ambitions et dans ses craintes. Il était Beau, et elle eût pu passer des heures à contempler son visage, son corps, son âme emprunts tous de trop de grandeur pour que l'Humanité en fût digne. C'était peut-être pour cela qu'on le lui avait arraché. Walter était trop beau pour l'Homme, trop précieux pour les monstres qui partout rôdaient.

Elle ne chercha pas à s'étendre sur cette réflexion, son sourire trahissant cependant toute la profondeur de sa dévotion. Ses paroles, elles, devaient servir à masquer sa tendresse.

« Tu imagines, une ménagère tatouée ? La drôle d'illustration ! »

Son rire s'étendit, jovial, caresse contre les cicatrices douloureuses, éclat dans l'obscurité de l'aube qui peine à se lever. Son rire s'étendit et dévoila le bonheur derrière les vieilles blessures, le printemps sous la neige encore confortablement installée sur l'herbe endormie. Son rire s'étendit et alla embraser son regard, illuminé soudain de la simplicité d'un moment heureux.

Avec Walter, soudain, tout était aisé. Elle avait essayé tellement fort, tellement dur, tellement longtemps, fait semblant tant de fois, caché sa douleur encore et encore, tenté d'arracher de force un bonheur qui ne lui était jamais vraiment revenu. Elle avait failli s'écrouler sous le poids qu'elle s'était contrainte à soulever, avait plusieurs fois cédé sous la pression des larmes, avait manqué de se briser sur les écueils de ses échecs. Et puis il était revenu et, à la manière d'un puzzle dont on eût perdu une partie des pièces, elle s'était sentie de nouveau calme. Bien. Sereine. Instantanément.

« Z'avez choisi les jeunes ? »

Evie choisirait toujours Walty. Mais pour l'heure, elle se laissa le loisir de chercher son repas du soir, ne retenant pas une moue amusée en reconnaissant le menu typique de son fiancé. Ah, monsieur Bishop et ses petits rituels... Il en avait plein, des petits, des discrets, pas suffisamment pour être gênants et juste assez pour être charmants. Elle ne le disait pas trop fort, mais elle les connaissait tous. Tous. Elle était prête à le parier sur n'importe quoi.

Emportée par l'allégresse du moment, elle se laissa finalement aller à un élan de fougue, un beau sourire dévorant son visage, faisant danser ses tâches de rousseurs dans la candeur d'un bonheur délicat. Walter accepta, comme il acceptait toujours ses petits accès de folie, avec la douceur qu'ont les bons pères et la tendresse qu'ont les meilleurs amants.

Quelques menus instants s'écoulèrent, compensés par l'imagination trépidante de la demoiselle. Que lui prendrait-il ? Un gros burger, sans doute. Il ne passerait pas l'occasion de nourrir sa belle comme il se devait, pas après s'être discrètement inquiété de son état lorsqu'elle était rentrée. Et puis il lui prendrait sa boisson préférée, un bon vieux Pepsi, avec sans doute un dessert au chocolat. Mais vraiment... quel burger ?

Une main frôla sa cuisse, et elle ouvrit les yeux par réflexe. C'était fou la confiance qu'elle avait en cet homme. Elle lui eût confié n'importe quoi, tout, absolument, le monde pour un sourire, l'univers pour un baiser. Tout.

Et il était là, avec son sourire nerveux des grands soirs, son regard gorgé de dévotion mêlée de peur, son corps rendu rigide par l'appréhension qui faisait battre son cœur plus fort. Il était là, beau comme au premier jour, comme la première fois où elle l'avait entendu parler - « Je viens d'arriver, je rentre à l'école de police ! ». Il était là, à faire quelque chose de stupide qui allait la mettre en colère, c'était sûr, parce qu'elle allait se ridiculiser une fois de plus, parce qu'elle allait montrer des larmes, contenues mille fois pourtant, à tous les malheureux du dinner de cette petite ville miteuse qu'elle avait apprise à adorer, parce que lui, parce que c'était leur ville, leur présent, leur avenir. Il était là à tenir une bague qui avait dû coûter beaucoup trop cher, à stresser comme un idiot sur quelque chose qu'elle ne pourrait jamais refuser.

Oui, Walter était vraiment trop beau pour l'Humanité.

« Evie Knott, ce soir, je voudrais que tu acceptes à nouveau de devenir ma femme. Ça fait neuf ans que tu l'attends, ça fait neuf ans que je te l'ai demandé pour la première fois et deux ans que cela aurait dû être mené à bien. Ça fait depuis toujours que je t'attends, et j'ai la certitude de vouloir vivre à jamais à tes côtés. J-je... Je veux que tu portes mon nom, Evie. Je veux que tu soies la mère de mes enfants, et si je te fais à nouveau cette demande ce soir, c'est parce que je voudrais t'épouser cette année, dès que renaîtra le printemps. Je t'aime, Evie Knott. Épouse-moi.»

