Dans la petite ville d'Aster Cove, des choses étranges se passent...

 
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 The boy who wouldn't [ft. Penelope]

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MessageSujet: The boy who wouldn't [ft. Penelope]   Jeu 7 Déc - 8:30

The boy who wouldn'tPenelope & Joshua
Your body's aching every bone is breakin'. Nothin' seems to shake it, it just keeps holdin' on ( → Beat the devil's tattoo ) •••

Une pendule quelque part dans l'immeuble sonna seize heures et Joshua eut le curieux sentiment d'émerger d'un long rêve. Sitôt le déjeuner passé il s'était penché sur son bloc-note, bien décidé à avancer son prochain article et il lui semblait qu'il ne s'était passé que quelques minutes depuis lors. Mais aux vues de la luminosité considérablement diminuée dans le salon de son petit appartement, il se doutait bien que l'après-midi était largement avancé. Avec ce temps morne et gris, le soleil semblait parfois trop timide, tirant déjà sa révérence pour laisser place à l'ombre. Une heure un peu spéciale, pas tout à fait du jour, pas tout à fait de la nuit. Duel perdu d'avance qui se répétait dans un cycle sans fin. La table basse du salon débordait à présent de livres empilés et de carnets ouverts, des stylo servant de marque page à des bloc entièrement recouverts de son écritures fine et serrée. Il y avait encore beaucoup à faire avant que son article ne prenne véritablement forme mais il ferait mieux de ranger son capharnaüm avant que sa colocataire ne rentre de la bibliothèque ou elle ne manquerait pas de froncer les sourcils en voyant qu'il avait encore pris ses quartiers en plein milieu du salon. L'homme avait une sacrée tendance à s'étaler lorsqu'il se plongeait dans ses recherches, il fallait l'admettre.

Mais un sticker orange fluo collé juste sous ses yeux le tira de sa contemplation. Un pense-bête qu'il avait accroché là en sachant très bien qu'il allait finir par oublier, tête en l'air qu'il était. Penelope. Se levant prestement, Joshua commença à empiler livres et cahiers pour faire de la place, ne manquant pas de faire tomber la moitié de ses affaires au passage. Il avait faillit oublier. Il avait un peu hésité lorsqu'elle lui avait proposé de passer mais avait finit par dire oui. La recevoir à l'appartement c'était un peu lui permettre d'entrer en terrain familier. Mais il pressentait que le sujet de sa venue n'était pas quelque chose que l'on pouvait aborder dans un lieu public. Quand bien même il hésitait à le faire, il n'était pas question d'étaler des vieux secrets à la table d'un café. Il n'avait rien à cacher en vérité mais il soupçonnait que son amie d'enfance était venue discuter de quelque chose de bien précis. Quelque chose qui les unissait, un mystère pesant du sceau de l'incertitude. Aucun d'entre eux ne parvenait à s'expliquer le retour de Walter. Et l'ombre de leur ami  flottait entre eux tel un fantôme remonté d'un passé révolu. Joshua et la journaliste, s'ils étaient opposés sur leurs points de vue, se retrouvaient sur leur désir de dévoiler la vérité. Une quête sans fin qui les menait toujours à vouloir en savoir plus. Mais il n'était pas question d'une légende ici, encore moins de l'une de ces bestioles mythiques qu'il affectionnait tant. Walter était bien plus que ça et ne méritait pas qu'on s'y intéresse comme à un vulgaire sujet d'étude. Alors prisonnier de ses hésitations, Joshua s'était tue, craignant de blesser des gens en se montrant trop curieux. 

Il avait bien plus à perdre ici que jamais auparavant et hésitait à mettre carte sur table auprès de la jeune femme. Elle aussi était proche de Walter, ils avaient grandit ensembles. N'allait-elle pas lui reprocher de fourrer son nez dans des affaires qui ne le concernaient pas ? Mais la sonnette se chargea de briser net ses réflexions et il se leva comme à regret, livres sous le bras. Sa main resta quelques secondes en suspens, comme s'il hésitait à ôter le verrou de la porte. Comme s'il n'était pas certains de ce qui l'attendait une fois qu'il aurait ouvert. Quels fantômes allaient entrer ici en même temps que sa vieille amie ? Pourrait-il y faire face ? Mais il n'était plus temps de faire marche arrière, il s'y était engagé. La porte s'ouvrit dans un grincement qui brisa la quiétude de l'appartement et incertain, Joshua poussa le battant. Il était temps d'en parler.
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MessageSujet: Re: The boy who wouldn't [ft. Penelope]   Mer 13 Déc - 22:24


THE BOY WHO WOULDN'T
J'écrasai enfin ma cigarette sur le trottoir. Il faisait trop froid pour rester statique, à en fumer une toute entière et pourtant. Il fallait bien que j'invoque de quoi combattre la nervosité. Je la cachais bien au fond, comme à mon ordinaire, mais la nicotine m'aidait à l'enfoncer le plus loin possible. Et cette fois c'était pas une aventure où Lester pouvait m'accompagner. Pourtant c'est moi qui ai voulu venir ici. C'est moi qui ai appelé. Parce que j'en avais besoin. Et à cet instant précis, j'en ai toujours besoin. Mais parler à quelqu'un après un nombre d'années difficile à calculer, c'était toujours un peu délicat... pas vrai ? Je regardai une dernière fois l'adresse sur le bout de papier que j'avais dans la main droite, tenant une boîte que j'étais passée chercher à la pâtisserie sur le chemin avec ma gauche. Oui, oui, c'était bien le complexe que je fixai depuis plusieurs minutes. Mon souffle était toujours blanc, mais cette fois-ci, rien à voir avec ce que je m'étais injecté dans les poumons. Allez ma vieille, va falloir avancer. Mourir d'anxiété c'était toujours mieux que de mourir de froid. Et moins probable, en plus.

