Dans la petite ville d'Aster Cove, des choses étranges se passent...

 
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 Tourne la page_Jessica

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MessageSujet: Tourne la page_Jessica   Mer 22 Nov - 0:22

Andrew jette un coup d’œil à sa montre alors qu’il marche d’un pas rapide. Voilà bientôt plus de deux heures que la fin des cours a dû sonner, mais il n’est pas parvenu à échapper à son père plus tôt. Non pas que le fils n’aime pas passer du temps aux côtés de son paternel pour apprendre à diriger l’entreprise familiale. Mais ce jour bien particulier, le jeune Dean a quelque chose en tête. Toute l’après-midi, il a tenté de ne pas oublier d’acheter la boîte de chocolats, sans témoigner un grand intérêt pour le reste.

Il pousse les portes de la bibliothèque municipale avec peu de certitude. A peine entré dans le hall, il balaye l’endroit des yeux à la recherche d’un signe de Jessica. La fille est probablement réfugiée dans un coin discret, plongée dans un bouquin, sans le moindre intérêt pour les nouveaux arrivants. Andrew soupire, visiblement contrarié. En voyant son air dépité, la femme derrière le panneau d’accueil lui propose son aide. « Non merci. Je cherche quelque chose de bien particulier. » Le garçon lui répond d’une voix évasive, sans même prendre le temps de la regarder dans les yeux. Il la dépasse, et se décide à faire le tour de l’endroit pour retrouver une trace de celle qu’il est venu trouver.

Après quelques minutes d’errance, il pose enfin son regard sur elle. Comme prévu, perdue dans sa lecture. Il l’observe en silence, le temps de la rejoindre. Le regard des gens qui lisent est toujours particulier, comme fixé sur un autre monde. Andrew tire bruyamment une chaise pour la ramener à la réalité. Il ne sait jamais vraiment pourquoi il continue à se rendre à la bibliothèque, c’est un endroit qui ne lui inspire rien de bien intéressant. En plus, il n’a jamais été vraiment proche de Jessica. Pourtant, même après le lycée, il poursuit cette routine étrange, installée depuis la révélation de leur point commun macabre. Peut-être qu'il y trouve sa propre façon de se sentir moins seul face à la perte de sa mère. Il n'y a pas réfléchi, et n'y réfléchira jamais. Il préfère encore oublier cette corde sensible pour de bon et admettre qu'il apprécie simplement la compagnie de Jessica sans raison particulière, malgré son côté solitaire et tête de classe avec lequel il a toujours eu du mal. « Salut Jess’, comment ça va aujourd’hui ? » Il questionne sur un ton détaché en s’installant dans sa chaise, avant de poser le sac qu’il transporte devant lui pour en extirper une grosse boîte de chocolat. « J’ai ramené des provisions. » Il dévoile avec un sourire en soulevant le couvercle pour dévooler les précieuses réserves. Avec le temps, il a fini par comprendre qu’il n’y a pas meilleur stratagème pour obtenir l’attention de la lycéenne. Il attrape lui-même un chocolat, et en jetant un coup d’œil au bouquin que Jessica tient encore en main, il fait semblant de s’y intéresser. « Alors qu’est-ce que tu lis ? »
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MessageSujet: Re: Tourne la page_Jessica   Mer 22 Nov - 20:09

Il y avait ce quelque chose de magique dans les lignes de son texte. Il y avait cette étincelle, ce je ne sais quoi de fantastique, qui attirait l'oeil pour mieux voler l'âme de son lecteur et ne le relâcher qu'après la dernière page. C'était trop tard pour Jessica qui, depuis midi, n'avait de cesse de tourner les pages pour en apprendre davantage. Son principal suspect venait de mourir et l'intrigue était soudainement devenue plus captivante encore. Désormais, elle ne savait plus si le meurtrier qui sévissait depuis le début était la sœur de la première victime ou bien l'étranger revenu après des années d'exil. Elle savait bien que cette dernière hypothèse était clichée, mais tout le désignait discrètement comme le coupable et Jessica ne pouvait tout simplement pas faire abstraction de toutes ces preuves amoncelées contre l'homme au képi brun. Il devait définitivement rester dans sa liste de coupables jusqu'à sa mort potentielle ou jusqu'à résolution de l'enquête.

Vers 14h, un groupe de jeunes bruyants et mal-élevés était venu s'installer à proximité d'elle. Avec un soupir, elle s'était donc levée et avait gagné les places les plus reculées de la bibliothèque, bien qu'elle sache qu'Andrew avait toujours du mal à la trouver lorsqu'elle se mettait là. Peu importait. Il n'avait qu'à faire l'effort, ça le changerait de toutes ces fois où il la fuyait parce qu'il y avait l'ombre d'un soupçon de cheveu qui ressemblait à ceux de l'un de ses fabuleux « potes ». Il se débrouillerait donc et Jessica se replongea dans l'intrigue de son roman sans l'ombre d'un regret.

