Dans la petite ville d'Aster Cove, des choses étranges se passent...

 
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 Event#3 - Funeral

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MessageSujet: Event#3 - Funeral   Ven 9 Fév - 22:51

Rappel du premier message :


Visages tristes de circonstance et silence de plomb. Le ton est posé et l'ambiance n'est certainement pas à la plaisanterie. Ils sont nombreux à s'être rendus au funérarium pour assister à la cérémonie. Les habitants d'Aster Cove défilent sur le parvis et dans le hall d'entrée, la mine grave. Ils piétinent, ne sachant trop où se mettre, comme s'ils n'osaient pas s'avancer de trop près, de peur de devoir affronter la vérité en face. Cette cérémonie funèbre vient mettre un terme à un événement terrible qui a secoué la communauté en cette fin d'année 1984 et c'est un peu pour faire leur deuil et pour laisser derrière eux ces sombres mois que tous les habitants de la ville sont venus dire un dernier au revoir à Amelia Pike.

Mais est-ce vraiment la fin ? Observez ce groupe de vieilles dames massées dans un coin et les regards voilés qu'elles jettent à la famille. Les commérages vont bon train, chuchotés à voix basse derrière des mouchoirs en dentelle. Tout le monde joue le jeu mais personne n'est dupe. Ce soir, chacun rentrera chez lui mais rien ne sera rentré dans l'ordre. On murmurera toujours dans les maisons, on regardera toujours par dessus son épaule, comme si le coupable de ce crime atroce n'avait pas été arrêté et mis sous les verrou. D'ailleurs, est-on véritablement certains que Wyatt Barrow soit le coupable de toute cette histoire ? Et pourquoi attendre des mois pour des funérailles? Officiellement c'était pour les besoin de l'enquête, mais qui sait en vrai?

Vous êtes venu mais l'impression tenace que rien n'est fini vous hante. Il y a quelque chose. Vous êtes incapable de mettre le doigt dessus mais quelque chose vous dérange. Est-ce l'atmosphère étouffante ? Le ciel gris et lourd de ce mois de février qui semble peser sur vous de tout son poids ? Ou tout simplement votre imagination trop fertile ? Difficile à dire. Mais tout semble trop bien orchestré. Les fleurs artificielles qui débordent autour du cercueil, une photo de la disparue souriant de toutes ses dents, la famille silencieuse mais digne. Vous avez l'horrible impression d'assister à une pièce de théâtre dont vous êtes le pion.

Mais il est trop tard pour faire marche arrière, vous êtes déjà là. Le dernier acteur de la pièce s'est avancé et le rideau est sur le point de se lever.

Citation :

- Event guidé par maître de jeu qui interviendra tous les dix jours.
- Prochaine intervention du PNJ: le 20/02

Event #3 -
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MessageSujet: Re: Event#3 - Funeral   Dim 4 Mar - 8:36

FuneralEvent
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And those who fear a loss
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•••


La voix inquiète qui brisa le chaos le ramena subitement à la réalité. Elle n'aurait pas dû se trouver là. Elle avait refusé de venir et ils s'étaient quittés sans un regard pour la distance froide qui les séparait depuis des semaines. Et voilà qu'elle débarquait sans prévenir, un éclair de familiarité au milieu de la catastrophe. Joshua aurait préféré qu'elle ne soit pas arrivée. Il le sentait qui venait. Un terrible danger qui allait bientôt les faire tous prisonnier de cette souricière.
L'arrivée de Mackenzie avait précipité les choses, ajoutant au chaos ambiant. Et Joshua peinait à en croire ses yeux. Se relevant péniblement, il observait sans les voir, les gens s'affolant en tout sens et Annunziata qui se penchait vers lui, incrédule.

« Tu n'aurais pas dû venir, souffla-t-il, ça va dégénérer. »

Il ne croyait pas si bien dire. Et à sentir le concert de cuivre qui battait sous son crâne, il était bien en peine de prendre une décision sensée. Se relever tout en prenant appuis sur le bras de Penelope lui parut déjà une lourde tâche. Elle était venu à eux et il était un rien soulagé de savoir ses proches pas loin. Du coin de l'oeil, il entrevit Evie, Walter, et quelques ado de la vie, attroupés, l'air hagard. Mais ils l'étaient tous. Même Nunzia, habituellement si pragmatique semblait ne pas savoir sur quel pied danser.

« Il faut partir, assura-t-il sans trop savoir pourquoi, sortons d'ici. Vite. »

Sa précédente rencontre n'avait été qu'un avant-goût de ce qui les attendait et l'homme semblait ne pouvoir abandonner l'idée qu'il fallait partir d'ici et vite. La bête n'avait été que le début d'une longue liste de bouleversements qui allaient leur tomber dessus s'ils ne partaient pas d'ici en quatrième vitesse. Sa main se posa sur le bras de son irascible colocataire et il indiqua le fond de l'église. Ils n'avaient pas de temps à perdre et Joshua fut presque soulagé de voir que Walter prenait les devants pour organiser l'évacuation. En dehors de quelques réfractaires, une bonne partie des gens avaient réagit à son appel. C'était un peu ça en situation de catastrophe, les gens attendaient désespérément que quelqu'un prenne enfin une décision et leur dise quoi faire. Et avec la douleur qui pulsait son son crâne comme s'il était sur le point d'exploser, il était plus que ravie que ça ne soit pas lui. Ses deux amies sur les talons, il leur indiqua Bart qui venait d'être désigné en bon berger de ses brebis égarées par un Walter qui ne donna à personne le temps de protester. Il fallait partir. Mais les choses ne seraient pas aussi simples. Et arriver à diriger un groupe entier de personnes paniquées et agitées ne serait pas une mince affaire. Il s'approcha de Caldwell avec une grimace.

« On va avoir du mal à les diriger vers la sortie, souffla-t-il, ça ne te rappelle pas les sorties du mercredi ça ? »

Pas le moment de faire de l'humour mais c'était le seul mécanisme de défense qui lui était venu pour tenter de reprendre le dessus sur la situation.    
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MessageSujet: Re: Event#3 - Funeral   Lun 5 Mar - 1:26

Lorsqu’Andrew s’inquiète brièvement de savoir si Vicky a bien repris tous ses esprits, il ne s’attend pas à avoir une telle réponse. Certes, c’est une bonne nouvelle que l’envie brutale d’envoyer des baffes lui soit passée. Néanmoins, l’héritier Dean est loin de s’attendre à ce que la jolie blonde prenne la chose à la rigolade. D’autant plus qu’elle lui sert du Monsieur Dean, une habitude qu’elle avait prise pour flirter de temps en temps lorsqu’ils étaient encore ensemble. Face à une telle réponse, Andrew est pris de court et reste silencieux en la questionnant du regard. Mais qu’est-ce que tu dis ? Qu’est-ce que tu fous ? Ses pupilles hurlent à celles de Vicky alors qu’il hoche vaguement de la tête. Est-ce que la fille MacNamara a finalement complètement pété les plombs ?! D’abord elle lui fait la crise du siècle encore plus soudainement qu’un pétard en pleine messe. Ensuite elle lui fait comprendre de la plus limpide des manières qu’elle ne veut plus jamais entendre parler de lui. Il y a même cet espèce de jeu malsain qui s’est installé entre eux – à qui ferait plus souffrir l’autre ? Et maintenant, maintenant voilà qu’elle flirte avec lui en plein chaos, au milieu du funérarium, alors qu’il tient la main de Jessica Banner pour la consoler d’un traumatisme certain ! Non clairement, à ce stade il faut considérer la possibilité que Victoria ait quelques fusibles grillés.

D’ailleurs, Vicky s’inquiète visiblement elle-même de son état et décide de s’assoir à côté de Jessica. Perdu, Andrew garde encore le silence lorsque les deux filles discutent de leur vision – un clown, apparemment. Le fils Dean va de surprise en surprise. C’est une vision de clown qui les a mis dans cet état ? Il se retient de lever les yeux au ciel. Il n’y a pas plus cliché comme bad trip. Vraiment, ça en est presque pathétique. Pourtant il ne laisse rien paraître de son inconsidération, parce que la conversation à l’air beaucoup trop sérieuse pour qu’il se permette d’y ajouter un mot de dédain. Lui, contrairement à d’autres, a encore un minimum de neurones efficaces. D’autant plus qu’il sent les doigts de Jessica se resserrer autour des siens. Un comportement lui aussi terriblement inhabituel, qui trahit bien toute la détresse de la lycéenne brune.

Et puis, par-dessus le marché, il y a Bloomingdale qui en rajoute une couche au chaos ambiant. Il assure que les secours ne seront de toute façon pas efficaces puisqu’ils semblent eux aussi victime du mal mystérieux qui frappe le funérarium. Andrew lui lance un regard mauvais. S’il en a d’autres, des phrases constructives du genre, il ferait mieux de les garder pour lui ce petit mioche sorti de nulle part. Il énerve d’autant plus le jeune Dean lorsqu’il se penche vers Victoria pour l’ausculter de près. Non mais il se prend pour qui celui-là ? Par un heureux hasard, Andrew n’a pas besoin de lui poser directement la question, puisqu’Alexander se redresse de lui-même pour s’éloigner aussi subtilement qu’il est arrivé. Vraiment ils sont tous bizarres dans cette ville aujourd’hui… !

Mais qu’importe, il y a déjà trop à gérer pour chercher des problèmes inutiles. Alors que le jeune Bloomingdale disparait dans la foule paniquée, Victoria s’occupe de rassurer Jessica en lui promettant de ne pas la laisser seule. Andrew note l’effet que cette promesse a lorsqu’il sent ses doigts à nouveau resserrés par Jessica. Il n’a pas le temps de renchérir et la jeune Banner n’a pas le temps de répondre à l’offre. Les portes viennent de s’ouvrir dans un fracas grandiose.

Andrew n’en croit pas ses yeux. A nouveau, il est figé par la stupeur et c’est Jessica qui confirme la première l’identité de la petite chose recroquevillée à l’entrée du funérarium. Mackenzie, dans son état le plus lamentable. Andrew ignore si c’est la fureur de la trouver enfin ou le choc de la voir si misérable qui prime. Mais qu’est ce qu’elle a foutu et où est-ce qu’elle a trainé pour se trouver dans une position pareille ?? Mackenzie d’habitude si flamboyante et meilleure que les autres, est réduite à un état de petite chose larmoyante et dégoûtante. « Mais qu’est ce que c’est que ce bordel ?! » Andrew grogne entre ses dents. Il l’aurait bien hurlé tout haut, en pointant un doigt accusateur vers la rousse pour avoir largement contribué à son agacement de la journée, mais déjà le shérif adjoint s’est précipité vers elle, suivi par d’autres. Pour cette fois, l’héritier Dean est forcé de prendre sur lui, mais Mackenzie ne serait pas éternellement protégée de sa colère. Un jour ou l’autre, il viendrait lui régler son compte à cette petite princesse qui n’a pas jugé bon de le prévenir qu’elle ne voulait plus se rendre à la cérémonie.

D’ailleurs, il se demande bien pourquoi elle est venue. Mackenzie le dégoûte. En plus d’être couverte d’une substance plus que bizarre, elle attire un maximum de regards vers elle. Elle fait pitié à tout le monde, une vraie catastrophe qui fait éclater sa crédibilité de petite miss parfaite en poussière. Comme elle parait faible, la reine du lycée. Elle n’a plus rien de son panache, réduite à une petite chose terrifiée par on ne sait quelle idiotie. Elle est pitoyable, dans les bras de ces adultes inquiets qui semblent enfin se réveiller de leur propre hallucination. Même si elle a été victime d’un mauvais tour organisé par un abruti qui n’a pas mesuré les conséquences de ses actes, pourquoi n’a-t-elle pas cherché de l’aide chez elle, plutôt que de venir jusqu’ici pour chouiner au sol devant toute la ville ?! Andrew ne s’est pas affiché avec elle tout ce temps pour qu’elle craque à son tour et e mette à faire n’importe quoi comme Victoria ! Non vraiment, tout le monde débloque aujourd’hui !! Andrew est pris d’une envie folle de fondre la masse autour de la rousse pour la secouer et la forcer à se reprendre, mais Jessica réagit la première et détourne son attention du spectacle étonnant.

C’est son tour d’agir à contre-courant de la normalité. Elle lâche soudainement sa main pour bondir sur ses pieds, fait un aveu rapide à Victoria, et s’enfuit en s’excusant sans leur laisser le temps de comprendre ce qui se passe. Andrew se redresse à son tour, scotché par la vitesse avec laquelle Jessica a changé de comportement pour les planter. Et puis, à quoi ça rimait cette histoire de clown ?? Complètement à l’ouest, le grand blond la regarde partir en ayant à peine le temps de l’interpeller : « Jessica, attends ! » Il la voit fendre rapidement la foule désormais mobilisée par l’appel du shérif qui annonce l’évacuation du lieu – enfin ! – et retrouver son père un peu plus loin. Andrew tente de les observer de loin, les sourcils froncés. Il a vraiment du mal à cerner cette fille. Elle qui avait l’air si choquée il y a quelques minutes vient de courir tout droit dans les bras de celui qui lui a fait peur. Ah ! Il la retient à le fuir pendant des semaines quand il lui dit seulement la vérité sans pincettes. En plus de ça, elle l’a renvoyé à Mackenzie avant de s’échapper.

Et bien qu’elle se débrouille avec son histoire de clown qui n’en est pas un ! Andrew en a plus qu’assez de tout le monde. Il dépasse le seuil tolérable de l’agacement et sent qu’il n’est pas loin d’hurler sur la prochaine personne qui lui adressera la parole. « Je savais bien que j’aurais pas du venir. » Il annonce sur son ton le plus irrité et se tourne finalement vers Vicky pour conclure rapidement : « Je rentre, ça sert plus à rien de traîner ici. Tu devrais faire pareil. » Et ceci dit, il la laisse retrouver sa mère seule pour à son tour fendre la foule vers la sortie désignée. Le plus vite il sera sorti de cet endroit, le mieux il se portera. Déjà il fait la liste de toutes les insultes qu’il va cracher à son père pour l’avoir envoyé là-bas contre son gré. C’est sûr, il va devoir travailler dur avec son fils pour se faire pardonner ce coup-là.

Enfin à l’air libre, Andrew se sent déjà mieux, comme libéré d’un piège prometteur d’une catastrophe imminente. L’atmosphère oppressante perd en intensité au fur et à mesure qu’il s’éloigne, alors il s’empresse de fuir la foule massée près des sorties, sans aucune considération pour les gens qu’il laisse derrière lui. D’une manière ou d’une autre, ils l’ont tous déçu aujourd’hui, et il n’a plus envie de perdre son temps avec qui que ce soit ici.

Pour conclure cette journée, il fonce jusqu’à sa voiture sans la même curiosité morbide que les autres qui restent attroupés devant l’endroit. En un instant, il démarre et roule aussi vite que possible jusqu’à chez lui. Plus JAMAIS on ne le forcera à venir dans cet endroit de malheur.
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MessageSujet: Re: Event#3 - Funeral   Lun 5 Mar - 5:35





Dans le meilleur des mondes, tout se serait terminé ainsi. Vous seriez tous sortis de l'église, l'air hagard et défait, mais sains et saufs. Mais le destin farceur a plus d'un tour dans son sac et semble bien décidé à prolonger les festivités. Bien avant que vous ayez pu vous diriger vers la porte de derrière, un fracas de ferraille vient déchirer le chaos et tout le monde tourne le regard le fond de la pièce. Il se tient là, les bras étendus comme pour vous empêcher de passer. Motivé par on ne sait quel accès de folie, le pasteur que tout le monde avait oublié a profité du désordre pour monter sur l'autel. Dans sa précipitation il a renversé deux énormes chandeliers et toutes les bougies se sont éparpillées au sol dans un désordre de cire fondue et de fer enchevêtré.

« Ne fuyez pas la punition du Seigneur ! Hurle-t-il, soumettez vous pauvres pécheurs car voici venir l'heure du Jugement Dernier! »

Le voilà l'événement surprise qui vient briser la mécanique qui peine à s'enclencher sous la direction de Walter Bishop. L'assemblée qui commence péniblement à regagner son calme s'éparpille une fois encore, incertaine face à cet appel de bien mauvais augure.


