Dans la petite ville d'Aster Cove, des choses étranges se passent...

 
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 It's A Fucking Deathwish _ Vicky

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MessageSujet: It's A Fucking Deathwish _ Vicky   Mar 21 Nov - 0:05

Affalé dans un fauteuil, le regard perdu dans le ciel qui s’obscurcit, Andrew se remémore la réunion qui s’est déroulée en cercle fermé dans sa chambre, quelques heures plus tôt. Ses amis les plus proches ont longuement délibérés pour expliquer la colère de Victoria. Andrew avait écouté en silence la plupart du temps, figé dans une colère froide. « Elle a ses règles ? Il parait que c’est les hormones. » « Elle l’a pas largué tous les mois comme ça abruti ! »  « Elle est peut-être enceinte alors, c’est pire pour les hormones ! » « T’es con ! Elle est juste folle, peut-être schizophrène. Tu devrais te méfier d’elle Andrew. » « Ou alors elle est lesbienne… ?! » Les théories avaient fusé dans tous les sens, plus ou moins crédibles, mais aucune n’avait su satisfaire pleinement l’héritier Dean. Alors que le soir tombe et que les amis sont partis, le richissime fils est toujours plongé dans une profonde réflexion. Avec un air grave, il se rappelle les mots durs de Vicky et n’est clairement pas décidé à les accepter. Il tire une dernière fois sur sa cigarette avant de l’écraser dans un geste fâché. Il doit y avoir une raison à toute cette scène qu’elle lui a fait soudainement, quelque chose qui lui échappe encore. Elle serait bien trop bête de lui avoir parlé comme ça sans une bonne raison. Bientôt elle reviendra le supplier de la pardonner. Le problème, c’est qu’elle met beaucoup trop de temps à revenir.

Impatient, Andrew soupire, lève les yeux au ciel, frôle le découragement. Les femmes… Il est tenté par une nouvelle cigarette, mais en cherchant son paquet des yeux, son regard se pose sur une série de photos qui traînent négligemment sur une table basse. Andrew se rappelle de cette journée en plissant légèrement les yeux. Il a fait ces photos avec Vicky, après avoir avalé un chocolat chaud de la plus grande taille possible au diner du coin. Il ne l’avait jamais entendu rire autant que ce jour. Il reste songeur un instant, encore perdu dans le souvenir, et puis soudain il revient à lui, comme frappé par un éclair de génie.

Il grogne en s’extirpant du fauteuil, saute finalement sur ses pieds, traîne sa carcasse doucement remotivée vers la porte de sa chambre, et hurle dans le couloir : « MARTHA !! Tu peux faire du chocolat chaud steuplé ?! » Il sourit lorsqu’une vague confirmation lui vient depuis un couloir lointain, et jette rapidement ses affaires sur son lit pour filer dans la salle de bain. Il prend une douche rapide, enfile des vêtements fraîchement repassés, et descend rapidement les escaliers sans discrétion. Lorsqu’il arrive dans la cuisine, le chocolat chaud est fumant dans la casserole. Andrew attrape un thermos, verse négligemment la boisson chaude dedans, et disparaît aussi vite qu’il est apparu après avoir jeté un long manteau sur ses épaules.

Il roule sans s’inquiéter des limitations de vitesse. L’heure du repas est passée depuis un moment, il ne veut pas arriver trop tard, si jamais Vicky a prévu de sortir. Certains diront qu’il n’est pas prudent de sortir seul à cette heure-ci – surtout en ces temps troublés dans la petite ville d’aster cove – mais Andrew n’a que faire des recommandations de ce genre. Lorsqu’il s’arrête face à la maison qu’il connait bien, un sourire satisfait étire brièvement ses lèvres. Son regard se pose sur la fenêtre de la chambre de Victoria, la lumière est encore allumée.

Seul dans la rue, Andrew reste un court instant attentif au mouvement qu’il peut percevoir depuis son point d’observation, avant de quitter sa voiture pour ramasser un caillou pas trop gros et le jeter doucement sur un carreau de la fenêtre. Il laisse passer quelques secondes, le regard fixé sur son objectif, avant de croiser enfin le regard de la belle blonde. Il lui fait un rapide signe en souriant, pour l’encourager à lui ouvrir. « Hey Vicky. Est-ce que tu me laisses entrer ? » Il questionne avec sa plus belle gueule d’ange, habitué à escalader la maison jusqu’à la chambre depuis deux ans. Et puis, pour achever de la convaincre, il rajoute avec une pointe de mystère, sans révéler tout de suite le thermos dans sa poche : « J’ai quelque chose pour toi. Ça va te plaire. »
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MessageSujet: Re: It's A Fucking Deathwish _ Vicky   Mar 21 Nov - 19:08


Ça faisait combien de fois que je lisais ces pages ? À force je ne les lisais même plus, en fait. Les mots se mélangeaient dans ma tête. Les mots que j'avais écrit sous la colère il y a si peu dans un journal intime que je n'avais pas ouvert depuis un an ne me paraissaient pas moins légitimes maintenant. J'avais sûrement bien fait de les écrire, ces mots que je trouvais stupides. Ils me maintenaient à flots. Ils me rappelaient pourquoi je m'étais embarquée là dedans. Ils me disaient que j'avais raison.
Allongée sur le lit, je tenais le carnet de mes deux bras tendus, au-dessus de ma tête. Dans un élan de nostalgie, je feuilletai les pages à l'envers. Malgré tout je réussis à afficher un petit sourire. Il y avait de bons souvenirs, là dedans. De bons comme de mauvais. Parfois je me plaignais de Mackenzie. Mais j'avais collé des photos de nous deux souriantes à l'entraînement, à une fête chez Dieu sait qui... Pareil pour Andrew. Mais c'était plus... chaotique. J'avais eu besoin d'en écrire des choses, la première année où on est sortis ensemble. C'était une explosion de sentiments, merveilleux comme horribles. Jusqu'à ce que je ne ressente plus rien du tout. Le vide. Comme sur mon journal. Maintenant, ils étaient revenus, tout commence j'avais recommencé à écrire. Au moins ça voulait peut-être dire que je redevenais vivante. Hallélujah. 