Les pages tournaient, tournaient encore et encore, alors qu'elle apprenait le meurtre de Katie McGoore, jeune journaliste qui en savait un peu trop sur tout ça. La personne qui l'avait tuée devait donc logiquement la connaître ou du moins avoir appris d'une façon ou d'une autre qu'elle nourrissait des soupçons sur elle. Peut-être même que Katie avait trouvé un indice capital, une preuve qui aurait permis d'inculper le coupable. Une lueur d'intérêt illumina le regard de la jeune femme qui poursuivit avidement sa lecture sans plus de cérémonie. Son ventre réclama une nourriture qu'il n'avait pas obtenu et Jessica chercha machinalement une boîte de chocolat jamais achetée. Soupirant, elle décida de faire fi de cette information et poursuivit plutôt la folle aventure dans laquelle elle s'était précédemment embarquée.

… l'homme tira un long couteau de sa poche, le cœur au bord des lèvres. Quelque part tout autour de lui rôdait un tueur et les craquements du vieux bois n'aidaient en rien à le localiser. Soudain il-

Le bruit d'une chaise que l'on tire la fit sortir de son aventure pour croiser le regard si particulier de son rendez-vous hebdomadaire. Un mince sourire se mêle à un discret air de reproche tandis qu'elle accueille le nouveau venu.

« Salut Jess’, comment ça va aujourd’hui ? »

Andrew s'installa sur la chaise lui faisant face et extirpa de son sac l'objet de tous les désirs du ventre de Jessica, qui réclama bruyamment sa part. Super. Elle venait de se taper l'affiche. Elle tenta de faire comme si de rien n'était.

« J'ai ramené des provisions.
- Ça va et toi ? Merci pour les chocolats. »


Elle tendit donc les doigts vers les provisions en question et en extirpa une première victime qu'elle se dépêcha d'engloutir. Ce faisant, elle se fit la réflexion que si les chocolats avaient une conscience, ceux-ci devaient la considérer comme une redoutable tueuse en série.

« Alors qu'est-ce que tu lis ? »

Son sourire revint légèrement sur ses lèvres tandis qu'elle se faisait la réflexion qu'Andrew avait parfois quelque chose de mignon.

« Une histoire de meurtre, diablement bien écrite et qui te plairait si tu faisais l'effort de la lire. »

Assassinant un nouveau chocolat, elle prit soin d'ajouter.

« Tu es relativement mignon, d'ailleurs, à faire semblant de t'intéresser à mes bouquins. »


Un sourire satisfait dévora ses lèvres alors qu'elle faisait sa troisième victime du jour. Dieu qu'elle avait faim...
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MessageSujet: Re: Tourne la page_Jessica   Jeu 30 Nov - 0:58

Andrew se félicite d'avoir opté pour la plus grosse boîte de chocolats. Jessica se jette dessus comme si elle n'avait pas mangé de la journée. Il la regarde faire avec un léger sourire, sans avoir l'air surpris. Après tout, il n'est pas étranger à cet amour inconditionnel que la lycéenne porte au cacao. Il faut croire que ce truc a un pouvoir étrange et incompris sur les filles.

« Ça va aussi. » Andrew répond sans vraiment entendre la question. Il ment avec le plus grand naturel, parce que même si Victoria lui fait vivre un enfer depuis plusieurs jours maintenant, jamais il n'avouera à qui que ce soit combien les mots de cette petite garce l'ont blessé. Non, aux yeux du monde, Andrew Dean se porte à merveille. Il porte son attention sur le chocolat qu'il avale - c'est vrai que c'est pas mauvais après tout - et questionne Jessica sur son livre. En ignorant la remarque de la brune sur son désamour pour la lecture, il hausse les épaules et répond en mimant l'indifférence pour ne pas arranger son cas : « T'en fais pas, si c'est aussi bien que tu le dis, ils en feront un film. »

Jessica continue et l'accuse de porter un faux intérêt pour le sujet. Elle aussi commence à le connaître et l’idée lui arrache un léger sourire en coin. Il hausse les sourcils et déclare, désinvolte : « Je suis mignon quoi que je fasse, j'ai pas besoin de faire semblant. » Voilà qui est dit. Il laisse Jessica attraper encore un chocolat et plisse les yeux en devinant qu’elle est en train de faire son repas.

« Toi par contre, tu ferais bien de te sortir un peu la tête de tes histoires. » Il jette un coup d’œil méfiant au bouquin dont Jess vient de lui parler, avant d’ajouter sans parvenir à se décider entre la moquerie et l’inquiétude. « T’as passé ta journée ici ou quoi ? On dirait que c’est ton premier repas. » Il désigne les chocolats manquants d’un mouvement de tête avec un sourire léger.

