Dans la petite ville d'Aster Cove, des choses étranges se passent...

 
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 These pigs are after me, after you ◄ feat. Ange Delacourt

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MessageSujet: These pigs are after me, after you ◄ feat. Ange Delacourt   Lun 20 Nov - 22:45


C'était que la pause de midi et j'avais déjà l'impression d'avoir passé une journée entière. Qu'est-ce que je donnerais pas pour sécher cet après-midi, et franchement j'y songeais de plus en plus. J'avais bien trop peu dormi pour pouvoir supporter le comportement de Mackenzie et ses sbires tout droit sortis de l'enfer, même si ce n'était que des regards qui semblaient peser des tonnes sur moi. Mais justement, ce n'était pas assez pour pouvoir appeler ça une journée complète, et j'avais un peu peur de la suite. Autant fuir pendant qu'il en était encore temps...

Je me dirigeai vers mon casier à la fin du coup, l'idée ayant déjà bien trop germé dans ma tête. Plus j'y pensais, plus ça me semblait indispensable. J'avais pas envie de redoubler encore une fois mais p'tain... pas aujourd'hui. Laissez moi un après-midi de répit avant de souhaiter que je disparaisse à mon tour. Et alors, Vicky, c'était bien dramatique...
Allez, j'ouvris mon casier, bien déterminée à le refermer pour la dernière fois de la journée. Il faudrait juste que j'évite la clique infernale et c'était joué. Pas impossible. Tout à fait faisable, même. Rien que de penser à quitter ces murs plus tôt me donnait le cœur plus léger. Il y a pas si longtemps je pensais pas que ça allait m'arriver à ce point... Mais alors que je rangeais mes livres, un bout de papier m'interpella. Ça ne me disait rien, ça... Je le pris entre mes doigts et le déplia en deux. "SALOPE". Pff, allons voyons, Mackenzie aurait-elle perdu en originalité ? Ou elle venait de balancer une rumeur sur moi pour pousser n'importe qui à me laisser ce mot doux à travers les fentes du casier de métal ? Classique, mais efficace...

Je roulai les yeux au ciel avant de froisser l'insulte entre mes mains. Voilà, tu n'es qu'une boule à présent. Saleté. Je pensais pouvoir passer au-dessus de ça rapidement, mais je refermai mon casier avec une violence qui me surprit moi-même. Vicky, c'est les conséquences que t'attendait. Vicky, c'est pas grand chose. Ressaisis-toi, bon sang ! Il y a pas longtemps c'était toi qui foutait ces mots dans les casiers des autres, et bien pire même. Parfois tu écrivais de fausses déclarations. Des trucs horribles. Peut-être que tu l'as mérité, ce mot.
Et pourtant il brûlait entre mes doigts comme un déchet toxique. C'est ce que ça faisait, alors. C'était un vieux sentiment que je ne souhaiterais à personne, et pourtant... J'étais en colère. Contre qui ? Moi ? Mackenzie ? Les deux ? Toute cette putain de situation que j'ai laissé pourrir et pourrir pendant des années jusqu'à arriver à ce miasme dégueulasse ? Putain, je me casse. Que j'oublie au moins toute cette merde un après-midi. Dans un dernier élan de haine, je jetai violemment la boulette ingrate dans la corbeille non loin. Mais c'était pas vraiment ma journée... Elle rebondit sur le rebord. C'est fou comme on peut se sentir con d'avoir eu un accès de colère qui ne marche pas du tout. Mais bon, ça serait pas drôle de s'arrêter là, non ? La boulette vola et roula sur des chaussures que je reconnus presque immédiatement. Et merde...

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MessageSujet: Re: These pigs are after me, after you ◄ feat. Ange Delacourt   Mar 21 Nov - 20:47




Cette détresse dans le regard. Ce blond devenu terne. La pauvre petite Victoria était lamentablement tombée de sa tour d'ivoire. Et toi, tu te délectais de sa défaite cuisante. Tu la regardais manger seule à midi. Tu la regardais se recevoir des regards accusateurs dans les couloirs. Tu la regardais traverser cet océan de remarques grotesques. Et tu ne pouvais t'empêcher de savourer ce que tu pouvais appeler la vengeance d'une vie. La petite chienne de Queen-Mackenslut était au plus bas et tu n'avais qu'une envie, c'était de lui marcher dessus.

Aujourd'hui, journée comme les autres. La bande de cette sale rousse t'avait barré l'accès aux toilettes des filles. Stan et d'autres brutes dans son genre t'avaient gentiment montré leur affection après la troisième heure de cours. Tu t'étais cachée avec Jessica à la pause déjeuner. Tu avais capté, l'espace d'un instant, le regard du beau Dave, dans les couloirs, sans que le contact ne dure plus d'une seconde. Seulement deux prof's s'étaient trompés en t'appelant Isaac au lieux d'Ange, petite réussite de la journée. Grâce à l'entraînement de foot du lycée après les cours, tu n'avais pas eut le plaisir d'être enfermée dans ton casier. Tu avais même réussit à trouver jolie la magnifique gravure pailletée de ton casier, ce "GAY" repassé avec ce vernis rose bon marché.  La journée n'avait pas été si mal, tu ne mangerais que trois bâtonnets de réglisse rouge pour les trois bleus sur tes côtes. Au moins, tu n'aurais pas la nausée, ce soir. C'était une bonne nouvelle.

Il était temps de rentrer. Peut être passerais-tu au dinner avant ? Pas sûre qu'Aaron y soit. Et de toutes les façons, à cette heure-ci, il y avait encore trop de monde. Tu refermes ton casier et c'est là que tu aperçois le visage de Victoria. Peut être que ta journée sera plus trépidante que prévue, finalement ? La boule de papier roule jusqu'à tes pieds, tu t'abaisses pour découvrir le joli mot à l'intérieur. Un rire cristallin traversa tes lèvres tandis que tu te rapprochais de la petite blonde.