Citation :
- Intervention intermédiaire du Maître de jeu. Votre prochain tour est toujours prévu pour le 11/03
- Quelles que soient les raisons de cet accès de folie, le pasteur est à présent bien décidé à vous empêcher de fuir.


Event #3 -
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MessageSujet: Re: Event#3 - Funeral   Lun 5 Mar - 15:38





FUNERAL

« Great paté, but I'm gonna have to motor if I wanna be ready for that funeral. »


Parlez-moi de regrets, j'en avais un paquet sur la tête à ce moment là. J'aurais voulu tuer Andrew sur place rien que pour avoir relevé l'erreur qui était sortie de ma bouche. Une erreur liée à un moment de faiblesse. C'était tout ce que c'était. Et je me maudissais si jamais cette pauvre petite phrase allait compliquer les choses à  l'avenir. Comme si c'était pas déjà assez compliqué... Puis elle débarqua. Mackenzie.

Celle à qui j'avais souhaité la mort dans d'affreuses souffrances il y a quelques minutes venait d'ouvrir les portes du funérarium dans un état dans lequel... je ne l'avais jamais, jamais vue comme ça. Je m'étais relevée d'un bond lorsque Jessica avait mentionné son nom. Il y avait un tremblement dans sa voix qui n'avait rien annoncé de bon. Et effectivement, rien n'était bon. On aurait dit qu'elle était tombée dans un marais, mais elle avait son arc et... des bottes de pluie ? Tout clochait dans son apparence. Mais le pire de tout, c'était son regard. Comme si elle ne savait pas bien ce qu'elle faisait là. Et ce regard me flanqua un frisson d'horreur dans le dos. Merde... si un truc lui était arrivé, je pense que la première réaction que Mackenzie aurait eu aurait été l'agacement et puis elle aurait réglé la situation toute seule. Jamais elle ne se montrerait devant tout le monde de son plein gré. Quelque chose lui était arrivé. Ca me paraissait telle une évidence.

- J'ai menti. J-je n'ai pas vu de clown, Victoria. J-je ne peux pas expliquer ce que j'ai vu, mais je veux pas te mentir. J-je trouverais ça dégueulasse de ma part et j'aurais l'impression de jouer avec toi e-et je ne veux pas ça.

Quoi ?... L'appel de Jessica m'avait détournée de l'arrivée tardive de mon ancienne meilleure amie, mais j'étais complètement perdue. Pourquoi Jessica avouait qu'elle avait menti sur le clown ? Pourquoi avait-elle menti sur le clown ? Hein ? Ca n'avait pas de sens... Je la regardais en fronçant les sourcils, faisant un "o" avec ma bouche sans qu'aucun son ne sorte.

- B-bref. Désolée. Allez retrouver votre pote, elle a l'air d'avoir besoin d'aide.

Merde... elle avait voulu cacher quelque chose ou quoi ? Ma petite ouverture sur les peurs de mon enfance lui avaient donné envie de fuir ? En vérité, je m'en fichais, c'était pas la chose que je regrettais d'avoir dit dans la journée. Damn... en y repensant j'aurais préféré foutre une baffe à Andrew plutôt que d'avoir joué comme une greluche par la suite. Malheureusement j'avais pas le temps de me taper la tête avec mon poing. Fallait faire avec. Jessica s'en allait en se confondant en excuses, me laissant plus perplexe que jamais aux côté d'un Dean plaintif, prononçant une phrase qui ne tomba pas dans l'oreille d'une sourde mais qui, à ce moment, n'avait aucune importance. J'aurais aimé pouvoir la rattraper et lui demander ce qu'il se passait, mais... mon choix était vite fait. Désolé, Jessica... ça sera pas encore aujourd'hui qu'on mettra les choses au clair toi et moi... Comme elle le disait, Mackenzie avait besoin d'aide. Je voyais qu'elle avait été rejoint par Walter et... Putain, Walter. Le canon du flingue apparut en flash aveuglant devant mes yeux pendant une seconde. Plissant les paupières, je portai une main au front en attendant que le petit vertige disparaisse. Il faudrait... Il faudrait que j'aie une discussion avec lui après tout ça... Je l'avais pas revu depuis... Depuis la fameuse nuit d'Halloween. Putain.

- Je savais bien que j’aurais pas du venir, fit la voix d'Andrew à côté de moi.

Je lui lançai un regard agacé. Pour une fois, j'étais d'accord avec lui.

- Je rentre, ça sert plus à rien de traîner ici. Tu devrais faire pareil.

Pas de réponse de ma part. Tout ce qu'il eut, ce fut une moue de défi. Tu crois que tu peux me dire ce que je dois faire, monsieur le bon samaritain en bois ? Puis il s'en alla. Même pas un mot de considération envers Mackenzie, ce qui me surprit, alors qu'il s'était jeté aux pieds de Jess' juste avant. Ses priorités commençaient à me tuer à petit feu. Il s'affichait avec Mack pour ensuite la jeter quand elle se retrouvait au fond du gouffre. C'étaient bien que des manipulations et des jeux infernaux, alors. Chouette. Rien ne changeait, après tout. J'étais soulagée qu'il parte. Je n'avais absolument pas le temps de m'occuper de ce stupide Andrew Dean aujourd'hui. Merci de m'ôter une épine du pied, pensais-je alors que je m'avançai vers le groupe lorsque lui partait de la salle. See you in hell, I guess.
 L'enfer, c'était un peu l'endroit dont Mackenzie avait eu l'air de ressortir. Ca résonnait horriblement trop bien avec ce que j'avais pu penser aujourd'hui-même. Mackenzie pouvait bien pourrir en enfer, ça m'était égal. Comme quoi, fallait jamais se fier à soi-même au final.

- Votre attention s'il vous plaît ! Je suis Walter Bishop, adjoint du Shérif. En son absence, c'est à moi de prendre les décisions d'urgence. Nous allons procéder à une évacuation dans le calme et le silence.

J'entendais sa voix à mesure que mes pas se rapprochaient de la rousse en mauvais état. Une évacuation, ouais, c'était la chose la plus logique à faire, j'imagine. Une autre rousse était en train de lui parler, semblant essayer de la rassurer. Ca me rassurait moi-même qu'on la laisse pas seule. Putain, qu'est-ce qu'il lui était arrivé ? En plus de sept ans que je côtoyais la queen bee, j'avais rien vu de tel, et ça me faisait presque plus peur que le clown au pistolet, bordel. J'avais beau la détester, j'avais beau vouloir qu'elle sorte de ma vie une bonne fois pour toutes, j'avais pas le coeur de la laisser comme ça. J'aurais pas pu vivre avec moi-même si j'avais pris la décision qu'avait pris Andrew.

- Allez les gosses, vous repérerez facilement les deux tignasses rousses normalement ! c'est juste après l'intervention de la barmaid que je me plantai devant elles.

Mes yeux se placèrent sur Evie, haletante alors que je n'avais parcouru que quelques mètres. Mes pupilles préalablement vérifiées par Alexander étaient entourées d'un grand blanc traduisant ma panique. J'avais rarement été aussi inquiète pour quelqu'un. Mes yeux roulèrent ensuite sur l'invitée d'honneur. Putain... C'était encore pire de près... C'était quoi cette substance ? Qu'est-ce qu'elle avait vu pour avoir une expression aussi... P'tain, je savais pas. Ca me fendait le coeur. En quelques secondes, je sentis les larmes humidifier mes globes.

- Mackenzie... soufflais-je. C'était la seule chose que je réussis à prononcer.

Mais mon expression atterrée et mes mains tendues légèrement vers elle par instinct sans cependant avoir l'intention de la toucher traduisaient bien d'autres choses. Qu'est-ce qu'il s'est passé, Mack ? Qu'est-ce qu'il t'es arrivé, bon sang ?! La seule chose dont j'étais persuadée, c'est que c'était grave. Ouais. Grave. Ma mère s'était rapprochée aussi, mais je ne la voyais pas nous regardant près du professeur Collins, cachant son expression choquée par une main pudique annonçant peut-être des larmes. Et...

- Ne fuyez pas la punition du Seigneur ! Soumettez vous pauvres pécheurs car voici venir l'heure du Jugement Dernier!

Quoi ?! Mais qu'est-ce qu'il avait à hurler ? À hurler ça en ruinant tous les efforts de bon sens de cette journée ? À hurler ça sur le dos d'Amelia et de l'état de choc de Mackenzie ? Mes mains se transformèrent en poings et bientôt, je détournai les yeux de mon ancienne amie pour fusiller le prêtre du regard.

- Si c'est une blague, bordel, c'est vraiment pas bien choisi » fulminais-je entre mes dents.

Mais mon énervement notable n'était pas dû qu'au vacarme et à la folie dont faisait preuve celui qui était censé veiller sur nous avec bienveillance. Non, j'avais peur. Je ne croyais pas ses paroles, mais elles avaient tout de malfaisant. Alors que tout le monde ici n'avait qu'une hâte. Qu'est-ce qu'il se tramait ici, à la fin ?


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MessageSujet: Re: Event#3 - Funeral   Lun 5 Mar - 23:20


Funeral
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L’enfer s’était ouvert en deux et déversé sur terre. Il n’y avait pas d’autre explication au chaos absolu qu’elle découvrit en ouvrant les yeux.

Elle avait dû perdre connaissance en tombant, parce que quand elle rouvrit les yeux, la panique était absolue. Certains hallucinaient encore plein gaz, tandis que ceux qui étaient revenus à leurs sens hésitaient entre paniquer et tenter de réveiller les hallucinés. On se serait cru dans une de ces peintures d’apocalypse que ses parents l’avaient traînée voir au Metropolitan, ce genre de peinture où les corps s’entassaient, tordus et hurlants, au point qu’on ne savait quel morceau appartenait à qui.

Elle tenta de se redresser, mais un fou la bouscula de nouveau et elle retomba au sol violement, le souffle coupé, heurtant le dallage douloureusement. Mais pour qui il se prenait, celui-là ?! Portant une main à sa tête, elle remarqua alors seulement un liquide poisseux dans ses cheveux. Elle avait dû se cogner en tombant. Cela eut eu pour mérite de réveiller un vieux sentiment familier en elle : la colère. Kahina avait l’habitude de la colère. Dernièrement, elle était devenue sa meilleure amie, compagne fidèle de son quotidien et résultat de sa vie qui s’émiettait. Serrant les dents, elle parvint à se mettre à quatre pattes dans cette foule qui paniquait, cherchant des yeux sa grand-mère. Mais impossible de distinguer quoi que ce soit, et hurler aurait été futile dans cette symphonie infernale de plaintes et de cris. Et dans ce maelstrom d’appels sans réponse, il en est qui résonna plus fort, un phare auquel son esprit en panique s’accrocha.

« Mallory ! » Mais sa réponse se perdit dans cet océan d’ondes sonores déchainées. Son regard avait accroché la forme de son amie, recroquevillée au sol. Rassemblant son courage et forçant de l’air dans ses poumons par inspirations douloureuses, la jeune femme avança à quatre pattes jusqu’à son amie, traçant un chemin dans cette forêt de jambes et de corps à coups de poings et d’insultes dans une langue qu’ils ne comprendraient pas. Et finalement, déjà à bout de forces, elle échoua près de Mallory, le souffle court. Elle devait avoir parcouru quoi, trois mètres, et on aurait juré qu’elle venait de traverser l’Atlas. Instinctivement, ses mains vinrent chercher celles de Mallory, offrant par ce contact l’ancrage qu’elle cherchait elle aussi. « Tu vas bien ? Mallory, regarde-moi ! » Mais lorsque ses mains trouvèrent les siennes, elle sentit entre leurs paumes un liquide poisseux. « Que… » Retirant l’une de ses mains, elle trouva sur ses doigts le pourpre clair de sang encore frais. Ce fut un nouveau cri d’horreur qui s’arracha de ses cordes vocales : « Ya lahwy ! ». Y mettant plus d’attention, elle remarqua seulement que son amie s’accrochait désespérément à un bout de verre grand comme sa main, enfonçant le verre toujours plus fort.

Kahina détourna le regard une seconde, sentant son œsophage se contracter. Elle inspira profondément. Elle n’avait pas le droit. C’était suffisamment le bordel autour d’elle, elle ne pouvait pas la laisser tomber maintenant. Focus, Kahina. Focus. Instinctivement, sa routine habituelle contre le stress revint. Se remémorer une chorégraphie. Entamant la révision mentale de la dernière chorégraphie qu’elle travaillait, elle se pencha de nouveau sur Mallory, calant la forme de son amie contre elle. Autour d’elle, une vague de calme sembla rouler sur l’assemblée, alors qu’elle entendait vaguement une voix masculine tonner des instructions. Quelqu’un aurait-il pris les choses en main ? La voix lui semblait vaguement familière. Mais elle était concentrée sur autre chose. Ses mains viennent se poser doucement sur les siennes, peau brune sur la peau pâle baignée de rouge. « Mallory, tu dois lâcher ça. Tu te fais du mal. »

Une clameur résonna dans l’assistance alors que quelqu’un semblait avoir faire son entrée, mais Kahina ne releva pas la tête. Elle n’en eut pas le temps. Une main, soudain, se posa sur son épaule, lui arrachant un hurlement. Elle tourna brusquement la tête, tempête de boucles brunes, et son regard croisa un autre, abyssal et indéchiffrable, qui lui était si familier. « Nana Titrit ?! » murmura-t-elle dans un souffle, alors que le soulagement se déversait sur son corps. La vieille femme ne lui sourit pas, mais la chaleur dans son regard suffit à rassurer la petite fille qui se cachait toujours, apeurée et perdue, au fond de Kahina.

Mais elle n’eut pas le loisir de s’étendre plus sur la question qu’un fracas assourdissant de métal retentit par-dessus le vacarme. La foule s’arrêta comme un seul être, alors que le prêtre, débraillé et l’œil halluciné, semblait trouver le moment approprié pour beugler des insanités. Se repentir ? Le Jugement Dernier ? C’en fut trop. « MAIS VOUS ALLEZ LA BOUCLER, OUI ? » Son cri claqua par-dessus le murmure inquiet qui se réverbérait dans l’assemblée. Abandonnant son amie aux bons soins de sa grand-mère, Kahina se releva d’un bond. Elle s’avança à grandes enjambées vers le prêtre, fendant la foule qui s’ouvrit devant la colère qui se peignait sur ses traits et qui teintait sa voix ; « A nhar eswed ! Le Jugement Dernier ! Arrêtez de débiter des conneries et descendez de là, vous êtes en train de le piétiner, votre foutu dieu ! » Arrivée au pied de l’autel, elle attrapa le costume du prêtre, tachant le tissu du sang sur ses paumes, et le força à descendre avec une force qu’on ne soupçonnerait pas en la voyant. « Vous voyez pas que c’est le bordel ? C’est vraiment le moment d’en rajouter une couche ? Inchallah, on s’en sortira peut-être tous vivants. Alors silence, et suivez le groupe. » Et sans autre forme de procès, elle rejeta le pasteur dans la foule, ramenant la brebis galeuse avec le troupeau. Cette soirée avait eu raison de ses nerfs. Mais la colère lui permettait de garder les pieds sur terre.


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MessageSujet: Re: Event#3 - Funeral   Ven 9 Mar - 18:23

FuneralEvent
Hold my hand. Oh, baby, it's a long way down to the bottom of the river. ( → Bottom of the river ) •••


On lui parlait. Mallory eut du mal à comprendre mais le son familier de cette voix suffit à attirer son attention. Et imperceptiblement ses doigts se dessererent et une main se posa sur la sienne. Une épaule contre son front et des bras qui l'enlacent. Se fut comme l'impression de s'éveiller d'un long sommeil avec la terrible sensation de ne pas pouvoir s'en arracher totalement. Elle se sentait sonnée et le chaos qui régnait autour d'elle n'était pas pour l'aider à reprendre le dessus sur la réalité. Et lorsqu'elle parvint enfin à s'extirper de ce malaise grandissant se fut pour poser le regard sur une scène qui avait tout du désordre apocalyptique. Tout le monde s'agitait et les cris fusaient dans toute la pièce. Et Mallory stupéfaite leva le regard pour voir Kahina aggriper le prêtre et le tirer de l'autel sans autre forme de procès. Comment en étaient-ils arrivés là ? La douleur lancinante de ses plaies à la main mis du temps à lui parvenir et ce n'est qu'en sentant qu'on lui prenait le poignet qu'elle s'en rendit compte.