« J’aurais peut-être dû prendre une deuxième boîte ? Tu aurais dû me prévenir. » Il se moque gentiment, sans moins penser ce qu’il dit. C’est la solitude qu’elle s’inflige pour passer son temps à lire qui l’isole des autres au lycée. A ce rythme, Andrew désespère de la voir un jour s’intégrer. Il faudrait un miracle – un incendie dans la bibliothèque, peut-être.
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MessageSujet: Re: Tourne la page_Jessica   Lun 12 Fév - 23:31

Il y avait quelque chose, dans ce sourire, qui créait chez elle cette sorte d'étincelle systématique, cette envie de poursuivre, rien qu'un peu, une conversation qui n'avait lieu qu'une fois par semaine et qui agissait pourtant comme un phare dans son obscurité. Les fois où il était là, elle ne buvait pas la tasse pendant quelques heures. C'était presque électrisant, tant c'en était salvateur, comme une gorgée d'Ambroisie dont elle ne saurait plus se passer. Ce garçon avait un drôle d'effet, sur elle, et elle en était rapidement devenue accro. Évidemment, cela faisait partie des choses qu'il ne saurait jamais. Tout comme lui passait sa vie à lui cacher les choses qui le tracassaient. Ils n'étaient pas vraiment là pour ça, de toute manière. Ils étaient là pour trouver une bulle, une bouffée d'oxygène dans un quotidien insatisfaisant d'une manière ou d'une autre. Pourtant, la jeune femme ne put s'empêcher de faire remarquer à son compagnon qu'elle n'était pas dupe.

« Moui. »

C'était plus fort qu'elle, souvent. Les mots quittaient ses lèvres sans qu'elle ne le veuille vraiment, ou du moins sans qu'elle n'ait conscience de le vouloir. Les mots quittaient ses lèvres et chacun d'entre eux en murmuraient cent autres, qui en clamaient eux-mêmes mille autres. Le naturel d'Andrew n'y fit rien. Elle jouissait du même et était aussi passée experte dans l'art de mentir. Un nouveau chocolat disparut entre ses lèvres, comme une transition bienvenue pour mieux ancrer l'invitation à la lecture qu'elle lança à son ami. Oui, elle pouvait sans doute l'appeler ainsi. Il n'y avait qu'avec des amis qu'on s'organisait des rendez-vous hebdomadaires. Pas vrai... ?

« Pfff. Tu perds la moitié du truc, avec un film. Si tu veux, on lira un bouquin ensemble, un jour. »

L'idée d'avoir un ami, un vrai, était comme la braise un peu timide d'un feu qui se refusait à prendre. Elle refusait d'y croire, mais s'attachait encore à la voix, au sourire, au regard d'Andrew, comme un naufragé pouvait se pendre à la planche qui le retenait de couler.

« Tu sais ? À voix haute. Ça pourrait être cool. Et si tu veux, on pourra regarder un film, après nos séances. »

La bouteille était lancée, emportée par des vagues qu'elle méconnaissait et craignait autant qu'elle l'espérait. Pour se donner un courage qu'elle n'osait pas vraiment ressentir, elle s'empara d'un autre chocolat qui suivit le même chemin que le précédent. Comme pour se donner une contenance, la phrase qui quitta ensuite ses lèvres devait chercher à briser l'intérêt de sa proposition nouvellement née. Elle arracha un sourire en coin à son vis-à-vis et reçut une réponse qui la fit rire un peu trop fort. Plusieurs regards colériques se tournèrent vers elle, mais peu lui importait. Cet élan de joie soudain lui faisait le plus grand bien.

« Attention aux chevilles, Andrew. Si elles gonflent de trop, tu seras condamné à passer le restant de tes jours à la bibliothèque. Un véritable drame, pas vrai ? »

Un sourire amusé se posa plus longtemps sur l'ombre de ses lèvres, tandis qu'un énième chocolat rejoignait ses frères dans son estomac. Qu'est-ce que c'était bon, cette merde. Et elle ne disait pas ça parce qu'elle avait faim. Le sourire fit cependant place à une moue perdue quelques secondes plus tard, née de la remarque de son compagnon du jour. Elle ne comprenait pas où il voulait en venir, mais il y vint très bien tout seul.

« On s'en fout, non ? »

Son ton, involontairement, était devenu moins taquin, plus incisif, peut-être. Rien qui puisse froisser l'égo de quiconque, en théorie. C'était juste un mauvais coup, de ces coups d'échec qui sont une erreur et qui dévoilent un jeu qu'on souhaite taire à l'adversaire. Elle venait simplement d'avouer que la question la mettait sur la défensive. Adieu le joli sourire. Bonjour la moue colérique.

« Andrew, on s'en fout. Les chocolats, c'est très bien. Ok ? »

Insista-t-elle immédiatement. Ils n'étaient pas là pour se pencher sur son cas, ses problèmes, ses failles et ses erreurs. Ils étaient là pour... Pour discuter, profiter d'un temps rare et précieux qui ne reviendrait que la semaine suivante. Profiter d'un arc-en-ciel au milieu des orages, profiter d'une étincelle pour faire briller la nuit, profiter d'une caresse au milieu des coups et d'un peu d'eau pour celle qui jamais plus ne parvenait à s'abreuver d'espérance. La moue s'ancra, les sourcils suivirent.