M'enfin, c'était assez de torture émotionnelle pour aujourd'hui. J'avais besoin de me vider la tête mais j'avais pas assez de motivation pour sortir. Où ? Avec qui ? C'était un peu l'inconvénient d'envoyer chier tous ses potes.
Je me contentai alors d'allumer la radio et de me rallonger, les bras couvrant mes yeux. J'avais l'air tellement pathétique. Mais bon, qui était là pour le voir ? Il n'y avait que moi, et Lionel Richie. Qui me chantait Running with the night pour me consoler. À ce stade, je me donnais le droit de me faire tous les films du monde.

*PAM*

Oh putain, c'était quoi ça ?! J'avais sursauté et fait valsé mes bras pour me redresser aussitôt que le bruit retentit sur ma vitre. Je fixai la fenêtre un instant, dubitative. Mon instinct me disait que ce n'était pas simplement un oiseau qui avait fait tomber un truc en volant... Me relevant difficilement, j'allai donc regarder à travers.
Qu'est-ce que... Qu'est-ce qu'il faisait là ? Andrew... Bien sûr la vue de son visage faussement angélique ne me laissait pas indifférente, mais c'était plus de l'irritation que quoi que ce soit de restant... Je levai immédiatement les yeux au ciel. Bien sûr qu'il fallait qu'il vienne compliquer ce qui l'était déjà assez comme ça... Néanmoins je m'efforçai d'ouvrir la fenêtre pour l'entendre.

« Hey Vicky. Est-ce que tu me laisses entrer ?

Je fis un demi-sourire, qui se trouvait plutôt être une grimace, en fronçant les sourcils. Il était sérieux ? Il pensait qu'il pouvait venir comme ça, comme si de rien n'était ? Ramener sa belle gueule en pensant que ça effacerait deux ans ? Je finis par secouer la tête. Si je me mettais à sa place, je me serai sûrement dit que ça valait la peine d'essayer. Mais je m'en fichais, j'avais pris ma décision. Et ça m'énervait déjà qu'il essaie de la contrer sans la comprendre.

- Qu'est-ce que tu veux, Andrew ? répondis-je d'un ton las.

- J’ai quelque chose pour toi. Ça va te plaire.

Ça y est, il me faisait son numéro. Ça faisait longtemps que je l'avais vu celui là, c'était un peu sa carte en cas d'urgence. Oui mais non... Je doutais qu'il ait quelque chose qui pouvait me plaire. J'avais posé mes avant-bras sur le rebord et baissé ma tête, à deux doigts de rire nerveusement. Pourquoi il fallait qu'il vienne s'accrocher, comme ça ? Il me rendait pas la tâche facile, clairement... C'était à prévoir, mais il fallait que je reste ferme. Je relevai la tête en un soupir.

- Mais Andrew... Je t'ai déjà dit tout ce que j'avais à dire. T'as pas à venir me voir, comme ça. C'est terminé, tout ça. »

C'était pas avec ça que j'allais le faire fuir, mais bon, j'avais pas trop le choix de lui dire ce qu'il y avait à dire. J'aurais aimé être dans un monde parfait où la naïveté régnait en maître et voir sa silhouette qui devait ne plus être si familière quitter l'allée de ma maison... Mais ce n'était pas connaître Andrew Dean et, malheureusement, je le connaissais très bien. Enfin, je le pensais, du moins. Et ça ne m'étonnerait pas qu'il m'écoute pas et commence à escalader son ancien fief. Je me préparais à me taper la paume contre le front. Pourquoi, mais pourquoi il était venu ?

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MessageSujet: Re: It's A Fucking Deathwish _ Vicky   Mar 21 Nov - 22:28

Vicky oppose un refus fatigué qui manque clairement de conviction. Rien à voir avec la crise de colère qu’elle a piqué lors de leur dernier échange. Andrew n’a aucun mal à faire comme si la lycéenne n’avait pas prononcé ces derniers mots et ne bouge pas de dessous la fenêtre. Elle ne réalise pas ce qu’elle dit, se ment à elle-même, fait un caprice. C’est tout.

Il glisse ses mains dans les poches de son manteau, et reste étrangement silencieux. Il semble prêt à passer la nuit ici, à faire la statue. Sa main droite s’empare du contenant du chocolat chaud, et le contact le réchauffe un peu. Dans un moment d’agacement profond, il aurait été capable de le lui lancer – en pleine tête s’il avait fallu. Pourtant sûr de son coup, le jeune Dean reste cependant parfaitement calme face à l’objection de Victoria.

Il baisse la tête et regarde autour de lui, comme s’il venait de se désintéresser soudainement de la jolie blonde, et semble chercher quelque chose ou attendre quelqu’un pendant un instant. Et puis sans un mot ni un regard pour Victoria, il contourne la maison en silence. Il retourne face à la porte d’entrée, et sans s’inquiéter de l’heure qui commence à se faire tardive, il sonne. Vicky ne lui a pas laissé le choix, c’est de sa faute à elle s’il est obligé de convoquer toute la maison.