Les voitures qui passaient en trombe sur la route devant moi me donnaient encore un peu de temps, mais il y eut bien un moment où je pus me frayer un chemin. Avançant jusque dans le hall, je pris quand même le temps de vérifier si le nom de la boîte aux lettres correspondait bien au numéro qu'il m'avait donné. Oui. Joshua Burroughs. Un nom qui ressortait du passé, tellement lointain que ça en était perturbant. Mais il y en avait un autre. Annunziata Garaffi ? Sans me contrôler, mes lèvres s'étirèrent en un petit sourire. Alors ils étaient encore ensemble depuis tout ce temps ? Ça sonnait tellement juste, en même temps. Je fourrai mon papier dans la poche de ma veste. Rien que ça, ça avait suffi à m'attendrir et me redonner pleinement envie de frapper à la porte.
Ce que je fis la minute suivante. Enfin, je sonnai plutôt. Allez, courage. C'était seulement le fait d'attendre, mais je me connaissais. À la seconde où je verrai le visage de mon ami d'enfance, tout irait mieux. En effet, quand le moment vint, je lui offris un grand sourire.

« Joshua ! m'exclamai-je, sincèrement heureuse de revoir cette tête bien changée mais bien familière, contrastant totalement avec mon état précédent.

Sans vraiment me poser de questions, je l'étreignit de mon bras libre en faisant attention à ne pas écraser les vivres que j'avais apporté. Après tout, même après toutes ces années, Joshua était encore comme un petit frère spirituel. Ou parfois grand, ça dépendait de la situation. Rendant mon salut bref, je me détachai bien vite et ouvrit la boîte en carton que je tenais d'une main depuis le début.

- J'ai amené de quoi survivre. J'espère que tu aimes encore les donuts !

C'était malpoli de venir les mains vides, de toute façon. Refermant la boîte et la tenant à mon hôte, je passai un regard furtif sur l'environnement autour de moi avant de poser les yeux sur lui à nouveau.

- Ça fait tellement longtemps, ça me fait bizarre ! continuai-je sans que le sourire n'ait quitté mes lèvres. On en a des choses à se raconter... »

Et pas qu'un peu... J'espérais bien sûr qu'on se parle de ce qu'il s'était passé dans nos vies depuis le temps, bien que je ne dise à non à passer New York sous un silence de mort, mais je n'étais pas ici que pour ça. C'était dur de parler de ce qui était arrivé à Walter. Mais Joshua était peut-être le seul à pouvoir m'aider.

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MessageSujet: Re: The boy who wouldn't [ft. Penelope]   Dim 24 Déc - 8:36

The boy who wouldn'tPenelope & Joshua
Your body's aching every bone is breakin'. Nothin' seems to shake it, it just keeps holdin' on ( → Beat the devil's tattoo ) •••

L'espace d'une seconde, il s'était retrouvé face à elle, comme figé. Ça n'avait duré que très peu de temps mais Joshua aurait juré que des images vieilles de plus de quinze ans s'étaient mise à défiler dans sa tête, remontées du passé alors qu'il pensait avoir oublié tout ça. Mais son enfance n'était jamais bien loin, comme un fantôme hantant chacun de ses pas, revenant toujours au moment le plus opportun. Et bien vite Penelope avait brisé le charme, rompant la contemplation d'une accolade amicale. Un geste qui l'avait arraché au passé pour le propulser dans le présent. Il subsistait toujours entre eux un peu de la familiarité qu'ils avaient eut enfantS. L'assurance que malgré les années passées, l'amitié était toujours bien vivace.

« Une offrande à base de sucre, s'exclama-t-il en ricanant, tu connais encore tes classiques ! »

Le passé revenait pour de bon, lui rappelant un petit garçon qui avait toujours eut un faible pour les friandises et les pâtisseries. Une passion qui ne lui était jamais réellement passée avec l'âge. Aussi accepta-t-il la boite avec un signe de la tête. Quelque part il était presque soulagé de revoir en elle la jeune fille avec laquelle il avait grandi. Tout n'avait pas disparu face au temps qui passe, certaines choses étaient encore immuables et c'était rassurant.
Il s'effaça dans l'entrée, l'invitant à le suivre dans le salon. Les livres débordaient encore et il dû tout repousser sur un coin de la table basse, désignant le canapé d'un signe de la main.

« Assieds toi, proposa-t-il, je travaillais sur un article alors je me suis un peu étalé, ne fais pas attention à tout ça. Je pense que des beignets si alléchants méritent un petit accompagnement. Café ? »

C'est un peu pour s'occuper les mains qu'il s'était saisit de la cafetière pour la ramener, flanquées des deux tasses qu'il avait pensé à mettre de côté à un moment de l'après-midi. Mais l'entrée en matière n'avait duré que peu de temps. Des choses à se raconter. Mais quoi dire ? Par où commencer lorsque l'on a des années à rattraper. Le passage à l'âge adulte, la vraie vie, ce qu'ils étaient devenus. Et puis Walter. Comme un silence entre eux deux que chacun craignait de ramener trop vite sur le tapis. Joshua porta une main penaude à sa nuque, comme pour masquer son embarras à l'idée d'en dire trop.