« Tu veux pas plutôt me raconter ta semaine ? Ça se passe comment, en ce moment, pour toi ? »

Une diversion. Tout pour ne rien évoquer. Les mots ne sortiront pas.
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MessageSujet: Re: Tourne la page_Jessica   Lun 19 Fév - 2:30

Andrew prend très rarement le temps de lire. C'est un fait qu'il ne cache pas lui-même. C'est une activité trop solitaire à laquelle il n'est pas habitué et qui lui rappelle trop l'école pour l'apprécier. Clairement, à ses yeux le livre est encore symbole de devoir et de punition. Aussi lorsque Jessica lui propose d'en lire un avec lui, il reste silencieux. Non pas par refus catégorique, mais simplement par surprise. C'est bien la première fois de sa vie que quelqu'un d'autre que sa mère lui fait une telle proposition. Il fixe Jessica droit dans les yeux, et celle-ci insiste, visiblement sérieuse. Andrew comprend qu'elle attend une réponse de sa part.

« Pourquoi pas. » Il répond sans vraiment réaliser ce qui l'attend. Il perçoit l'idée comme étant des plus étranges, mais comme Jessica dans son entièreté, il y a ce quelque chose d'intriguant, qui l'attire tout de même et le convainc d'essayer. Il s'imagine calé entre deux coussins pendant que Jessica lui fait la lecture. Ça ne peut pas être si désagréable. Et puis de fil en aiguille, il se rappelle combien il aimait ça étant gamin, lorsque sa mère lui lisait des histoires avant d'aller au lit.

Andrew s'arrache au souvenir en avalant un chocolat, pressé de revenir au moment présent. « J'ai rien de prévu pour ce week-end. » Il déclare sans vraiment y réfléchir. Depuis que Victoria a fait son show il y a peu, Andrew n'a pas la tête à sortir. S'adonner à la lecture avec Jessica pourrait être une forme d'occupation plus saine que de broyer du noir en maudissant cette peste blonde. Oui finalement, plus il y pense, plus le jeune Dean est convaincu par la proposition de Jessica.

Lorsqu'il lui arrache un rire franc, il ne prête même pas attention aux rabats-joie à proximité et hausse les épaules. « Tant qu'il reste des chocolats... » Fier de lui, il mime l'indifférence face à l'idée d'être enfermé ici, et s'empare d'une nouvelle gourmandise avant de s'inquiéter pour l'alimentation de Jessica. Elle se révolte aussitôt, et clôt le débat en quelques mots seulement. Soit, voilà qui lui apprendrait à essayer d'être prévenant. Il se laisse tomber contre le dossier de sa chaise et admet en soupirant : « C'est toi qui vois. »

Et comme pour se venger d'Andrew pour avoir abordé un sujet qui fâche, elle lui retourne la faveur en le questionnant sur sa semaine - la pire de toutes sans doute. Il le laisse comprendre en soufflant et en passant une main agacée dans ses cheveux. Il s'étonne d'ailleurs que les bruits n'aient pas encore couru au lycée sur la rupture soudaine de Vicky avec son ancienne vie. Quoique venant de Jessica, ce n'est peut-être pas si surprenant que ça qu'elle soit la dernière au courant. Alors Andrew relativise. « Ça se passe pas trop mal au boulot. J'ai l'avantage d'être formé par mon père, alors je le vois beaucoup plus souvent qu'avant. » Voilà un vrai point positif au milieu de toute cette pagaille. De quoi retrouver un peu de sourire et d'optimisme. « Le lycée me manque pas. » Il se sent obligé de préciser en retrouvant un air un peu moqueur. Même si au fond, il est bien curieux de savoir comment Vicky s'en sort après avoir claqué la porte au nez des populaires du lycée. Néanmoins, lorsque l'on connait l'amour que porte Andrew au lycée, redoublant collectionneur d'heures de colle, on se doute sans peine qu'il s'épanouit bien mieux à son récent poste d'apprenti-directeur.

« Et toi tu t'en sors ? » Il questionne en lui retournant naturellement la question. « Tu as des problèmes ? » Il ajoute, un peu sceptique. Le ton méchamment défensif de Jessica sur le sujet des chocolats ne lui a pas échappé. Une réaction aussi stricte sur un sujet aussi insignifiant, ça cache quelque chose. A moins que Jessica n'ai grotesquement cru qu'Andrew critiquait sa ligne ? Qui sait comment pense les femmes... ! Alors l'héritier Dean dans toute sa splendeur met les pieds dans le plat. On ne va pas tourner toute la journée autour du pot.
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MessageSujet: Re: Tourne la page_Jessica   Lun 19 Fév - 23:42