Quelqu’un s’agite rapidement dans le salon, et c’est la mère McNamara qui ouvre en le fusillant d’un regard plus que suspicieux. « Bonsoir Madame. » Andrew lui révèle son plus beau sourire, celui qui les embobine tous. « Je suis vraiment désolé de devoir vous déranger à cette heure-ci. C’est une urgence pour votre fille. » Il lui explique en lui révélant l’existence du thermos, dont elle s’empare sans comprendre. « Je m’inquiète pour elle, vous savez. » Il hausse les épaules en prenant un air désolé, et ne laisse pas le temps à la mère de le questionner à ce sujet. « Bref je vais pas vous déranger plus longtemps, il faut que je rentre ! Bonne soirée ! » Il lui fait un signe et tourne aussitôt les talons pour rejoindre sa voiture. Il sait que la maman de Vicky ne l’aime pas beaucoup et se méfie de lui, alors il ne prend pas le risque de jeter de l’huile sur le feu. Mieux vaut battre en retraire, tant que son objectif est atteint. Puisque Victoria refuse de recevoir quelque chose de lui, peut-être l’acceptera-t-elle de la part de sa propre maman.

Il se laisse tomber sur le siège avant et soupire. Assurément, il se lassera vite de ce petit jeu. Andrew n’a jamais toléré bien longtemps que quelqu’un se déclare meilleur que lui. De voir sa propre petite-amie se retourner ainsi contre lui - après deux ans de relation plus ou moins stable - ça le distrait un moment. Ça finira par l’énerver profondément. En attendant, il fouille à nouveau dans ses poches de manteau pour attraper son paquet de cigarette. Il en fume une pour laisser le temps à la daronne de retourner à ses petites affaires et de ne plus faire attention à lui. Les minutes passent. Il observe les étoiles de la nuit définitivement tombée, songeur.

Lorsqu’il se lasse d’attendre, il bondit finalement hors de sa voiture, traverse la rue d’un pas décidé, et retourne à sa fenêtre. Un nouveau caillou est jeté. « Alors, ça t’a plu ? » Il demande avec un sourire léger.
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MessageSujet: Re: It's A Fucking Deathwish _ Vicky   Jeu 23 Nov - 22:07


Qu'est-ce qu'il faisait ? Je m'attendais à ce qu'il me réponde quelque chose, ou qu'il fasse quoi que ce soit... Mais non, rien. Il restait planté là. Mes yeux se plissèrent en deux fentes. Qu'est-ce qu'il avait prévu, encore ? Ah bah... Il partait. Est-ce qu'il avait... compris ? Vexé, très probablement, mais c'était sûrement pour le mieux... Je le regardai partir, à moitié déconcertée, et quitta la fenêtre quand il fut hors de ma vue. À vrai dire, je ne savais pas vraiment quoi penser de cette visite... Est-ce que je devrais m'en préoccuper ? Mais en même temps, ce n'étais pas un peu normal d'essayer de rattraper une relation qui avait durée deux ans ? Je ne pouvais pas trop lui en vouloir, au fond. Cependant, il fallait quand même qu'il comprenne que c'était primordial pour moi d'en finir là. Je pourrais pas supporter de retourner à ma vie d'avant... Ouais elle avait cessé depuis très peu, mais malgré toute la terreur que ça engendrait, j'avais senti un gros poids s'enlever de mon cœur.

*DING DONG*

Ok, toute ma petite mélancolie compatissante avait disparu d'un coup. IL ÉTAIT SÉRIEUX ?! Il était obligé de se donner en spectacle et de mettre au courant toute la maison de sa venue ?! Mes poings se serrèrent immédiatement après que la sonnette retentit. Alors là, il pouvait aller se faire voir. J'ouvris la porte en trombe, en espérant pouvoir atteindre la porte avant ma mère, et surtout en voulant lui toucher deux mots pour qu'il capte enfin qu'il fallait qu'il arrête son manège, tout. De. Suite. J'avais pas envie qu'il tourne autour de moi comme un vautour et qu'il me pique le visage de temps en temps pendant une éternité. Dean, ravale ton ego et casse toi. Mais après avoir dévalé les escaliers, maman avait déjà refermé la porte. J'avais pu qu'entrevoir la silhouette familière de mon désormais ex petit-ami qui remontait l'allée. Ma mère... semblait n'avoir rien compris à ce qui s'était passé. Mais en me rapprochant, je constatai qu'elle était plutôt inquiète...

« Chérie... Qu'est-ce qu'il se passe ?

Reprenant un peu mon souffle après ce sprint inutile, je ne pus qu'hausser les épaules en réponse. Non, je n'avais pas la moindre idée de ce qui se passait dans la tête de l'héritier Dean, là maintenant.

- Il m'a dit qu'il s'inquiétait pour toi. Que c'était une urgence.

Elle me tendit un thermos. Je compris que c'était le sien... En le prenant, je fis une grimace d'incompréhension. Une urgence ? Qu'est-ce qu'il avait raconté ?

- Crois moi, s'il faut s'inquiéter pour quelqu'un, c'est plutôt pour lui... Je m'arrêtai lorsque je croisai le regard toujours anxieux de ma mère. Je te promet, tout va très bien, m'man !

Je ne sais pas si elle me crut sur l'instant, mais elle me caressa la joue avant de me donner un baiser sur le front. C'était déjà ça, j'imagine. Je ne pus m'empêcher de sourire.

- Tu sais que tu peux tout me dire. Je vais préparer le dîner. Pommes de terre et bœuf, ça te va ?
- Oui, oui, bien sûr...