Titrit. La grand-mère de Kahina venait de s'approcher. L'espace d'une seconde leurs regards se croisèrent et Mallory eut l'impression que quelque chose venait de se passer, comme un accord tacite. Comme si elle savait. Puis la vieille dame se pencha vers elle.

« Suffit les morts! Lui chuchota sa voix à l'oreille, il est temps de refermer la porte et de vous en retourner là d'où vous venez. Il n'y a rien pour vous ici. Laissez la aux vivants, elle ne vous appartient pas. »

Et de nouveau le chaos autour, le moment était passé comme remonté d'un drôle de rêve éveillé et la jeune femme se demanda confusément si elle venait réellement d'entendre ça. Comme pour se donner une contenance, elle se releva chancelante, attrapant son écharpe pour l'enrouler autour de sa paume et stopper les saignements. Se faisant, son expression confuse se mua en grimace.

« Assez appeler les morts, enfant. Ou alors il te répondront et tu les retiendra auprès de toi. Partons. »

Et elle se laissa guider vers l'autel où la foule s'était réunie. Amas de gens attérés et paniqués. Certains cherchaient à partir, d'autres s'interpellaient. Le désordre régnait et on ne parvenait pas vraiment à réunir tout le monde. Confuse, Mallory chercha un regard familier dans cet attroupement, ne sachant sur quel pied danser. Elle n'était pas à l'aise. Quelque chose vibrait dans l'air, qui l'inquiétait. Comme si la présence sur son épaule s'agitait, indécise. L'ordre des choses était perturbé pour une raison qu'elle ne s'expliquait pas. 
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MessageSujet: Re: Event#3 - Funeral   Ven 9 Mar - 18:34

Je savais bien que ma question n'allait pas plaire. Mais bon, on n'a rien sans avoir essayé et j'étais de toute manière bien trop encore sous le choc pour mesurer l'importance de mes propos - et que c'était pas le moment comme venait de le dire l'inspecteur. A rajouter en plus le regard noir de sa petite amie, comme si je venais d'insulter sa mère vous voyez ? Je m'étais donc contenté d'un sourire désolé avant de reculer pour leur donner de l'espace. Et les laisser s'occuper de Mackenzie comme ils semblaient être doué dans le domaine. J'ignorais que quand on était serveuse, on était aussi psychologue...
Enfin bref, Walter avait de toute manière décidé de mon sort, à la ma place. M'administrant les adultes pour une sortie de l'église dans le calme. J'avais l'air d'être un état capable de gérer un groupe qui venait de sortir d'une crise d'hystérie ? Manifestement oui. J'aurais peut être dû me mettre à genoux et à pleurer comme l'adolescente. Heureusement, Joshua et deux de ses amies avaient l'air normaux et je pouvais au moins compter sur eux si jamais je faisais un malaise pour prendre les rênes.

- Diriger un groupe d'adulte c'est encore plus épuisant qu'avec des gosses...

Soufflais je en réponse à sa déclaration. Pas que je l'avais fait souvent cela dit. Mais lors de mes sorties il m'était arrivé d'avoir des parents d'enfants comme accompagnateur et bien croyez moi...c'était les plus dissipés souvent. Une fois que tout le monde avait rejoint son groupe et qu'on s'apprêtait à se diriger vers la sortie, le prêtre avait fait un boucan d'enfer derrière nous pour monter sur son autel. Mais qu'est ce qu'il faisait celui là ? L'heure du jugement ? Ca remontait à loin la Bible dans mon esprit. Mais ces propos avaient eu le malheur de semer à nouveau la zizanie et les gens s'étaient éparpillés comme des moutons venant de voir un loup. Il y avait ceux là, et puis une jeune femme s'était approché après avoir engueulé le prêtre. Ah les étrangers, fallait toujours qu'ils attirent l'attention. J'étais pas raciste mais c'était la vérité, ils avaient plus le sang chaud que nous. Elle n'avait pas non plus tort.

- Bon après cet intermède ! Merci de bien vouloir reformez les groupes : les jeunes avec la rousse et les adultes avec moi !

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MessageSujet: Re: Event#3 - Funeral   Dim 11 Mar - 13:51



L'arrivée de la pauvre Mackenzie aura réveillé le courage des plus braves d'entre vous prêts à aider leur prochain. Pendant un instant, même si tout le monde se remet plus ou moins bien de ses émotions, vous avez cru, peut-être pendant une seconde seulement, que tout était terminé. Il se peut même que vous commenciez à croire que vous êtes habitués aux choses étranges de votre ville d'Aster Cove après cette journée.

Oui, ce malgré l'intervention outrageuse du prêtre qui semble être le seul à paniquer dans l'effort général de maintenir le calme. Car il se retrouve bien vite remis à sa place par l'une d'entre vous, témoignant de votre état d'esprit général. Hélas. Se pourrait-il que le fou soit celui qui ait raison ? Pas de vous avoir malencontreusement bloqué la sortie, ça, non, mais "L'heure du Jugement Dernier." Cela résonnait comme les vieilles sornettes du pauvre Barrow dans votre tête, et pourtant. Il ne serait pas impossible que quelques âmes fragiles rejoignent temporairement l'avis de notre homme d'église peu populaire. Car bientôt, un bruit retentit au dehors. Et son expression passe carrément à l'horreur pure. Le prêtre finit par se lancer au sol pour aller se cacher sous son autel. Apparemment, vous pouvez faire ce que bon vous semble selon lui, désormais.

***

La brèche est ouverte. Pendant combien de temps, ça c'était impossible à savoir. Mais elle avait réussi à s'échapper. La proie. Elle avait disparu par là après le cri de chasse. La nourriture. Éclair rouge appétissant dans la grisaille verdâtre. Partie. Partie par ici.
Le cri d'outre-tombe retentit encore mais s'étouffe sous l'incompréhension. L'humanoïde inspecte prudemment, tâte. Des griffes s'enfoncent dans la masse aussi gluante que la peau elle-même, voir plus. Le rideau poisseux se déchire en de longs morceaux de mucosité filandreuse, écorchant une réalité bien trop vivante. L'accès avait été rendu plus facile. Un trou. Un appel. Des sons différents et déformés. Le pied cadavérique s'enfonça dans la neige, étouffant la poudreuse de gélatine insensée. Erreur. Trop tôt. Mais l'odeur est trop forte. La nourriture. Ses pas menaient à ce bâtiment familier, des pas révélés grâce à cette substance similaire à de la cendre glacée. C'était le chemin.

La voilà à semi-déployée dans un monde qui n'est pas le sien. Les pas s'accélèrent en suivant les traces et le cri retentit une fois. Dinosaure d'un autre monde. Râle damné glaçant le sang. Inhumain. Première porte défoncée dans un fracas de tonnerre. Silence. Pendant quelques secondes interminables. Progressivement, une ombre grandit sur le sol du funérarium. Grande. Quelqu'un. Quelque chose.
Au premier bruit, au premier cri, elle bondit. Immense silhouette rachitique et livide, au visage de plante refermée. De la vapeur s'échappe du trou. Là où est censée être une bouche. Ce n'est pas une bouche. Les griffes s'ouvrent et se referment en poing. Des bruits de respiration à l'envers. Respiration passée au mixeur. Vrille les oreilles. Bruits de plastique mouillé à chaque mouvement monstrueux. Ce n'est pas du plastique. Un buffet. Mais la proie a le mucus. C'est elle.
Un pas est fait vers l'échappée du monde à l'envers, un seul qui permet de se retrouver à seulement un mètre d'elle. La fleur s'ouvre et dévoile une multitude de rangée de dents pointues, plantées dans de la chair rouge sang. Le liquide tombe des pointes sur le sol de l'église bafouée. Raclement ténébreux dans sa gorge, appui arrière. Puis le cri résonne dans le funérarium, brise un autre vitrail, renverse les bougies éteintes, fait se rallumer et s'éteindre les lumières en saccade épileptique. La fleur dentée frémit, offrant un trou béant sans fin à son centre d'où provient le son insupportable. La gélatine translucide se projette sur la proie et ses compléments alentours.



ELLE N'ÉTAIT PAS SUPPOSÉE SORTIR.







Citation :
- Event guidé par maître de jeu qui interviendra tous les dix jours.
- Prochaine intervention du PNJ: le 21/03.
- Réfléchissez bien aux conséquences si vous souhaitez agir... Ou non.
- Bonne chance avec le demogorgon. coeur

Event #3 - FUNERAL
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MessageSujet: Re: Event#3 - Funeral   Dim 11 Mar - 22:55

Funeral
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« On ne craint rien tant que la mort, tout ce qui nous en approche nous effraye ; il n'est cependant pas de jour où l'on n'ait des motifs de soupirer après le lendemain. » ▬ Sahl


Mackenzie commençait enfin à se calmer. Elle avait obtenu de sa part quelques hochements de tête, discrets signes d'amélioration au cœur du chaos. Evie laissa un sourire caresser son visage tandis qu'elle poursuivait sa logorrhée d'un ton faussement jovial. Préserver le semblant de normalité qui planait sur son monologue semblait indispensable. Elle devait aider les autres à conserver leur calme, absolument. C'était son rôle.

À cette pensée, elle adressa un regard à Walty. Il était beau, même inquiet, même terrorisé par une perspective dont elle ignorait tout. Beau même dans la noirceur d'une épreuve qu'il ne méritait pas. Elle lui adressa une expression douce, gorgée d'amour, désireuse de le rassurer.

Tout irait bien.

Elle inspira, forte de cette conviction, puis se concentra sur les adolescents qui avaient pour mission de la rejoindre. Et qui, pour la plupart, ne le faisaient pas. À croire que l'esprit de contradiction si typique de cet âge les suivait jusque dans l'urgence. La panique généralisée n'aidait pas leur cas non plus, et la jeune femme se prit à se demander si quiconque viendrait réellement à leur rencontre.

Ce fut le cas quelques secondes plus tard. Une gamine, très jolie, ses cheveux blonds légèrement hirsutes après les événements qui se déchaînaient sur eux, s'approcha d'elles. Elle semblait connaître Mackenzie, et murmura son nom avec un mélange d'inquiétude et d'incrédulité qui ne la surprit pas.

Non, ce qui la surprit, ce fut l'intervention du prêtre. Sérieusement ?

« Si c'est une blague, bordel, c'est vraiment pas bien choisi »

Si c'était une blague, Evie retrouverait personnellement son auteur pour découper ses noix en rondelles. Elle hocha farouchement la tête, puis se concentra à nouveau sur les filles.

« Ne faites pas attention à lui, il est finalement devenu sénile. On va devoir évacuer ces lieux, d'accord ? Et je vais avoir besoin de vous pour récupérer vos amis. Vous voulez bien m'aider ? »

En arrière plan, Kahina effectua ce dont elle rêvait depuis trop longtemps déjà. Un léger éclat de rire lui échappa. Cette fille était vraiment géniale. Son courage, son audace la rendaient belle et sa force rayonnait dans l'église. Elle espérait que les hallucinations avaient été douces avec la demoiselle. Celle-ci ne méritait rien de mauvais, vraiment. Un dernier regard vers la scène, plutôt comique à vrai dire, un dernier bain d'air frais au cœur de la tempête, puis Evie s'attela à nouveau à son travail. Quelques gamins commençaient à s'approcher d'elle, ce n'était pas le moment de se distraire. Elle féliciterait son amie plus tard.

Elle offrit un sourire rassurant à la gamine qui venait d'arriver, ne lâchant à aucun moment l'épaule trop frêle de Mackenzie, puis leur annonça le plan.

Tenta de leur annoncer le plan.

Ses mots moururent dans sa gorge à l'instant même où un bruit retentit au dehors. Evie n'eut pas besoin de voir l'expression d'horreur se peindre sur le visage du père O'Leary pour sentir son estomac se nouer. Une terreur viscérale s'engouffra en elle, lacérant son échine d'un frisson de crainte. Tout était dans l'instinct. Tout était dans la partie animale de sa conscience, cette part de son âme qui savait mieux qu'elle où se trouvait le danger et qui hurlait, hurlait et ruait contre les parois de son esprit pour la pousser à fuir. La mort arrivait.

La porte de l'église fut défoncée. Le fracas se répandit dans un silence de plomb, lourd d'une peur qui allait se couronner dans le sang. Et une ombre, gigantesque, monstrueuse d'apparaître dans l'entrebâillement.

La mort était là. La mort était là et ressemblait aux films d'horreurs devant lesquels on se bécotait au cinéma. Elle était à l'image des peurs infantiles, monstre ignoble ouvrant une gueule béante où siégeaient bien trop de dents acérées, gigantesque face à la petite humanité qui, un instant, resta coite. Ils étaient tous paralysés. Était-ce là le fameux sentiment que ressentaient les inconscients refusant de courir face à une tornade ? Étaient-ils fascinés par la terreur qu'une véritable créature d'épouvante pouvait provoquer ? Étaient-ils déjà morts ?

Mais le monstre cracha, brisant la seconde de grâce au cours de laquelle il s'était fait empereur. Mackenzie se trouva couverte du mucus étrange sans qu'elle ne puisse réagir. La peur lui grimpa au visage, arrachant un hurlement terrorisé à ses lèvres. Tant pis.

La suite se passa en quelques fractions de secondes. Evie se plaça devant les enfants qu'elle se devait de protéger et les poussa de toute la force dont elle était capable en avant. Ils devaient se barrer de là. Ils étaient en première ligne. Ils allaient se faire dévorer si elle ne réagissait pas.

« COUREZ !!! COUREZ !!! »

Peu importait la débandade, bordel, peu importait le manque d'organisation, ils devaient fuir avant de se faire croquer par la bestiale faucheuse qui les prenait pour cible. Terrorisée, la jeune femme adressa un dernier regard à son fiancé. Walter... elle le voulait à ses côtés, désespérément, comme une enfant apeurée qui eût besoin de bras dans lesquels se cacher. Mais personne ne pouvait rien lui offrir d'autre qu'un combat à mener contre la mort elle-même.

Elle se précipita à la suite des gamines, leur intimant de virer par les bancs, de se jeter par terre si cela pouvait leur empêcher d'être éraflées par les griffes de ce monstre venu d'un autre monde. Ils devaient faire vite. Ils devaient faire vite, putain !

Fermant les yeux contre la panique qui menaçait de prendre un contrôle total sur elle, elle plaqua au sol les gamines qu'elle protégeait, espérant par un regard en arrière constater que le monstre était tenu en laisse par l'agent O'Leary et par Walter. Sa gorge se serra. Pouvait-on vraiment vaincre un truc pareil avec deux misérables pistolets ? Les deux policiers risquaient leurs vies sur ce coup. Encore. Des larmes dévorèrent son regard tandis qu'elle se remémorait son hallucination. Elle ne pouvait pas le perdre, pas maintenant, pas après tout ce qu'ils avaient vécu...

Si tu crèves, Walter Bishop, je te botterai les miches jusqu'à ce que tu reviennes parmi les vivants. Et là, je te mettrai au vert.

Pensée idiote au milieu du chaos, seul radeau dans l'océan déchaîné qui menaçait de les engloutir. Elle inspira, expira, ferma les paupières et les rouvrit aussitôt. Son rôle était capital et elle ne devait pas l'oublier, peu importe la grandeur du danger ou le désespoir de tout perdre. La cible du monstre était Mackenzie, et elle était là.

« Tout le monde va bien ici ? Vous êtes blessées ? »  


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MessageSujet: Re: Event#3 - Funeral   Lun 12 Mar - 1:10


Funeral

○ Event n°3

Ça n'allait pas du tout... Rien ne se passait comme prévu et les gens rechignaient à écouter son avis... Personne n'écoutait vraiment ses ordres, personne ne comprenait, mais lui savait. Il savait l'horreur qui approchait, et il ne pouvait tolérer que ces gens meurent sous les crocs acérés qui les menaçaient secrètement. Chaque seconde de plus passée dans cette église les mettait en danger de mort. Le mot choisi n'était même pas trop fort. Il était le plus adéquat de tout son répertoire. Et à cause de cette certitude qui rongeait ses entrailles, Walter se devait d'agir.