Le temps d'une seconde, le monde s'était arrêté de tourner. Les yeux de Jessica s'étaient écarquillés de surprise, légèrement, mais suffisamment pour que l’œil attentif puisse le remarquer. Elle ne s'était pas attendue à une réponse positive d'Andrew, elle avait rêvé sa proposition sans vraiment l'oser, et après avoir prononcé ces mots, elle les avait presque regrettés. Ils avaient été le fruit d'un espoir naissant, fragile et hésitant, celui-là même dont elle n'avait pas vraiment conscience, de ce désir de se sentir aimée, rien qu'un peu, de se sentir acceptée, juste assez pour provoquer des sourires plutôt que de la haine. Par ses mots, Andrew venait de consolider un peu de cet espoir de vivre. Par ses mots, Andrew avait rendu de quoi brûler à l'inconsciente flammèche, si faible qu'on oubliait parfois jusqu'à son existence. Si fragile que Jessica elle-même la gommait régulièrement de son esprit. Ça n'avait rien d'un brasier. Ça n'avait jamais rien eu d'un incendie. C'était de ces cendres encore chaudes qui provoquent parfois quelques étincelles maladroites et qui redeviennent braises pour peu qu'on prenne le temps de souffler dessus.

« J'ai rien de prévu pour ce week-end. »

Le vent souffla plus fort et un peu plus de lumière se dégagea de cet espoir qui avait peur d'exister. Un sourire naquit doucement sur les lèvres apeurées de trop d'attente et Jessica se perdit un peu trop longtemps dans le plaisir de cette réponse.

« Va pour ce week-end. »

C'était beau, cette sensation. Ça avait quelque chose de presque magique, presque grisant. Et un temps, les nuages s'estompèrent pour ne laisser place qu'au délice de l'instant.

« On dit dix heures, samedi... ? »

Le plus tôt serait le mieux, tant parce qu'elle était impatiente que parce qu'elle souhaitait de tout son cœur fuir un domicile qui n'avait jamais rien eu de familial. S'il refusait, elle passerait sa matinée à la bibliothèque et prendrait son mal en patience. Pour l'heure, l'allégresse faisait battre si fort son cœur qu'elle éclata de rire sous les regards courroucés des personnes alentours. Elle n'y prêta pas plus d'attention qu'Andrew, qui avala un nouveau chocolat. Elle fit de même et cela lui valut une remarque qui vola à l'instant la joie qu'elle ressentait pourtant. Son sourire mourut, comme touché d'une balle en plein cœur. Ses sourcils se froncèrent et ses traits se sévirent. Alors, tombèrent des mots d'une rare dureté. Et pour être certaine qu'Andrew, qui venait pourtant d'abdiquer, ne reviendrait pas sur ce sujet trop ardent, elle détourna la conversation pour l'axer sur ce qu'il avait refusé d'évoquer à son arrivée. S'ils devaient jouer aux échecs, c'était elle qui porterait le coup de grâce. Un nouveau chocolat perdit la vie dans son agacement, qui se mua pourtant en surprise. Décidément...
La semaine avait dû être très mauvaise, pour qu'Andrew se passe la main dans les cheveux en soupirant. D'ordinaire, il avait toujours une anecdote à décocher derrière un sourire de tombeur, sourire qui avait toujours un peu plu à Jessica, si elle devait être honnête. Mais elle n'avait pas à l'être et put savourer le retour de celui-ci sans mot dire. Elle hocha la tête après un temps.

« Ouais, enfin ton père a jamais été vraiment là, hein. »

Un peu d'amertume, sans doute un peu de transposition entre deux situations que tout oppose. Le sien est trop présent, portant des coups trop appuyés sur le corps endolori de son enfant devenue femme. Peut-être voit-il les traits de la morte, sur le visage terrifié de sa fille. Peut-être que cela explique les soirs d'horreur qu'il lui fait vivre. Dans tous les cas, la situation d'Andrew n'a rien à voir. Chez Andrew, c'est un père jamais vraiment là, qui porte des regards plutôt que des coups, presque fantomatiques. Leur seul point commun familial, c'est l'absence d'une mère, le cruel abandon qui déchire la chair. Mais ces pensées sont trop acides, trop amères pour que Jessica les laisse perdurer plus longtemps.

« Je te comprends bien plus que tu ne le penses. »

Série d'aveux muets qu'Andrew ne put visiblement pas supporter, puisque les mots qui suivirent revinrent sur le sujet qu'elle fuyait.

« Et toi tu t'en sors ? »

La réponse était un non. Celle qu'elle s'apprêta à prononcer était un oui. Mais alors même qu'elle entrouvrait les lèvres pour libérer son mensonge, Andrew reprit la parole.

« Tu as des problèmes ? »

Instinctivement, Jessica tira sur les manches d'un gilet trop grand pour elle, dans le but de recouvrir des bleus que personne ne devait voir. Son regard s'obscurcit tandis que ses bras se croisèrent, signe s'il en était un qu'elle se refermait sur elle-même.