- SA-LO-PE. Tu as vu, Victoria ? Elles ont écrits ton deuxième prénom sur ce papier. Fais attention, tu pourrais l'oublier. Ça serait dommage, tu ne croies pas ?


Tu lui jettes le papier froissé au visage. Que t'arrive-t-il, Ange ? Ce n'était pas ton genre de chercher les confrontations. Tu savais te défendre mais provoquer les gens délibérément n'était pas vraiment dans tes habitudes. Tu restes là, postée face à cette ancienne sbire de Satan, tes doigts attrapant doucement une des mèches de la demoiselle. Tu ne retiens pas ton sourire condescendant.


- C'est vraiment drôle, comme situation, je trouve. j'veux dire, toi qui étais, il y a encore quelques mois, l'élite du lycée avec tes putes de copines, tu te retrouves au bas de l'échelle. Comme moi.


Ton regard s'assombrit aussitôt et du poussa brutalement Victoria contre les casiers en fer. La violence, tu ne l'utilisais jamais. Tu subissais sans jamais répondre. Mais l'occasion était trop belle. Elle était là, comme un vulgaire moustique et tu te sentais si grande, face à elle. Certains regards commençaient à se tourner vers vous mais toi, tu n'avais que ce démon de ton passé dans ta ligne de tir.


- Alors ? Ça fait quoi d'être traité comme une merde, hein ?!


Ta voix avait déraillé, le ton était monté d'un cran, la colère t'avait prise à la gorge. Les couloirs du lycée d'Aster Cove ne t'avaient jamais vu agir de la sorte. Et un crachat peu élégant franchit la frontière de tes lèvres pour s'écraser sur la joue de la vermine. Les mêmes images passaient en boucle dans ton esprit. Les cheveux artificiels éparpillés sur le sol. Le sac inondé de vieux morceaux de coton gorgé de sang menstruel. Et toutes ses mains qui parcourent ton corps à la recherche de mon existence.


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MessageSujet: Re: These pigs are after me, after you ◄ feat. Ange Delacourt   Mer 22 Nov - 19:06


Elle avait ramassé le papier. Et elle l'avait lu, bien sûr. Je m'attendais à ce qu'elle le rejette en me priant de ne pas lui balancer mes ordures dessus, mais elle avait préféré jouer à la manière forte. Et c'est pas comme si j'étais au bout de mes surprises...

« SA-LO-PE. Tu as vu, Victoria ? Elles ont écrits ton deuxième prénom sur ce papier. Fais attention, tu pourrais l'oublier. Ça serait dommage, tu ne croies pas ?

Ah ouais, d'accord... Ouais enfin, il fallait vraiment que je m'attende à moins de la part d'Ange ? Je veux dire, j'ai été responsable de pas mal de ses problèmes ici, après tout. Quand j'essayais de me souvenir, là, tout de suite, rien de précis ne me venait à l'esprit, mais je savais. Je savais qu'elle avait déjà pleuré à cause de moi et de ce que Mackenzie décidait pour elle. Alors j'allais me contenter de récupérer le mot sans rien dire, en lui lançant seulement un regard irrité, mais ça je pouvais pas m'en empêcher...
Mais au lieu de me le rendre, elle me le balança au visage... Ok, mon regard était plus qu'irrité, là. Elle était sérieuse ? J'avoue, elle m'avait choqué. Mon cœur battait un peu trop fort, répondant à ma colère et mon humiliation. Mais à part serrer la mâchoire et soutenir ses yeux trop maquillés en lui montrant toute ma haine à travers mes sombres pupilles, je n'étais pas en mesure de faire grand chose d'autre.

- C'est vraiment drôle, comme situation, je trouve. j'veux dire, toi qui étais, il y a encore quelques mois, l'élite du lycée avec tes putes de copines, tu te retrouves au bas de l'échelle. Comme moi.

Je n'avais pas vraiment d'objection sur ce point, elle avait tout à fait raison. Je n'eus pour réponse qu'un roulement d'oeil vers le "GAY" gravé et peint sur son casier. Comme elle, ouais... Elle avait l'air de se l'être approprié, en tout cas. C'était presque admiratif, en fait... Mais bon, ça faisait pas de nous les meilleures amies du monde, au contraire.
Je sais pas si c'est parce qu'elle a cru que je m'étais désintéressée de sa confrontation, mais je me suis fait remettre les pieds sur terre en un instant. Je sentis ses mains se presser sur mes épaules, puis me pousser violemment contre le casier. Là, j'avais bien senti le métal contre ma tête, putain. J'avais même entendu le gros bruit se répandre dans tout mon crâne. Je grimaçai de douleur malgré moi.

- Putain !! sortai-je sous le coup du choc.

Mais qu'est-ce qu'il lui prenait, bordel ? De toutes les fois où j'ai pu croiser le chemin d'Ange dans ma vie, jamais je l'avais vue se comporter comme ça. Comme... quelqu'un de notre groupe, en fait. Mais elle en avait pas encore fini, en plus.

- Alors ? Ça fait quoi d'être traité comme une merde, hein ?!