C'était le cadet de mes soucis, mais il fallait bien que ma maman fasse tourner la maison, et Oliver, qui était encore en train de bricoler des trucs dans sa chambre, aurait faim d'une minute à l'autre, le connaissant. Moi, je restai là quelques secondes, les sourcils froncés et un cadeau déconcertant dans les mains. Chaud... et mystérieux. Sans trop tarder, je m'en allai de nouveau dans ma chambre. Il fallait que je me retire dans mon antre pour réfléchir à tout ça. Qu'est-ce que c'était que ça ? Est-ce qu'il fallait que je m'en préoccupe ?
Arrivée en haut, je refermai la porte derrière moi et posa le thermos sur mon bureau. J'avais un peu peur de regarder ce qu'il y avait à l'intérieur, mais... Ce n'était que du chocolat chaud. Une urgence ? Je soufflai en riant un peu. N'importe quoi celui là... Il avait fait tout ce cinéma pour me donner du chocolat chaud ? Je soufflai encore, mais de manière un peu plus irritée. Il savait très bien que c'était ma boisson préférée. S'il pensait qu'il allait pouvoir me racheter avec ça... Je ne pouvais pas m'empêcher de ressentir un peu d'attendrissement, mais il fallait que je me force à me barricader de ça. Si la manipulation était un objet, ce serait ce maudit thermos. Je finis par m'asseoir sur ma chaise de bureau, ramenant mes pieds dessus et mes genoux sous le menton, tenant mes jambes avec les bras. Je fixai le chocolat comme un intrus dans ma maison. Comme un objet bizarre à étudier. J'étais carrément comme dans une conversation mystique avec... Est-ce qu'il fallait que le boive ? Non, c'était une mauvaise idée. Mais il sentait si bon... Non mais ça va, tu pouvais te faire un chocolat chaud toute seule, Vicky, sois pas ridicule. Ouais, mais il était devant moi... Est-ce que je pouvais seulement résister à un chocolat chaud ? Est-ce que je me détestais là maintenant ? Ouais. Je venais d'en prendre une gorgée. Non, il était bon, c'était pas un piège de vengeance ou quoi. RAH MAIS VICKY ! Bonjour le self-control, putain. Non, je savais vraiment pas résister à un chocolat, et il le savait. Je le déteste.

*PAM*

Encore ?! Non mais c'est bon là, il fallait qu'il se calme. Sans perdre une seconde, je me précipitai à la fenêtre, visiblement énervée.

- Alors, ça t’a plu ?

Hin, hin. Il se croyait malin avec son petit sourire, là ? J'haussai les épaules en étendant mes bras, sentant la patience me quitter petit à petit.

- Je sais pas ! J'ai rien demandé, en fait.

Puis je soupirai et fit retomber mes bras. Il fallait que je me calme. Pas envie que ça finisse en dispute/bain de sang inutile. J'avais assez donné. Lui aussi, je pense. Mais bon, il fallait que je commence à m'en foutre de ce qu'il pense, au bout d'un moment.

- Rah, Andrew... Pourquoi tu fais ça maintenant ?... T'aurais dû le faire avant... »

J'arrivais pas à dire autre chose, j'avais tellement de choses qui se bousculaient dans ma tête mais rien ne vint. Je me contentai de le regarder en secouant la tête, mi-triste, mi-désolée. Il pouvait pas me faire changer d'avis avec une attention. C'était trop tard.

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MessageSujet: Re: It's A Fucking Deathwish _ Vicky   Jeu 30 Nov - 22:22

Le regard que Vicky jette à Andrew ne laisse rien présager de bon, et en effet, il a à peine posé sa question qu’elle répond sur ce ton sec et détestable. Quelle rabat-joie ! Une sal..eté – pour rester poli ! Pour une fois qu’il essaye de faire les choses bien, histoire de réparer un peu les dégâts, voilà comment il est accueilli ! Il perd son sourire et fronce les sourcils, vexé par cette réaction exagérée. En plus de ça, c’est de sa faute à elle s’il a été obligé de passer par la porte d’entrée. A jouer les capricieuses, elle n’a que ce qu’elle mérite. Andrew trépigne et se demande déjà ce qui l’a poussé à rendre visite à cette ingrate de la pire espèce. Regardez là, perchée à sa fenêtre, à se croire meilleure que lui !

Il n’a pourtant pas le temps de dire à Victoria qu’elle abuse, elle se calme d’elle-même et soupire. C’est déjà mieux – avant qu’elle ne sous-entende que c’est trop tard pour se racheter. Allons, maintenant elle va la jouer mélodramatique ! C’est au tour d’Andrew de soupirer, agacé de ne pas avoir ce à quoi il s’attendait. Il secoue la tête, lève les yeux au ciel, et fini par perdre patience. « Est-ce que t’es enceinte Vicky ? » Il la questionne le plus sérieusement du monde, en plongeant son regard dans celui de la lycéenne. Il pourrait presque se montrer clément et compatissant, si seulement la raison de tout ce cirque était bien celle-là. Il doutait de cette théorie, mais c’était bien encore la seule qu’il se sentait d’humeur à accepter. « Nan parce que ce petit numéro que tu nous fais, ça doit être à cause des hormones. » Il hausse les épaules en lui faisant un signe de la tête comme pour lui demander son avis.

Néanmoins, il semble rapidement évident que ce n’est pas un embryon qui joue avec les humeurs de Vicky. Finalement, Andrew poursuit, de plus en plus impatient. « Ça va durer combien de temps, ton petit manège de princesse meilleure que tout le monde ? 12 jours ? Trois mois ? Un an ?! » Il demande en supposant, victime de l’escalade de son agacement. Oh Victoria a sûrement une ou deux bonnes raisons d’être en colère – après lui en tout cas – mais de là à couper les ponts aussi franchement avec toute la bande, son comportement soudain est clairement disproportionné.