« Je ne sais même pas par où commencer. La dernière fois qu'on s'est croisé je partais pour la Pennsylvanie, persuadé de faire quelque chose de grand et nous voilà de retour à Aster Cove et rien ne s'est passé comme prévu. »

Il s'en voulu un peu d'avoir semblé défaitiste. Ce n'était pas vraiment qu'il pensait avoir raté quelque chose. Simplement que la vie l'avait ramené sur une voie à laquelle il n'avait pas pensé. Il avait eut beau tenter de s'éloigner de la ville de son enfance, cette fichue bourgade l'avait attiré de nouveau en son sein, comme armée d'une force mystérieuse. Il y avait fort à parier qu'un ou deux ragots circulaient à son sujet, racontant à quel point c'était du gâchis d'avoir vu le fils Burroughs revenir en ville après avoir cru pouvoir devenir quelqu'un de bien.

« Il y a quelque chose qui nous rappelle ici, murmura-t-il lointain, je pensais que j'étais parti pour ne plus jamais revenir mais j'ai laissé beaucoup trop de questions sans réponse ici. Alors je suis rentré après mon doctorat. C'était il y a quatre ans et j'ai encore l'impression de n'avoir répondu à aucunes d'entre elles. Tu le sens toi aussi ? J'ai le sentiment que notre vieille bande est en train de se rassembler pour une raison. »

Voilà qu'il était repartie pour une autre de ses théories à dormir debout. Penelope ne manquerait pas de le ramener sur Terre, comme à chaque fois qu'il se laissait aller à partager le doute qui l'étreignait de plus en plus en ce moment. Étaient-ils tous en train de sombrer sans s'en rendre compte ? Il n'avait pourtant pas l'impression. Mais chaque fois qu'il exprimait ce drôle de pressentiment qui l'habitait, Joshua se rendait compte du ridicule de la chose.
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MessageSujet: Re: The boy who wouldn't [ft. Penelope]   Sam 30 Déc - 17:13


THE BOY WHO WOULDN'T
« Une offrande à base de sucre, tu connais encore tes classiques !

J'haussai les épaules, la tête sur le côté, signifiant que non, jamais je n'oublierai les bases d'une visite amicale. Et puis quoi encore ? Je préférais mourir que de me priver de sucre en papotant sur le bon vieux temps, et je pense que Joshua était d'accord avec moi.

- Assieds toi, je travaillais sur un article alors je me suis un peu étalé, ne fais pas attention à tout ça. Je pense que des beignets si alléchants méritent un petit accompagnement. Café ?

- Volontiers ! répondis-je en m'avançant vers le salon comme il m'avait indiqué. Ne t'en fais pas pour moi, je sais ce que c'est que de m'éparpiller pour gratter un papier. Tu verrais chez moi !

Je posai les donuts où je pouvais sur la petite table et enleva mon manteau, le déposant à côté de moi sur le canapé. Joshua ne tarda pas à revenir avec les cafés. Avec le froid et la grosse demande émotionnelle en ce moment, j'en avais bien besoin. Je le remerciai après avoir entendu la vaisselle claquer contre la table basse.

- Je ne sais même pas par où commencer. La dernière fois qu'on s'est croisé je partais pour la Pennsylvanie, persuadé de faire quelque chose de grand et nous voilà de retour à Aster Cove et rien ne s'est passé comme prévu.

Bien évidemment, ça m'avait immédiatement interpellé. Rien ne s'est passé comme prévu... oui, il avait raison. Plus qu'il ne le pensait, même. Au final, j'allais me rendre compte que j'étais loin d'être la seule à avoir vécu une désillusion en dehors d'Aster Cove. Peut-être que cela allait vouloir me pousser à me confier à force, moi aussi. Mais j'avais plutôt l'impression du contraire. Les mots restaient bloqués juste avant de sortir de ma bouche, et tout ce qui venait, c'était un banal "New York, c'était génial !". Ouais... Au final, j'admirais mes amis qui arrivaient à être honnêtes avec eux-mêmes. Je savais pas pourquoi moi je m'obstinais à justifier mon parcours comme étant les meilleurs choix que j'aurais pu faire. La fierté, j'imagine. Un truc du genre.
Puis Joshua se mit à murmurer, comme s'il avait peur que quelqu'un nous entende, ce qui me fit froncer légèrement les sourcils.

- Il y a quelque chose qui nous rappelle ici. Je pensais que j'étais parti pour ne plus jamais revenir mais j'ai laissé beaucoup trop de questions sans réponse ici. Alors je suis rentré après mon doctorat. C'était il y a quatre ans et j'ai encore l'impression de n'avoir répondu à aucunes d'entre elles. Tu le sens toi aussi ? J'ai le sentiment que notre vieille bande est en train de se rassembler pour une raison.

Je le regardais, clignant plusieurs fois des yeux, un peu perplexe. Quelque chose qui nous retenait ici ? Mh. Probablement une malédiction qui empêchait les enfants d'Aster Cove de s'épanouir ailleurs. C'est-à-dire qu'on n'était peut-être simplement pas fait pour vivre autre part, faute d'avoir connu d'autres choses dans notre jeunesse. Incapables, c'était quand même bien trop cynique. Mais en voyant que j'étais loin d'être la seule à revenir au bercail après avoir tenté l'aventure rêvée, ça foutait les boules. Peut-être que la société était bien trop élitiste pour les petits habitants de la baie. Allez savoir. Mais au vu du ton avec lequel Joshua s'était exprimé, cela me disait qu'il n'avait pas vraiment la même vision de la chose... C'était très énigmatique, tout ça. Et j'avais bien envie de comprendre où il voulait en venir.

- Une raison... Mh. Je pris une petite gorgée de café avant de continuer. Tu penses avoir une idée là dessus ?

Mon regard roula sur les livres et les papiers qui servaient de casse-croûte intellectuel à mon ami d'enfance. Mais je n'avais pas envie d'avoir l'air de fouiller dans son travail, le coup d'oeil fut furtif.

- Est-ce que c'est sur ça que tu fais ton article ?