« J'ai aucun problème, Andrew Dean. Je te l'ai déjà dit. »

Andrew Dean, c'était comme ça qu'elle appelait le jeune homme lorsqu'elle voulait couper court à la conversation. C'était le plus grand aveu du monde et en même temps, c'était sa stratégie de défense la plus efficace. Jessica faisait peur, lorsqu'elle était en colère. Elle tenait ça du monstre, sans doute. À cette pensée, son humeur suivit son regard et se gorgea de pensées sombres. Il y avait peut être une part d'hérédité au fait d'être une monstruosité.

« Je sais pas pourquoi tu t'obstines, mais ça commence à me saouler. »

Plus qu'incisif, le ton était mordant. Doucement, le cœur de Jessica se fissura. Préserver l'horreur de sa vie avait toujours un prix, et peut-être qu'aujourd'hui, ce serait ce samedi dont elle se réjouissait trop fort. À cette pensée, Jessica eut envie de pleurer. Ses yeux, pourtant, restèrent désespérément secs. Elle n'avait plus de larmes à verser pour ça depuis longtemps.
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MessageSujet: Re: Tourne la page_Jessica   Sam 24 Fév - 3:05

Et voilà le rendez-vous fixé en quelques phrases. Dix heures, samedi matin. « Ok. » Andrew acquiesce avec un sourire, même s'il se sait moins matinal que Jessica. Il ne se rend pas encore compte de l'effort que ça lui demandera et le jour venu, il sera probablement réveillé en catastrophe par Martha, la gouvernante. Mais qu'importe, il offrirait le petit-déjeuner à Jessica pour se faire pardonner. Et alors que chacun est occupé à fabuler sur ce nouveau rendez-vous à venir, celui qui sort de leur ordinaire quotidien, l'ambiance se cristallise soudainement.

Ni l'un ni l'autre n'a vu les choses venir. Chacun se renvoie la balle et personne ne veut abaisser les murailles de sa défense. Alors qu'Andrew tente de contourner le côté merdique de sa semaine en ne commentant que l'aspect positif, Jessica démolit ses efforts en quelques mots, sans doute plus tranchants pour lui qu'elle ne l'aurait voulu. Le jeune Dean se referme soudainement comme une huître alors que la jolie brune vient d'attaquer un point sensible. Son regard se fait plus perçant et sa mâchoire se crispe. Il gigote sur sa chaise, agacé par la remarque. Evidemment, le père d'Andrew est loin d'être parfait et son sens de la paternité pourrait être discuté sur bien des aspects. Mais son fils unique multiplie les efforts pour renforcer ce lien fragile qui les unit. Y opposer de façon aussi crue les défauts de son père ne fait aucunement plaisir à Andrew, au contraire, il se fâche.

Mais au lieu de lui cracher une remarque acerbe pour la faire taire, il lui renvoie la balle de manière bien plus subtile. Il touche dans le mille lorsque le visage de Jessica se pétrifie dans un air beaucoup plus sombre que précédemment. Adieu les jolis sourires du départ. Andrew aurait regretté ses paroles s'il n'était pas occupé à se sentir lui-même blessé. il est, au contraire, satisfait de son petit effet à l'entente de son nom complet. Jessica est sur la défensive, en colère même, et n'importe qui aurait comprit qu'elle ne souhaite pas aborder le sujet. N'importe qui sauf Andrew, toujours là pour mordre plus fort lorsqu'on lui résiste. Il répond sur le même ton qu'elle, en se redressant sur sa chaise.

« Je m'obstine parce que ta tête de déterrée et ton comportement d'ermite disent le contraire, Jessica Banner. » Il la copie en l'appelant par son nom complet pour montrer qu'il n'est nullement impressionné par son petit numéro. Vicky l'a bien entraîné aux crises féminines cette semaine. Andrew en a cependant par-dessus la tête de ces engueulades ridicules, et son seuil de patience est au plus bas. Alors il insiste sans douceur. « Tu comprends rien du tout. Et si tu continues comme ça, tu vas vraiment te retrouver toute seule. » Il la prévient sur le ton de la menace, et est frappé par la méchante impression de répéter les même mots qu'il a prononcé à Vicky quelques jours auparavant. A croire que toutes les filles ont leurs règles en même temps dans cette ville !