Mon regard n'avait pas fléchi. Mais elle me força à le faire. Sa bouche se contorsionna et je sentis ma joue se faire mouiller dans l'instant. Elle venait. Littéralement. De me cracher dessus. SÉRIEUSEMENT ?! Mais elle était dégueulasse, putain ! Je me souvenais plus de tout ce que lui avais fait, mais je lui avais jamais craché dessus, bordel de merde. Enfin, moi non... Lentement, je montai mon avant bras jusqu'à mon visage avant d'essuyer ma joue d'un coup sec. J'essayais de rien montrer de mon dégoût, même si sur le coup, ce putain de crachat m'avait donné envie de pleurer. Quand même pas vomir, mais pas loin. C'était ce qu'elle voulait, de toute manière. Elle et l'attroupement qui commençait à se former depuis que les gens du couloir avaient entendu mon corps se fracasser sur le casier. M'enfin, mes yeux étaient tellement possédés par la colère que mes larmes auraient probablement été en ébullition, fin nan ça se peut pas, mais j'en avais rien à foutre. Elle avait enfin fini son char. À vrai dire, elle avait pas vraiment choisi son jour. J'étais d'une humeur particulièrement mauvaise aujourd'hui, mais hors de question de retomber dans de sales habitudes. Mais qu'est-ce que je pouvais lui dire au juste ? Est-ce que je serais assez hypocrite pour dire que j'aurais pas fait la même chose à sa place ? Mais la violence dont elle avait fait preuve envers moi était bien trop fraîche pour que je puisse prendre du recul sur la situation. Je pouvais la comprendre à 100%, ça ne changeait pas le fait que je n'allais pas me mettre à me courber devant quelqu'un qui me crache dessus. Ouais, malheureusement, il me restait de la dignité en stock.

- "Comme toi"... Ouais, j'suis comme toi, maintenant, Ange. J'espère que t'es bien contente. Je sais ce que ça fait d'être une merde, et toi maintenant tu sais ce que ça fait d'être comme les gens que tu détestes.

Ouais, c'était pas hyper juste, mais c'était comme ça. J'étais pas tout à fait calme, en fait, et les mots qui sortaient de ma bouche étaient loin d'être rationnels. Comment pouvaient-ils l'être ? J'espère qu'elle comptait pas trop sur ma coopération, parce que j'avais pas vraiment envie de la lui donner. Peut-être une prochaine fois, autour d'une conversation plus calme. Là, la violence engendre la violence. Mais j'avais pas non plus envie de lui coller un pain. Déjà, je me ferai mal, et j'en avais pas envie. Je me contentai juste de repousser une de ses épaules, pas violemment mais fermement, juste pour qu'elle me laisse passer.

- Désolé, mais c'est plus vraiment mon domaine, affirmai-je froidement.

Je fis quelques pas pour récupérer la boulette de papier, avant de me relever et confronter le public qu'on avait rameuté. Le même regard que j'octroyais à Ange. Du dédain, de la colère, du dépit. Un mélange d'un peu de tout ça en même temps. Bien sûr, personne n'allait l'aider, je n'y comptais absolument pas. S'il fallait que j'assume mes conneries, alors j'étais prête. Cette fois, je mis la boulette dans la corbeille, comme j'avais prévu depuis le début. Cette saleté de boulette, si je l'avais pas lancée, je me serais peut-être pas retrouvée au milieu d'un ring improvisé, mais bon. Fallait pas se mentir, ça me pendait au nez. Autant y aller à fond. Je m'étais retournée vers Ange à nouveau. J'en avais marre. Tellement marre que j'étais en train de sourire nerveusement. En fait, j'étais carrément dans la provoc' sans trop me rendre compte jusqu'où j'allais. Ce qui était en train de se faire était en train de se faire, et j'avais clairement aucun contrôle là dessus. Mes bras se levèrent à l'intention d'Ange, pour qui j'étais devenue la tortionnaire torturée.

- Alors, vas-y, quoi. Casse-moi la gueule, si t'en meurs d'envie. Tu veux pas leur donner un peu de spectacle ? »

Avec ma putain d'insolence, je m'attendais clairement à ce qu'elle se jette sur moi. Dire que j'avais pas peur au fond serait mentir mais je préférais aller en enfer plutôt que de tordre le cou à mon ego. C'est con, hein ? Dans la foule, j'entendis un « Baston de meufs !! », qui me fit hausser les sourcils à l'intention de mon adversaire. Elle aimait bien leur donner ce qu'ils voulaient à ces fils de chiens, n'est-ce pas ? Pourquoi elle le ferait pas, cette fois ?

HRP :
Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: These pigs are after me, after you ◄ feat. Ange Delacourt   Ven 24 Nov - 23:10




Elle était face à toi, le regard troublé et sombre, la silhouette recourbée. Celle qui te paraissait si grande il y a peu était en réalité si fragile. Si petite que tu aurais put l'écraser sous ton talon sans te fatiguer. Que t'arrive-t-il, Ange ? La violence ne te va pas. Tu es bien trop élégante pour t'abaisser à ce genre de pratique, d'ordinaire. C'est ma faute, je l'avoue. C'est la faute de ce petit garçon qu'on a blâmer parce qu'il voulait être une fille. Et surtout, c'est la faute de tout ceux qui ont jeté leur foudre sur son innocence.

Tu avais beau vouloir mettre fin à cette situation, le visage de Vicky t’obsédait. Des têtes commençaient à se tourner. "Regardez, c'est le PD qui s'attaque à la Salope, trop drôle !". "C'est un garçon, il va sûrement gagner, pff". "Bah tiens, on voit pas ça tous les jours ! Je parie sur Vicky !". Ange lève les yeux au ciel. Et pour ne rien gâcher, c'est la petite blonde à tes pieds qui se mets à couiner des sottises. Tu ne peux retenir un rire moqueur, imitant grossièrement la colère de cette dernière.


- "Oh mon dieu, le monstre du lycée a osé me pousser, maintenant c'est lui mon agresseur, ouin ouin ouin" Pauvre petite !
Elle reprends d'un ton cinglant. Ne me fais pas rire, les crasses que vous m'avez fait subir sont d'un tout autre niveau qu'une petit bousculade. Et tu le sais très bien.