Je pris un donut qui me faisait de l'oeil et commença à prendre une bouchée en plantant mon regard dans le vide, réfléchissant à ce que mon ami venait de me dire. Je ne savais trop que penser. Pour moi, il n'avait ni tort ni raison.

- À vrai dire, je n'y ai pas trop pensé comme ça... Mais je suis revenue depuis peu, aussi. Qui d'autre est revenu maintenant, mh, j'ai eu quelques nouvelles de Lester. Oh et Annunziata ? J'ai vu son nom sur la boîte aux lettres. »

J'accompagnai ma dernière phrase d'un clin d’œil significatif. Non, je perdais pas le Nord, et je venais de me donner une occasion de mettre le sujet sur le tapis, ce qui me ravissait beaucoup. Rien de mieux que quelques potins de la rubrique vie sentimentale avant de rentrer dans des sujets déprimants.

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MessageSujet: Re: The boy who wouldn't [ft. Penelope]   Jeu 4 Jan - 19:21

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Il s'était surpris lui-même sur ce coup là. A vrai dire, Joshua n'avait pas prévu ce grand déballage et se trouva assez dépourvu sitôt vidé son sac. Des pensées sorties quelque peu de leur contexte et qui lui avaient échappé avant qu'il ait réellement pris le temps d'y réfléchir. Il avait un peu l'impression d'être manipulé par ses propres émotions, perdant d'un pragmatisme qui lui manquait déjà au départ. Elle allait se demander d'où sortaient ces idées bizarres et elle n'aurait pas tord. Mais après, cela faisait aussi parti du mystère des petites villes non ? Cet étrange pouvoir qu'elles exerceraient toujours sur leurs habitants ? Il avait toujours cédé trop facilement aux sirènes de son imagination, ça n'était pas nouveau.

« C'est probablement mon esprit qui s'invente des histoires, protesta-t-il penaud, rien à voir avec une conspiration ou je ne sais quelle théorie à la noix ! »

Un rétropédalage en règle. Mais il avait peut-être mis un peu trop d'énergie à revenir sur ses paroles. Joshua n'était déjà pas capable de mettre des mots sur cet étrange sentiment diffus qui le hantait, il aurait eut bien de la peine à en parler à son amie d'enfance. Pour lui dire quoi ? Il était le premier à refuser de céder à la paranoïa ambiante mais l'envie ne manquait pas.

« Pour le coup non. Cet article très terre à terre porte sur la vie nocturne de nos amie les bêtes. J'ai fait quelques analyses en forêts et j'essaie de rassembler les éléments. Je connais quelques magazines d'histoires fantastiques qui seraient ravie que je leur ponde une nouvelle qui parlerait du pouvoir attractif des petites villes du Maine mais le créneau est pris. Tu as entendu parler de ce type qui a sorti ce bouquin d'horreur sur le Maine ? Cimetière ou Cimeterre, je ne sais plus bien. »

Petit changement de sujet pour dédramatiser une conversation qu'il n'avait pas voulu si grave dès le début. Il avait lu le bouquin en question quelques mois auparavant, étrangement mal à l'aise car cette petite ville lui rappelait étrangement la sienne. A ceci près qu'Aster Cove ne cachait pas de vieux tombeaux indiens dans ses collines alentour. Tout du moins l'espérait-il ! Mais la brume était le seul trouble-fête à avoir marqué significativement la vie de ses habitants ces dernières années. N'en déplaisent à ceux qui étaient toujours ravis de colporter un ragot ou deux à propos d'une énième histoire à coucher dehors. Quoique voir revenir les douze avait constitué une aberration à laquelle il n'aurait pas cru s'il n'y avait assisté lui-même.

« Nous sommes colocataires, je te vois venir avec tes regards pleins de sous-entendus.  A mon avis on est trop occupés à être en désaccord sur tout pour penser à ça.» Répondit-il en ricanant

A vrai dire, c'était plus compliqué que ça entre l'italienne et lui. Mais Joshua n'était pas encore certain de pouvoir poser des mots sur ce qui les unissait. Un étrange lien fait de complicité et de prises de bec. Ils étaient comme deux aimants dont les pôles magnétiques étaient en mouvement constant, s'attirant et se repoussant sans cesse.

« J'ai croisé Lester l'autre soir. Une drôle d'histoire, acheva-t-il, entre lui, Nunzia et toi, j'ai l'impression de voir remonter de vieux souvenirs d'enfance. Et puis depuis que...Enfin depuis Walter quoi, on ne sait pas vraiment sur quel pied danser. »

Pincement de lèvre. Il n'y avait aucune façon acceptable de mettre le sujet sur le tapis. Il avait choisi d'y aller de façon plus ou moins direct, se lançant sans y penser un peu comme on tirerait sur un pansement d'un coup sec. Il n'avait jamais été du genre à tourner autour du pot.
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MessageSujet: Re: The boy who wouldn't [ft. Penelope]   Jeu 25 Jan - 19:05


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Joshua lâcha immédiatement l'affaire, et je me sentais un peu mal. Il avait peut-être peur qu'on le prenne pour un fou furieux, et c'était normal qu'il voie en une vieille amie une potentielle confidente. Le fait était que je ne pensais absolument pas que Josh devait faire un tour à l'asile et je n'avais encore moins envie de laisser tomber cette pensée, elle était restée collée à ma conscience et n'allait pas me lâcher avant un bon bout de temps.

Même si pour le moment, le changement de sujet de ce cher Josh m'avait donné matière à me détourner de la question.