Il s'agace d'autant plus, et se rapproche en lâchant le bouquin qu'il tenait entre les mains, comme pour prévenir qu'il se prépare à partir. « Mais tu sais quoi ? T'as raison. Je m'en fous, si tu veux pas en parler, c'est pas mon problème. » Il grogne sa conclusion sur un ton sans appel. Tant pis pour elle, ce n'est pas le bon jour pour lui demander de jouer le rôle du bon samaritain. Néanmoins, par un miracle inespéré, il se tourne pourtant une dernière fois vers elle en lui tendant son paquet de cigarettes qu'il vient de tirer de sa poche. « J'vais fumer. T'en veux une ? » Son ton ne s'est pas adouci et trahit la persistance de son agacement. Pourtant le geste laisse aussi espérer un désir de réconciliation. La balle est dans le camp de Jessica, car espérer un nouvel effort de la part d'Andrew, ce serait mal le connaître.
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MessageSujet: Re: Tourne la page_Jessica   Dim 25 Fév - 0:36

Les mots sont durs. Les mots sont autant de claques sur ses joues, autant de bleus sur son corps, autant de larmes en son âme. Les mots sont mordants, absolus, destructeurs. Andrew parle, et rien ne l'arrête. Rien n'arrête la violence de ses propos, et ceux-ci incisent un cœur déjà agonisant, le faisant saigner davantage. Andrew parle, mais surtout, Andrew blesse. Il ne se rend pas compte, ne voit pas, ou alors se satisfait de ce qu'il lit en elle. Il ne saisit pas. En Jessica, quelque chose se fissure. En Jessica, quelque chose se brise, se casse, à la manière d'un vase un peu cher qu'on n'aurait pu regarder qu'un instant. Les yeux rougissent, les joues avec, et les larmes montent doucement. Elle a mal. Terriblement mal. Il insiste. Terriblement fort.

Tu comprends rien du tout. Tu comprends rien du tout. Tu comprends rien du tout.

Les mots se répètent, amorcent une suite qu'elle rejette, encochent la flèche meurtrière, celle qui creuse des plaies déjà béantes pour que celles-ci ne cicatrisent jamais.

Tu vas vraiment te retrouver toute seule.
Vas vraiment te retrouver toute seule.
Vraiment te retrouver toute seule.
Te retrouver toute seule.
Retrouver toute seule.
Toute seule.
Seule.


Seule. Seule, seule, seule, seule, seule.

Mais seule, elle l'est déjà. Elle voudrait le lui hurler au visage, relever ses bras, exposer son corps, lui dire à quel point ses mots font mal et à quel point elle sait déjà qu'elle est seule. Elle voudrait lui crier des insultes sans plus s'arrêter, pleurer face à lui et découvrir la vérité à ses pauvres yeux ignorants. Ce n'est pas elle, qui ne comprend pas, c'est Lui. Lui, et ses certitudes, lui et ses réactions disproportionnées, mordantes et blessantes. Lui et ses mots si destructeurs.

Au lieu de ça, elle contient. Elle contient les larmes, elle contient la haine, elle contient la douleur, elle contient les mots, elle tait la vérité et la sacrifie au silence. Elle se terre à l'intérieur d'elle-même et resserre les bras autour de son torse. D'un même mouvement elle se lève et le monde entier lui semble monstrueux. Tous les regards autour d'eux sont tournés vers son visage, accusant et détruisant tout ce havre de paix qu'elle a eu tant de mal à se créer. Elle les déteste, tous ces gens qui lui volent le peu qu'elle possède. Elle le déteste, ce garçon à qui elle ouvre son cœur et qui l'écrase. Elle la déteste, cette vie ancrée dans une souffrance qu'elle voudrait rejeter en bloc.

Mais rien n'y fait, et l'horreur l'emporte. Seule. Elle est seule encore une fois, elle est seule éternellement, elle mord à nouveau la poussière, et lorsqu'il se rapproche, ce type à qui elle a voulu offrir un peu d'elle, elle recule, perdue dans un monde qu'elle voudrait n'avoir jamais découvert. Son regard, rien qu'une seconde, se voile de peur, et sa bouche s'entrouvre pour crier des mots qu'elle contient de justesse.

Sa détresse est palpable, sa douleur, insurmontable. Lorsqu'il ouvre la bouche, elle en sursaute, et c'est presque trop fort, qu'elle secoue la tête. Elle ne veut pas. Elle ne veut rien. Quelqu'un, dans la salle, sur sa gauche, souffle pour signifier son agacement. Une autre personne leur faire signe de se taire. Le bruit qui s'en dégage est horrible et emplit trop fortement le bastion qui n'en est plus un. La paix ne veut pas d'elle. La paix n'a jamais voulu d'elle. Les larmes mordent ses yeux, réclament une descente qu'elle leur refuse à s'en faire mal. Dans sa poitrine, son cœur bat une douloureuse chamade. Dans sa poitrine, Jessica sent des lames. Elle a l'impression qu'on cherche à lui arracher le fallacieux organe, et pour une fois, elle supplie le dieu inexistant d'accepter. Ne rien ressentir serait plus facile. Mais quelqu'un, quelque part, a décidé qu'elle sentirait. Quelqu'un, quelque part, a décidé qu'elle souffrirait. Quelqu'un, quelque part, lui a donné un cœur dont elle se priverait bien.