« Bon, écoutez-moi bien. Si j'en vois un seul s'opposer encore une fois à mes ordres, je l'embarque au poste dès qu'on sera tous sortis. C'est bien compris ? »

Mais comme si le destin avait décidé qu'il serait contre lui, ou comme si on avait voulu lui prouver que son autorité était très limitée sur les extrémistes, Le père O'Leary se jeta contre la sortie pour l'obstruer du mieux qu'il pouvait. S'agitant comme un beau diable -ce qui était, somme toute, assez paradoxal venant d'un prêtre- il hurlait à qui voulait l'entendre que le monde était arrivé à sa fin et que l'heure du jugement dernier était venue. Un ramassis de foutaises, qui trouva pourtant un auditoire et affola certains des habitants d'Aster Cove.

Merde. C'était la merde. Il fallait qu'il agisse encore une fois ou-...

« A nhar eswed ! Le Jugement Dernier ! Arrêtez de débiter des conneries et descendez de là, vous êtes en train de le piétiner, votre foutu dieu ! »

Une furie brune venait de rejoindre le père O'Leary pour l'apostropher violemment et le faire redescendre sur terre en même temps qu'il chutait de son piédestal. Parfait.

« Vous voyez pas que c’est le bordel ? C’est vraiment le moment d’en rajouter une couche ? Inchallah, on s’en sortira peut-être tous vivants. Alors silence, et suivez le groupe. »

Il reconnut la voix de Kahina avant de l'identifier visuellement et la vit tirer sans douceur le prêtre, qui n'eut d'autre choix que celui de la suivre. Walter se fit la réflexion que cette petite était rudement efficace. De cette pensée naquirent deux certitudes : Elle ferait une très bonne policière, pour peu qu'elle apprenne à canaliser toute cette énergie qui débordait. Il ne faisait pas bon la mettre en colère. Walter plaignait son futur époux.

« Vous l'avez entendue ? Tout le monde écoute sagement la demoiselle et rentre dans le rang. Compris ? »

Sa propre déclaration fit écho à celle du professeur qu'il avait missionné pour gérer le groupe des adultes et Walter se félicita d'avoir eu du nez. Un enseignant savait forcément faire obéir les gens, au moins autant qu'un représentant de l'ordre. D'ailleurs, que cela soit dû à son intervention, à celle de Bartholomew ou plutôt à Kahina, personne n'osa répliquer et les présents se regroupèrent plus calmement. Sage décision. Maintenant, il ne restait plus qu'à fuir. Vite. Car chaque minute comptait. Chaque seconde, même. S'ils se dépêchaient, avec un peu de chance, il ne resterait plus que lui au moment où-...

Vlam.

Merde.

Trop tard. Walter le sait. Walter le sent. Cette fois, c'est trop tard. Il ne se laisse pas le temps de se retourner qu'il tire déjà le flingue qui ne le quitte jamais plus. Il n'arrive pas à vivre, sinon. Il se paralyse de peur à l'idée de croiser quoique ce soit dehors, sinon. La présence de l'arme le rassure, et si Walter, d'ordinaire, se sent un peu comme ces rednecks qu'il exècre, aujourd'hui il se sent presque visionnaire. Lorsqu'il fait volte-face, la sécurité du pistolet n'est déjà qu'un lointain souvenir. Pas de temps à perdre. Pas avec... ça.

Ça, d'ailleurs, est l'exact portrait de ce qui lui était revenu en mémoire lorsqu'il avait touché l'épaule de Mackenzie. Le corps humanoïde, les crocs par dizaines, sinon par centaines, et la forme de sa gueule, si semblable à celle d'une rafflesia... tout y est. Jusqu'à l'horrible son qui imprégna les murs de l'Eglise à jamais.

Mais ce qui, par dessus tout, terrifia Walter jusqu'au plus profond de son âme, ce fut la bave qui dégoulina lentement de l'orifice pour souiller le sol sacré. Ce qui glaça le sang du policier jusqu'à l'en rendre pâle, ce fut le jet qui quitta les entrailles du monstre pour atteindre sa victime désignée et-...

Evie. Evie était en première ligne, et Evie n'avait pas de flingue. Elle était vulnérable, et de mémoire, il savait. Il avait la certitude ancrée dans tout son corps qu'un unique repas ne suffirait pas. Le bruit lointain d'os qui se brisent lui revint en mémoire. Walter chassa l'ombre de ce souvenir d'un revers de la main. Il n'avait pas le temps. Il fallait qu'il protège Evie. Et tous ses administrés.

« COUREZ ! C'EST UN ORDRE ! »

Le cri du désespoir devait atteindre le cœur de ces gens qui méconnaissaient la menace. Le cri du désespoir devait réveiller les endormis de la terreur et bousculer ceux qui ne se sentaient pas la force de fuir. Il le fallait, pourtant. Il fallait fuir loin, très loin de cette chose. Et vite. Quant à lui...

« O'Leary ! »

L'agent qui était bien heureusement avec lui adressa à Walter un signe de tête pour signifier qu'il était prêt. Ce fut sans une once d'hésitation que le mot suivant quitta ses lèvres.

« Feu. »

La détonation de l'arme résonna dans l'Eglise, comme pour en chasser le démon qui venait d'y pénétrer. La balle, quant à elle, trouva sa cible. La tête. Il fallait qu'il vise la tête. S'il devait y avoir quelque chose de vulnérable chez la créature, ce devait être aux alentours de son immense gueule. O'Leary fit également mouche. Walter pria secrètement pour que cela suffise. Intérieurement, l'adjoint du shérif savait qu'il n'en serait rien.

(c) miss pie


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MessageSujet: Re: Event#3 - Funeral   Lun 12 Mar - 16:35






Parfois, tu avais l'impression que le monde tournait au ralenti. Les oiseaux arrêtaient de chanter. Le vent arrêtait de souffler. Les gens marchaient tout doucement. Et toi, tu restais figée sans trouver le moyen de te libérer de cette paralysie. Tu avais déjà vécu ce genre de situation. Et pourtant, là, ça n'avait rien à voir. Tes larmes brouillaient ta vue mais tu commençais à voir le chaos qui s'était installé. Mais ce sont mes yeux qui t'écartèrent de la réalité. Mes yeux à moi, Isaac. Ma main glissait sur ta cuisse nue. Et ma voix se faisait tellement envoûtante, elle s'enroulait autour de ton cœur et le perçait comme des lames de rasoir. Et la douleur coulait le long de son corps, à mesure que ma main imaginaire grimpait sur ce corps mystérieux.  

Tu n'avais plus la force de bouger. Seules tes larmes ne cessaient de couler alors que l'agitation autour de toi sonnait comme un écho lointain. Et à chaque fois que tu voyais des formes, des silhouettes en mouvement, c'est mon visage qui te ramenait automatiquement vers cette mascarade. Ce teint pâle, ces cheveux fins, courts, aussi sombres que tes perruques préférées, ce corps chétif, ses mains presque squelettiques qui écorchaient tes cuisses. Et tes larmes qui coulent, encore et encore et encore. Ne pleures pas, Ange. Les doigts glacés caressent ta joue. Ne pleures pas, Ange. Je serais bientôt le seul.

Dans tes moments de lucidité, tu pouvais voir Aaron rassurant River. Non, Ange, restes avec moi, regardes-moi, Je suis juste là. Dans tes moments de lucidité, tu pouvais voir Jessica hurlant, poussant son père. Tu te doutais bien que certain de ses bleus n’avaient pas la même teinte que les tiens. Inutile de résister, Ange, Je ne compte pas partir. Dans tes moments de lucidité, tu pouvais voir Victoria et Andrew secourir Jessica. Ange ! Et finalement, les courants d’air frais glissant un court instant sur ta peau dissipèrent le sourire effrayant d’Isaac. Et pourtant, bien que de retour dans cette réalité désordonnée, tu gardes un arrière-goût désagréable dans la bouche.

Le chaos. Les cris. Les pleurs. Un véritable champ de bataille. Tes oreilles bourdonnent toujours. Tu cherches River et Aaron des yeux, tes jambes engourdis par ta transe à rallonge. Les gens courent partout, cherchent à s’échapper, à stopper ces visions d’horreur qui semblent avoir habité leurs esprits, tout comme toi. Et alors que tu captes enfin le regard de ton amie, c’est une anomalie d’une tout autre envergure qui arrache ton attention.

Mackenzie, dans le plus piteux des états, venait de faire une entrée dans plus fracassante. Elle s’effondre, toute poisseuse, les joues inondées de larmes, la mine terrifiée. En temps normal, tu aurais sauté sur l’occasion pour la rabaisser, te moquer d’elle, la Queen B qui était au trente-sixième dessous. Mais l’ambiance ne s’y prêtait pas et ton corps fut parcouru d’un frisson. La rousse n’était pas dans le même état que les autres. Et ça ne présageait rien de bon.

A chaque fois tu te disais que ça ne pouvait pas être pire, ça dépassait tes peurs, fois dix. L’évacuation est un échec. Le prêtre perd la tête. Les adultes aussi. Les enfants ont peur. Théodore n’est pas là pour te protéger et la foule est en délire. Les yeux rouges et le teint blafard, tu te hisses jusqu’à River et Aaron que tu retrouves enfin. Ta voix est brisée mais tu n’as jamais été aussi heureuse d’avoir des amis dans ce monde.



- River .. Aaron .. Je vo- !



Tu te souviens quand tu te disais que c’était encore pire que ce que tu imaginais ? Arrêtes de te torturer l’esprit avec ça, Ange, parce que le gardien des enfers est venu te prouver le contraire. Baveux, svelte, avec cette mâchoire impressionnante et cette aura horrifique. Tu n’avais plus de voix et tes jambes refusaient de bouger. Tu serrais la main de river comme s’il s’agissait du dernier contact humain de ta vie entière. Tu ne pouvais pas mourir, pas maintenant. Pas avant d’avoir accompli tes rêves, tes espérances. Pas dans cet état, de cette façon. Tu devais mourir empoisonnée dans une robe de soie, dans un bel appartement haussmannien à Paris. Ton mari serait mort d’une maladie incurable et votre fils aurait fraîchement quitté la maison pour s’enfuir avec une jeune fille qui te déteste. Tu te serais consolée avec d’autres hommes, plus jeunes, qui n’ont aucune idée de ton passé et de tes vieilles blessures. Tu ne peux pas mourir ici, dans ce bled pourri où quasi-personne ne reconnaît ta personne, tuée par une espèce de monstre immonde et gluant. Qui plus est, quitte à mourir de cette façon, hors de question de passer après Mackenslut. C’était toi d’abord, ou rien !

Même si ta fierté semblait avoir refait surface, la panique revint bien vite hanter ton esprit. Alors que les événements s’accélèrent, le temps te semble de nouveau ralentir. Tu voies Walter hurlant à plein poumons, Evie tirant des jeunes filles pour les mettre à l’abri (Y’en avait-il vraiment ?). Le chaos faisait que tu ne distinguais plus les visages de ces demoiselles. Une blonde, Victoria peut être ? Jessica ? Claire ? A savoir. Elle espérait simplement que Jessica allait bien. Et la danse lente et apeurée de la foule continuait de défiler devant tes yeux. River te tirait par la main, peut être ? Tu ne savais plus. Tu te sentais dépassée. Et finalement …

B a n g. Tes oreilles sifflent. Le monde s’accélère. Et les bousculades se font plus violentes, les coups de feu s’enchaînent et des larmes perlent au bord de tes grands yeux. Tu as peur, de nouveau. Et tu ne sais même pas si tu vas t’en sortir. Les balles seront-elles assez efficaces ? Tu en doutes. Tu vas mourir, Ange. Et le pire, c’est que je suis toujours là.

Tu la connaissais même pas, cette fille ! Qu’est-ce qui te prends de jouer les compatissantes alors que tu n’en as rien à foutre ? Tu voies dans quelle merde tu t’es mise ? Et dire que Théodore doit être en train de pioncer dans son canapé moisi, à cette heure-ci … Fuck.









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Tout se mélange

Je suis en tête-à-tête avec un ange.  
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MessageSujet: Re: Event#3 - Funeral   Mar 13 Mar - 19:59









Highway to Hell




Lui expliquer ce qui c’était passé ? Mackenzie regarda le shérif l’air hagard. Comment pouvait-elle expliquer ce qui lui était arrivé ? Tout le monde allait la prendre pour une folle. Certes, elle savait que le policier lui avait accordé une légère confiance lorsqu’elle s’était fait passer pour une victime lors de leur conversation, mais c’était un mensonge. Et elle savait très bien mentir, elle savait que tout le monde tombait dans son panneau de petite fille bien élevée et effrayée. Mais là, il s’agissait de dire la vérité. Non seulement, elle n’en avait pas l’habitude, mais en plus, la vérité en question était plus invraisemblable que n’importe lequel des mensonges qu’elle aurait pu inventer.

Il fallait qu’un mensonge soit crédible pour qu’il fonctionne. Qu’il soit assez détaillé, mais pas trop, pour ne pas se mélanger dans les détails. Mais là, ça ne l’était pas du tout. Allait-elle vraiment ouvrir la bouche pour expliquer qu’elle était tombée dans un trou et s’était retrouvée dans un monde inconnu, pourchassée par un monstre ? Tout le monde penserait qu’elle avait halluciné, ou pire, qu’elle était devenue folle. La panique monta de plus en plus en elle, et vite, les larmes recommencèrent à couler le long de ses joues. Et soudain, la main sur son épaule, le shérif se figea.

« « L-la bave... C-c'est... » »

Mackenzie écarquilla les yeux. Elle ouvrit la bouche pour parler, mais fut interrompu avant même que la première syllabe ne sorte de sa bouche. Bishop lança l’ordre d’évacuer. Rien qu’en voyant la bave qui la recouvrait, il avait lancé l’ordre d’évacuer. Comment était ce possible ? Il savait ce que ça voulait dire ? Oui, évidemment, sinon, pourquoi est ce qu’il aurait eu l’air si paniqué ? Bon sang, ça voulait dire qu’elle n’était pas sa première victime ? Et si elle ne l’était pas, ça voulait dire que ce n’était pas la première fois que cette chose se manifestait. Pire, ça voulait dire qu’elle avait sûrement accès à la ville. Et donc qu’elle allait venir. Ou revenir.

Le shérif avait raison. Il fallait fuir. Il fallait fuir vite, et loin. Se barricader dans une forteresse, un bunker, n’importe quoi. Elle ne voulait pas finir comme… Un sanglot secoua sa poitrine et Mackenzie cacha son visage dans ses genoux. Elle voulait que tout s’arrête, c’était trop. Beaucoup trop. Pourquoi est ce que ça arrivait ici, dans cette ville ? Et à elle. Mais dans ce chaos environnant, Mackenzie était tout de même reconnaissante. Malgré tout ce qui se passait, cette fois, elle n’était pas toute seule. Elle entendait la douce voix d’Evie qui lui parlait constamment, sans se soucier du fait qu’elle était incapable de lui répondre.

Elle lui avait même prêté sa veste, et cette fois, Mack ne pleurait pas de peur, mais de soulagement. Peut-être que finalement, tout allait s’arrêter. Tout le monde allait partir de cette église et tout irait bien. Si le shérif savait qu’il fallait évacuer sans même qu’elle ai dit quoi que ce soit, ça voulait dire qu’il allait la croire non ? Les autorités allaient s’occuper de tout ça et tout irait bien. Après tout, s'ils arrivent à arrêter des serial killers, la bête ne leur poserait pas trop de soucis, pas vrais ? Doucement, Mackenzie commença à se calmer.

Par pur coïncidence, presqu’en synchronisation avec le moment ou Victoria s’approcha d’elle. Le ventre de la rouquine se tordit. Cela faisait un moment qu’elles ne se parlaient plus à part pour se dire les pires choses ou tenter de se faire souffrir. Et là, Vicky avait une occasion en or. Mackenzie ne la blâmerait même pas, elle aurait sûrement fait la même chose. C’était trop beau et trop facile pour passer à coté. Et c’était tout ce qu’elle méritait de toute façon, après ce qu’elle avait fait. Et pourtant, son ancienne meilleure amie n’avait aucune animosité dans le regard, au contraire, il était plein de larmes.