« Pour le coup non. Cet article très terre à terre porte sur la vie nocturne de nos amie les bêtes. J'ai fait quelques analyses en forêts et j'essaie de rassembler les éléments. Je connais quelques magazines d'histoires fantastiques qui seraient ravie que je leur ponde une nouvelle qui parlerait du pouvoir attractif des petites villes du Maine mais le créneau est pris. Tu as entendu parler de ce type qui a sorti ce bouquin d'horreur sur le Maine ? Cimetière ou Cimeterre, je ne sais plus bien.

Je ramenai mes yeux vers le plafond, essayant de faire revenir le nom à ma mémoire. Je le savais, j'avais un de ses romans, Christine, qui n'attendait que mon attention. Malheureusement il était resté neuf et immobile sur ma table de chevet depuis mon déménagement. Le boulot accaparait trop mon esprit pour que je puisse le perdre dans des histoires de voiture hantée.

- Tu parles de King ? Ils doivent commencer à se l'arracher à prix d'or, celui-ci, répondis-je avant de reprendre une gorgée de café qui ne faisait pas de mal.

Au moins il était une preuve qu'on pouvait sortir du Maine sans se retrouver happé une nouvelle fois par sa ville natale. Même si je me doutais fortement qu'il vienne d'Aster Cove. Et puis les histoires d'horreur, c'est bien sympa, mais j'étais quasi sûre que tout le monde allait finir par s'en lasser tôt ou tard, malheureusement.

- Des analyses nocturnes en forêt, mh... je reposai ma tasse avant d'étirer mes bras derrière moi. Ça me manque ce genre de vadrouilles, tiens !

Cette chère forêt, je ne savais pas si je la connaissais par cœur, mais y retourner fouiner entre les feuillages me rappellerait certainement plein de souvenirs. Même si à ce moment là je ne savais pas encore qu'elle allait m'appeler de plus en plus chaque jour.

- Nous sommes colocataires, je te vois venir avec tes regards pleins de sous-entendus. A mon avis on est trop occupés à être en désaccord sur tout pour penser à ça.

Je ne pus m'empêcher d'afficher une moue déçue alors que Joshua venait juste de casser mes petits rêves de dame marieuse. Mais sa dernière phrase ramena un sourire en coin sur mes lèvres.

- Alors ça ça ne veut rien dire, c'est même peut-être une preuve, mais... je plaçai mes paumes en l'air. Je ne t'embêterai pas avec ça, alors... j'eus un petit rire. Enfin, pas aujourd'hui.

- J'ai croisé Lester l'autre soir. Une drôle d'histoire, entre lui, Nunzia et toi, j'ai l'impression de voir remonter de vieux souvenirs d'enfance. Et puis depuis que...Enfin depuis Walter quoi, on ne sait pas vraiment sur quel pied danser.

J'avais voulu prendre un autre donut, mais à l'évocation de Walter, je changeai d'avis. Toute espièglerie avait disparu de mon visage. Mh... Après tout, il fallait bien se lancer. Joshua avait vu dans le mille.

- Oui... répondis-je d'abord les yeux sur la table. C'est justement pour ça que je suis venue te voir. Je joignis mes mains avant de faire face convenablement. J'ai été le voir, bien sûr c'était une des premières personnes que je voulais visiter, tu penses. Je ne dirai pas qu'il n'est plus lui même, mais... Ça se voit qu'il a été affecté. Il ne se souvient plus de rien... Est-ce qu'il a réussi à te parler de quelque chose ? »

J'avais peu d'espoir sur cette question, mais c'était le seul moyen de démarrer la conversation sur Walter. Est-ce que j'avais toutes les pièces du puzzle pour comprendre la situation ? En même temps, je ne me doutais pas vraiment que Walter pouvait se confier plus à Josh qu'à moi. Mais d'un autre côté, je n'avais pas été là depuis très longtemps... Revenir quand lui-même revenait de je-ne-sais-où, ça faisait beaucoup à avaler. Trop, peut-être.

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MessageSujet: Re: The boy who wouldn't [ft. Penelope]   Ven 2 Fév - 6:49

The boy who wouldn'tPenelope & Joshua
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« Aller me perdre en forêt ça me rappelle de vieux souvenirs aussi, répondit-il en souriant, tu te rappelles la cabane ? »

Un bien grand mot pour une bicoque faite de bric et de broques, qui tenait debout par la simple force de l'habitude. C'était un miracle qu'ils ne se soient jamais pris le toit sur la tête à vrai dire. Mais l'endroit avait été le lieu de bien des secrets et de bien des jeux. La conversation s'était orientée vers un terrain plus neutre et Joshua apprécia ce petit répit même s'il se doutait bien que sa vieille amie n'était pas complètement duper de sa diversion. Parler de la forêt lui évoquait de très vieux souvenirs, du temps où gamins ils s'étaient retrouvés là pour faire les quatre cent coups. Ils ne se rendaient pas compte à l'époque et le couvert des bois avait été leur terrain de jeu préféré, au grand dam de leurs parents qui les auraient probablement assignés à résidence s'ils avaient su à quoi ils occupaient leurs mercredi après-midi. Le môme qu'il avait été avait eut le sentiment de transgresser un interdit à l'époque. Comme si braver les règles parentales avait constitué une aventure à laquelle il n'aurait pas pu résister.

«  Promis si une longue et belle romance voit le jour entre Nunzia et moi tu en seras la première avertie. » Répondit-il pince sans rire

En vérité il n'y croyait pas vraiment et préférait ne pas s'appesantir sur ce qui l'unissait à la jeune femme. Il conservait de vieux souvenirs d'adolescence, d'une époque qu'il croyait disparue pour de bon et au final n'était plus certain de rien.

Le répit ne dura pas et Penelope répondit sans chercher à noyer le poisson. Il lui fut reconnaissant pour ça. Il fallait bien que l'un d'entre eux arrête de tourner autour du pot pour poser enfin les vraies questions. Mais elle lui avoua n'être pas beaucoup plus avancée que lui et Joshua eut un haussement d'épaule défaitiste. Combien de fois avait-il tenté d'aborder le sujet avec Walter sans en avoir le courage ?