Rien n'est possible. Rien n'est faisable. Rien n'est acceptable. Elle ne peut rien faire d'autre que secouer la tête et reculer, reculer loin d'un visage qu'elle ne reconnaît soudainement plus. Puis tout se referme. Les larmes se taisent, le cœur loupe quelques battements et Jessica cherche l'habituelle obscurité de la souffrance, en vain. Alors ses jambes, comme un automatisme qu'elle ne se connaîtrait pas, se mettent en marche. Rapidement, trop pour un lieu qui se veut plein de quiétude. Ses pas font trop de bruit. Ses pas lui scient la tête. Ses pas font mal et dans un état second, Jessica sent un homme la prendre par le bras et la jeter dehors. Dans un état second, elle se sent remuer vainement, pour faire lâcher celui qui ne veut rien d'autre que l'éloigner. Dans un état second, elle voit se refermer les portes d'un monde qui n'a soudain plus rien de calme pour elle.

« Vous reviendrez quand vous serez plus calme, miss Banner. »

La voix, trop connue, ne l'est soudainement plus. Le vigile, Tomas ou quelque chose du genre, retourne à l'intérieur et exclut d'un même geste le second intrus. Elle ne veut pas être une intruse. Pas ici. Elle ne peut pas l'accepter, et elle secoue la tête sans vraiment le sentir. Elle sent son cœur se déchirer, et le regard qu'elle lance à Andrew dépasse le jeune homme en face d'elle. Elle est loin, Jessica. Et elle est seule. Sans un mot, elle se détourne. Sans un mot, elle s'éloigne. Puis ses pas s'emballent et son cœur avec eux. Puis ses pas s'emballent et les maisons défilent de plus en plus vite. Elle veut fuir. Fuir la réalité trop saisissante, trop incisive qui mord ses espoirs et les déchire. Qui dévore jusqu'à la flammèche qui bat sa poitrine et la compresse. Elle veut fuir le monde monstrueux qui l'entoure et ne plus jamais voir, ne plus jamais sentir.

Peu importe où la mèneront ses pas. Tout ce qu'elle veut, c'est fuir de là.
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MessageSujet: Re: Tourne la page_Jessica   Dim 25 Fév - 2:45

Les phrases cinglantes qu'il a craché à Jessica marchent à merveille. Elle semble comme pétrifié par les mots qu'il vient de prononcer. Les grimaces qu'elle fait pour retenir ses larmes, il les a assez vu sur le visage de Victoria pour savoir qu'elle est sur le point de pleurer. C'est incroyable à quelle vitesse la conversation a tourné au vinaigre, Andrew n'en revient pas lui-même. Pourtant il ne regrette rien. Selon lui c'est clair, c'est elle qui l'a cherché. D'ailleurs, le fait qu'elle réagisse aussi violemment à ses propos prouve bien qu'il a raison : Jessica a un problème. Un sacré problème, visiblement.

Alors conforté dans son analyse, l'héritier Dean tire une cigarette de son paquet et hausse les épaules lorsque Jessica décline sa proposition sans prononcer un mot. Andrew n'a jamais été quelqu'un de singulièrement bon, ni mauvais. Il est sur la limite et balance selon ses envies. Si Jessica ne veut pas de son aide, qu'importe. Il n'insistera pas. Ils ne sont pas suffisamment proches pour qu'il se donne cette peine.

C'est dommage pourtant, l'échange était bien parti. En faisant le bilan de la conversation, alors que Jessica se lève pour quitter la table et le dépasse, Andrew se dit finalement qu'il y est peut-être allé un peu fort. Il l'admet trop tard pour s'excuser, Jessica fonce déjà dans un couloir de livres et lui tourne le dos. Tant pis. Le garçon est fatigué des prises de têtes hystériques. La misère des autres ne l'intéresse plus, surtout lorsqu'il pense à ce que ça lui a coûté, de courir après Victoria. Il ne fera pas la même erreur deux fois, ça non.

A son rythme, il se dirige vers la sortie. Il remarque avec surprise qu'un vigile raccompagne Jessica à la sortie malgré ses protestations. Il hausse un sourcil, sans intervenir. La brune ne veut visiblement plus lui parler. Lui même a dit ce qu'il avait à dire. Qu'elle se débrouille, puisqu'elle insiste. Andrew reste furieux de cette attaque gratuite qu'elle a livré contre son père.

Il remarque cependant avec surprise que le vigile revient et marche vers lui. "C'est bon j'me casse." Il assure sans politesse en levant les mains pour dissuader l'homme de l'attraper. Il sort et tombe nez à nez avec Jessica, visiblement désemparée. Une fois encore, il laisse passer sa chance de lui faire des excuses. Elle s'enfuit en courant, et il la regarde faire en allumant sa cigarette d'un geste désinvolte. Il la suit du regard, indifférent, jusqu'à ce qu'elle disparaisse tout à fait. Ça n'est pas lui qu'elle fuit comme ça, mais la vérité qu'il lui a craché au visage. Mais courir n'est pas une solution. Andrew le sait, elle va courir encore longtemps si personne ne l'arrête. Malheureusement pour elle, l'héritier Dean est trop occupé à fulminer pour la stopper. Ce jour, chacun ira son chemin.
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