Ce fameux jour, mon esprit le repasse toutes les nuits depuis deux ans. Le jour où elles t'ont déchiré pour me voir, moi. Moi, l'enfant chétif. Moi, le garçon faible. Moi, Isaac. Et j'entends encore leurs réflexions "Beeerk, il a mit un soutif, quel pervers !", "Bah alors, regardez moi ces petits pectoraux de faible, hahaha". Et leurs rires. Ils résonnent dans mes oreilles les soirs d'insomnie. Les morceaux de ton chemisier qui s'éparpillent sur le sol. Ces mains qui tâtent mon maigre corps. L'élastique de ton soutien gorge qui laisse des marques rouges sur mes épaules. Les yeux qui me transpercent la peau. Les ongles de ces demoiselles qui me griffent, qui me plantent. Et si le professeur Caldwell n'était pas intervenu, qui sait jusqu'où elles auraient put aller. Et à chaque fois que j'y pensais, j'avais toujours du mal à redevenir toi.

Victoria, elle ne savait pas ce que c'était que de se sentir mal dans son corps. Elle ne savait pas ce que c'était d'être un monstre aux yeux de tous. De ne pas savoir distinguer la pitié de la vrai gentillesse, la sympathie des moqueries. Elle était jolie, elle avait fait partie des plus grands, des plus influents, et elle avait choisit la situation dans laquelle elle était en ce moment. Toi, tu ne faisais que la subir. Tu n'avais rien demandé, après tout. Tu voulais juste qu'on t'aime pour ce que t'étais. Et toi, Ange, tu es une vrai fille.

L'attitude de la blonde se fait plus provocante. Elle veut affoler les foules, elle veut te provoquer, elle veut que tu ailles jusqu'au bout de tes actes. Tu as blessé son amour propre avec un dixième de ce que sa bande t'a fait subir mais il s'émane d'elle des odeurs de popularité encore trop fraîches. Et moi, j'ai tellement de colère qui brûle quand je la voie que je ne peux pas te laisser te contrôler. J'ai besoin de m'exprimer, Ange. Laisse moi le faire, tant que j'en suis encore capable. Alors tu te retournes vers ton public. Ils réclament du spectacle et Victoria ne fait que les encourager dans cette voie là. Tu te mets à hausser le ton.


- Vous voulez une baston ? Vous me faites rire. On est plusieurs à se faire taper dessus tous les jours, ça ne vous suffit pas ?! Tu te retournes ensuite vers la blonde, un sourire aux lèvres. Tu veux du spectacle ? Regardes plutôt ça.


Tu soulèves ton pull pour dévoiler ton ventre. Une surface blanche parsemée de bleus. Un, deux, trois, quatre aujourd'hui. Un était encore tout récent, tu l'avais reçu dans la mâtiné, on voyait encore un peu de rouge autour. Sur le côté de ta hanche, une fine cicatrice, coupure du passé, datant de ce fameux jour où Vicky et ses copines ont déchiré ton visage pour voir le mien. Il y en avait d'autres, des jolies couleurs sur ton corps. Mais ça suffisait à faire le spectacle.


- Tu voie, ça, ce n'est qu'un aperçu de ce que tous tes petits enculés de copains me font chaque jours. Tu veux que je te frappe ? Que je donne satisfaction à tous ces hypocrites autour de nous qui veulent juste voir de la violence ? Elle se retourne vers le fameux public. Mais niquez-vous, bande de tarés !


Ma voix ressort brisée, entre l'aiguë et le grave. Tu te racles la gorge pour reprendre le contrôle. Tu n'es pas assez faible pour me laisser m'emporter, et je ne suis pas assez fort pour te tenir tête. Tu baisses ton pull avant de reposer tes yeux sur Victoria.


- Je te déteste peut être mais je ne suis pas stupide. Te frapper n'empêchera pas ces gros cons de me martyriser. Ne me compares pas à ta bande de potes psychopathes. Parce que si j'avais été ton bourreau, j'aurais fait en sorte à ce que tu ne puisses pas te relever.


Tu semblais avoir repris le contrôle de nous-même. Mais tu sentais sur toi des regards qui t'inspiraient peu confiance. Vraisemblablement, ta franchise crue n'avait pas plus à certain. Ce n'était qu'une question de temps avant qu'ils ne viennent te donner la dernière leçon de la journée. Qui plus est, tu avais eut le malheur de t'en prendre à une des anciennes queens. Bien qu'elle ne soit plus qu'une parias de plus, elle valait mieux que toi aux yeux des tortionnaires de ce lycée. Tu n'avais plus qu'à espérer que leur colère s'estompe ou que, faute de mieux, tu n'ais pas à rentrer trop tard chez toi. Ce soir, Théodore prendrait à emporter au dinner, tu ne pouvais pas rater ça, tout de même.




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MessageSujet: Re: These pigs are after me, after you ◄ feat. Ange Delacourt   Lun 27 Nov - 19:58


Non, Ange n'avait pas cédé à ma provocation. Elle n'avait pas foncé tête baissée comme elle avait fait en me poussant contre le casier. Peut-être qu'elle recommençait doucement à redevenir elle-même. Qu'est-ce que j'en savais, je la connaissais pas si bien de toute manière. Rien ne l'empêchait de faire bien pire que de me cracher à la gueule ou de continuer sur sa lancée, j'avais aucune idée, au final, de qui pouvait être ce "monstre" que tout le monde rejetait. Pour l'instant, elle choisissait la dérision.

« "Oh mon dieu, le monstre du lycée a osé me pousser, maintenant c'est lui mon agresseur, ouin ouin ouin" Pauvre petite.