« Qu’est-ce qu’il t’arrive Vicky ? Tu perds la tête depuis Amélia. Tu deviens obsédée par ces disparitions, et tu envoies tous tes amis bouler du jour au lendemain. Qu’est-ce que tu cherches ? Tu veux crever toute seule dans les bois c’est ça ?! » Andrew désigne vaguement la directin de la dite-forêt en parlant, comme pour désigner un coupable. Il hausse le ton, avec moins d’agressivité, mais surtout parce qu’il se sent impuissant. Incapable de comprendre Vicky, il la voit juste leur tourner subitement le dos comme s’ils ne signifiaient rien pour elle. Comme si LUI, ne signifiait rien.
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MessageSujet: Re: It's A Fucking Deathwish _ Vicky   Lun 4 Déc - 17:34


C'était sûr qu'il allait pas aimer. C'était peut-être la première fois que je lui refusais catégoriquement quelque chose, ça devait lui faire bizarre. Dommage. Mais j'aurais dû m'attendre à ce qu'il fasse tout en son pouvoir pour riposter et me pousser à bout, et c'est ce qu'il était en train de faire, sans vraiment d'hésitation. Ce n'était pas dans son habitude de perdre, il préférait récupérer, c'était ce qu'il m'avait montré aujourd'hui, encore une fois. Et j'imagine que s'il fallait me faire du mal dans le processus, ça allait pas l'arrêter.

« Est-ce que t’es enceinte Vicky ? Nan parce que ce petit numéro que tu nous fais, ça doit être à cause des hormones.

Nan ça allait pas l'arrêter, au contraire, il avait l'air d'avoir envie que ça se passe comme ça. Il disait pas ça pour rire ou se foutre de moi, il me confrontait carrément en me regardant droit dans les yeux, irrité et sûr de lui, en plus. Je sais pas si j'aurais préféré le contraire, mais je sentais que de cette manière, il faisait monter la colère en moi comme jamais. Est-ce qu'il faisait exprès pour que je parte en vrille ou quoi ? Il pouvait pas être sérieux en disant ça... Mais je sentais ma bouche se crisper et mes doigts agripper le rebord de la fenêtre de plus en plus fort. Il était doué pour que je le déteste, clairement... Je le déteste... Avec son petit mouvement de tête suffisant là. J'avais juste envie de le gifler. Il méritait même pas que je lui répondre tellement c'était ridicule. Enceinte de lui, ce serait une horreur, je préférais même pas y penser...

- Ça va durer combien de temps, ton petit manège de princesse meilleure que tout le monde ? 12 jours ? Trois mois ? Un an ?!

C'était vraiment dur de ne pas rire nerveusement... Il avait vraiment rien compris. Ça avait pas suffi tout ce que je lui avais dit ? Il fallait que je le lui répète combien de fois ? Il pensait vraiment que j'allais revenir parce que je faisais un caprice ? Hah... Il allait vraiment en apprendre des choses, avec moi. J'aurais dû faire ça beaucoup plus tôt, cependant... Ça allait être dur de s'en tirer après tout ce temps. Mais je pouvais pas me permettre de retourner en arrière.

- Qu’est-ce qu’il t’arrive Vicky ? Tu perds la tête depuis Amélia. Tu deviens obsédée par ces disparitions, et tu envoies tous tes amis bouler du jour au lendemain. Qu’est-ce que tu cherches ? Tu veux crever toute seule dans les bois c’est ça ?!

Il s'énervait tout seul, de plus en plus, je le voyais. Et moi aussi, par la même occasion. Pourquoi j'étais la seule à être perturbée par la mort d'Amelia et par les disparitions qui ont eu lieu ? Merde, c'était un fait ! Et c'était grave ! Pourquoi tout le monde faisait comme si de rien n'était ? Ça me mettait hors de moi... Alors qu'en plus ça sorte de la bouche d'Andrew, c'était le pompon. Ouais, crever toute seule dans les bois, je préférais ça plutôt que de devoir les supporter une journée de plus. J'en pouvais plus, c'était tout, et j'allais le lui montrer. Encore une fois. Mais cette fois-ci, il avait intérêt à comprendre vraiment, et ça reposait sur mes épaules. Je me retins de lui crier dessus, mais c'était vraiment difficile. Je lui tendis un doigt, essayant de répresser mes spasmes de colère.

- Ok, j'ai l'impression qu'on a besoin d'avoir ce genre de discussion encore une fois, alors tu vas m'attendre ici, j'arrive.

J'étais loin d'être calme, j'étais même à deux doigts d'exploser, mais il fallait que je me contienne. La seconde d'après, j'étais hors du cadre de la fenêtre et je partais en flèche hors de ma chambre, en prenant avec moi le thermos au passage. Ah il mettait tout ça sur le dos de mes hormones, de mon caractère, de ma soit-disant immaturité ?! Eh ben il aura ce qu'il voudra. Il allait voir ce que c'était de me foutre en rogne une bonne fois pour toutes. C'était bien clair dans ma tête que ça servait à rien de discuter de ça avec lui. Il me comprendrait jamais. C'était bien pour ça que j'étais partie. Je dévalai une nouvelle fois les escaliers sans une once de discrétion. J'entendis la voix de ma mère quand je fus proche de la porte d'entrée.

- Vicky ? Où tu...
- JE REVIENS ! criai-je avant de claquer la porte derrière moi.