Ce mariage, elle l'avait cru rayé de son avenir. Ce mariage, elle l'avait cru jeté aux oubliettes, piétiné par une vie cruelle qui lui avait arraché son Amour. Ce mariage, elle l'avait cru mort, disparu, plongé dans un néant dont on ne ressort pas. Elle l'avait retrouvé blessé, meurtri, enlevé, torturé, perclus de cicatrices qu'on ne souhaite à personne. Ce mariage avait été son regret, son écueil, pendant tout ce temps, pendant toutes ces années. Ce mariage, elle s'était maudite de ne pas l'avoir mené à bien, de ne pas l'avoir fait, de ne pas pouvoir s'appeler Bishop et garder au moins ce nom de l'homme extraordinaire qui s'était évanoui dans la nature. Ce mariage, c'était tous ses espoirs confisqués, éparpillés en miettes sous le choc d'un deuil qu'on ne fait jamais, toutes ses désillusions résumées en un acte, toutes ses peurs concrétisées en un mot.

Et aujourd'hui Walter était de retour, avec ce même sourire à la con, avec ces mêmes mains tremblantes, avec ce même regard gorgé de doutes qui n'avaient rien à faire là. Aujourd'hui, Walter était là. Et il le restait. Walter était de retour, pour de vrai, et il ne repartirait jamais. C'était la promesse silencieuse que lui soufflait cette bague.

Une larme qu'elle s'était pourtant jurée de ne pas verser dévala sa joue, laissant place à une seconde. Ce moment, elle l'avait rêvé tant de fois, l'avait redessiné dans ses rêves, l'avait regretté à s'en ronger les doigts, l'avait recréé dans les heures tardives où l'absence était devenue insupportable. Ce moment, elle en avait crevé. Et il était là, d'un coup. Et tout était si simple, si bête, si fou... Tout était tellement plus facile soudainement, tout avait si peu d'importance, si peu d'impact, si peu de poids face à ce bonheur qui refusait de se contenir... Les flots de liesse se déversaient finalement en elle, emportant sur leurs passages les débris de douleur qui demeuraient sur les ruines du passé, ravageant les cauchemars qui hantaient discrètement ses nuits, parfois, réduisant le poids sur ses épaules à néant. Le pouvoir de cette émotion était si puissant qu'elle eût pu se briser, ployer sous sa grandeur, se mettre à genoux devant sa beauté, implorer qu'il demeurât toujours.

Elle laissa un sanglot aux allures de rire lui échapper, tentant maladroitement de ne pas sacrifier son visage sur l'autel du Beau et du Fort.

« T'es con... Je viens de me remaquiller... »

En réalité, la conne, c'était elle. Elle avait brisé des digues trop longtemps fermées, avait ouvert des barrières pourtant solidement bloquées, avait fait fi des avertissements pour s'offrir pleinement à un bonheur qui ne faisait pas de compromis. Un autre sanglot lui échappa, puis un suivant, mêlés chacun d'un rire qui ne savait plus où se mettre, un rire si beau pourtant qui couronnait la douceur de l'instant, un rire si fort qu'il en recouvrait toutes les souffrances. Evie ne savait plus où elle en était, ne savait plus ce qu'elle faisait, trop émue pour se ressaisir, trop heureuse pour en avoir quelque chose à faire.

« T'es con... », répéta-t-elle, se jetant à genoux dans les bras de l'homme qu'elle adorait plus que tout au monde.

Cette litanie, elle la répéta en boucle, ne l'interrompant guère que par les pleurs qui ne lui laissaient plus le choix de s'exprimer. Et elle le serra fort, fort contre son corps, fort contre son âme, s'ancrant dans l'étreinte de son futur mari, se perdant dans l'amour inconditionnel qui la couronnait chaque jour, libérant son euphorie sans la contrôler.

« Mais bien sûr que c'est oui, Walter, c'est toujours oui, ça l'a toujours été, je t'aime Walter, je t'aime et ce sera toujours oui. Toujours. Je te le jure. »

Alors elle l'embrassa, doucement, de ses lèvres trempées de larmes idiotes, sur la joue, le front, la tempe, le nez, les lèvres, riant bêtement d'un amour d'adolescent qui jamais ne vieilli, sanglotant d'un bonheur plus fort que la mort, caressant du bout des doigts les traits tant adorés sans pouvoir s'en lasser, laissant pour une fois paraître son côté mièvre pour mieux le sublimer.

« Je t'aime, espèce d'idiot. Je t'aime beaucoup trop fort et ça me rend complètement clichée, et je déteste ça au moins autant que je suis folle de toi, tu le sais ça ? Je t'aime tellement, Walter Bishop, et je n'aurais jamais été aussi heureuse sans toi, et je ne le serais jamais plus sans tes bras. Je t'aime. Je t'aime et ce sera un honneur de m'appeler Bishop, mon ange, mon roi. Je t'aime. »

Et puis être mièvre, ce n'était plus important, et puis plus rien ne l'était.

Il était là.
Ils étaient là.
Toujours.

Ever.
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