« J'ai bien essayé quelques fois mais je me dégonfle toujours à la dernière seconde, avoua-t-il, il est perdu, ça se voit. Et je m'en voulais de le faire reparler de choses aussi difficiles. Ce que je sais, se sont des choses qu'il a laissé échapper ou dont il a parlé spontanément et puis des commérages entendus à droite à gauche. »

Mais les cancans étaient à prendre avec des pincettes. Il était bien placé pour savoir que tout ceci n'était pas fiable. Mais le regard lointain de Walter, cette façon qu'il avait parfois de regarder derrière lui comme s'il voyait des choses dont lui Joshua n'était pas témoin. Son ami était revenu changé et en même temps, une partie de lui manquait à l'appel, comme un vide. Et personne n'était capable de s'expliquer pourquoi.

« Ce n'est pas le seul à être revenu, enchaîna-t-il avec des airs de conspirateurs, je suppose que tu es au courant ? Je n'ai pas eut l'occasion d'approcher les autres mais peut-être qu'ils ont eut plus de choses à dire. »
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MessageSujet: Re: The boy who wouldn't [ft. Penelope]   Jeu 15 Fév - 18:19


THE BOY WHO WOULDN'T
« J'ai bien essayé quelques fois mais je me dégonfle toujours à la dernière seconde, avoua-t-il, il est perdu, ça se voit. Et je m'en voulais de le faire reparler de choses aussi difficiles. Ce que je sais, se sont des choses qu'il a laissé échapper ou dont il a parlé spontanément et puis des commérages entendus à droite à gauche.

Je soupirai à cette dernière phrase, certaine que Joshua était de mon avis sur cette question.

- Le fléau d'une petite ville comme la nôtre. Je crois que mon boulot m'a fait détester les rumeurs encore plus qu'avant. dis-je en crispant mes doigts pour montrer à quel point j'en avais horreur.

Et ce n'était pas qu'une question de sources imaginaires, ni du besoin d'attention que je méprisais, même si parfois je pouvais me regarder dans le miroir avant de juger. Mais qu'on parle dans le dos de Walter... rien que d'y penser, ça me rendait malade. Il ne méritait pas d'avoir vécu un épisode aussi traumatisant que d'oublier deux ans de sa vie. Alors il méritait encore moins les ragots des vieilles mégères qui s'ennuyaient à la maison. Si je pouvais leur en donner des occupations, qu'elles bougent leurs grosses fesses au lieu de parler pour rien dire, je m'en priverais pas. En attendant, tout ce que je pouvais faire, c'était boire du café.

- Ce n'est pas le seul à être revenu, je suppose que tu es au courant ? Je n'ai pas eut l'occasion d'approcher les autres mais peut-être qu'ils ont eut plus de choses à dire.

Je ne me fis pas prier pour hocher lentement la tête avant même que Joshua ait finit de parler. Finissant ma gorgée et reposant ma tasse, je n'attendais que la descente du liquide chaud dans ma gorge pour pouvoir reprendre la parole.

- Jeff Brown et Nora Cullen sont revenus à cette période aussi, et le petit Georgie ensuite. C'était dans mes plans d'aller les voir, tu me conforte dans l'idée. Le problème, c'est surtout que pour l'instant, les parents des petits sont pas super chauds pour que leur enfant parle à une journaliste... pour être polie. On m'a déjà traitée d'opportuniste, m'enfin bon. Je balayai ma main au dessus de mon épaule pour signifier que j'en avais vu d'autres. Jeff ce sera pas un problème. Je te dirai comment ça s'est passé quand je l'aurai vu si tu veux.

Je repris ma tasse, mais cette fois je ne bus rien. Je préférais réchauffer mes mains et regarder dans le liquide sombre qui reflétait une toute autre réalité, bien que similaire.

- Mais j'ai vraiment peur qu'ils me disent la même chose que Walter... Je perd pas espoir, mais en même temps j'y crois pas trop, tu vois ce que je veux dire ? demandai-je en regardant Joshua de temps en temps. J'arrête pas d'y penser en ce moment... Je te jure, j'en dors presque plus la nuit. Qu'est-ce qui ferait perdre à quelqu'un deux ans de sa vie ?... Tu crois que son ravisseur lui a donné un trop gros coup à la tête s'il s'enfuyait ? Il a été retrouvé dans un sacré état... »

S'il y avait ravisseur, et s'il y avait suite, et si... C'était tellement frustrant de ne rien savoir de cette histoire. Ça a allait au-delà de mon boulot de journaliste. Je pense qu'à ce moment là et plus que jamais, j'allais vouloir tout faire pour découvrir ce qui était arrivé à mon cousin. C'était peut-être dangereux que je travaille sur cette affaire, vu que j'étais très proche d'une des victimes. Mais j'étais tombée dedans, et pas question que je cesse de chercher, même si on me retirait le papier des mains.

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MessageSujet: Re: The boy who wouldn't [ft. Penelope]   Sam 17 Fév - 9:04

The boy who wouldn'tPenelope & Joshua
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Elle n'avait pas tord, approcher les adolescents allait se révéler plus que difficile. Mais comment en vouloir aux parents de chercher à les protéger ? En se mettant à leur place, il n'aurait pas non plus voulu que des journalistes trop curieux viennent se mêler du drame. Peu importe qu'ils soient pétris de bonnes intentions. Joshua avait beaucoup de respect pour le travail de Penny mais il fallait avouer que certains de ses collègues traînaient parfois de drôles de réputations. Dans leur malheur, restait encore une personne à interroger qui leur en apprendrait peut-être plus. Il avait presque oublié Jeff dans l'affaire et elle venait de le lui rappeler.