Désolé maman, j'espère que tu comprendras que j'avais une urgence à régler et qu'un parasite d'1m93 avait besoin de sa douche de chocolat. Non, j'allais pas aller jusque là, mais putain, qu'est-ce que j'en avais envie !
Inévitablement, je finis par me retrouver devant lui. Toujours aussi grand, toujours aussi sûr de lui, toujours aussi détestable. Putain mais si j'avais su que j'allais me retrouver dans cette situation ! ...

- Il va falloir que tu commences à apprendre la vie, Andrew Dean ! commençai-je sans prendre le temps de baisser le ton de ma voix. Non ce n'est pas un caprice, non ce n'est pas mes hormones, et oui j'ai mes raisons ! Oui toutes ces histoires m'affectent et... p'tain j'y peux rien, j'arrive pas à vivre avec, merde ! Et vous là, vous comprenez pas ça. Vous comprenez pas que la vie s'arrête pas à votre petite personne. Toi, Mackenzie et tout le reste. Je me suis toujours fait envoyer chier quand je voulais m'exprimer, alors dégagez ! Je veux ma chance d'être heureuse, et c'est loin de vous, c'est clair et net ! Alors tes petits manèges pour essayer de retrouver la vie d'avant, ça sert à rien, tu m'a comprise ? Ça sera jamais comme avant ! Et putain j'allais pleurer maintenant ? Non, non, mes yeux pouvaient briller tant qu'ils voulaient j'allais pas laisser les larmes couler maintenant. Alors je pouvais pas continuer comme ça, il fallait que je devienne méchante. Désolé, M. Dean, on vous a enlevé votre jouet ? Mince, en fait c'était un putain d'être humain. Aucune garantie possible. Tu sais ce que j'en fais de tes petites attentions qui effacerons jamais toutes les fois où tu m'as ignorée et trompée ?

Je lui montrai le thermos quelques secondes avant de le lâcher violemment sur l'herbe. Le couvercle s'ouvrit et le chocolat se mit à se déverser entre les brins. Encore une chose qu'on pouvait pas contrôler dans ce bas monde.

- Fais pas comme si c'était que de ma faute, Andrew. J'ai mis un temps fou à me rendre compte de tout ça, c'est tout ce que je me reproche. »

Je serrai les poings et les dents, sans vraiment m'attendre à quoi que ce soit de sa part. Mais je venais de creuser le fossé encore plus, je m'en rendais compte. Le visage courroucé que je regardais avec la plus grande des haines, c'était le même visage que je regardais pendant deux ans. Et ça faisait bizarre. Mais ça me paraissait naturel en même temps... Est-ce qu'on avait été voués à se détester ?

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MessageSujet: Re: It's A Fucking Deathwish _ Vicky   Mar 12 Déc - 1:17

Andrew a vidé son sac, et la chose semble faire son petit effet sur Vicky. Alors que quelques minutes auparavant, elle refusait catégoriquement de le rejoindre pour parler en face à face de tout ça, voilà qu’elle pointe un doigt vers lui pour lui ordonner de l’attendre afin d’avoir une discussion. Victoria referme brutalement sa fenêtre, et Andrew prend un air atterré alors qu’il la voit disparaître. A changer d’avis comme de chemise, cette fille va le rendre fou.

Vicky part dans tous les sens et lui ne parvient plus à la comprendre – s’il l’a seulement comprise un jour. Il essaye pourtant, à sa manière. Elle l’inquiète avec cette brutale prise de conscience qu’elle déclare avoir eu. Est-ce qu’elle est en état de choc suite au meurtre d’Amélia ? La nouvelle est triste, c’est vrai, et Andrew pourrait même reconnaître ne pas avoir assez prêté attention à la détresse de Victoria. Pourtant il n’y est pour rien dans cette morbide histoire. Mackenzie et Claire non plus. Personne n’est responsable, alors pourquoi aux yeux de Vicky ils semblent tous mériter cette colère et ce dédain soudain ?!

Décidément, Andrew se demande pourquoi il perd son temps à lui courir après et à user de tous ses tours de charme pour réparer les pots cassés. Tout ça pour la ramener sur le droit chemin, vers ses amis et leur vie d’avant. Cette vie que tant d’autres aimeraient vivre à la place de Victoria, et qu’elle balaye pourtant sans remord et avec férocité. Elle doit être folle ! Andrew passe une main dans ses cheveux alors qu’il sent à nouveau une bouffée de colère le prendre. Il serre les dents et rejoins l’avant de la maison, le temps que Vicky surgisse enfin à l’extérieur.

Il aura donc fallu qu’il la provoque autant avant qu’elle n’ose enfin le confronter ! Satisfait de son petit effet, il la regarde le rejoindre, et ne cesse pas de fixer ses traits déformés par la colère alors qu’elle se lance dans un monologue agressif. Victoria ne peut pas être plus limpide, elle hurle son refus du retour à la normale. Les efforts d’Andrew sont balayés en quelques mots à peine. Pire : elle s’en prend ensuite directement à lui. Il est presque surpris par cette violence soudaine et se redresse pour la dominer un peu plus par la taille, à défaut de bien vouloir faire un pas en arrière. Lorsque le thermos touche le sol, il passe de la déception à la fureur.