« - Mackenzie...  »
« - Victoria… »

La rouquine était sur le point de fondre en larmes en se jetant sur Vicky comme si rien ne s’était passé, comme si elles étaient toujours amies, mais elle n’en eut pas le temps. Le prêtre se mit à hurler quelque chose que Mackenzie n’enregistra même pas. Le cri avait suffi à la remettre dans un état de détresse qu’elle ne contrôlait pas. C’était le chaos autour, elle entendait les gens crier, les choses tomber, les gens se déplacer. Et elle était toujours là, la vue brouillée par les larmes, sa gorge serrée l’empêchant de respirer et son coeur battant à toute vitesse.

Et là, les portes de l’enfer s’ouvrirent. Les lumières se déchaînèrent et elle entendit un cri qu’elle, sans même l’avoir entendu avant, reconnut immédiatement. C’était elle. Lui. Elle n’en savait rien, elle s’en fichait. Tout se mélangeait dans sa tête. La chose était là, elle allait tous les attaquer. Et, comme pour les en avertir, elle cracha. Mackenzie se retrouva une nouvelle fois couverte de mucus. Un cri strident s’échappa de ses lèvres, se joignant à celui d’Evie qui retentirent dans toute l’église. Et son amie avait raison, il fallait courir. Et ce qu’elle fit.

Sans y réfléchir à deux fois, elle attrapa Victoria par la main, la tirant à sa suite. Elle obéit machinalement à chacun des ordres d’Evie, tournant quand elle le disait. Tout le monde courrait, la panique régnait. Mais elles étaient trop près de la bête. Beaucoup trop près. Elle sautait déjà dans leur direction. Toujours sous les ordres de son amie, elle se jeta par terre, emportant Victoria avec elle dans sa chute. Mais elle ne réagit pas assez vite pour éviter les griffes qui effleurèrent son bras. Mackenzie sentis bien que la bête l’avait à peine touché, qu’elle n’était déjà plus sa cible et pourtant, quatre lignes rouges étaient déjà sur son bras. Très vite, les coupures se mirent à saigner, imbibant ses vêtements et Mackenzie hurla de nouveau sous la douleur.

Mais elle fut vite distraite, avant même d’avoir pu répondre à Evie, par les coups de feu qui résonnèrent. C’était de sa faute, tout était de sa faute. C’était elle qui avait attiré la bête ici, si elle était restée dans ce monde bizarre, elle aurait été la seule victime. Et maintenant, tout le monde allait mourir. C’était de sa faute. Mackenzie serra Victoria qu’elle n’avait toujours pas lâché tout en sanglotant.

« Je suis désolée...Je suis désolée… »










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MessageSujet: Re: Event#3 - Funeral   Mar 13 Mar - 22:55





FUNERAL

« Great paté, but I'm gonna have to motor if I wanna be ready for that funeral. »


« Ne faites pas attention à lui, il est finalement devenu sénile. On va devoir évacuer ces lieux, d'accord ? Et je vais avoir besoin de vous pour récupérer vos amis. Vous voulez bien m'aider ?

Je ne connaissais pas bien Evie. Je savais juste qu'elle bossait à l'Aster & Clover, mais il fallait dire que j'étais plutôt habituée aux fêtes chez les populaires qu'au bar du coin... avant. Pas que je me sois mise à aller au bar pour autant, mais bon. À ce moment là, je la voyais d'une toute autre lumière et son sang froid m'impressionnait franchement. Je n'hésitai pas à lui répondre d'un hochement de tête, l'oeil grave. Elle et Walter avaient raison. Il n'y avait pas de temps à perdre. Je regardai autour de moi et ordonnai à ceux qui croisaient mon regard de venir en faisant des moulinets avec ma main. Je n'avais pas trop envie de m'aventurer dans toute la salle pour aller chercher les retardataires, aussi j'espérais sincèrement que tout le monde allait coopérer et s'aider les uns les autres. Et puis. Je voulais pas laisser Mackenzie comme ça...

Puis le cri retentit au dehors. Mes sourcils remontèrent alors que mon visage était en train de traduire quelque chose qui ressemblait à un début de chute libre. Je devenais livide. Qu'est-ce... que... c'était ? Je me pétrifiai sur place, raidie à en avoir des crampes. Seuls mes yeux exhorbités bougeaient et devenaient témoins du père O'Leary qui se cachait sous la nappe blanche, ainsi que de la terreur paralysante qui venait de frapper l'assemblée. J'en faisais partie, sans conteste. Je sursautai et fit un pas vers Mackenzie lorsqu'un bruit assourdissant se fit entendre. Quelque chose était entré. Lentement, avec la même expression de terreur pure, je me tournai vers l'entrée du funérarium à mesure que l'ombre grandissait sur le sol. Jamais de ma vie je n'aurais pu être prête pour la suite.

Ce n'était pas humain. Son aspect me fit instinctivement reculer vers Evie. Mes lèvres se tordirent en une moue dégoûtée de peur, ne comprenant visiblement pas ce qui venait de pénétrer dans les lieux. Ca n'avait pas de visage. Et ses mains étaient des griffes qui paraissaient infinies. Mon coeur n'était plus qu'un noyau trop pressé par l'horreur. J'avais presque peur qu'il ne batte plus. Mais je fus bien vite réveillée lorsque la bête se jeta devant nous et ouvrit sa gueule, alors que j'ouvrais ma bouche dans une frayeur tranchante. Tranchante comme les dents plantées dans une fleur cauchemardesque sortant tout droit d'un livre d'épouvante, ou d'un film d'horreur passé au drive-in le vendredi soir. Pire que ça. C'était vrai. C'était vivant. C'était devant moi. Et j'eus le réflexe de me couvrir le visage avant que la bave de la créature ne nous atteigne, sans que je sache comment.

- PUTAIN !! criai-je instinctivement avant que Mackenzie ne prenne ma main.

Mon juron fut emporté dans le vacarme assourdissant qu'avait provoqué cette bouche béante que jamais mon imagination n'aurait pu inventer. Mais je réussis à entendre la barmaid.

- COUREZ !!! COUREZ !!!

Ce que je fis immédiatement, n'ayant pas vraiment le choix de toute manière vu que Mack était en train de me tirer. La course fut la chose la plus stressante que j'ai pu vivre jusqu'à présent. À chaque fraction de seconde, la chose pouvait nous rattraper rien qu'avec ses bras démesurés, et ma gorge sifflait plus cette pensée s'implantait dans mon esprit. Mais l'adrénaline faisait le job et je pense ne m'être jamais autant dépêchée. Lâchez-nous ça quand on est en retard en cours, vous verrez l'efficacité. C'était fou à quel point j'arrivais à penser à des conneries même dans ces moments là. Pas longtemps, car l'instant d'après j'étais par terre sans trop comprendre pourquoi. Mon bras avait suivi le poids de Mackenzie et Evie était au-dessus. Mon autre bras avait reçu ma joue en plein vol et mon menton avait tapé contre le sol de l'église, au même moment que ma hanche. Anesthésiée par la douleur et le choc, le bruit affolant de déchirure me réveilla presque aussitôt.

- MERDE ! MACKENZIE !!

Elle saignait et la douleur l'avait saisie sans ménagement. C'est à ce moment là que je m'étais vraiment rendue compte de la taille des griffes que possédait le monstre. Horrifiée, je ne pus refermer ma bouche avant que les premiers coups de feu ne retentissent. Ce bruit... Je me couvris instantanément les oreilles, fermant les yeux aussi fort que je pouvais. Non, c'était trop tôt... Je sursautai à chaque bruit de balle, sentant les larmes couler sur mes joues et manquant de saigner ma langue tellement je serrais ma mâchoire. Ces bruits, ces bruits... Ils étaient pires que les cris rauques que faisait la bête touchée. Arrêtez. ARRÊTEZ ! ARRÊTEZ !!
Le contact de Mackenzie réussit à me surprendre assez pour détourner mon attention. Je ne l'aurais jamais assez remerciée à ce moment là. Mon coeur battait la chamade, me faisant mal dans toute la poitrine. Mes oreilles sifflaient et j'avais envie de rentrer dans ce sol, m'y enfoncer et partir de cette scène de fin du monde une bonne fois pour toutes. Les coups de feu avaient été au-dessus de mes forces, et je m'en voulais pour ça. C'était complètement con. Cette chose méritait de mourir. Enfin, j'imaginais...

- Je suis désolée...Je suis désolée…

 Mackenzie... Qu'est-ce que... Je secouai la tête. Elle n'avait pas à être désolée, pas maintenant. Désolée de quoi ? Avait-elle assez peur pour s'excuser de tout ce qui s'était passé ? C'était ça qu'elle voulait dire ? Non, ce n'était définitivement pas le moment, même si à ces mots, je sentis le battant se briser en deux au-dessus de mes côtes. Shit, Mackenzie... Peut-être que j'allais lui en vouloir d'avoir utilisé ce moment pour ça après, parce qu'honnêtement je n'était plus sûre de rien. Mais il y avait un putain de monstre à nos trousses, diverti par d'immondes balles dans son corps. Sans trop réfléchir, je passai mon bras endolori derrière le cou de Mack et pressa ma joue contre ses cheveux poisseux. Après tout, j'étais pas mieux moi-même à ce stade... et je m'en fichais. Je voulais juste qu'on survive. Que ses derniers mots soient pas "Je suis désolée", même si j'en rêvais un peu la nuit.

- Chut. Sois pas désolée, murmurais-je, hantée.

Mes yeux étaient fixés sur la bête. Mais qu'est-ce que c'était que cette chose ?...  Elle en avait après Mack ? D'où est-ce qu'elle sortait ? D'où est-ce que Mack sortait ? Elle avait été dans son antre ? Qu'est-ce qu'il lui avait pris ? Elle l'aurait jamais fait exprès... La chair rouge de la bête me fascinait presque. Je n'avais jamais vu ça dans aucun livre, dans aucun documentaire d'aucune sorte. Visiblement, je n'étais pas la seule.

- Tout le monde va bien ici ? Vous êtes blessées ?

Mes yeux basculèrent sur Evie, mais je n'eus pas le temps de lui répondre.

- VICKY !!

Le cri était déchirant mais pas perçant. Plutôt étouffé dans tout le chaos qui était revenu en grandes pompes, mais je l'avais immédiatement entendu. À moins qu'elle ne m'avait déjà appelée plusieurs fois sans que je l'entende... Maman. C'était sûr qu'elle allait pas me laisser me faire bouffer par un monstre des contes de la crypte sans avoir fait barrage avec son corps. Avec la diversion qu'avaient crée les balles, c'était probablement jouable. Elle arriva derrière nous, en direction opposée au monstre et nous tendit les bras pour se relever. J'emportai Mackenzie avec moi et laissait l'autre bras à Evie.

- Ne restez pas là !! »

Je sentais la panique dans sa voix, et dans ses yeux, la peur insupportable d'avoir failli me perdre pendant un instant. Un rictus plaintif s'afficha sur mon visage, mais je n'eus pas le temps de pleurer une nouvelle fois. Debout, à reculons dans des mouvements saccadés et prudents, nous nous éloignions un peu plus du danger. Pourvu que cela suffise.


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MessageSujet: Re: Event#3 - Funeral   Ven 16 Mar - 22:06

Alors que je pensais que le pire était passé. Entre des hallucinations et un prêtre trop...prêtre ? L'enfer ne faisait justement que commencer. Après un bruit qui n'annonçait rien de bon venant de l'extérieur, un monstre était entré dans l'église. Du moins, c'était comme ça qu'on cataloguait généralement quelque chose de non identifiable. Ca avait la gueule d'une plante carnivore mais définitivement pas le corps d'un végétal. Je n'étais pas un fan des films d'horreurs et je repensais à la discussion que j'avais eu avec Joshua l'autre jour là dessus.

- C'est quoi ce truc ??

Pendant une seconde, j'avais songé à une autre hallucination mais si ça avait été le cas, les autres personnes présentes ne la verrait pas. Hors, c'était le chaos total. Mackenzie s'était une nouvelle fois fait cracher dessus. Et il était évident que ce n'était pas la première fois qu'ils se rencontraient. La question était donc, où ? Comment ? Ce n'était même pas un extra-terrestre ! Une arme russe ? Les asiatiques ?
Evie et Walter disaient de courir mais j'étais totalement paralysée. Je n'avais pas du tout imaginer que vie finirait ainsi : bouffer par un monstre. On pouvait le croire quand on était gosse, avec les histoires que racontait nos parents pour nous obliger à manger des légumes verts. Mais ça ? Ca ? Même si il était clair que la bête avait déjà choisi qui lui servirait de dîner, il était idiot de penser qu'elle partirait après. Il était même stupide de croire qu'on allait la laisser s'emparer de l'étudiante. J'avais fini par me réveiller quand quelqu'un m'avait attrapé par le bras pour m'obliger à suivre le reste de la troupe vers le fond de la pièce. Je ne pouvais cependant pas m'empêcher de regarder derrière moi. Les deux adolescentes venaient de tomber par terre et le monstre s'approchait un peu trop d'elles. Du sang coulait et puis des coups de feu retentirent. J'avais de sérieux doute que des balles puissent l'arrêter. Peut être la retenir quelques secondes mais bon. Le temps pour Mackenzie et Victoria de nous rejoindre avec l'aide de sa mère et d'Evie.
Mon coeur battait la chamade et je tentais de reprendre une respiration normale. Ma vue se faisait de plus en plus trouble. Ce n'était clairement pas le moment de faire un malaise. Je titubais malgré moi, le bruit se faisait lointain. Je faisais de mon mieux pour garder la tête hors de l'eau même si mes jambes ne voulaient plus me porter. Je m'étais donc accroché au premier venu, telle une moule à son rocher.

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MessageSujet: Re: Event#3 - Funeral   Sam 17 Mar - 10:30

Bon. C’était officiel, tout partait en couille dans ce patelin. Après l’hallucination collective des paroissiens, voilà que le Prêtre pétait un fusible. Bon, j’avais toujours considéré qu’il fallait être un peu taré pour entrer dans les Ordres mais lui avait l’air d’atteindre des sommets dans la connerie. Il avait même réussi à se faire agresser par une jeune femme. Même moi je n’aurai pas osé tiens. C’était plutôt impressionnant.

Enfin bref, entre l’arrivée de Mackenzie et la diatribe de l’homme d’Eglise, on aurait pu croire que les choses ne pouvaient pas empirer… Et pourtant… L’Adjoint Bishop était dans tous ses états, comme s’il savait quelque chose que nous, pauvres civils, ignorions. Alors que tout le monde s’activait, je m’éloignais discrètement en direction de la sacristie. De base, je voulais voir si le petit Père n’avait pas oublié ses calmants, son Prozac ou la drogue qu’il avait utilisé sur ses brebis. Mais rien de tout cela. Le seul vice que je pu y trouver n’était même pas caché. Une bouteille de whisky trônait là, ouverte mais à peine entamée. Bah, il était Irlandais après tout, ca ne devrait pas me surprendre. J’ouvrais le bouchon avant de sentir l’alcool. Ouais, rien qu’à l’odeur je pouvais dire que c’était du bon. Il en aurait peut-être besoin pour redescendre après son esclandre.