«  J'avoue, j'avais complètement oublié leur âge et c'est un problème, concéda-t-il, je comprend la position des parents, j'aurais peut-être agi de même après tout. Mais ça ne facilite pas la tâche ? »


Penelope lui confia ses doutes quant au résultat de tels entretiens. Dans un sens elle avait raison. Ils risquaient de se retrouver avec des témoignages tout aussi flous que celui de Walter et pas beaucoup plus de pistes. Mais il aurait bien aimé croiser leurs expériences et gardait l'infime espoir qu'un détail, aussi petit soit-il allait différer du reste.

« Je comprends tes doutes, il y a toutes les chances que tu en sois au même stade après leur avoir parlé. Mais peut-être qu'ils auront une version différente à rapporter et que se serait intéressant de les comparer ? Au pire ça nous ferait perdre quelques heures de notre vie et ça n'aura servit à rien. Je ne sais pas toi mais ça me donnerait au moins l'impression de faire quelque chose. »


L'inaction était encore pire que l'échec. Il aurait préféré se retrouver bredouille que de passer du temps à tourner chez lui en multipliant les questions sans réponse. Joshua reconnaissait là les effets de l'impuissance qui le taraudait depuis quelques jours. Il n'avait rien pu faire avant ça et se retrouvait encore en simple spectateur. Lui aussi ne pouvait s'empêcher d'y penser et si l'affaire obsédait la jeune femme à ce point, il se sentait un rien soulagé de ne pas être le seul dans ce cas. Le signe qu'il n'était pas en train de complètement perdre les pédales au milieu de tout ces gens qui faisaient semblant d'aller parfaitement bien.

«  Tu n'es pas la seule, avoua-t-il, se sont des question que je n'arrête pas de me poser et ça m'obsède. Et s'ils avaient été drogués ? »


La théorie du contrôle mentale était à la mode. Surtout que les rumeurs sur des recherches destinées à contrer les plans de l'URSS ne dataient pas d'hier et on y parlait bien de drogues visant à contrôler et modifier l'esprit. Mais tout ça tenait surtout de la science-fiction et on ne retrouvait ces idées à dormir debout que dans les romans fantastiques. Comment croire à de telles élucubrations ? Les rouges avaient d'autres chats à fouetter en ce moment et avec Gorbatchev occupé à faire les yeux doux à l'occident, le spectre de la guerre froide pâlissait de mois en mois.

« Tu sais ce qui me glace le sang ? Chuchota-t-il sur un ton de conspirateur, s'il s'agit d'un enlèvement, où sont donc les autres ? Sont-ils toujours retenus prisonniers ? Les autorités ont l'air d'avoir lâché l'affaire mais huit autres personnes sont peut-être encore à la merci d'un détraqué ! »
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MessageSujet: Re: The boy who wouldn't [ft. Penelope]   Mer 21 Fév - 20:11


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« Je comprends tes doutes, il y a toutes les chances que tu en sois au même stade après leur avoir parlé. Mais peut-être qu'ils auront une version différente à rapporter et que se serait intéressant de les comparer ? Au pire ça nous ferait perdre quelques heures de notre vie et ça n'aura servit à rien. Je ne sais pas toi mais ça me donnerait au moins l'impression de faire quelque chose.

- Tout à fait, c'est tout ce que je souhaite. De toute manière, c'est mon devoir de journaliste, je m'en voudrais à vie de ne pas avoir fait la première chose sensée, si difficile soit-elle, répondis-je avec un clin d’œil significatif.

Mais ce qui était difficile m'effrayait rarement. Au contraire, cela attisait encore plus ma curiosité. La seule exception avait sûrement été New York... mais là, il ne s'agissait plus de difficile. C'était tout bonnement impossible. La lueur de mon regard changea un instant à cette pensée, vérité regardée en face pendant quelques secondes. Mais heureusement, ça ne dura pas. J'avais mieux à faire que de déprimer sur ma vie alors que Joshua me faisait part de son avis sur la situation.

- Tu n'es pas la seule. Ce sont des question que je n'arrête pas de me poser et ça m'obsède. Et s'ils avaient été drogués ?

Je reportais la tasse de café à mes lèvres en hochant doucement la tête. Et oui. Et s'ils avaient été drogués ? Endormis de force et transportés dans un endroit caché je ne sais où. On a beau se trouver dans une petite ville comme Aster Cove, personne n'était à l'abri d'un détraqué. C'était peut-être même une cible plus facile pour quelqu'un d'isolé... ou juste dérangé. Ça ne m'aurait franchement pas étonnée. Et d'un autre côté, j'étais ravie et presque soulagée de partager cette discussion avec mon ami d'enfance. Le genre de sentiment contraire à la solitude. Joshua s'était même mis à chuchoter, ce qui me fit légèrement sourire.

- Tu sais ce qui me glace le sang ? S'il s'agit d'un enlèvement, où sont donc les autres ? Sont-ils toujours retenus prisonniers ? Les autorités ont l'air d'avoir lâché l'affaire mais huit autres personnes sont peut-être encore à la merci d'un détraqué !

J'hochai frénétiquement la tête en reposant une énième fois ma tasse sur la table; la transformant en wagon de transport énergétique.

- Mais oui ! Rien que d'y penser... je n'arrivais pas à trouver mes mots sur le coup.

Je sentais presque des picotements au bout de mes doigts en songeant à un malade en liberté dans Aster Cove. Peut-être même qu'on le connaissait. Mais autre chose me taraudait.