Il serre les points dans les poches de son manteau, parce que l’envie d’attraper cette fille et de la secouer un bon coup pour lui remettre le cerveau à l’endroit est forte. Il la fusille silencieusement à coup de pupilles furibondes, et puis c’est à son tour de pointer un doigt vers elle. « Tu n’es pas un jouet Vicky. » Il commence comme s’il allait se lancer dans un grand discours, mais hésite à poursuivre près cette seule phrase. Andrew a toujours été habitué à voir Vicky comme un trophée. Le regard que ses amis, que son père, et que le monde tout autour d’eux portait sur leur couple l’avait toujours encouragé dans cette impression. Pourtant au fond Vicky est plus que ça. Elle est la seule avec qui Andrew a passé autant de temps. Avec qui il a parfois enfin eu le courage de se confier et d’être honnête. Ces quelques moments, ils sont rares mais si importants pour lui, qu’il regrette que Victoria ne leur accorde pas plus d’importance. En plus d’être abandonné, il se sent carrément trahi.

Alors c’est à son tour de réprimer les paroles sages pour se réfugier derrière la colère. « J’essayais simplement d’être gentil et de comprendre en venant ici. Mais puisque tu sembles décidée dans ton délire, restes-y toute seule. Tu es devenue complètement tarée ma pauvre. » Il grogne d’abord sur un ton plus calme qu’elle, et pourrait terminer leur échange venimeux sur cette phrase. Mais le chocolat fait avec amour par Martha se répand entre eux, et il poursuit. « Tu sais les jouets on les aime et on en prend soin. » Il marque une pause de deux secondes en appuyant cette méditation d’un regard perçant. « Toi tu n’es qu’un trophée Vicky. Je vais pas m’épuiser à te courir après pour te donner une autre chance. Au début ça aurait peut-être pu coller entre nous, mais maintenant tu me fais juste pitié. » Il déclare cette fois avec tout le mépris dont il est capable, en la regardant de haut. C'est ça, elle ne lui inspire plus rien d'autre que de la pitié et de la lassitude, à se complaire dans ses théories du complot lugubres et ses crises de nerfs pitoyables. Elle ne ressemble plus à rien désormais à ses yeux, et lui joue à la perfection ce rôle d’abruti fini qu’elle lui donne. Alors pour achever de cracher son venin, il s’en prend directement à cette famille qui lui a si souvent ouvert la porte. « Tu peux retourner dans ta petite maison avec ton looser de frère et ta mère stupide. On n’a plus rien à se dire. » Il ajoute un mouvement dédaigneux vers la porte d’entrée à son geste, pour plus de théâtralité. Andrew est d’autant plus en colère contre eux qu’il sait inconsciemment qu’ils vont lui manquer. Mais il constate avec surprise qu’il est bien plus facile de se persuader qu’il n’a pas besoin d’eux plutôt que d’admettre l’inverse. « Mais ne vient pas pleurer après ce que tu as fait. C’est fini pour toi Vicky. » Le ton qu’il emploie ne laisse pas deviner s’il s’agit là d’une simple conclusion ou d’une menace, mais sa mâchoire crispée donne un indice.

Et puis il se détourne d’elle, parce que chaque seconde passée près de Vicky lui donne davantage envie de lui hurler dessus pour la réveiller. Les choses s’enveniment à grande vitesse entre eux, et Andrew comprend qu’il n’y a plus rien à tirer de cette petite tête blonde. La fatalité le frappe comme une nouvelle lame aiguisée. Il ne récupérera pas Vicky. Dans sa manœuvre, il ne s’intéresse nullement au thermos abandonné et le laisse choir aux pieds de Vicky comme un reste de leur ultime dispute. Stupide et arrogante Victoria ! Elle qui ose lui tenir tête avec une telle agressivité, elle le regrettera.
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MessageSujet: Re: It's A Fucking Deathwish _ Vicky   Jeu 14 Déc - 22:59


J'y étais peut-être allée un peu fort en renversant son cadeau. Je le voyais se crisper comme lorsqu'on se disputait et que j'avais dit le mot de trop. J'avais pas vraiment peur de lui, à vrai dire il avait jamais levé la main sur moi. Mais il était doué avec les mots. Et ça me mortifiait un peu d'avance. Ses grands yeux me transperçaient de toute leur fureur, mais au lieu de montrer ma vulnérabilité, je m'obstinai à froncer davantage les sourcils et à affronter son regard en noircissant mes pupilles de la même colère. Irréconciliables. On était juste... probablement des cas désespérés. Quand il pointa son doigt vers moi, je m'attendais à tout. Mais comme à chaque fois, il était pas si prévisible.

« Tu n’es pas un jouet Vicky.

... Hein ? C'est tout ce qu'il avait à dire ?... La colère laissa place à la perplexité. Mh... C'était bien gentil, mais si j'étais pas un jouet, qu'est-ce que j'étais pour lui, alors ? Andrew était en train d'hésiter, comme s'il cherchait ses mots. Peut-être avait-il vraiment l'intention de s'excuser, de comprendre les choses pour une fois... Mais je devais pas trop me faire d'illusions, je venais justement de sortir de ma bulle, la réalité me frappait au visage comme on atterrissait sur le pavé.

- J’essayais simplement d’être gentil et de comprendre en venant ici. Mais puisque tu sembles décidée dans ton délire, restes-y toute seule. Tu es devenue complètement tarée ma pauvre.

Je soupirai d'un coup. C'était bien ça le problème, il pensait que ces tout petits efforts qu'il aurait pu faire pendant qu'il n'était pas trop tard allaient tout régler, comme si c'était magique. Un "je t'aime" et ça repart. Et encore... le "je t'aime" était même pas en option. 'Fin j'avais même pas à en vouloir une, je l'aurais pas acceptée. À ce moment, je pouvais rien faire d'autre que de rester seule malgré tous les problèmes que ça me créait.