Alors que je ressortais, la bouteille ouverte à la main, le chaos prenant alors un nouveau sens pour moi. Putain. De. Merde. Dans un mouvement qui en disait long sur mon absence d’instinct de survie, je me rapprochais pour mieux voir la bête. Elle était humanoïde, tout en chaire étrange et avec une tête qui s’ouvrait comme une espèce de fleur carnivore. Je n’étais plus qu’à quelques mètres quand, résolu, je lui balançais la bouteille de whisky en pleine poire. Sur le coup, je n’avais pas pensé qu’elle risquait tout simplement de rebondir ou de l’énerver un peu plus mais, appelez ça la chance, ou un réflexe vif et plein de dextérité d’un policier, une balle l’atteignit et la fit exploser sur le monstre. IL était recouvert d’alcool et j’espérais que les éclats l’aient un peu blessé. Ni une, ni deux, je sortais le zippo que j’avais dans la poche enclenchant le maintien de la flamme. Il suivit ensuite la bouteille pour mettre le feu à l’alcool. S’il ne le sentait pas, j’espérais au moins que ça le ralentisse. Ayant épuisé ce que j’étais capable de faire et n’ayant pas spécialement envie de finir bouffé par ce truc, je suivais les fuyards tout en cherchant une certaine personne du regard. Putain, j’aurais mieux fait de rester cloper tranquillement.
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MessageSujet: Re: Event#3 - Funeral   Dim 18 Mar - 15:50





FUNERAL

« You really know how to put the "fun" in "funeral". »


Bien sûr, quand des choses comme ça se passaient, je n'avais pas mon calepin. Je me sentais horrible de penser comme ça au vu de toute la souffrance autour de moi. Mais je ne pouvais pas faire grand chose de plus, et mon vieux réflexe de journaliste égoïste prenait le dessus. C'était pas étonnant que les gens me voyaient comme une fouine nuisible, peut-être qu'ils n'avaient pas forcément tort. Mais merde, j'aurai du papier à gratter après cette soirée riche en rebondissements. Tout ça me faisait oublier mon épisode psychotrope que j'avais déjà envoyé balader dans le royaume du déni.

Ok. Il fallait que je remette tous les événements en place pour m'en rappeler plus tard. Mackenzie Chandler avait fait son entrée fracassante dans le funérarium, couverte d'une substance gélatineuse peu ragoûtante, un arc à la main et complètement déboussolée. Elle qui m'avait tannée maintes et maintes fois pour écrire un article sur elle, la voilà servie. J'espérais seulement qu'elle n'avait pas pris mon "On verra quand tu feras quelque chose de vraiment remarquable" au pied de la lettre. Non, quand même. Mais est-ce qu'elle en était capable ? Peut-être... En tout cas, elle était là, et dans un piteux état. Annunziata venait d'arriver elle aussi, ne comprenant rien à ce qu'il se passait. À vrai dire, comme nous tous. Je ne sus même pas quoi lui répondre à ce moment, me contentant de secouer la tête et hausser les épaules. Elle avait raison, c'était un véritable champ de bataille. Je laissai Josh à ses bons soins. Après tout, j'avais déjà manifesté mon intérêt à voir ces deux ensemble, et l'occasion était parfaite. Mais surtout, mon attention avait vite été détournée lorsque je repérai enfin Walter et Evie, consolant Mackenzie avec brio et prenant les choses en main. J'esquissai un sourire fier et éprouvai enfin un semblant de soulagement alors que les choses semblaient enfin de calmer. Puis le prêtre cria, comme frappé par une folie un peu plus divine que le reste de nous, pauvres mortels, et fut rapidement remis à sa place par une femme au caractère de feu que je ne semblais pas encore connaître. Son intervention eut le don de me faire retenir un rire. Si elle ne l'avait pas fait, j'aurais volontiers pris son rôle. Mais ça m'allait bien comme ça. Prudemment, notant encore les événements autour de moi, j'allai donc rejoindre Bartholomew comme ce dernier et mon cousin intimaient de faire.

Voilà, c'était à peu près tout pour le moment. Même si la suite allait être le cœur, la partie la plus importante qui m'allait être donnée de voir. Un cri, puis un fracas infernal plongea la salle dans une paralysie d'effroi. À raison. Puisque c'était l'annonce funeste d'un événement à peine croyable. Quelques minutes à peine après cet énième rebondissement, quelque chose sorti des tréfonds de l'esprit torturé de ce cher Stephen King se matérialisa devant la foule. Mes pieds étaient ancrés dans le sol et mes bras figés traduisaient mon état d'esprit. J'étais sur le qui-vive. J'attendais le moindre événement pour reculer loin de cette chose. Ce fut le bond puis le cri. Les bras en arrière, je reculai frénétiquement, imitant ou imitée par la foule devenue hystérique et presque sourde. La bête en avait encore après Mackenzie. Je fronçai les sourcils. Elle aurait vraiment droit à l'interview du siècle, la pauvre gosse... Et j'avais pas envie que ce soit n'importe quel collègue bourru et je-m'en-foutiste qui s'en charge. Étonnamment, l'adrénaline me rendait relativement lucide et calme, même si ma lourde respiration disait que j'étais encore alerte au moindre danger. Je regardais partout, les yeux exorbités, les bras tendus sur les côtés, protégeant sans trop le savoir quelques personnes derrière moi. Mackenzie et Evie étaient à terre et la bête commençait à se faire tirer dessus par, notamment, mon cousin. Pitié que la chose ne se rue pas sur lui... Heureusement, ça avait permis à Evie et son petit groupe de nous rejoindre, c'était déjà ça...

Je sentis alors quelqu'un s'accrocher à moi, ce qui m'arracha un petit cri de surprise, me faisant presque perdre l'équilibre. Je me repris quasi au dernier moment en me raccrochant moi aussi à la personne. C'était Bartholomew. Reprenant mes appuis, j'essayais de le relever comme je pouvais, passant finalement son bras sur mes épaules.

« Eh, courage, ça va aller, ok ?

J'essayais de le rassurer comme je pouvais même si j'y croyais pas moi-même, mais c'était pas le moment de flancher à la merci de la bête. Toutefois, à ce moment là, tout le monde avait décidé de me contredire. Surtout quelqu'un dénommé Alexander Bloomingdale. Alors que je tournais la tête, ce dernier venait de jeter de l'alcool sur la créature et finit par lui foutre le feu. Je ne pus retenir mon cri. C'était peut-être la meilleure chose à faire au final, mais à ce moment là je n'en savais rien et la panique s'était réveillée.

- D'accord ! J'ai rien dit ! Ça va pas aller. Il faut partir ! »

Partir parce que la bête allait tous nous tuer sous sa colère ou partir parce que l'église pouvait entièrement brûler d'une minute à l'autre, c'était au choix. Mon cerveau balançait des alertes rouges en masse, comme si l'endroit allait exploser dans trois secondes. Mais mes mouvements étaient réduits avec la présence du professeur Caldwell sur le dos et je ne pus que légèrement reculer avant que le prochain événement n'ait eu lieu.


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MessageSujet: Re: Event#3 - Funeral   Dim 18 Mar - 16:28


  Annunziata & The World

  Funeral

 

  « Et bah caches ta joie mon vieux ! On dirait que tu n’es pas content de me voir… ! » Lâcha Annunziata avec un ton taquin après que Joshua lui ait dit qu’elle n’aurait jamais dû venir le rejoindre dans cette Eglise. Son colocataire encore choqué parce qu’il avait vécu n’était pas serein – en même temps qui l’aurait été – et malgré sa voix et son attitude rassurante, l’italienne était également terriblement anxieuse ! Elle ignorait tout de ce qui avait bien pu se passer avant son arrivée et celle de cette rouquine recouverte de bave, mais quelque chose lui disait que ça allait à l’encontre de tout ce à quoi elle croyait. Mais plutôt que de céder à son tour à la panique et d’alimenter le malaise ambiant, elle inspirant un grand coup avant de donner une petite tape dans le large dos de son ami zoologue qui s’était finalement et elle lui adressa un petit sourire, qui se voulait sécurisant, mais qui avait en réalité l’air plus crispé et gêné qu’autre chose… bref un rictus pas vraiment naturel qui n’allait certainement pas tromper grand monde.

« Tu croyais vraiment que j’allais prendre le risque de te laisser te débrouiller seul ? Allons Pinocchio, je te connais assez pour savoir que tu as besoin de ton Jiminy Cricket pour t’aider à garder la tête froide dans ces moments-là ! »

Dit-elle tout en essayant de garder le sourire et en lui caressant légèrement le dos pour essayer de le rassurer et peut-être aussi de se rassurer elle-même. Au même moment l’adjoint du Sheriff effrayé par ce qu’il venait de voir, prit les choses en mains et donna ses consignes pour évacuer les lieux le plus rapidement possible. Sans trop attendre ni même réfléchir, le groupe composé de Penelope, Joshua et Nunzia se dirigea vers Bartholomew qui avait été nommé chef des opérations par Walter. Tandis qu’ils étaient en train de battre en retraite, le prêtre perdit la tête et commença à crier à la fin du monde. Il ne manquait plus que lui… Pensa l’italienne avant qu’une belle afro-américaine ne vienne calmer l’hurluberlu ! « Je crois que Barth’ aurait sans doute été plus tranquille à la Bibliothèque ! » Dit-elle pour essayer une nouvelle fois de détendre l’atmosphère et de rassurer ceux qui étaient avec elles… La brunette avait grandi entourée de garçons et malgré sa petite taille elle avait appris à ne pas se laisser marcher sur les pieds et surtout à ne jamais montrer sa peur. Mais quand cette horrible créature entra dans la pièce, elle ne pu s’empêcher de lâcher un cri d’horreur.

« Santa Maria Madre de Dio… » Cette… Chose… Ne ressemblait à rien de ce qu’elle avait pu voir auparavant ! C’était peut-être elle qui avait attaqué Joshua quand il était enfant !? Peut-être qu’il avait raison et… Oh ! Non ! Elle ne voulait pas perdre son temps avec ces questions ! Elle voulait absolument quitter cet endroit maudit ! Cette putain d’Eglise ! Lorsque les forces de l’ordre commencèrent à tirer sur cette bête humanoïde et sans doute anthropophage, elle attrapa brusquement le bras de son colocataire et le regarda droit dans les yeux, finit les sourires, les taquineries pour oublier l’horreur, cette fois-ci les choses étaient terriblement sérieuses et elle ne voulait pas crever au milieu d’un funérarium !

« Allez vite cassons nous ! Je ne suis pas sure que Walter et River se sont mis à tirer sur ce truc pour qu’on reste planter là à les regarder avec de la peur dans les yeux… Donc faudrait peut-être qu’on se barre maintenant et au pas de course non !? »

S’exclama-t-elle afin que les adultes autour l’entendent et finissent pas prendre leurs jambes à leurs cous ! Regarder la scène tétanisé était un choix tentant, mais quelque chose disait à la méditerranéenne qu’il ne s’agissait sans doute pas du plus intelligent et du plus en accort avec leur volonté de survivre à cette fichue cérémonie.

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MessageSujet: Re: Event#3 - Funeral   Lun 19 Mar - 7:34

FuneralEvent
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And those who fear a loss
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•••


C'était comme si le monde s'était déchiré en deux et que l'Enfer était en train de se déverser sur Terre. La Chose - il refusait de lui trouver un autre nom plus approchant, s'était matérialisée dans l'église dans un hurlement strident qui n'avait rien du tout d'humain. Et sa silhouette arachnéenne s'était déployée de toute sa hauteur. Après ça, se fut la débandade. A qui cherchant à prendre le plus de distance avec ce truc monstrueux pour tenter de sauver sa peau au dépend des autres. Impossible de retrouver les autres dans ce capharnaüm. Ne restait auprès de lui que Nunzia, Penny et Bart.

« Que ferais-je sans ma bonne conscience. » Laissa-t-il échapper d'une voix chevrotante

La mauvaise blague était morte avant même qu'il ai finit de la prononcer et il avait vite compris qu'il s'agissait de passer à l'action. Un coup de feu résonna, sans doute tiré par Walter mais il n'était plus temps de rester dans les parages pour s'en assurer. Prenant Bart par l'autre bras, il aida Penny à le soulever et tous les trois tentèrent tant bien que mal de s'éloigner du chaos. Son autre main libre attrapa Nunzia à l'épaule et il indiqua la sortie derrière l'autel. Le trio ralenti continua sa progression hasardeuse alors qu'un bruit de déflagration déchirait la scène et qu'une gerbe de flamme montait vers le plafond. Il ignorait qui avait eut cette idée folle mais si ça avait pu ralentir la bestiole, c'était à leur avantage.

« Profitons en, j'espère que ça va la ralentir. » Pria-t-il

Mais s'il y avait un Dieu quelque part là haut pour les entendre, il fallait croire qu'il avait choisi de rester sourd à leurs supplications. Sinon comment une telle chose avait pu se produire ? Mais il n'avait pas d'explication à apporter et l'heure n'était pas à la réflexion. Il fallait agir. Se sauver. Pour le reste, ça viendrait plus tard. Autour d'eux, certains n'avaient pas tardé à les imiter, se ruant vers la sortie. Mais d'autres peinaient à faire de même et Joshua regretta presque de devoir les laisser derrière lui. Mais qu'aurait-il pu faire de toute façon ? Il n'avait pas les moyens de sauver tout le monde. Alors il pinça les lèvres, se focalisant sur son objectif. Où étaient tous les autres ? Les ado ? Walter ? Evie ? Dispersés, il lui était impossible de le savoir avec certitude. Et son unique but était de rejoindre la sortie. La seule issue possible à ce cauchemar. Survivre. On verrais la suite après.
   
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MessageSujet: Re: Event#3 - Funeral   Lun 19 Mar - 10:08


2. ARMAGEDDON



Two roads diverged in a yellow wood,
And sorry I could not travel both
And be one traveler, long I stood
And looked down one as far as I could
To where it bent in the undergrowth;

Heureusement que tout ça n’avait été qu’un cauchemar. La sueur trempait ses draps de satin rosés, collait ses cheveux sur son front en une auréole dorée. Elle était chez elle, dans son lit, prête à une énième journée de cours ordinaire. L’heure ? Ugh, déjà minuit moins une. Juste avant de se lever, Claire se recroquevilla contre elle-même, protégée du monde extérieur par ses couvertures. Depuis toujours, elles la protégeaient des monstres imaginaires. Elle finit par quitter sa couchette une fois avoir rassemblé assez de courage, sa chemise de nuit peu protectrice laissant entrer le froid vers sa peau. À dire vrai, elle se retrouvait plutôt frustrée : elle ne se souvenait presque jamais de ses rêves, et d’ordinaire, une fois levée, les quelques bribes restantes se détachaient et disparaissaient dans l’oubli. Mais de tous les voyages oniriques qu’elle avait collectionné dans les années, il avait fallu que ce soit cette terrible vision à propos du Golem qui lui reste en tête. Elle descendit rejoindre sa famille en bas, là où un petit-déjeuner chaud répandait son odeur rassurante ; elle se prit un thé, comme chaque matin, appréciant toutefois l’odeur de café qui régnait dans la cuisine. Elle ne put s’empêcher de glousser de joie. Ses parents avaient l’air si heureux, si amoureux. Son petit frère, souriant de pleines dents comme tout le monde dans la maison aux pignons blancs, l’aida même à préparer ses choses. Claire se comptait tant chanceuse de vivre une existence aussi parfaite. Remerciant son frère, elle retourna vers sa chambre à l’étage, une fois le petit-déjeuner terminé, pour terminer sa routine matinale. Complexe et longue pour être toujours optimale, ce matin-là fut sans encombre, sans aucune retouche nécessaire. Douche rapide et chaude, coiffure impeccable, maquillage flatteur, jupes plissées et blouses déjà repassées. Elle marqua la fin de son rituel en attachant une boucle jaune pastel dans ses cheveux presque argentés, rayonnante comme jamais.

Claire ne prenait plus le bus pour rejoindre Aster High. Tout le monde était si gentil, elle aurait été trop bavarde et devait restée concentrée sur ses examens qui approchaient. Elle prit donc son vélo, et arpenta une ville parfaite, où tout le monde souriait de toutes ses dents. Aster Cove, ville de pastels – bonjour, boulanger !

Oh, l’école. Son royaume, leur royaume, place où les couleurs primaires vibraient plus que toutes les autres. Lorsque Claire laissa son vélo dans le parking, elle fut immédiatement accueillie par Mackenzie, Vicky et Amelia. Rouge, bleue, verte ; la Jaune étant arrivée, leur Quatuor se complétait enfin. Rires et joies échangées, commentaires sur les garçons qui passaient, elles étaient prêtes à entrer dans leur marche emblématique dans les corridors. Vicky lança une de ses piques hilarantes, et Mackenzie ouvrit la procession devant les regards admiratifs des autres élèves. Au fond, Claire n’avait jamais envie de partir. Tout était si beau, ici. Elle lança un regard triste sur les tableaux dans les corridors où les visages de dizaines de disparus s’entassaient. Eux avaient dû quitter cette utopie trop vite. C’en était bien triste.

« Oh non ! » s’exclama Vicky. « Le Golem a encore frappé. Regarde, il y a une soixante-sixième personne d’affichée ! »

Le Quatuor soupira en chœur.