Je continuai de la toiser, mais je finis par croiser les bras. C'est bizarre, je ne me voyais pas du tout comme ça. En fait, je réfléchissais pas trop sur la question, mais de mon point de vue j'avais juste été traitée de salope, plaquée contre du métal bruyant et crachée dessus. Pas étonnant que je me défende un minimum. Du coup, son imitation me paraissait absolument ridicule sur le moment. T'as bientôt fini ?...

- Ne me fais pas rire, les crasses que vous m'avez fait subir sont d'un tout autre niveau qu'une petit bousculade. Et tu le sais très bien.

C'est ça qui me fit baisser les yeux. Je le savais très bien, elle avait raison. Et j'avais rien à lui redire sur ça. C'était ça le piège. Les côtés étaient totalement déséquilibrés. Elle avait beau me pousser, me faire mal, m'humilier, je pouvais pas me défendre de la même manière. Même si elle me poussait à bout, j'avais pas moyen de craquer, de retourner ma colère contre elle, ou de la supplier. J'avais fait. Aucun moyen de retourner sur ce qui s'était passé. Je devais être forte et encaisser, c'était la seule chose à faire. Pas évident, mais... c'était comme ça. Alors que mes yeux parcouraient un peu le sol de manière saccadée, j'arrivais cependant pas à mettre le doigt sur un truc en particulier que je lui avais fait. Heureusement, elle était là pour me le rappeler.

- Vous voulez une baston ? Vous me faites rire. On est plusieurs à se faire taper dessus tous les jours, ça ne vous suffit pas ?! Tu veux du spectacle ? Regardes plutôt ça.

Elle soulève son pull. Et c'est à ce moment là que toute ma colère s'envola. Ça fait toujours quelque chose de voir la réalité en face, n'est-ce pas ? Mes bras retombèrent lentement et ma bouche s'entrouvrit un peu. Merde... Putain, elle cachait ça sous ses vêtements tous les jours. Et ouais, je faisais partie de la raison de ses bleus, contrastant douloureusement avec la blancheur de sa peau. Ça me revenait maintenant.
Un soir où elle était toute seule dans le couloir. Je ne me souvenais plus pourquoi Mackenzie avait décidé ça mais c'était décidé. La minute d'après Ange s'était retrouvée plaquée, sans pouvoir sortir parce que trois d'entre nous la tenaient. Pas moi, moi j'étais censée lui enlever ses vêtements. Mackenzie voulait lui faire comprendre qu'elle était pas une vraie fille. En voyant sa détresse, la manière dont elle criait, je suis restée tétanisée.

« Fais le, Vicky.

J'entendais la voix de Mackenzie dans la tête comme si c'était encore en train de se passer. J'arrivais pas à bouger, voir les filles commencer à arracher ses vêtements m'horrifiait profondément. Mais comme toujours, la voix de Mack m'avait poussé dans le vide.

- VICTORIA ! »

Je l'avais fait. J'avais participé jusqu'à ce que M. Caldwell intervienne. J'étais morte de honte, mais le cinéma de Mack avait sauvé la situation. Quand elle a vu que j'avais pas dormi, le lendemain, j'ai eu le droit à une leçon sur le fait qu'Ange était dangereuse. Je le croyais à moitié, mais j'étais embarquée dedans quoi qu'il arrive. Et Mackenzie avait le don de retourner le cerveau... Peut-être pas à n'importe qui, mais à moi, oui. La peur m'avait fait faire des horreurs, peur de perdre mes amis, peur de me retrouver seule sans rien du tout. Regardez-moi, maintenant. Toutes les Anges de la Terre pouvaient bien en rire.

- Tu voie, ça, ce n'est qu'un aperçu de ce que tous tes petits enculés de copains me font chaque jours. Tu veux que je te frappe ? Que je donne satisfaction à tous ces hypocrites autour de nous qui veulent juste voir de la violence ? Mais niquez-vous, bande de tarés !

Je n'ai pas pu retenir un sourire en coin à la dernière phrase. Ça faisait toujours plaisir de voir quelqu'un insulter cette saleté de foule lycéenne. Un peu trop curieux. Un peu trop cons. Qu'est-ce que j'avais envie de le leur hurler, moi aussi. En quoi ce serait vos putain d'affaires ? Le pire, c'est que la plupart des gens auraient pas mon épiphanie en voyant les bleus de la belle. Non, ça serait une autre manière de se moquer d'elle. Plus t'en dévoilais, plus tu t'exposais aux vautours. Le meilleur moyen c'était de faire semblant de s'en foutre. Ange devait sûrement connaître ça par cœur et être tellement au fond que plus rien pouvait l'atteindre... ironiquement. C'est en pensant ça que malgré son déversement de rage contre moi, j'arrivais plus à être en colère comme tout à l'heure. Vicky la maligne s'était complètement cassée la gueule.

- Je te déteste peut être mais je ne suis pas stupide. Te frapper n'empêchera pas ces gros cons de me martyriser. Ne me compares pas à ta bande de potes psychopathes. Parce que si j'avais été ton bourreau, j'aurais fait en sorte à ce que tu ne puisses pas te relever.

Aouch. Ça faisait mal. Mais p'tain... c'était d'autant plus frustrant que je l'avais mérité. Qu'est-ce que je répondais à ça, moi... Que c'était plus mes potes ? Qu'est-ce qu'elle en avait à foutre de ça ? Ça serait vu comme une excuse de plus pour plaider ma cause. Et clairement, j'avais même pas envie de me prendre un avocat. Quelle métaphore à chier, j'étais vraiment pas douée pour ça.
Je la regardai pendant un long moment. Si mon souffle avait été coupé quand elle avait montré les tâches sur son ventre et ses côtes, mes poumons étaient en train de travailler comme jamais. Elle m'avait foutue une claque plus efficace que si elle avait été vraie. Et je pouvais pas m'empêcher de ressentir de la pitié, même si je pense qu'elle l'aurait roulée en boule comme mon papier pour me la jeter au visage. Mais je finis par me détourner de son regard de poupée pour me concentrer sur les gens qui se pensaient aux jeux du cirque. Ça devrait pas me surprendre de voir qu'ils étaient encore plus euphoriques suite au discours virulent d'Ange, et pourtant... On était pas dans le même camp mais on pensait pareil des indésirables autour de nous. Et c'est pas comme si un prof allait arriver au bon moment, cette fois.