- Il y a tellement de questions sans réponses. Même si c'était ça, pourquoi les disparitions se sont arrêtées il y a deux ans ? Pourquoi personne n'a pu s'échapper avant 1984 ? Étaient-ils victimes d'une sorte d'expérience illégale de savants fous ou quoi ?

Je me mis à penser à mon cousin ayant désormais des bras bioniques ou des pouvoirs surnaturels, mais au lieu de me faire rire intérieurement, ça me glaçait le sang. Malgré la nervosité que j'éprouvais face à tout ça, l'excitation de résoudre l'énigme m'animait, parfois un peu trop. J'arrêtai de parler et levai les yeux au ciel. J'avais encore besoin de café. Enfin... vraiment ? C'était ma dernière gorgée de toute façon. Mais je n'allais pas en reprendre, sinon la prochaine étape était sûrement de sauter sur le canapé de Josh, ce que je voulais éviter, même si ça aurait été marrant.

- Désolée, fis-je en un petit rire. Je vais peut-être tourner chèvre à cause de cette histoire, mais bon. J'aborai un amical sourire en coin à l'attention de Joshua, sachant qu'il serait sûrement le dernier à me juger là dessus. C'est toute ma vie, maintenant, et tu sais, si tu veux me parler de quoi que ce soit là dessus, je t'écouterai avec attention. Peu importe.

Au fur et à mesure des recherches, on finissait par accepter n'importe quoi comme hypothèse. Ce n'était pas bon signe en général, mais c'était comme ça. Je n'étais pas encore prête à coopérer à des conspirations saugrenues, même si les savants fous étaient venus tout droit de ma bouche, mais qui sait ce que j'en penserais dans quelques mois... quelques semaines... quelques jours ?
Puis, avec un regard beaucoup plus dur et sérieux, je posai une ultime fois la fameuse tasse à sa place, et n'y retoucherai jamais à part peut-être pour la débarrasser.

- La police a peut-être oublié, mais moi je n'en démordrai pas. »

Il n'y avait que mon travail qui arrivait à me rendre aussi solennelle. Comment pouvais-je faire autrement, de toute manière ? Aster Cove et cette affaire étaient maintenant ma seule raison de vivre. C'était peut-être un peu triste dit comme ça, mais c'était la vérité.

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MessageSujet: Re: The boy who wouldn't [ft. Penelope]   Mer 7 Mar - 13:32

The boy who wouldn'tPenelope & Joshua
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Les hypothèses abracadabrantes c'était le risque lorsqu'on se plongeait dans ce genre de recherche. On devenait tellement obnubilé par l'idée de résoudre un mystère qu'on en perdait toute objectivité. Joshua avait vu cette situation se produire tellement de fois au cours de sa carrière qu'il aurait pu en reconnaître les signes n'importe où. Lui même devait parfois se faire violence pour ne pas céder aux sirènes de son imagination. En se permettant ce genre de fantaisies on avait vite fait d'imaginer des dizaines de théories du complot et d'enlèvements extraterrestres pour justifier ce qui se tramait sous leurs yeux. C'était comme ça qu'on en arrivait à des histoires délirantes de Roswell et d'invasion de Los Angeles. Orson Wells et son canular radiophonique l'avait bien compris à l'époque.

« Si je me laissais aller à la paranoïa ça me tiendrait éveillé la nuit, approuva-t-il, tu entends toutes ces histoires de nouvelles drogues et de techniques capables de te manipuler ? Tout ça ressemble plus à un scénario de science-fiction qu'à la réalité ! »

Et pour sûr il en avait vu passer des nouvelles sur le thème dans les magazines littéraires qu'il affectionnait tant. Mais il fallait prendre garde à séparer fiction et réalité au risque de se perdre. En tant que journaliste, Penny le savait tout autant que lui. Il avait senti son agitation et la tension qui montait progressivement au fur et à mesure de la conversation. Elle aussi devait se poser tellement de questions que l'occasion d'enfin exposer ses doutes devait se faire bien rare.

« Des explications pour justifier la fin des enlèvements, si je laissait jouer mon imagination on en aurait plein. Un malade qui suivrait un plan bien défini, un coup monté. Mais le risque c'est de se laisser prendre au jeu. Il nous faut des preuves tangibles. »

La conversation retomba légèrement et ils s'observèrent dans un silence de conspirateurs. Se confier. Penelope restait une oreille qui ne le jugerait pas, ni ne lui dirait qu'il faisait preuve de trop d'imagination. Mais que pouvait-il dire si ce n'était des craintes sans fondements et des pressentiments sortis de nulle part ? La vérité c'était qu'il n'avait aucun indice sous le coude, juste le profond sentiment que quelque chose ne tournait pas rond.

«  Le problème c'est qu'à part des impressions, je n'ai rien de concret sur l'affaire. J'ai juste le sentiment tenace que quelque chose est à l’œuvre. Et à chaque fois qu'on est pas loin de quelque chose, on dirait que quelqu'un s'amuse à contrecarrer nos plans. Pas plus tard qu'hier j'ai retrouvé mes dispositifs désactivés en forêt. C'est sans lien avec notre affaire et le froid y est peut-être pour quelque chose aussi. »

S'il avait dû se défaire de son habituel calme, il aurait sous-entendu qu'il se sentait observé. Mais qui aurait pu s'intéresser à un chercheurs faisant des expériences sur la vie nocturne des animaux dans une forêt du fin fond du Maine ? Son matériel était vieux. Des caméras de seconde main rachetées au labo de son ancienne universités. Une panne ça n'avait rien d'extraordinaire.

«  Tu crois que la police retient des éléments ? Qu'elle n'aurait pas dévoilé certaines choses au public pour les besoins de l'enquête ? »
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The boy who wouldn't [ft. Penelope]
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