« Quel malheur. »
« Bien dommage. »
« Ce sera peut-être quelqu’un qu’on connaît, cette fois. »

Elles reprirent leur marche en gloussant malgré tout, parce que l’heure n’était pas aux deuils mais aux cours. Claire regarda sa montre, se dépêchant de rejoindre sa classe.

La montre affichait minuit moins une.


Then took the other, as just as fair,
And having perhaps the better claim,
Because it was grassy and wanted wear;
Though as for that the passing there
Had worn them really about the same,

Le chaos avait porté son coup-de-grâce aux rues. Il fallait partir ; vite. Haletante, Claire courait dans la cacophonie des désespérés. Le Golem pouvait être partout. Le Golem pouvait être n’importe qui. Elle a tué Vicky, la voltigeuse s’horrifia. Amelia a tué Vicky. Peut-être qu’Amelia n’avait même jamais existé. Ça s’était passé vite, trop vite. Aster Cove était tombée à une vitesse exponentielle. Et tout avait commencé dans le royaume des Couleurs Primaires. Tout, tout, tout, tout…

Claire évita de justesse une voiture qui manqua la frapper, avant que le véhicule ne s’écrase dans la vitrine du boulanger.

Elle n’avait même pas poussé de cri. C’était devenu une habitude. Ça faisait longtemps qu’on avait décidé d’évacuer la ville, et le pandémonium n’avait jamais baissé en intensité. On aurait dit qu’il n’avait jamais commencé non plus, comme si c’était ça, leur vie, désormais. Ça lui en avait pris beaucoup, à Claire, pour décider d’enfin rejoindre ses amis dans la cabane abandonnée. Elle n’avait même pas pris le temps d’apporter ses affaires, terrorisée par le visage crispé-souriant de sa mère qui plongeait une hache dans la cuisse de Jay. Parce que c’était bien, bien pire que juste des morts.
Quand le Golem faisait une victime, celle-ci rejoignait son armée. Dott Shepard avait probablement été tuée des semaines auparavant. Le Golem avait besoin de son énorme clique de gens souriants et heureux. Il ne supportait pas la tristesse et la frustration.

Claire jeta un regard par-dessus son épaule, lâchant aussitôt une exclamation d’horreur.
Ils étaient tous là. Toutes les victimes d’Aster High, en rang parfait, leurs dents cassés tellement leur mâchoire était serrée dans une expression de joie permanente. Tous là et armée de manches à balais, de pièces de voitures, de tout ce qu’ils trouvaient sous leur main. La blonde sprinta de plus belle, voyant au loin la forêt qui étranglait la ville se dessiner dans la brume. Claire n’était plus heureuse. Ça, c’était trop. De grosses larmes coulaient le long de ses joues marquées de suie, et elle savait que le Golem n’aimait pas ça. Toujours très loin, près du ciel, elle pouvait entendre un rugissement inhumain, venant d’une créature titanesque, à intervalles réguliers. Il la voyait, il s’approchait.

Il lui fallait se cacher, à tout prix, ou elle ne survivrait jamais. Le monde entier était en train de tomber sous son emprise, et elle était une nouvelle proie.

Lorsqu’elle réussit à s’enfoncer dans la forêt, disparaissant peu à peu aux recherches d’une vingtaine de marionnettes avançant en rythme, il était minuit moins une.


And both that morning equally lay
In leaves no step had trodden black.
Oh, I kept the first for another day!
Yet knowing how way leads on to way,
I doubted if I should ever come back.

Claire termina de boucler le bandage de l’homme avec un sourire. Il pourrait recommencer à travailler bientôt ; ils avaient besoin de leurs sentinelles. Le Bastion ne tiendrait pas sans gardes. Néanmoins la blonde se montra douce dans ses gestes, tentant de le rassurer malgré un combat désespéré. Elle sortit de l’infirmerie, arpentant le village qui s’était construit autour de la cabane qui, longtemps auparavant, était réputée pour être abandonnée. La fin du monde était arrivée, mais ici, on avait l’impression de voir l’aube de la civilisation. Comme si se mentir à soi-même, se laisser croire qu’il y avait une chance de survivre à tout ça, pouvait convaincre le destin de changer son plan funeste. Elle l’espérait. Le passé lui semblait tellement, tellement lointain. Elle avait une vie, ici, désormais. Et chacun des habitants du Bastion, elle les considérait comme ses amis, ses enfants. Avec les décisions parfois autoritaires de Mackenzie, aussi, heureusement que Claire avait été là pour jouer les médiatrices. Elle lâcha un petit rire, toujours triste désormais.

Elle avait presque oublié. Dans une minute, elle aurait trente-huit ans. Déjà. Mais le cadran solaire au milieu de la place ne mentait pas ; minuit moins une.


I shall be telling this with a sigh
Somewhere ages and ages hence:
Two roads diverged in a wood, and I—
I took the one less traveled by,

Mackenzie avait été glorieuse. Magnifique. La vieille femme avait levé son arc, scandant à la résistance, chantant des mots d’espoir à un peuple qui n’en avait plus. Le Bastion était parti dans la dernière grande guerre, dirigé par la Reine Rouge qui avait eu enfin le courage de dire non. Par centaines, ils avaient quitté la cabane abandonnée, et par centaines ils avaient combattu le Golem devenu gigantesque. Pendant un instant, Claire avait même cru qu’ils avaient une chance.

Ses os craquèrent lorsqu’elle se leva de sa chaise. Appui sur la canne, observant un village devenu complètement vide. Son cœur était lourd, arraché, d’avoir perdu non seulement tous ses enfants, mais également sa plus chère et vaillante amie.

Seule.

Pour la première fois en soixante-douze ans, Claire était seule.

La dernière humaine toujours en vie. La dernière contre le Golem, une vieille femme aux genoux trop douloureux pour avoir rejoint l’offensive. Il n’y avait plus rien à faire. C’était terminé. À cause de son inaction depuis le tout début, la fin des temps avait terminé ses plans. Il ne lui restait plus… qu’à se coucher. Attendre de s’endormir pour toujours.

Mais la douleur était trop forte. Pas celle de ses os, de la vieillesse, de la langueur. Celle de la perte et de la colère, celle de l’ignorance et de l’injustice. L’ancienne rugit de rage, brandissant son poing vers un ciel qui les avaient tous abandonnés. Mais même elle ne pouvait plus laisser ça passer. Il y avait des gens bienveillants, innocents, dans ces morts. Le monde ne méritait pas une purge, mais enfin un peu de gentillesse.

« MERDE, » gueula-t-elle.

Non. Elle disait enfin non.

Si elle devait mourir, le Golem tomberait avec elle.

Rembobiner le fil, recompter chaque seconde jusqu’au début de tout. Claire refusa sa réalité, tirant sur les rideaux d’un spectacle immonde qui durait depuis trop longtemps. À chaque pas, une année régressait, la vieille dame devenant peu à peu femme mûre, puis jeune femme, et à nouveau, enfin, adolescente. Elle savait où il se cachait. Elle savait où la peur la plus profonde régnait, d’où le Golem était né.

Elle arriva devant la porte de sa chambre, là où de l’eau noire coulait sous le battant. Et à l’intérieur, elle ne reconnut qu’à peine cette pièce où elle avait vécu, cette pièce partagée entre les rêves, songes et soupirs. Cette salope de pièce, langue de pute qui déversait ses secrets et la déshabillait de honte. Cette pièce qui gardait les secrets pour s’en faire des colliers de dents cassés, cette pièce où elle avait failli mourir. Sourire crispé pour l’éternité, étranglée d’amour au milieu de deux artères. Il était là. Le Golem. Toujours sans visage, recouvert de glaise malléable que sa malice sculptait en n’importe qui, n’importe quoi. Le Prométhée moderne, capable de créer sa réalité au travers de mensonges immondes. Il se tenait arqué au milieu de la chambre transformée en caverne d’argile et d’eau marécageuse. La pourriture semblait vouloir grimper jusque dans le temps lui-même, accrochée aux filons mystérieux de l’existence avec son odeur immonde.

« Scott. » dit-elle.

Le Golem releva la tête. Lentement, d’un air menaçant. Dangereux. Mais Claire aussi était devenue dangereuse, au fil des années.

« C’est fini, Scott. Je ne peux pas vivre ça. Je ne peux pas attendre que ma vie devienne l’Apocalypse, perdre tout le monde à cause de toi. »

Il n’allait jamais la laisser partir comme ça.

« Je n’en peux plus. Je veux survivre. Je veux… vivre. »

Elle ne sut pas exactement qu’est-ce qui changea. Peut-être son désir de s’en sortir fut assez puissant, peut-être que le Golem lui promettait un combat égal. Mais elle tenait désormais une épée, une épée nommée Courage, qu’elle brandit droit devant avec un air de défi dans les yeux.

« Je te dis non, Scott. »

Le combat fit rage. Créatures sur le point de mourir, guerrières dans un dernier souffle furieux. Et quand Claire transperça le corps du monstre avec Courage, les cloches lointaines d’une église sonnèrent enfin minuit.

▽ ▽ ▽

La réalité ne faisait aucun sens. Quand Claire se réveilla – pour de vrai, cette fois-ci, elle pouvait le sentir comme lorsqu’on se tire d’un terrible cauchemar –, il lui fallut un moment pour comprendre que le monde physique était tout aussi confus que celui dans sa tête. Les mots hallucinations et horreur revenaient à la volée un peu partout, et il ne lui fallut que peu de temps pour réaliser qu’elle n’avait pas été la seule à être tirée dans une escapade fantasmagorique. Des objets sacrés étaient brisés, des gens pleuraient, et une odeur de sueur empestait le lieu de culte. La jeune blonde se resserra sur sa mère qui la tenait dans ses bras, les mains toujours crispées sur la boîte de biscuits immondes comme une bouée de survie. Elles s’entre-rassurèrent, encore sous le choc de ce qui s’était passé, avant de se permettre de se relever.

Claire n’était pas tout à fait revenue à elle-même, stoïque dans la tempête, lorsqu’elle le remarqua. Tel un être d’outre-monde, vêtu de blanc de la tête aux pieds, même ses cheveux cendrés de la luminescence d’une étoile. Tout de suite, elle se sentit rassurée. Même si quelque part au loin, comme si les sons autour d’elles étaient étouffés dans l’eau, elle entendit les gens se presser à évacuer l’endroit.

Et tout se passa très rapidement.

Tout d’abord, arrachée au monde d’illusions de Claire, Mackenzie apparut. Mais c’était une Mackenzie couverte de glue, sale et désœuvrée, un arc remarquable passé par-dessus son épaule. La même Mackenzie qui avait dirigé les armées dans son hallucination, même si celle-ci semblait terrorisée plutôt que porteuse d’espoir. Claire se précipita vers elle, inquiète, mal à l’aise en voyant Vicky la devancer. Elle décida de la laisser parler pour l’instant. Les mots lui venaient encore difficilement, elle pensait. Elle se contenta de rester derrière, un sourire se voulant rassurant sur le visage.

En même temps – ou avant, ou après, le temps était encore rouillé –, elle entendit le prêtre O’Leary scander à l’Apocalypse avant de se faire rembarrer par une jeune femme. La panique enflamma l’Église et même si l’homme de foi se cacha de honte, la réalité frappa la blonde.

L’Apocalypse.

La Rapture, tout ça.

Avait-elle eu raison ?

Claire tenta de cacher ses tremblements, animal perdu après un accident sur la route. Elle ne sut pas si quelqu’un l’avait entendue, mais frappée d’horreur, elle ne garda que son dernier souvenir de ses hallucinations en tête :

« Si l’Apocalypse s’en vient, mon Père, qu’elle vienne. Nous avons les Anges de notre côté. »

La jeune fille lança un regard furtif à Mackenzie, puis surtout à Xander, tout habillé de blanc. Elle ne savait plus que croire, et le monde devenait fou, mais elle sentait la symbolique suinter au travers des murs de la maison de Dieu. Et elle ne se laisserait pas berner par la peur.

De toute façon, la Bible disait bien que la Bête se cacherait parmi les fidèles. Son regard acide envers O’Leary en disait long ; elle n’avait jamais cru que ça pourrait être si littéral.

Et sûrement pas à ce point.

Parce que la dernière chose qui se passa très vite relevait de la démence. Claire s’apprêtait à rejoindre Vicky et Mackenzie, et écouter les ordres de Walter Bishop (évacuer, même si elle devait quitter la présence rassurante de ses parents et de Xander, semblait une idée intelligente), lorsqu’un grand crash retentit.

Un monstre. Peut-être encore le fruit d’une hallucination. Elle tenta de le croire.

Même si tout le monde hurla en même temps.

Le choc la planta sur place. Droit devant elle, sans visage et à quatre pattes, quelque chose d’impossible à réellement décrire ; ce qui s’imprima dans son esprit, toutefois, ce fut sa tête. Sa tête qui s’ouvrit telle une fleur, révélant une impitoyable série de dents lorsque la créature poussa un cri qui n’était pas de ce monde. Et Claire, peu importe si elle n’était pas sa cible première, se retrouvait dans son chemin. Même les coups de feu qui déchirèrent le chaos ne la firent qu'à peine broncher.

Elle s’était toujours imaginée être la blondinette cruche dans les films d’horreur. Celle qui hurlait. La réalité était pire ; elle aurait voulu hurler, se débattre, courir. Mais elle figea. Simplement.

Puis, la bête reçu une bouteille en plein crâne avant de prendre feu.

La lumière aveuglante l’arracha d’emblée à sa pétrification, tout à coup consciente de sa position précaire. L’adrénaline pompa à tout rompre dans ses veines, à la recherche désemparée d’un moyen de fuir dans la foule qui la noyait, à la recherche de la source de la flamme. Et elle le remarqua.

C’était son ange gardien.

Et alors que la créature relevait sa tête vers le jeune homme, une force inconnue la posséda. À la recherche angoissée de n’importe quelle arme à sa portée, Claire ouvrit en panique le plat de biscuits dégueulasses et végétariens qu’elle avait fait en matinée. Dès que la tête du monstre se disloqua pour pousser un nouveau cri de rage, elle passa à l’action.

« Personne ne s’en prend à mes amis ! »

Et elle lui lança le biscuit végétarien en plein dans l’œsophage. Avec un peu de chance au moins, le carnivore aurait beaucoup de mal à le digérer, déjà que les êtres humains n’en étaient pas friands.

And that has made all the difference.


AVENGEDINCHAINS, “The Road Not Taken”, Robert Frost (poème)


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MessageSujet: Re: Event#3 - Funeral   Lun 19 Mar - 19:44

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C'était l'Enfer. Mallory ne voyait pas d'autre explication à la vision de cauchemar qui venait de prendre forme sous ses yeux. Une bête monstrueuse comme sortie de nulle part qui avait pris vie sous leurs regards attérés. Une situation tellement incongrue qu'elle avait presque du mal à l'intégrer. Et ce fut peut-être ce sentiment d'irréalité qui lui sauva la vie. Si elle avait seulement compris ce qui se passait, la jeune femme se serait probablement tétanisée de peur face à la version bien vivante de ce qui hantait ses nuits depuis plusieurs mois. Au lieu de quoi, comme une marionnette dont on avait actionné les fils, sa première réaction avait été de mettre le plus de distance entre elle et cette chose. L'aïeule qui l'avait fait s'approcher de l'autel juste avant que tout n'explose, avait sans le savoir mis la foule entre elles et cette vision de cauchemar et la sortie était désormais beaucoup plus proche.

« Sortez, intima-t-elle, fuyez maintenant ! »


La marée humaine qui se dirigeait vers l'autel montrait la direction. Des visages terrifiées, des gens se bousculant les uns les autres pour tenter de sauver leur peau. Charmant spectacle d'exode au cœur de la tempête. Et tendant le cou par dessus cette masse grouillante, Mallory tenta de retrouver le visage familier de son amie. Impossible de partir sans elle. Où pouvait-elle être ? Elle ne l'avait pas revue depuis qu'elles avaient été séparées par l'intervention du prêtre. Et si elle se retrouvait coincée à l'intérieur ? Comment ferait-elle ? Mais elle n'était pas grand chose face à cette vision d'horreur et Mallory ne s'était jamais sentie aussi impuissante qu'à cet instant précis.