- Quoi, vous l'avez pas entendue ? Dégagez, il se passera rien.

Je recroisai les bras, ignorant les sifflements de déception. Quelques personnes commençaient à partir, beaucoup restèrent, comme si leur présence allait changer notre avis. Mais leur patience finit par s'effriter et au final, c'était plus trop une foule. Même si au lycée, on n'était jamais vraiment tranquille. Les plus coriaces regarderaient toujours mais les ignorer était la clé, comme les commentaires sexistes qui avaient fusé suite à ma phrase. Je les avais déjà oubliés. De la merde totale comparé à qui j'avais en face de moi.
Je... franchement, je savais pas quoi lui dire. J'avais commencé à secouer la tête, mais il fallait bien que j'explique pourquoi. Les mots avaient du mal à sortir de ma bouche, j'étais clairement pas dans une position de force et ça se voyait. Mais je m'accrochais toujours à la barre. Assume ta merde, Vicky. Même si t'arrives même plus à la regarder dans les yeux.

- J'ai aucune excuse, je... Je me suis rendue compte trop tard de tout ça. Je cherche pas à avoir ton pardon, mais...

Je levai enfin les yeux sur son visage au-dessus de moi. Ma taille me mettait pas vraiment à mon avantage, effectivement...

- ... je suis désolée. Pour moi, pour tout.

Je finis par hausser les épaules, lui signifiant que je savais définitivement plus quoi dire. Et pourtant j'aurais pu en déblatérer des choses, mais sur le coup rien ne me venait. Absolument rien. Je comptais pas m'en tirer avec de simples excuses, mais lui avoir dit des excuses sincères m'avait fait du bien. À moi, surtout, oui. Je la contournai ensuite pour prendre mon sac qui était tombé lors du choc et le mis sur mon épaule. Mais je pouvais pas partir comme ça.

- Déteste moi, t'as toutes les raisons du monde. Moi j'arrive pas à te voir comme Mackenzie. Lui laisse jamais te faire croire ce qu'elle veut, ok ? »

Voilà, c'était peut-être ce qui se rapprochait le plus de ce que je ressentais et de ce que j'étais vraiment capable de faire. Qu'est-ce que j'en avais à foutre de ce que je voulais de toute façon, j'avais déjà tout donné et j'avais déjà signé mon arrêt de mort sociale. Même si elle pouvais pas me piffrer, c'était pas elle mon ennemie. Qu'elle me pousse sur les casiers, qu'elle m'embrouille, qu'elle fasse ce qu'elle veut. Peut-être que je riposterais en enfer. En tout cas j'avais déjà donné toutes les cartes contre elle d'avance. Mériter d'être une victime c'était quand même vraiment con, mais ça arrivait, apparemment. En parlant de ça, ma douleur à la tête se réveilla. Je portai une main derrière mon crâne, mais au lieu de grimacer, je finis par sourire. Comme si je me moquais de moi-même. Quoi, j'étais tombée si bas que la situation me paraissait cocasse ou ... ? J'avais l'impression de m'être fait réveiller par un seau d'eau. Au départ ça m'a énervé, puis en fait tu te rends compte que c'était presque drôle. Même si le crachat d'Ange serait ce que j'allais voir cette nuit quand je fermerais les yeux. Le progrès vers la bonne voie avait un goût d'espoir doux-amer.

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MessageSujet: Re: These pigs are after me, after you ◄ feat. Ange Delacourt   Mer 6 Déc - 11:41




Quand les gens te regardaient, ils ne voyaient que ta figure de poupée, ton arrogance et surtout, cette différence qui n'était pourtant pas si flagrante au premier abord. Les gens aimaient voir ce qui n'existait pas mais quand il s'agissait de pointer ce qui était problématique, tout de suite, ils fermaient les yeux. Le "GAY" de ton casier, ils le pointaient du doigts. Les violentes bousculades dans les couloirs, ils tournaient la tête. Les erreurs de prénoms quand un prof t'interrogeait, ils en riaient bien fort. Cette fameuse après-midi quand on t'a déchiré en petit morceau, ils ont bien ignoré tes hurlements, tes appels à l'aide. Et quand bien même ce professeur est venu te sauver, ça s'est arrêté là. Tu avais été agressée, on t'avait arraché tes vêtements et tout le monde trouvait ça normal. Certains s'indignaient en silence, sans agir pour autant. Tu avais finit par comprendre que tout ceci n'était qu'un spectacle. Un jeu. Une sorte d'émission dont le but était d'humilier les élèves. Et quand les agressions débordaient, on arrêtait de regarder. Parce que, faut les comprendre, voir quelqu'un agoniser, c'est pas marrant.