- Tu sais les jouets on les aime et on en prend soin. lâcha-t-il comme une claque sur ma joue, et mes yeux avaient réagi comme tels. Toi tu n’es qu’un trophée Vicky. Je vais pas m’épuiser à te courir après pour te donner une autre chance. Au début ça aurait peut-être pu coller entre nous, mais maintenant tu me fais juste pitié.

Ma bouche s'entrouvrit lentement. Qu'est-ce que... il était sérieux. Je savais même pas s'il disait ça sous le coup de la colère ou s'il le pensait vraiment. Mais je m'en fichais un peu, parce qu'il avait encore réussi à m'enfoncer un pieu dans le cœur. Un trophée... Je sentais une larme rouler sur une de mes joues. Merde... Purée, vu que je m'en étais rendue compte, j'avais cligné des yeux et d'autres avaient suivi. Mmh non, arrête Vicky.
Un trophée... le mot tournait en boucle dans ma tête et me foutait un coup de pied où ça faisait mal à chaque tour. Un trophée. Ouais c'était donc ça... C'est bien ce que je me disais. Ça expliquait tout, un peu. J'étais rien, en fait, j'étais même pas quelqu'un pour lui. Juste une chose qu'il trimbalait dans sa voiture, dans ses soirées, dans ses repas de famille, une chose jolie qu'on pouvait habiller et avec qui on pouvait s'amuser une fois la nuit tombée. Ouais. Ça me paraissait être un bon résumé de ces dernières années ? Un trophée. On parle pas à un trophée. On s'y confie que quand on est désespéré, parce que c'est qu'un objet. On est fier d'un trophée, parce qu'il rend bien sur la cheminée. Mais on s'en fout de savoir s'il est bien là où il est. Parce que c'est. Un putain. D'objet.
C'était tellement. Tellement dur de me retenir d'exploser en larmes à ce moment là. Putain, j'étais passée à autre chose, là, fin je pensais. Un jour ça suffisait p'têt' pas finalement, mais je pensais que mon esprit s'était fait à l'idée depuis le temps. Non, il avait encore moyen de me foutre plus bas que terre. J'y croyais à peine. Mes larmes continuaient à couler alors que je mordais ma lèvre inférieure, mais c'était rien comparé à ce que je retenais. Juste des petits filets qui informaient que le torrent allait venir. Mais pas devant lui. Jamais. Un objet, ça pleure pas.

- Tu peux retourner dans ta petite maison avec ton looser de frère et ta mère stupide. On n’a plus rien à se dire.

J'acquiesçai frénétiquement, irritée et blessée. Même l'insulte à ma famille ne me faisait pas grand chose de plus, ça rajoutait seulement au fait qu'il venait de me prouver qu'il était un innommable fils de pute. J'essuyai l'eau iodée sur mes joues d'un revers de main, même si d'autres reprenaient le dessus, mais je pouvais quand même trouver la force de parler à peu près normalement, ce qui me semblait surhumain.

- Mais ne vient pas pleurer après ce que tu as fait. C’est fini pour toi Vicky.

Ça me semblait tellement insignifiant ce qui allait m'arriver en retournant au lycée. Ouais, j'aurais le temps d'y penser quand ça arriverait, ou la nuit juste avant quand je pourrai pas dormir parce que mon cœur bat trop fort dans ma tête. Mais là, maintenant, c'était pas ça qui me préoccupait.

- Ouais. Effectivement on a plus rien à se dire. Merci de m'avoir enfin dit ce que c'était pour toi, tout ça. T'en as mis du temps.

Je voulais plus voir son visage. C'était trop pour moi. Pourquoi il était venu putain... Ça avait fait qu'empirer la situation. Je le détestais tellement, j'aurais presque pu lui sauter au visage, mais à part lever mes deux mains pour signifier que j'en pouvais plus de toute cette histoire, j'allais pas faire grand chose d'autre.

- J'en ai rien à foutre de ce qui va m'arriver, ok ? Juste... je me casse, j'en peux plus.

Je sentais le sanglot dans ma gorge. Il fallait que je rentre. J'étais au bout. Sur ces paroles, je remontai les marches menant au perron et ouvris la porte. Mais avant de la refermer, je me retournai, le regard noir et plein de reproches, une dernière fois.

- Salut, Andrew. Bonne chance pour trouver un nouveau trophée. »

Ma voix avait un peu sauté à la fin, mais pas le temps d'y penser, je venais de claquer la porte derrière moi. Qu'il sonne, qu'il tape, qu'il casse ma vitre, je répondrai plus. Sans même prendre le temps d'indiquer à ma mère que je passerai le dîner dans ma chambre, je remontai les escaliers, laissant mes sanglots complètement sortir jusqu'à ce que j'atteigne ma chambre, où je m'enfermai. J'avais envie de crier. Putain, si j'avais été seule j'aurais crié jusqu'à ce que j'ai plus d'air dans les poumons. Au final, c'était mon oreiller la victime. Il reçut les coups de poings que j'aurais voulu jeter sur le visage d'Andrew. Je déversai toute ma rage dessus. J'étais rouge. Jusqu'à ce que j'en puisse plus, craque, et laisse tomber mon visage dessus. Je pleurais silencieusement, avec seulement une grimace de douleur qui faisait part de mon état. Ça ira mieux dans quelques heures. Ça ira mieux.

_________________

    Allez vous fer... mer les yeux ?
    I wish your mom had been a little stronger. I wish she stayed around a little longer. I wish your dad were good, I wish grown-ups understood. I wish we met before they convinced you life is war. I wish you'd come with me... — I wish I had more TNT.+ buckaroo.

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