« Kahina ! »

Sa voix se perdit dans le désordre, avalée par tous les autres cri qui fusaient. Puis des coup de feu qui la firent tressaillir. La situation était en train de dégénérer méchamment et son amie d'enfance restait toujours introuvable. Et comme si tout ceci n'était pas déjà suffisament déjanté, un jeune homme fit jaillir une gerbe de flammes et son projectile toucha la bête de plein fouet. Elle ne compris pas comment il s'y était pris, son regard ayant juste accroché la déflagration qui suivit, sans pouvoir en identifier l'origine. Tout cela lui sembla si dingue que Mallory se figea quelques secondes durant, observant le produit de l'explosion avant de réaliser qu'elle ne pouvait pas gâcher se temps précieux. Vite. Parcourir la foule à la recherche d'un visage familier. Chercher encore et encore. Où es-tu Kahina ? 
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MessageSujet: Re: Event#3 - Funeral   Mer 21 Mar - 9:58



La toile des mondes s'est fendue en deux et l'enfer s'est déversé sur Terre. La bête est là. Et elle ne s'en ira pas avant d'avoir retrouvé sa proie. Mais des voix s'élèvent pour briser le silence et au milieu de la foule paniquée, quelques courageux se dressent contre elle. Courageux ou suffisamment fous pour faire face au Demogorgon ? Ou alors n'est-ce que du désespoir ? La bête ne les craint pas, ils ne sont que des insectes face à elle.

Mais ça c'est ce qu'elle croit. Du fin fond de son univers, le Demogorgon n'a cotoyé que la ruine et la mort. La riposte - aussi dérisoire soit-elle - est animée par un ultime sursaut de désespoir. Le courage, l'amitié, l'amour. Des sentiments qui lui sont inconnus mais porteurs d'un pouvoir capable de transformer un malheureux biscuit en arme et une bouteille de whisky en bombe à retardement. Et elle se recule dans un hurlement déchirant, comme blessée par des attaques si futiles qu'elles n'auraient pas dû l'effleurer. La blondinette ne le sait pas encore mais elle vient de vous sauver tous et son projectile à fait bien plus de mal qu'elle ne l'aurait cru.

Ceux d'entre vous qui se trouvent encore dans l'église à ce moment là profitent du recul du monstre pour fuir par la porte de derrière. Il n'est plus question de jouer au héros. Ces braves courageux vous ont offert quelques secondes supplémentaires, il n'est plus temps de les gâcher en traînant trop. S'il vous reste un tant soit peu de bon sens. Fuyez.

Le froid mordant vous accueille alors que vous arrivez à l'extérieur. Des sirènes fusent dans l'air et vous apercevez au loin les flash épileptiques des gyrophares. Les secours sont en route. Et lorsque les pompiers et les ambulances arrivent, c'est comme observer le ballet incessant d'une fourmillière. On sort des couvertures de survie, on s'approche des quelques blessés qui se sont éparpillés à bonne distance du bâtiment, certains en larmes ou prostrés. Les plus observateurs d'entre vous ont aperçu une équipe en combinaison de protection qui se dirige vers l'église. Mais la police a étendu des balises vous empêchant de vous approcher.

Ce qui se passera par la suite vous fera l'effet d'un drôle de rêve éveillé. L'un des hommes de l'unité d'intervention, encore en combinaison de protection s'approche de la foule pour s'adressez à vous. Son visage impassible de laisse rien transparaître de ce qui se trame à l'intérieur de l'église.

« La situation est désormais maîtrisée ! Nous avons mis la zone en quarantaine. Je vous demanderais à tous de vous laisser examiner par les secours et de quitter la zone au plus vite! Ne vous inquiétez pas, tout va rentrer dans l'ordre ! »


Vous n'en croyez pas vos oreilles mais on ne vous laisse pas le temps de réagir et les plus mal en point d'entre vous sont déjà installés sur des brancards, masque à oxygène sur le visage.

Mais vous vous regardez les uns les autres, de l'incompréhension plein le regard. Quoiqu'il arrive, personne n'osera parler en présence des autorités. Mais vous savez tous. Un pacte vient de se conclure au sein de la population d'Aster Cove. Quelque chose est arrivé qui vous dépasse tous et on ne vous a pas tout dit. Loin de là. Mais profitez de ce petit répis. Inspirez une bouffée d'air frais. Serrez vos proches dans vos bras. Pour les heures à venir et nous espérons longtemps encore, vous êtes en vie. Et c'est déjà pas si mal.

Event #3 - FUNERAL


Citation :
- Event guidé par maître de jeu qui interviendra tous les dix jours.
- Prochaine et dernière intervention intervention du PNJ: le 31/03.
- Félicitations, vous avez survécu! Vous voilà donc à l'ultime tour de cet event. Au prochain tour, nous vous apporterons la conclusion.
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MessageSujet: Re: Event#3 - Funeral   Lun 26 Mar - 0:17

Beaucoup se demanderait pourquoi je m’étais attaqué au monstre. Je n’étais pas dans les forces de l’ordre comme les agents s’étant attaqué à la Bête. La vérité, c’était que la bouteille avait simplement fusée. Et une part de moi savait qu’en plus de la recherche habituelle que procurait la proximité de la mort, c’était surtout l’instinct de protection qui avait pris le dessus. Je ne le réalisais pas encore mais Claire avait pris une place bien plus importante que n’importe qui pour moi. Elle était devenue l’astre solaire dans ma vie froide et terne. Même si cela restait des moments fugaces et hors du temps. Je ne faisais pas vraiment partie de sa vie, j’étais simplement un petit interlude, mais cela m’allait. Pour le moment en tout cas.

Sans même m’en rendre compte, je m’étais placé devant elle alors qu’elle avait figé. Mais comme l’amazone que cachait ses manières de fille bien élevée, sa riposte fut magistrale et malgré le danger et l’incongruité de la situation, un sourire se dessina sur mes lèvres. Ma vengeresse aux cookies.

Seulement le temps n’était plus aux actions inconscientes ou aux tentatives de protection. La menace était réelle et il s’agissait maintenant de fuir. Envoyant valser le statuquo, je tendais la main pour entrainer Claire avec moi. Ma surprise ne fut pas feinte lorsque je rencontrais sa main à mi-chemin. Je l’entrainais ensuite hors de ce lieu sacré transformé en descente aux Enfers avant qu’ils ne nous engloutissent. Parce que putain, c’était vraiment n’importe quoi toute cette histoire. Ca n’existait pas les monstres de foire comme celui qu’on avait vu et pourtant. J’étais là. Je l’avais vu. Je lui avais même cramé la gueule.

A l’extérieur, le froid était saisissant mais main dans la main, je pouvais sentir les frissons de Claire se répercuter sur moi. Sachant alors sa main, je retirais ma veste pour la placer sur ses épaules. Blanc sur noir. Lumière et ténèbres mêlées. C'était la deuxième fois qu'on se retrouvait dans ce genre de situation elle et moi. Elle, choquée et moi dépassé par la situation.

« Comment tu te sens? »

Mais déjà, la réalité nous rattrape. Le bleu et le rouge des sirènes et le mouvement incessant de tous ces nouveaux arrivants qui n’avaient absolument aucune idée de ce qui s’était passé. Je n’en avais moi-même vu qu’une partie et peut être pas la pire. Alors, quand quelqu’un se décide enfin à nous briefer (enfin si l’on peut dire) sur ce qui se passe, je ne peux me retenir.

« Mais qu’est-ce… »

Je n’ai pas le temps de terminer qu’il est déjà parti et un silence de plomb s’installe. Personne ne semble remettre en question les Directives alors que j’ai l’impression d’être au bord de l’implosion. Alors qu’un membre de l’équipe médicale s’approche de moi pour m’examiner. Je le repoussais, un brin agacé.

« J’ai pas besoin d’être examiné. Puisque je vous dis que je vais bien ! »

Et c’était vrai. A part de légères brûlures aux doigts quand j’avais fait fonctionner mon zippo, je n’avais rien. Et puis, je préférais plutôt observer ce qui se passait et ne pas me laisser distraire. La situation est maitrisée. Et quoi, c’était tout ? Un monstre de cauchemar à tête de plante carnivore à la poursuite d’une adolescente gluante dans une ville où les disparitions faisaient rage et ‘la situation était sous contrôle’ ? Mais bien sûr. Et moi j’étais le fils caché du père O’Leary. En parlant du loup, le regard de fanatique qu’il posait sur moi ne me disait rien qui vaille.
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MessageSujet: Re: Event#3 - Funeral   Lun 26 Mar - 19:47

Finalement mon corps avait trouvé comme appui celui de la journaliste. Je ne la connaissais pas trop mais c'était une amie de Joshua. Si je me souvenais bien. Il fallait dire que j'étais un peu dans les vapes actuellement. J'avais senti qu'elle essayait de me faire tenir debout et passer mon bras autour de ses épaules avant de dire me dire que ça allait aller. J'étais d'un naturel optimiste mais là, on avait affaire à une plante vivante carnivore. Et franchement, des coups de feu n'en viendraient pas à bout. Je ne désirai pas non plus mourir dans cette église. A moins que cela soit ma punition pour cet enfant que je n'avais jamais créé ? Pourquoi est ce qu'il me serait apparu sinon ? Il était impossible pour moi de sortir ce fantôme de ma tête et je pouvais même encore me souvenir clairement de ses pleurs.
Une odeur de brûlée venait me chatouiller le nez et la gorge alors que Joshua était venu aider Pénélope à me soutenir. Le feu sur une plante, ce n'était pas stupide. Bien plus destructeur que les balles d'un flingue. Et puis tout d'un coup je me retrouvais projeté à l'air frais. Je ne me rappelais pas avoir franchi la porte de l'église. Les gyrophares me faisaient mal aux yeux et cinq secondes après j'étais assis dans le coffre d'une ambulance avec une couverture de survie sur moi.
N'étant plus obligé de porter mon poids, je me sentais un peu mieux. Et être dehors me faisait du bien malgré le froid de la journée. J'arrivais à entendre ce qu'un homme était en train de raconter à la foule. Tout était sous contrôle ? Vraiment ? Je regardais autour de moi, prêt à voir surgir à nouveau le monstre. Comment est ce qu'ils allaient expliquer la blessure de Mackenzie ? La bave dont elle était recouverte ? La pauvre enfant allait être traumatisé pour le reste de sa vie, comme pour tous les autres jeunes qui avaient vu ça. J'étais inquiet pour eux, bien plus que pour ma propre santé. Je voulais d'ailleurs me lever pour voir si ils allaient bien mais un médecin m'avais stoppé dans mon mouvement.
Je me retrouvais avec la lumière d'une lampe dans les yeux. Ce qui me rappelait un peu trop les phares d'une certaines voitures. Le choc frontal contre le véhicule et le noir total qui m'avais englouti. L'homme ne pouvait pas savoir. Et il ne s'était surement pas attendu à ce que je tombe inconscient d'un coup. Manquant de peu de me retrouver sur le sol si il n'avait pas eu le réflexe de me rattraper.

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MessageSujet: Re: Event#3 - Funeral   Mar 27 Mar - 11:58



La scène qui se déroulait devant tes yeux étaient irréelle. Même dans le pire des films d’horreur, on ne pouvait pas assister à un massacre pareil. deux ado’ qui balancent de la bouffe en plein visage d’une bête monstrueuse. Les flammes éphémères, les éclats de cookies, les cheveux blonds des deux justiciers bon marché, ce n’est définitivement pas réel. Tu restes là, serrant les mains de tes amis, et tu ne comprends absolument ce qu’il se passe actuellement. Tout se passe si vite, tout est si surréaliste. La vie défile sous tes yeux. Tu en viens même à regretter de ne pas avoir recontacté Jonah. Juste pour lui dire que tu étais désolée de ne pas lui avoir dit, pour moi. S’il avait été là, qu’aurait-il fait ? T’aurait-il protégé, comme Aaron avec River ou Xander avec Claire ? Peut être bien. C’était dans sa nature, après tout.

Tes courtes pensées meurent devant l’agitation de la foule. Tu arrêtes de réfléchir et tu agis. La première ouverture visible, tu t’y jettes en tirant tant bien que mal River et Aaron. Les cris déchirants de la bête résonnent dans ta tête et bien vite, les lumières bicolores aveuglent tes jolis yeux. Ta tête se refroidit, le vent frais de frévrier rougit ta peau trop blanche. Très vite, tu es prise en charge par l’unité de soins. Comme tu n’as aucunes blessures graves, ils se contentent de te couvrir les épaules.

Tu regardes les brancards défiler en silence. Ce qu’il s’était passé dans cette église devait forcément être un rêve. Mais alors pourquoi autant de blessés ? Des coups de feu ? Des explosions d’alcools et de cookie ? Les éléments avaient beau être là, tu n’arrivais pas à te convaincre que tout ceci pouvait être réel. Tu étais fatiguée, tu avais mal vu, ce n’était que des doutes passagers. Les garçons avaient dut te taper trop fort cette semaine, c’était sûrement ça. Les bleus affectent ton cerveau, tu ne réfléchissais plus correctement. Si Jonah avait été là, il t’aurait dit que tu avais rêvé, que tu t’inquiétais pour rien, que tout ceci n’était qu’un rêve. Ça ne pouvait pas être la réalité. Tu allais rentrer à la maison, Théodore affalé sur le canapé. Il te demandera comment s'est passé cette comédie, tu diras simplement que les esprits étaient plus agités que d'habitude puis vous changeriez de sujet. Tu reprendrais ta petite vie de victime, tu continuerais de mettre du rouge à lèvres pour te sentir mieux, tu achèterais même une nouvelle paire de chaussures parce que, un enterrement, ça retournait toujours l'estomac. Puis tout reprendrait exactement, comme avant, comme si cette blague n'avait jamais eut lieu.

Au fond, Ange. Tu sais que quelque chose a changé, pas-vrai ? Tu le sens, tout en bas. Tu sens la peur. Cette peur que tu étouffes chaque jours, qui est plus puissante à chaque fois. Et si ce monstre était ta punition ? Une punition pour me garder enfermer au fond de ton coeur ? C'est ce que tu te dis, pas vrai ? N'essaies pas de nier. Je te connais par coeur.

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Tout se mélange

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MessageSujet: Re: Event#3 - Funeral   Sam 31 Mar - 12:02



C'est avec ce peu d'informations que votre journée s'achèvera. La zone doit être dégagée au plus vite, et vos questions ne sont pas les bienvenues. Des regards bizarres vous seront même attribués si vous mentionnez la présence du monstre. « Quel monstre. Il n'y a rien là dedans. »

L'accès vous est refusé, trop dangereux. Il n'y a plus rien d'autre à faire que de rentrer chez vous. Ressasser l'événement des milliards de fois dans votre tête sans rien pouvoir y changer. Peut-être que vous aurez une petite pensée pour Amelia Pike, qui fut bien vite évincée de l'attention générale. Étais-ce un signe ? Le sort qui s'acharne ? La faute à pas de chance ?
Aster Cove plongera bientôt dans une nuit bien étrange, chargée d'une atmosphère angoissante et irréelle. Au fond de vous, vous n'oublierez jamais ce 2 février 1985. Où vos yeux se sont ouverts sur un monde différent du votre. Où vos peurs ont fait tressaillir vos plus profondes entrailles. Certains plongeront l'horreur dans un délicieux déni. Certains ne pourront plus se la sortir de la tête. De quelle manière vous protégerez-vous ?

Vous vous lèverez le lendemain, et après tout ça, ce sera presque un lendemain tout à fait banal. Mais la télé et la radio cracheront les informations locales en boucle. Une édition spéciale de l'Aster Cover se trouvera projetée sur votre paillasson. Et vous essaierez de recoller vos souvenirs avec les mots que vous lirez. En boucle. En boucle.

Étais-ce vraiment possible ?

Event #3 - FUNERAL


Citation :
- Fin de l'évent ! Merci à tout le monde d'avoir participé. coeur Vous avez été magiques !
- Vous pouvez écrire un dernier post RP pour clôturer votre intervention (ce n'est pas obligatoire).
- N'oubliez pas d'aller lire l'Aster Cover !
- À bientôt pour le prochain évent en mai. coeur
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