La foule se décompose petit à petit. Les gens trouvent les scènes de remise en question ennuyantes. Elles ne sont pas dignes de leur intérêt. Alors ils partent. Puis, avec un peu de chance, ils trouveront une autre baston à encourager, un autre show à admirer. De ton côté, tu arrange ta tenue, ajuste ta jupe. Ta jupe, probablement l'un des plus grands mystère d'Aster Cove High. Les légendes racontaient qu'elle cachait un énorme attribut masculin. D'autres qu'elle couvrait une sexe féminin et que toutes ces rumeurs ne servaient qu'à attirer l'attention. D'autres encore avaient des théories bien plus farfelues, comme quoi elle dissimulerait une sorte de générateur de créatures fantasques. Ange se contentait de rire aux questions qu'on lui posait à ce propos. Parfois, elle répondait de manière évasive, quelque chose comme : "Sous ma jupe se cache un objet perdu que je dois rendre à quelqu'un.". Oh oui, nous avions souvent cette idée, toi et moi. L'idée selon laquelle, quelque part, une petit Ange cachait un Isaac au fond d'elle et que nos corps avaient simplement été échangé. Que cette petite fille fragile et craintive n'avait pour seul désir que de devenir un bel homme fort et robuste. Moi qui voulait être une femme parfaite. Et elle qui voulait être un homme parfait. Mais tout ceci n'était que le rêve d'un enfant incompris, après tout.

Tu mentirais si tu disais que tu n'avais jamais imaginer Mackenslut et sa bande s'agenouiller devant toi, laissant aller un torrent d'excuses pour toutes ces années d'harcèlement. Tu imaginais cette fierté qui viendrait t'élever dans les classes sociales. Une puissance. Une sorte de pouvoir que seules les populaires avaient. Mais là, alors que Vicky s'excusait pour ses actes, devant toi, tu ne ressentais rien de tout ça. Tout ce que je voyais, c'était une fille qui voulait se donner bonne conscience. C'était bien beau de dire désolé quand on n'avait plus le pouvoir de dire autre chose. Les vraies excuses prenaient tous leurs sens lorsqu'on choisissait de les prononcer, pas lorsqu'on n'avait plus le choix. Et quand bien même la blonde avait l'air plus ou moins sincère, ça n'effaçait rien. Rien du tout.


- Attends, Vicky.


Tu la retiens, moins brutalement que tout à l'heure. Je n'ai plus la force de m'énerver. Qu'est-ce que ça changerait, de toutes façons ? Rien. Mackenslut serait toujours la Reine. Vicky serait toujours victime de ses choix. Et toi, tu seras toujours la bête noire de ce lycée. Et quand bien même je criais, je poussais, je frappais, il y aurait toujours plus de coups pour me revenir en pleine face. Tu te rapproches de la blonde doucement, tu n'as plus l'air en colère, simplement perplexe.


- Tes excuses n'effaceront pas mes bleus. Ni les cicatrices que tes actes, vos actes ont formé sur ma vie. Tu te fais martyriser depuis trop peu de temps pour comprendre à quel point des excuses toutes simples comme les tiennes ne peuvent effacer deux ans de calvaire. C'est comme si tu tirais sur un agneau puis que tu lui mettais une couverture. Ça part d'une bonne intention, évidemment mais c'est complètement inutile vu que l'agneau est déjà mort. Si tu cherches simplement à soulager ta conscience, ce n'est vraiment pas la peine de me balancer un "Je suis désolé blablabla".


Ta voix reste calme, tu as simplement l'air épuisée. Non, tu n'étais pas un robot sans émotions qui se contentait de cracher sur les personnes qui l'avaient offensé. Non, tu ne te nourrissais pas de la pitié et des remords de ces pauvres petites demoiselles qui s'en voulaient tellement d'avoir été des putes. Tu étais humaine. Tu avais des sentiments. Tu étais constamment blessée par les réactions de ces lycéens qui ne comprenaient pas qui tu étais. Et parfois, tu n'avais pas envie de jouer les princesses des bas quartiers, fière et inaccessible. Tu soupires.


- Tu croies vraiment que j'en ai quelque chose à foutre de ce que Makenslut pense de moi ? Elle peut dire ce qu'elle veut, de nous deux, je suis celle qui me connait le mieux. Je sais qui j'étais, qui je suis et qui je veux devenir. Ce n'est pas une gosse de riche cruelle et égoïste qui va réussir à me faire douter de ce que je suis. J'en ai connu des pires avant elle alors elle peut bien continuer à sortir son venin, je sais qu'à la fin, elle se mordra la queue.


Ange n'avait pas idée des doutes que pouvait avoir la rousse sur sa personne. Et quand bien même elle l'aurait sut, ce serait le cadet de ses soucis. Elle avait des préoccupations bien plus importantes. La première, l'argent. Il lui fallait de l'argent, en grande quantité. Pour partir, pour son traitement, pour son opération, pour tout ça. Ensuite, sa famille. Revoir son père pour lui dire que même s'il l'a laissé tombé, elle ne lui en veut pas, elle l'aime parce qu'elle sait qu'il l'a toujours soutenu. Dire à sa mère qu'elle n'avait pas besoin d'acheter son amour et qu'il leur faudrait un peu de temps pour apprendre à se connaître. Dire à son demi-frère qu'il était talentueux, qu'elle l'admirait et qu'il était probablement l'une des seules personnes à la faire sentir minable mais que c'était pas grave, au final. Dire à ses grands parents qu'ils étaient une sacré bande de salopard. Puis retrouver Camille pour lui dire qu'elle était la plus femme du monde et qu'elle était sûrement la seule mère dans sa vie. Plus tard, faire carrière, dans n'importe quoi, n'importe où, juste vivre.

Ange regarde une dernière fois Vicky avant de reprendre son sac dans son casier. Ne te laisses pas trop amadouer tout de même. Puis merde, t'es pas comme ces putes, fais un effort.


- On est pas amies, toi et moi. Mais si jamais t'en as marre de manger toute seule, peut être que River et moi, on voudra bien te faire une place à notre table.


C'était toujours compliqué de distinguer ta fierté de ta gentillesse, Ange. Mais bon, t'avais fait un effort. Surtout que tu t'étais déjà retrouvée dans cette situation et que le fait que tu tendes la main voulait simplement dire que tu valais mieux qu'elles.       


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MessageSujet: Re: These pigs are after me, after you ◄ feat. Ange Delacourt   Lun 11 Déc - 20:16


« Attends, Vicky.

Je sentis Ange me retenir le bras. Shit, ça lui avait pas suffi, finalement ? Non... elle avait l'air plus calme. Au final, l'étreinte de sa main n'était pas du tout douloureuse.

- Tes excuses n'effaceront pas mes bleus. Ni les cicatrices que tes actes, vos actes ont formé sur ma vie. Tu te fais martyriser depuis trop peu de temps pour comprendre à quel point des excuses toutes simples comme les tiennes ne peuvent effacer deux ans de calvaire. C'est comme si tu tirais sur un agneau puis que tu lui mettais une couverture. Ça part d'une bonne intention, évidemment mais c'est complètement inutile vu que l'agneau est déjà mort. Si tu cherches simplement à soulager ta conscience, ce n'est vraiment pas la peine de me balancer un "Je suis désolé blablabla".

Je soufflai par le nez. Bien sûr que je savais que ça ne suffirait pas. J'avais sûrement conscience que mes excuses servaient plus à vider ce que j'avais sur le cœur qu'autre chose mais bon... Le fait était que j'avais besoin de le faire à ce moment là. Mais nan, ça rattrapait pas toutes ces années de persécution... Elle avait sûrement bien fait de me le rappeler.

- Tu croies vraiment que j'en ai quelque chose à foutre de ce que Makenslut pense de moi ? Elle peut dire ce qu'elle veut, de nous deux, je suis celle qui me connait le mieux. Je sais qui j'étais, qui je suis et qui je veux devenir. Ce n'est pas une gosse de riche cruelle et égoïste qui va réussir à me faire douter de ce que je suis. J'en ai connu des pires avant elle alors elle peut bien continuer à sortir son venin, je sais qu'à la fin, elle se mordra la queue.

Là, j'avais souri sans vraiment me contrôler. Je crois que c'était le "Mackenslut" qui avait provoqué ce petit sourire en coin. Ça paraissait tellement approprié, mais au fond j'avais toujours une petite voix qui me disait qu'elle le méritait pas. C'était con, hein. Même maintenant elle arrivait à me retourner la tête. Mais il fallait que je reste lucide là dessus. Huit ans d'amitié ça s'oubliait pas, mais j'avais ouvert les yeux et je pouvais pas les refermer. Même s'il fallait cligner de temps en temps.
Et puis, il fallait l'avouer, j'étais admirative de la façon de penser d'Ange. Malgré tout ce qu'on a pu lui en faire voir, elle restait ce qu'elle était et ptain... je trouvais ça tellement courageux. Toujours plus forte à chaque fois qu'on lui tapait dessus. Alors qu'elle le méritait carrément pas. Et je commençais seulement à le voir, ça... C'était vraiment hard core de voir à quel point les choses peuvent changer une fois qu'on a plus le même point de vue. Les détails importants étaient bien flous en haut de ma tour. Maintenant que je suis descendue, ils me paraissent bien trop réels.
Ange récupéra aussi son sac. Fin de la discussion, j'imagine. Ouais, ça me paraissait judicieux...

- On est pas amies, toi et moi. Mais si jamais t'en as marre de manger toute seule, peut être que River et moi, on voudra bien te faire une place à notre table.

J'avoue, je venais de cligner des yeux bien de trop fois, là. Je m'y attendais pas vraiment. "Je t'aime pas mais si t'es trop dans la merde hésite pas ?" Mh... seems legit, j'imagine. Même si ça me rendait un peu perplexe...

- Wow, euh... Merci ? J'y penserais, Ange.

J'y penserais, mais je le ferais jamais. C'était jamais cool de manger toute seule mais... Man, j'avais ma fierté moi aussi, et je me voyais clairement pas faire ça. Pas après avoir eu l'impression de me faire remonter les bretelles comme jamais. Nan, soit je resterais dans mon coin en faisant n'importe quelle autre activité pour oublier ma descente sociale, soit... j'imagine qu'Alice aimait bien manger avec moi maintenant ? Fin bon... si Ange voulait partager un repas pour une quelconque raison, je pense que c'est elle qui viendrait me chercher. Même si je voyais pas dans quelles circonstances une telle situation pouvait arriver. À moins que...

- Et puis, je sais. Que mes excuses sont bidons à côté que tout ce que t'as vécu, je... fis une pause pour me gratter machinalement le front avant de reprendre mais Je sais. Comme je te dis, je cherche pas à me faire pardonner. Je fis un léger rire nerveux. C'est juste pas pardonnable, quoi. Mais... Je continuai de la regarder en me mordillant la lèvre inférieure. Je te suis redevable, maintenant. Je veux dire si jamais un jour t'as besoin de moi... Pour n'importe quoi, ben. Je serai là. C'est la moindre des choses, j'imagine. Et c'est pas des paroles en l'air.

Ça c'est clair, je le pensais. Comment je pourrais dire non à quelqu'un que j'ai blessé continuellement pendant des années ? Si j'avais la moindre envie de prouver que les excuses que j'avais prononcées étaient sincères, c'était ce que je devais faire. Merde, j'allais même vouloir m'interposer si je voyais qu'elle se faisait encore torturer par je ne sais qui. Même si ça voulait peut-être dire qu'on serait deux à se faire envoyer en enfer. Tant pis. J'y étais déjà. Autant assumer jusqu'au bout.
Puis je la saluai en portant mes deux doigts à la tempe avant de les décoller vivement.

- En attendant, porte toi bien, Ange. Le mieux possible. »

En attendant, moi, j'allais avoir du mal à trouver le sommeil. Ça allait devenir une habitude.

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These pigs are after me, after you ◄ feat. Ange Delacourt
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